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Cryptic Process – Gulps (2026)

Genre : Brutal Death Metal grindcorisé

Label : Crypt Of Dr. Gore

Date : 30 Novembre 2025

Note : 90/100 (Mémé Migou)


*D’une voix enrobante façon Macha Béranger *

3 P’tits chats, 3 p’tits chats, 3 p’tits chats chats chats… (non, ils sont 2!)

Chapeau D’paille, chapeau d’paille, chapeau d’paille paille paille…

Enfin plutôt « maison d’paille »… celle des 3 p’tits cochons… Enfin, 2 ! Ils sont 2 ! Dont 1 seul qui gruiiiiik à souhait face à la brutalité du grand méchant Death Metal qui souffle sa p’tite mélopée grindcorisée.

Attendez… Pause… Laissez-moi boire une gorgée d’eau (quoi, c’est de la gnôle ? Allons donc ! ), j’ai un chaton mignon coincé dans la gorge… GulpsGulpsGulps… Ah ! Voilà qui va un peu mieux !

C’est que, voyez-vous, la pilule est un peu difficile à avaler. Il y a peu, je prenais la parole pour défendre ces 2 mignons chatons lors du célèbre procès Cryptic Process. Souvenez-vous, ils n’avaient rien trouvé de mieux, Ugo et Dam, que de proposer des  Human Snacks, pensant que ces bouchées allaient passer easy pour la simple et bonne raison que c’était en anglais.

*Gueule bien fort *

ON NE MANGE PAS LES HUMAINS ! Combien de fois faudra-t-il le répéter, bon sang ?!

*Revient à sa douce voix posée *

Ainsi donc, j’avais pris la voix de la défense. Et pour me remercier, que font-ils ?! Ils réitèrent !

*Marmonnant *

J’vous jure ! Les gars, ils recommencent et ils vont encore plus loin. On les entend avaler les os, boire les fluides et même… lécher la boue ! Comment défendre ce duo valenciennois ?!

Ma foi, vous savez quoi ? Il n’a pas à être défendu. Car en réalité, j’ai bien envie de succomber à cette mode culinauditive qu’il nous impose presque avec poigne et force de riffs.

De riffs ? Oui mais pas que… C’est une débauche de techniques qu’il vous fourre dans le gosier (vous comprenez mieux pourquoi j’ai besoin de gnô.. euh… d’eau, pour avaler). Dès le premier titre, tout y passe, l’assiette et les couverts avec !

Crédit photo : Concert à La Bratcave (Lille) – 18/10/24 – auteur je sais pas c’est pas mentionné


Nan mais sérieusement… ce « Cryptalepsy » est un véritable étouffe-chrétien. Mais, dans le bon sens du terme. C’est dense, technique (poke pour notre Pouletto : ça zwiiip de la guitare), rentre-dedans, ça gruik, ça glougloute, ça greuuuuh. Ainsi donc, que ce soit Ugo qui gère le côté instrumental ou Dam qui fait étalage de ses techniques vocales, la boutique est hyper bien achalandée. C’est à la fois propre et sale, une pâtisserie familiale destructurée et agrémentée de p’tites bestioles pour faire craquer sous le dentier à Mémé. Et dans « Cryptalepsy », on entend Cryptopsy pour lequel on peut faire des rapprochements.


*Se tourne vers Pouletto Demoniako* Dis-moi Pouletto, en quoi pouvons-nous faire des liens entre Cryptic Process et Cryptopsy ?

« C’est pour le côté assez barré de compos, des compos à tiroirs, on passe d’un riff à l’autre, ce côté un peu chaotique, un peu destructuré. Ils aiment bien aussi créer un peu des trucs pas forcément dissonants mais un peu plus jazzy. Ouais c’est dissonant, le jazz y a beaucoup de choses comme ça. Le but est de faire une gamme qui peu ou prou n’a rien à voir avec ce que t’as fait précédemment, donc… Le jazz, c’est dissonant par définition. Mais avec certaines règles. Et Cryptospy, ils ont ce jeu là, en fait. Ils sont très jazzy dans leur approche depuis le 2ème album et dans Cryptic Process, il y a cette approche et ça donne un côté à la fois dissonant et fou, un peu hystérique, car comme c’est joué de manière très rapide etc., c’est pas de la dissonance pour créer une ambiance, ça va être de la dissonance qui va être tout au long des riffs, qui va s’enchaîner et du coup ça va créer une impression d’hystérie. Et Cryptopsy, moi je trouve que c’est Brutal Death Hystérique, surtout sur None so Live plus particulièrement, et c’est vrai que ça fait tout à fait écho avec ce que fait Cryptic Process. » (Pouletto Demoniako’s speaking)


Ma foi, je suis assez d’accord avec toi, Pouletto. On entend quelques accords jazzy, loin derrière. Également sur les petites dissonances. Et plus encore sur le sentiment d’hystérie. Maintenant, je rajouterai, Cryptopsy mis de côté, des accélérations de malade et à contrario des breaks bien lourds qui tutoient le bon gros death comme on l’aime. Des arrêts minimes avant de relancer la machine, c’est d’une efficacité sans nom. Sur le second titre, « Surlping the sludge », on commence d’ailleurs sur un tempo assez lourd, mais très vite ça accélère au turbo pour retourner dans le poisseux pachydermique. Les changements de voix côtoient ceux de la rythmique. Et pour ma part, j’entends aussi dans certaines voix, un peu de Cattle Decapitation… Ce qui n’est pas pour me déplaire !

Crédit photo : JFG Photography


Mention spéciale à Rudi Yanto pour le travail sur le mastering et cet artwork vraiment excellent.

Globalement, les morceaux sont tous sur un format de 3 minutes et des cacahuètes. Les cacahuètes, c’est parce que l’oncle Ben et la tante Nuts sont invités au banquet… Si ce n’est le 5ème titre, « Zölthürax », qui s’ouvre avec une voix trafiquée façon alien… J’avoue, je m’en serais bien passée. Elle me tire de mon trip, même si je comprends le pourquoi du comment.

crédit photo : JFG Photgraphy


Pour résumer la chose, Cryptic Process, avec son Gulps, propose un album violent, technique, foisonnant, tout simplement qui défrise la permanente à Mémé tout en frisant la perfection. Pas une minute d’ennui pour ces 6 titres, dans un genre qui pourrait pourtant vite encrasser les oreilles.

Tracklist : 

01 – Cryptalepsy

02 – Slurping the Sludge

03 – Gulps

04 – Fashion Gruiiik

05 – Zölthürax

06 – Nychtemeral Ordeal

(Wesh ! Nycthémère toi-même ! 😉 )

Line up : 

  • Ugo – Guitares, programmation
  • Dam –  Chants.

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