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    Live Report / Mars Red Sky+Yomuna

    Le Cabaret Vauban (Brest)
    4 Avril 2024
    Concert organisé par Diogène Productions et Lazarus Production

    Textes : Bruno Guézennec + Mémé Migou
    Photos : Mémé Migou
    Vidéos : Bruno Guézennec (@concertsMetal-BZH)

    Bruno’ Speaking :

    Petit tour au Vauban jeudi soir pour Mars Red Sky et Yomuna.

    C’est pas mal les concerts le jeudi soir, un peu chiant, on bosse le lendemain, et encore ça se termine tôt (23h15), mais au moins ça ne rentre pas en concurrence avec ceux du week-end, toujours ça de pris.

    Mémé Migou’ Speaking :

    Oui, c’est en semaine, oui, c’est dans une salle où je ne vais pas souvent souvent et oui, il me tardait de voir le trio bordelais de stoner/doom, mètre étalon du genre en France. Nous sommes le 4 avril, et il faut avouer que c’est amusant de voir Mars Red Sky dans ce mois à ne pas se découvrir d’un fil. Allez, je ne vais pas tenter la blague du Avril Red Sky… Surtout qu’en Bretagne, c’est essentiellement un ciel gris qui nous nargue depuis 9 mois !

    Donc oui, nous avions besoin de cette dose d’introspection, d’émotions, de force intérieure que seule la musique, de celle qui nous fait planer, peut nous apporter. Et on sera servi sur un plateau d’argent, grâce à Diogène Productions et à nos amis de Lazarus Prod, qui étaient là pour seconder in situ. « Alors, c’est sold out ? » Pas tout à fait, car n’oublions pas que nous sommes en plein milieu de semaine… Mais c’est vraiment pas loin. Quelque 350 personnes sont massées devant la scène. On n’est pas dans un salon de thé comme pour d’autres concerts, le public est là pour voir et découvrir. Il va falloir faire son trou pour arriver à prendre des photos, les potos !

    Bruno’ speaking :

    J’étais impatient de voir Yomuna, car malgré le calme relatif de ce qu’ils jouent, par rapport aux bourrinades musicales que je m’envoie habituellement, je trouve ça agréable à écouter.

    Le live n’a d’ailleurs fait que confirmer mes impressions.

    Diana a une voix superbe et les ambiances planantes et éthérées se mixent bien avec les parties plus énergiques.

    Seul petit défaut, la 4 cordes, tenue par le bassiste de Tranzat, était mixée beaucoup trop fort et couvrait le synthé et la guitare. C’est un peu dommage, je crois qu’il n’y a que le mec à la sono qui ne s’en est pas rendu compte. Ou alors suivant l’emplacement dans la salle le son était différent, possible, mais j’ai entendu plusieurs personnes dire la même chose.

    Mémé Migou’ speaking :

    Parfois je creuse avant d’aller en concert. Je lis les biographies, j’écoute les précédents efforts, je me mets dans l’optique de décortiquer, de scruter, d’analyser le live au regard des pistes numériques ou physiques. Bref, connaître son sujet.

    Et à d’autres moments, je préfère ne même pas me rencarder pour garder la candeur de la découverte. Souvent, c’est tout ou rien, stop ou encore, quitte ou double… Néanmoins, ça me permet de contrebalancer les écoutes actives en forme de “tintinade”. Avoir l’oreille à Mémé, c’est aussi se laisser bercer par ce qu’on ne connaît pas.

    En l’occurrence, c’était le cas pour Yomuna. J’aurais dû savoir que dans le groupe, il y avait un membre de Tranzat, p’tit groupe brestois bien fendard qui avait commencé à faire son p’tit trou dans le paysage metal breton. Bon, ceci dit, Yomuna, c’est complètement différent. Alors pourquoi s’y référer ?!

    Une voix aérienne vient nous caresser les oreilles. C’est beau, c’est doux, lavé avec mir laine délicat… Mais les couleurs ne sont aucunement passées. On est dans la fluidité, la grâce sous toutes ses formes.

    A côté, le bassiste qui envoie du steak. Gros son et martèlement au rythme de l’intensité des titres. Je ne vais pas réitérer les propos de Bruno, mais effectivement, genre oblige, la basse était sacrément forte. Un chouïa trop.

    Une première moitié de set pour appréhender Yomuna, voir ce qu’ils proposent. C’est doux et intense à la fois… maiiiiis… avec ce petit côté un peu redondant pour ma part. Une cover de Jefferson Aiplane (« White Rabbit ») marque une amorce de virage. Pas à 190°, hein. Encore heureux, on est là pour planer, par pour planter le marteau-piqueur dans nos marteaux et enclumes ORL. On est là pour frissonner de plaisir, voyons. Et ils s’en sortent plutôt pas mal dans ce registre.

    Pour terminer le set, nous avons droit à un chant en roumain, culture de la chanteuse et l’utilisation d’une (un ?) Kaval (j’espère ne pas me tromper), forme de flûte à bec biseauté bien loin de nos souvenirs des cours de musique du collège, pour accéder à une dose de folk stoner. Ce n’était ni trop ni trop peu. Bien dosé.

    Groupe à suivre…

    Setlist : Third Stone ; 15 Years Later ; Edgedancer ; White Rabbit (JA cover) ; Sfinta Joi ; Trance ; Oubliettes

    Bruno’ speaking :

    Suite et fin de la soirée au Vauban jeudi dernier où j’ai retrouvé pas mal de têtes que l’on voit régulièrement dès qu’il y a un concert à Brest, comme Roselyne Paul, venue faire des photos et Michel Paul en repérage pour découvrir les futurs groupes qu’il fera jouer à la Bergerie Rock. Mon petit doigt me disant que Yomuna devrait fouler les planches avant la fin de l’année.

    J’étais venu autant pour Yomuna que pour Mars Red Sky qui prenait la suite des brestois sur la scène du Cabaret.

    Les bordelais ont une bonne fan base, mais peut-être insuffisante pour remplir 500 places un jeudi soir.

    250 à 300 personnes environ ce qui est quand même pas si mal pour un concert en semaine dans une période où les organisateurs ont souvent du mal à faire le plein.

    Mars Red Sky ne jouant pas spécialement mon style de musique préféré et ayant un peu de mal avec la voix du guitariste/chanteur, je suis mal placé pour juger de la prestation du groupe. J’ai passé un bon moment, même si certains titres m’ont semblé dispensables, comme l’interminable instrumental Arcadia par exemple.

    Les fans ayant semble-t-il trouvé le concert à leur goût, je leur fais confiance quant à la qualité intrinsèque du concert donné par Mars Red Sky.

    A noter que Julien Pras a commencé à souffrir de crampes à la main gauche en milieu de concert, ce qui est un petit peu embêtant quand on est guitariste ! Pas facile pour lui, mais il a quand même assuré, même si le groupe a adapté sa playlist pour remédier au problème. C’est ça l’expérience

    Mémé Migou’ speaking :

    Ahhhh… Voilà donc Mars Red Sky. 3 gaillards sur scène qui vous emplissent les oreilles de leurs sons. On sort la grosse artillerie et on se prend une rafale d’émotions. Et des cartouches, ils vont en tirer un bon paquet.

    Petit à petit, on sent la frénésie prendre possession des âmes des aficionados. Les corps se courbent, les cheveux ondulent d’avant en arrière ou d’un côté vers l’autre. C’est prenant et poignant.

    Mais Mémé ne serait pas Mémé si tout était parfait dans son report. Mon petit point noir va au chant quasi inaudible de la place où je me trouvais. Oh ! Je vous entends déjà dire « t’avais qu’à te bouger pour aller à une place phoniquement plus adéquate ». Oui…. Encore fallait-il pouvoir/vouloir bouger. Pouvoir bouger (on va me dire « t’es bien belge pour quelque chose, toi ! »… ben non, c’est bien de possibilité dont il était question ici), car comme dit plus haut, le public était massé tout proche sinon contre la scène, marque de son grand intérêt par ailleurs. Et vouloir, parce que j’avais envie de garder la possibilité de faire encore quelques clichés, sans exagérer et surtout sans embêter le public (ce qui ne sera pas le cas de tous les photographes qui se glissent sans rien demander et te bousculent sans la moindre gêne – un sourire, bordel, c’est pas compliqué !). Car là se trouve mon autre point noir : les lumières sombres et l’ambiance enfumée. Pas facile, la prise de photos. Et en même temps… ça nous donne des ambiances délétères qui correspondent à merveille aux titres sombres et intenses de Mars Red Sky. Et quoi ! Le show et le public avant tout !

    Une playlist quelque peu remuée du fait d’un souci de main du guitariste chanteur. Mais des deux titres que nous n’aurions pas dû entendre, finalement, ce n’est qu’une seule piste qui sautera. Merci pour l’effort !

    Petit clin d’œil pour le batteur, qui me faisait l’effet d’un géant derrière des fûts pour minimoys. Et pourtant, quelle énergie, mazette ! Et quelle virtuosité dans l’art de la rythmique. Un réel plaisir à voir, à entendre, à déguster.

    Gros son et grandes émotions ! 

    Setlist : (et comme Mémé a une petite mémémoire, elle a oublié le tite passé aux oubliettes!) Slow Attack ; Break Even ; Arcadia ; Collector ; Apex 3 ; Maps of Inferno ; The Final Round ; The Light Beyond ; Way to Rome ; Strong Reflection ; Up the Stairway to Heaven

    Et voilà, la soirée s’achève au bar, avec une petite mousse (pas deux, on respecte la dose prescrite !) et Bruno et moi nous souhaitons un bon retour. On referme cette parenthèse hors du temps, cette bulle d’émotions… C’est pas l’tout, demain, y a boulot !

    Liens utiles : 
    Diogène Prod : www.diogene.fr ; Facebook
    Lazarus Prod : Facebook
  • Austere –  Beneath the Threshold

    Austere –  Beneath the Threshold

    Genre : Black metal dépressif
    Label : Prophecy Productions / Lupus Lounge
    Sortie : 5 avril 2024

    Note :  80 /100 (Seblack)

    Austere c’était le come back surprise de l’année dernière après quatorze années de silence discographique. Cette fois, le duo australien n’aura pas attendu aussi longtemps pour donner un successeur à « Corrosion of Heart », sorti il y a moins d’un an à peine.

    Intitulé « Beneath the Threshold », ce quatrième opus s’inscrit d’ailleurs en très grande partie dans le sillage du précédent. Ceux ou celles qui espéraient un retour aux sonorités plus DSBM de « Withering Illusions and Desolation » (2007) ou « To Lay like Old Ashes » (2009) en seront donc en grande partie pour leurs frais.

    Place ici à un black metal profondément mélancolique mais qui, du point de vue musical, ne regarde pas en arrière. Ce Austere version 2024 continuera donc de sonner de manière plus moderne, plus banale diront certaines mauvaises langues. Même observation au sujet du chant. « Beneath the Threshold » ne voit pas le retour aux high screams déchirants d’antan et poursuit dans la veine de « Corrosion of Heart ». C’est donc un chant plus rugueux, plus amer mais aussi des incursions de plus en plus fréquentes dans les voix claires qu’on retrouve..

    Mais au-delà de ces formes, peut-être plus conventionnelles, Austere n’a pas perdu une once de son aura maussade et mélancolique. En témoigne « Thrall » dont le charme glaçant constitue la porte d’entrée sur cet album à l’univers pesant et désabusé. Sous une rythmique d’airain, les leads envoûtantes s’égrainent et, soutenu par un chant acerbe, Austere nous emporte sans coup férir. Le morceau a la beauté des cieux quand ils se chargent de nuages sombres. Par sa puissance écrasante autant que par ses nuances accrocheuses, il rappelle « Sullen » qui ouvrait « Corrosion of Heart ».

    La suite du tableau ne dépareille pas avec « The Sunset of Life » et son motif mélodique obsédant et ses coups de boutoir martelants. Là encore quelques lignes de chant clair et des sonorités black gaze zèbrent l’atmosphère ténébreuse de quelques rais de lumière.

    Une lumière qui filtrera davantage encore sur un « Faded Ghost » aux saveurs plus douces et éthérées mais pas moins mélancoliques. Cette forme d’accalmie dans la tempête on la retrouvera dans l’instrumental « Words Unspocken » qui constitue une sorte d’interlude entre les deux pièces ténébreuses et mélodiques que sont « Cold Cerecloth » et «Of Severance ».

    A l’aune de ce nouvel album, Austere confirme donc autant son retour sur le devant de la scène que ses nouvelles inclinaisons. La musique qui se dégage de « Beneath the Threshold » se situe pleinement dans le nouvel élan initié par « Corrosion of Heart ». C’est donc différent de ce que Austère a proposé durant la première partie de son existence. Mais différent ne signifie pas en ce cas précis moins beau ou moins touchant.

    Tracklist :

    1. Thrall (07:36)   

    2. The Sunset of Life (09:39)

    3. Faded Ghost (04:53)

    4. Cold Cerecloth (06:45)

    5. Words Unspoken (03:16)  

    6. Of Severance (09:49)

    Line-up : Desolate – Guitare, basse, clavier, chant / Sorrow – Batterie, claviers, chant.

    Liens :

    https://austere-official.bandcamp.com

    https://www.facebook.com/OfficialAustere

    https://www.instagram.com/official_austere

  • Ende / Beati Mortvi – Reliquat Mortifère (2024)

    Ende / Beati Mortvi – Reliquat Mortifère (2024)

    Genre : Black Metal
    Label : France Black Death Grind
    Sortie : 19 Avril 2024

    Note : 89/100 (Mémé Migou)


    1… 2… 3… Soleil !

    Cette boule lumineuse que certains adulent depuis des siècles et des siècles s’imprime sur notre rétine lorsqu’après avoir frappé les trois coups cérémoniels nous nous retournons vivement pour savoir qui tente de nous suivre. On ne peut s’empêcher de lancer un juron, un cri qui monte des entrailles pour assainir notre rage. Désormais, nous ne verrons plus qu’en contre-jour, un joli noir et blanc qui n’accepte aucune nuance de gris.

    Ainsi vont les pochettes de Ende, sans concessions. Ainsi va la musique proposée par le duo I.Luciferia et Thomas Njodr, tantôt déchirante comme seul sait le faire un DSBM, tantôt acérée, malsaine, rapide, proche de l’apoplexie que les Trve manient avec plaisir et délectation.


    1… 2… 3… Lune !

    C’est au cœur de la nuit, qu’on apprécie encore plus le black metal cinglant de Ende. Car on y trouve des ambiances allant des cris d’agonie aux chants liturgiques, en passant par les croassements des freux, le tocsin au loin, … Entre Rennes et Angers, on sent l’humidité sortir des cimetières, se dégager de l’humus au cœur des bois, laissant planer une brume où nous pouvons y voir les formes des démons que la musique appelle de toutes ses forces.

    1… 2… 3… Albums !

    Non non non… Doublez la mise. C’est pas moins de six albums, depuis 2010 , en seulement 14 ans, que le duo nous gratifie de son black metal plutôt anciennes générations. Rajoutez à cela trois Splits, une démo et un album live, on peut dire qu’ils sont foisonnants, au grand plaisir des puristes.


    1… 2… 3… Duo !

    Deux personnes au sein de Ende ? Pas tout à fait. On commence par une personne, oui… un one man band dès 2008, sans nom… En ressort une démo, The Gods Rejects qui sortira seulement en 2015 sous la forme de 66 cassettes. Et c’est seulement en 2010 qu’arrive Thomas, batteur aux BPM qui essouffleraient un cheval lancé au galop ! Mais sur scène, ils ne se contentent pas de la formule initiale, ils s’adjoignent la participation de guests, musiciens de sessions live.

    1… 2… 3… Pistes !

    Beati Mortvi, c’est une compilation de quelques titres de ce groupe qui hante les scènes black et autres festivals (un live a d’ailleurs été enregistré en 2022 au Motocultor !) depuis 2010 (2008). En tout, ce sont seize morceaux que l’on va retrouver sur cet opus, offrande faite juste avant le grand retour de Ende et de son prochain album, à venir en 2024 (L’Aube des Anathèmes).

    Pour vous remettre dans le jus, Ende nous gratifie de deux morceaux sortis sur Splits, Liber Damnatus I et II, toute la démo de 2008/2015 avec un son plus clair (ce qui n’est pas le cas pour tous), six pistes lives (au Music Hall, Allemagne) et trois Covers, « Cosmic Keys to my Creations and Times » de Emperor ( tiens donc, on sent bien la filiation), « Transylvania » de Mütiilation et « Wings of Funeral » de Morbid.


    1… 2… 3… Minutes !

    Hormis les pistes d’ambiance (pour le set live), On navigue plutôt entre quatre et huit minutes par morceau pour  Beati Mortvi, Reliquat Mortifère  qui fera la part belle aux titres en anglais. Ce que je trouve personnellement dommage. Car souvent et de plus en plus, nous trouvons du chant en français dans la discographie de Ende. On y sent comme pour Emperor, la filiation avec notre Seth national. Chanter en français apporte toujours une touche différente, une aura particulière. Sur la compilation, on reste dans ces titres en anglais.


    3… 2… 1… Choix !

    Choisir, c’est renoncer. On a déjà vu au paragraphe précédent, qu’une option avait été mise pour le choix de la langue. Un autre également sur les titres en eux-mêmes. Plutôt que d’aller piocher dans les six albums, ce sont les Splits, des morceaux lives (oui, issus desdits albums : « When Crows flew Above Märhn » , « Cylenchar » et « Das Hexenhaus » sont issus du LP Emën Etan, 2017, tandis que « Black Sorcery of the Great Macabre » vient de Rebirth of the i, 2015) , de covers sessions et d’une démo sortie en seulement 66 tapes. De là à se dire qu’on met en avant les morceaux moins connus, on n’en est pas loin. Et c’est plutôt bien joué !

    Oui, bien vu… même si j’aurais aimé retrouver quelques titres du premier album Whispers of a Dying Earth, que j’affectionne particulièrement car j’y trouve un black pas seulement tranchant et malaisant, mais aussi de ce black qui tente des percées vers de nouvelles contrées. Oui, sur ce premier LP, on y trouve plein de belles trouvailles. Mais je vous rassure, on en trouve également sur les titres de la compilation. Écoutez donc ce passage aérien de par sa mélodie vers 2:00, sur « Liber Damnatus Psalm I », alors que derrière, ça envoie de la scie à métaux lourds !

    3… 2… 1… Reliquat !

    Entrons en béatitude… même si nous ne sommes pas morts. C’est bien vivants que nous allons nous ré-approprier une partie de l’œuvre de Ende, de celle qui n’est pas mise en avant en général. Entrons en béatitude devant cet ex-voto déposé au pieds du Grand Œuvre de Ende, qui n’oublie pas la moindre parcelle de titres, ces petites perles qui restent inconnues, véritables reliquats des écoutes d’albums, les reliant dans cette compilation, avant de nous apporter une offrande d’un tout autre acabit, un effort long, qui gravera les pistes dans le marbre des écoutes.


    3… 2… 1… Partez écouter, savourez !


    Tracklist :


    1) Beati Mortvi
    2) Liber Damnatus, Psalm I
    3) Liber Damnatus, Psalm II
    4) Cosmic Keys to my Creations and Times (Emperor cover)
    5) Transylvania (Mütiilation cover)
    6) Wings of Funeral (Morbid cover)
    7) Intro/Empty
    8) Your Purity
    9) Land of the Dead
    10) Pigs
    11) Invocation
    12) When Crows flew Above Märhn Emën Etan 2017
    13) Black Sorcery of the Great Macabre rebirth of the i 2015
    14) Cylenchar Emën Etan 2017
    15) Das Hexenhaus Emën Etan 2017
    16) Revocation

    Line-up : I.L – Guitares, Basse, Chants, Ambiances / T.Njodr – Batterie
    Live guests : RLN – Guitare / Briac – Guitare / Valentin – Basse

    Liens :
    https://www.facebook.com/ENDE.official
    https://ende-official.bandcamp.com/music
    https://www.instagram.com/ende_official_insta/
    https://www.metal-archives.com/bands/Ende/3540327449

  • Acathexis  –  Immerse

    Acathexis  –  Immerse

    Genre : Black Metal
    Label :  Amor Fati Productions
    Sortie : 20 mars 2024

    Note :   85/100 (Seblack)

    Dans le flux continu des sorties, ce deuxième album de la formation Acathexis n’a rien d’anecdotique et il serait bien injuste qu’il passe inaperçu. A l’origine d’Acathexis on retrouve trois artistes familiers des amateurs de black metal atmosphérique : au chant, l’Argentin Dany Tee plus largement connu pour son implication dans Los Males Del Mundo ; à la basse et à la guitare, le multi instrumentiste belge Déhà, qu’on ne présente plus et à la batterie, Jacob Buczarski qui est la tête pensante et agissante du one mand band américain Mare Cognitum.

    Avouez que cela fait du beau monde et que l’on aurait tort de ne pas avoir la curiosité de jeter une oreille dessus. La chose est d’autant plus vraie que ce line-up international n’en est pas à son coup d’essai puisque « Immerse » fait suite à un premier opus sorti en 2018 chez Fallen Empire Records. Cette fois, c’est sous les auspices de Amor Fati Productions et de Extralessly Records que se présente ce nouvel opus illustré d’un très joli artwork.

    Bien évidemment, compte tenu de l’éloignement des uns et des autres, le processus de composition et d’enregistrement s’est fait à distance, ce qui est de plus en plus courant, certes, tout en restant remarquable vu la musique proposée ici. Celle-ci est en effet ambitieuse et riche, ce qui n’étonne pas, vu le CV de ses membres. Quatre titres seulement mais près d’une heure de musique, la piste la plus courte faisant neuf minutes, la plus longue dépassant le quart d’heure…Voilà donc qui s’annonce copieux et pourrait paraître indigeste si on n’a pas à l’esprit que les trois musiciens sont largement et respectivement coutumiers du fait et s’en sortent, d’ailleurs, souvent très bien.

    « Immerse » ne fera d’ailleurs pas exception à cette vérité générale et dès « Dreams of Scorched Mirrors », on reste scotché par la capacité que le trio a de plonger son auditeur dans une musique à la fois dense et puissante. La nervosité et les mélodies au cordeau des guitares ne sont pas sans évoquer Aara, une impression accentuée par les accents aigus et criards du chant qui n’est pas sans rappeler celui de Fluss ou même celui d’un certain Dani Filth. Loin de se perdre dans les onze minutes qui le composent, ce premier titre transporte et mieux encore, Acathexis réitère la chose sur « Adrift in Endless Tides » et « The Other ». Le dernier morceau, « A Slow, Weary Wind » ne dépareille pas, bien que j’ai éprouvé un peu plus de mal avec certaines intonations plus caverneuses du chant. Mais pas de quoi ternir le très bonne impression laissée par ce second chapitre.

    « Immerse » le bien nommé a de quoi marquer bien des esprits avec son black metal tout en émotions. Déchaînée, déchirante ou intimiste, la musique toute en vagues à l’âme de Acathexis a de quoi en emporter plus d’un ou plus d’une.

    Tracklist :

    1. Dreams of Scorched Mirrors (11:39)  

    2. Adrift in Endless Tides (12:38)   

    3. The Other (09:37)   

    4. A Slow, Weary Wind (15:58)

    Line-up : Jacob Buczarski – Batterie / Déhà – Guitare, basse / Dany Tee – Chant.

    Liens :

    https://acathexis.bandcamp.com/album/immerse

    https://www.facebook.com/acathexisband

    https://www.instagram.com/acathexis.band

  • Selbst –  Despondency Chord Progressions

    Selbst –  Despondency Chord Progressions

    Genre : black metal
    Label : Debemur Morti Productions
    Sortie : 19 avril 2024

    Note :  85 /100 (Seblack)

    Troisième album pour le one man band sud américain Selbst. Les moins oublieux se souviendront peut-être du précédent, « Relatos de angustia », sorti il y a quatre ans chez Debemur Morti et qui s’était avéré être une belle découverte.

    Pour ce troisième effort intitulé  « Despondency Chord Progressions », le label français renouvelle sa confiance au compositeur et multi instrumentiste N et on va très vite comprendre pourquoi.

    En sept morceaux, Selbst déploie un black metal, plutôt orthodoxe, mais teinté de différents éléments qui vont lui conférer  encore plus de noirceur et de profondeur. 

    Dès « La encarnacion de todos los miedos », on remarque un soin particulier apporté aux guitares qui souvent s’éloignent du pur black metal. C’est notamment remarquable sur la guitare rythmique qui se détache de l’ensemble tout en l’appuyant avec des sonorités sous accordées qui apportent cette forme de gravité que l’on trouverait chez Amenra par exemple. 

    Parfois, comme sur le final « The Stench of a Dead Spirit »,  la musique peut prendre des accents  sludge / doom beaucoup plus pesants mais tout aussi sombres que les autres.

    A d’autres comme sur l’introduction de « When True Loneliness is Experienced », c’est au contraire la lead guitare qui prend sa liberté et s’aventure dans des phrasés qui évoque le rock ou le metal progressif avec des petits soli tout en feeling. 

    Le chant est probablement l’aspect où Selbst a le plus évolué depuis « Relatos de angustia ». N en assure, cette fois, toutes les parties sans avoir recours à un invité. On retrouve ainsi son chant black très expressif mais le multi instrumentiste s’aventure à plusieurs reprises sur les chemins du chant clair. C’est particulièrement le cas sur « Between Seclusion and Obsession » dont les guitares acoustiques et le chant apportent une éclaircie mélancolique dans cette tempête qu’est « Despondency Chord ». Là encore, le feeling est au rendez-vous, plaçant l’entièreté de cet album dans un registre émotionnel très intense. Le final incroyable de « Third World Wretchedness » en atteste, mais ce n’est là qu’un exemple parmi tant d’autres.

    Ce troisième opus frappe par son côté très élaboré et profondément immersif. Le travail de composition de Selbst est tout ce qu’il y a de plus chiadé et ciselé. Sans être d’une longueur démesurée les sept compositions sont denses mais ne noient pas non plus l’auditeur qui se laissera volontiers absorber par cet univers où la musique  sait se faire à la fois massive, dissonante et mélodique. 

    Mais la plus grande qualité  de« Despondency Chord », c’est véritablement d’ouvrir en grand la porte sur l’expression des émotions qui déferlent telles des vagues pour nous emporter avec elles.  Avec cet opus, Selbst se rappelle donc à nous de la plus belle des manières en délivrant une musique d’une rare intensité.

    Tracklist :

    1. La encarnación de todos los miedos  

    2. When True Loneliness Is Experienced  

    3. Third World Wretchedness  

    4. Chant of Self Confrontation

    5. The One Who Blackens Everything  

    6. Between Seclusion and Obsession  

    7. The Stench of a Dead Spirit

    Line-up :   N – Guitares, basse, chant
    Guest : Jonathan Heredia – Batterie

    Liens : 

    https://selbst.bandcamp.com/album/despondency-chord-progressions

    https://www.deezer.com/es/artist/11542883?autoplay=true

    https://www.facebook.com/selbstbm

    https://www.instagram.com/selbstofficial

  • Aforgomon – Desperate Echo of Timelessness

    Aforgomon – Desperate Echo of Timelessness

    Genre : Depressive Suicidal Black Metal
    Label : Remparts Productions
    Sortie : 31 mars 2024

    Note :  90/100 (Seblack)

    Aujourd’hui direction le Kazakhstan, pour découvrir le one man band Aforgomon dont l’album sort chez Remparts Productions. Avouez ce n’est pas commun un groupe venant de ce coin du monde et ça attise forcément un peu la curiosité. Bon oubliez tout de suite les images ensoleillées de ce lointain pays, les clinquants building bâtis à grand renfort de pétrodollars. Ici point de lumière avec un DSBM noir, épais et rafraîchissant comme un verre de goudron au bord d’une piscine de mercure.

    De « Come, Keeper of the Gate » à « Hail of Careless Skies » c’est une longue chape de plomb qui va s’abattre impitoyablement avec un son notablement bon qui met en valeur chaque élément de l’instrumentation. Nous ne sommes pas ici sur un dsbm crado avec du sang partout dans la baignoire et sur les murs mais plutôt dans une musique cultivant une certaine forme d’esthétique ténébreuse et maussade.

    La première partie de l’album nous entraîne d’ailleurs dans des ambiances lourdes, très lourdes même avec un son de guitare et un chant épais. Les morceaux, qui prennent le temps de se développer, sont principalement sur un mode mid tempo cafardeux ponctué de quelques pointes de rage. L’ensemble pèse et suinte d’une noirceur âcre un peu comme le dark metal du Bethlehem des vieilles années.

    Ces atmosphères accablantes et délétères ne seraient toutefois pas complètes sans quelques petits raies d’une lumière toute saturnienne : mélodies maladives de piano (Come, Keeper of the Gate), voix fantomatiques ou encore un solo à vous fracasser l’âme sur « Do Not Lay Flowers On my Grave ». Le morceau « The Curse of Tempest Mountain » s’ouvre même sur des ambiances club de jazz neurasthénique avec une basse bien ronde et de nouveau quelques notes de piano.

    Dans la seconde partie de l’album (à partir de «A Captivating Moment of Fatal Fate»), Aforgomon retrouverait presque quelques couleurs avec des cadences parfois presque entraînantes. Mais ne vous réjouissez pas trop vite, car si le rythme est plus vigoureux, la valse reste toujours des plus cabossées, elle se nourrit de mélodies éthérées et elle est toujours hantée par ce chant déchirant. Il y a dans cette seconde partie d’album des petits airs enivrants qui ne sont pas sans rappeler les australiens Advent Sorrow. L’instrumental « Desperate Echo of Timeless » sonne toutefois l’heure de la gueule de bois avec le retour à une ambiance plus morne avant un final chaotique tiraillé entre passages accablants et accélérations subites.

    Alors avec son artwork qu’on pourrait croire sorti de l’imaginaire d’un groupe de grind ou de death, cet album de Aforgomon ne paie peut-être pas de mine mais sa musique dégage cette aura particulière propre à un black metal dépressif inspiré et animé autant par la mélancolie que par les déchirements de l’âme. Une belle découverte à tout point de vue.

    Tracklist :

    1. Intro (00:44)

    2. Come, Keeper of the Gate (06:46)

    3. The Curse of Tempest Mountain (05:49)

    4. Do Not Lay Flowers On my Grave (08:23)

    5. A Captivating Moment of Fatal Fate (08:28)

    6. Don’t Die my Hope (09:27)

    7. Voices in Head (05:18)

    8. The Anchor of Vicious Thoughts (08:36)

    9. Desperate Echo of Timelessness (02:57)

    10. A Hail of Careless Skies (05:09)

    Line-up : Aforgomon – Tous les instruments, chant.

    Liens :

    https://aforgomon.bandcamp.com/album/desperate-echo-of-timelessness-2

    https://rempartsproductions.bandcamp.com/album/desperate-echo-of-timelessness

  • Mòr  /  Hear the Hour Nearing !

    Mòr  /  Hear the Hour Nearing !

    Genre : Raw / Black Metal Atmosphérique.
    Label : Les Acteurs de l’Ombre Productions.
    Sortie : 12 avril 2024

    Note :  78 /100 (Seblack)

    Mòr a été fondé il y a une dizaine d’années du côté de Rouen et s’est davantage manifesté en concert que sur disque, le groupe n’ayant enregistré jusque-là qu’une démo et un live. 2024 sera donc celle du premier opus de ce mystérieux quatuor dont on ne sait pas grand chose. Le dit album se nomme « Hear the Hour Nearing ! » (2024) et sort sur le label français Les Acteurs de l’Ombre Productions. Le sombre et mystérieux artwork est de la main de Sözo que l’on a déjà récemment croisé pour son travail sur les derniers opus de Lunar Tombfields ou Ars Moriendi.

    La genèse de « Hear the Hour Nearing ! » s’est déroulée sur un laps de temps relativement étendu : la batterie a été enregistrée en 2019 ainsi que les premières lignes de basse et de guitare. Ces dernières ont été retravaillées en 2021 et ce n’est qu’en décembre 2022 que le chant a été mis en boîte.

    La première chose qui frappe à l’écoute des neuf titres de « Hear the Hour Nearing ! », c’est le son assez atypique de Mòr avec des guitares maigrelettes mais très nerveuses et une basse au contraire assez ronde et très audible. Animé par un chant raclé et une batterie qui ne joue pas le registre blast à tout va, l’ensemble sonne de manière assez raw mais pas lo fi. Un rendu assez inhabituel qui confère à ce premier album une personnalité bien trempée.

    Disons le sans détours, les charmes de « Hear the Hour Nearing ! » ne sont pas de ceux qui se dévoilent immédiatement. Imprégné d’une noirceur charbonneuse l’album peut paraître dans un premier temps assez austère avec ses ambiances mornes et lancinantes. Ce n’est qu’au fil d’écoutes attentives qu’on se laisse imprégner par l’atmosphère ténébreuse et aride de Mòr. C’est un peu comme être enfermé dans une pièce plongée dans le noir, au départ on est un peu perdu puis peu à peu on finit par s’habituer à l’obscurité et retrouver quelques repères. Et si l’on devait finir par distinguer quelque chose visuellement ce serait, par exemple, ce paysage sombre et étrange qui se déploie sur l’artwork de  Sözo.

    Dans le microcosme du black metal, tous n’apprécieront pas cet album, c’est certain. Mais qu’on aime ou non, on ne pourra pas lui reprocher de ressembler à qui que ce soit. Tout juste lui trouverais-je une petite filiation avec le duo Iffernet pour ce côté à la fois nerveux et imbibé de noirceur, mais la comparaison se limitera à cette vague impression car le rôle prépondérant joué par la basse le rend bien différent et plus profond.

    Rugueux, volontiers sévère « Hear the Hour Nearing ! » est aussi un album criant de sincérité. Là où certains groupes se complaisent à dépeindre de manière superficielle et un peu convenue des atmosphères obscures, Mòr, lui, semble s’en imprégner totalement et ne faire qu’un avec les ténèbres. Ce premier opus ne sera donc pas à ranger dans la catégorie des albums faciles et communs et c’est bien là un de ses principaux atouts. 

    Infos

    Tracklist :

    1. The Vanishing of Matter (05:13 ) 

    2. Eden (04:29)  

    3. Third Path (05:31)  

    4. The Apprentice (03:24)  

    5. Cave of Shadows (03:05)  

    6. The Letter of Loss (08:09 ) 

    7. Sulfur (04:37)  

    8. Sutcivni Los (03:29)  

    9. Smaragdina (05:51)

    Line-up : B.R. – Guitar / B.S. – Guitar / D.H. – Bass, Vocals / N.F. – Drums

    Liens : https://666mor666.bandcamp.com/album/hear-the-hour-nearing

  • Benighted – Ekbom (2024)

    Benighted – Ekbom (2024)

    Genre : Brutal Death Metal/Grindcore
    Label : Season of Mist
    Sortie : 12/04/2024

    Note :  95 /100 (Jp)

    Chronique : 

    Les gens qui nous suivent depuis quelques temps connaissent bien notre attachement au sein de Memento Mori Webzine pour notre scène nationale. Elle est riche, elle est pro et clairement, nous avons la chance d’avoir certains groupes qui se sont imposés au fur et à mesure du temps comme des ténors influents du genre. Et Benighted peut se targuer d’être clairement l’un des Boss dans sa catégorie.

    “Obscene Repressed” étant sorti en 2020, et malgré la sortie de 3 singles (“Serve to Deserve” et “Stab the Weakest” en 2020 + « A Personified Evil” en 2021), “Ekbom” aura mis 4 ans avant de sortir le 12 Avril 2024. Benighted étant un groupe particulièrement actif sur la partie Live, nous ne dirons pas que les 4 Stéphanois auront pris leur temps pour autant.

    On sait qu’à chaque sortie, on peut s’attendre à un nouveau concept ou lien dans les paroles grâce à l’inspiration venant du côté professionnel de Julien Truchan, le maître Es Bhuiwhuick du combo. Et ce coup-ci, on part encore une fois dans les tréfonds du psyché et des traumas pouvant bien pourrir la vie d’une personne dans l’histoire que nous raconte Ekbom. Attachez vos ceintures, c’est part’WHUIIIIIIIIIICK !

    Le syndrome d’Ekbom, ou délire d’infestation parasitaire, est une pathologie rare, caractérisée par la conviction inébranlable d’avoir une peau infestée d’insectes ou de parasites. Il s’agit d’un délire monothématique à mécanisme hallucinatoire qui touche typiquement les femmes d’âge avancé.”

    Ceux qui auront eu la possibilité de voir le clip “Scars” comprendront un peu plus l’ambiance ainsi que le visuel de l’album, qui a été réalisé par GrindDesign.

    Room 14, we have a 21-year-old woman, first hospitalization. She has no family, her mother raised her alone and died of cancer 4 years ago. She lived in foster care until she was 18,The onset of the disorders was brutal, she presents a psychotic crisis with a delirium centered on her body. She has visual hallucinations that evoke Ekbom’s syndrome, she sees insects running on and under her skin. She tried to cut herself several times to get them out. She tells us that the enemy is inside, that it’s always inside. Maybe she unconsciously refers to her mother’s cancer, she cared for her until the end. She also talks about a dark man who is present in every room she enters. He stands still, looks at her, she doesn’t describe him as a threat. He just smiles as soon as she starts cutting herself…

    Nous suivons donc par le biais des 12 titres d’”Ekbom” la descente aux enfers de cette jeune femme dans la 20aine, partie bien trop loin suite au trauma causé par le décès de sa mère et de cette fameuse personne en noir, souriante, qui l’accompagne dans sa vie de tous les jours. Et sincèrement, je crois que je n’ai jamais entendu un Benighted aussi malsain dans ses chansons tant l’atmosphère est pesante tout au long des chapitres !

    On retrouve toujours ces petites touches HardCore que j’appréciais déjà dans “Obscene Repressed” mais s’est ajouté à ça un côté clairement Crust et Black Metal (ce pont dantesque dans “Scapegoat” !!), le tout assaisonné par des parties instrumentales d’une efficacité redoutable et limite Tech Death (“Flesh Against Flesh” ou “Nothing Left to Fear”, par exemple), tout ça étant bien mis en avant par la prod made in Kohlekeller Studios. Nous noterons aussi le choix judicieux de remettre des paroles en français dans l’album, pas loin de 3 chansons quand même (“Morgue”, “Le Vice des Entrailles” et “Ekbom”) ainsi que 2 guests et non des moindres, Oliver d’Archspire et Xavier de Blockheads, groupe culte du Grindcore français ! 

    Ce qui est appréciable avec cet album, au-delà de la qualité des chansons, c’est cette faculté qu’à Benighted de nous surprendre encore ! Que ce soit dans la vitesse d’exécution (encore une fois “Nothing Left to Fear” et ses 402 Bpm) ou même dans les timbres de voix choisis par Julien qui n’hésite pas à prendre des voix bien vicieuses selon certains passages (“Prodrome” et ses DO IT, le pont de “Scars” ainsi que cette voix possédée dans le dernier titre “Mother Earth / Mother Whore”), vous vous retrouverez systématiquement balancé entre la volonté d’aimer vous en prendre plein les ratiches et de vous dire “Mais arrêtez ! Mais pourquoi vous m’jetez par terre !?” et malgré tout d’en redemander encore !  

    Nul doute qu’avec “Ekbom”, Benighted va encore en laisser plus d’un sur le carreau, agonisant et avec les dents éparpillées un peu partout, d’autant plus que le groupe va pas mal tourner ces prochaines semaines sous l’affiche du HellFest Warmup Tour 2024 ! 

    Tracklist

    1. Prodrome 

    2. Scars 

    3. Morgue 

    4. Le Vice des Entrailles 

    5. Nothing Left to Fear (Feat Oliver Peters – Archspire)

    6. Ekbom 

    7. Metastasis 

    8. A Reason for Treason 

    9. Fame of the Grotesque (Feat Xavier Chevalier – Blockheads)

    10. Scapegoat 

    11. Flesh against Flesh 

    12. Mother Earth, Mother Whore 

    Line-up : Julien Truchan – Chant / Emmanuel Dalle – Guitares / Pierre Arnoux – Basse / Kevin Paradis – Batterie

    Guest(s) : Olivers Peters (Archspire) – Nothing Left to Fear / Xavier Chevalier (Blockheads) – Fame of the Grotesque

    Liens : 

    https://www.facebook.com/brutalbenighted

    https://www.instagram.com/benighted_band

  • Merrimack /  Of Grace and Gravity  (2024)

    Merrimack /  Of Grace and Gravity  (2024)

    Genre : black metal
    Label : Season of Mist Underground Activist
    Sortie : 8 mars 2024

    Note :  90 /100 (Seblack)

    Non content de figurer parmi les pionniers et donc dans les rangs des vétérans du black metal à la française, voilà aussi sept longues années que Merrimack ne s’était pas manifesté avec un nouvel album. Et oui il faut remonter à 2017 pour trouver trace de « Omegaphilia », et quelle trace d’ailleurs car franchement il déboîtait autant qu’il dénotait dans une scène alors en pleine fièvre post black machin truc. Passons et revenons à l’essentiel car si quelques années ont passé depuis ce dernier opus, elles n’ont en rien érodé l’inspiration et la férocité de Merrimack qui remet le couvert avec Season of Mist de la plus belle des manières.

    Pourtant à dire vrai il n’y a pas vraiment de réelle surprise dans ce « Of Grace and Gravity » mais une grande satisfaction à trouver ce qu’on cherchait consciemment ou inconsciemment, à savoir un black metal acéré, une musique inspirée avec des compositions ciselées, variées même, comme en témoigne, entre autre, l’instrumental « Embalmer’s Wine ». 

    Dès « Sulphurean Synods », Merrimack met les choses au point avec une entame féroce suivie de multiples changements de tempo, tous aussi malsains et prenants les uns que les autres. La leçon est magistrale et la suite est à l’avenant avec toujours une certaine complexité des compositions. Loin de perdre l’auditeur, celle-ci le maintient au contraire en haleine, pour peu qu’on daigne lui donner l’attention nécessaire. Du chant en passant par tous les instruments, il n’y a rien à redire. Le groupe a travaillé son affaire dans les moindres détails. Agressif sans jamais tomber dans l’excès, mélodique sans jamais sombrer dans la facilité, le quintette parisien déroule, et quand il se risque dans des contrées plus atmosphériques en fin d’album, il ne se défait en rien de ce côté insidieux.

    Histoire d’enfoncer le dernier clou dans le cercueil de ce long silence, le travail d’orfèvre des arts noirs auquel se livre le groupe est totalement servi par la production. Ne cédant ni aux sirènes poussiéreuses du passé ni à ces productions contemporaines trop souvent aseptisées, le son de « Of Grace and Gravity » est remarquable par son côté très abrasif qui permet d’en apprécier les riffs, les mélodies ou les dissonances. La batterie claque comme un fouet et les vociférations criardes de Vestal et des ses invités n’en sont que plus délectables.

    En bref avec ce nouvel opus, Merrimack signe un retour des plus réussis et bâtit avec « Of Grace and Gravity » un pandémonium majestueux par sa noirceur magnétique. 

    Tracklist :

    1. Sulphurean Synods (06:42)

    2. Sublunar Despondency (07:07)  

    3. Dead and Distant Clamors (05:35)   

    4. Wounds That Heal (06:44)

    5. Starving Crowns (08:05)   

    6. Under the Aimless Spheres (07:01)  

    7. Embalmer’s Wine (06:59 )

    Line-up : Perversifier – Guitare / Daethorn – Basse /  Blastum – Batterie / A.K. – Guitare / Vestal – Chant.

    Guest(s) : Ur Èmdr Œrvn – Chant ( Embalmer’s Wine) /  D.G. – Chant ( Sulphurean Synods)

    Liens :

    https://merrimack.bandcamp.com/album/of-grace-and-gravity

    https://www.deezer.com/en/artist/99176

    https://www.facebook.com/merrimackofficial

    https://www.instagram.com/merrimack666

  • Severoth  /  Шляхом світла  (By the Way of Light)

    Severoth  /  Шляхом світла  (By the Way of Light)

    Genre : Black Metal Atmosphérique
    Label : Avantgarde Music
    Sortie : 22 mars 2024

    Note :   90/100 (Seblack)

    Quatre ans se sont écoulés entre « Vsesvit » et son successeur « Шляхом світла »  (By the Way of Light) qui sort de nouveau sur le label italien Avantgarde Music en ce printemps 2024. Quatre années, c’est inhabituellement long pour Severoth qui depuis 2015 décochait les albums avec une régularité de quasi métronome. Mais pour le one man band ukrainien ces quatre dernières années n’ont rien eu d’un fleuve tranquille. Vous comprendrez aisément pourquoi. 

    La composition avait pourtant rapidement commencé dans le sillage de la sortie de « Vsesvit ». Mais le 24 février 2022, l’attaque de la Russie contre l’Ukraine a quelque peu bouleversé la donne pour Severoth. Originaire de la ville de Dnipro, à l’Est du pays, la tragédie des combats a pu constituer une complication considérable tant au point de vue personnel que dans la limpidité du processus de création de « Шляхом світла ».

    Proposant des albums dont l’univers est davantage tourné vers les cieux et la nature que  vers les affaires humaines, l’irruption de cette terrible réalité qu’est la guerre se fait sentir avec la chanson “Сталевої волі сини”  (Sons of Steel will). Une composition fleuve, qui est une des plus épiques que Severoth ait proposé, avec des guitares aux accents « Saoriens », des claviers majestueux et des lignes de chant clair.

    Pour autant, Severoth reste Severoth et ce sixième album ne se départit à aucun moment de ce qui fait la magie de cet artiste qui, comme à son habitude, a tout composé, joué, enregistré et mixé. 

    Dans la continuité de cet univers à la fois sombre et lumineux,  Шляхом світла propose de longues compositions traversées de nappes de claviers voluptueuses. Plus enclin que jamais à dépeindre des atmosphères oniriques et poétiques, l’album fait la part belle à l’instrumentation avec des guitares aux accents mélodiques ou épiques. 

    Alors bien sûr le chant n’est pas absent ou négligé, loin de là, les nombreuses parties en chant clair, superbement intégrées au tableau en attestent.  Mais parfois, et même assez souvent, la voix s’éclipse pour laisser pleinement la parole à cette musique envoûtante, reflet d’un imaginaire où communient la forêt, les montagnes et la froide lumière de la lune et des étoiles.

    A l’image d’une longue nuit où les nuages n’auraient de cesse de voiler ou dévoiler la lueur des astres, la musique de Severoth prend le temps de s’absorber de ces atmosphères pour en restituer la grandeur que ce soit sous ses accents les plus mélancoliques ou les plus tempétueux. Animé par les bourrasques de l’âme autant que par un onirisme foisonnant, Severoth vient une nouvelle fois accrocher dans les cieux du black metal atmosphérique une étoile ô combien resplendissante. 

    Tracklist :

    1. Сонце зійде (Sunrise will Come) (14:22)   

    2. Сталевої волі сини  (Sons of Steel will) (12:50)  

    3. До зірок! (To the Stars!) (10:21)  

    4. …А на серці зима… (…And Winter in my Heart…) (13:43)  

    5. Застигла мить (A Frozen Moment) (08:46)  

    Line-up : Severoth – Tous les instruments.

    Liens :

    https://severoth.bandcamp.com

    https://www.deezer.com/en/artist/52556432

    https://www.facebook.com/severoth

    https://www.instagram.com/severothocculta