Genre : Death Melodic Metal
Label : Indé/Autoprod
Sortie : 9 Décembre 2025
Note : 70/100 (WvG)
C’est chiant, les groupes qui ont un patronyme similaire à celui de sites de cryptomonnaie : tu perds un temps monstrueux à trouver des infos et te faire alpaguer par des pages de pub et pourrir ton algorithme, qui te balance par exemple toute une horde de pages sur des évangélistes et autres prêcheurs quand tu as eu l’outrecuidance de commenter un commentaire, sur un objet tout à fait sans rapport, pour faire un oid au fanatique désinformateur matrixé par ses amis imaginaires, argumentant avec force infox et théorie du complot… Ceci dit, je doute que ça ait été l’objectif de EverRise – suivez plutôt les liens en bas de page pour les découvrir, ça vous évitera de devoir un scan de nettoyage pour dépolluer votre moteur de recherche –, groupe toulousain qui a décidé de nous proposer son nouvel album intitulé Lost.
Faut qu’je vous espique, parce que y a à dire sur l’objet et sa problématique :
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Eu égard au fait que je vive reclus dans une caverne, je découvre le groupe ; et je dois déjà saluer un point (et les en remercier), la pertinence de leur démarche de demande de chronique en procurant leurs précédentes productions (et un pressbook plutôt bien chiadé), ce qui permet d’avoir un regard sur leur évolution. Et effet, c’est risqué sur certains pans, celui de la comparaison de manière primordiale, mais d’autant le bienvenu quand l’idée du potentiel du groupe est présente dès After the Eclipse (2018), dans un album qui semble néanmoins fait de bric et de broc, tantôt en anglais tantôt en français (mais avec un titre en anglais, cf. « Anything », une « ballade » death metal, plaisante au demeurant), avec morceaux patchworks (le riff heavy « réinventé » comme on dirait dans les émissions culinaires dans « My Kingdom », euh… WTF ? Plait-il ?) dans un mélange de genres évoquant le Sweddeath de At the Gates voire MPE par moments mais aussi le BM de Behemoth avec une pointe de Prog, symptomatique des groupes qui se cherchent encore et cherchent à se forger une identité sans trop savoir où ils vont, tels des Misanthrope sans feuille de route (ce que m’évoque « Wolf » au niveau du rendu global).
Néanmoins, le constat était flagrant : le son d’ensemble était meilleur, les morceaux moins « banals » (disons « attendus ») dans les idées que le premier album, DawnLight, de 2015, contenant des morceaux plus longs allant de cinq minutes trente à huit minutes et dont je préfère les arrangements plus fouillés et moins agressifs, même si déjà pas mal éculés pour peu qu’on ait une oreille habituée au groupes mélo-sympho, qu’ils soient Dark, Black ou Death. Mais bon, sans grande surprise, la qualité y était déjà du point de vue des instrumentistes, carrés de chez carrés avec une section rythmique ciselée aux petits oignons. Petite préférence pour le morceau « War » mais c’est mon côté dimmuborgirien qui parle.
Arrivé à ce stade, faisons le point : un premier album bavard mais pour pas grand-chose, un deuxième plus affirmatif et tranchant mais peut-être trop synthétique ou taiseux dans ses idées au point de ne pas savoir trop comment les organiser. Passons donc à l’album qui nous intéresse – enfin moi oui, présentement ; vous, ça dépendra…
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Déjà, comment refuser une chronique à un groupe dont le guitariste a joué précédemment dans une formation appelée… Memento Mori ? Hasard certainement du même niveau que celle des sites à bitcoin posé en préambule, parlons avant tout de Lost qui, comme son titre laisse présager, évoque la perte – Noooon ? Sans blague ? – et la disparition, celles de l’esprit (ahhh… la santé mentale… sujet en vogue et tellement d’actualité quand le monde part en couille… j’en parlerai forcément à un moment dans un article à venir), de la vie, de l’existence… Bref, de la joie et de la bonne humeur pleines de couches de peintures et de chamallows à revendre au rendez-vous, vous vous en doutez… et quoi de mieux que de faire supporter à ces paroles un style musical pop et flashy de type Glam ? Bon, on arrête les conneries, on est dans du Death Metal, certes mélodique, mais sombre, sans ambage aucun.
La « couleur » est annoncée dès l’ouverture sur un « Seas » qui révèle (peut-être un peu trop) tôt ses cartes : c’est mélodique, harmonisé à deux guitares, la première dissonance amorce l’idée du virage, l’alternance binaire-ternaire dans la rythmique fait jouer la bipolarité du morceau, la basse pesante se fait équilibrer par la légèreté de la guitare lead avant une entrée de cordes en pizz qui pose un duo de voix claires féminines pour passer au chœur féminin en arrière-plan. Peut-être est-ce un peu rapide de tant offrir déjà ? C’est surement un parti pris intelligent pour éviter la sempiternelle ouverture d’album sur un trip acoustique/orchestral comme ç’aurait été le cas si l’album avait commencé par « Invisible » et son… intro, justement ? Sauf que quand ce deuxième morceau commence, on a désormais une impression de déjà-entendu avec le riffing de « Seas ».
Revenons à « Invisible », deuxième morceau donc (troisième piste si on ôte son introduction) : si vous aimez Mors Principium Est, vous allez a-do-rer ce morceau, qui aurait pu être composé par ce groupe dans la période Liberation = Termination (mon favori dans leur discographie). Forcément, je vais aimer musicalement… mais j’aime quand c’est MPE, pas un groupe qui fait un copié-collé (je ne parle pas de plagiat, loin de là), tout à fait réussi certes mais quasi identique donc…
Subséquemment, arrivé à ce point, je stoppe cette chronique. En effet, EverRise s’est enfin trouvé une identité… mais pas la leur ! S’ensuivent sept autres pistes qui ne seront sans vous évoquer… bah… Mors Principium Est. J’avais déjà ce reproche à faire à Destinity qui outrepassait par moments la comparaison pour se conformer et frôler la copie, mais qui a su se démarquer sur certains aspects ; ici, on est face à un clone et c’est là et pour cette raison que je n’ai pas envie de continuer à pérorer, pour éviter de tailler chaque morceau point par point. Les qualités globales de cet album et ses exécutants sont indéniables : la technicité est présente, la maitrise instrumentale également, les morceaux ont une unité et plus un fil décousu qui part dans tous les sens, la production est soignée au possible comme nécessaire quand on est face à ce style musical qui ne tolère que la précision et la gestion des équilibres (le studio Vamacara a déjà fait ses preuves dans le domaine et il confirme ici) … Mais si je veux écouter un album de MPE, je l’écoute interprété par MPE, pas par EverRise ! Ce qui fait que le morceau le plus « honnête » de cet album est bien « Seas » qui se démarque par son originalité quand le reste, tout qualitatif et agréable soit-il, a déjà été écumé par les mentors spirituels du groupe ; ce que je trouve moins honnête dans la démarche, c’est la tromperie sur la marchandise en mettant en tête de gondole le morceau le plus singulier comme représentatif de l’album [NB : à l’heure où j’écris ces lignes, le second extrait à paraitre est une lyrics video de « Invisible », plus représentative, elle, de l’album]. Il y a nonobstant des moments de grâce un peu plus originaux tant au sein des pistes que dans « Fading Away » qui sert de prélude à « Invisible » mais, dans l’ensemble, impossible de ne pas entendre les maitres à penser bien poncés, et donc en faire abstraction.
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Tomber sur le mauvais site est énervant… Les sites miroir sont une plaie… Mais les groupes miroir également et c’est le vrai reproche que j’ai à faire à Lost d’EverRise, d’être un miroir même pas déformant de ce que Mors Principium Est a proposé (et propose probablement encore, je n’ai pas écouté encore leur dernier opus). En effet, « FFO MPE » comme le précise la fiche : sur ce point, on va être d’accord, sans aucun doute possible… un peu trop peut-être… Des qualités et du talent gâchés à « faire comme », littéralement, ça me dépasse…
Tracklist :
01 – Seas
02 – Fading away
03 – Invisible
04 – Brothers
05 – One sword, two sides
06 – The darkest re-evolution
07 – Cowards
08 – Melody of death
09 – My shelter
10. The dream that should not be
Line-up :
Benjamin – Chant
Laurent – Basse
Fabrice – Batterie
Stéphane – Guitares
Patrice – Guitares









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