Jour 1
Samaïn Fest – (La Mézière – 35)
24 et 25 octobre 2025
Texte : Bruno G. Et Mémé Migou
Photos : Mémé Migou
Vidéos : Bruno Guézennec
Certains arrivent en cours de route dans un festival, soit parce qu’ils travaillent, soit par qu’ils ont du mal à arriver à l’heure. Ou lors parce que ce sont les groupes les plus connus qui les intéressent ou les groupes avec lesquels ils ont une affinité particulière.
Et bien c’est souvent dommage, car les bonnes surprises de début de festival sont légions et quelques fois on ne s’y attend pas vraiment – d’où le principe de la surprise, autrement ce n’en serait pas vraiment une, faut être logique.

Prenons par exemple Xannax, outre le fait que le groupe ait un nom de médicament, qu’ils ne soient que 2 sur scène et que ce soit une toute jeune formation, cela ne les a pas empêché de délivrer un set tout à fait remarquable en ouverture du Samain Fest 2025 (Alors là, attention… le festval en lui-même commence avec Xannax… Mais on n’oublie pas la warm up de la veille, plus unplugged mais de qualité qui fera l’objet également de son petit report !)

Un énorme son de guitare, un batteur qui remplit bien l’espace, une énergie communicative et un mélange de rock psychédélique, stoner, grunge avec une guitare qui fuzz dans tous les sens, tout cela pour une prestation instrumentale qui a ravi les spectateurs présents.
Les 2 frangins font le taff et le font bien. Les absents ont eu tord, surtout que le groupe se fait assez rare en concert pour l’instant.

On peut par ailleurs souligner que ces formations en mode duo se font de plus en plus présentes sur nos scènes et à l’instar du power trio qui avait une réputation de triangulation au cordeau frisant le nombre d’or, les duos se font une belle place au soleil avec une débauche d’énergie que les autres peuvent à juste titre leur envier.




Changement de programme avec Mezel puisque le groupe costarmoricain propose du Black Metal symphonique. Le quintette a un nom qui commence à circuler de plus en plus dans les milieux autorisés. Cette expression, ça fait genre les mecs (et les meufs !) qui sont au courant d’un secret bien gardé, alors que la qualité des précédentes prestations de Mezel n’en est plus un pour personne !

Le Samain offrait à la formation la possibilité de se produire sur une grande et belle scène, spacieuse, à la sonorisation irréprochable, pour mettre en avant les subtilités de leurs morceaux. Deux guitares, basse, batterie, chant et claviers omniprésents s’accommodent mal, en effet, d’un son moyen, ou approximatif, qui peut vite transformer leurs compos ciselées, en une bouillie sonore, ce qui est heureusement n’était pas le cas, ce vendredi soir.

David (chant) en maître de cérémonie, très expressif et impliqué, avec sa traditionnelle soutane noire à embarqué le public présent dans l’univers sombre et inquiétant qui sied au style que le groupe lui-même définit en Spectral Black Metal. Niveau scénographie, il y avait d’ailleurs de petites nouveautés, dont ce pied de micro supportant force crâne et gris-gris. Attention, n’enlevons pas aux autres membres la qualité musicale autant que scénique. On pense au bassiste qui donne de sa personne, les yeux révulsés…

Les compos du groupe sont efficaces et on les attend désespérément sur LP depuis de longs mois. Pour l’instant seul 3 titres sont disponibles sur leur Bandcamp : « Dissociation divine » et 2 autres morceaux que le groupe ne joue plus en concert.
Une prestation qui impose une nouvelle fois le combo du 22 dans ce qui se fait de mieux en Black Metal en Bretagne.
















Aetheria Conscientia, avec un nom comme cela, un bon pourcentage de ceux ayant pris leur place pour ce beau festival était incapable de le prononcer correctement voir même de s’en rappeler… Et pourtant ! Ce groupe est une des raisons principales de ma [NDLR : Bruno G’s speaking] présence en ce vendredi.

Leur 3ème album, The Blossoming paru en juin 2024 est une merveille de Black Metal progressif que l’on peut qualifier aussi d’expérimental. Fin, racé, élégant avec la présence d’un saxophone, qui au passage est très loin d’être mon instrument de prédilection, mais qui est employé d’une telle façon qu’il en devient totalement indispensable. On n’a pas oublié l’engouement de notre chroniquer LB D, qui avait placé l’album en AOTY !

Le concert des nantais à répondu à toutes mes attentes, retranscrivant tout ce qui fait la beauté de leur compositions avec le petit truc en plus qui fait que l’ont prend sa place pour les voir en concert : Paul Breheret -chant/clavier/percussion-, totalement survolté et avec une attitude qui fait penser a un habitué de la scène Hardcore quand il s’empare du micro ; et les parties de saxo subtiles et apaisantes de Guru Pope (déjà présent sur le LP), dans un esprit jazz/musique orientale. Le chant étant partagé entre Paul et Tristan Brachi, le guitariste du groupe.

Aetheria Conscientia nous a embarqué dans un long (45 minutes hélas seulement) et beau voyage où il suffisait de fermer les yeux pour voyager aussi loin que les histoires qu’ils narrent et qui racontent les aventures de ce qu’il reste de l’humanité, recluse dans une cité spatiale voyageant à travers l’espace.
Un grand et beau moment, et un groupe que je souhaite revoir d’urgence.












Que dire de plus de la qualité de la programmation du Samain en ce vendredi si on vous dit qu’après Aetheria Conscientia ce sont les frangins bretons Goëllan Duvivier qui montaient sur scène.
Bon ok, dit comme ça c’est sûr que ça ne vous fait pas spécialement lever un sourcil plus haut que l’autre, mais si j’ajoute que l’un des deux est batteur et l’autre joue de l’orgue, là je pense que je retiens immédiatement votre attention et que vous vous dites « tiens ça me rappelle un groupe ça, ils ne viennent pas du côté de Paimpol par hasard ? ». Bingo !

J’ai vu Moundrag pour la première fois en concert dans un petit bar de Guingamp (le Galop’in), en compagnie de Komodor, en janvier 2020. Je ne les avais pas revus depuis le Kreiz Y Fest en mai 2023 où ils avaient déjà fourni est belle prestation, mais entre temps ils ont donné quelques « petits » concerts comme au Motocultor 2024, en Allemagne, en Espagne, au Portugal, fait la 1ère partie de Deep Puple au Théâtre Antique d’Orange et ils ont sorti leur second album, très justement nommé Deux, une semaine avant leur prestation à La Mézière.
Que dire de ce concert comparé à celui du K.Y.F. ? Bien meilleur, et pourtant celui ayant lieu au bord de l’étang du Corong à Glomel m’avait déjà emballé.

Les nouveaux titres figurant sur Deux sont très nettement supérieurs à ceux du EP Moundrag (2019) et de Hic Sunt Moundrages (2023) et ces morceaux sont taillés pour le live, avec moins de temps morts et plus de mélodies dont les refrains vous trottent dans la tronche longtemps après que les lumières ce soient rallumées.
Des innovations scéniques comme sur le fascinant et remarquable titre « Limbo » (je ne vous spoile pas, c’est l’un des beaux moments de leurs concerts, vous le découvrirez par vous même quand ils passeront près de chez vous).

Moundrag s’impose comme l’un des groupes à voir en live même si le fait qu’il n’y ait pas de guitare sur scène pourrait rebuter certains. Je vous le dis, en tant que fan de guitare en live, ne passez pas à côté de ce groupe dont la réputation n’est pas usurpée. Leur future programmation au DesertFest de Londres en est une preuve éclatante.






Voilà déjà 4 groupes de passés… soit la moitié de cette première journée. Mais ceux qui restent encore à venir ne sont pas des moindres. C’est moi qui vous l’dis ! (Enfin, c ‘est nous, puisque nous écrivons ce report à 4 mains malgré l’emploi du « je » qui tantôt sera la voix de Bruno tantôt celle de Mémé).

Arrivent sur scène les patrons du Black Metal lovecraftien. Un vent de folie va s’emparer des lights, qui prendront des teintes rouges infernales, bleues cosmiques ou couleur des bas fonds océaniques. Mais vous aurez droit également aux floods (pas certaine du terme, j’avoue) aux faisceaux à la colorimétrie efficace pour vous plonger dans la folie ambiante de l’oeuvre de Lovecraft. Vous aurez compris qu’on accueille The Great Old Ones !

Et là, on ne peut que féliciter les ingés son du festival. Car un son à peu près aurait, là aussi, pu vite tourner à la bouillie sonore tant les compositions sont touffues et racées. Il n’y a qu’à jeter une oreille sur les vidéos prises par le sieur Bruno G. Pour se rendre compte qu’on entend distinctement la voix, les tremolos des guitares, les mélodies, tout en gardant cet aspect compact qui sied aux voix qui parlent dans la caboche des fous ou des schizophrènes… A moins que cela ne soit nos consciences multiples, allez savoir.

Mais peu nous chaut car, en ce qui concerne TGOO, on a une formation qui reste les pieds bien ancrés dans le sol. C’est droit et tortueux, doux et rude, mais toujours très bien fait. Une excellente prestation, à l’image de leur tout aussi excellent Kaddath, dernier album en date, qu’on vous recommande vivement.
TGOO, toujours un énorme plaisir à voir, entendre et savourer.





Même salle et pourtant autre ambiance pour DOOL. Alors oui, on aurait envie de prononcer « doul », mais le groupe venant des Pays-Bas, on va donc le dire façon néerlandaise, soit « dôle ». C’est comme « drôle », sauf que ce n’est pas marrant. C’est bien au contraire une musique aux accents darks et gothiques qui vient caresser nos oreilles.

Dool, c’est un peu l’ovni de la soirée. On est ici sur un rock progressif assez punchy, servi par la voix envoûtante de Raven Van Dorst. Et quelle puissance ! Une voix qui vous choppe les tripes et les tord dans tous les sens avant de vous laisser pantois.

Après, il faut aimer les musiques ultra mélodiques. Comme le « Shape of Fluidity », aux accents psychés Stoner. Mais ne vous y trompez pas, on n’est pas dans de la pop sucrée… Houlàlàààà que nenni ! La musique de Dool porte également la lourdeur du Doom. Pour preuve, le « Hermagorgon ». Et croyez moi que les nuques ne s’y trompent pas. Toutes les têtes dans un même élan secouent les tignasses.

On flotte et on reste scotchés par ce set ! En même temps, le copain Seb D. Nous avait prévenus : Dool, c’était sa claque du Hellfest ! Car effectivement, Dool se produit aussi bien au Hellfest qu’au Motocultor, au Rock Palast qu’au Samaïn Fest !








Et c’est déjà le tour du dernier groupe. Un trio guitare, basse, batterie où chacun a son importance. Place à la lourdeur. Place au sludge-doom. Place aux italiens qui arborent 11 albums au compteur. Place à Ufomammut ! Hey ! Dans le game depuis 1999 !

Alors sur papier, c’est ze groupe que j’attendais [NDLR : Mémé Migou’s speaking] de voir en live. Pourquoi ? Parce que je me mets doucement à ces musiques extrêmes, le sludge et ses lourdeurs poisseuses. Et Ufomammut jouit d’une belle réput’ dans le genre.

Bon, le petit hic, c’est qu’il est tard, qu’on est déjà au deuxième soir, si on prend en compte la warm up et… un petit coup de fatigue me tombe dessus. Alors les plans étirés qui se répètent à l’envi font leur office, je rentre en moi comme dans une transe musicale… Et, je plane.

En d’autres termes, j’ai un peu lâché l’affaire, l’esprit étant parti ailleurs…






Voilà, ici se termine la première journée du Samaïn Fest 2025. Certes, nous sommes en 2026 et on pourrait avancer qu’on est tout de même assez loin du fest de 2025. Oui oui oui… Vous auriez tout à fait raison. Sauf qu’aujourd’hui, on peut en profiter pour vous parler de la session 2026 qui se profile. Et pas n’importe laquelle, ce sera la 14ème édition !

Quand ? Les 23 et 24 octobre 2026, avec la warm up le 22 octobre.
Au programme : Corium, Cave Ne Cadas, Gruesome Pledge, Gravats, Belenos, Sublime Cadaveric Decomposition, Necrowretch et Abbath. Sans oublier la cérémonie druidique et les ateliers de discussion en breton.
Où ? Salle Cassiopée à La Mézière.
Et c’est toujours au profit de l’école Diwan.
Liens utiles :
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Billeterie : Samain Fest 2026 – Sparfell Aoz
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Lien vers l’event : (4) Samaïn Fest 2026 [22 – 23 – 24 Here / Octobre] Ar Meziaer / La Mézière – Breizh / Brittany | Facebook









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