Étiquette : Mémé Migou

  • Nocebo – Sic Semper Tyrannis (2024)

    Nocebo – Sic Semper Tyrannis (2024)

    Genre : Metal Extrême Moderne

    Label : Autoproduit

    Sortie : 29 Février 2024



    Note : 89  /100 (Mémé Migou)


    Chronique : 


    Monsieur JP, voulez-vous prendre pour compagnon de musique Monsieur Nico ici présent et chérir votre progéniture jusqu’à la nuisance souhaitée ?

    Et c’est ainsi que naquit Nocebo, qu’on surnomme « Je nuirai », conçu par la volonté de deux hommes dont les rêves veulent résolument prendre forme.

    J’en veux pour preuve le parcours de JP au chant : il s’était lancé le défi d’apprendre un nouvel instrument, celui de prédilection étant jusqu’alors la batterie. Et il s’est mis au chant saturé. Sa voix offre divers registres, qu’il aura encore le loisir d’élargir ou d’étoffer. Mais déjà, nous avons du growl, du chant vénère qui navigue entre le black et le hardcore ( et du chant clair que j’ai peine à entendre… Mémé devrait monter son sonotone, mais on me chuchote dans l’oreillette que ces passages sont plutôt planqués en texture… Ça me rassure). On ne tombe pas, comme dans de nombreux autres groupes, dans la voix monocorde. Et ça, c’est un très bon point ! Petit point négatif (parce qu’il en faut bien !), ce serait de nuancer la force de la voix. Là, d’un bout à l’autre, on est à fond à fond à fond.

    J’en veux pour preuve ce rêve de grands gamins de rencontrer son groupe fétiche. Et vous savez quoi ? A force de « qui ne tente rien, n’a rien », le duo a proposé et les feat ont été acceptés !

    Back Cover


    Alors portons directement notre attention sur les featuring : pour commencer, nous aurons Sab Elvenia, qui officie dans les groupes Draxhan, The Black Noodle Project et The Fundamental Wisdom of Chaos. On la retrouvera dans le titre « The New Beginning » où elle campera « La Souffrance », celle qui a vu l’Humanité se déliter, qui a laissé le temps au temps pour se remettre à flots, mais de cette compréhension quasi maternelle, symbolisée par un chant clair et mélodieux (Voilà, ici on a un chant clair aux petits oignons), on bascule vers la colère et la punition. D’une voix grave et saturée, elle se fait vengeance, annonçant un futur réinitialisé.

    Vous l’aurez compris, les paroles ont été soignées, s’appuyant sur les sentiments de nos deux comparses pour cracher le venin qui coule dans les veines de notre société en décadence. Le duo se fond bien et si je ne suis pas fan en général du chant clair, le basculement d’un état à l’autre se fait de façon totalement naturelle.

    Le second feat ouvre le dernier titre, «Through Your Scattered Ashes”, avec un travail d’orfèvre de François, le maître d’œuvre de la Fanfare Kärlek. Et là, Mémé peut ramener sa science un tantinet. C’est lors d’une interview avec François que l’étincelle d’une intro cuivrée a jailli. Et François a sauté sur l’occasion pour apposer sa Kärlek touch par le biais de plusieurs instruments, offrant plusieurs passages des plus savoureux. Fred, à la batterie, se fera guest de luxe. Un peu plus tard, sur cette même piste, vient se mêler une seconde voix, celle du groupe portugais de black metal… Gaerea ! Ah ! Mémé peut vous jurer avoir vu JP pleurer à la barrière, lors du set de Gaerea au Motoc. Car déjà, on avait eu la chance d’entendre les premières prises. Ce titre, d’ailleurs, est complètement sous l’emprise des portugais. C’est mon titre chouchou, celui qui annonce un futur album prompt à nous faire frétiller de la nuque. C’est une pure merveille !

    Mais si je me suis épanchée sur JP, je n’en oublie pas Nico pour autant. Les riffs mélodiques et bien envoyés, c’est lui. En fait, c’est lui qui fait presque tous les instruments. Je suis d’ailleurs très étonnée de ne pas voir JP derrière les fûts. Pour la basse, c’est Jay qui est venu gratifier le combo de son savoir-faire tout au long de l’EP. Nocebo, c’est une déferlante de mélodies et de violence contenue qui trouve enfin la sortie et dévaste tout. Nous avons sur quelques titres des samples qui ajoutent un côté sympho et déjà très pro.

    Comme j’ai pu le suggérer, Mémé a eu de la chance de suivre le projet depuis… allez, peut-être pas le tout début, mais quand même. Et des différentes versions du mix, j’ai pu mesurer l’évolution du projet. Je ne peux nier avoir dit un jour qu’on entend une différence entre les morceaux, certains étant typés black, d’autres plus dans la mouvance deathcore. Eux-même affirment leurs diverses influences. Le HxC en faisant partie, avec le thrash, le black et le death. Et effectivement, certains morceaux ont été composés dans l’esprit du combo, quand d’autres avaient déjà l’idée qui cheminait. Mais au fil des versions, ces différences se sont aplanies. C’est là aussi où on peut féliciter Matthieu Trong-ân Bourdon (TSR studio) pour le mix et le travail de prod qu’il a pu effectuer. Le son est clair et le tout prend une tournure cohérente d’un bout à l’autre.

    Le titre d’ouverture, «Our Sins Become our Strengths, fait son job. J’entends par là qu’il fait très bien le taf d’ouvrir l’appétit auditif. Entre samples parlés, intro velue, riffs bien black. C’est déjà une pépite en soi.

    Le second titre, « Nothing’s Left », commence sur un riff lancinant qui restera dans la tronche.

    Le titre« Theory of God Complex », et sa fin en queue de poisson, me laisse sur ma faim en donnant une impression de ne pas savoir comment terminer. Mais « Stalk you as a Prey » nous reprend par la main pour nous emmener vers le somptueux « Through Your Scattered Ashes », qui clôturera l’EP de 25 minutes. C’est là qu’on peut dire « mais non ! J’en veux encore ! » Alors, les gars, vous savez ce qu’il vous reste à faire ?! Composer encore !

    Ce premier opus, « Sic Semper Tyrannis » tient la dragée haute à de nombreux groupes déjà bien en place. S’il y a quelques petites immaturités, comme un enfant qui veut tout sans avoir à choisir, il montre qu’il a déjà tout d’un grand. On nage en plein tourments, on se trouve dans l’œil d’un cyclone, sentant à la fois la volupté des mélodies et la violence des vents d’un chant toujours à fond mais en rien monotone. J’attends avec impatience la suite, en croisant les doigts pour qu’elle poursuive l’amorce du titre final « Through your Scattered Ashes ». 

    Un grand bravo !

    Tracklist :

    1. Our Sins Become our Strengths
    2. Nothing’s Left
    3. The New Beginning
    4. Theory of God Complex
    5. Stalk You as a Prey
    6. Through Your Scattered Ashes

    Line-up : Nico – Tous les instruments / JP – Chants

    Guest : Sab Elvenia – Chant sur la 3 / Gaerea – chant sur la 6 / François « Kärlek » – Cuivres sur la 6 / Jay – Basse sur tous les titres / Fred – Batterie sur la 6

    Liens :

    https://www.facebook.com/Nocebomusic

    https://nocebo666.bandcamp.com/

    https://www.instagram.com/wearenocebo/

    https://www.youtube.com/@OfficialNocebo

  • Eve & David O’Sullivan / Stuart Ovenden – Metal Cooking : 58 recettes de pâtisseries inspirées du Rock et du Heavy Metal

    Eve & David O’Sullivan / Stuart Ovenden – Metal Cooking : 58 recettes de pâtisseries inspirées du Rock et du Heavy Metal

    Genre : Livre culinaire
    Label : Huginn & Munnin
    Sortie : 2016 

    Note : 75  /100 (Mémé Migou)

    C’est dimanche, on a le temps de préparer de petites douceurs pour nos petits démons. Sortis tout droit des couches de l’enfer, un peu de sucre ne pourra qu’exciter leurs papilles et aiguiser leurs dents.

    Mémé sort de sa bibliothèque un livre de recettes qui ne pourra que ravir son entourage. « Metal Cooking » et ses « 58 recettes de pâtisseries inspirées du Rock et du Heavy Metal », de Eve et David O’Sullivan. Il faut bien avouer que les photographies de Stuart Ovenden donnent sacrément envie !

    158 pages pour 58 recettes. Après une petite introduction où nous en apprenons un peu plus sur la genèse du concept, le reste du livre sera réparti entre six gros chapitres et quelques appendices sur les ustensiles et autres index. On commence par les gros gâteaux, viennent ensuite les petits gâteaux et brownies, puis, les biscuits et cookies. On enchaîne avec les beignets, les tartes et pour finir les desserts. Vous l’aurez compris, ne cherchez pas autre chose que du sucré. De toutes façons, c’est bien écrit blanc sur noir sur la couverture ! On est dans la pâtisserie.

    A la base, tout vient d’un blog culinaire entre deux passionnés, qui de cuisine et qui de musique. Ce blog s’appelait « Bake in black »… ce qui sera le titre anglais originel du livre ! Ensemble, ils échangent autour des groupes de Rock, Grunge, Metal ou Heavy… Et la question centrale est : « qu’est-ce que cet artiste ou cet album provoque chez nous ? »… en d’autres termes, quelle en est son essence. Et c’est bien là leur envie, capturer l’aura d’un groupe ou d’un album et de la délivrer sous forme de pâtisserie. Pourquoi la pâtisserie ? Je ne sais.. mais Eve ne manquera pas de dire qu’au final, tout le monde aime les sucreries… et les jeux de mots pourris. Ça, c’est le deuxième effet kiss cool. Les titres sont impertinemment et savoureusement détournés. Pour exemples : « God Save the Cream » inspiré par les Sex Pistols, « Bake ‘Em All » avec Metallica ou encore « Reign in Red Velvet » par Slayer. Mais quoi qu’il en soit, c’est avant tout la recette. Le jeu de mots vient ensuite. Et cela, c’est important de le souligner. Car la démarche culinaire est réelle, pas un simple gag.

    Donc, Mémé se penche sur le livre et choisit une recette. Bon… En effet, y a du travail à faire, des gestes techniques ? Pas forcément, mais pas mal d’étapes à suivre. OK… pas celle-ci, ça me semble trop compliqué, ni celle-là, ça demande trop de temps… Holala… Tout semble savoureux, mais notre Mémé se retrouve un peu impressionnée face au travail à mener.

    Tiens, là… Dans le second chapitre, celui consacré aux petits gâteaux et brownies, voici une recette qui semble simple et rapide. « Baked At Birth », inspirée de Cannibal Corpse. Allez… c’est parti ! On va tester et vous dire ce qu’il en est… Vous pourrez retrouver les diverses étapes en galerie.

    C’est écrit correctement. Pas de jeux de mots intempestifs à l’intérieur. C’est un livre de cuisine lambda. Lambda ? Pas tout à fait… puisque le concept vient d’UK, on se retrouve face à des ingrédients… comment dire…. pas forcément connus. Par exemple, le sirop de cynorrhodon. Mais kesako ? Une petite recherche google me dit que c’est simplement le fruit de l’églantier. Ah ben oui, ok… On trouvait assez facilement du thé à l’églantier auparavant, mais du sirop… ça… J’ai cherché partout dans mon magasin. Rien n’y a fait ! Je me suis donc rabattue sur du sirop framboises/cranberries.

    Mémé n’oublie pas de caler « Butchered At Birth » de Cannibal Corpse, pour mettre en relation l’essence et le déroulé. Et c’est parti. Il est vrai que pour battre la grande quantité de sucre avec les œufs, CC est d’une aide redoutable ! Il me faudra vous avouer que malheureusement, je n’avais pas le moule ad hoc. Un peu plus petit, j’ai eu à augmenter le temps de cuisson. Malgré tout, c’est resté pas assez cuit. Pas toujours facile de savoir gérer les temps de cuisson. Pour le reste, est-ce que c’est bon ? Oui… mais qu’est-ce que c’est sucré ! Mémé sent que ses petits démons vont grimper au plafond !

    Pour résumer, nous avons ici un livre de pâtisseries qui s’inspirent des musiques que nous aimons pour en retransmettre le ressenti des auteurs. La démarche est intéressante et nous avons de vraies recettes culinaires. Mémé cherche encore parfois le lien entre le brownie et le Cannibal Corpse. Visuellement, ça matche… mais niveau goût elle reste plus perplexe sur la relation aux groupes.

  • Death Blood – Osteonecrovore

    Death Blood – Osteonecrovore

    Genre : Death metal
    Label : Musiko Eye
    Sortie : 3 novembre 2023

    Note : 80/100 (Mémé Migou)

    Vous voulez une p’tite madeleine avec votre VerVeine* ? Avec des pépites de Entombed ? Saupoudrée de Dismember ? Ou accompagnée d’un nuage d’Unleashed ? Attendez, je vais vous chercher ça ! En attendant, ôtez moi cette vilaine cravate qui vous enserre le cou. Vous êtes tout proche de l’apoplexie, mon p’tit.

    Voilà, vous êtes bien ? Alors, savourez moi cette petite pépite brute qui vous plongera direct dans les couloirs du studio Sunlight de Stockholm. Vous verrez, dès les premières bouchées de cet « Osteonecrovore » – un EP de huit titres, mazette ! – que vous reconnaîtrez ce son spécifique du death metal suédois des années 90. Ce qui, vous en conviendrez, est loin d’être une mauvaise référence. 

    Tous les potards à donf, donc, et un son de tronçonneuse façon pédale HM2**, et c’est parti pour 27 minutes d’un death old school qui ravira les papilles auditives de nos papys, ceux qui ont connu l’âge d’or de la swedish scene. 

    Wait… huit titres pour 27 minutes ? Ah ben, ça doit envoyer du bois et foncer à vive allure ! Et pour cause, ils oscillent entre 3 et 4 minutes, les intro et outro caracolant à 2 minutes.

    Allez, entrons dans le vif du sujet : comment on fait de belles madeleines musicales de Proust ? 

    On verse ce son si particulier auquel on ajoute un chant bien gras et une guitare solo propre à te déchausser le dentier. Et ça, on l’entend dès le premier morceau… enfin, le premier morceau après l’intro, à savoir « Claws of Death ».

    Ahhhhh… combien ce titre porte bien son nom ! A peine les premières notes du solo résonnent qu’on peut aisément imaginer Freddy faire glisser doucement ses griffes sur le tableau noir d’une école désaffectée, un sourire narquois sur les lèvres. C’est aigu, ça cisaille le marteau et l’enclume pour chevaucher le pied dans l’étrier avec le 4ème cavalier de l’apocalypse. On y retrouve tous les codes du genre. Ça joue super bien, les soli sont maîtrisés et le chant, quoiqu’un poil en retrait, est granuleux à souhait. Les riffs sont marqués.

    Petite anecdote sur ce morceau : avec son anglais à la Jean-Michel Apeuprès, Mémé avait traduit « Claws of Death » par les « Dents de la mort ». Bien entendu, ce côté dents de fourchette qui raient l’assiette fonctionnait bien. Mais là où ça devient marrant, c’est qu’elle était persuadée d’entendre un ersatz du thème bi notes des dents de la mer sur la fin du morceau. Toudou… Toudou…. toudoutoudoutoudoutoudou…. Bon, avec « Les griffes de la nuit », de suite, ça marche moins bien. Néanmoins… on ne peut s’y méprendre… je suis comme Titi, mais oui mais oui j’ai bien entendu un toudou… toudou….. toudoutoudoutoudou !

    Ce premier morceau est une entrée en matière des plus sophistiquées. J’avouerais être moins séduite par le suivant, même s’il est de bonne facture. Pourquoi ? Simplement parce que je le trouve un tantinet redondant. C’est à partir du 4ème titre, « Never Say Die ! », que mon intérêt remonte d’un cran, notamment avec ce petit refrain bien scandé, comme peuvent le proposer les compos de HxC, le genre de refrain qu’on va reprendre en chœur, le poing levé. Efficacité au top ! Un brin de groove qui s’insère et c’est une toute autre ambiance que plante Death Blood. Tiens, j’en profite pour faire les présentations, car je me rends compte n’avoir pas encore mentionné le nom de nos invités auditifs. 

    Death Blood est un jeune groupe français créé en 2018 par le guitariste Geoffroy Lagrange. Il y tient la rythmique du groupe par sa science des riffs du death old school, mais également en programmant la batterie. Et c’est bien là un petit bémol que l’on va pouvoir émettre. Eh oui… il en faut bien un ! Tout au long de l’EP, la batterie reste sur un entre-deux, un peu poussive, ni lente ni rapide… Il y a des passages en double, certes, des blasts, mais on reste sur le même genre de rythmique. Avec lui, nous retrouvons deux autres comparses, Pierre-Jean (Lokurah, entre autres groupes) et Jérémy (Stabwound). C’est dire comme ils ont de la bouteille et de l’expérience.

    Tant qu’à faire, passons directement au second point noir, puisque l’on parle de section rythmique. La basse n’est malheureusement pas très audible. Elle se trouve quelque peu grignotée par la guitare très acérée. 

    Après ce quatrième titre, même si nous restons dans ce death made in Stockholm, on sent une évolution, notamment avec des samples (programmation de Geoffroy) que je n’ai pas entendus sur les premiers morceaux (intro exceptée). Entre ces samples ou claviers, assez légers, et les riffs, nous avons une évolution un chouïa plus mélodique bien que restant dans la lignée des leurs modèles.

    Pour conclure, on a, avec « Osteonecrovore » (me demandez pas ce que ça veut dire, je cherche encore), 27 minutes de death metal composé dans la plus pure tradition du Old School Suédois des 90s. C’est un revival qui vous fera passer un super moment à remonter le temps. C’est un opus bien foutu, bien composé, bien joué, qui serait certainement mieux mis en valeur par une prod un peu plus poussée. Death Blood est une bien bonne madeleine goûtue pour accompagner votre verveine… allez, soyons fou ! … pour accompagner votre bloodveine !

    Pour les prochains titres, j’espère qu’ils pourront s’affranchir des pas de leurs aînés pour trouver leur propre patte.

    Un bon moment pour les amateurs de Nihilist et cie.

    * Oui, Mémé y va petit à petit, si elle vous avait parlé d’emblée d’une tisane de bloodveine, vous n’auriez rien bité ! 

    ** Bon, Mémé n’étant pas spécialement une spécialiste, c’est l’avis de Pépé V qu’elle vous balance là.

    Tracklist

    1. Intro – A Graveyard Anthem

    2. Claws of Death

    3. Awaiting Release

    4. Never Say Die !

    5. Cold Cell

    6. Ending a Life Part

    7. Reboot Human Form

    8. Outro – The Mark of Satan

    Line up : Geoffroy Lagrange – Guitare rythmique, programmations (samples, claviers, batterie) / Pierre-Jean Toty – Basse, Guitare lead / Jérémy Hussein – Chants

    Liens :

    https://deathblood.bandcamp.com/

    https://m.facebook.com/people/Death-Blood/100027303836748/

  • Live Report – «Les studios partent en live»

    Live Report – «Les studios partent en live»

    Bonjour Minuit (Saint-Brieuc)
    19 Janvier 2024
    Mezel / Tregorgones / Drive Aid /80s-Jaya-90s

    Texte et Photos : Mémé Migou

    Il faisait froid en ce vendredi de janvier 2024. A tel point qu’au point de rendez-vous, à mi-chemin, nous étions congelés sur place à attendre le dernier retardataire. -2° au compteur à 19h30 !

    Mémé a laissé sa p’tite voiture bleue pour covoiturer avec les copains du 29 et du 22, ceux qu’elle appelle ses papys du Leon (le Leon étant une région non administrative de la Bretagne). Ils étaient là tous les trois, mais la petite bande s’étoffe de plus en plus. Et c’est en délégation de 7 personnes que nous pointons qui notre museau, qui notre chapeau, qui notre mise en plis… Oui, Mémé s’était faite toute belle pour ce premier concert de l’année, en passant son t-shirt blanc made in Seisacht Metal Night 4. Blanc… il ne le restera pas bien longtemps. Mais ça, vous découvrirez pourquoi dans le cours du report.

    C’est tout de même pas loin de 180 bornes que Mémé a avalées pour venir à cette soirée « Les studios partent en live » de la SMAC (Salle des Musiques Actuelles) costarmoricaine Bonjour Minuit à Saint-Brieuc. Et pourquoi donc, me direz-vous ? Parce qu’elle s’était promis d’assister à un concert de Tregorgones, dont elle croise les membres très régulièrement en concert. C’est d’ailleurs lors du concert de Seth + Mütterlein que Mémé avait couvert, qu’elle avait rencontré le trio en interview à chaud. Le CD offert, elle n’avait pas fait long feu avant de se dire qu’il serait plutôt cool de les suivre ! De plus, c’était la possibilité de revoir Mezel, groupe découvert au Rockiavelic dernier.

    Pour être honnête, Mémé pensait que cette soirée était une carte blanche à Tregorgones, briochin de souche. La surprise aura été totale, en arrivant sur place et en découvrant… Des familles, des enfants devant la scène. Mais… où sommes-nous ?

    Bah Mémé, fallait peut-être te renseigner un peu mieux ! Car ce soir, il y a Tregorgones, certes, Mezel aussi… mais deux autres groupes, les 4 ayant la particularité de répéter et d’être accompagnés par la Smac ! Eh oui, être hébergé dans les studios de Bonjour Minuit, c’est aussi avoir la possibilité de montrer son travail lors d’une soirée dédiée aux studios, savoir « Les studios partent en live ». Bon sang, Mémé, ça veut bien dire ce que ça veut dire, voyons !

    Donc… c’est avec Jaya, ou 80s-JAYA-90s, que le coup d’envoi de la soirée sera donné.


    Sur scène, nous avons un synthé, un guitariste et au milieu deux chanteuses avec des vestes à paillettes (non pas des vestes à patchs). La boule à facettes n’était pas très loin, et les réminiscences des boums où l’on galochait à tout  va se sont insidieusement installées dans la vieille caboche de notre ancêtre.

    Mémé est partie s’enjailler avec JAYA, un quatuor de reprises – je vous le donne en mille – des années 80/90 ! Ça tombe bien, c’est sa génération. Elle n’était pas la seule dans ce cas (coucou Jean-Marie!) alors ils ont fait fi du regard des autres et on a chanté en chœur sur du Jeanne Maes ( déçue que ce n’eût pas été « En rouge et noir »), Tina Turner, Pia Zadora et Germaine Jackson, Les Rita Mitsouko ou encore The Police.


    Bon, on ne va pas s’étendre plus, ce qu’il faut retenir, c’est que ça chante bien. D’ailleurs, l’une des chanteuses est passée dans l’émission « N’oubliez pas les paroles » – ce qui n’est pas forcément un gage de technique vocale, mais quand même. Ensemble, elles chauffent la salle, offrant un démarrage sur les chapeaux de roue.

    Je vous avouerais qu’on s’est dit en portant notre regard sur le public présent, qu’ils étaient nombreux à être venus pour Jaya… On a craint de se retrouver à 10 devant les groupes plus estampillés Metal…

    Est-ce que ce sera le cas ? Wait and see… En attendant, on remonte vers les studios car c’est aussi là que se trouve le bar. Une assez sympathique Zoo Rha (je crois), une jolie rousse qui pétille, viendra tempérer la suée (oui, Mémé a dansé !) du concert précédent.

    Après une petite demi-heure, nous pouvons redescendre dans la grande salle pour le groupe suivant, Drive Aid.


    Drive Aid, c’est Regis, Lucas, Mathieu et Dimitri. Et ensemble ils nous ont offert un set de rock grungy énergique à souhait. On n’est pas encore totalement sur du metal… Et alors ! Ce rock progressif aux saveurs des années 2000 nous a bien ouvert l’appétit !

    Et il faut bien dire que le son lourd et gras, parfois stoner like, peut leur faire tutoyer les quelques metalheads in the place. On voit, d’ailleurs, les hoodies estampillés Motocultor, se donner à fond, presque main dans la main avec d’autres jeunes aux multiples piercings et cheveux colorés.

    Ouais, je sais, c’est lourd de s’appuyer sur ce genre de considérations. A vrai dire, je voulais justement appuyer le fait que tous les styles étaient présents et que finalement, tout le monde s’en tamponnait le coquillard. On était là, on a kiffé tous ensemble, sans se poser de questions. Mémé a même eu droit au bisou non pas volé, mais sollicité, sur la joue droite…

    Découverte sympa que Drive Aid qui est, si mes souvenirs sont bons, un groupe assez jeune (2019) ! De leurs compositions, je garderai à l’esprit celle composée et chantée par l’un des guitaristes. « Treize »… une petite beauté !

    Et Big UP au batteur pour qui c’était le dernier concert avec le groupe.

    Pour avoir un avant-goût, ça se passe sur la chaîne youtube du f*cking recordman, Bruno Guézennec :

    Bon… on va zapper la pause pour passer directement à Tregorgones !

    L’ambiance s’est d’un coup transformée… Nous avons toujours les spots aux couleurs bien flashy, mais dans des tons portant plutôt sur le violet et surtout les spots verts-jaunes. Et combien cela sied au set.

    D’emblée, Guillaume, le chanteur et narrateur, nous met au parfum ! Son regard nous happe ! Des pupilles blanches rendent son regard hypnotique et sidérant. Il nous explique que ce n’est pas lui Guillaume qui parle mais, ni Melaine, le batteur, pas plus que Damien le bassiste et back vocal, mais 3 entités qui ont pris possession de leurs corps.

    Et commencent alors des morceaux de Death Metal maîtrisé. Né en 2016, avec à son compteur un EP de 3 titres « La Mort, ma Muse », Tregorgones va délivrer un set complet, qui tient du concept : entre chaque morceau, la narration en voix saturée se poursuit.

    Bon, Ça parle un peu dans les inter titres derrière Mémé. Maiiiiiiiis… tout le monde va s’accorder pour être dans l’instant présent dès que les riffs résonnent.

    Tregorgones, un groupe à suivre assurément ! Et Mémé sera au Rockiavelic 2024, puisqu’il sont d’ores et déjà programmés, pour les revoir. Un excellent kif !


    Et pour le dernier groupe de ce vendredi 19 – Ah ben non, nous étions samedi 20 au petit matin – Donc, samedi dès potron-minet, aux alentours de minuit et quart, ∏ΣzΣL s’est emparé de la salle.

    Là, ça ne tergiverse pas… Du black comme on l’aime. Bien haineux, nous conviant à communier ensemble à leur cérémonie. Du black… mais pas que ! Les riffs sont lourds, graves, on touche également au Death. Du black death ? Oui… mais pas que… du black death sympho puisque nous retrouvons un synthé dans ce sextuor !

    Mémé a pu les voir au Rockiavelic dernier. Déjà, à l’époque, une belle découverte. Ici nous étions un cran au-dessus encore pour ce « jeune groupe » qui ne cesse d’évoluer et de prendre de l’ampleur.

    Les zikos sont encore plus dans leur personnage. On sent qu’il y a du bagage derrière, de l’expérience. Est-ce qu’ils bossent dur ? C’est l’impression qu’on en a. Mais peu importe, le résultat est là.

    On peut aussi se demander si l’ampleur dont ils ont fait preuve ne vient pas également des lights et du son de la Smac. Car, petit aparté, les groupes étaient servis par une vraie scène, un son impeccable et des lumières devant lesquels baveraient tous les photographes de live que je croise. Même si on est sur une ambiance plus sombre et légèrement enfumée que le reste de la soirée…

    On peut donc se demander si la scène fait le groupe… Il m’est d’avis que nous avons à la fois la salle et le travail. La présence scénique est impitoyable. Chacun dégage son aura. On aura eu raison de venir et constater l’envol de MEzEL.

    Mon petit doigt m’a dit qu’ils étaient déjà sur de nouvelles compositions. Alors si Mémé peut vous donner un conseil : suivez MeZeL ! Je ne serai pas étonnée de les voir gravir les échelons, certes petit à petit, mais avec gourmandise, et sans indigestion. À consommer sans modération !

    Je vous ai dit que la dernière fois où j’étais venue, c’était pour le set de Seth. Forcément, j’avais ce moment en tête. Mais nous n’avons pas, avec MeZeL, un ersatz. C’est un tout autre groupe, de par le genre déjà, mais avec un ambiance qui s’en approche.

    Vous voyez le coup de coude ? A quand un set Mezel+Seth ?!

    Il est pas loin de 2h du matin… les pare-brises sont gelés. On fera attention sur la route, mais nous avons encore des étoiles dans les oreilles.

    Hep ! Mémé… Et l’histoire de ton t-shirt blanc ?

    Okayyy… vite fait, alors ! Mémé bougeant le long de la scène, elle a laissé son verre de rousse pétillante à portée de main, là, juste devant. Et à contrario de ce que la petite bande avait appréhendé au départ, la salle a peut-être changé de public, mais n’a pas désempli ! Le public s’est petit à petit approché de la scène et nous avons eu droit aux headbangs et même un petit circle pit lancé par Guillaume de Tregorgones. Du coup, quand Mémé a cherché son verre… il avait disparu. Lancé dans la foule avec son contenu dans le public par un quidam bien enquidammned ! Ce n’est pas grave… Par contre, en se penchant pour prendre une photo, elle a juste réussi à maculer son t-shirt blanc de fluide à la couleur bordeaux étrange, fluide rehaussé de petits vermicelles… mmmm… Promis, ce n’était ni le verre ni le vomis de Mémé !

    Sur cette anecdote, je vous souhaite le bonsoir !

    Texte et photos de Mémé Migou

    Crédits vidéos : Bruno Guezennec