Le Ferrailleur (Nantes, 44)
Dimanche 1er février 2026Texte : Vincehead
Vidéos : Vincehead pour Once Upon a Live
Je place le contexte, lors d’une soirée gentiment arrosée, trop arrosée, la miss Migou me propose ou c’est moi, va savoir Charles, de faire des kroniks ou des reports pour le Webzine dans lequel elle officie, et vala le résultat. Je m’improvise grand reporter et je m’y colle pour le concert organisé par Cash Pistache X Stronger Bookings, soirée Hardcore au Ferrailleur à Nantes.
Ça fait une paye que je n’ai pas fait un pur concert HxC, du coup mes réfs vont vous paraître anciennes mais elles le sont 😉
L’affiche comprend 6 groupes, les locaux de Brasiers et Unsafe, les Japonais de Brave Out, les Ricains Odd Man Out, les Suédois de Speedway et les Ricains de Combust. Pour une belle affiche, c’est une belle affiche.
Arrivé sur place je constate que pour un gromanche, il y a pas mal de monde et cela va continuer de se remplir petit à petit, le début étant programmé à 19h00.
J’ai réagi trop tard en me disant que si je chopais les groupes en vidéo ça serait pas mal. Du coup j’ai choppé que les 4 derniers groupes. Je m’excuse auprès des 2 groupes locaux, ce n’est bien évidemment pas intentionnel, je n’ai jamais fait de différence entre groupe français et étranger, y’a juste que j’ai pas percuté assez vite. Bon en même temps vu la qualité des vidéos…
Brasiers a la difficile tâche d’ouvrir les festivités et donc de chauffer la salle. Les gars se décrivent comme du Hardcore Metallique, en vrai on lorgne plus sur du Metalcore. Le look et la reprise de Knocked Loose confirment mon impression. Juste un truc : 2 intros qui se succèdent, je trouve que ça ne sert à rien. Avant leur arrivée sur scène, une musique à base de piano et une fois sur scène, à la place d’enquiller, ils refont une intro musicale. Un peu vain à mon goût.
Une fois démarré pour de vrai, les 5 gaziers font le taff, après je vais être clair, c’est un style que j’apprécie pas plus que ça. Leur musique est à mon sens beaucoup trop basé sur des breaks, ce qui fait que j’ai du mal à rentrer dedans tant les changements de plans, rythmes sont fréquents. Pour autant nous ne sommes pas sur du Hardcore chaotique à la Dillinger Escape Plan ou Converge, sinon ça me l’aurait fait direct. Quoi qu’il en soit, une partie du public réagit et anime le pit, moulinets, coups pieds sautés sont au programme sans pour autant bousculer les personnes autours, ce que j’apprécie particulièrement. On ne va pas se mentir, je n’ai rien contre le violent dancing à partir du moment où c’est maîtrisé et que ça ne se transforme pas en agression envers du public qui n’a rien demandé.
Pour un groupe qui a un an d’existence, l’histoire est bien rodée, ils jouent des morceaux de leur EP sorti l’année dernière et en plus d’une cover, nous gratifient d’un nouveau morceau. Petite particularité, le chant est en français. Avant de finir leur prestation, le chanteur remercie l’orga, le public et nous enjoint de faire attention au retour du fascisme dans nos belles contrées. Un dernier morceau qui traite de ce sujet et l’histoire est pliée en 20 minutes top chrono.
Unsafe prend le relai. Pareil que leurs compères de Brasiers, ils se décrivent comme du Hardcore Metallique. En discutant après le concert avec le chanteur, ils se voient plus comme du Metalcore. Personnellement j’ai trouvé leurs compos beaucoup plus intéressantes que ce que j’entends habituellement dans ce style. En vrai, si j’avais une comparaison à faire, je collerais ça beaucoup plus proche d’un Will Haven.
Bien sûr il y a toujours les rythmiques typiques du genre, mais sur les passages mélodiques, ils font preuve d’une noirceur et d’une belle maîtrise en matière de tension. Le guitariste tire vraiment son épingle du jeu avec des arpèges vraiment inspirés, limite Noise par moment. Seul petit bémol, au début de leur prestation, la basse était vraiment sous-mixée et vu que l’on a à faire à un guitare / basse / batterie / chant, il y a un petit manque au démarrage qui se corrigera sur la deuxième moitié de leur set. La rythmique retrouve donc tout son éclat afin d’appuyer les digressions de la guitare.
Le chanteur est en très grande forme, il descend plusieurs fois dans le pit et se fait même surprendre en se faisant porter par le public ce qui ne l’empêchera pas de continuer à chanter. Ils expédient leur set en une petite demi-heure. S’ils continuent sur cette lancée, en s’écartant des poncifs du genre, cela va être intéressant à suivre.
Les Japonais d’Osaka, Brave Out, sont les suivants. A priori c’est leur 1ʳᵉ visite dans nos contrées et ça se voit, ils sont ravis d’être là et font preuve d’une énergie débordante et très communicative, le pit devient rapidement une fournaise.
C’est toujours bien d’être là quand un groupe étranger se produit pour la 1ʳᵉ fois, ça décuple leur appétit. Les 5 gars nous délivrent un Hardcore Old School de très bonne facture, rien de bien original mais exécuté avec une sincérité qui fait toujours la différence. Du Youth Crew pur jus ! Les morceaux ne dépassant pas les 2 minutes, partie rapide s’enchaînant avec des breaks mid-tempo du plus bel effet, avec en sus quelques passages basse / batterie pour ajouter au groove. Le chanteur a une belle prestance sur scène et confirme entre les morceaux leur plaisir d’être présent et d’être sur la tournée avec les 3 autres groupes qui se produiront après. Je lui ai trouvé quelques intonations à la Ray Cappo. Ils envoient leur set en moins de 20 minutes : 6 minutes à burnes, pause et discours, 6 minutes à burnes, pause et discours, 6 minutes à burne et bim l’affaire est pliée et grandement pliée. Les gaziers ont collé la banane à toute la salle. Positive Mental Attitude des grands jours !
C’est au tour des Ricains de Seattle Odd Man Out de prendre d’assaut la scène. Ici point de Grunge mais bien un New York Hardcore ultra-efficace. Le public se déchaîne à nouveau. Le son se fait nettement plus brutal et lourd. Mais on reste sur un HxC basique qui, comme leurs compères de Brave Out, enchaîne partie rapide et break du plus bel effet. Apparemment tout le groupe n’a pas pu se déplacer, vu que l’on retrouve aux guitares et à la batterie les gars de Brave Out. Il n’y a donc que l’imposant bassiste et le chanteur du groupe original. Rien de bien surprenant vu que les 2 groupes partagent un split sorti l’année dernière, et je vous conseille, si vous êtes amateur de Hardcore à l’ancienne, de la chopper, ça envoie grave.
Petit moment amusant, le chanteur demande au public entre 2 morceaux s’il y a des Straight Edge dans la salle. Un léger vent s’installe qui le fait rire tellement y’a zéro personne qui suit ce mouvement. Ça ne l’empêche pas de remercier le public, l’orga et de préciser le caractère international de l’affiche. Sûrement un clin d’œil au climat actuel de son pays. Le set passe à la vitesse de l’éclair et malgré le côté classique du genre, arrive à apporter des nuances qui en font un moment jamais lassant. Ils nous la collent en 20 minutes comme leurs kamarades.
Les Suédois de Stockholm Speedway investissent la scène et on sent dans le public une certaine excitation. Beaucoup avoueront être venu pour eux. C’est le groupe le plus mélodique de la soirée, et en vrai c’est une bonne grosse mandale que l’on se prend. Ça envoie du steak grave ! Vous prenez Turbonegro, vous rajouter un zeste de Rocket From The Crypt pour les solos, vous multiplier le tempo par 2 voire 3 et vous avez la recette parfaite pour un putain de moment R’n’R. Les morceaux ne dépassant que très rarement les 2 minutes, ça donne des compos racées et ultra-efficaces. Les mélodies sont top, les breaks font l’effet de reprises de volées. Très clairement les mecs régalent ce soir !
L’attitude reste Hardcore mais les gars sont des rockers. Je ne sais pas si ce sont leurs compatriotes de Refused qui leur ont donné ce goût pour insuffler ce côté dans leurs compos mais ça le fait. Ça me fait penser à Jr Ewing dans le mélange HxC mix R’n’R. Dans le pit la chaleur monte d’un cran et c’est la grosse teuf qui s’installe. Comme leurs kamarades de tournée, le chanteur les remercie et on sent une belle ambiance entre eux. Ça ne trompe pas, à chaque groupe qui se produit, les autres membres de la tournée sont derrière les amplis. Les 5 gars mettent une branlée à tout le monde en 20 minutes.
Et pour finir la soirée, les Ricains de New York : Combust.
Fort d’un album sorti l’année dernière, représentant d’un N.Y. Hardcore à l’ancienne, lorgnant vers la fin des années 80 et le début des années 90, avec un son abrasif et lourd, leur Hardcore se teinte de Crossover Thrash pour une efficacité redoutable. Partie de chant limite rappé, rythmiques au groove imparable, gros refrains, seul groupe ce soir avec un micro pour les chœurs, mosh part, singalong, le tout exécuté avec une grosse énergie. Il y a du Cro-Mags, du Crown Of Thornz (le chanteur fait un feat sur le dernier album), des modèles du genre.
Au 3ème morceau, un roadie amène une enceinte pour bloquer la grosse caisse tellement le batteur envoie comme un fou. Le chanteur ne s’économise pas et encourage le public à poursuivre ses efforts pour que l’ambiance ne faiblisse pas. Il rappelle également le côté communautaire du HxC et l’importance de cette musique dans sa vie. Il invite d’ailleurs le public à monter sur scène qui se retrouve rapidement investi. Les 5 coreux mettent la guerre et nous délivrent un très bon set, avec une vraie attitude positive. Si vous ne l’avez pas déjà fait et que vous êtes fan de New York Hardcore pur jus, je vous conseille leurs 2 albums. Nous avons droit à une demi-heure de set plus un rappel. Le pit sort rincé mais heureux.
Petite anecdote supplémentaire, le running order de la soirée est affiché à plusieurs endroits de la salle et les 6 groupes ont plié la soirée à 23h00 alors que Combust est annoncé à 23h10. C’est bien la première fois que je vois un concert avec 6 groupes qui prend autant d’avance. La norme c’est du retard, du retard, du retard. En vrai j’ai trouvé intelligent de la part des groupes de faire des sets ultras courts, ça a permis à aucun moment de s’ennuyer et d’enchainer dans la pure tradition d’un concert Hardcore à l’ancienne.
Avec tout ça j’ai passé une excellente soirée et je ne suis pas le seul au vu des conversations à la sortie. Bravo aux organisateurs pour cette date, bravo au public pour avoir été là aussi nombreux en fin de semaine et pour l’attitude positive. A priori et à vue de nez entre 200 et 250 personnes.
Lien vidéo BRAVE OUT / ODD MAN OUT / SPEEDWAY / COMBUST :
Crédit vidéo : Vincehead pour Once Upon a Live









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