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Live-report – Metal Noz 2026

Salle De La Fontaine (Assérac, 44)
Samedi 11 avril 2026

Texte : Seb D

Photos : Mémé Migou

Vidéos : Bruno Guézennec

Pour sa troisième édition, le Metal Noz nous a concocté une affiche qui tape allègrement dans les musiques extrêmes. Le Thrash et le Death se taillent la part du lion mais l’orga n’a pas oublié d’assaisonner son affiche avec d’autres styles afin que les festivaliers puissent tout de même varier un peu les plaisirs. Pour 15 € en prévente pour sept groupes, aucune excuse pour ne pas prendre la voiture direction Assérac.

Le Metal Noz est un festival créé et organisé par des parents d’élèves, dont Killian et Romain, de l’école Diwan de Guérande. Celui-ci ayant pour but de récolter des fonds pour le bon fonctionnement de cette dernière tout en mettant en lumière les musiques amplifiées.

Petit par la taille, le Metal Noz fait tout comme les grands. Durant cette journée, la salle de la Fontaine héberge un bar, un espace restauration, des exposants, du merchandising artistes et une scène où se succèderont les sept formations qui ont toutes la particularité d’être bretonnes. Allez, on compte la Loire-Atlantique dans le lot car historiquement, elle en faisait bien partie.

ALCANE

C’est aux jeunes Lorientais d’Alcane d’ouvrir le bal devant une salle au public encore clairsemé en ce début d’après-midi, rôle jamais simple d’autant plus quand les réglages sonores sont loin d’être en place. Le quintette nous propose un Metal moderne piochant aussi bien dans le Metalcore, le Prog ou encore le Djent. La particularité de la formation, c’est son duo de vocalistes : une chanteuse avec un joli filet de voix chantant avec justesse et son acolyte s’occupant des parties plus rageuses, tels la belle et la bête. La formation va malheureusement essuyer les plâtres car le son ne rend pas grâce à leur musique. La guitare manque cruellement de coffre et le rendu final est un peu brouillon. Difficile dans ce contexte de s’immerger complètement dans le set. Mais, même si l’on ressent une certaine timidité, ils ne déméritent pas et donnent de leur personne pour tenter d’embarquer avec eux la poignée de metalleux qui leur réserve un accueil chaleureux.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

INCINERATOR

C’est au tour d’Incinerator de prendre la relève. Groupe dans lequel officie Romain, à la guitare, l’un des organisateurs de l’événement. Même si le son n’est toujours pas optimal, l’efficacité de la formation fait son œuvre en déroulant un Thrash Metal old school comme on l’aime. L’enchaînement des dates de ses derniers mois a fait son effet. Anaïs n’a jamais été aussi carrée dans son jeu : elle cogne ses fûts avec une telle conviction que l’ossature rythmique qu’elle tisse avec Adrien à la basse, son nouveau binôme, est impossible à mettre en défaut. La paire de bretteurs, constituée de Romain (magnifique bermuda) et Pierre, fait des étincelles, aussi bien rythmiquement qu’en tricotage de manche lors des soli. Le duo fonctionne à merveille ! Leur désormais traditionnelle descente dans le pit où chacun des deux gratteux se met de part et d’autre du public séparé en deux, avant de se terminer en wall of death, est devenu un incontournable de leurs sets. JP, le chanteur, fait le show, assurant ses vocalises criardes proches d’un chanteur de Black Metal et captant l’attention de la fosse avec quelques pitreries dont il a le secret. Notamment, lorsqu’il lève un carton sur lequel est inscrit “Warfare” afin que le public scande avec lui le refrain du titre en question. Une valeur montante du Thrash Metal français que vous devez absolument voir s’ils passent près de chez vous.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

TREGORGONES

Démarrage du set de Tregorgones avec un quart d’heure de retard sur l’horaire annoncé. Le quatuor de Tréguier, qui était encore il y a peu en rodage avec sa nouvelle mouture, a désormais trouvé sa vitesse de croisière. Aujourd’hui, c’est un set sans artifices : exit les bandes avec voix venues d’un autre monde et lentilles blanches pour nos quatre entités, c’est un set de Death old School que nous servent les Costarmoricains. Mais la technicité est toujours de mise. Guillaume, en véritable virtuose, fait balader ses doigts sur son manche avec une dextérité folle. De quoi faire baver les apprentis guitaristes présents dans l’assistance. Au fur et à mesure que le set avance, le son s’équilibre davantage malgré un accent encore un peu trop prononcé sur les basses. Melaine, très droit derrière son kit de batterie, exécute des plans tentaculaires d’une rare précision. Quant à Damien, plus les dates passent et plus il devient un véritable leader charismatique dégueulant ses growls d’outre-tombe sur un auditoire conquis. Trégorgones a encore frappé fort aujourd’hui.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

DEATH COUNCIL

C’est avec trente minutes de retard que le concert des Rennais de Death Council débute. Mais ce n’est pas bien grave car leur set est réduit. En effet, leur guitariste habituel, Mathias, s’est fracturé le bras et son remplaçant du jour, Alexandre, n’a eu qu’un mois pour apprendre les morceaux. Et vu la technique des jeunes loups, on imagine que cela n’a pas dû être une mince affaire. En une demi-heure, la formation met à l’honneur son tout nouvel EP Slaughtered Innocents, sorti la veille de ce festival, ainsi que quelques pépites issues de son répertoire plus ancien. Ici, le Death Metal mélodique et technique ose s’habiller de mosh parts pour insuffler du relief à l’ensemble. Et ça fonctionne ! On se laisse très vite happer par la musique de la bande. Le public ne s’y trompe pas et leur réserve un très bel accueil. Sur le final du show, Mathias, rejoint ses camarades pour taper un solo à une main, en mode tapping, histoire de participer un peu à la fête. Et on peut dire qu’il a un sacré niveau le bougre. Quatre garçons pleins d’avenir à suivre absolument

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

JOËL BATS

Voici venue l’heure de faire son sport quotidien. Avec un nom comme celui de Joël Bats, comment peut-il en être autrement me direz-vous. Drôle de patronyme effectivement pour cette formation donnant dans le Hardcore et qui avait dû déclarer forfait lors de la précédente édition. C’est donc gonflé à bloc et avec la ferme intention de mettre le feu à la fosse que le quatuor déboule sur scène. Et c’est exactement ce qu’il se passe. Durant toute la durée du set, telle une marmite en ébullition, le pit est explosif : pogos, slams, stage-diving, tous les ingrédients sont là pour donner le sourire au public. Il faut dire que la musique du groupe est imparable. Même moi qui ne suis pas un grand amateur du genre, je me laisse embarquer par la conviction que met la formation à l’ouvrage. Le chanteur, leader charismatique, sait y faire pour faire monter la sauce, tenant l’audience dans sa main. Un concert qui laisse tout le monde sur les rotules. À revoir avec grand plaisir.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

ANTHARES

Que dire de plus qui n’ait pas déjà été dit sur Anthares ? La formation référence du Thrash Metal made in BZH et, osons le dire, une référence bien au-delà de ses frontières bretonnes. La maîtrise de nos cinq Finistériens est avérée, la qualité des compos et la maîtrise du rendu en live n’est plus à prouver : nous avons affaire ici à une machine à riffs bien huilée qui peut retourner une fosse en quelques secondes. Yann, le chanteur, sait comment entretenir les braises, donnant de sa personne en descendant dans le pit pour participer, avec le public, à un wall of death. Sur scène, Fanfan et Pierre, la paire de guitariste, tricotent mieux que mamie dans son rocking chair. Le tout est solidement emballé par une rythmique implacable dont Gwena (basse) et Olivier (batterie) sont les architectes. La setlist ne comporte pas de surprise pour qui les voit régulièrement. Qu’importe, la qualité des morceaux est telle qu’on se les recolle dans les cages à miel avec plaisir. Anthares a encore une fois mis tout le monde d’accord.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

INFERN

Les prestations successives de Joël Bats et d’Anthares ont laissé des traces : une partie du public, rincée, abandonne les lieux. Ne reste plus qu’une poignée de fidèles pour accueillir la tête d’affiche du jour : Infern. Et les absents ont encore une fois tort car l’étoile montante du Death Metal français compte bien briser les os des derniers survivants à grand coup de riffs lourds et groovy dont elle seule a le secret. Le son est massif et rend honneur à la musique du groupe. Comme à son habitude, Julien, le chanteur, descend dans la fosse pour aller au contact du public sur “Victim Of The Doom” histoire de vérifier si personne ne dort. La formation nous offre pour l’occasion deux nouveaux titres : “Thirteen” et “Mourn An Absence”. Vous voyez qu’il fallait rester jusqu’au bout ! Un concert en mode boucherie comme sait si bien le faire Infern. Dommage tout de même que la majeure partie du public ne soit pas restée jusqu’à la fin.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Avec un peu plus de deux-cents entrées payantes, le Metal Noz, troisième du nom, a été encore une fois un beau succès. Un grand bravo aux parents d’élèves de l’école Diwan de Guérande, et plus particulièrement à Romain et Killian, ainsi qu’aux bénévoles pour avoir organisé un événement d’une telle qualité. On remet ça l’année prochaine ? 

Galerie photos Public :

Galerie photos Infern :

Galerie photos Anthares :

Galerie Photos Joel Bats :

Galerie Photos Death Council :

Galerie Photos Tregorgones :

Galerie photos Incinerator :

Galerie photos Alcane :

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