Paradox – Mysterium (2025)

Genre : Speed Thrash Metal
Label : High Roller Records
Sortie : 26 Septembre 2025

Note :  95/100 (WvG)

Une bonne grosse tarte dans la tronche distribuée par une grosse main calleuse qui vous caresse la joue comme un Mach 3 de Gillette mais ne garde du nom de ce rasoir que la vitesse pour vous l’envoyer s’encastrer dans un mur, ça vous tente ? Bien… Parlons donc de Mysterium de Paradox.

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Situons rapidement – puisque je découvre un groupe qui agit pourtant depuis une quarantaine d’années… Comme quoi, il n’est jamais trop tard pour découvrir des trucs… –, Paradox, c’est le grand bébé de Charly Steinhauer, mastermind et faiseur de tout sauf l’artwork, la batterie ([bien] programmée) et le mastering pour cet album. Pour décrire assez simplement, parce que rien n’est vraiment simple avec cet album, on se trouve dans un style Speed Thrash Melodic Metal, comme si Kreator et Blind Guardian s’étaient acoquinés pour engendrer cet album ; je choisis évidemment ces groupes en lien avec leur nationalité commune, allemande donc, puisque c’est de la Germanie que provient ce projet, mais aussi pour l’agressivité du premier et l’harmonisation des guitares et backing vocals, occasionnellement, ainsi que le relief narratif du second.

Par conséquent, c’est rageux, dynamique, rapide, rentre-dedans, efficace, brutal mais l’aspect mélodique fait mieux passer la mandale, comme la senteur éphémère d’une petite crème au jojoba au moment de l’impact, quand la mandibule se déboite. Avantage non négligeable, contrairement au Gillette plus haut, ce n’est pas rasoir, pas rébarbatif en somme : ça peut être très speed comme mid tempo comme slow tempo dans un même (long) morceau – seules « Grief » et « Tungunska » sont au format une-minute-plus et servent de transition/interlude – ou même sur l’entièreté des cinquante-sept minutes que compte l’album. Les mélodies sont tout autant variées ainsi que les modulations harmoniques, bien loin d’un Thrash standard [que je trouverais] assez binaire dans sa grille d’accords.

Le riffing est pointu et acéré, la voix tranchante comme la troisième lame – celle qui coupe enfin le poil après s’être fait frôler pour que dalle par les deux précédentes – quand celle-ci (assez proche dans certaines intonations ou accentuations de celle d’Hansi Kursch) conserve malgré tout son aspect chantant voire chantable, le grain général, mix et mastering sont pro, les arrangements sont bien pensés, la composition réfléchie et variée, les morceaux ont leur identité propre, l’artwork est classe… Difficile de trouver vraiment un défaut à cet album si ce n’est peut-être sa longueur pour le style musical, et encore…

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Camarade thrasheux arborant fièrement ta veste à patches, je te recommande chaudement l’utilisation de cet ustensile aiguisé qu’est la galette floquée Mysterium par le truchement de laquelle tu pourras aisément te débarrasser de ta barbe de trois jours. Attention cependant, tu pourrais y laisser une couche d’épiderme plus profonde que la dernière condamnée par les UV lors de ton dernier fest, voire ne conserver que ton crâne si ta mâchoire était encore en état de fonctionnement après cette grosse baffe dans ton faciès buriné. Un album au poil, quoi…

Tracklist :

01 – Kholat

02 – Abyss of Pain and Fear

03 – Grief

04 – Those Who Resist

05 – One Way Ticket to Die

06 – Pile of Shame

07 – Tunguska

08 – Fragrance of Violence

09 – Mysterium

10 – The Demon God

11 – Within the Realms of Gray (CD Bonus)
 

Line-up :

Charly Steinhauer – All instruments

Liens :

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