Étiquette : 2024

  • Demande à la Poussière / Kintsugi

    Demande à la Poussière / Kintsugi


    Genre
    : Black/Doom/Sludge
    Label : My Kingdom Music
    Sortie : 3 Mai 2024

    Note : 90/100 (Mémé Migou)

    Memento, homo, quia pulvis es, et in pulverem reverteris

    Quoi de plus normal pour Memento Mori Webzine, que de creuser dans le Memento Homo. « Souviens-toi, Homme, que tu es poussière et que tu redeviendras poussière ». À l’aube du grand départ, il est temps pour Mémé de se plonger dans son passé, dans son trajet pour mieux encore appréhender l’avenir, aussi court, aussi futile, aussi gris soit-il. Amen !

    Le grand sablier a parlé, le temps s’écoule inexorablement, poussière d’or sur nos pas. Et dans nos failles, dans nos crevasses, il vient combler les interstices de ce temps perdu, enfin retrouvé, pour avancer encore, le corps zébré de la lumière de nos cicatrices. Alors on peut se regarder dans le miroir, caresser ces boursouflures et dire «  je suis unique ».


    Alors si un jour, tu te sens perdu, demande à la poussière, elle te dira comment d’une perspective amère, sans lendemain, (Demande à la Poussière, 2018), retrouver la paix intérieure. Mais l’enfer n’est-il pas pavé de bonnes intentions ? La quiétude est de celle qui, de fait, amène à accepter son chemin tracé sans même se poser de question (Quiétude Hostile, 2021). C’est ainsi qu’arrive la résilience (Kintsugi, 2024)… trouver en soi la force d’avancer dans ce marasme. Finalement, la vie est…

    … “Paresseuse

    Par essence, elle est paresseuse.

    Est-ce vraiment la paresse”

    Ou trop d’avidité, de gloutonnerie, en faire des caisses…

    C’est dément comme

    Demande à la Poussière creuse

    Dans le gras sludgien

    Des guitares au son qui colle aux semelles du vent.



    De toutes les matières

    C’est Demande à la Poussière que j’préfère.

    Emotif, Kintsugi n’est en rien négligé, en soi – bien au contraire ! (C’est Demande à la Poussière).


    De toutes les manières

    C’est Demande à la poussière que j’préfère.

    Cohérent, l’album est poésie mise en voix ( C’est Demande à la Poussière).


    Mais pas que…

    Tous ces beaux plans étirés…

    DALP nous balance des réf. à la Omega Massif avec indolence (versions premier et second album).

    DALP nous balance des riffs façon LumberJack en feedback (ce qui est loin d’être de mauvaises ref, vous en conviendrez).

    La voix déchire de rage

    Avec le tranchant rouillé du black metal.

    Simon (Anthropovore, Muertissima, entre autres) n’a pas que cette voix criée en son gosier réfractaire.

    Un beau growl sombre à tomber par terre (le nez dans la poussière… et c’est pas Voltaire qui dira le contraire),

    Vient parfois doubler la première

    et s’étendre sur les mots

    chantés, composés à quatre mains et deux cerveaux,

    parfois bile crachée, parfois ode à l’espoir qui s’enfuit,

    De toutes les manières

    Ce sont des textes ciselés

    Que nous offre Demande à la Poussière.


    Active, notre écoute de Kintsugi nous remue (c’est Demande à la Poussière).

    De tous les spicilèges

    C’est Demande à la Poussière que j’préfère

    avec ses passages haineux, rapides, acerbes, qui succèdent aux ralentissements boueux,

    C’est doom, c’est Sludge, c’est Black à la fois (c’est Demande à la Poussière).


    De toutes les matières de ce début d’année, la matière noire de nos corps, de nos cœurs meurtris, pétrie dans les 11 titres de Kintsugi, fait partie de celles que je préfère.

    La formation a bien changé depuis sa création en 2017, le line up a pas mal bougé (n’oublions pas qu’à l’origine, DALP est un projet initié par des membres de The Great Old Ones, Spectrale, Omrade et Würm). Pour autant, la continuité avec Quiétude Hostile est palpable, rajoutant une légère touche de post-harcore, pour contrebalancer la viscosité fangeuse du sludge et la lourdeur écrasante du doom. Et cela donne quoi, au final ? Un album qui traversera nos émotions, laissant dans nos failles quelques grains de poussière d’or qui nous rappelleront que nous sommes (fans de Demande à la) Poussière et que nous retournerons à l'(écoute de toute la discographie de Demande à la) Poussière.

    Memento Homo… Memento Mori ! Et au milieu coule Kintsugi


    P.S. : celui/celle qui trouve en premier pourquoi cette chronique est écrite en forme parodique et la ref qui va avec, Mémé se fera un plaisir de lui offrir un paquet de sable... des plages du Finistère !

    Tracklist :

       01. Inapte   
      02. Kintsugi
      03. La Parabole des Aveugles
      04. Ichinawa
      05. Le Sens du Vent
      06. Vulnerant Omnes, Ultima Necat
      07. Attrition
      08. Fragmenté
      09. Miserere
      10. Brisé
      11. Partie

    Line-up :   Vincent Baglin – Batterie /  Neil Leveugle – Basse /  Edgard Chevallier – Guitare, Arrangements /  Simon Perrin – Chant, Guitare

    Liens :

       Facebook : https://www.facebook.com/DALPdoom/
      Instagram : https://www.instagram.com/d_a_l_p/
      Bandcamp : https://dalpdoom.bandcamp.com/album/qui-tude-hostile 

  • Night Shall Drape Us – Lunatic Choir

    Night Shall Drape Us – Lunatic Choir

    Genre : Black metal
    Label : Season of Mist : Underground Activists.
    Sortie : 26 avril 2024

    Note :  80 /100 (Seblack)

    Night Shall Drape Us nous vient de Finlande. A l’origine de ce projet, dont le premier album sort chez Season of Mist : Underground Activists, on retrouve LRH (Horna, Bythos, Black Death Ritual…) qui a composé l’essentiel de l’instrumentation.

    Pour mettre en voix ce « Lunatic Choir », il a rameuté un certain nombre de ses petits camarades de la scène finlandaise. On retrouve ainsi Spellgoth que l’on croise aussi chez Black Death Ritual ou Horna, Infection (Bythos, Behexen…) et Wraath (Behexen, Darvaza…).

    Voilà donc du bien vilain monde à l’œuvre sur ce disque.

    Au menu, huit brûlots blasphématoires d’un black metal qui, vous pouvez vous en douter, va être à la fois féroce et mélodique. Typiquement Finlandais donc.

    Ne vous fiez pas à la petite introduction de « Hymn of Rebellion », la cavalerie maléfique ne met pas longtemps à débouler avec son lot de guitares acérées, un chant raclé et l’attelage rythmique qui va bien avec. Le son est ma foi très bon et approprié pour mettre en valeur le côté brûlant de la musique, des guitares notamment. Nerveux comme un diable sortant de sa boîte, Night Shall Drape Us distribue généreusement ses coups et n’est pas du genre à tourner autour du pot pour distiller son fiel. 

    On va bien retrouver par-ci par-là quelques ralentissements, de légères touches de claviers et même des chœurs mais ce n’est que pour souligner un peu plus l’atmosphère apocalyptique de l’ensemble. 

    Pour le reste vous aurez droit à de copieuses rafales de riffs, de mélodies féroces et de vociférations impies. 

    Suffocant autant que malfaisant, Night Shall Drape Us nous délivre un album qui fera palpiter de haine le petit cœur de tout amoureux de black metal finlandais typique. Classique, certes, mais tellement bien mitonné qu’on ne peut que l’apprécier et y revenir avec une certaine délectation. 

    Tracklist :

    1. Hymn of Rebellion (6:39)

    2. Dead Eden (5:43)

    3. Ethereal Constrictor (4:44)

    4. Ashes of Men (5:27)

    5. Unification (4:16)

    6. Lunacy and Horror (5:01)

    7. Under the Dead Sky (4:27)

    8. The Queen of the Red Streams (3:50)

    Line-up : LRH – Tous les instruments / Spellgoth – Chant / Infection – Chant / Wraath – Chant

    Liens :

    https://nightshalldrapeus.bandcamp.com/album/lunatic-choir

    https://www.facebook.com/nightshalldrapeus

    https://www.instagram.com/nightshalldrapeus_official

  • ACOD  –  Versets noirs  (2024)

    ACOD  –  Versets noirs  (2024)

    Genre : black death mélodique
    Label : Hammerheart Records
    Sortie : 26 avril 2024

    Note : 85 /100 (Seblack)

    Depuis la sortie de son dernier album « Fourth Reign over Opacities and Beyond » en 2022, le moins que l’on puisse dire est que ACOD n’a pas chômé. Non contents d’avoir sillonné les routes (avec en point d’orgue une participation au Hellfest) et même l’océan (il y a quelques semaines sur le paquebot du 10000 Tons of Metal) , le groupe avait également sorti en 2023, l’excellent EP “Cryptic Curse”.

    Alors l’année 2024 allait-elle être celle d’un break bien mérité ? Et bien non, car le duo marseillais n’est pas du genre à se reposer sur ses lauriers comme en atteste la sortie de ce sixième album répondant au titre de « Versets noirs ». Pas mal de petits changements au programme, avec tout d’abord une belle signature sur le label hollandais Hammerheart Records, ce qui atteste que le groupe est dans une spirale ascensionnelle et entend porter son black / death mélodique à un auditoire plus large encore.

    Changement de thématique également, ACOD plaçant la sorcellerie au cœur de « Versets noirs ». Une évolution que l’on retrouve au niveau graphique puisque l’artwork confié à Nicolas Senegas est très différent des peintures utilisées pour les dernières sorties de ACOD. Très épuré avec ses teintes grises, l’œuvre n’en est pas moins marquante par l’étrangeté que dégage cet œil placé dans une bouche.

    Le changement d’univers se traduit également par quelques évolutions notables dans la musique, qui ne remettent pas pour autant en cause la signature sonore de ACOD, toujours bien identifiable. On reconnaîtra ainsi sans problème le poutrage rythmique caractéristique du groupe, son sens de la mélodie, les passages parlés en français et bien d’autres choses, dont un certain talent à donner à sa musique un côté cinématographique ou théâtral. Si évolution il y a, c’est davantage du côté de l’atmosphère générale, plus sombre, qui se dégage de « Versets noirs ». Les orchestrations que l’on va croiser sont notamment assez différentes, je trouve. Rassurez vous, ACOD reste ACOD. Mais cette fois, les arrangements ont un côté plus discret, moins symphonique, peut-être moins voluptueux que sur « Reign over Opacities and Beyond ». Une évolution qui confère donc à ce nouvel opus consacré à l’occulte une atmosphère plus ténébreuse.

    Là où ce nouvel album surprend peut-être le plus, c’est dans sa structure assez atypique : cinq titres seulement alors que les efforts précédents en comprenaient une dizaine. De plus cette tracklist incluant une reprise, « Versets Noirs » ne comptent donc que quatre nouvelles compositions. Mais quelles compositions ! A commencer par « Habentis Malefica », morceau fleuve de plus de vingt minutes qui ouvre cet album. Voilà quelque chose qui n’est pas habituel et sort des sentiers battus. Le choix pourrait paraître même un peu risqué mais il est assurément audacieux et inédit dans la discographie du duo phocéen. Toujours est-il que ce titre d’ouverture est somptueux avec ses changements de rythmes au cordeau, ses arrangements subtils et ces passages parlés qui apportent profondeur et mystère. Sans nul doute ACOD propose ici un véritable exercice de style, inspiré et accompli.

    La suite n’en est pas moins réussie quand bien même le groupe revient à des formats plus standards. Démarrant tambour battant, « The Son of a God » déploie ensuite une atmosphère plus occulte. Les orchestrations donnent toute leur solennité à un titre où le groupe sait aussi bien placer des accélérations haletantes que des breaks majestueux. Ces éléments, on les retrouve sur les autres titres qui dégagent cette puissance empreinte d’atmosphères sombres et de mélodies éthérées. « May This World Burn » pousse même les choses un peu plus loin avec ce côté accrocheur qui pourrait bien en faire un must en concert.

    En guise d’ultime verset noir, ACOD se livre à l’exercice de la reprise, en l’occurrence, le morceau « Black Trip » de Samael qui ouvre ce classique qu’est « Ceremony of the Opposite ». Tout en restant parfaitement identifiable, le groupe se réapproprie le titre de fort belle manière. Le noir voyage qu’est « Versets Noirs » prend ainsi fin laissant l’impression flatteuse d’un groupe au fait de sa maîtrise, sachant évoluer en ne se contentant pas d’une formule qui fonctionnait déjà très bien.

    Tracklist :

    1. Habentis Maleficia (20:21)
    2. The Son of a God (The Heir of Divine Blood) (06:22)
    3. A Thousand Lives in a Second (04:33)
    4. May This World Burn (07:15)
    5. Black Trip (Samael cover) (03:28)

    Line-up : Fred P – Chant / Jérôme G (Guitare, basse, backing vocals, orchestrations)

    Liens :
    https://acod.bandcamp.com/album/versets-noirs
    https://www.deezer.com/us/artist/341358
    https://www.facebook.com/acodband/
    https://www.instagram.com/acodband/
    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/6UDDF4b9a4zFj0voyjD4E1
    https://www.youtube.com/channel/UCbBfE_MASHGLUkC36

  • Live Report / Mars Red Sky+Yomuna

    Live Report / Mars Red Sky+Yomuna

    Le Cabaret Vauban (Brest)
    4 Avril 2024
    Concert organisé par Diogène Productions et Lazarus Production

    Textes : Bruno Guézennec + Mémé Migou
    Photos : Mémé Migou
    Vidéos : Bruno Guézennec (@concertsMetal-BZH)

    Bruno’ Speaking :

    Petit tour au Vauban jeudi soir pour Mars Red Sky et Yomuna.

    C’est pas mal les concerts le jeudi soir, un peu chiant, on bosse le lendemain, et encore ça se termine tôt (23h15), mais au moins ça ne rentre pas en concurrence avec ceux du week-end, toujours ça de pris.

    Mémé Migou’ Speaking :

    Oui, c’est en semaine, oui, c’est dans une salle où je ne vais pas souvent souvent et oui, il me tardait de voir le trio bordelais de stoner/doom, mètre étalon du genre en France. Nous sommes le 4 avril, et il faut avouer que c’est amusant de voir Mars Red Sky dans ce mois à ne pas se découvrir d’un fil. Allez, je ne vais pas tenter la blague du Avril Red Sky… Surtout qu’en Bretagne, c’est essentiellement un ciel gris qui nous nargue depuis 9 mois !

    Donc oui, nous avions besoin de cette dose d’introspection, d’émotions, de force intérieure que seule la musique, de celle qui nous fait planer, peut nous apporter. Et on sera servi sur un plateau d’argent, grâce à Diogène Productions et à nos amis de Lazarus Prod, qui étaient là pour seconder in situ. « Alors, c’est sold out ? » Pas tout à fait, car n’oublions pas que nous sommes en plein milieu de semaine… Mais c’est vraiment pas loin. Quelque 350 personnes sont massées devant la scène. On n’est pas dans un salon de thé comme pour d’autres concerts, le public est là pour voir et découvrir. Il va falloir faire son trou pour arriver à prendre des photos, les potos !

    Bruno’ speaking :

    J’étais impatient de voir Yomuna, car malgré le calme relatif de ce qu’ils jouent, par rapport aux bourrinades musicales que je m’envoie habituellement, je trouve ça agréable à écouter.

    Le live n’a d’ailleurs fait que confirmer mes impressions.

    Diana a une voix superbe et les ambiances planantes et éthérées se mixent bien avec les parties plus énergiques.

    Seul petit défaut, la 4 cordes, tenue par le bassiste de Tranzat, était mixée beaucoup trop fort et couvrait le synthé et la guitare. C’est un peu dommage, je crois qu’il n’y a que le mec à la sono qui ne s’en est pas rendu compte. Ou alors suivant l’emplacement dans la salle le son était différent, possible, mais j’ai entendu plusieurs personnes dire la même chose.

    Mémé Migou’ speaking :

    Parfois je creuse avant d’aller en concert. Je lis les biographies, j’écoute les précédents efforts, je me mets dans l’optique de décortiquer, de scruter, d’analyser le live au regard des pistes numériques ou physiques. Bref, connaître son sujet.

    Et à d’autres moments, je préfère ne même pas me rencarder pour garder la candeur de la découverte. Souvent, c’est tout ou rien, stop ou encore, quitte ou double… Néanmoins, ça me permet de contrebalancer les écoutes actives en forme de “tintinade”. Avoir l’oreille à Mémé, c’est aussi se laisser bercer par ce qu’on ne connaît pas.

    En l’occurrence, c’était le cas pour Yomuna. J’aurais dû savoir que dans le groupe, il y avait un membre de Tranzat, p’tit groupe brestois bien fendard qui avait commencé à faire son p’tit trou dans le paysage metal breton. Bon, ceci dit, Yomuna, c’est complètement différent. Alors pourquoi s’y référer ?!

    Une voix aérienne vient nous caresser les oreilles. C’est beau, c’est doux, lavé avec mir laine délicat… Mais les couleurs ne sont aucunement passées. On est dans la fluidité, la grâce sous toutes ses formes.

    A côté, le bassiste qui envoie du steak. Gros son et martèlement au rythme de l’intensité des titres. Je ne vais pas réitérer les propos de Bruno, mais effectivement, genre oblige, la basse était sacrément forte. Un chouïa trop.

    Une première moitié de set pour appréhender Yomuna, voir ce qu’ils proposent. C’est doux et intense à la fois… maiiiiis… avec ce petit côté un peu redondant pour ma part. Une cover de Jefferson Aiplane (« White Rabbit ») marque une amorce de virage. Pas à 190°, hein. Encore heureux, on est là pour planer, par pour planter le marteau-piqueur dans nos marteaux et enclumes ORL. On est là pour frissonner de plaisir, voyons. Et ils s’en sortent plutôt pas mal dans ce registre.

    Pour terminer le set, nous avons droit à un chant en roumain, culture de la chanteuse et l’utilisation d’une (un ?) Kaval (j’espère ne pas me tromper), forme de flûte à bec biseauté bien loin de nos souvenirs des cours de musique du collège, pour accéder à une dose de folk stoner. Ce n’était ni trop ni trop peu. Bien dosé.

    Groupe à suivre…

    Setlist : Third Stone ; 15 Years Later ; Edgedancer ; White Rabbit (JA cover) ; Sfinta Joi ; Trance ; Oubliettes

    Bruno’ speaking :

    Suite et fin de la soirée au Vauban jeudi dernier où j’ai retrouvé pas mal de têtes que l’on voit régulièrement dès qu’il y a un concert à Brest, comme Roselyne Paul, venue faire des photos et Michel Paul en repérage pour découvrir les futurs groupes qu’il fera jouer à la Bergerie Rock. Mon petit doigt me disant que Yomuna devrait fouler les planches avant la fin de l’année.

    J’étais venu autant pour Yomuna que pour Mars Red Sky qui prenait la suite des brestois sur la scène du Cabaret.

    Les bordelais ont une bonne fan base, mais peut-être insuffisante pour remplir 500 places un jeudi soir.

    250 à 300 personnes environ ce qui est quand même pas si mal pour un concert en semaine dans une période où les organisateurs ont souvent du mal à faire le plein.

    Mars Red Sky ne jouant pas spécialement mon style de musique préféré et ayant un peu de mal avec la voix du guitariste/chanteur, je suis mal placé pour juger de la prestation du groupe. J’ai passé un bon moment, même si certains titres m’ont semblé dispensables, comme l’interminable instrumental Arcadia par exemple.

    Les fans ayant semble-t-il trouvé le concert à leur goût, je leur fais confiance quant à la qualité intrinsèque du concert donné par Mars Red Sky.

    A noter que Julien Pras a commencé à souffrir de crampes à la main gauche en milieu de concert, ce qui est un petit peu embêtant quand on est guitariste ! Pas facile pour lui, mais il a quand même assuré, même si le groupe a adapté sa playlist pour remédier au problème. C’est ça l’expérience

    Mémé Migou’ speaking :

    Ahhhh… Voilà donc Mars Red Sky. 3 gaillards sur scène qui vous emplissent les oreilles de leurs sons. On sort la grosse artillerie et on se prend une rafale d’émotions. Et des cartouches, ils vont en tirer un bon paquet.

    Petit à petit, on sent la frénésie prendre possession des âmes des aficionados. Les corps se courbent, les cheveux ondulent d’avant en arrière ou d’un côté vers l’autre. C’est prenant et poignant.

    Mais Mémé ne serait pas Mémé si tout était parfait dans son report. Mon petit point noir va au chant quasi inaudible de la place où je me trouvais. Oh ! Je vous entends déjà dire « t’avais qu’à te bouger pour aller à une place phoniquement plus adéquate ». Oui…. Encore fallait-il pouvoir/vouloir bouger. Pouvoir bouger (on va me dire « t’es bien belge pour quelque chose, toi ! »… ben non, c’est bien de possibilité dont il était question ici), car comme dit plus haut, le public était massé tout proche sinon contre la scène, marque de son grand intérêt par ailleurs. Et vouloir, parce que j’avais envie de garder la possibilité de faire encore quelques clichés, sans exagérer et surtout sans embêter le public (ce qui ne sera pas le cas de tous les photographes qui se glissent sans rien demander et te bousculent sans la moindre gêne – un sourire, bordel, c’est pas compliqué !). Car là se trouve mon autre point noir : les lumières sombres et l’ambiance enfumée. Pas facile, la prise de photos. Et en même temps… ça nous donne des ambiances délétères qui correspondent à merveille aux titres sombres et intenses de Mars Red Sky. Et quoi ! Le show et le public avant tout !

    Une playlist quelque peu remuée du fait d’un souci de main du guitariste chanteur. Mais des deux titres que nous n’aurions pas dû entendre, finalement, ce n’est qu’une seule piste qui sautera. Merci pour l’effort !

    Petit clin d’œil pour le batteur, qui me faisait l’effet d’un géant derrière des fûts pour minimoys. Et pourtant, quelle énergie, mazette ! Et quelle virtuosité dans l’art de la rythmique. Un réel plaisir à voir, à entendre, à déguster.

    Gros son et grandes émotions ! 

    Setlist : (et comme Mémé a une petite mémémoire, elle a oublié le tite passé aux oubliettes!) Slow Attack ; Break Even ; Arcadia ; Collector ; Apex 3 ; Maps of Inferno ; The Final Round ; The Light Beyond ; Way to Rome ; Strong Reflection ; Up the Stairway to Heaven

    Et voilà, la soirée s’achève au bar, avec une petite mousse (pas deux, on respecte la dose prescrite !) et Bruno et moi nous souhaitons un bon retour. On referme cette parenthèse hors du temps, cette bulle d’émotions… C’est pas l’tout, demain, y a boulot !

    Liens utiles : 
    Diogène Prod : www.diogene.fr ; Facebook
    Lazarus Prod : Facebook
  • Austere –  Beneath the Threshold

    Austere –  Beneath the Threshold

    Genre : Black metal dépressif
    Label : Prophecy Productions / Lupus Lounge
    Sortie : 5 avril 2024

    Note :  80 /100 (Seblack)

    Austere c’était le come back surprise de l’année dernière après quatorze années de silence discographique. Cette fois, le duo australien n’aura pas attendu aussi longtemps pour donner un successeur à « Corrosion of Heart », sorti il y a moins d’un an à peine.

    Intitulé « Beneath the Threshold », ce quatrième opus s’inscrit d’ailleurs en très grande partie dans le sillage du précédent. Ceux ou celles qui espéraient un retour aux sonorités plus DSBM de « Withering Illusions and Desolation » (2007) ou « To Lay like Old Ashes » (2009) en seront donc en grande partie pour leurs frais.

    Place ici à un black metal profondément mélancolique mais qui, du point de vue musical, ne regarde pas en arrière. Ce Austere version 2024 continuera donc de sonner de manière plus moderne, plus banale diront certaines mauvaises langues. Même observation au sujet du chant. « Beneath the Threshold » ne voit pas le retour aux high screams déchirants d’antan et poursuit dans la veine de « Corrosion of Heart ». C’est donc un chant plus rugueux, plus amer mais aussi des incursions de plus en plus fréquentes dans les voix claires qu’on retrouve..

    Mais au-delà de ces formes, peut-être plus conventionnelles, Austere n’a pas perdu une once de son aura maussade et mélancolique. En témoigne « Thrall » dont le charme glaçant constitue la porte d’entrée sur cet album à l’univers pesant et désabusé. Sous une rythmique d’airain, les leads envoûtantes s’égrainent et, soutenu par un chant acerbe, Austere nous emporte sans coup férir. Le morceau a la beauté des cieux quand ils se chargent de nuages sombres. Par sa puissance écrasante autant que par ses nuances accrocheuses, il rappelle « Sullen » qui ouvrait « Corrosion of Heart ».

    La suite du tableau ne dépareille pas avec « The Sunset of Life » et son motif mélodique obsédant et ses coups de boutoir martelants. Là encore quelques lignes de chant clair et des sonorités black gaze zèbrent l’atmosphère ténébreuse de quelques rais de lumière.

    Une lumière qui filtrera davantage encore sur un « Faded Ghost » aux saveurs plus douces et éthérées mais pas moins mélancoliques. Cette forme d’accalmie dans la tempête on la retrouvera dans l’instrumental « Words Unspocken » qui constitue une sorte d’interlude entre les deux pièces ténébreuses et mélodiques que sont « Cold Cerecloth » et «Of Severance ».

    A l’aune de ce nouvel album, Austere confirme donc autant son retour sur le devant de la scène que ses nouvelles inclinaisons. La musique qui se dégage de « Beneath the Threshold » se situe pleinement dans le nouvel élan initié par « Corrosion of Heart ». C’est donc différent de ce que Austère a proposé durant la première partie de son existence. Mais différent ne signifie pas en ce cas précis moins beau ou moins touchant.

    Tracklist :

    1. Thrall (07:36)   

    2. The Sunset of Life (09:39)

    3. Faded Ghost (04:53)

    4. Cold Cerecloth (06:45)

    5. Words Unspoken (03:16)  

    6. Of Severance (09:49)

    Line-up : Desolate – Guitare, basse, clavier, chant / Sorrow – Batterie, claviers, chant.

    Liens :

    https://austere-official.bandcamp.com

    https://www.facebook.com/OfficialAustere

    https://www.instagram.com/official_austere

  • Ende / Beati Mortvi – Reliquat Mortifère (2024)

    Ende / Beati Mortvi – Reliquat Mortifère (2024)

    Genre : Black Metal
    Label : France Black Death Grind
    Sortie : 19 Avril 2024

    Note : 89/100 (Mémé Migou)


    1… 2… 3… Soleil !

    Cette boule lumineuse que certains adulent depuis des siècles et des siècles s’imprime sur notre rétine lorsqu’après avoir frappé les trois coups cérémoniels nous nous retournons vivement pour savoir qui tente de nous suivre. On ne peut s’empêcher de lancer un juron, un cri qui monte des entrailles pour assainir notre rage. Désormais, nous ne verrons plus qu’en contre-jour, un joli noir et blanc qui n’accepte aucune nuance de gris.

    Ainsi vont les pochettes de Ende, sans concessions. Ainsi va la musique proposée par le duo I.Luciferia et Thomas Njodr, tantôt déchirante comme seul sait le faire un DSBM, tantôt acérée, malsaine, rapide, proche de l’apoplexie que les Trve manient avec plaisir et délectation.


    1… 2… 3… Lune !

    C’est au cœur de la nuit, qu’on apprécie encore plus le black metal cinglant de Ende. Car on y trouve des ambiances allant des cris d’agonie aux chants liturgiques, en passant par les croassements des freux, le tocsin au loin, … Entre Rennes et Angers, on sent l’humidité sortir des cimetières, se dégager de l’humus au cœur des bois, laissant planer une brume où nous pouvons y voir les formes des démons que la musique appelle de toutes ses forces.

    1… 2… 3… Albums !

    Non non non… Doublez la mise. C’est pas moins de six albums, depuis 2010 , en seulement 14 ans, que le duo nous gratifie de son black metal plutôt anciennes générations. Rajoutez à cela trois Splits, une démo et un album live, on peut dire qu’ils sont foisonnants, au grand plaisir des puristes.


    1… 2… 3… Duo !

    Deux personnes au sein de Ende ? Pas tout à fait. On commence par une personne, oui… un one man band dès 2008, sans nom… En ressort une démo, The Gods Rejects qui sortira seulement en 2015 sous la forme de 66 cassettes. Et c’est seulement en 2010 qu’arrive Thomas, batteur aux BPM qui essouffleraient un cheval lancé au galop ! Mais sur scène, ils ne se contentent pas de la formule initiale, ils s’adjoignent la participation de guests, musiciens de sessions live.

    1… 2… 3… Pistes !

    Beati Mortvi, c’est une compilation de quelques titres de ce groupe qui hante les scènes black et autres festivals (un live a d’ailleurs été enregistré en 2022 au Motocultor !) depuis 2010 (2008). En tout, ce sont seize morceaux que l’on va retrouver sur cet opus, offrande faite juste avant le grand retour de Ende et de son prochain album, à venir en 2024 (L’Aube des Anathèmes).

    Pour vous remettre dans le jus, Ende nous gratifie de deux morceaux sortis sur Splits, Liber Damnatus I et II, toute la démo de 2008/2015 avec un son plus clair (ce qui n’est pas le cas pour tous), six pistes lives (au Music Hall, Allemagne) et trois Covers, « Cosmic Keys to my Creations and Times » de Emperor ( tiens donc, on sent bien la filiation), « Transylvania » de Mütiilation et « Wings of Funeral » de Morbid.


    1… 2… 3… Minutes !

    Hormis les pistes d’ambiance (pour le set live), On navigue plutôt entre quatre et huit minutes par morceau pour  Beati Mortvi, Reliquat Mortifère  qui fera la part belle aux titres en anglais. Ce que je trouve personnellement dommage. Car souvent et de plus en plus, nous trouvons du chant en français dans la discographie de Ende. On y sent comme pour Emperor, la filiation avec notre Seth national. Chanter en français apporte toujours une touche différente, une aura particulière. Sur la compilation, on reste dans ces titres en anglais.


    3… 2… 1… Choix !

    Choisir, c’est renoncer. On a déjà vu au paragraphe précédent, qu’une option avait été mise pour le choix de la langue. Un autre également sur les titres en eux-mêmes. Plutôt que d’aller piocher dans les six albums, ce sont les Splits, des morceaux lives (oui, issus desdits albums : « When Crows flew Above Märhn » , « Cylenchar » et « Das Hexenhaus » sont issus du LP Emën Etan, 2017, tandis que « Black Sorcery of the Great Macabre » vient de Rebirth of the i, 2015) , de covers sessions et d’une démo sortie en seulement 66 tapes. De là à se dire qu’on met en avant les morceaux moins connus, on n’en est pas loin. Et c’est plutôt bien joué !

    Oui, bien vu… même si j’aurais aimé retrouver quelques titres du premier album Whispers of a Dying Earth, que j’affectionne particulièrement car j’y trouve un black pas seulement tranchant et malaisant, mais aussi de ce black qui tente des percées vers de nouvelles contrées. Oui, sur ce premier LP, on y trouve plein de belles trouvailles. Mais je vous rassure, on en trouve également sur les titres de la compilation. Écoutez donc ce passage aérien de par sa mélodie vers 2:00, sur « Liber Damnatus Psalm I », alors que derrière, ça envoie de la scie à métaux lourds !

    3… 2… 1… Reliquat !

    Entrons en béatitude… même si nous ne sommes pas morts. C’est bien vivants que nous allons nous ré-approprier une partie de l’œuvre de Ende, de celle qui n’est pas mise en avant en général. Entrons en béatitude devant cet ex-voto déposé au pieds du Grand Œuvre de Ende, qui n’oublie pas la moindre parcelle de titres, ces petites perles qui restent inconnues, véritables reliquats des écoutes d’albums, les reliant dans cette compilation, avant de nous apporter une offrande d’un tout autre acabit, un effort long, qui gravera les pistes dans le marbre des écoutes.


    3… 2… 1… Partez écouter, savourez !


    Tracklist :


    1) Beati Mortvi
    2) Liber Damnatus, Psalm I
    3) Liber Damnatus, Psalm II
    4) Cosmic Keys to my Creations and Times (Emperor cover)
    5) Transylvania (Mütiilation cover)
    6) Wings of Funeral (Morbid cover)
    7) Intro/Empty
    8) Your Purity
    9) Land of the Dead
    10) Pigs
    11) Invocation
    12) When Crows flew Above Märhn Emën Etan 2017
    13) Black Sorcery of the Great Macabre rebirth of the i 2015
    14) Cylenchar Emën Etan 2017
    15) Das Hexenhaus Emën Etan 2017
    16) Revocation

    Line-up : I.L – Guitares, Basse, Chants, Ambiances / T.Njodr – Batterie
    Live guests : RLN – Guitare / Briac – Guitare / Valentin – Basse

    Liens :
    https://www.facebook.com/ENDE.official
    https://ende-official.bandcamp.com/music
    https://www.instagram.com/ende_official_insta/
    https://www.metal-archives.com/bands/Ende/3540327449

  • Acathexis  –  Immerse

    Acathexis  –  Immerse

    Genre : Black Metal
    Label :  Amor Fati Productions
    Sortie : 20 mars 2024

    Note :   85/100 (Seblack)

    Dans le flux continu des sorties, ce deuxième album de la formation Acathexis n’a rien d’anecdotique et il serait bien injuste qu’il passe inaperçu. A l’origine d’Acathexis on retrouve trois artistes familiers des amateurs de black metal atmosphérique : au chant, l’Argentin Dany Tee plus largement connu pour son implication dans Los Males Del Mundo ; à la basse et à la guitare, le multi instrumentiste belge Déhà, qu’on ne présente plus et à la batterie, Jacob Buczarski qui est la tête pensante et agissante du one mand band américain Mare Cognitum.

    Avouez que cela fait du beau monde et que l’on aurait tort de ne pas avoir la curiosité de jeter une oreille dessus. La chose est d’autant plus vraie que ce line-up international n’en est pas à son coup d’essai puisque « Immerse » fait suite à un premier opus sorti en 2018 chez Fallen Empire Records. Cette fois, c’est sous les auspices de Amor Fati Productions et de Extralessly Records que se présente ce nouvel opus illustré d’un très joli artwork.

    Bien évidemment, compte tenu de l’éloignement des uns et des autres, le processus de composition et d’enregistrement s’est fait à distance, ce qui est de plus en plus courant, certes, tout en restant remarquable vu la musique proposée ici. Celle-ci est en effet ambitieuse et riche, ce qui n’étonne pas, vu le CV de ses membres. Quatre titres seulement mais près d’une heure de musique, la piste la plus courte faisant neuf minutes, la plus longue dépassant le quart d’heure…Voilà donc qui s’annonce copieux et pourrait paraître indigeste si on n’a pas à l’esprit que les trois musiciens sont largement et respectivement coutumiers du fait et s’en sortent, d’ailleurs, souvent très bien.

    « Immerse » ne fera d’ailleurs pas exception à cette vérité générale et dès « Dreams of Scorched Mirrors », on reste scotché par la capacité que le trio a de plonger son auditeur dans une musique à la fois dense et puissante. La nervosité et les mélodies au cordeau des guitares ne sont pas sans évoquer Aara, une impression accentuée par les accents aigus et criards du chant qui n’est pas sans rappeler celui de Fluss ou même celui d’un certain Dani Filth. Loin de se perdre dans les onze minutes qui le composent, ce premier titre transporte et mieux encore, Acathexis réitère la chose sur « Adrift in Endless Tides » et « The Other ». Le dernier morceau, « A Slow, Weary Wind » ne dépareille pas, bien que j’ai éprouvé un peu plus de mal avec certaines intonations plus caverneuses du chant. Mais pas de quoi ternir le très bonne impression laissée par ce second chapitre.

    « Immerse » le bien nommé a de quoi marquer bien des esprits avec son black metal tout en émotions. Déchaînée, déchirante ou intimiste, la musique toute en vagues à l’âme de Acathexis a de quoi en emporter plus d’un ou plus d’une.

    Tracklist :

    1. Dreams of Scorched Mirrors (11:39)  

    2. Adrift in Endless Tides (12:38)   

    3. The Other (09:37)   

    4. A Slow, Weary Wind (15:58)

    Line-up : Jacob Buczarski – Batterie / Déhà – Guitare, basse / Dany Tee – Chant.

    Liens :

    https://acathexis.bandcamp.com/album/immerse

    https://www.facebook.com/acathexisband

    https://www.instagram.com/acathexis.band

  • Furios Fest #4

    Furios Fest #4

    Cantal Crossbones vous propose cette année, un Furios Fest 4ème édition, dont l’affiche en fera baver plus d’un.e ! regardez par vous-même !

    24 et 25 Août 2024
    Stade de l’Ander
    Saint-Flour (Cantal)

    Home Furiosfest – 2024 – FuriosFest
    Au programme : Samedi 24 Août 2024: Latx, Sangdragon, Furies, Acod, Mudweiser, Sidilarsen, Orange Goblin, Les Tambours Du Bronx, Alternight / Dimanche 25 Août 2024: Parallyx, Mirizon, Locomuerte, Nightmare, Karras, Resolve, Audrey Horne, Mass Hysteria.
    Billetterie : Furiosfest 4 - Cantal Crossbones (helloasso.com)
  • Selbst –  Despondency Chord Progressions

    Selbst –  Despondency Chord Progressions

    Genre : black metal
    Label : Debemur Morti Productions
    Sortie : 19 avril 2024

    Note :  85 /100 (Seblack)

    Troisième album pour le one man band sud américain Selbst. Les moins oublieux se souviendront peut-être du précédent, « Relatos de angustia », sorti il y a quatre ans chez Debemur Morti et qui s’était avéré être une belle découverte.

    Pour ce troisième effort intitulé  « Despondency Chord Progressions », le label français renouvelle sa confiance au compositeur et multi instrumentiste N et on va très vite comprendre pourquoi.

    En sept morceaux, Selbst déploie un black metal, plutôt orthodoxe, mais teinté de différents éléments qui vont lui conférer  encore plus de noirceur et de profondeur. 

    Dès « La encarnacion de todos los miedos », on remarque un soin particulier apporté aux guitares qui souvent s’éloignent du pur black metal. C’est notamment remarquable sur la guitare rythmique qui se détache de l’ensemble tout en l’appuyant avec des sonorités sous accordées qui apportent cette forme de gravité que l’on trouverait chez Amenra par exemple. 

    Parfois, comme sur le final « The Stench of a Dead Spirit »,  la musique peut prendre des accents  sludge / doom beaucoup plus pesants mais tout aussi sombres que les autres.

    A d’autres comme sur l’introduction de « When True Loneliness is Experienced », c’est au contraire la lead guitare qui prend sa liberté et s’aventure dans des phrasés qui évoque le rock ou le metal progressif avec des petits soli tout en feeling. 

    Le chant est probablement l’aspect où Selbst a le plus évolué depuis « Relatos de angustia ». N en assure, cette fois, toutes les parties sans avoir recours à un invité. On retrouve ainsi son chant black très expressif mais le multi instrumentiste s’aventure à plusieurs reprises sur les chemins du chant clair. C’est particulièrement le cas sur « Between Seclusion and Obsession » dont les guitares acoustiques et le chant apportent une éclaircie mélancolique dans cette tempête qu’est « Despondency Chord ». Là encore, le feeling est au rendez-vous, plaçant l’entièreté de cet album dans un registre émotionnel très intense. Le final incroyable de « Third World Wretchedness » en atteste, mais ce n’est là qu’un exemple parmi tant d’autres.

    Ce troisième opus frappe par son côté très élaboré et profondément immersif. Le travail de composition de Selbst est tout ce qu’il y a de plus chiadé et ciselé. Sans être d’une longueur démesurée les sept compositions sont denses mais ne noient pas non plus l’auditeur qui se laissera volontiers absorber par cet univers où la musique  sait se faire à la fois massive, dissonante et mélodique. 

    Mais la plus grande qualité  de« Despondency Chord », c’est véritablement d’ouvrir en grand la porte sur l’expression des émotions qui déferlent telles des vagues pour nous emporter avec elles.  Avec cet opus, Selbst se rappelle donc à nous de la plus belle des manières en délivrant une musique d’une rare intensité.

    Tracklist :

    1. La encarnación de todos los miedos  

    2. When True Loneliness Is Experienced  

    3. Third World Wretchedness  

    4. Chant of Self Confrontation

    5. The One Who Blackens Everything  

    6. Between Seclusion and Obsession  

    7. The Stench of a Dead Spirit

    Line-up :   N – Guitares, basse, chant
    Guest : Jonathan Heredia – Batterie

    Liens : 

    https://selbst.bandcamp.com/album/despondency-chord-progressions

    https://www.deezer.com/es/artist/11542883?autoplay=true

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    https://www.instagram.com/selbstofficial

  • Vesperine / Perpétuel (2024)

    Vesperine / Perpétuel (2024)


    Genre
    : Post-hardcore 
    Label : Autoproduction
    Sortie : 16 Avril 2024

    Note : 90/100 (Mémé Migou)

    « Après une subtile esquisse, On a enfoncé les vis… Nous les écorchés vifs, On en a des sévices. » – Noir Désir*


    Qu’il est bon de pleurer pour un bien-être exacerbé.

    Qu’il est bon de hurler pour se délivrer des chaînes, du carcan que le quotidien vient poser, comme autant de poids, sur la barre de nos épaules.

    Qu’il est bon de se mettre en colère quand on se doit d’être souriant à chaque instant – l’injonction feel-good…

    Vous connaissez ces montagnes russes, dans les parcs d’attraction ? Une lente montée qui noue les entrailles puisqu’on sait pertinemment que ça va retomber à grande vitesse, laissant le » mais quand ? » en suspend. Suspens sans faille que cette retenue accompagnée d’une ascension irrésistible, de celle qui provoque un frisson de peur, un soupçon d’adrénaline, et beaucoup d’appréhension. Et c’est, avec cette succession de propulsions et de ralentissements, ce que nous offre « Perpétuel », le second album des Lyonnais de Vesperine.

    On n’est pas ici dans un album qui va vous flanquer des mandales, vous déchausser les dents. Non! Ici, c’est le coup droit en plein dans l’estomac. On se retrouve plié en deux, les larmes aux yeux, le souffle court.

    J’ai pris la chronique, sans connaître ni le groupe (qui a tout de même un premier EP en 2015 déjà et un album en 2019) ni, statut de Mémé oblige, le genre. Du post-Hardcore ? OK… J’imagine bien la chose, mais je ne maîtrise pas le moins du monde. Voilà donc une petite trouille, une sortie de zone de confiance. Mais c’est stimulant également, vous ne trouvez pas ?

    Alors que voyons-nous à propos du post-Hardcore sur la toile et discussion avec les uns et les autres ? Il semblerait que l’on garde du Hardcore l’agressivité et la violence, mais en poussant plus loin la créativité et les émotions. Une alternance de screamo et de chant chant clair. Et quand on voit le préfixe post, cela sous-entend qu’on dépasse le genre, qu’une foultitude d’influences vient se mêler. Voilà, on est en plein dedans ! Dans la veine d’un Brutus, on pourra voir couler quelques larmes, ou encore un Amenra de par l’intensité du chant.


    Parlant influences, on pourra entendre par-ci par-là, à petites touches toujours bien dosées, – à la façon des expressionniste, ce qui peut faire écho à l’artwork bien qu’on ne soit pas exactement dans ce genre – un passage plus pop qui me remémore les harmonies qu’on pouvait retrouver chez Les Innocents  (1:15, sur « A cœur Joie »), un autre un peu plus loin complètement sludge avec les grosses grattes bien boueuses (vers 7:30 sur le même titre), ou encore des ambiances planantes du post, façon Gospeed You ! Black Emperor (sur « Mauvaise Herbe »)


    La première fois que j’ai lancé l’album, c’était le soir, dans la nuit noire, les yeux fermés pour mieux écouter. Et c’est là que le second titre, « Universelle liesse », m’a cueillie d’un bout à l’autre de ses plus de six minutes. Je vous jure, j’en avais la capillarité des bras en érection ! Cette piste est chamanique, avec le jeu de percussion qui vous prend aux tripes, et cette alternance de cris et de voix claire. Pourtant, le diable sait que je ne suis aucunement fan des refrains en voix claire. Ahhhh ces groupes qui veulent mettre un peu de mélodies tirant surtout sur le pathos. Pas chez Vesperine. Chaque intrusion de voix claire, parfois doublée d’une voix plus grave , comme à 2:20 sur « A cœur Joie », est pertinente, toujours bien dosée. C’est là qu’on se met à entendre les paroles. Et on se dit que bordel ! Ce que ça peut être poétique ! Inutile de dire comme ça m’a fait frétiller. J’en arrivais presque à regretter le chant crié qui, s’il apporte une bonne dose d’émotions empêche la compréhension des mots. Presque, hein… Parce que celui-ci vient toujours à point nommé, pour mettre la cerise sur le gâteau du pic d’intensité.

    Les guitares peuvent s’avérer parfois bien grasses, avec un son bien saturé. Alors qu’à certains moments, elles s’effacent pour laisser d’autres instruments prendre le lead, comme les percussions ou la batterie, la basse. Alors, les guitares se font tintinnabulantes, très légères, aériennes. A d’autres moments, elles donnent dans le tremolo picking pour offrir des mélodies ralenties.

    Tout est bien pensé. La construction est millimétrée, certainement pas laissée au hasard. La mise en place, c’est quelque chose ! Pour autant, je peux concevoir que certains vont passer rapidement dessus, se disant que les morceaux se ressemblent, façon « je me fais iech au bout d’un moment ». Ce serait là une lecture très sommaire, car en portant l’écoute sur toutes les voix (musicales et chantées) de Perpétuel, on y distingue des rythmes, des mélodies, des intentions distinguées. C’est propre ( superbe prod claire, au passage), mais c’est tout sauf facile !

    On a souvent des breaks qui vous donnent l’impression que le morceau est fini, alors qu’il part sur de nouvelles pistes avant de revenir au début, histoire de vous perdre encore un peu plus. L’intérieur d’un morceau est cyclique, et se termine souvent sur le début de la piste suivante qui se lance directement. Cyclique, c’est aussi ce que Vesperine voulait faire ressortir, avec ce thème de l’Espoir et notre lutte sans fin pour sortir de ce trompe-l’œil. Ces mouvements que l’on ressent et sur lesquels je me suis appesantie au début de la chronique, on les retrouve dans la dichotomie de l’album : 3 mouvements, eux-mêmes subdivisés en deux parties. Et ce qui est notoire, c’est le fait de commencer sur la seconde partie du Mouvement III. Ainsi ce dernier se voit border Perpétuel, afin de le clôturer et de l’entamer en un cycle sans fin. Le début appelant la fin et vice versa. Moto Perpetuo…

    Une œuvre organique, hypnotique, animale, chamanique, qui ne m’a pas laissée indifférente. Distinguée et réfléchie, elle fait appel à nos émotions primaires. Certains passeront peut-être à côté, trouvant les passages mélodiques trop pop, ou un sentiment de lassitude d’un tempo qui n’accélère pas vraiment (au contraire). Personnellement, je m’en contrefiche ! Tout dans cet album me transporte, ce qui explique cette chronique éminemment subjective. J’assume. De par sa force cathartique, si vous êtes dans le creux de la vague, ce sera aussi libérateur que plombant. A vous de voir, à vous d’écouter, à vous de ressentir, surtout.


    *Sans polémique, please

    Tracklist :

    01. Mouvement III – Tant qu’il y a de l’espoir
    02. Mouvement I – Universelle Liesse
    03. Mouvement I – À Cœur Joie
    04. Mouvement II – Le Poids du Silence
    05. Mouvement II – Interférence
    06. Mouvement III – Mauvaise Herbe

    Line up : Rémi Lasowy – Chants / Adam Courtinot – Guitare / Pierre Prunier – Guitare / Jérémy Piffady – Basse / Aurélien Tosolini – Batterie


    Liens :

    https://www.vesperine.fr

    https://music.apple.com/fr/artist/vesperine/1036581256

    http://vesperine.bandcamp.com/

    https://www.facebook.com/vesperinemusique

    https://www.instagram.com/_vesperine

    https://www.youtube.com/channel/UCoJqtW75sCjmKMkx7rrVoLA