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    Amarok Metal Fest – Live Report

    Du samedi 30 Mars 2024

    Espace Bellevue – Gétigné (44)
    Organisé par Amarok Productions

    Texte de Mémé Migou
    Photos de Run to The Pict (Fanch)


    Une fois n’est pas coutume, Mémé se décide à demander si elle peut pointer le bout de sa p’tite voiture bleue dans le 44, à Gétigné, juste quelques kilomètres après avoir passé le « mythique » rond-point avec la guitare du Hellfest à Clisson, seulement pour une journée. D’ordinaire, il ne lui viendrait même pas à l’idée de proposer un report partiel, mais là, le travail n’a pas laissé la possibilité de faire autrement. Elle aurait pu s’en passer, de demander, mais voilà… la prog. était d’enfer !

    Ce qui explique pourquoi vous n’aurez qu’une journée sur 3, avec les clichés de Fanch (Run to The Pict), photographe officiel. Cependant, je tiens à remercier chaudement l’organisation de l’Amarok Metal Fest pour cette accréditation de dernière minute et Fanch pour ses photos.

    Lorsque je suis rentrée dans mes pénates, tout le monde m’a posé la même question : alors, l’Amarok, c’était comment ? Eh bien, ma réponse a été tout autant la même : l’Amarok ? C’est un super festival, chaleureux et familial. J’y ai passé quelques heures très fun, avec parfois des discussions étonnantes, des rencontres et des retrouvailles. Car dans le merch, j’y ai retrouvé Follenn, super tatoueur dont les œuvres ornent ma hanche droite et ma jambe gauche.

    Il ne faisait ni trop chaud, ni trop froid en arrivant un peu avant 15h, l’heure de l’ouverture des portes. Le parking n’est pas tout à fait rempli. On y voit des vans reliés par une tonnelle, des tables, quelques tentes. On en trouvera d’autres sur l’espace dédié. Regardant les personnes aller et venir, on peut se dire deux choses : d’une part, c’est un public de connaisseurs. Les habits ne trompent pas et ça ne beugle pas « apéroooooo » à tout bout de champ. D’autre part, c’est assez familial, au point d’y voir pas mal de mômes casqués et même des bébés en landau. Mais eux n’iront pas dans la salle, juste sur les parties plus « safe » pour leurs oreilles, ou simplement venir dire bonjour au papa ou à la maman qui se trouve sur place comme bénévole ou au merch.


    Je n’ai pas déjeuné ou dîné sur place, je ne pourrai vous en dire plus sur la qualité de ce qui était proposé (du fait maison pour tous les goûts, de l’omnivore au végan), mais je me suis arrêtée au bar… Y avait de la triple, vous vous rendez compte ? C’est bien la première fois que je vois ça ! Et des bières artisanales : Brasserie La Rombière (49), Brasserie Les Coureurs de Lune (85), Brasserie du Grand Zig (85), Brasserie Brique House (75). Mais aussi du Muscadet, vous vous doutez bien ! Celui du Domaine de L’Epinay, du Cidre, du Rosé Haut Belloc. Sans oublier les softs, avec la Brasserie La ConviviAle (44), Le Jus de pomme des 3 Provinces (85) et Breizh Cola .

    Côté merch, Mémé y est allée faire de petites emplettes. Pas grand chose, mais il y avait tout ce qu’il fallait, entre les bijoux handmade, les sérigraphies, les t-shirts, un luthier, deux tatoueurs et les Éditions Flammes Noires. J’ai par ailleurs pu discuter avec quelques personnes sur un stand qui proposait, histoire d’attirer le chaland, un petit jeu de dés avec lot à la clé. Mémé s’est sentie plongée dans sa prime jeunesse, avec les jets de dés de nos JdR fétiches. J’y ai craqué pour une clé-décapsuleur en metal forgé/découpé. DFA – De Feu et d’Acier, c’est une association de 4 personnes (Gwen, Karl avec un K, Raphaël sans K et Étienne qui est un cas) qui s’adonnent à la métallurgie, le maquettisme, les impressions 3D, tout ça dans le but de monter une entreprise qui crée des objets de la pop culture, comme des figurines de Warhammer, etc.

    Placé juste avant l’entrée du merch et sur le passage vers la salle de concerts, on ne pouvait passer à côté du stand de prévention/protection. Bien achalandé, on y trouvait pas mal de choses assez ludiques pour créer du lien et lancer les conversations. En cheville avec l’association des « Poulettes sisters » (Branche Clissonnaise), on trouvait des distributeurs de serviettes hygiéniques dans des WC qui resteront tout au long de la journée et soirée complètement nickels ! Sans oublier les affiches « s’il y a un relou, demande au bar un loup ». De quoi se sentir protégée.

    Un peu avant 16h, les portes de la salle s’ouvrent. Un carré mauve et enfumé s’en détache. Si je me sens nue sans mon appareil photo, je crois que les photographes vont s’amuser ! J’en profite pour papoter avec Mattéo, qui gère la lumière. Lui demandant s’il avait un plan de lights, s’il y avait des modes (comme les foutus spots rouges), il me répondra qu’ils vont au feeling, à moins que le groupe n’ait un plan de lumières déjà bien défini sur clé. S’il a le trac pendant le fest ? « Le temps de se mettre dedans, mais ça va. En amont, on fait tout pour réduire les risques de pannes. »

    Et c’est parti pour le concert d’ouverture avec Oaken Skull !

    Belle intro musicale. Encore peu de monde dans la salle, mais le trio donne son max pour satisfaire tous ceux qui étaient présents. D’ailleurs, 15 minutes plus tard, une bonne moitié de la salle est présente et on sent que le set plait.

    Je dis bien on sent, car sur les premiers sets, le public ne sera pas très loquace ou gesticulant. Néanmoins, les têtes se courbant en mesure prouvent bien le kif des uns et des autres.

    Un petit point négatif serait à propos des intertitres qui restaient un peu vides. Maiiiis je reste encore plus positivement étonnée des changements / glissements rythmiques, entre riffs rapides et ralentissements pachydermiques. J’avais eu l’occasion de voir Oaken Skull en décembre. Et déjà, j’avais été emportée par leur blackenned death/thrash. Là, j’ai entendu des variations à côté desquelles j’étais allègrement passée à côté (mais il faisait hyper froid, à ma grande décharge).

    « C’est la deuxième fois que je les vois, la première fois dans un petit bar. Très très efficace ! Un côté technique assez ressenti. Ça fait son petit effet en live. Puissant. Direct. Franc. » – Antoine

    « C’est une découverte. Je regrette de ne les découvrir que maintenant. Les riffs sont efficaces. Quand j’ai vu qu’ils n’étaient que 3, j’ai eu peur. Mais non, chacun a sa place. Y a de l’harmonie. » – Pierric

    Setlist : Pharmakos ; Quiet Ghosts ; Cours… ; Channel the Anger ; L’ennemi ordinaire ; Les chaires de pierre ; Cele Kula

    A l’inter scène, je rencontre Antoine, luthier sur le festival. Son rôle est d’aider au réglage des grattes, changer les cordes au besoin ou simplement faire essayer des jeux. J’en profite pour prendre son mail… Un futur rendez-vous pour une interview sera une bonne chose, histoire de mettre en avant son métier.

    Second groupe : Infern

    Cinq sur scène, on ne peut nier que quand Infern débarque sur les planches, on ne peut passer à côté d’eux. Je repère un nouveau batteur. Et quand, un peu plus tard, j’en fais part à l’un des membres au stand de merch, j’ai eu de quoi creuser mon trou et me cacher 10 mètres sous terre. Ben oui, Mémé, c’est le batteur habituel.. mais tu as confondu avec Ed Wood, qui vient de sortir un album et qui a les 2/3 de Infern dans son line up. Oui, j’ai honte de m’être ainsi emmêlé les pinceaux.

    Le jeu des lumières est complètement différent, plus saturé et dans les tons bleu et blanc. Et le son ? Ah ben, Infern, c’est un véritable rouleau compresseur ! Ça pilonne sévère. Dans la salle, je vois les têtes bouger. On est encore loin du circle pit que j’ai l’habitude de voir dans les concerts de Infern, malgré les encouragements vains de Julien le chanteur. Néanmoins, on jugera à l’aune des applaudissements et aux cris, que le public a largement kiffé. Sur l’avant-dernier titre, les festivaliers se sont finalement prêtés au jeu du circle pit… et ont apprécié.

    Malgré un petit souci de branchement pour la basse à un moment furtif, ils ont livré un set énorme. Du bon Death à l’ancienne. Efficace !


    Laissez donc Mémé avoir son instant « pouf » : j’ai adoré les t-shirts du groupe. Quand le guitariste arborait celui du groupe Death (miam ! ), Julien, le chanteur, nous gratifiait d’un joli Gun’s And Roses tranchant avec sa voix.

    « Infern, j’ai bien aimé. J’étais en poste sécu et inconsciemment, j’étais en train de battre la mesure. Kronos, bien sympathique ! Mais si je dois retenir un groupe, c’est Infern » – Cyrille

    Setlist : Undertow ; Burning Fields ; Tormented Paranoid ; State Puppet ; Gaining ; Phineas Case ; Victim of the Doom ; To the Extrem

    A l’inter-scène, je me rends auprès du stand de prévention. Là, on y aborde les thématiques de la sexualité ( les agressions, les violences sexuelles,…), d’audition (sensibilisation et dispositifs auditifs à disposition), des émotions. « Dans un festival, me dit Marie (Amarok Productions, Psychologue), partir des émotions, c’est permettre d’ouvrir la conversation sur plein d’autres choses. Dans un festival, on a des propositions ludiques, qui évitent le côté moralisateur et permettent d’axer vers d’autres dispositifs». Beaucoup de jeux sont créés par elle quand d’autres sont prêtés par le CRISP. Il y a également la branche clissonnaise des Poulettes Sisters, les Poulettes l’Asso qui organise une vente à prix libre de maquillage, pour des actions en faveur de femmes en précarité. « Je fais partie de l’Amarok Productions, qui crée ce stand. Les gens sont assez intéressés et souvent, le premier passage, c’est par les émotions. L’avantage d’être au milieu c’est de voir s’il n’y a pas de personnes en difficulté, etc. Pour l’instant, nous n’avons pas eu de remontées de cet acabit. »

    Il est temps de retourner dans la salle de spectacle pour Lunar Tombfield :

    On se retrouve avec quelques membres de Ladlo au premier rang. Le suivant se rapproche dangereusement de nous, signe qu’il y a plus de monde. Les personnes présentes connaissent. C’est un public de blackeux avec toute l’introspection qui va avec (ce qui n’est pas pour me déplaire, soyons clair). OK… je donne dans le cliché, j’assume !

    Ici, pas de temps morts entre les titres, nous avons des samples pour remplir le silence d’une salle accaparée par l’émotion de la musique. C’est du Black moderne, étoffé. On a bien sûr les codes, comme du tremolo picking, c’est mélodique et écorché à la fois, le tout baigné dans une ambiance rougeoyante qui n’est pas sans rappeler l’enfer ou simplement les passions, fussent-elles colériques. Puissant !

    Le batteur est assez flippant, dans cette lumière, avec son corpsepaint. Comme pour les lights, c’est voilé, enfumé, et donne une impression de scène bien remplie.

    « J’étais particulièrement concentré sur la guitare. C’est la seconde fois que je les vois. Je suis fidèle au groupe. Ils me font penser aux derniers Burzum, le côté planant… » – Pierrick

    Là, je me trouve à l’inter scène et je discute avec les uns et les autres. Je finis par passer une bonne partie de ce moment avec Kratos Aurion, à philosopher sur les growls de frontwomen. Dès lors, absorbée par l’échange, j’arrive avec un peu de retard sur le set suivant, celui d’Exocrine.

    Nous sommes aux alentours de 20h et la salle est désormais bien remplie. Et remplie, c’est aussi grâce à Exocrine qui colonisait l’espace et le son. Des mélodies sur des riffs ultra techniques, servant un chant gras et grave. Entre le riff qui tourne et le chant saccadé, c’est d’une efficacité sans nom.

    Désormais, on voit plus de gens se lâcher dans le public. Il faut dire que Exocrine nous gratifie de beaks affriolants de silence amenant à des parties casse-nuques. Puis, ça ralentit et la guitare reprend son solo rapide sur une batterie de plus en plus véloce.


    On se prend à se murmurer, sur le pénultième morceau fait de rythmes saccadés, « putain ! C’te mise en place de malade ! »

    La fin du set, sur le titre Warlock, se veut en feu d’artifice, avec cette annonce : « Vous voulez pousser jusqu’à 400 BPM ? »

    « Je découvrais Exocrine. Une bonne énergie. J’ai beaucoup aimé le guitariste. Un bon jeu de scène. J’étais venue pour Kronos Celeste et Seth. Le deuxième groupe [Infern], grosse claque ! » – Nolwenn

    « Je suis arrivé sur Exocrine. C’était cool. Je ne suis pas un aficionados du metal, je suis venu avec une amie. Je ne connais pas tous les styles, ni les sous-genres,mais j’apprécie. » – Jeff

    Setlist : Legend ; Maelstrom ; Eidolon ; The Hybrid Suns ; Dying Light ; Life ; The Kraken ; Hayato ; Blast ; Warlock

    21h, les Suisses de Kassoghta arrivent sur scène.


    Ah ! Une nana sur scène ! Je crois bien que ce sera la seule sur cette journée. Le growl est bon, assez grave. Ils sont quatre et le guitariste se fait seconde voix avec la chanteuse. Tout va bien… jusqu’au troisième titre où, patatras (enfin, pour moi, j’entends), voilà les refrains en voix claire. Et là, la filiation avec Jinjer s’en trouve encore plus marquée.

    Bon, cela mis à part, la joie d’être sur scène est palpable, surtout chez le batteur, régulièrement illuminé par les spots, qui arbore un sourire véritablement éclatant.

    Niveau musical, ça fait clairement le taf, avec des moments plus pesants. D’ailleurs le public est nombreux et bien « chaud patate ». J’avoue que je vois traîner les copains blackeux près de l’espace bar. Et j’en fais tout autant. On ne peut nier qu’il y a beaucoup de présence sur scène et finalement tout le monde tient bien sa place, mais ce n’est vraiment pas mon style de death metal, même dans la veine prog. Alors comme j’avais besoin de faire une petite pause, je me perche sur les tabourets des tables hautes et je commence ce report.

    Setlist : The Infinite ; Drown ; Kassoghta (The Call) ; Venom ; Rise ; Pale Horizon ; Before I Vanish ; Complacency

    C’est Quentin qui m’offrira une porte de sortie, en venant me demander ce que je fais. Il se prête au jeu de m’offrir son avis… pour le jeu de mot je rajouterais bien aviné. Mais je garderai le terme sympathique de joyeux, car il était tout sourire, Quentin. Et un peu coquin avec le sale tour qu’il m’a ensuite fait. Enfin, pas un méchant tour non plus, j’en ai beaucoup ri intérieurement. « J’aime vraiment bien. En plus, ils sont suisses. Ils viennent dans un lieu pas loin en France. Le fait que ce soit une fille, avec ce genre de voix, ça change la donne. » Lui, Quentin, il a vraiment bien kiffé.

    Et pour l’anecdote, quelques minutes plus tard, il revient avec deux potes, tout aussi joyeux dirons-nous, que lui, me poussant l’un devant moi et « La madame va te poser des questions ». La réponse du pote n’a pas tardé à fuser : « J’aime pas les journalistes, c’est de la merde. Rien à foutre de ce qu’ils disent ». Bah oui, mais Mémé n’est pas journaliste…. C’est juste une Mémé qui écoute et relate un instant présent. « BFM, c’est d’la merdeuh ». OK… Je crois qu’on a compris le discours, on va vite couper court.

    Ahhhh… Je vous l’avais dit, que j’avais eu quelques conversations ahurissantes. Mais vraiment, c’était plutôt mignon, surtout de voir les deux autres comparses pouffer dans leur barbe et ensuite s’excuser. Mais oui, vous êtes tous pardonnés !

    D’un autre côté, j’entends de la musique qui bastonne. Mais c’est-y pas que Kronos commencerait ?! Allez, en une seconde me voici sur pieds à fausser compagnie au trio infernal.

    Kronos, j’ai eu l’occasion.. que dis-je?! J’ai eu l’honneur de les voir lors de leur premier concert de reformation au Muscadeath. J’en profite pour saluer Benoît, l’organisateur du Muscadeath présent dans la salle. J’y avais pris une telle claque, que j’étais avide de les revoir. Avide, mais également avec un peu d’appréhension tout à la fois. Pourquoi me direz-vous ? Simplement par ce qu’à Vallet, les membres du groupe semblaient être tellement heureux de revenir sur les planches, de peser à nouveau dans le game, que je craignais qu’ils aient un peu perdu cette énergie débordante autant que dévorante. Oui, risquons le mot : qu’ils se soient déjà un peu blasés après quelques concerts supplémentaires, que la routine ait repris le dessus…


    Eh bien, sachez, m’sieurs-dames, qu’il n’en est rien du tout ! Pas le moindre ennui, pas un seul poncif… Certes un rituel rodé, mais en rien routinier. Ce n’est pas métro-boulot-dodo, avec Kronos, c’est plutôt « bonjour, vous me mettrez une tranche de rôti de de gnon et une ballottine de pains dans la tronche. Vous l’aurez compris, avec Kronos, c’est la boucherie assurée ! La salle est chauffée à blanc.


    Quel professionnalisme de la part de chacun des membres. Ainsi que j’ai pu leur dire, au débotté dans les couloirs, on peut fixer son attention sur chacun, il n’y en a pas un qui soit en retrait par rapport à un autre. Tous assurent comme des bêtes. Bien entendu, avec Pépé V. joueur de basse, j’ai un œil qui vrille forcément sur cet instrument. Mais qu’est-ce que Tom peut nous enchanter, de sa technicité à la basse, de sa vélocité, mais aussi de son jeu de scène ! Mais voilà, on porte son attention sur un guitariste, puis sur l’autre, sur le batteur… et on se dit à chaque fois la même chose. Quant Kristof, c’est de main de maître qu’il fait le lien entre tous ces éléments, en ajoutant sa pierre à l’édifice.


    Kronos, c’est du death brutal et hautement technique. Les mises en place sont léchées, mijotées aux petits oignons. Bref, on s’est régalés !

    Setlist : Colossal Titan Strife ; Submission ; Opplomak ; With Eaque Sword ; Aeternum Pharaos Curse ; Haterelm ; Monumental Carnage ; Phaeton ; Kronos ; Supreme Nordik Reign ; Bloodtower ; Mashkhith

    Dernier inter scène de la soirée. Non loin du bar, j’en profite pour discuter avec Gaël : « Je suis bénévole… derrière le comptoir. Il peut y avoir de la tentation, derrière le bar, mais non. Je suis sobre. Depuis hier, on ne doit pas être loin des 15 fûts (+/- 800 litres). On ira sur les 1000 litres pour la fin. C’est la 6ème fois que je suis bénévole. J’aime bien être bénévole sur un festival. Une fois que l’organisation te connaît, ils te rappellent. J’ai fait le Hellfest, Le Ruffier Rock, Poulson, et pas mal de soirées de concerts où je suis bénévole. Quand on veut voir certains groupes, on arrive toujours à gérer pour les voir. »


    Et le bouquet final revient à Seth

    Seth, j’ai eu l’occasion de les voir et de couvrir le concert qu’ils ont donné en compagnie de Mütterlein à Saint-Brieuc, SMAC Bonjour Minuit. Gravé dans mes souvenirs, le moment magique de Saint Vincent qui me bénit… A moins qu’on ne dise maudire, pour le coup ?!

    Bref, Seth débarque avec son décorum. Pour inciter quelques réfractaires venus sans vraiment connaître, juste parce qu’un ami les y avait traînés, j’ai expliqué que sur certains lives, une très jolie intermittente du spectacle venait offrir aux yeux affamés ses courbes chatoyantes et ses seins dénudés, vite recouverts d’un liquide visqueux rouge sang. Ah ! Il a dû m’en vouloir, le monsieur, car sur scène, il n’y avait que Seth et uniquement Seth.

    Niveau décorum, j’ai trouvé beaucoup moins fouillé qu’à Saint-Brieuc. Les lights, d’ailleurs n’étaient pas aussi « cathédralesques ». Non… ici, juste le strict minimum. Mais quand je dis cela, on pourrait penser que j’ai trouvé le set de Seth (ouais,j’ai osé la faire et j’ai honte) plutôt mitigé. Que nenni, braves gens ! C’est même le contraire !

    D’une part grâce au son qui était excellent. La balance est véritablement bien répartie entre les différents instruments et la voix. C’était au top ! Ensuite, parce qu’il y avait dans la façon de jouer du groupe et spécialement dans celle de Saint Vincent, le chanteur, comme une urgence et une importance à aller chercher un public qui n’était pas forcément acquis à sa cause. Oh, je ne dis pas que le public ne l’était pas de base, mais juste que nous étions en festival et qu’il est normal que tout le monde ne connaisse pas ou n’apprécie pas. C’est ce public qu’ils sont allés chercher. Et tout à la fois, les connaisseurs ne sont pas restés sur le bas côté de la route ;

    Pour faire un parallèle avec la voie du Haïku, plus c’est épuré, plus c’est sincère et ça va droit au cœur. C’est exactement cela que j’ai ressenti. Et pourtant, j’aime la scénographie… On va dire qu’entre la générosité et l’échange avec le public, et la mise en scène qui te propulse dans une ambiance délétère qui sent le souffre à plein nez, j’ai opté pour la première option.


    C’était le concert ad hoc pour terminer cette somptueuse journée de festival qui n’a eu de cesse de nous faire naviguer entre le black metal et le death metal… entre chacune des formes du black et chacune du death… Bravo à l’organisation qui a fait cette programmation…

    Site de l’Amarok Productions :

    Voilà, ce samedi 30 mars, j’ai vécu une superbe journée de fest à Gétigné, pour l’Amarok Fest, qui en était à sa 7ème édition. J’y ai fait des rencontres étonnantes, des conversations parfois improbables, le tout dans un climat bon enfant, familial. On se sent écouté, il était facile d’entamer la discussion avec les uns et les autres. Une safe place avec un son, des lights et des shows de qualité. Amis amoureux de metal, retenez la date et n’hésitez aucunement à réserver votre week-end pour l’an prochain.

    Je vous laisse avec Jean-Yves, notre « papy » metalleux : « J’ai préféré le groupe qui ressemble à Arch Enemy, qui m’a fait penser à Angela. C’est extraordinaire. Une découverte. Il y avait de la jeunesse, du partage. La bonne ambiance, la bonne humeur, le partage… Ici, c’est différent du Hellfest. » 

  • Aforgomon – Desperate Echo of Timelessness

    Aforgomon – Desperate Echo of Timelessness

    Genre : Depressive Suicidal Black Metal
    Label : Remparts Productions
    Sortie : 31 mars 2024

    Note :  90/100 (Seblack)

    Aujourd’hui direction le Kazakhstan, pour découvrir le one man band Aforgomon dont l’album sort chez Remparts Productions. Avouez ce n’est pas commun un groupe venant de ce coin du monde et ça attise forcément un peu la curiosité. Bon oubliez tout de suite les images ensoleillées de ce lointain pays, les clinquants building bâtis à grand renfort de pétrodollars. Ici point de lumière avec un DSBM noir, épais et rafraîchissant comme un verre de goudron au bord d’une piscine de mercure.

    De « Come, Keeper of the Gate » à « Hail of Careless Skies » c’est une longue chape de plomb qui va s’abattre impitoyablement avec un son notablement bon qui met en valeur chaque élément de l’instrumentation. Nous ne sommes pas ici sur un dsbm crado avec du sang partout dans la baignoire et sur les murs mais plutôt dans une musique cultivant une certaine forme d’esthétique ténébreuse et maussade.

    La première partie de l’album nous entraîne d’ailleurs dans des ambiances lourdes, très lourdes même avec un son de guitare et un chant épais. Les morceaux, qui prennent le temps de se développer, sont principalement sur un mode mid tempo cafardeux ponctué de quelques pointes de rage. L’ensemble pèse et suinte d’une noirceur âcre un peu comme le dark metal du Bethlehem des vieilles années.

    Ces atmosphères accablantes et délétères ne seraient toutefois pas complètes sans quelques petits raies d’une lumière toute saturnienne : mélodies maladives de piano (Come, Keeper of the Gate), voix fantomatiques ou encore un solo à vous fracasser l’âme sur « Do Not Lay Flowers On my Grave ». Le morceau « The Curse of Tempest Mountain » s’ouvre même sur des ambiances club de jazz neurasthénique avec une basse bien ronde et de nouveau quelques notes de piano.

    Dans la seconde partie de l’album (à partir de «A Captivating Moment of Fatal Fate»), Aforgomon retrouverait presque quelques couleurs avec des cadences parfois presque entraînantes. Mais ne vous réjouissez pas trop vite, car si le rythme est plus vigoureux, la valse reste toujours des plus cabossées, elle se nourrit de mélodies éthérées et elle est toujours hantée par ce chant déchirant. Il y a dans cette seconde partie d’album des petits airs enivrants qui ne sont pas sans rappeler les australiens Advent Sorrow. L’instrumental « Desperate Echo of Timeless » sonne toutefois l’heure de la gueule de bois avec le retour à une ambiance plus morne avant un final chaotique tiraillé entre passages accablants et accélérations subites.

    Alors avec son artwork qu’on pourrait croire sorti de l’imaginaire d’un groupe de grind ou de death, cet album de Aforgomon ne paie peut-être pas de mine mais sa musique dégage cette aura particulière propre à un black metal dépressif inspiré et animé autant par la mélancolie que par les déchirements de l’âme. Une belle découverte à tout point de vue.

    Tracklist :

    1. Intro (00:44)

    2. Come, Keeper of the Gate (06:46)

    3. The Curse of Tempest Mountain (05:49)

    4. Do Not Lay Flowers On my Grave (08:23)

    5. A Captivating Moment of Fatal Fate (08:28)

    6. Don’t Die my Hope (09:27)

    7. Voices in Head (05:18)

    8. The Anchor of Vicious Thoughts (08:36)

    9. Desperate Echo of Timelessness (02:57)

    10. A Hail of Careless Skies (05:09)

    Line-up : Aforgomon – Tous les instruments, chant.

    Liens :

    https://aforgomon.bandcamp.com/album/desperate-echo-of-timelessness-2

    https://rempartsproductions.bandcamp.com/album/desperate-echo-of-timelessness

  • Mòr  /  Hear the Hour Nearing !

    Mòr  /  Hear the Hour Nearing !

    Genre : Raw / Black Metal Atmosphérique.
    Label : Les Acteurs de l’Ombre Productions.
    Sortie : 12 avril 2024

    Note :  78 /100 (Seblack)

    Mòr a été fondé il y a une dizaine d’années du côté de Rouen et s’est davantage manifesté en concert que sur disque, le groupe n’ayant enregistré jusque-là qu’une démo et un live. 2024 sera donc celle du premier opus de ce mystérieux quatuor dont on ne sait pas grand chose. Le dit album se nomme « Hear the Hour Nearing ! » (2024) et sort sur le label français Les Acteurs de l’Ombre Productions. Le sombre et mystérieux artwork est de la main de Sözo que l’on a déjà récemment croisé pour son travail sur les derniers opus de Lunar Tombfields ou Ars Moriendi.

    La genèse de « Hear the Hour Nearing ! » s’est déroulée sur un laps de temps relativement étendu : la batterie a été enregistrée en 2019 ainsi que les premières lignes de basse et de guitare. Ces dernières ont été retravaillées en 2021 et ce n’est qu’en décembre 2022 que le chant a été mis en boîte.

    La première chose qui frappe à l’écoute des neuf titres de « Hear the Hour Nearing ! », c’est le son assez atypique de Mòr avec des guitares maigrelettes mais très nerveuses et une basse au contraire assez ronde et très audible. Animé par un chant raclé et une batterie qui ne joue pas le registre blast à tout va, l’ensemble sonne de manière assez raw mais pas lo fi. Un rendu assez inhabituel qui confère à ce premier album une personnalité bien trempée.

    Disons le sans détours, les charmes de « Hear the Hour Nearing ! » ne sont pas de ceux qui se dévoilent immédiatement. Imprégné d’une noirceur charbonneuse l’album peut paraître dans un premier temps assez austère avec ses ambiances mornes et lancinantes. Ce n’est qu’au fil d’écoutes attentives qu’on se laisse imprégner par l’atmosphère ténébreuse et aride de Mòr. C’est un peu comme être enfermé dans une pièce plongée dans le noir, au départ on est un peu perdu puis peu à peu on finit par s’habituer à l’obscurité et retrouver quelques repères. Et si l’on devait finir par distinguer quelque chose visuellement ce serait, par exemple, ce paysage sombre et étrange qui se déploie sur l’artwork de  Sözo.

    Dans le microcosme du black metal, tous n’apprécieront pas cet album, c’est certain. Mais qu’on aime ou non, on ne pourra pas lui reprocher de ressembler à qui que ce soit. Tout juste lui trouverais-je une petite filiation avec le duo Iffernet pour ce côté à la fois nerveux et imbibé de noirceur, mais la comparaison se limitera à cette vague impression car le rôle prépondérant joué par la basse le rend bien différent et plus profond.

    Rugueux, volontiers sévère « Hear the Hour Nearing ! » est aussi un album criant de sincérité. Là où certains groupes se complaisent à dépeindre de manière superficielle et un peu convenue des atmosphères obscures, Mòr, lui, semble s’en imprégner totalement et ne faire qu’un avec les ténèbres. Ce premier opus ne sera donc pas à ranger dans la catégorie des albums faciles et communs et c’est bien là un de ses principaux atouts. 

    Infos

    Tracklist :

    1. The Vanishing of Matter (05:13 ) 

    2. Eden (04:29)  

    3. Third Path (05:31)  

    4. The Apprentice (03:24)  

    5. Cave of Shadows (03:05)  

    6. The Letter of Loss (08:09 ) 

    7. Sulfur (04:37)  

    8. Sutcivni Los (03:29)  

    9. Smaragdina (05:51)

    Line-up : B.R. – Guitar / B.S. – Guitar / D.H. – Bass, Vocals / N.F. – Drums

    Liens : https://666mor666.bandcamp.com/album/hear-the-hour-nearing

  • Benighted – Ekbom (2024)

    Benighted – Ekbom (2024)

    Genre : Brutal Death Metal/Grindcore
    Label : Season of Mist
    Sortie : 12/04/2024

    Note :  95 /100 (Jp)

    Chronique : 

    Les gens qui nous suivent depuis quelques temps connaissent bien notre attachement au sein de Memento Mori Webzine pour notre scène nationale. Elle est riche, elle est pro et clairement, nous avons la chance d’avoir certains groupes qui se sont imposés au fur et à mesure du temps comme des ténors influents du genre. Et Benighted peut se targuer d’être clairement l’un des Boss dans sa catégorie.

    “Obscene Repressed” étant sorti en 2020, et malgré la sortie de 3 singles (“Serve to Deserve” et “Stab the Weakest” en 2020 + « A Personified Evil” en 2021), “Ekbom” aura mis 4 ans avant de sortir le 12 Avril 2024. Benighted étant un groupe particulièrement actif sur la partie Live, nous ne dirons pas que les 4 Stéphanois auront pris leur temps pour autant.

    On sait qu’à chaque sortie, on peut s’attendre à un nouveau concept ou lien dans les paroles grâce à l’inspiration venant du côté professionnel de Julien Truchan, le maître Es Bhuiwhuick du combo. Et ce coup-ci, on part encore une fois dans les tréfonds du psyché et des traumas pouvant bien pourrir la vie d’une personne dans l’histoire que nous raconte Ekbom. Attachez vos ceintures, c’est part’WHUIIIIIIIIIICK !

    Le syndrome d’Ekbom, ou délire d’infestation parasitaire, est une pathologie rare, caractérisée par la conviction inébranlable d’avoir une peau infestée d’insectes ou de parasites. Il s’agit d’un délire monothématique à mécanisme hallucinatoire qui touche typiquement les femmes d’âge avancé.”

    Ceux qui auront eu la possibilité de voir le clip “Scars” comprendront un peu plus l’ambiance ainsi que le visuel de l’album, qui a été réalisé par GrindDesign.

    Room 14, we have a 21-year-old woman, first hospitalization. She has no family, her mother raised her alone and died of cancer 4 years ago. She lived in foster care until she was 18,The onset of the disorders was brutal, she presents a psychotic crisis with a delirium centered on her body. She has visual hallucinations that evoke Ekbom’s syndrome, she sees insects running on and under her skin. She tried to cut herself several times to get them out. She tells us that the enemy is inside, that it’s always inside. Maybe she unconsciously refers to her mother’s cancer, she cared for her until the end. She also talks about a dark man who is present in every room she enters. He stands still, looks at her, she doesn’t describe him as a threat. He just smiles as soon as she starts cutting herself…

    Nous suivons donc par le biais des 12 titres d’”Ekbom” la descente aux enfers de cette jeune femme dans la 20aine, partie bien trop loin suite au trauma causé par le décès de sa mère et de cette fameuse personne en noir, souriante, qui l’accompagne dans sa vie de tous les jours. Et sincèrement, je crois que je n’ai jamais entendu un Benighted aussi malsain dans ses chansons tant l’atmosphère est pesante tout au long des chapitres !

    On retrouve toujours ces petites touches HardCore que j’appréciais déjà dans “Obscene Repressed” mais s’est ajouté à ça un côté clairement Crust et Black Metal (ce pont dantesque dans “Scapegoat” !!), le tout assaisonné par des parties instrumentales d’une efficacité redoutable et limite Tech Death (“Flesh Against Flesh” ou “Nothing Left to Fear”, par exemple), tout ça étant bien mis en avant par la prod made in Kohlekeller Studios. Nous noterons aussi le choix judicieux de remettre des paroles en français dans l’album, pas loin de 3 chansons quand même (“Morgue”, “Le Vice des Entrailles” et “Ekbom”) ainsi que 2 guests et non des moindres, Oliver d’Archspire et Xavier de Blockheads, groupe culte du Grindcore français ! 

    Ce qui est appréciable avec cet album, au-delà de la qualité des chansons, c’est cette faculté qu’à Benighted de nous surprendre encore ! Que ce soit dans la vitesse d’exécution (encore une fois “Nothing Left to Fear” et ses 402 Bpm) ou même dans les timbres de voix choisis par Julien qui n’hésite pas à prendre des voix bien vicieuses selon certains passages (“Prodrome” et ses DO IT, le pont de “Scars” ainsi que cette voix possédée dans le dernier titre “Mother Earth / Mother Whore”), vous vous retrouverez systématiquement balancé entre la volonté d’aimer vous en prendre plein les ratiches et de vous dire “Mais arrêtez ! Mais pourquoi vous m’jetez par terre !?” et malgré tout d’en redemander encore !  

    Nul doute qu’avec “Ekbom”, Benighted va encore en laisser plus d’un sur le carreau, agonisant et avec les dents éparpillées un peu partout, d’autant plus que le groupe va pas mal tourner ces prochaines semaines sous l’affiche du HellFest Warmup Tour 2024 ! 

    Tracklist

    1. Prodrome 

    2. Scars 

    3. Morgue 

    4. Le Vice des Entrailles 

    5. Nothing Left to Fear (Feat Oliver Peters – Archspire)

    6. Ekbom 

    7. Metastasis 

    8. A Reason for Treason 

    9. Fame of the Grotesque (Feat Xavier Chevalier – Blockheads)

    10. Scapegoat 

    11. Flesh against Flesh 

    12. Mother Earth, Mother Whore 

    Line-up : Julien Truchan – Chant / Emmanuel Dalle – Guitares / Pierre Arnoux – Basse / Kevin Paradis – Batterie

    Guest(s) : Olivers Peters (Archspire) – Nothing Left to Fear / Xavier Chevalier (Blockheads) – Fame of the Grotesque

    Liens : 

    https://www.facebook.com/brutalbenighted

    https://www.instagram.com/benighted_band

  • Merrimack /  Of Grace and Gravity  (2024)

    Merrimack /  Of Grace and Gravity  (2024)

    Genre : black metal
    Label : Season of Mist Underground Activist
    Sortie : 8 mars 2024

    Note :  90 /100 (Seblack)

    Non content de figurer parmi les pionniers et donc dans les rangs des vétérans du black metal à la française, voilà aussi sept longues années que Merrimack ne s’était pas manifesté avec un nouvel album. Et oui il faut remonter à 2017 pour trouver trace de « Omegaphilia », et quelle trace d’ailleurs car franchement il déboîtait autant qu’il dénotait dans une scène alors en pleine fièvre post black machin truc. Passons et revenons à l’essentiel car si quelques années ont passé depuis ce dernier opus, elles n’ont en rien érodé l’inspiration et la férocité de Merrimack qui remet le couvert avec Season of Mist de la plus belle des manières.

    Pourtant à dire vrai il n’y a pas vraiment de réelle surprise dans ce « Of Grace and Gravity » mais une grande satisfaction à trouver ce qu’on cherchait consciemment ou inconsciemment, à savoir un black metal acéré, une musique inspirée avec des compositions ciselées, variées même, comme en témoigne, entre autre, l’instrumental « Embalmer’s Wine ». 

    Dès « Sulphurean Synods », Merrimack met les choses au point avec une entame féroce suivie de multiples changements de tempo, tous aussi malsains et prenants les uns que les autres. La leçon est magistrale et la suite est à l’avenant avec toujours une certaine complexité des compositions. Loin de perdre l’auditeur, celle-ci le maintient au contraire en haleine, pour peu qu’on daigne lui donner l’attention nécessaire. Du chant en passant par tous les instruments, il n’y a rien à redire. Le groupe a travaillé son affaire dans les moindres détails. Agressif sans jamais tomber dans l’excès, mélodique sans jamais sombrer dans la facilité, le quintette parisien déroule, et quand il se risque dans des contrées plus atmosphériques en fin d’album, il ne se défait en rien de ce côté insidieux.

    Histoire d’enfoncer le dernier clou dans le cercueil de ce long silence, le travail d’orfèvre des arts noirs auquel se livre le groupe est totalement servi par la production. Ne cédant ni aux sirènes poussiéreuses du passé ni à ces productions contemporaines trop souvent aseptisées, le son de « Of Grace and Gravity » est remarquable par son côté très abrasif qui permet d’en apprécier les riffs, les mélodies ou les dissonances. La batterie claque comme un fouet et les vociférations criardes de Vestal et des ses invités n’en sont que plus délectables.

    En bref avec ce nouvel opus, Merrimack signe un retour des plus réussis et bâtit avec « Of Grace and Gravity » un pandémonium majestueux par sa noirceur magnétique. 

    Tracklist :

    1. Sulphurean Synods (06:42)

    2. Sublunar Despondency (07:07)  

    3. Dead and Distant Clamors (05:35)   

    4. Wounds That Heal (06:44)

    5. Starving Crowns (08:05)   

    6. Under the Aimless Spheres (07:01)  

    7. Embalmer’s Wine (06:59 )

    Line-up : Perversifier – Guitare / Daethorn – Basse /  Blastum – Batterie / A.K. – Guitare / Vestal – Chant.

    Guest(s) : Ur Èmdr Œrvn – Chant ( Embalmer’s Wine) /  D.G. – Chant ( Sulphurean Synods)

    Liens :

    https://merrimack.bandcamp.com/album/of-grace-and-gravity

    https://www.deezer.com/en/artist/99176

    https://www.facebook.com/merrimackofficial

    https://www.instagram.com/merrimack666

  • Severoth  /  Шляхом світла  (By the Way of Light)

    Severoth  /  Шляхом світла  (By the Way of Light)

    Genre : Black Metal Atmosphérique
    Label : Avantgarde Music
    Sortie : 22 mars 2024

    Note :   90/100 (Seblack)

    Quatre ans se sont écoulés entre « Vsesvit » et son successeur « Шляхом світла »  (By the Way of Light) qui sort de nouveau sur le label italien Avantgarde Music en ce printemps 2024. Quatre années, c’est inhabituellement long pour Severoth qui depuis 2015 décochait les albums avec une régularité de quasi métronome. Mais pour le one man band ukrainien ces quatre dernières années n’ont rien eu d’un fleuve tranquille. Vous comprendrez aisément pourquoi. 

    La composition avait pourtant rapidement commencé dans le sillage de la sortie de « Vsesvit ». Mais le 24 février 2022, l’attaque de la Russie contre l’Ukraine a quelque peu bouleversé la donne pour Severoth. Originaire de la ville de Dnipro, à l’Est du pays, la tragédie des combats a pu constituer une complication considérable tant au point de vue personnel que dans la limpidité du processus de création de « Шляхом світла ».

    Proposant des albums dont l’univers est davantage tourné vers les cieux et la nature que  vers les affaires humaines, l’irruption de cette terrible réalité qu’est la guerre se fait sentir avec la chanson “Сталевої волі сини”  (Sons of Steel will). Une composition fleuve, qui est une des plus épiques que Severoth ait proposé, avec des guitares aux accents « Saoriens », des claviers majestueux et des lignes de chant clair.

    Pour autant, Severoth reste Severoth et ce sixième album ne se départit à aucun moment de ce qui fait la magie de cet artiste qui, comme à son habitude, a tout composé, joué, enregistré et mixé. 

    Dans la continuité de cet univers à la fois sombre et lumineux,  Шляхом світла propose de longues compositions traversées de nappes de claviers voluptueuses. Plus enclin que jamais à dépeindre des atmosphères oniriques et poétiques, l’album fait la part belle à l’instrumentation avec des guitares aux accents mélodiques ou épiques. 

    Alors bien sûr le chant n’est pas absent ou négligé, loin de là, les nombreuses parties en chant clair, superbement intégrées au tableau en attestent.  Mais parfois, et même assez souvent, la voix s’éclipse pour laisser pleinement la parole à cette musique envoûtante, reflet d’un imaginaire où communient la forêt, les montagnes et la froide lumière de la lune et des étoiles.

    A l’image d’une longue nuit où les nuages n’auraient de cesse de voiler ou dévoiler la lueur des astres, la musique de Severoth prend le temps de s’absorber de ces atmosphères pour en restituer la grandeur que ce soit sous ses accents les plus mélancoliques ou les plus tempétueux. Animé par les bourrasques de l’âme autant que par un onirisme foisonnant, Severoth vient une nouvelle fois accrocher dans les cieux du black metal atmosphérique une étoile ô combien resplendissante. 

    Tracklist :

    1. Сонце зійде (Sunrise will Come) (14:22)   

    2. Сталевої волі сини  (Sons of Steel will) (12:50)  

    3. До зірок! (To the Stars!) (10:21)  

    4. …А на серці зима… (…And Winter in my Heart…) (13:43)  

    5. Застигла мить (A Frozen Moment) (08:46)  

    Line-up : Severoth – Tous les instruments.

    Liens :

    https://severoth.bandcamp.com

    https://www.deezer.com/en/artist/52556432

    https://www.facebook.com/severoth

    https://www.instagram.com/severothocculta

  • LIVE REPORT : Komodor+Onde De Shock

    LIVE REPORT : Komodor+Onde De Shock

    Komodor
    Onde de Shock


    La carène (Brest)
    8 Mars 2024.

    Concert organisé par Lilianéjosé

    Texte et photos : Mémé Migou
    Crédits vidéos : Bruno Guezennec

    C’est un carton plein pour la relative jeune association Lilianéjosé, qui donne plutôt dans le punk rock habituellement. Et de rock, il en était question sur cette date à la Carène, Smac de Brest. Le 8 mars 2024, alors que nous avions tous et toutes notre attention tournée vers les états généraux des droits de la Femme, c’est pourtant un plateau 100% masculin qui va nous rassasier de bonnes vibes.

    Annoncé complet depuis de longues semaines (déjà en décembre, pour tout dire), c’est devant une salle -le Studio- bondée que le groupe de rock aux limites du hard rock, Onde de Shock, s’est présenté.

    Si vous suivez les aventures de Mémé, ce nom doit vous parler. Car en effet, Onde de Shock nous avait déjà régalé en novembre dernier, à la salle Léo Ferré, une date déjà organisée par Lilianéjosé, comme quoi, l’asso est fidèle à la scène locale. A la différence qu’ici, ils ouvraient le bal pour les Komodor. Et… On l’a quand même un peu senti.

    C’était assez amusant d’écouter le public. Il y avait de tout, des rockeurs comme des fans de metal voire de musique pop. J’ai même croisé une collègue de taf, fan de la première heure des « Petites folies », festival du Finistère autour de musiques aussi diverses que variées, déjà bien gaie (coucou Solange)… Donc, on n’était pas, ici, dans un concert purement metal extrême ou même underground. Ce serait plutôt l’inverse. Mais oui, Mémé supporte la scène locale, alors c’est amplement normal de trouver ce report ici. Revenons à nos propos… C’est donc un public varié qui se trouve là tout autour. Ceux qui ne connaissent pas, venant pour les Komodor, sont assez scotchés par le côté AC/DC du groupe. Alors qu’à l’inverse, les connaisseurs ont trouvé qu’ils l’avaient mis un tantinet en retrait. Ça a été mon cas. Beaucoup moins de mimiques, de poses de la part du guitariste. Il n’y a qu’à la toute fin, lors du rappel, qu’il a laissé tombé la chemise, tom-bé la chemiiiiiiseuh (ah zut ! C’est autre chose là…)

    La salle n’était pas complètement remplie au début du set. Le coup habituel, quoi ! Alors, je dis bien habituel, mais pour ma part. Ce n’est pas normal. D’accord, on vient pour les têtes d’affiche, j’en conviens, mais que ça n’empêche pas d’être respectueux des groupes qui ouvrent et jouent souvent leur va-tout (ok, j’exagère un peu).

    Personnellement, je sens comme une fébrilité dans le groupe O.D.S. Une sensation de trac d’être sur une belle scène, avec toute la technique autour, et juste avant un groupe qui fait son petit bonhomme de chemin (entendre par là que les Komodor cartonnent pas mal en Bzh comme ailleurs). C’est une question d’énergie, je pense. Je la sentais un peu en dessous par rapport au concert précédent. Oh, juste un chouïa et parce que j’avais déjà une échelle de comparaison. Je peux vous avouer que dans la salle, j’ai senti une vague d’amour commencer à se lever pour finir en raz-de-marée sur la fin du set, sous un rappel tonitruant. Les plus jeunes kiffaient quand les plus anciens se remémoraient leur jeunesse rock’n roll.

    Et de fait, c’est aussi mon ressenti : un peu en-deçà (niveau énergie) pour commencer, façon trac qui noue les entrailles. Puis, tout le monde se relâche et je retrouve le groupe tel que je l’avais connu en novembre dernier, chaud, bouillant, éclatant. Par ailleurs, plutôt que d’avoir le regard happé par la prestation scénique de Val, cette fois j’ai plutôt retenu celle du chanteur qui n’a eu de cesse de combler les inter titres de quelques paroles aux contours d’humour à froid.

    Finalement, Onde De Shock a gratifié la Carène d’un super set énergique sans être dans l’ultra ressemblance avec les papys du Hard Rock. J’ai hâte de les revoir pour confirmer leur progression sur leur propre voie. Et en parlant voie, la voix du chanteur reste une pure merveille. La voie vers le succès !

    Setlist : Stand the Rock ; Angel of the Night ; Hell’s Rider ; Dark of the War ; Shakin Rock in Me ; Give it All for Rock ; Grow in the Dark ; All Along the Watchtower ; Public Ennemy ; Way Out of Control

    Jouer à la Carène, c’est l’assurance d’avoir une scène de qualité. Un son très bon et des lumières qui palpitaient de vie. Si on se place du côté des photographes, c’est un luxe. Bon, OK, ce n’est pas un concert de Black metal, auquel cas, le public aurait pu ronchonner à raison pour un jeu de lights de cet acabit. Mais ici, ça matchait très bien avec le rock de O.D.S… comme avec les influs 70es des Komodor.

    Hop ! Vous avez vu la belle transition ? Place aux Komodor…

    Les Komodor, c’est un groupe du Sud… Sud Finistère ! Douarnenez, plus précisément. Il doit y avoir une mine dans le coin car depuis quelques mois, la moitié des groupes vus en concert venaient de Douarn’.

    Ici, on ne peut se tromper, les pattes d’eph’, les belles moustaches, les blousons coupés courts, la raie (des cheveux) sur le milieu façon Francis Cabrel, les rouflaquettes, le tout dans une ambiance très marron clair, couleur Havane… Ouaip ! Ça sent le rock seventies. Et de fait, on nage en plein dans le prog rock, et psyché. Tout est raccord, de la lumière, aux attitudes. Les guitares, le manche en l’air sur un corps plié en deux vers l’arrière. Rhaaaa les rhumatismes de Mémé ont fait un bond et un chouïa de jalousie est venu la titiller.

    Les Komodor ont le vent en poupe. Ils sont partout, dans les gros fests de Bretagne, mais aussi hors de la Région, et en concert à l’étranger également. C’est dire si c’est un groupe qui bientôt sera dans la stratosphère. Ainsi on a pu les voir aux Transmusicales de Rennes dès 2021, au Motocultor et au RockPalast en 2023. Et avec les copains de Moundrag, ils fouleront la scène du Hellfest en juin prochain, dans cette formation mélangée, KOMODRAG & THE MOUNODOR.

    Il faut avouer que j’ai eu un peu de mal à me frayer un chemin devant la scène pour prendre quelques clichés, tant la foule s’y était amassée. On y voyait des visages heureux, des gens qui chantaient, j’en ai même vu qui ont esquissé quelques pas de danse (de salon, de celle qui prend de la place ! ). Donc, mille excuses à celles et ceux que j’ai un peu dérangé avec mon appareil. Néanmoins, par respect du public, j’ai vite rippé sur les côtés pour laisser les fans kiffer leurs vibes.

    Pour avoir vu les Komodor au Motocultor, je peux vous dire avoir apprécié d’autant plus cette soirée. Là, en tête d’affiche, ils ont tout explosé. Un super moment. Surtout qu’ils nous ont offert 2 titres inédits du prochain album.

    Setlist : Give up ; 1984 ; Hard to Deal ; Nasty Habits ; Still the Same ; Ladies ; Just an escape ; Mamacita ; Believe It ; Know Who You are ; Through the Highway ; Join the Band ; Washing Machine Man ; Armorican Band ; Ramblin Rose

    Et parce que nous étions le 8 mars, voici l’une des nouvelles pistes au titre évocateur, « Ladies » :

    Un grand merci à LilianéJosé qui m’a fait confiance pour l’accréditation. Un concert qui montre la palette des styles musicaux qu’ils couvrent. C’était une soirée Rock qui a foutu dans la bouche des plus anciens quelques “space madeleines de Proust” et a montré aux plus jeunes que c’est dans les vieilles marmites qu’on trouve les bonnes musiques d’aujourd’hui. Une soirée « retour vers le futur ».

    La prochaine étape pour LilianéJosé, est l’organisation le 17 mai de la 3ème édition du festival Punk Rock sur la Blanche, avec, au programme, GBH (un des groupes qui ont le plus influencé Metallica à leurs débuts, entre autres) / Syndrome 81 / Mass Murderers. Pour plus d’infos, suivez le lien de l’event :

    https://www.facebook.com/events/823373129473545

    https://fb.me/e/1T22F2TgF

  • Interview Rachid TP Bunghole Trabelsi – Memento Mori

    Interview Rachid TP Bunghole Trabelsi – Memento Mori

    Nous retrouvons aujourd’hui Rachid Trabelsi, plus connu sous le pseudo de Teepee Bunghole, qui nous parle aujourd’hui de son activité de batteur, musicien session, ses projets et aussi l’histoire de son Podcast « Teepee & Friends » qu’on peut retrouver sur Youtube et ses plateformes. Teepee & Friends :    / @rach_teepee   Instagram :   / teepeenfriends  

  • Interview Flo Curatola – Memento Mori

    Interview Flo Curatola – Memento Mori

    Nous retrouvons aujourd’hui Flo Curatola, Directeur d’une école de Musique à Calgary, Coach Vocal et Chanteur dans différents projets, qui nous raconte un peu sa vie, ses envies de quitter la France vers un autre pays, ses expériences musicales et comment il en est venu à créer son école de chant Empty School. 🌐 WEBSITE: https://www.empty-school.com 💬 DISCORD:   / discord   📺 TWITCH:   / florentcuratola   🎙️ PODCAST: https://fanlink.to/vbeF 📲 INSTAGRAM:   / florentcuratola  

  • Interview Loxiput – Memento Mori

    Interview Loxiput – Memento Mori

    Nous retrouvons aujourd’hui Loxiput, Tatoueur de son état et chanteur dans le groupe de crossover EIGHT SINS ! On y parle de Metal, de tatouages, du HellFest et des années 90 ! Ses liens : LOXIPUT :   / loxiput_tattoo   EIGHT SINS :   / eightsinsband    / eightsins