Live Report – Motocultor 2024/J2

Live report de la 2ème journée
du MOTOCULTOR 2024
Carhaix (29)

Textes de Bruno Guézennec et Seb D.
Crédits vidéos : Bruno Guézennec

N’ayant pas sollicité d’accréditations, c’est en qualité de festivaliers que nos deux comparses, Bruno et Sébastien ont arpenté les scènes du Motocultor édition 2024. Ils vous livrent ici leurs impressions.

Vendredi 16 août 2024

KARRAS

Bruno : Pas le temps de souffler vendredi que l’on prend directement KARRAS dans la tronche. Toujours aussi efficace, le trio avec Yann, guitare (Mass Hysteria), Etienne, batterie (ex-Aqme) et Diego basse/chant vous prend à la gorge et ne vous lâche plus. C’est rapide, puissant et il ne sonne pas tout à fait comme les autres groupes de grind. A noter la vie dangereuse des gars de la sécu, quand Diego s’est appuyé un peu fort sur un retour qui se trouvait en bord de scène. L’enceinte a heureusement été retenue dans sa chute, vers le mec de la sécu qui se trouvait en dessous, par les câbles de branchement.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

INHUMATE

Bruno : Erreur d’aiguillage ensuite puisque je suis resté sur la scène attenante ou le groupe strasbourgeois INHUMATE, donnait son 1er concert en Bretagne. Du grindcore bon teint, qui ne se prend pas la tête, avec un chanteur totalement naturel « Y’en a sûrement qui n’aime pas trop le Grind, on s’en fout, venez faire la fête… »
Je serais bien resté plus que 3 titres, mais j’avais décidé d’aller sous la Massey Ferguscène.

HIPPOTRAKTOR

Bruno : Donc remontée vers la tente pour assister au show des belges d’HIPPOTRAKTOR qui malgré leur nom à la con reste une belle surprise avec leur metal progressif puissant. Gros son, belles mélodies, bonne présence sur scène et un chanteur, parlant français, qui se tient un peu en retrait et dirigé bizarrement vers le côté de la scène au lieu de faire face au public ? Étonnant.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

SLOW FALL

Bruno : Changement de tente et un des deux seuls moments du week-end où j’allais passer 2 concerts de suite à couvert. Enfin où j’aurais dû passer 2 concerts de suite, parce que c’est SLOW FALL qui a investi la Bruce Dickinscène et j’ai senti dès le 1er titre que ça n’allait pas le faire avec leur espèce de Death, avec voix claire, et synthé trop présent. J’ai tenu 3 titres avant de m’enfuir avec Mémé Migou qui n’était pas loin et qui, elle aussi, trouvait ça chiant. En fait on s’est retrouvé à 3 à se barrer, puisqu’avec Pierre-Lou (guitariste d’Infern) on s’est regroupé sous la tente du merch groupes/dédicaces pour papoter un peu en attendant INCANTATION.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

INCANTATION

Bruno : Le groupe de Death américain a donné un bon concert, mais je n’ai pas trouvé cela extraordinaire non plus, je ne m’attendais pas à plus remarquez. C’était sympa, je ne me suis pas ennuyé, le chanteur étant vraiment investi, avec une très bonne communication avec le public.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

INFECTED RAIN

Bruno : Choix suivant Infected Rain ou Eihwar ! Ah oui, j’ai oublié de vous préciser que pratiquement toute la journée sous la Bruce Dickinscène était journée tambourin (Folk, Pagan…) et je ne supporte pas les groupes à tambourin (surtout sans guitares) donc le choix se limitait à la mainstage (Dave Mustage) à chaque fois. Et sur la mainstage c’était INFECTED RAIN, une sorte de metalcore, avec chanteuse, totalement inintéressant pour moi. J’ai tenu 3 titres avant de partir. J’ai abandonné plus de concerts pendant de ce Motocultor qu’au cours des 30 années précédentes !

HEXIS

Bruno : Horaire suivant, HEXIS sur la Supositor, un groupe qui m’avait paru intéressant après avoir écouté vite fait un titre début de semaine, mais sans approfondir plus que ça, j’aime bien découvrir les groupes sur scène.
Et là grosse tarte dans la tronche ! Leur black/sludge/hardcore m’a littéralemen transporté, c’était violent, intense, assez déjanté avec un chanteur en jogging/kway qui soufflait comme un bœuf en permanence et qui a fini le show en slam dans le public. Grosse perf des danois. Il faut vraiment qu’ils repassent rapidement dans le coin, que j’ai la chance de les revoir.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

NOVA TWINS

Bruno : Changement complet avec NOVA TWINS. Pas très motivé pour aller les voir, mais au final j’ai passé 45 minutes plutôt sympa, avec le trio qui se compose d’un batteur, d’une chanteuse et d’une bassiste qui doit avoir un rack d’effets totalement délirant vu le nombre de sons différents et surprenants qu’elle a fait sortir de son instrument.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

1914

Bruno : Retour sur la Supositor pour un des évènements de cette édition : pouvoir assister à un concert de 1914, le groupe de Black ukrainien, qui avait dû annuler à de nombreuses reprises leurs participations au Motoc ou au Hellfest. Quel plaisir de pouvoir enfin écouter les titres du dernier album en version live (5 titres sur les 8 du concert). Le groupe a assuré, avec une longue présence du chanteur Dmytro Ternuscak au sein du public, avec sa tenue couverte de boue.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

BEAST IN BLACK

Bruno : Redescente immédiate avec BEAST IN BLACK et son Power Metal que j’ai très rapidement trouvé insupportable. Je suis courageusement resté 3 titres avant de partir. Je ne suis pas du genre à me barrer pendant un concert mais quand ça ne passe pas, et bien… ça ne passe pas !

Seb : Après une bonne journée de boulot, je refais route en direction de Carhaix. J’arrive sur le site aux alentours de 19h. Je rejoins une partie des potes pour boire une bière et avoir leurs retours sur les concerts qui se sont déroulés depuis le début de la journée. Puis, je me dirige vers la Dave Mustage pour voir la fin du show de BEAST IN BLACK, plus par curiosité que par intérêt. Du Power Metal sympathique mais pas foufou. Mais il faut avouer que ça joue hyper bien.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

LEFT TO DIE

Seb : Vient ensuite le tour de LEFT TO DIE. Groupe rendant hommage à l’œuvre du regretté Chuck Schuldiner et à son cultissime DEATH. La tournée qu’effectue le groupe en ce moment se concentre exclusivement sur deux albums : Scream Bloody Gore et Leprosy. Les musiciens nous éblouissent par leur talent et une insolente maîtrise technique tandis que le chanteur est un véritable clone vocal du légendaire Chuck que ça en devient troublant. C’est bien simple, si on ferme les yeux, on a la sensation de vivre un vrai concert du groupe DEATH. Les cinquante minutes passent à une vitesse folle et je sais déjà que ce concert restera l’un des moments forts du festival.

Bruno : Un Mémé Patate plus tard, je rejoins la Supositor pour LEFT TO DIE, le groupe hommage au Death de Chuck Schuldiner. C’est propre, carré, ça a envoyé du Death old school pendant 50 mn avec un paquet de classiques. Très efficace.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

KK’S PRIEST

Bruno : Petit trajet sur la droite pour se poster devant le Heavy Metal de KK’S PRIEST, qui a joué des titres de ses 2 albums et bien sûr un paquet de classiques de Judas Priest : The ripper, Night crawler, Hell patrol, Breaking the law, Sinner, Burn in hell, et les cover des reprises de Judas : The green manalishi (Fleetwood Mac), Diamond and rust (Joan Baez). Bref, du très lourd avec un KK Downing qui n’a pas tiré la couverture à lui et un Tim « Ripper » Owen en forme. Belle prestation pour les fans de heavy metal.

Seb : Après cette grosse claque, je me dis que le groupe suivant va avoir du mal à atteindre un tel niveau. A ce moment-là, je ne sais pas encore que je vais assister à ce qui sera pour moi le meilleur concert du Motoc cuvée 2024. KK’S PRIEST, c’est la réunion de deux anciens membres de JUDAS PRIEST, à savoir K.K. Downing, guitariste du légendaire combo Heavy Metal de 1970 jusqu’à 2011 et de Tim « Ripper » Owens, chanteur remplaçant de Rob Halford lorsque ce dernier avait quitté le groupe entre 1996 et 2003. Ce serait mentir de dire que la majorité du public attend de ce concert plusieurs reprises de JUDAS PRIEST. De ce côté-là, on est très bien servis : « The Ripper », « Hell Patrol », « Breaking The Law » etc. Et même un sublime « Burn in Hell » exhumé de l’album Jugulator qu’un Tim à la voix impeccable interprète avec force et conviction, faisant reprendre le refrain au public. J’en ai eu des frissons. Les titres des deux albums de KK’S PRIEST ne dénotent absolument pas dans cette setlist. Pour le final, le groupe fait monter la pression. On entend des voix dans le public réclamant un « Painkiller » mais ce sera avec un « Sinner » impeccablement interprété que le groupe finit par nous achever.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

MYRATH

Seb : Pour se remettre d’un tel moment, j’ai deux options : voir le concert de MYRATH ou rejoindre un ami et ses potes pour aller boire une bière. Je choisis la seconde car la tente où se produit le groupe franco-tunisien est pleine comme un œuf.

Bruno : J’avais loupé MYRATH au Hellfest pour cause de Temple complètement blindé, impossible d’entrer sous la tente. Je suis donc parti rapidement dès la fin de KK Priest pour rejoindre la tente Massey Ferguscène, malgré cela il y avait déjà un paquet de monde. J’ai réussi à me faufiler pour trouver un endroit acceptable pour assister à la belle prestation des tunisiens. Ce n’est pas le style de musique que j’écoute régulièrement, mais live leur hard/heavy teinté d’influences orientales offre un beau moment. Il n’y avait pas les cracheurs de feu comme à Clisson, mais la danseuse orientale était bien présente avec sa débauche de tissus virevoltants qui apportent un plus visuel.

OPETH

Bruno : OPETH, pour moi c’est un peu à double tranchant, autant j’aime les 9 premiers albums (entre 1995 et 2008) autant je déteste la période 2011/2019 (4 albums). Pour celui qui sort cette année, j’attends pour voir.
Et bien vous savez quoi, ils n’ont joué que des titres de la période 95/08, à part la reprise de quelques secondes (extended version ) du You suffer de Napalm Death.
Malgré cela je garde un souvenir mitigé du concert en partie à cause du son de basse absolument dégueulasse qui a ruiné les 2 premiers titres du show avec un ronflement sursaturé qui bouffait tout et qui s’est à peine amélioré ensuite. Catastrophique. J’étais un peu sur la gauche de la scène, je ne sais pas si c’était partout pareil ?
Mikael Akerfeldt est beaucoup trop bavard, il est intéressant et à un humour assez froid, mais pitié pas pendant un festival ou la prestation est réduite à 1h15. Un peu énervant sur la longueur.
Je garde un souvenir formidable de leur venue dans la vieille salle Antipode à Rennes en 2003, un peu plus mitigé de ce concert à Carhaix.

Seb : Vient le temps de la tête d’affiche du jour : OPETH. Bien qu’ayant lâché l’affaire sur album depuis un petit moment déjà, les Suédois sont toujours excellents en live. Et ils vont encore le prouver ce soir. Mais, je ne sais pas pourquoi, j’ai du mal à entrer totalement dans le show. Sont-ce les longs moments de calme percés de temps en temps par des fulgurances bien trop rares tel que « The Drapery Falls » ? La claque reçue par un KK’S PRIEST magistral juste avant ? La pluie ? Je ne saurais le dire. Un concert pas désagréable pour autant mais pas marquant non plus.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

AURA NOIR

Bruno : Avant-dernier show de la journée avec le Black Metal d’AURA NOIR, qui était passé au Courts Of Chaos en 2018. C’est pas mal, sans plus, on ne peut pas dire que j’en garderai un souvenir impérissable. Ça fait le boulot quand même, mais m’a manqué le petit truc pour faire réellement décoller le show.

Seb : Ensuite, ne voyant plus grand-chose qui m’intéresse, je flâne sur le site en écoutant AURA NOIR de loin… et qui, à ma grande surprise, sonne bien mieux que lorsque je les avais vus en 2018 au Tyrant Fest. Je tente même pour la troisième fois IGORRR mais il n’y a rien à faire, je suis totalement hermétique à la musique du groupe.

Clap de fin de cette courte journée. En tout cas sur le site car au campement, la nuit est loin d’être terminée.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

IGORRR

Bruno : Final avec l’Ovni musical IGORRR qui a fait le plein devant la mainstage avec son Metal/Electro/Classique/Death/Black/Musique Baroque/ajoutez ce que vous voulez de toute façon il le fait.
Toujours aussi barré.
Un truc cependant, le final avec Gautier Serre et ses synthés/samples, tout seul pendant 5 ou 6 mn à la fin, et bien c’est aussi chiant qu’un solo de batterie dans les années 70 !

Fin d’une journée bien remplie, malgré quelques trous dans la programmation (INFECTED RAIN, BEAST IN BLACK).

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

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