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  • Ondfødt  /  Oldfodt

    Ondfødt  /  Oldfodt

    Genre : Black Metal
    Label : Black Lion Records
    Sortie :
    5 avril 2024

    Note : 90/100 (Seblack)

    Depuis leur album «Dödsrikets kallelse » sorti en 2019, voilà un groupe finlandais qui suscite chez moi, un intérêt grandissant. « Norden » paru en 2021 et plus récemment encore « Det österbottniska mörkret » n’ont fait que confirmer cette impression : Ondfødt est un groupe qui a de la ressource et leur musique est d’une puissance peu commune. On ne peut pas parler de black metal finlandais à la sauce traditionnelle, le son du groupe étant résolument plus moderne, mais la force qui s’en dégage n’en est pas moins impressionnante, avec parfois des petits airs de …And Oceans.

    Moins d’un an après la sortie de son dernier opus, Ondfødt est déjà de retour avec, cette fois, un EP de cinq titres intitulé “Oldfodt” qui sort chez Black Lion Records.

    Un Ep c’est souvent l’occasion pour innover ou proposer une démarche un peu différente. Pour ce disque, par exemple, le groupe ne propose pas de nouvelles compositions au sens strict du terme mais revisite quatre titres de son répertoire le plus ancien ainsi qu’une reprise. Ondfødt entend notamment donner toute leur puissance à ces compositions en les dotant d’un son se dirigeant davantage vers ce dont le groupe semble vouloir tendre en 2024.

    Dès l’écoute de la première chanson « Faensgyte » issue du premier album (Hexkonst, 2014), on retrouve ce souffle puissant qui caractérise Ondfødt. Les sonorités sont tout à la fois black mais avec une touche plus moderne dans le son, à la limite de quelque chose qui s’apparenterait à l’indus. Difficile de rester insensible à cette musique qui martelle sévère et de laquelle émerge un chant si ravageur que Owe Inborr semble y donner tout ce qu’il a, comme si sa vie dépendait de ce seul titre. Issu du tout premier opus du groupe, le titre connaît un coup de neuf fort agréable tout en confirmant la qualité de la composition d’origine.

    On parlait un peu plut tôt de …And Oceans, et bien il va en être pleinement question sur la deuxième piste où est invité Mathias « Vreth » Lillmåns pour la chanson intitulée « No ere jo Satan » tiré du deuxième opus de Ondfødt. Bon le résultat est décapant, le titre, déjà bref, subissant un coup de boost le faisant passer de 2:22 à 2:00 menées à fond de train. Un peu trop peut-être. Tout en appréciant la manière dont le groupe revisite ce titre, je dois confesser lui préférer sa première version plus organique. Le constat est différent pour «Midnatt», elle aussi tirée de l’album «Dödsrikets Kallelse ». Là le groupe va résolument piocher dans des sonorités toujours plus modernes mais qui cette fois enrichissent le son et les nuances du titre au lieu de le simplifier. La réinterprétation gagne ainsi en profondeur et s’avère très prenante.
    Un constat positif similaire pour « Den Sanna » dont la nouvelle mouture gagne en énergie et en variations, donnant au titre d’origine un petit coup de vieux.

    Décidément plein d’audace pour cet EP, Ondfødt clôt ce disque par la reprise de la chanson « Paradiset » de Rauli Somerjoki, un des airs les plus populaires en Finlande pour ne pas dire la plus populaire du l’histoire musicale du pays. Bien sûr, tout cela est fait à la sauce black metal, le groupe se fendant même d’un clip pour l’occasion.

    Alors au moment de refermer la chronique de cet EP, on sent que Ondfødt se fait plaisir sur ces cinq titres. Plaisir à revisiter son ancien répertoire avec son nouveau line-up et un nouveau son, plaisir à recevoir un invité de marque en la personne du chanteur de …And Oceans, plaisir même à revisiter le répertoire populaire finlandais. Et tout cela, ça fait bien plaisir. Du coup si vous voulez vous faire plaisir aussi, il ne vous reste plus qu’à écouter ce disque et ce groupe dont je ne dirais jamais assez de bien.

    Tracklist :

    1. Faensgyte
    2. No ere jo Satan
    3. Midnatt
    4. Den sanna
    5. Paradiset (Reprise de Rauli Somerjoki)

    Line-up : Tommi Tuhka La – Batterie / Joel Itkonen – Basse – guitare / Owe Inbord – Guitare, chant.

    Guest(s) : Mathias « Vreth » Lillmåns – Chant (No ere jo Satan).

    Liens :

    https://www.facebook.com/Ondfodt666
    https://www.instagram.com/ondfodt_official/?utm_medium=copy_link
    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/5uTwxBGntF8CBbnElxZ0OG
    https://www.youtube.com/user/ondfodtofficial

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    Interview Rachid TP Bunghole Trabelsi – Memento Mori

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    Interview Flo Curatola – Memento Mori

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    Interview Loxiput – Memento Mori

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    Interview Maud Amoretti – Memento Mori

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    Interview HK Vamacara Studio – Memento Mori

    Mémé Migou et Jp reçoivent HK du VAMACARA Studio afin qu’il nous explique son parcours, ses histoires et tout ce qu’il l’a amené à devenir ingé-son et ouvrir son propre studio, tout en donnant des anecdotes avec certains groupes. N’hésitez pas à aller le suivre sur ses pages ! Internet : https://vamacarastudio.com/ FB :   / vamacarastudio   INSTA :   / vamacarastudio  

  • Interview Praïm Faya – Memento Mori

    Interview Praïm Faya – Memento Mori

    A l’occasion de la sortie de leur album « Abyss Of A Light Planet », nous avons passé un moment avec le groupe Normand PRAÏM FAYA lors de leur passage à l’Apocalypse Metal Fest (Le Havre) en Décembre dernier.

  • Necrowretch  /   Swords of Dajjal

    Necrowretch  /   Swords of Dajjal

    Genre : black / death metal
    Label : Season of Mist Underground Activists
    Sortie : 2 février 2024

    Note :   90/100 (Seblack)

    Simple impression personnelle ou réalité, mais j’ai toujours eu le sentiment que Necrowretch était une formation injustement sous-estimée au sein de la scène extrême française et internationale. Pourtant quand on regarde la discographie du groupe, il n’y a pas de fausse note. D’autant que Necrowretch a su faire évoluer son univers musical en le noircissant d’influences black de plus en plus marquées. En 2020 enfin, les étoiles semblaient s’aligner avec la sortie de « The Ones from Hell » et l’annonce d’une grande tournée avec Taake et Kampfar. Las, le confinement et le Covid sont passés par là. Adieux vaches et cochons… Loin de sombrer dans le défaitisme, le groupe s’est vite employé à donner un successeur à « The Ones from Hell », sans pour autant se précipiter, et sortir à la hâte un de ces albums post covid un peu bancal ou bâclé.

    Ce cinquième opus s’intitule donc « Sword of Dajjal » et sort de nouveau sous les auspices de Season of Mist et de sa branche Underground Activist. L’artwork est à la fois sobre et très évocateur. Ce personnage avenant est une représentation de Dajja, considéré dans l’islam comme le faux prophète, une sorte d’antéchrist. Il est représenté avec un sabre à deux pointes, le  Zulfikar, qui est devenu un des symboles de l’islam puisque se rapportant à l’épée du prophète Mahomet trouvée par celui-ci lors de la bataille de Badr. Avec ses deux pointes (une pour le bien, une pour le mal dit-on) Mahomet aurait poursuivi ses conquêtes, et l’aurait donné à son gendre Ali lors d’une bataille, geste qui a pu être interprété comme une forme de transmission du pouvoir par certains penseurs de la branche chiite. 

    Avant même d’enclencher le bouton « play », on constate que Necrowretch a conçu son album avec le souci de l’ancrer dans une thématique à la fois précise et peu habituelle dans le metal extrême. Voilà qui a de quoi attirer, même si la musique peut aussi largement se suffire à elle-même pour apprécier « Sword of Dajjal ».

    Car là aussi, le groupe a accompli un sacré boulot en termes de composition. De « Ksar Al Kufar » à « Total Obliteration », il n’y a pas de temps faible. Chaque titre possède son identité propre tout en formant un tout cohérent. C’est un travail d’orfèvre et on n’éprouve à aucun moment le sentiment que Necrowretch s’est concentré sur deux trois titres phares et a fait du remplissage ailleurs. D’abord ce n’est pas le genre de la maison, mais ici cela saute aux oreilles plus encore que d’accoutumé. Franchement on se prendrait même à souhaiter une interprétation intégrale en live. Les riffs sont terribles, les leads précises et affûtés comme un sabre, la section rythmique est au cordeau. Quant au chant…bordel ! Il vous saute à la gorge comme c’est le cas sur l’introduction de « Dii Mauri ».

    Assez clairement le death/black de Necrowretch incline de plus en plus vers le black. Une évolution déjà perceptible sur « The Ones from Hell » et qui s’accentue ici. Cela est patent sur les brûlots incandescents que sont « Sword of Dajjal » ou « Vae Victis ». Mais cela se ressent aussi au travers des variations de rythmes car sur cet album il n’est pas question que de vitesse, les breaks sont nombreux et si certains morceaux ont un rythme plus modéré c’est pour développer des ambiances sinistres et pesantes que n’auraient pas reniés Marduk ou Dissection.

    Enfin là ou le fond rejoint la forme c’est quand Necrowretch glisse quelques motifs orientaux à sa musique. Oh il n’y en a pas partout mais suffisamment pour rappeler la thématique de l’opus et emmener un peu plus encore l’auditeur dans l’univers de « Sword of Dajjal ».

    On mentionnera enfin le soin apporté à la production qui met totalement en valeur le travail du groupe. Le son n’est pas artificiellement body buildé à grands coups de basses comme c’est trop souvent le cas pour cacher des compositions maigrelettes. Ici au contraire la production est toute en finesse et met un peu plus encore en valeur la qualité de la musique et son côté abrasif.

    Dense dans sa forme comme dans son fond, Necrowretch propose avec « Sword of Dajjal » son album le plus ambitieux et le plus abouti. Nerveux et patiemment aiguisé, voilà un album qui devrait faire date et imposer un peu plus encore Necrowretch comme une référence du metal extrême en France comme à l’international. Il serait, en tout cas, foncièrement injuste qu’il en soit autrement.

    Tracklist :

    Ksar Al-Kufar (4:22)

    The Fifth Door (5:30)

    Dii Mauri (5:07)

    Swords of Dajjal (4:56)

    Numidian Knowledge (4:12)

    Vae Victis (4:18)

    Daeva (2:49)

    Total Obliteration (6:13)

    Line-up :  Vlad – Chant, guitare / W. Cadaver – Guitare (lead), basse /  N. Destroyer – Batterie.

    Liens : 

    https://necrowretch.bandcamp.com/album/swords-of-dajjal

    https://www.deezer.com/us/artist/4265709

    https://www.facebook.com/Necrowretch

    https://www.instagram.com/necrowretch

  • Darkestrah  /  Nomad  (2024)

    Darkestrah  /  Nomad  (2024)

    Genre : Black metal pagan
    Label : Osmose Productions
    Sortie : 29 mars 2024

    Note :  90 /100 (Seblack)

    Originaire du Kirghizistan mais désormais établi en Allemagne, le groupe Darkestrah n’est pas le premier venu en matière de black pagan folk. Dans les faits, ses membres ont diverses origines (notamment l’Iran pour Charuk, la chanteuse, et Magus qui s’occupe des instruments traditionnels) mais l’Asie Centrale constitue la terre dans laquelle la musique de Darkestrah s’enracine. 

    Actif depuis 1999, «Nomad» constitue son septième album. Jusque-là, la formation a été cantonnée à des sorties plutôt discrètes et touchant un public de connaisseurs. Cet état de faits n’enlève rien aux qualités du groupe et ce statut devrait enfin pouvoir changer, puisque cette fois ce nouvel album sort chez Osmose Productions. Alors sans dire que cette signature sera une clef vers le succès, gageons qu’elle offrira à ce groupe une exposition et reconnaissance plus larges. Et disons le : à l’écoute de «Nomad», ce serait amplement mérité !

    Voilà en effet un album de black pagan ou de black folk entièrement à ma convenance : suffisamment folk pour avoir son identité sonore et culturelle, mais pas trop non plus, ne tombant pas ainsi dans un folklorisme parfois excessif et souvent inhérent au genre. 

    Prenant son temps, en s’ouvrant sur des atmosphères chamaniques, le groupe commence par évoquer le village kirghize de Kök-Oy. Le morceau est assez classique dans son instrumentation mais son côté épique et mélodique est déjà des plus séduisants. On relèvera aussi la prestation de la chanteuse qui est tout à fait prenante, avec ses inclinaisons à la fois de guerrière et de magicienne. 

    Mais la plus belle partie du voyage est encore devant nous et cela commence véritablement avec le titre éponyme qui s’ouvre sur des notes de temir komuz, instrument de bouche proche de la guimbarde. Ces sonorités, qui ne sont pas sans évoquer les Ouraliens de Всполох, se marient à des arrangements de cordes presque cinématographiques. L’ensemble  est vite épaulé par un chant et des guitares acérées qui donnent à ce morceau un contraste tout à fait saisissant pour neuf minutes d’un voyage sans temps mort.

    La cavalcade au cœur de l’Asie Centrale se poursuit de plus belle avec « Destroyer of Obstacles » et toujours ce mélange de black très tranchant et de sonorités traditionnelles aux arrangements subtils. On reconnaîtra cette fois des notes de tar ou de divan qui donnent au titre toute sa dimension orientale.

    Cet agréable équilibre, Darkestrah parvient à le tenir tout au long de l’album que ce soit à travers des morceaux d’épopée comme «Quest for the Soul» ou sur des ambiances plus chamaniques sur le morceau  «The Dream of Kojojash» inspiré d’un récit de la tradition kirghize. Fermant l’album de la même manière qu’il s’est ouvert, «A Dream That Omens Death» distille une dernière fois quelques notes mystérieuses.

    Ancré aussi bien dans un black metal épique que dans des sonorités typiques de l’Asie Centrale, Darkestrah délivre un album qui mérite l’attention. Porté par un esprit combatif puisé aussi bien dans la force des esprits que dans l’histoire, «Nomad» est un album conquérant. En tout cas, moi, il m’a conquis.

    Tracklist :

    1. Journey Through Blue Nothingness (02:12)

    2. Kök-Oy (08:00)  

    3. Nomad (09:35)  

    4. Destroyer of Obstacles (09:32)  

    5. Quest for the Soul (09:46 ) 

    6. The Dream of Kojojash (04:59)  

    7. A Dream That Omens Death (01:45)

    Line-up : Asbath – Batterie, Percussion, temir komuz / Resurgemus – Guitares, claviers / Cerritus – Basse, tambour de shaman, temir komuz / Magus – Tambour, Divan, Cuatro, tar azeri / Charuk – Chant, percussions.

    Liens :

    https://darkestrahofficial.bandcamp.com/

    https://www.deezer.com/en/artist/195268

    https://www.facebook.com/darkestrahofficial

    https://www.instagram.com/darkestrah_official

    https://www.youtube.com/channel/UCVrl7hi2dj8OWznGBz8HkPw

  • Etoile Filante  /  Mare Tranquillitatis

    Etoile Filante  /  Mare Tranquillitatis

    Genre : Black Metal Atmosphérique
    Label : Northern Silence Productions
    Sortie : 1er mars 2024

    Note : 75/ 100 (Seblack)

    Né en 2014, le groupe français Etoile Filante ne s’était plus manifesté musicalement depuis 2020 et son premier album «Magnum Opus Caelestis», déjà sorti alors chez Northern Silence Productions. En 2024, revoilà donc le quatuor de retour avec un deuxième opus intitulé « Mare Tranquillitatis ».

    Il est parfois de bon ton de reprocher aux groupes actuels de ne rien proposer de bien neuf, de ne pas sortir assez du rang pour se distinguer de la masse des sorties estampillées black metal. Voilà un grief que l’on ne pourra formuler concernant la musique et l’univers développé par Étoile Filante depuis ses débuts.

    Comme son nom l’indique le groupe se place dans une thématique cosmique, celle-ci étant largement suggérée par l’utilisation abondante de nappes de synthétiseur. L’autre marqueur fort d’Étoile Filante est de lier cet élément à la mythologie grecque. Pour « Mare Tranquillitatis », le quatuor fait principalement référence à la cité de l’Atlantide. C’est d’ailleurs probablement cette cité engloutie qui figure sur l’artwork dans des couleurs et un graphisme relativement proche de ce que le groupe avait proposé sur son premier album. La lecture de la tracklist finit de confirmer la place de la cité des Atlantes avec, par exemple, un hommage au recueil de nouvelles fantastiques « Poseidonis », de l’écrivain américain Clark Ashton Smith, écrit dans les années 1930-40.

    Ce mélange entre futur et passé, on le perçoit dans les lignes de synthétiseur évoquées plus haut mais aussi avec l’utilisation d’un des plus anciens instruments électroniques : le thérémine. Créé dans les années 1920, cet appareil a notamment été utilisé dans les films des sciences fictions des années 1950. Il apporte, sans nul doute, à la musique d’Étoile Filante une certaine patine qui peut évoquer ce pan du cinéma tout aussi bien que certaines séries d’animations japonaises des années 80 qui aimaient, elles aussi, mélanger passé mythologique et sciences fictions.

    A cette bande sonore assez particulière, le groupe associe un black metal que l’on pourrait qualifier de progressif dans le sens où la musique se développe selon une progression narrative faite de circonvolutions qui parfois prennent le temps de se dérouler tout en se montrant plus appuyées à d’autres. Si on ajoute à cette formule un chant au timbre très amer, la musique de « Mare Tranquillitatis » s’avère aussi étonnante que l’était celle de «Magnum Opus Caelestis». Durant ces années, on sent aussi que le groupe a peaufiné sa formule et parvient à proposer un ensemble de compositions plus fluides et doté d’un son plus travaillé encore.

    Au-delà de ces quelques remarques, il est assez difficile de trouver les justes mots pour décrire la musique de ce deuxième album. Très personnellement la musique d’Étoile Filante m’évoque quelque chose qui serait au croisement de K Amon K et de Monolithe. Le premier pour la partie black avec des structures progressives et surtout le chant. Le second pour les synthétiseurs et le côté cosmique.
    Après ce n’est qu’un vague ressenti mais ce qui est certain c’est que l’on est pas ici face à un black metal atmosphérique ordinaire. Comme pour le premier album, il m’a fallu un peu de temps pour totalement me familiariser avec les nappes de clavier. Mais au fil des compositions et des écoutes ce sentiment un peu mitigé s’est largement dilué pour me laisser porter dans l’univers bien particulier du groupe, au point d’y revenir avec une certaine délectation.

    Pour ceux et celles qui suivaient déjà le groupe, ils ne seront pas totalement surpris par le contenu de « Mare Tranquillitatis » qui se situe dans la continuité de son aîné. Pour les autres, l’étonnement sera certainement plus important dans le bon sens ou le mauvais car les choix faits par le groupe en matière d’instrumentations peuvent autant plaire que déplaire. Dans tous les cas, voilà un album qui ne devrait pas laisser indifférent.

    Tracklist :

    1. Sur les stèles des soleils entrevus, ou le châtiment de Neptune (10:55)
    2. Fragments de Poseidonis – d’après Atlantide de Clark Ashton Smith (08:20)
    3. Mare Tranquillitatis (02:05)
    4. La traversée (04:02)
    5. Naufragés de l’océan d’Onyx (08:01)
    6. Le vent des éternels (06:27)

    Line-up : Einsiedler – Basse / Phobos – Chant / Chazoul – Guitares, synthétiseurs, thérémine / Kryos – Batterie.

    Liens :
    https://etoilefilante-northernsilence.bandcamp.com/album/mare-tranquillitatis
    https://www.deezer.com/fr/artist/83920992?autoplay=true
    https://www.facebook.com/Etoile.Filante.France
    https://www.instagram.com/etoilefilante_blackmetal