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  • Live Report – Tregorgones+Willingness+Unwanted

    Live Report – Tregorgones+Willingness+Unwanted

    Pavillon Noir (Lampaul-Guimiliau)
    27 Avril 2024

    Textes : Seb et Mémé Migou
    Photos : Mémé Migou
    Vidéos : Seb

    Prenons la machine à remonter le temps et… Non, Marty, nous n’irons pas très loin, juste 9 jours, histoire de faire un petit retour vers le futur live report du concert organisé au Pavillon Noir à Lampaul-Guimiliau (Finistère).

    Mais tu sais, Marty, Mémé n’y était pas seule. Elle a retrouvé ses inséparables papys du Léon et… ô bonheur, un nouveau live reporter ! C’est donc à 4 mains que nous allons te conter cette soirée.

    Tout d’abord, le Pavillon Noir est une petite salle plutôt bien sympatoche. Un minuscule bar offre aux personnes présentes de quoi se sustenter en version liquide. Car pour la version solide, c’était dehors, avec un food truck, Le temps d’un Burger, dont je n’ai absolument pas vu le bout du pare-chocs pour la simple et bonne raison que j’étais plutôt à papoter avec les uns et les autres.

    La scène est assez spacieuse et le son, ma foi, très bon. Bon… je vais balancer un peu… Ce qui m’a fait rire, tu vois, Marty, c’est la machine à fumée. Très régulièrement, je voyais le patron du lieu venir jusqu’à la scène pour lancer un pschiiiit sur scène.

    Dans la salle, quelques connaisseurs, mais beaucoup de familles également. Vont-ils rester jusqu’au bout ? Il va falloir, Marty, que tu lises aussi ce report jusqu’à la dernière ligne pour le savoir !

    Mais place aux groupes, place à la musique et place aux premiers pas écrits de Seb !

    Seb :

    Plus d’un mois sans concert…

    Autant dire une éternité. Je commençais à sentir le manque.

    Heureusement, hier soir, au Pavillon Noir de Lampaul Guimiliau, 3 groupes de la scène locale se produisaient. Il était hors de question pour moi de rater cette soirée car il y avait des potes qui jouaient dans chacune de ces 3 formations.

    Unwanted


    Ce sont les Brestois d’UNWANTED qui ont ouvert le bal avec leur Rock Metal musclé. Je les avais vus en octobre dernier au Destrock Fest. Hier soir, je les ai trouvés beaucoup plus à l’aise et détendus que la dernière fois et musicalement plus en place. Peut-être est-ce dû au fait qu’il y avait moins de monde et que la pression était moins importante que de faire l’ouverture d’un festival. Franck et 2 acolytes avaient le smile et n’hésitaient pas à plaisanter entre eux et avec le public. Un public qui les a bien soutenus. Le set est passé très vite. Signe que c’était bon.

    Une belle entrée en matière.

    Mémé Migou :

    Ils ont regardé l’heure, et puis la scène, et puis se sont regardés l’un l’autre… Et ils se sont dit : « ah oui, il est temps de monter sur scène ! ». C’est dire comme le trio Unwanted n’avait pas trop de pression (même pas dans un verre !).

    A l’instar de Seb, j’avais eu l’occasion de voir la formation il y a quelques mois au Destrock Fest. L’ambiance était toute autre ici. Et on sentait l’envie de jouer sans trop de trac. Pour autant, ce n’était pas sans implication non plus. Au contraire. Ils n’ont pas ménagé leurs efforts pour chauffer la soirée et mettre le public dans la poche.

    On a navigué sur une première partie de set plutôt axée rock, voire même quelques accents punkisants de la part de Sly, le batteur, tant dans ses rythmiques que dans son chant. Car oui, si Franck, le bassiste, tient le micro sur la plupart des titres, il n’est pas le seul à donner de la voix.

    Les soli de guitare sont un chouïa fragiles surtout quand on arrive dans un registre rapide. Maiiiiiiis… j’ai découvert, sur cette soirée, une nouvelle dimension qui colle à merveille à Unwanted. Une musique plus sludge, plus lente et boueuse. D’ailleurs, Franck tient la baraque comme un meneur d’hommes avec une basse qui tabasse et un son à vous déchausser le dentier. Cependant, sur la deuxième partie du set, le tempo s’est donc ralenti. Et là, le Rico, le guitariste, s’en est donné à cœur joie dans des passages planants. Même la voix de Franck s’est posée, elle est devenue plus grasse, plus grave. J’en suis même arrivée à me dire qu’un petit growl lui aurait bien été au gosier.

    De fait, et si le groupe me le permet, c’est vraiment dans cette direction sludgienne où Unwanted prend son ampleur (à mon très humble avis) que je les imagine bien avancer…

    Belle prestation !

    Setlist : Shadows and Whispers ; Faster than You ; Bastard ; Psychotic Ward ; Midnight Curse ; Not Ready to Die ; Hellraiser ; Failure ; Dark Side ; Supernatural ; Dead Inside ; False Leader ; Trapped ; Raise Your Fist

    Willingness

    Seb :

    Les Morlaisiens de WILLINGNESS ont pris le relais avec leur Neo Metal / Metal Alternatif , ma foi, fort agréable. Je les avais vus au même endroit en 2023 lors du 1er concert de leur guitariste Patrick. Et les progrès faits en un an sont assez bluffants. A tel point que j’avais l’impression de ne pas être devant le même groupe. Musicalement, c’est beaucoup plus fluide et j’ai senti le groupe très à l’aise sur scène. Ça fait plaisir à voir. Ils occupent bien l’espace et n’hésitent pas à solliciter le public. Malgré un bassiste malade mais qui a assuré le concert assis sur un tabouret. Respect.

    Mémé Migou :

    C’est à la demande de Willingness que je suis venue en cette soirée. Rencontrés lors du précédent Rockiavellic, j’étais comme Seb, avide de voir leur presta. Des progrès ? Ben oui, ils en ont fait ! Et un bon gros bon en avant.

    Scéniquement, on sentait qu’ils étaient à la maison. Complètement à l’aise sur la scène. C’est d’ailleurs Dylan, l’un des guitaristes, qui m’a impressionnée de par sa présence scénique. Il a fait le show, donnant la réplique musicale à la très belle Angélique, qui sera maîtresse de la scène tout autant.

    Ce qui, en août , m’avait un peu tracassée, ce léger décalage entre le chant et le reste de la musique, s’est considérablement réduit et c’est un groupe plus homogène qui s’est développé sous nos yeux.

    On est toujours sur un registre gothique ou nu metal, avec des chants mélodiques à souhait. Sur l’arrière, le batteur frappe ses fûts avec conviction. Lui aussi offre au public un jeu scénique intéressant, avec ses propositions rythmiques qui font mouche. Le second guitariste, Pat, semble à son tour bien plus à l’aise qu’en août dernier. Se lâcher est le maître mot. Mais il y en a un qui n’aura pu se lâcher comme il l’aurait aimé, c’est le bassiste qui, malade, a tenu à assurer le set sur un tabouret.

    Belle progression !

    Setlist : Find the Way ; Dream Or Reality ; I'll Tell You ; Crazy ; Going Under ; Whisper ; Toxicity ; One More Angel ; Beautiful Planet ; What You Want

    Tregorgones

    Seb :

    Venu de Tréguier (dans le 22), TREGORGONES s’est chargé de clôturer la soirée en beauté.

    Une malédiction avait touché les bassistes hier soir, car celui de TREGORGONES s’était cassé le poignet mardi, l’empêchant de jouer de son instrument. Ils n’ont pas annulé leur venue pour autant. Damien s’est adapté en troquant sa basse pour un clavier.

    Et si cette mésaventure avait révélé un nouveau visage de la formation costarmoricaine ?

    Car en milieu de set, Damien a lâché son clavier pour se muer en chanteur charismatique jusqu’à la fin du concert. Il nous a régalé avec ses growls faisant penser par moment à Corpsegrinder de Cannibal Corpse.

    Le Death Technique de TREGORGONES est d’une efficacité redoutable et le duo vocal que forment Guillaume (chanteur / guitariste) et Damien fonctionne à merveille. Encore plus hier soir.

    Une bonne partie du public avait déserté la salle, Metal Extrême oblige, mais ceux qui sont restés ont pris une bonne grosse claque.

    Ce groupe est à suivre absolument et on n’a pas fini de voir leur nom circuler.

    Mémé Migou :

    Que dire de plus que Seb, qui a résumé le set de fort belle manière?!

    Trégorgones m’avait déjà donné une jolie claque lors de leur concert à la salle Bonjour Minuit, de Saint-Brieuc. Scéniquement, on a tout : le visuel avec leurs yeux blancs, le concept album qui lie les morceaux, la narration et des morceaux hyper bien construits.

    Y a du level, chez Tregorgones ! Et le fait de les voir chercher et trouver à brûle-pourpoint des solutions pour assurer leur set, c’est bien là l’apanage des grands. 

    Donc, on a un clavier pour remplacer les lignes de basse. On va avouer qu’on n’a pas trop entendu les nappes. Et peut-être que les lignes de basse manquaient un peu. Mais je vais vous dire une chose, c’est que sur place, ça ne s’est pas entendu, tant le son était ample. Il faut dire qu’on a un Melaine qui est impressionnant derrière sa batterie. Et que dire de Guihom, dont les doigts lustrent le manche de sa guitare sans en mettre une à côté. Bien qu’en discutant avec eux après le concert, il semblerait, de leurs aveux, qu’il y ait eu quelques glissements. So what ! Ça ne s’est absolument ni vu ni entendu ! Et de Guihom, je reste fan de la voix, blackisante à souhait.

    Par contre, on est tous d’accord pour dire que la grosse surprise est venue de la prestation de Damien. Oui, je l’avais vu et entendu chanter à Saint-Brieuc, mais plutôt version chant additionnel. Ici, on a bien plus entendu sa voix. Mais bordel ! C’est quoi ce growl de malade ?! Les papys du Léon et moi, on s’est tous regardés, hallucinés. 

    Lâchant sa basse, Damien s’est également lâché. Et c’est une nouvelle version de Tregorgones à laquelle nous avons assisté. Une version à deux voix qui se complètent à merveille, le tout servi par les riffs aux petits oignons de la guitare et un Melaine au taquet.

    Énorme set !

    Setlist : Oraison Funèbre ; Disincarnate ; Destinée Mort'hell ; The World Eaters ; Like a Ship in a Bottle ; Alone Together ; Deus Ex-Machina ; Sic Mundus Creatus Est ; Beyond the Creation ; Born in Fire ; Perpetual Motion


    Seb :
    En résumé, j’ai passé une excellente soirée avec les copains et copines de concerts et les 3 groupes. Tout ça pour 6 €. Que demander de plus ?

    Seul point noir : une faible affluence. C’est vraiment dommage.

    Il n’y a pas que les gros événements dans la vie. Il faut aussi se bouger pour aller voir les petits groupes. Parmi eux, il y a peut-être les futurs grands de demain.

    SUPPORT YOUR LOCAL SCENE

    Mémé Migou :

    On a passé une très agréable soirée. Il y avait des malades, des blessés, mais tous ont assuré, coûte que coûte. Et ce qui fut agréable à entendre, c’est l’esprit de camaraderie qui régnait sur la soirée. Un esprit d’entraide entre les groupes, de conseils des uns aux autres. Et ça, en plus de la musique, ça fait un bien fou.

    Merci !

  • Moisson Livide – Sent Empèri Gascon

    Moisson Livide – Sent Empèri Gascon

    Genre : Black/Heavy/Power/Folk (mais pas que !)
    Label : Antiq Label
    Sortie : 3 Mai 2024

    Note : 88/100 (Mémé Migou)


    Vous êtes transportés par magie en plein cœur de la Gascogne. Devant vous se dresse un énorme rocher. Que faites-vous ?

    J’avance et si je rencontre des gobelins, je fonce dedans !, dit le Barbare en flanquant une gifle au Nain.

    moi, je baguenaude à la recherche de baies, répond l’Elfe.

    J’irai là où l’Elfe n’ira pas !, avance le Nain, tout en se frottant la joue.

    schlaguevuk zodo, grogne l’Ogre

    Qu’est-ce qu’il dit, l’Ogre ?, demande le Voleur

    Il dit qu’il a faim, répond la Magicienne

    OK… pendant que vous palabrez, vous entendez un bruit venant de derrière le rocher. Un bruit qui racle. Ranger, lance un dé 100. Tu as 99 % de chances de tomber sur un groupe de Folk Metal gascon*, venu se ressourcer ou… un feumble et ce sera la version démoniaque tout droit sortie des Enfers…

    100 ! Et meeeeerde !

    Prend place sur le rocher, à côté d’un grand serpent aux yeux rouges et à la langue d’épée, un prêtre au béret noir vissé sur la tête. Il embouche un boha et fait résonner une litanie plutôt dansante, ce qui ne manquera pas de vous étonner, par ailleurs.

    C’est l’heure de la moisson, lâche-t-il, livide. Je suis venu récolter vos âmes ! Mais personne n’a dit qu’il fallait que ce soit triste, alors, dansons, chantons, rions !

    Vous ne comprendrez pas grand chose aux paroles qui accompagnent une guitare électrique, dont le riff sera sautillant, un riff comme on en trouve dans le Death mélodique. Quand le chant commence, la filiation avec le mélo death se poursuit par une voix proche de celle d’un Mickael Stanne de Dark Tranquility, sans oublier les nombreux passages à la double pédale… Pour autant, très vite, vous vous rendrez compte que vous vous trémoussez bel et bien sur des blasts et des tremolo pickings, le tout auréolé d’une bonne tranche de fiel purement Black Metal.

    Vous reconnaissez le gaillard devant vous. Il dit se nommer Darkagnan (vous pouvez souffler, ce n’est pas Dark Vador). Derrière lui, un homme martèle des fûts (peut-être de bière, allez savoir, vous ne voyez pas bien de là où vous êtes), répondant au nom de Philippe Etcheblast. Est-il cuistot, le bougre ? Impossible à savoir… Mais ce dont vous êtes certains, pour l’avoir déjà aperçu en concert par ailleurs (très exactement au Motocultor 2023), c’est que ce béret noir, c’est celui de Baptiste Labenne, chanteur de Boisson Divine*.


    Il faut le reconnaître, le Folk, le Heavy, c’est pas votre truc. Vous vous dites en votre for intérieur « pffffff…. »**. Ouais, mais ce « Serpent D’Isaby » ne se déroule pas comme vous l’imaginiez. Après une intro bien médiévale, que n’aurait pas reniée Pen of Chaos, la dimension Blackisante est bien présente et vous laissera un petit sourire sur les lèvres (OK, c’est un peu antinomique, mais vous ferez avec, c’est ainsi !). Finalement, ce n’est pas si folk que ça.

    … Attendez ! Ah si quand même… Y a de larges passages purement Folk et médiévaux. Chaque titre y aura droit. Souvent en intro de morceau et à l’intérieur. Ces passages arrivent d’ailleurs à la façon d’un break, ce qui vous fera peut-être dire « paye ta transition ! ».

    A noter, un morceau purement instrumental, en cinquième piste. Mais revenons aux précédents. Et notamment aux paroles. Souvenez-vous, j’avais bien dit que vous ne comprendriez pas grand chose et pour cause, c’est entièrement écrit et chanté en gascon. Mais si vous avez entre les mains la traduction, n’hésitez pas à la dévorer. Même en français, un grand soin y est apporté. On va naviguer entre les grandes épopées épiques, ce qui se traduit aussi musicalement, chères au pays gascon. Des légendes, des hymnes aux personnes qui ont posé leur pierre à l’édifice Landais ( MALHEUREUSE ! Que dis-tu là ?! Le projet est originaire du Gers, non des Landes !!!)… Ces morceaux seront plus longs. On sent bien l’amour du gascon pour sa « mère patrie ». Quand certains vont jouer du Biniou ou du Hautbois, ici, Baptiste jouera du boha ou de l’aboès, instruments du « pays ». Les paroles en gascon ajoutent à cette dimension.

    La langue, mais aussi les idées ! Quelques titres plus courts sont de véritables brûlots à l’encontre de ce qui peut agacer les Landais (et d’autres aussi, je vous rassure) : les cyclistes qui inspireront le second titre « Sus l’arròda » ou encore la sixième piste, « A.C.A.B », qui vous parle des bobos… C’est purement hilarant. Et vous pourriez aussi y trouver un petit trait d’union avec l’esprit breton… On se dit que la sortie chez Antiq est totalement raccord !

    «  L’òmi xens passat », est un titre de Boisson Divine*, mais dont le traitement (le refrain) sera en version BM… Parlant Black metal, vous allez également vous surprendre à chanter en chœur les refrains. C’est une nouvelle influence qui se retrouve ici, celle du True Metal : Rhapsody et ses refrains brillants, chantés à la façon des hymnes, mais aussi In Extremo, notamment dans le chant en occitan, vieil allemand et vieux suédois. En autres influences, on trouvera aussi le côté épique du Power Metal et celui dévastofoutraque du punk (légèrement, hein).

    C’est là où vous commencez à comprendre qu’en face de vous, se tient un duo de magiciens noirs qui ont capturé votre âme (sans oublier les innombrables guests). Car oui, vous vous surprendrez à chantonner les riffs, qui sont très bons. Vous vous dites que tout est bien construit. Le son est excellent, avec un mix signé Borie de la combe noire qui laisse la place à chaque instrument, ainsi que l’artwork. Et quand c’est fini, bah vous avez envie de relancer la quête… Malin ! (Ben oui, quand c’est démoniaque, le malin n’est jamais très loin).

    Pour cette fois, la troupe ne passera pas le big boss de l’aventure. Vous allez devoir recommencer le niveau, réécouter Sent Empèri Gascon . Un plaisir pur pour les uns, un plaisir coupable pour les autres. Mais finalement, à votre grand étonnement (ou pas), cela restera du plaisir.

    * Boisson Divine est un groupe de Folk Heavy Metal.
    ** Qu’est-ce qu’il dit, l’Ogre ? Il dit qu’il faut remplir les petits points avec les mots qui vous conviennent.


    P.S. : Ah oui... j'oubliais... prenez le temps de lire les crédits et autres remerciements, tout est trempé dans l'encre de l'humour... noir parfois, hilarant toujours. Jetez donc un œil aux noms des roadies : Fenriz de Veau, Euronymoussaka, Sebastien Chabal-Sagoth, Count Grishgnac !

    Tracklist :

    01 La sèrp d’Isavit (Le Sepent d’Isaby)

    02 Sus l’arròda (Sur la roue)

    03 L’òmi xens passat (L’homme sans passé)

    04 Sent Empèri Gascon (Saint Empire Gascon)

    05 Passejada dolorosa (Promenade douloureuse)

    06 A.C.A.B. (Armanhaqués Comandò Anti-Borgesòts – Commando Armagnacais Anti Petit-Bourgeois)

    07 Caçaire d’eternitat (Chasseur d’éternité)


    Line-up : Darkagnan – Chant, guitare électrique, guitare acoustique, basse, bouzouki, boha, aboès, tin whistle, lap steel guitar, saxophone alto, claviers / Philippe Etcheblast – Batterie


    Guests : Romain Queille – Trompette (4) / Pereg Ar Bagol – Accordéon (3) / Geoffroy Dell’Aria – Tin Whistle (1) / Sylvain Marques – Trompe de chasse (7) / Lafforgue – Vielle à roue (1&7) / Torve Ascète – Arrangements batterie

    Imagerie, mixage et mastering par Borie de la combe noire


    Liens :

    https://www.facebook.com/profile.php?id=100087613433522

    https://antiqofficial.bandcamp.com/album/extr-me-sud-ouest

  • Demande à la Poussière / Kintsugi

    Demande à la Poussière / Kintsugi


    Genre
    : Black/Doom/Sludge
    Label : My Kingdom Music
    Sortie : 3 Mai 2024

    Note : 90/100 (Mémé Migou)

    Memento, homo, quia pulvis es, et in pulverem reverteris

    Quoi de plus normal pour Memento Mori Webzine, que de creuser dans le Memento Homo. « Souviens-toi, Homme, que tu es poussière et que tu redeviendras poussière ». À l’aube du grand départ, il est temps pour Mémé de se plonger dans son passé, dans son trajet pour mieux encore appréhender l’avenir, aussi court, aussi futile, aussi gris soit-il. Amen !

    Le grand sablier a parlé, le temps s’écoule inexorablement, poussière d’or sur nos pas. Et dans nos failles, dans nos crevasses, il vient combler les interstices de ce temps perdu, enfin retrouvé, pour avancer encore, le corps zébré de la lumière de nos cicatrices. Alors on peut se regarder dans le miroir, caresser ces boursouflures et dire «  je suis unique ».


    Alors si un jour, tu te sens perdu, demande à la poussière, elle te dira comment d’une perspective amère, sans lendemain, (Demande à la Poussière, 2018), retrouver la paix intérieure. Mais l’enfer n’est-il pas pavé de bonnes intentions ? La quiétude est de celle qui, de fait, amène à accepter son chemin tracé sans même se poser de question (Quiétude Hostile, 2021). C’est ainsi qu’arrive la résilience (Kintsugi, 2024)… trouver en soi la force d’avancer dans ce marasme. Finalement, la vie est…

    … “Paresseuse

    Par essence, elle est paresseuse.

    Est-ce vraiment la paresse”

    Ou trop d’avidité, de gloutonnerie, en faire des caisses…

    C’est dément comme

    Demande à la Poussière creuse

    Dans le gras sludgien

    Des guitares au son qui colle aux semelles du vent.



    De toutes les matières

    C’est Demande à la Poussière que j’préfère.

    Emotif, Kintsugi n’est en rien négligé, en soi – bien au contraire ! (C’est Demande à la Poussière).


    De toutes les manières

    C’est Demande à la poussière que j’préfère.

    Cohérent, l’album est poésie mise en voix ( C’est Demande à la Poussière).


    Mais pas que…

    Tous ces beaux plans étirés…

    DALP nous balance des réf. à la Omega Massif avec indolence (versions premier et second album).

    DALP nous balance des riffs façon LumberJack en feedback (ce qui est loin d’être de mauvaises ref, vous en conviendrez).

    La voix déchire de rage

    Avec le tranchant rouillé du black metal.

    Simon (Anthropovore, Muertissima, entre autres) n’a pas que cette voix criée en son gosier réfractaire.

    Un beau growl sombre à tomber par terre (le nez dans la poussière… et c’est pas Voltaire qui dira le contraire),

    Vient parfois doubler la première

    et s’étendre sur les mots

    chantés, composés à quatre mains et deux cerveaux,

    parfois bile crachée, parfois ode à l’espoir qui s’enfuit,

    De toutes les manières

    Ce sont des textes ciselés

    Que nous offre Demande à la Poussière.


    Active, notre écoute de Kintsugi nous remue (c’est Demande à la Poussière).

    De tous les spicilèges

    C’est Demande à la Poussière que j’préfère

    avec ses passages haineux, rapides, acerbes, qui succèdent aux ralentissements boueux,

    C’est doom, c’est Sludge, c’est Black à la fois (c’est Demande à la Poussière).


    De toutes les matières de ce début d’année, la matière noire de nos corps, de nos cœurs meurtris, pétrie dans les 11 titres de Kintsugi, fait partie de celles que je préfère.

    La formation a bien changé depuis sa création en 2017, le line up a pas mal bougé (n’oublions pas qu’à l’origine, DALP est un projet initié par des membres de The Great Old Ones, Spectrale, Omrade et Würm). Pour autant, la continuité avec Quiétude Hostile est palpable, rajoutant une légère touche de post-harcore, pour contrebalancer la viscosité fangeuse du sludge et la lourdeur écrasante du doom. Et cela donne quoi, au final ? Un album qui traversera nos émotions, laissant dans nos failles quelques grains de poussière d’or qui nous rappelleront que nous sommes (fans de Demande à la) Poussière et que nous retournerons à l'(écoute de toute la discographie de Demande à la) Poussière.

    Memento Homo… Memento Mori ! Et au milieu coule Kintsugi


    P.S. : celui/celle qui trouve en premier pourquoi cette chronique est écrite en forme parodique et la ref qui va avec, Mémé se fera un plaisir de lui offrir un paquet de sable... des plages du Finistère !

    Tracklist :

       01. Inapte   
      02. Kintsugi
      03. La Parabole des Aveugles
      04. Ichinawa
      05. Le Sens du Vent
      06. Vulnerant Omnes, Ultima Necat
      07. Attrition
      08. Fragmenté
      09. Miserere
      10. Brisé
      11. Partie

    Line-up :   Vincent Baglin – Batterie /  Neil Leveugle – Basse /  Edgard Chevallier – Guitare, Arrangements /  Simon Perrin – Chant, Guitare

    Liens :

       Facebook : https://www.facebook.com/DALPdoom/
      Instagram : https://www.instagram.com/d_a_l_p/
      Bandcamp : https://dalpdoom.bandcamp.com/album/qui-tude-hostile 

  • Live Report / Mars Red Sky+Yomuna

    Live Report / Mars Red Sky+Yomuna

    Le Cabaret Vauban (Brest)
    4 Avril 2024
    Concert organisé par Diogène Productions et Lazarus Production

    Textes : Bruno Guézennec + Mémé Migou
    Photos : Mémé Migou
    Vidéos : Bruno Guézennec (@concertsMetal-BZH)

    Bruno’ Speaking :

    Petit tour au Vauban jeudi soir pour Mars Red Sky et Yomuna.

    C’est pas mal les concerts le jeudi soir, un peu chiant, on bosse le lendemain, et encore ça se termine tôt (23h15), mais au moins ça ne rentre pas en concurrence avec ceux du week-end, toujours ça de pris.

    Mémé Migou’ Speaking :

    Oui, c’est en semaine, oui, c’est dans une salle où je ne vais pas souvent souvent et oui, il me tardait de voir le trio bordelais de stoner/doom, mètre étalon du genre en France. Nous sommes le 4 avril, et il faut avouer que c’est amusant de voir Mars Red Sky dans ce mois à ne pas se découvrir d’un fil. Allez, je ne vais pas tenter la blague du Avril Red Sky… Surtout qu’en Bretagne, c’est essentiellement un ciel gris qui nous nargue depuis 9 mois !

    Donc oui, nous avions besoin de cette dose d’introspection, d’émotions, de force intérieure que seule la musique, de celle qui nous fait planer, peut nous apporter. Et on sera servi sur un plateau d’argent, grâce à Diogène Productions et à nos amis de Lazarus Prod, qui étaient là pour seconder in situ. « Alors, c’est sold out ? » Pas tout à fait, car n’oublions pas que nous sommes en plein milieu de semaine… Mais c’est vraiment pas loin. Quelque 350 personnes sont massées devant la scène. On n’est pas dans un salon de thé comme pour d’autres concerts, le public est là pour voir et découvrir. Il va falloir faire son trou pour arriver à prendre des photos, les potos !

    Bruno’ speaking :

    J’étais impatient de voir Yomuna, car malgré le calme relatif de ce qu’ils jouent, par rapport aux bourrinades musicales que je m’envoie habituellement, je trouve ça agréable à écouter.

    Le live n’a d’ailleurs fait que confirmer mes impressions.

    Diana a une voix superbe et les ambiances planantes et éthérées se mixent bien avec les parties plus énergiques.

    Seul petit défaut, la 4 cordes, tenue par le bassiste de Tranzat, était mixée beaucoup trop fort et couvrait le synthé et la guitare. C’est un peu dommage, je crois qu’il n’y a que le mec à la sono qui ne s’en est pas rendu compte. Ou alors suivant l’emplacement dans la salle le son était différent, possible, mais j’ai entendu plusieurs personnes dire la même chose.

    Mémé Migou’ speaking :

    Parfois je creuse avant d’aller en concert. Je lis les biographies, j’écoute les précédents efforts, je me mets dans l’optique de décortiquer, de scruter, d’analyser le live au regard des pistes numériques ou physiques. Bref, connaître son sujet.

    Et à d’autres moments, je préfère ne même pas me rencarder pour garder la candeur de la découverte. Souvent, c’est tout ou rien, stop ou encore, quitte ou double… Néanmoins, ça me permet de contrebalancer les écoutes actives en forme de “tintinade”. Avoir l’oreille à Mémé, c’est aussi se laisser bercer par ce qu’on ne connaît pas.

    En l’occurrence, c’était le cas pour Yomuna. J’aurais dû savoir que dans le groupe, il y avait un membre de Tranzat, p’tit groupe brestois bien fendard qui avait commencé à faire son p’tit trou dans le paysage metal breton. Bon, ceci dit, Yomuna, c’est complètement différent. Alors pourquoi s’y référer ?!

    Une voix aérienne vient nous caresser les oreilles. C’est beau, c’est doux, lavé avec mir laine délicat… Mais les couleurs ne sont aucunement passées. On est dans la fluidité, la grâce sous toutes ses formes.

    A côté, le bassiste qui envoie du steak. Gros son et martèlement au rythme de l’intensité des titres. Je ne vais pas réitérer les propos de Bruno, mais effectivement, genre oblige, la basse était sacrément forte. Un chouïa trop.

    Une première moitié de set pour appréhender Yomuna, voir ce qu’ils proposent. C’est doux et intense à la fois… maiiiiis… avec ce petit côté un peu redondant pour ma part. Une cover de Jefferson Aiplane (« White Rabbit ») marque une amorce de virage. Pas à 190°, hein. Encore heureux, on est là pour planer, par pour planter le marteau-piqueur dans nos marteaux et enclumes ORL. On est là pour frissonner de plaisir, voyons. Et ils s’en sortent plutôt pas mal dans ce registre.

    Pour terminer le set, nous avons droit à un chant en roumain, culture de la chanteuse et l’utilisation d’une (un ?) Kaval (j’espère ne pas me tromper), forme de flûte à bec biseauté bien loin de nos souvenirs des cours de musique du collège, pour accéder à une dose de folk stoner. Ce n’était ni trop ni trop peu. Bien dosé.

    Groupe à suivre…

    Setlist : Third Stone ; 15 Years Later ; Edgedancer ; White Rabbit (JA cover) ; Sfinta Joi ; Trance ; Oubliettes

    Bruno’ speaking :

    Suite et fin de la soirée au Vauban jeudi dernier où j’ai retrouvé pas mal de têtes que l’on voit régulièrement dès qu’il y a un concert à Brest, comme Roselyne Paul, venue faire des photos et Michel Paul en repérage pour découvrir les futurs groupes qu’il fera jouer à la Bergerie Rock. Mon petit doigt me disant que Yomuna devrait fouler les planches avant la fin de l’année.

    J’étais venu autant pour Yomuna que pour Mars Red Sky qui prenait la suite des brestois sur la scène du Cabaret.

    Les bordelais ont une bonne fan base, mais peut-être insuffisante pour remplir 500 places un jeudi soir.

    250 à 300 personnes environ ce qui est quand même pas si mal pour un concert en semaine dans une période où les organisateurs ont souvent du mal à faire le plein.

    Mars Red Sky ne jouant pas spécialement mon style de musique préféré et ayant un peu de mal avec la voix du guitariste/chanteur, je suis mal placé pour juger de la prestation du groupe. J’ai passé un bon moment, même si certains titres m’ont semblé dispensables, comme l’interminable instrumental Arcadia par exemple.

    Les fans ayant semble-t-il trouvé le concert à leur goût, je leur fais confiance quant à la qualité intrinsèque du concert donné par Mars Red Sky.

    A noter que Julien Pras a commencé à souffrir de crampes à la main gauche en milieu de concert, ce qui est un petit peu embêtant quand on est guitariste ! Pas facile pour lui, mais il a quand même assuré, même si le groupe a adapté sa playlist pour remédier au problème. C’est ça l’expérience

    Mémé Migou’ speaking :

    Ahhhh… Voilà donc Mars Red Sky. 3 gaillards sur scène qui vous emplissent les oreilles de leurs sons. On sort la grosse artillerie et on se prend une rafale d’émotions. Et des cartouches, ils vont en tirer un bon paquet.

    Petit à petit, on sent la frénésie prendre possession des âmes des aficionados. Les corps se courbent, les cheveux ondulent d’avant en arrière ou d’un côté vers l’autre. C’est prenant et poignant.

    Mais Mémé ne serait pas Mémé si tout était parfait dans son report. Mon petit point noir va au chant quasi inaudible de la place où je me trouvais. Oh ! Je vous entends déjà dire « t’avais qu’à te bouger pour aller à une place phoniquement plus adéquate ». Oui…. Encore fallait-il pouvoir/vouloir bouger. Pouvoir bouger (on va me dire « t’es bien belge pour quelque chose, toi ! »… ben non, c’est bien de possibilité dont il était question ici), car comme dit plus haut, le public était massé tout proche sinon contre la scène, marque de son grand intérêt par ailleurs. Et vouloir, parce que j’avais envie de garder la possibilité de faire encore quelques clichés, sans exagérer et surtout sans embêter le public (ce qui ne sera pas le cas de tous les photographes qui se glissent sans rien demander et te bousculent sans la moindre gêne – un sourire, bordel, c’est pas compliqué !). Car là se trouve mon autre point noir : les lumières sombres et l’ambiance enfumée. Pas facile, la prise de photos. Et en même temps… ça nous donne des ambiances délétères qui correspondent à merveille aux titres sombres et intenses de Mars Red Sky. Et quoi ! Le show et le public avant tout !

    Une playlist quelque peu remuée du fait d’un souci de main du guitariste chanteur. Mais des deux titres que nous n’aurions pas dû entendre, finalement, ce n’est qu’une seule piste qui sautera. Merci pour l’effort !

    Petit clin d’œil pour le batteur, qui me faisait l’effet d’un géant derrière des fûts pour minimoys. Et pourtant, quelle énergie, mazette ! Et quelle virtuosité dans l’art de la rythmique. Un réel plaisir à voir, à entendre, à déguster.

    Gros son et grandes émotions ! 

    Setlist : (et comme Mémé a une petite mémémoire, elle a oublié le tite passé aux oubliettes!) Slow Attack ; Break Even ; Arcadia ; Collector ; Apex 3 ; Maps of Inferno ; The Final Round ; The Light Beyond ; Way to Rome ; Strong Reflection ; Up the Stairway to Heaven

    Et voilà, la soirée s’achève au bar, avec une petite mousse (pas deux, on respecte la dose prescrite !) et Bruno et moi nous souhaitons un bon retour. On referme cette parenthèse hors du temps, cette bulle d’émotions… C’est pas l’tout, demain, y a boulot !

    Liens utiles : 
    Diogène Prod : www.diogene.fr ; Facebook
    Lazarus Prod : Facebook
  • Ende / Beati Mortvi – Reliquat Mortifère (2024)

    Ende / Beati Mortvi – Reliquat Mortifère (2024)

    Genre : Black Metal
    Label : France Black Death Grind
    Sortie : 19 Avril 2024

    Note : 89/100 (Mémé Migou)


    1… 2… 3… Soleil !

    Cette boule lumineuse que certains adulent depuis des siècles et des siècles s’imprime sur notre rétine lorsqu’après avoir frappé les trois coups cérémoniels nous nous retournons vivement pour savoir qui tente de nous suivre. On ne peut s’empêcher de lancer un juron, un cri qui monte des entrailles pour assainir notre rage. Désormais, nous ne verrons plus qu’en contre-jour, un joli noir et blanc qui n’accepte aucune nuance de gris.

    Ainsi vont les pochettes de Ende, sans concessions. Ainsi va la musique proposée par le duo I.Luciferia et Thomas Njodr, tantôt déchirante comme seul sait le faire un DSBM, tantôt acérée, malsaine, rapide, proche de l’apoplexie que les Trve manient avec plaisir et délectation.


    1… 2… 3… Lune !

    C’est au cœur de la nuit, qu’on apprécie encore plus le black metal cinglant de Ende. Car on y trouve des ambiances allant des cris d’agonie aux chants liturgiques, en passant par les croassements des freux, le tocsin au loin, … Entre Rennes et Angers, on sent l’humidité sortir des cimetières, se dégager de l’humus au cœur des bois, laissant planer une brume où nous pouvons y voir les formes des démons que la musique appelle de toutes ses forces.

    1… 2… 3… Albums !

    Non non non… Doublez la mise. C’est pas moins de six albums, depuis 2010 , en seulement 14 ans, que le duo nous gratifie de son black metal plutôt anciennes générations. Rajoutez à cela trois Splits, une démo et un album live, on peut dire qu’ils sont foisonnants, au grand plaisir des puristes.


    1… 2… 3… Duo !

    Deux personnes au sein de Ende ? Pas tout à fait. On commence par une personne, oui… un one man band dès 2008, sans nom… En ressort une démo, The Gods Rejects qui sortira seulement en 2015 sous la forme de 66 cassettes. Et c’est seulement en 2010 qu’arrive Thomas, batteur aux BPM qui essouffleraient un cheval lancé au galop ! Mais sur scène, ils ne se contentent pas de la formule initiale, ils s’adjoignent la participation de guests, musiciens de sessions live.

    1… 2… 3… Pistes !

    Beati Mortvi, c’est une compilation de quelques titres de ce groupe qui hante les scènes black et autres festivals (un live a d’ailleurs été enregistré en 2022 au Motocultor !) depuis 2010 (2008). En tout, ce sont seize morceaux que l’on va retrouver sur cet opus, offrande faite juste avant le grand retour de Ende et de son prochain album, à venir en 2024 (L’Aube des Anathèmes).

    Pour vous remettre dans le jus, Ende nous gratifie de deux morceaux sortis sur Splits, Liber Damnatus I et II, toute la démo de 2008/2015 avec un son plus clair (ce qui n’est pas le cas pour tous), six pistes lives (au Music Hall, Allemagne) et trois Covers, « Cosmic Keys to my Creations and Times » de Emperor ( tiens donc, on sent bien la filiation), « Transylvania » de Mütiilation et « Wings of Funeral » de Morbid.


    1… 2… 3… Minutes !

    Hormis les pistes d’ambiance (pour le set live), On navigue plutôt entre quatre et huit minutes par morceau pour  Beati Mortvi, Reliquat Mortifère  qui fera la part belle aux titres en anglais. Ce que je trouve personnellement dommage. Car souvent et de plus en plus, nous trouvons du chant en français dans la discographie de Ende. On y sent comme pour Emperor, la filiation avec notre Seth national. Chanter en français apporte toujours une touche différente, une aura particulière. Sur la compilation, on reste dans ces titres en anglais.


    3… 2… 1… Choix !

    Choisir, c’est renoncer. On a déjà vu au paragraphe précédent, qu’une option avait été mise pour le choix de la langue. Un autre également sur les titres en eux-mêmes. Plutôt que d’aller piocher dans les six albums, ce sont les Splits, des morceaux lives (oui, issus desdits albums : « When Crows flew Above Märhn » , « Cylenchar » et « Das Hexenhaus » sont issus du LP Emën Etan, 2017, tandis que « Black Sorcery of the Great Macabre » vient de Rebirth of the i, 2015) , de covers sessions et d’une démo sortie en seulement 66 tapes. De là à se dire qu’on met en avant les morceaux moins connus, on n’en est pas loin. Et c’est plutôt bien joué !

    Oui, bien vu… même si j’aurais aimé retrouver quelques titres du premier album Whispers of a Dying Earth, que j’affectionne particulièrement car j’y trouve un black pas seulement tranchant et malaisant, mais aussi de ce black qui tente des percées vers de nouvelles contrées. Oui, sur ce premier LP, on y trouve plein de belles trouvailles. Mais je vous rassure, on en trouve également sur les titres de la compilation. Écoutez donc ce passage aérien de par sa mélodie vers 2:00, sur « Liber Damnatus Psalm I », alors que derrière, ça envoie de la scie à métaux lourds !

    3… 2… 1… Reliquat !

    Entrons en béatitude… même si nous ne sommes pas morts. C’est bien vivants que nous allons nous ré-approprier une partie de l’œuvre de Ende, de celle qui n’est pas mise en avant en général. Entrons en béatitude devant cet ex-voto déposé au pieds du Grand Œuvre de Ende, qui n’oublie pas la moindre parcelle de titres, ces petites perles qui restent inconnues, véritables reliquats des écoutes d’albums, les reliant dans cette compilation, avant de nous apporter une offrande d’un tout autre acabit, un effort long, qui gravera les pistes dans le marbre des écoutes.


    3… 2… 1… Partez écouter, savourez !


    Tracklist :


    1) Beati Mortvi
    2) Liber Damnatus, Psalm I
    3) Liber Damnatus, Psalm II
    4) Cosmic Keys to my Creations and Times (Emperor cover)
    5) Transylvania (Mütiilation cover)
    6) Wings of Funeral (Morbid cover)
    7) Intro/Empty
    8) Your Purity
    9) Land of the Dead
    10) Pigs
    11) Invocation
    12) When Crows flew Above Märhn Emën Etan 2017
    13) Black Sorcery of the Great Macabre rebirth of the i 2015
    14) Cylenchar Emën Etan 2017
    15) Das Hexenhaus Emën Etan 2017
    16) Revocation

    Line-up : I.L – Guitares, Basse, Chants, Ambiances / T.Njodr – Batterie
    Live guests : RLN – Guitare / Briac – Guitare / Valentin – Basse

    Liens :
    https://www.facebook.com/ENDE.official
    https://ende-official.bandcamp.com/music
    https://www.instagram.com/ende_official_insta/
    https://www.metal-archives.com/bands/Ende/3540327449

  • Vesperine / Perpétuel (2024)

    Vesperine / Perpétuel (2024)


    Genre
    : Post-hardcore 
    Label : Autoproduction
    Sortie : 16 Avril 2024

    Note : 90/100 (Mémé Migou)

    « Après une subtile esquisse, On a enfoncé les vis… Nous les écorchés vifs, On en a des sévices. » – Noir Désir*


    Qu’il est bon de pleurer pour un bien-être exacerbé.

    Qu’il est bon de hurler pour se délivrer des chaînes, du carcan que le quotidien vient poser, comme autant de poids, sur la barre de nos épaules.

    Qu’il est bon de se mettre en colère quand on se doit d’être souriant à chaque instant – l’injonction feel-good…

    Vous connaissez ces montagnes russes, dans les parcs d’attraction ? Une lente montée qui noue les entrailles puisqu’on sait pertinemment que ça va retomber à grande vitesse, laissant le » mais quand ? » en suspend. Suspens sans faille que cette retenue accompagnée d’une ascension irrésistible, de celle qui provoque un frisson de peur, un soupçon d’adrénaline, et beaucoup d’appréhension. Et c’est, avec cette succession de propulsions et de ralentissements, ce que nous offre « Perpétuel », le second album des Lyonnais de Vesperine.

    On n’est pas ici dans un album qui va vous flanquer des mandales, vous déchausser les dents. Non! Ici, c’est le coup droit en plein dans l’estomac. On se retrouve plié en deux, les larmes aux yeux, le souffle court.

    J’ai pris la chronique, sans connaître ni le groupe (qui a tout de même un premier EP en 2015 déjà et un album en 2019) ni, statut de Mémé oblige, le genre. Du post-Hardcore ? OK… J’imagine bien la chose, mais je ne maîtrise pas le moins du monde. Voilà donc une petite trouille, une sortie de zone de confiance. Mais c’est stimulant également, vous ne trouvez pas ?

    Alors que voyons-nous à propos du post-Hardcore sur la toile et discussion avec les uns et les autres ? Il semblerait que l’on garde du Hardcore l’agressivité et la violence, mais en poussant plus loin la créativité et les émotions. Une alternance de screamo et de chant chant clair. Et quand on voit le préfixe post, cela sous-entend qu’on dépasse le genre, qu’une foultitude d’influences vient se mêler. Voilà, on est en plein dedans ! Dans la veine d’un Brutus, on pourra voir couler quelques larmes, ou encore un Amenra de par l’intensité du chant.


    Parlant influences, on pourra entendre par-ci par-là, à petites touches toujours bien dosées, – à la façon des expressionniste, ce qui peut faire écho à l’artwork bien qu’on ne soit pas exactement dans ce genre – un passage plus pop qui me remémore les harmonies qu’on pouvait retrouver chez Les Innocents  (1:15, sur « A cœur Joie »), un autre un peu plus loin complètement sludge avec les grosses grattes bien boueuses (vers 7:30 sur le même titre), ou encore des ambiances planantes du post, façon Gospeed You ! Black Emperor (sur « Mauvaise Herbe »)


    La première fois que j’ai lancé l’album, c’était le soir, dans la nuit noire, les yeux fermés pour mieux écouter. Et c’est là que le second titre, « Universelle liesse », m’a cueillie d’un bout à l’autre de ses plus de six minutes. Je vous jure, j’en avais la capillarité des bras en érection ! Cette piste est chamanique, avec le jeu de percussion qui vous prend aux tripes, et cette alternance de cris et de voix claire. Pourtant, le diable sait que je ne suis aucunement fan des refrains en voix claire. Ahhhh ces groupes qui veulent mettre un peu de mélodies tirant surtout sur le pathos. Pas chez Vesperine. Chaque intrusion de voix claire, parfois doublée d’une voix plus grave , comme à 2:20 sur « A cœur Joie », est pertinente, toujours bien dosée. C’est là qu’on se met à entendre les paroles. Et on se dit que bordel ! Ce que ça peut être poétique ! Inutile de dire comme ça m’a fait frétiller. J’en arrivais presque à regretter le chant crié qui, s’il apporte une bonne dose d’émotions empêche la compréhension des mots. Presque, hein… Parce que celui-ci vient toujours à point nommé, pour mettre la cerise sur le gâteau du pic d’intensité.

    Les guitares peuvent s’avérer parfois bien grasses, avec un son bien saturé. Alors qu’à certains moments, elles s’effacent pour laisser d’autres instruments prendre le lead, comme les percussions ou la batterie, la basse. Alors, les guitares se font tintinnabulantes, très légères, aériennes. A d’autres moments, elles donnent dans le tremolo picking pour offrir des mélodies ralenties.

    Tout est bien pensé. La construction est millimétrée, certainement pas laissée au hasard. La mise en place, c’est quelque chose ! Pour autant, je peux concevoir que certains vont passer rapidement dessus, se disant que les morceaux se ressemblent, façon « je me fais iech au bout d’un moment ». Ce serait là une lecture très sommaire, car en portant l’écoute sur toutes les voix (musicales et chantées) de Perpétuel, on y distingue des rythmes, des mélodies, des intentions distinguées. C’est propre ( superbe prod claire, au passage), mais c’est tout sauf facile !

    On a souvent des breaks qui vous donnent l’impression que le morceau est fini, alors qu’il part sur de nouvelles pistes avant de revenir au début, histoire de vous perdre encore un peu plus. L’intérieur d’un morceau est cyclique, et se termine souvent sur le début de la piste suivante qui se lance directement. Cyclique, c’est aussi ce que Vesperine voulait faire ressortir, avec ce thème de l’Espoir et notre lutte sans fin pour sortir de ce trompe-l’œil. Ces mouvements que l’on ressent et sur lesquels je me suis appesantie au début de la chronique, on les retrouve dans la dichotomie de l’album : 3 mouvements, eux-mêmes subdivisés en deux parties. Et ce qui est notoire, c’est le fait de commencer sur la seconde partie du Mouvement III. Ainsi ce dernier se voit border Perpétuel, afin de le clôturer et de l’entamer en un cycle sans fin. Le début appelant la fin et vice versa. Moto Perpetuo…

    Une œuvre organique, hypnotique, animale, chamanique, qui ne m’a pas laissée indifférente. Distinguée et réfléchie, elle fait appel à nos émotions primaires. Certains passeront peut-être à côté, trouvant les passages mélodiques trop pop, ou un sentiment de lassitude d’un tempo qui n’accélère pas vraiment (au contraire). Personnellement, je m’en contrefiche ! Tout dans cet album me transporte, ce qui explique cette chronique éminemment subjective. J’assume. De par sa force cathartique, si vous êtes dans le creux de la vague, ce sera aussi libérateur que plombant. A vous de voir, à vous d’écouter, à vous de ressentir, surtout.


    *Sans polémique, please

    Tracklist :

    01. Mouvement III – Tant qu’il y a de l’espoir
    02. Mouvement I – Universelle Liesse
    03. Mouvement I – À Cœur Joie
    04. Mouvement II – Le Poids du Silence
    05. Mouvement II – Interférence
    06. Mouvement III – Mauvaise Herbe

    Line up : Rémi Lasowy – Chants / Adam Courtinot – Guitare / Pierre Prunier – Guitare / Jérémy Piffady – Basse / Aurélien Tosolini – Batterie


    Liens :

    https://www.vesperine.fr

    https://music.apple.com/fr/artist/vesperine/1036581256

    http://vesperine.bandcamp.com/

    https://www.facebook.com/vesperinemusique

    https://www.instagram.com/_vesperine

    https://www.youtube.com/channel/UCoJqtW75sCjmKMkx7rrVoLA

  • Amarok Metal Fest – Live Report

    Amarok Metal Fest – Live Report

    Du samedi 30 Mars 2024

    Espace Bellevue – Gétigné (44)
    Organisé par Amarok Productions

    Texte de Mémé Migou
    Photos de Run to The Pict (Fanch)


    Une fois n’est pas coutume, Mémé se décide à demander si elle peut pointer le bout de sa p’tite voiture bleue dans le 44, à Gétigné, juste quelques kilomètres après avoir passé le « mythique » rond-point avec la guitare du Hellfest à Clisson, seulement pour une journée. D’ordinaire, il ne lui viendrait même pas à l’idée de proposer un report partiel, mais là, le travail n’a pas laissé la possibilité de faire autrement. Elle aurait pu s’en passer, de demander, mais voilà… la prog. était d’enfer !

    Ce qui explique pourquoi vous n’aurez qu’une journée sur 3, avec les clichés de Fanch (Run to The Pict), photographe officiel. Cependant, je tiens à remercier chaudement l’organisation de l’Amarok Metal Fest pour cette accréditation de dernière minute et Fanch pour ses photos.

    Lorsque je suis rentrée dans mes pénates, tout le monde m’a posé la même question : alors, l’Amarok, c’était comment ? Eh bien, ma réponse a été tout autant la même : l’Amarok ? C’est un super festival, chaleureux et familial. J’y ai passé quelques heures très fun, avec parfois des discussions étonnantes, des rencontres et des retrouvailles. Car dans le merch, j’y ai retrouvé Follenn, super tatoueur dont les œuvres ornent ma hanche droite et ma jambe gauche.

    Il ne faisait ni trop chaud, ni trop froid en arrivant un peu avant 15h, l’heure de l’ouverture des portes. Le parking n’est pas tout à fait rempli. On y voit des vans reliés par une tonnelle, des tables, quelques tentes. On en trouvera d’autres sur l’espace dédié. Regardant les personnes aller et venir, on peut se dire deux choses : d’une part, c’est un public de connaisseurs. Les habits ne trompent pas et ça ne beugle pas « apéroooooo » à tout bout de champ. D’autre part, c’est assez familial, au point d’y voir pas mal de mômes casqués et même des bébés en landau. Mais eux n’iront pas dans la salle, juste sur les parties plus « safe » pour leurs oreilles, ou simplement venir dire bonjour au papa ou à la maman qui se trouve sur place comme bénévole ou au merch.


    Je n’ai pas déjeuné ou dîné sur place, je ne pourrai vous en dire plus sur la qualité de ce qui était proposé (du fait maison pour tous les goûts, de l’omnivore au végan), mais je me suis arrêtée au bar… Y avait de la triple, vous vous rendez compte ? C’est bien la première fois que je vois ça ! Et des bières artisanales : Brasserie La Rombière (49), Brasserie Les Coureurs de Lune (85), Brasserie du Grand Zig (85), Brasserie Brique House (75). Mais aussi du Muscadet, vous vous doutez bien ! Celui du Domaine de L’Epinay, du Cidre, du Rosé Haut Belloc. Sans oublier les softs, avec la Brasserie La ConviviAle (44), Le Jus de pomme des 3 Provinces (85) et Breizh Cola .

    Côté merch, Mémé y est allée faire de petites emplettes. Pas grand chose, mais il y avait tout ce qu’il fallait, entre les bijoux handmade, les sérigraphies, les t-shirts, un luthier, deux tatoueurs et les Éditions Flammes Noires. J’ai par ailleurs pu discuter avec quelques personnes sur un stand qui proposait, histoire d’attirer le chaland, un petit jeu de dés avec lot à la clé. Mémé s’est sentie plongée dans sa prime jeunesse, avec les jets de dés de nos JdR fétiches. J’y ai craqué pour une clé-décapsuleur en metal forgé/découpé. DFA – De Feu et d’Acier, c’est une association de 4 personnes (Gwen, Karl avec un K, Raphaël sans K et Étienne qui est un cas) qui s’adonnent à la métallurgie, le maquettisme, les impressions 3D, tout ça dans le but de monter une entreprise qui crée des objets de la pop culture, comme des figurines de Warhammer, etc.

    Placé juste avant l’entrée du merch et sur le passage vers la salle de concerts, on ne pouvait passer à côté du stand de prévention/protection. Bien achalandé, on y trouvait pas mal de choses assez ludiques pour créer du lien et lancer les conversations. En cheville avec l’association des « Poulettes sisters » (Branche Clissonnaise), on trouvait des distributeurs de serviettes hygiéniques dans des WC qui resteront tout au long de la journée et soirée complètement nickels ! Sans oublier les affiches « s’il y a un relou, demande au bar un loup ». De quoi se sentir protégée.

    Un peu avant 16h, les portes de la salle s’ouvrent. Un carré mauve et enfumé s’en détache. Si je me sens nue sans mon appareil photo, je crois que les photographes vont s’amuser ! J’en profite pour papoter avec Mattéo, qui gère la lumière. Lui demandant s’il avait un plan de lights, s’il y avait des modes (comme les foutus spots rouges), il me répondra qu’ils vont au feeling, à moins que le groupe n’ait un plan de lumières déjà bien défini sur clé. S’il a le trac pendant le fest ? « Le temps de se mettre dedans, mais ça va. En amont, on fait tout pour réduire les risques de pannes. »

    Et c’est parti pour le concert d’ouverture avec Oaken Skull !

    Belle intro musicale. Encore peu de monde dans la salle, mais le trio donne son max pour satisfaire tous ceux qui étaient présents. D’ailleurs, 15 minutes plus tard, une bonne moitié de la salle est présente et on sent que le set plait.

    Je dis bien on sent, car sur les premiers sets, le public ne sera pas très loquace ou gesticulant. Néanmoins, les têtes se courbant en mesure prouvent bien le kif des uns et des autres.

    Un petit point négatif serait à propos des intertitres qui restaient un peu vides. Maiiiis je reste encore plus positivement étonnée des changements / glissements rythmiques, entre riffs rapides et ralentissements pachydermiques. J’avais eu l’occasion de voir Oaken Skull en décembre. Et déjà, j’avais été emportée par leur blackenned death/thrash. Là, j’ai entendu des variations à côté desquelles j’étais allègrement passée à côté (mais il faisait hyper froid, à ma grande décharge).

    « C’est la deuxième fois que je les vois, la première fois dans un petit bar. Très très efficace ! Un côté technique assez ressenti. Ça fait son petit effet en live. Puissant. Direct. Franc. » – Antoine

    « C’est une découverte. Je regrette de ne les découvrir que maintenant. Les riffs sont efficaces. Quand j’ai vu qu’ils n’étaient que 3, j’ai eu peur. Mais non, chacun a sa place. Y a de l’harmonie. » – Pierric

    Setlist : Pharmakos ; Quiet Ghosts ; Cours… ; Channel the Anger ; L’ennemi ordinaire ; Les chaires de pierre ; Cele Kula

    A l’inter scène, je rencontre Antoine, luthier sur le festival. Son rôle est d’aider au réglage des grattes, changer les cordes au besoin ou simplement faire essayer des jeux. J’en profite pour prendre son mail… Un futur rendez-vous pour une interview sera une bonne chose, histoire de mettre en avant son métier.

    Second groupe : Infern

    Cinq sur scène, on ne peut nier que quand Infern débarque sur les planches, on ne peut passer à côté d’eux. Je repère un nouveau batteur. Et quand, un peu plus tard, j’en fais part à l’un des membres au stand de merch, j’ai eu de quoi creuser mon trou et me cacher 10 mètres sous terre. Ben oui, Mémé, c’est le batteur habituel.. mais tu as confondu avec Ed Wood, qui vient de sortir un album et qui a les 2/3 de Infern dans son line up. Oui, j’ai honte de m’être ainsi emmêlé les pinceaux.

    Le jeu des lumières est complètement différent, plus saturé et dans les tons bleu et blanc. Et le son ? Ah ben, Infern, c’est un véritable rouleau compresseur ! Ça pilonne sévère. Dans la salle, je vois les têtes bouger. On est encore loin du circle pit que j’ai l’habitude de voir dans les concerts de Infern, malgré les encouragements vains de Julien le chanteur. Néanmoins, on jugera à l’aune des applaudissements et aux cris, que le public a largement kiffé. Sur l’avant-dernier titre, les festivaliers se sont finalement prêtés au jeu du circle pit… et ont apprécié.

    Malgré un petit souci de branchement pour la basse à un moment furtif, ils ont livré un set énorme. Du bon Death à l’ancienne. Efficace !


    Laissez donc Mémé avoir son instant « pouf » : j’ai adoré les t-shirts du groupe. Quand le guitariste arborait celui du groupe Death (miam ! ), Julien, le chanteur, nous gratifiait d’un joli Gun’s And Roses tranchant avec sa voix.

    « Infern, j’ai bien aimé. J’étais en poste sécu et inconsciemment, j’étais en train de battre la mesure. Kronos, bien sympathique ! Mais si je dois retenir un groupe, c’est Infern » – Cyrille

    Setlist : Undertow ; Burning Fields ; Tormented Paranoid ; State Puppet ; Gaining ; Phineas Case ; Victim of the Doom ; To the Extrem

    A l’inter-scène, je me rends auprès du stand de prévention. Là, on y aborde les thématiques de la sexualité ( les agressions, les violences sexuelles,…), d’audition (sensibilisation et dispositifs auditifs à disposition), des émotions. « Dans un festival, me dit Marie (Amarok Productions, Psychologue), partir des émotions, c’est permettre d’ouvrir la conversation sur plein d’autres choses. Dans un festival, on a des propositions ludiques, qui évitent le côté moralisateur et permettent d’axer vers d’autres dispositifs». Beaucoup de jeux sont créés par elle quand d’autres sont prêtés par le CRISP. Il y a également la branche clissonnaise des Poulettes Sisters, les Poulettes l’Asso qui organise une vente à prix libre de maquillage, pour des actions en faveur de femmes en précarité. « Je fais partie de l’Amarok Productions, qui crée ce stand. Les gens sont assez intéressés et souvent, le premier passage, c’est par les émotions. L’avantage d’être au milieu c’est de voir s’il n’y a pas de personnes en difficulté, etc. Pour l’instant, nous n’avons pas eu de remontées de cet acabit. »

    Il est temps de retourner dans la salle de spectacle pour Lunar Tombfield :

    On se retrouve avec quelques membres de Ladlo au premier rang. Le suivant se rapproche dangereusement de nous, signe qu’il y a plus de monde. Les personnes présentes connaissent. C’est un public de blackeux avec toute l’introspection qui va avec (ce qui n’est pas pour me déplaire, soyons clair). OK… je donne dans le cliché, j’assume !

    Ici, pas de temps morts entre les titres, nous avons des samples pour remplir le silence d’une salle accaparée par l’émotion de la musique. C’est du Black moderne, étoffé. On a bien sûr les codes, comme du tremolo picking, c’est mélodique et écorché à la fois, le tout baigné dans une ambiance rougeoyante qui n’est pas sans rappeler l’enfer ou simplement les passions, fussent-elles colériques. Puissant !

    Le batteur est assez flippant, dans cette lumière, avec son corpsepaint. Comme pour les lights, c’est voilé, enfumé, et donne une impression de scène bien remplie.

    « J’étais particulièrement concentré sur la guitare. C’est la seconde fois que je les vois. Je suis fidèle au groupe. Ils me font penser aux derniers Burzum, le côté planant… » – Pierrick

    Là, je me trouve à l’inter scène et je discute avec les uns et les autres. Je finis par passer une bonne partie de ce moment avec Kratos Aurion, à philosopher sur les growls de frontwomen. Dès lors, absorbée par l’échange, j’arrive avec un peu de retard sur le set suivant, celui d’Exocrine.

    Nous sommes aux alentours de 20h et la salle est désormais bien remplie. Et remplie, c’est aussi grâce à Exocrine qui colonisait l’espace et le son. Des mélodies sur des riffs ultra techniques, servant un chant gras et grave. Entre le riff qui tourne et le chant saccadé, c’est d’une efficacité sans nom.

    Désormais, on voit plus de gens se lâcher dans le public. Il faut dire que Exocrine nous gratifie de beaks affriolants de silence amenant à des parties casse-nuques. Puis, ça ralentit et la guitare reprend son solo rapide sur une batterie de plus en plus véloce.


    On se prend à se murmurer, sur le pénultième morceau fait de rythmes saccadés, « putain ! C’te mise en place de malade ! »

    La fin du set, sur le titre Warlock, se veut en feu d’artifice, avec cette annonce : « Vous voulez pousser jusqu’à 400 BPM ? »

    « Je découvrais Exocrine. Une bonne énergie. J’ai beaucoup aimé le guitariste. Un bon jeu de scène. J’étais venue pour Kronos Celeste et Seth. Le deuxième groupe [Infern], grosse claque ! » – Nolwenn

    « Je suis arrivé sur Exocrine. C’était cool. Je ne suis pas un aficionados du metal, je suis venu avec une amie. Je ne connais pas tous les styles, ni les sous-genres,mais j’apprécie. » – Jeff

    Setlist : Legend ; Maelstrom ; Eidolon ; The Hybrid Suns ; Dying Light ; Life ; The Kraken ; Hayato ; Blast ; Warlock

    21h, les Suisses de Kassoghta arrivent sur scène.


    Ah ! Une nana sur scène ! Je crois bien que ce sera la seule sur cette journée. Le growl est bon, assez grave. Ils sont quatre et le guitariste se fait seconde voix avec la chanteuse. Tout va bien… jusqu’au troisième titre où, patatras (enfin, pour moi, j’entends), voilà les refrains en voix claire. Et là, la filiation avec Jinjer s’en trouve encore plus marquée.

    Bon, cela mis à part, la joie d’être sur scène est palpable, surtout chez le batteur, régulièrement illuminé par les spots, qui arbore un sourire véritablement éclatant.

    Niveau musical, ça fait clairement le taf, avec des moments plus pesants. D’ailleurs le public est nombreux et bien « chaud patate ». J’avoue que je vois traîner les copains blackeux près de l’espace bar. Et j’en fais tout autant. On ne peut nier qu’il y a beaucoup de présence sur scène et finalement tout le monde tient bien sa place, mais ce n’est vraiment pas mon style de death metal, même dans la veine prog. Alors comme j’avais besoin de faire une petite pause, je me perche sur les tabourets des tables hautes et je commence ce report.

    Setlist : The Infinite ; Drown ; Kassoghta (The Call) ; Venom ; Rise ; Pale Horizon ; Before I Vanish ; Complacency

    C’est Quentin qui m’offrira une porte de sortie, en venant me demander ce que je fais. Il se prête au jeu de m’offrir son avis… pour le jeu de mot je rajouterais bien aviné. Mais je garderai le terme sympathique de joyeux, car il était tout sourire, Quentin. Et un peu coquin avec le sale tour qu’il m’a ensuite fait. Enfin, pas un méchant tour non plus, j’en ai beaucoup ri intérieurement. « J’aime vraiment bien. En plus, ils sont suisses. Ils viennent dans un lieu pas loin en France. Le fait que ce soit une fille, avec ce genre de voix, ça change la donne. » Lui, Quentin, il a vraiment bien kiffé.

    Et pour l’anecdote, quelques minutes plus tard, il revient avec deux potes, tout aussi joyeux dirons-nous, que lui, me poussant l’un devant moi et « La madame va te poser des questions ». La réponse du pote n’a pas tardé à fuser : « J’aime pas les journalistes, c’est de la merde. Rien à foutre de ce qu’ils disent ». Bah oui, mais Mémé n’est pas journaliste…. C’est juste une Mémé qui écoute et relate un instant présent. « BFM, c’est d’la merdeuh ». OK… Je crois qu’on a compris le discours, on va vite couper court.

    Ahhhh… Je vous l’avais dit, que j’avais eu quelques conversations ahurissantes. Mais vraiment, c’était plutôt mignon, surtout de voir les deux autres comparses pouffer dans leur barbe et ensuite s’excuser. Mais oui, vous êtes tous pardonnés !

    D’un autre côté, j’entends de la musique qui bastonne. Mais c’est-y pas que Kronos commencerait ?! Allez, en une seconde me voici sur pieds à fausser compagnie au trio infernal.

    Kronos, j’ai eu l’occasion.. que dis-je?! J’ai eu l’honneur de les voir lors de leur premier concert de reformation au Muscadeath. J’en profite pour saluer Benoît, l’organisateur du Muscadeath présent dans la salle. J’y avais pris une telle claque, que j’étais avide de les revoir. Avide, mais également avec un peu d’appréhension tout à la fois. Pourquoi me direz-vous ? Simplement par ce qu’à Vallet, les membres du groupe semblaient être tellement heureux de revenir sur les planches, de peser à nouveau dans le game, que je craignais qu’ils aient un peu perdu cette énergie débordante autant que dévorante. Oui, risquons le mot : qu’ils se soient déjà un peu blasés après quelques concerts supplémentaires, que la routine ait repris le dessus…


    Eh bien, sachez, m’sieurs-dames, qu’il n’en est rien du tout ! Pas le moindre ennui, pas un seul poncif… Certes un rituel rodé, mais en rien routinier. Ce n’est pas métro-boulot-dodo, avec Kronos, c’est plutôt « bonjour, vous me mettrez une tranche de rôti de de gnon et une ballottine de pains dans la tronche. Vous l’aurez compris, avec Kronos, c’est la boucherie assurée ! La salle est chauffée à blanc.


    Quel professionnalisme de la part de chacun des membres. Ainsi que j’ai pu leur dire, au débotté dans les couloirs, on peut fixer son attention sur chacun, il n’y en a pas un qui soit en retrait par rapport à un autre. Tous assurent comme des bêtes. Bien entendu, avec Pépé V. joueur de basse, j’ai un œil qui vrille forcément sur cet instrument. Mais qu’est-ce que Tom peut nous enchanter, de sa technicité à la basse, de sa vélocité, mais aussi de son jeu de scène ! Mais voilà, on porte son attention sur un guitariste, puis sur l’autre, sur le batteur… et on se dit à chaque fois la même chose. Quant Kristof, c’est de main de maître qu’il fait le lien entre tous ces éléments, en ajoutant sa pierre à l’édifice.


    Kronos, c’est du death brutal et hautement technique. Les mises en place sont léchées, mijotées aux petits oignons. Bref, on s’est régalés !

    Setlist : Colossal Titan Strife ; Submission ; Opplomak ; With Eaque Sword ; Aeternum Pharaos Curse ; Haterelm ; Monumental Carnage ; Phaeton ; Kronos ; Supreme Nordik Reign ; Bloodtower ; Mashkhith

    Dernier inter scène de la soirée. Non loin du bar, j’en profite pour discuter avec Gaël : « Je suis bénévole… derrière le comptoir. Il peut y avoir de la tentation, derrière le bar, mais non. Je suis sobre. Depuis hier, on ne doit pas être loin des 15 fûts (+/- 800 litres). On ira sur les 1000 litres pour la fin. C’est la 6ème fois que je suis bénévole. J’aime bien être bénévole sur un festival. Une fois que l’organisation te connaît, ils te rappellent. J’ai fait le Hellfest, Le Ruffier Rock, Poulson, et pas mal de soirées de concerts où je suis bénévole. Quand on veut voir certains groupes, on arrive toujours à gérer pour les voir. »


    Et le bouquet final revient à Seth

    Seth, j’ai eu l’occasion de les voir et de couvrir le concert qu’ils ont donné en compagnie de Mütterlein à Saint-Brieuc, SMAC Bonjour Minuit. Gravé dans mes souvenirs, le moment magique de Saint Vincent qui me bénit… A moins qu’on ne dise maudire, pour le coup ?!

    Bref, Seth débarque avec son décorum. Pour inciter quelques réfractaires venus sans vraiment connaître, juste parce qu’un ami les y avait traînés, j’ai expliqué que sur certains lives, une très jolie intermittente du spectacle venait offrir aux yeux affamés ses courbes chatoyantes et ses seins dénudés, vite recouverts d’un liquide visqueux rouge sang. Ah ! Il a dû m’en vouloir, le monsieur, car sur scène, il n’y avait que Seth et uniquement Seth.

    Niveau décorum, j’ai trouvé beaucoup moins fouillé qu’à Saint-Brieuc. Les lights, d’ailleurs n’étaient pas aussi « cathédralesques ». Non… ici, juste le strict minimum. Mais quand je dis cela, on pourrait penser que j’ai trouvé le set de Seth (ouais,j’ai osé la faire et j’ai honte) plutôt mitigé. Que nenni, braves gens ! C’est même le contraire !

    D’une part grâce au son qui était excellent. La balance est véritablement bien répartie entre les différents instruments et la voix. C’était au top ! Ensuite, parce qu’il y avait dans la façon de jouer du groupe et spécialement dans celle de Saint Vincent, le chanteur, comme une urgence et une importance à aller chercher un public qui n’était pas forcément acquis à sa cause. Oh, je ne dis pas que le public ne l’était pas de base, mais juste que nous étions en festival et qu’il est normal que tout le monde ne connaisse pas ou n’apprécie pas. C’est ce public qu’ils sont allés chercher. Et tout à la fois, les connaisseurs ne sont pas restés sur le bas côté de la route ;

    Pour faire un parallèle avec la voie du Haïku, plus c’est épuré, plus c’est sincère et ça va droit au cœur. C’est exactement cela que j’ai ressenti. Et pourtant, j’aime la scénographie… On va dire qu’entre la générosité et l’échange avec le public, et la mise en scène qui te propulse dans une ambiance délétère qui sent le souffre à plein nez, j’ai opté pour la première option.


    C’était le concert ad hoc pour terminer cette somptueuse journée de festival qui n’a eu de cesse de nous faire naviguer entre le black metal et le death metal… entre chacune des formes du black et chacune du death… Bravo à l’organisation qui a fait cette programmation…

    Site de l’Amarok Productions :

    Voilà, ce samedi 30 mars, j’ai vécu une superbe journée de fest à Gétigné, pour l’Amarok Fest, qui en était à sa 7ème édition. J’y ai fait des rencontres étonnantes, des conversations parfois improbables, le tout dans un climat bon enfant, familial. On se sent écouté, il était facile d’entamer la discussion avec les uns et les autres. Une safe place avec un son, des lights et des shows de qualité. Amis amoureux de metal, retenez la date et n’hésitez aucunement à réserver votre week-end pour l’an prochain.

    Je vous laisse avec Jean-Yves, notre « papy » metalleux : « J’ai préféré le groupe qui ressemble à Arch Enemy, qui m’a fait penser à Angela. C’est extraordinaire. Une découverte. Il y avait de la jeunesse, du partage. La bonne ambiance, la bonne humeur, le partage… Ici, c’est différent du Hellfest. » 

  • Interview : Bruno Guezennec

    Interview : Bruno Guezennec

    @ConcertsMetal-BZH

    Mémé Migou vous présente l’Homme au Chapeau, un « Papy du Léon », mister Fuckman, mais avant tout Bruno Guezennec qui œuvre pour la scène émergeante locale en proposant des vidéos de chacun des concerts auquel il participe. Et je peux vous assurer qu’il y en a un paquet !

    => Pourquoi cette chaîne ? Comment s’y prend-il ? Quels concerts ? Des anecdotes ? Voilà ce que vous trouverez dans cette interview en roue libre.

    Retrouvez les captations de Bruno ici : http://www.youtube.com/@ConcertsMetal-BZH

  • Interview – Geoffroy Lebon / No Return

    Interview – Geoffroy Lebon / No Return

    Nous retrouvons aujourd’hui Geoffroy Lebon, guitariste chez NO RETURN, qui revient un peu sur le dernier album Requiem, sorti en 2022, et la vie d’un groupe qui existe depuis de très nombreuses années, comment le line up a pu évoluer, la vie sur les routes, ses derniers coups de cœur etc.

    Interview de Geoffroy Lebon / No Return

    Vous retrouverez tous les liens propre au combo ici : https://linktr.ee/noreturnmetal

    Memento Mori… Le Média qui parle du Metal…Mais pas que !

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  • Interview Rachid TP Bunghole Trabelsi – Memento Mori

    Interview Rachid TP Bunghole Trabelsi – Memento Mori

    Nous retrouvons aujourd’hui Rachid Trabelsi, plus connu sous le pseudo de Teepee Bunghole, qui nous parle aujourd’hui de son activité de batteur, musicien session, ses projets et aussi l’histoire de son Podcast « Teepee & Friends » qu’on peut retrouver sur Youtube et ses plateformes. Teepee & Friends :    / @rach_teepee   Instagram :   / teepeenfriends