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  • Vemod  /  The Deepening  (2024)

    Vemod  /  The Deepening  (2024)

    Genre : Black metal atmosphérique
    Label : Prophecy Productions
    Sortie : 19 janvier 2024

    Note : 65/100 (Seblack)

    Douze années se seront finalement écoulées pour qu’enfin Vemod donne un successeur à «Venter På Stormene» paru en 2012. La formation norvégienne avait d’ailleurs fait son petit effet avec son black metal très atmosphérique. De ce point de vue, ce nouvel opus intitulé « The Deepening » ne me semble pas forcément beaucoup changer la donne, la musique de Vemod restant dans ce registre d’un black metal presque progressif jouant sur la multiplicité des ambiances. Toujours dans cette idée de continuité, ce malgré les nombreuses années qui sont passées, «The Deepening» se dote d’un très joli artwork avec des teintes bleutées du plus bel effet.

    Disons-le aussi sans détour, le trio norvégien ne semble pas avoir ménagé sa peine pour composer une œuvre foisonnante et dominée par la froideur. Adeptes des compositions alambiquées, le groupe glisse à l’intérieur de ce vaste tableau une multitude de nuances qui vont emmener l’auditeur dans des moments sinistres, colériques et dans d’autres qui seront davantage dominés par la mélancolie ou une certaine solennité.

    A l’image du premier album du groupe, tout cela est très bien fait, ciselé même. Pour autant, je ne suis pas parvenu à entrer et à m’approprier cette musique qui ne manquait pourtant pas d’arguments. La faute à quoi ? Rien de bien particulier en fait, c’est bien là le mystère de la musique parfois. A l’écoute de certains opus, les étoiles s’alignent sans que l’on sache trop pourquoi. Mais parfois ce n’est pas le cas. Le travail et le talent du groupe ne sont, bien évidemment, pas à remettre en question. Non simplement “The Deepening” n’est pas parvenu à m’emmener avec lui..

    Mais quand bien même je suis passé au travers de cet opus, il n’en reste pas moins recommandable à celles et ceux qui pourraient davantage apprécier ce black metal très atmosphérique et progressif. 

    Tracklist :

    1. Mot oss, en ild (01:01)

    2. Der guder dør (13:01)   

    3. True North Beckons (09:44)

    4. Fra drømmenes bok I (01:39)

    5. Inn i lysende natt (06:45)   

    6. The Deepening (16:13)

    Line-up : E. Kalstad – Basse,  Synthétiseur / J.E. Åsli – Guitare, synthétiseur, chant / E. Blix – Batterie, percussions, chant

    Liens :

    https://vemod.bandcamp.com/

    https://www.deezer.com/en/artist/1324476

    https://www.facebook.com/vemodmusic/

    https://www.instagram.com/vemodmusic/

  • They Came from Visions  /  The Twilight Robes

    They Came from Visions  /  The Twilight Robes

    Genre : black metal
    Label : Eisenwald
    Sortie : 23 février 2024

    Note :   90/100 (Seblack)

    L’Ukraine a toujours été une scène très fertile pour le black metal et des groupes faisant de l’histoire et de la nature de leur terre une source d’inspiration pour une musique à la fois belle et sinistre.

    Il y a bien sûr la « vieille »  garde avec les incontournables Drudkh et consorts, mais depuis quelques années de jeunes pousses sortent de terre pour donner vie à des albums particulièrement inspirés. On pensera à Severoth dont le nouvel album va bientôt paraître mais aussi à They Came from Visions.

    Après un « Cloak of Darkness, Dagger of Night » sorti en 2020, et totalement autoproduit par le groupe, le mystérieux trio ukrainien est de retour avec un second album qui sort, cette fois, chez Eisenwald.

    Les membres ont choisi de totalement s’effacer derrière leur musique et leurs costumes (pour le moins intrigants d’ailleurs). Originaires de Kiev, le contexte de guerre a assez fortement marqué les musiciens lors de la composition et de l’enregistrement de ce nouvel album, les poussant à exprimer plus encore leur frustration, leur colère ou leurs craintes. Très peu de recours au studio pour cet opus, si ce n’est pour l’enregistrement du chant. Pour tout le reste c’est du fait maison, le guitariste, Voice of Gloom, s’occupant du mixage, le bassiste, Voice of the Deep, ayant assuré le mastering. L’artwork aux résonnances médiévales est l’œuvre de l’artiste ukrainien Mykhailo Skop alias Neivanmade. Ses couleurs vives sont déjà une petite porte d’entrée sur la musique du groupe.

    C’est sur des sonorités traditionnelles que s’ouvre « The Twilight Robes » dans une ambiance à la fois folk et sombre. Place ensuite à un black metal qui fait la part belle aux mélodies ainsi qu’aux atmosphères envoûtantes et inquiétantes. Incontestablement la musique de They Came from Visions possède cet ensemble de petites choses qui vous attrapent et vous emmènent dans un univers à la fois chatoyant et horrifique. Les mélodies distillées par la guitare sont lumineuses autant qu’hypnotiques, leurs ritournelles s’impriment sans coup férir, constituant un véritable fil conducteur tout au long de compositions qui se succèdent comme d’un rien. La basse n’est pas en reste, se montrant présente et parfaitement audible. Le contraste avec le chant glaçant et un riffing brut n’en est que plus saisissant. Quelques chœurs apportent aux morceaux « Equinox Ablaze » ou « Twilight Robes. » une dimension plus mystérieuse encore. 

    Sans trop en dire, le groupe parvient à distiller des passages plus étonnants aux accents heavy /rock. On songera notamment à la toute fin de l’album. Un des grands intérêts de cet album est qu’il possède finalement un son bien à lui : à la fois travaillé mais suffisamment brut et aéré pour apprécier l’ensemble de l’instrumentation. 

    A l’égal d’autres illustres groupes ukrainiens avant eux, They Came from Visions place son propos et sa réflexion dans l’évocation d’un monde ancien, à la fois révolu mais aux échos si contemporains. L’actualité tragique ne saurait que trop le rappeler et le groupe abonde dans ce sens affirmant sans détour : « que le monde n’est pas moins horrible et violent qu’il ne l’était à l’époque médiévale ». Ces ténèbres implacables qui planent sur tout l’album, l’auditeur ne pourra que les ressentir. Pour autant il ne prendra pas forcément ses jambes à son cou car il sera tout aussi frappé par la beauté vénéneuse qui se dégage de cet opus.

    Si le premier album du groupe avait laissé entrevoir un potentiel certain chez cette formation ukrainienne, ce deuxième opus achève de convaincre que They Came from Visions est définitivement une formation à suivre de près.

    Tracklist :

    1. Lughnasadh (02:05)  

    2. Equinox Ablaze (07:49)  

    3. Burning Eyes, Blackened Claws (07:24 ) 

    4. The Blissful Defeat (05:29)  

    5. Petrified Immortality (07:13)  

    6. The Sign of Damnation (07:55)  

    7. Twilight Robes (06:12)

    Line-up : Voice of the Deep – Basse / Voice of Gloom – Guitares, batterie /  Voice of Misery – Chant.

    Liens :

    https://theycamefromvisions.bandcamp.com/music

    https://www.facebook.com/theycamefromvisions

  • Skuggor  /  Whispers of Ancient Spells 

    Skuggor  /  Whispers of Ancient Spells 

    Genre : black metal atmosphérique
    Label : Naturmacht Productions
    Sortie : 23 février 2024

    Note :   80/100 (Seblack)

    « Whispers of Ancient Spells » constitue le deuxième album du one man band suédois Skuggor. L’entité a été créée par M, multi instrumentiste impliqué dans un nombre considérable de formations : Arboreal Trance, Autumn’s Dawn, Forlorn Citadel, Mjältsjuka, Moonlight Drown, Nihilithic Depths, Silence.Cold.Alone, Sorgensnatt, Spells of Fog, Stjärnfält, Tjaktjadalvve (black metal atmosphérique) et  Evils Dog  (Thrash metal), Trodhaugen (folk avant gardiste) et Wizardthrone (death metal symphonique). Le genre d’artiste qui ne reste pas inoccupé bien longtemps donc. 

    Alors que le premier album était sorti de manière indépendante, le second se voit soutenu par le label finlandais Naturmacht Productions. Comme l’artwork le suggère, Skuggor se place sous des auspices forestières teintées de légendes, de mythes. Sa musique ne manquera pas d’évoquer Burzum avec ses guitares grésillantes et lancinantes, ses claviers hypnotiques. Évoluant dans un registre mid tempo reptilien, les riffs et les mélodies s’insinuent sournoisement et donnent vie à des compositions oscillant autour des cinq minutes environ. Sans bouleverser le paysage musical « Whispers of Ancient Spells » s’avère prenant, les titres s’enchaînent bien sans véritable temps faible développant une atmosphère brumeuse avec quelques envolées épiques par ci mais aussi quelques pointes aux accents dungeon par là.

    Globalement là où l’album débute dans des contrées burzumiennes assez marquées, le titre « Silent Cry of the Forests Embrace » dégage une ambiance plus épique mais sans perdre ce grain de guitare si caractéristique et ces sonorités de claviers ensorcelantes. Des intonations plus nerveuses que l’on retrouve sur le morceau de clôture «  A Forgotten Past ». 

    Alors dire que Skuggor sort avec « Whispers of Ancient Spells » l’album de l’année, serait probablement présomptueux, mais sur des bases classiques et solides de black metal atmosphérique il parvient à déployer un univers qui fait son petit effet, faisant de cet opus une œuvre tout à fait digne d’intérêt.

    Tracklist :

    1. Whispers of Ancient Spells (04:21)

    2. As Fog Reveals the Path to Dispair (06:59)

    3. Silent Cry of the Forests Embrace (09:25)

    4. Shadows Echoing Through Time (04:41)

    5. A Forgotten Past (05:47)

    Line-up : M – Tous les instruments et le chant

    Liens :

    https://skuggor.bandcamp.com/

    https://www.deezer.com/en/artist/184563657

    https://www.instagram.com/skuggor.se/

    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/515FxXaCWSMEHtLjqofpaB

  • Live Report – Widowswood+Sheraff

    Live Report – Widowswood+Sheraff

    Le Winchester Bar (Brest)
    Live report – 10/02/24

    Texte et Photos de Mémé Migou

    Saviez-vous que Brest, il y a quelques décennies, était appelée la ville aux 200 bars… ou 2000 … ou… ahhh ! Je ne sais plus. Mais ce que Mémé peut vous dire, c’est qu’à Brest, il y a un bar qui fleure bon les US : le Winchester Bar ! Bon OK, on y trouve un « Stars and Stripes » et une tête de natif en bois sculpté… Sinon… bah sinon, il y a régulièrement des DJ sets italo disco, dark et goths, années 80s… (Coucou Christophe ! )


    Pas étonnant, donc, qu’on puisse y vivre une soirée dédiée aux 70es, version rock et stoner. Et c’est en ce samedi 10 février que Mémé retrouve son acolyte au Stetson, Bruno, qui assurera les vidéos. Mais pour une fois, Pépé V était de sortie ! C’est dire si on aura les lignes de basse décortiquées, expliquées, scrutées sous tous les points !

    Allez, c’est parti pour un petit live report…


    … Enfin, parti… parti… c’est vite dit. Bruno nous avait donné rendez-vous à 20h, soit une bonne demi-heure avant le début des hostilités. Il nous faudra attendre un peu plus de 21h, dans un brouhaha frisant la limite en Db. Ouais, je sais, Mémé est une vieille conne. Mais attendre presque 1h, ce qui n’est pas grave, sans pouvoir parler car on ne s’entend pas causer, ça fait un peu longuet. La bonne nouvelle, c’est que le Winchester propose de bonnes bières pression : La Bête et la Cornet auront notre préférence.

    Widowzwood 1

    Ah ! Ça y est… ça va commencer. Nous avons donc Widowswood, trio version « supergroupe », qui prend place. Là, j’avoue que Pépé V et moi sommes mal partis pour la simple et bonne raison que je me suis emmêlée les pinceaux. J’ai annoncé : c’est le groupe de Stoner qui commence. Et là, on a eu droit à « C’est une Jazz basse M M , c’est pas fait pour le Stoner, et puis c’est pas sous-accordé, et en plus la basse ne se détache pas ».

    Widowswood guitariste

    Bon, effectivement, tout, du look aux riffs, tenait plus du rock seventies. Ben ouais, Mémé, tu t’es lamentablement plantée ! C’est pas du Stoner, Widowzwood, c’est du Dark Rock !

    Enfin… J’avoue que je cherche encore le côté Dark. c’était tout de même plus rock qu’autre chose…

    Widowzwood batteur

    Mais si je mets de côté cette erreur de ma part, le set qu’ont proposé  Don Kercuff (ex Appalooza, Don Kercuff Band, The Mad Dogs), Wild Horse (Appalooza) et Michael Bernadat (Solvere) était bien plus qu’honorable. Ils ont bien défendu leur projet. Et le public, venu en masse, n’a pas hésité à balancer de la tête, prémisses à quelques headbangs.

    Widowswood bassiste


    Il ne me reste plus qu’à les revoir, dans des conditions musicales correctes, car ils avaient rameuté pas mal de monde. Et le Winchester, ma foi, c’est pas bien grand. Collés, les uns aux autres, placés sur le côté, ce n’est pas le meilleur endroit pour en tirer la substantifique moëlle auditive.

    Crédit Vidéo : Bruno Guézennec

    Très peu de temps après commencera le second concert de la soirée : Sheraff.

    Sheraff groupe

    « Ah ! Une T Bird ! Ça c’est une basse réellement orientée Stoner. Et puis, accordé en Drop si. » Pas de doute, même Pépé V reconnaît la patte Stoner. Et dès les premières notes, la basse qui résonne jusque dans nos thorax.

    Sheraff Bassiste


    Je vais vous reprendre leur description « Là où l’océan se fracasse sur le béton, le tonnerre gronde: les brestois de Sheraff embrassent l’écrasant ciel gris et en restituent les orages les plus rauques. Face aux épreuves et aux tourments qui foisonnent, leur stoner est une promesse cathartique. » C’est étonnant, vous ne trouvez pas ? Habituellement, le Stoner, c’est plutôt marqué fumette, le sourire béat, la chaleur du désert… Ici, Sheraff nous montre qu’ils ont une vision toute particulière, une vision très brestoise, une vision propre à eux… C’est pas ça, la marque des grands ?

    Sheraff chanteur


    De fait, le quatuor nous offre un set, énergique, bien lourd. Les premiers morceaux étaient vraiment supers, me chuchote Pépé V, « avec cette basse bien lourde, en distorsion à blinde, qui faisait les appels pour lancer la machine ».

    Sheraff batteur

    Le jeu du batteur, très subtil, tout en nuances, mais avec la lourdeur qu’il faut là où il faut. Les riffs de la guitare étaient sacrément bien construits. Un peu moins fan du chant, mais sur ce second morceau très Black Sabbath Like, il matchait à merveille.

    Sheraff guitariste

    Vous l’aurez compris, on a passé un super moment avec Sheraff !

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    Et pour clore ce Live report ? Bah, ce sera sur une mauvaise note ! Ouais… Mémé est très déçue de n’avoir croisé de Dean ou de Sam au Winchester… C’était pourtant pas Supernatural, comme fantasme !


    (Private Joke : T’as vu, Michel, Mémé n’a pas parlé de sa p’tite voiture bleue !)