Catégorie : Chronique

  • Aegrus  –  Invoking the Abysmal Night

    Aegrus  –  Invoking the Abysmal Night

    Genre : Black metal
    Label : Osmose Productions
    Sortie : 27 octobre 2023

    Note :   95/100 (Seblack)

    Voilà presque vingt années que Aegrus  existe et une bonne dizaine qu’il me régale de son black acéré, mélodique et inspiré par le malin. Vingt ans donc, quatre EP et quatre albums avec ce « Invoking the Abysmal Night » ;  avec ces finlandais nous n’avons donc pas affaire à des débutants mais à un groupe désormais bien établi au sein de la scène black metal.

    Honnêtement, et pour ce qui me concerne, la discographie du groupe ne souffre d’aucune faiblesse. Avec Aegrus on est sur du classique, du solide qui ne surprend peut-être pas énormément mais qui ne déçoit pas. De « Devotion for the Devil » à ce nouvel opus, c’est un sans faute ou un quasi sans faute. Passé tour à tour chez Drakkar Productions, Purity Through Fire, Saturnal Records, Aegrus est signé depuis quelques années chez Osmose Production où il a déjà sorti l’EP « The Carnal Temples » en 2022, voilà donc, là aussi, un parcours des plus flatteurs.

    « Invoking the Abysmal Night » se révèle à nous avec un très bel artwork de Helgorth qui avait déjà réalisé celle du précédent EP. On pourrait le trouver un peu sophistiqué, moins « true » peut-être, mais on ne peut nier que voilà une œuvre graphique belle comme le diable que ce personnage encapuchonné semble invoquer.

    C’est d’ailleurs là une autre des récurrences du groupe que d’évoquer les contrées lucifériennes. Un rapide coup d’œil sur la tracklist vous convaincra que, non, Aegrus n’a pas renoncé au Malin qui reste un des fils conducteurs principaux de sa discographie.

    Mais venons-en à ce qui devrait vous intéresser le plus : la musique. Comme évoqué plus haut, il n’y a guère de place pour la déception dans l’œuvre de Aegrus et ce n’est pas avec « Invoking the Abysmal Night » que cela va commencer. 

    Ce qui peut surprendre (peut-être) c’est la production de l’album qui sonne plus « propre » que sur les  précédents opus.  Toutefois, l’EP  « The Carnal Temple » avait déjà pu donner un petit  indice sur cette évolution vers un son plus abouti. « Invoking the Abysmal Night » enfonce le clou et sonne comme un album résolument moderne tout en préservant son cachet originel. Il y aura peut-être ici source à débat : les uns se félicitant de cette mue là où d’autres auront un petit pincement en repensant à « Devotion for the Devil ». Honnêtement au bout de tant d’années de dévotion au black metal, il ne me semble pas anormal qu’un groupe ressente le besoin d’avancer. Cela est d’autant plus vrai que les compositions n’auraient pas mérité un autre traitement, car c’est l’énorme point fort de « Invoking the Abysmal Night » que de proposer sept titres ciselés mais néanmoins féroces. 

    Que ce soit au niveau du riffing, des mélodies, du chant et de l’ensemble de l’instrumentation, Aegrus est parvenu ici à un degré de maîtrise et d’inspiration tout à fait remarquable. Chaque composition fait mouche tout en se distinguant les unes des autres. On reste sur un black ultra mélodique des plus classiques dans sa forme mais c’est tellement bien fait et prenant que ça a le goût de la nouveauté. Les quarante minutes passent comme un souffle et ne souffrent d’aucune espèce de longueur. Les amateurs de rythmes emmenés et de breaks ravageurs ne pourront que succomber aux assauts de  « Followers of the False Prophets » ou de « Through Devil’s Breath ». Des accents plus cérémonieux ressortent de « Invoking the Abysmal Night » ou de « Temple of Ardent Worship » mais sans jamais se départir de ces mélodies et d’un chant possédé. Le groupe sait aussi varier les plaisirs, voire surprendre, sur le break de «  Nocturnal Rites of Faust ». 

    Mes titres favoris restent probablement les deux derniers. En effet « Those Who Hide from Light »  et «  Where the Forest Emanates Death » développent une richesse d’ambiances très à propos pour conclure un album. Les atmosphères qui s’en dégagent sont à la fois épiques et majestueuses, les mélodies (toujours elles) tutoient parfois le pagan voire le cosmique, dégageant un côté des plus saisissants.

    Alors si vous n’avez pas eu l’occasion de jeter une oreille sur ce nouvel album de Aegrus, il n’est jamais trop tard pour bien faire. Ce serait même infiniment dommage pour parler franchement. Un album à recommander à ceux et celles qui aiment le black metal mélodique et classique avec cette once d’audace et d’inspiration qui fait toute la différence.

    Tracklist :

    1. Invoking the Abysmal Night (05:12)

    2. Followers of the False Prophets (05:28)

    3. Through Devil’s Breath (03:45)

    4. Temple of Ardent Worship (05:39)

    5. Nocturnal Rites of Faust (07:07)

    6. Those Who Hide from Light (05:50)

    7. Where the Forest Emanates Death (07:57)

    Line-up : Praestigiator – Guitares / Lux Tenebris – Guitares, basse, chant (backing) / Inculta – Chant, batterie /  Serpentifer – Batterie.

    Liens : 

    https://www.facebook.com/Aegrusofficial/

    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/5WEzVMitX4GcviC5NTH3bX

  • Vargrav – The Nighthold (2023)

    Vargrav – The Nighthold (2023)

    Genre : black metal symphonique
    Label : Werewolf Records
    Sortie : 15 décembre 2023

    Note : 80/100 (Seblack)

    En 2018 et 2019, le groupe finlandais Vargrav déboulait avec pertes et fracas en proposant deux opus ( “Netherstorm” et “Reign in Supreme Darkness”)  prompts à ravir les fans des premiers albums d’Emperor. Du clavier, en veux-tu, en voilà, un son très typé, limite low-fi, un chant vénéneux à souhait et des compositions assez étirées, non dénuées d’une certaine grandiloquence. En quelques mois le groupe avait réussi à attirer l’attention de beaucoup avec son lot de louanges mais aussi de détracteurs.

    S’en est suivi un assez long silence discographique, jusqu’à ce qu’au  printemps 2023  Vargrav se rappelle au souvenir de tous avec un EP plutôt bien troussé doté de deux titres inédits, d’une reprise d’Emperor et d’un titre live. La bête n’était donc pas morte. 

    Mieux, en décembre 2023, revoilà Vargrav avec son troisième album intitulé “The Nighthold”. Comme depuis ses débuts, la sortie est assurée par le label finlandais Werewolf Records dont la réputation n’est plus à faire chez les amateurs de black sale et méchant.

    Dans l’absolu Vargrav n’a pas changé son fusil d’épaule évoluant toujours dans un black metal symphonique vieille école. C’est d’ailleurs un des principaux attraits du groupe que de proposer une musique qui, aux oreilles de certains, sonnera probablement comme un peu datée. Beaucoup avaient d’ailleurs reproché au deuxième album “Reign in Supreme Darkness” une production trop artisanale. Sur ce nouvel album cet aspect brouillon est moins marqué, le groupe semble avoir trouvé un assez juste équilibre entre qualité sonore et patine old school. Bien évidemment, comme il se doit pour du black symphonique, les claviers occupent une place de choix et ce dès l’inaugural “Moonless Abyss of the Nighthold” qui débute l’album avec une allure assez grandiloquente limite cinématographique.

    Car c’est  un des traits saillants de “The Nighthold” que de se développer de manière très cinématographique, chaque titre pouvant être la séquence du scénario d’un film noir et morbide. L’enrobage de claviers joue bien sûr un rôle important dans cette impression mais il ne faudrait pas résumer cet album à cela. Les guitares sont copieusement acérées également et le chant, très agressif parfois, fait son petit effet aussi. 

    The Nightfhold” recèle par ailleurs une certaine diversité dans ses ambiances, contribuant un peu plus encore à ce rendu B.O black metal. Que ce soit en mode haletant ( sur la première partie de “Through the Woods of Breathing Shadows” ou “Thy Imperial Malice”) ou sur des ambiances plus mid tempo (“Chalice of Silver and Blood”), Vargrav apporte de nombreuses nuances à sa noirceur. Le groupe se permet même quelques plages purement atmosphériques avec “Curse of the Plaguewood Lake” ou “Into the Shadow Crypts” et “Ghostlands”. D’autres titres, en revanche, débordent d’une haine féroce, c’est notamment le cas sur la fin de l’opus avec le triptyque : “The One Who Lurks Beyond the Starscape”, “A Dark Consecration” et “Creator of the True Realm”.

    Avec “The Nighthold”, Vargrav propose donc un disque mature sans pour autant diluer ou adoucir son identité ancrée dans le black metal symphonique des années 1990s. Autant prévenir les adeptes du fast food black, ce nouvel opus est relativement long avec près d’une heure pour douze compositions. C’est un album qui, je pense, nécessite des écoutes répétées et prolongées pour commencer à en saisir la richesse et les qualités.

    Tracklist 

    1. Moonless Abyss of the Nighthold  

    2. Through the Woods of Breathing Shadows  

    3. Chalice of Silver and Blood  

    4. Thy Imperial Malice

    5. Curse of the Plaguewood Lake  

    6. Encircle the Spectral Dimension  

    7. Triumph of the Nightbringer  

    8. Into the Shadow Crypts  

    9. The One Who Lurks Beyond the Starscape  

    10. A Dark Consecration  

    11. Creator of the True Realm  

    12. Ghostlands

    Line-up :  V-Khaoz Stormrage – Claviers  / Graf Werwolf von Armageddon – Chant  / Trollhorn of the Black Harvest – Guitares, basse / Baron M. Tarwonen – Batterie.

    Liens : 

    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/22zsDWxM8e5bDZqD9J4Vw1

    https://www.werewolf.fi/products.html?id=64919/1206781

  • RüYYn – Chapter II : the Flames, the Fallen, the Fury

    RüYYn – Chapter II : the Flames, the Fallen, the Fury

    Genre : black metal
    Label : Les Acteurs de l’Ombre Productions.
    Sortie : 1er décembre 2023

    Note : 95/100 (Seblack)

    Rappelez-vous : en 2021, Romain Paulet, alias RxN, maître d’œuvre de RüYYn, sortait son premier EP. Sur l’artwork de ce premier effort, une silhouette avançait dans un paysage enneigé semblant fuir le monde des hommes. Pourquoi cette fuite ? Et bien les réponses se trouvent dans ce premier album intitulé “Chapter II : the Flames, the Fallen, the Fury”. L’EP sorti en 2021 était une préquelle et “Chapter II” se situe donc dans une certaine continuité par rapport à l’œuvre de départ.

    Continuité : voilà un terme que l’on peut appliquer à bien des aspects de ce premier album de RüYYn. On a déjà évoqué l’aspect narratif, parlons de l’artwork. Il est magnifique non ? Comme pour l’EP éponyme, il est l’œuvre de Joanna Mayens, désormais bien connue dans le petit monde du black metal pour son travail d’illustratrice (Pâlefroid, Paysage d’Hiver et bien d’autres). 

    Assez logiquement, la peinture proposée ici est, elle aussi, en lien avec la précédente et nous donne à voir ce que le personnage fuyait : une ville ravagée par les flammes et les combats. En l’observant un peu plus dans ses multiples détails, un visage se détache au bas de l’œuvre : est-ce celui du protagoniste s’apprêtant à quitter la cité ravagée par la folie des hommes ou est-ce une personne qu’il a laissée derrière lui ? L’imagination de chacun répondra à cette question. …

    Il est en tout cas très appréciable d’avoir ajouté à la continuité narrative de l’album, une continuité graphique. 

    Cela est d’autant plus vrai que ces œuvres dépassent la simple fonction d’illustration et sont capables de stimuler l’imagination. Personnellement, ces oeuvres m’évoquent la prise de Troie par les Achéens et le protagoniste une sorte d’Enée solitaire. Thème quasi universel et métaphorique d’un monde qui meurt alors qu’un autre naît.

    Musicalement, “Chapter II : the Flames, the Fallen, the Fury” s’inscrit également dans la continuité. On retrouve ce black metal qui mêle habilement les codes de la seconde vague des années 1990 et des aspects plus contemporains. Les esprits chagrins trouveront à redire, affirmant que RüYYn propose ce que mille groupes proposent déjà. Alors certes, le one man band, ne renverse pas la table stylistiquement parlant (cela n’est probablement pas son but d’ailleurs). Toutefois, cela ne l’empêche pas de sortir du lot, notamment grâce à des qualités peu communes et une production à la hauteur. Et c’est là une autre continuité avec l’EP que celle de proposer des morceaux aux structures et aux sonorités particulièrement travaillées. 

    Pour tout dire, je trouve que « Chapter II » constitue même un pas en avant considérable avec six morceaux ciselés disposant chacun d’une accroche mais sans jamais tomber dans la facilité. Changements de rythmes, variation des lignes mélodiques, irruptions de basse, batterie sachant appuyer quand il le faut, chants ô combien expressifs, petits arrangements de ci, de là… il n’y a jamais à s’ennuyer sur « Chapter II ».

    Comme leur nom l’indique, tous les morceaux prennent l’allure de chapitres développant chacun une partie d’un récit. Plutôt que de jouer ou d’abuser d’une alternance classique morceaux rapides / morceaux plus lents, Romain Paulet prend le parti de développer de nombreuses variations à l’intérieur même de chaque titre sans suivre de systématisme de composition. Pour autant cela ne part pas dans tous les sens non plus comme l’indique la durée des morceaux somme toute  raisonnable (entre quatre et huit minutes).

    Sans nul doute pour moi, “Chapter II : the Flames, the Fallen, the Fury” est une réussite qui non seulement comble les attentes mais les dépasse. Il est un des albums de 2023 qui m’ont le plus marqué par sa capacité à aligner les astres : du récit, à la musique en passant par l’aspect visuel, tout me plaît.

    Tracklist

    1. Part I

    2. Part II  

    3. Part III

    4. Part IV

    5. Part V

    6. Part VI

    Line-up : Romain Paulet – Tous les instruments

    Liens

    https://ruyyn.bandcamp.com/album/chapter-ii-the-flames-the-fallen-the-fury

    https://www.facebook.com/ruyyn.official

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  • Horoh – Aberration

    Horoh – Aberration

    Genre : Old school death metal
    Label : Crypt Of Dr.Gore
    Sortie : 01/12/2023

    Note : 80 /100 (Mémé Migou)

    Aberrant !

    Si Mémé vous dit que cet opus de près de 29 minutes est le fait d’un seul et même homme… Vous me répondrez, petits effrontés, que ce n’est ni le premier ni le dernier. Dans le black metal, c’est même chose assez courante. Ouais mais…

    Aberrant !

    Si Mémé vous répond que dans le death metal, des one-man bands, ça ne court pas les rues… Vous glisserez, fort à propos, que hormis quelques invités, le premier Necrophagist version mouture initiale était le fait d’une seule personne. Sinon, effectivement, on en retrouve dans le Brutal death, le slam death… Mais dans le death old school, vous avouerez qu’il n’y en a pas tant que ça.

    Aberrant !

    Si Mémé vous dit qu’elle a failli avaler sa tasse de bloodveine* en lisant le monogramme « J. »… Bon, OK, J. tout court, ce n’était pas suffisant… Par contre, un J. avec le nom Tattva à côté, de suite, ça tilte ! Tattva, ce projet black metal, one man band (qui l’eut crû !) qui a tant remué Mémé en 2023. Alors là, elle en a les papilles auditives qui s’affolent.
    J. ? C’est notre Déhà français ! Divers projets, du black, du death, et des productions de qualité. Une belle personne qui se construit elle-même, qui bosse et se remet en question, qui cogite. Mémé en est fan.

    Donc… de quoi se mettre bien en lançant l’EP. EP…. c’est vite dit ! Il y a tout de même neuf titres ! Tous aux titres parlants. Et si l’ambiance globale donne dans le death old school, la durée des morceaux tire plus sur le grind. Mais de grind, il n’y a point en cet « Aberration ».

    « Glory Rempage » ouvre avec le pied au plancher. En une minute, alors que de nombreux autres groupes n’en seraient encore qu’à la fin de l’intro, on est déjà passé par quelques stades. C’est une entame martiale, avec des riffs et une section rythmique bien marquée, sur un cri rauque du chant. On est déjà le doigt pris dans l’engrenage, avec ces petites volutes de guitare parsemées de ci de là comme une pincée de sel qui exhausse le goût. Sauf qu’à trente secondes à peine, on a une forme de break fait de percussions prompt à nous faire twerker du boule (ouais je sais, c’est redondant) tout en gigotant des épaules, ce qui fait ballotter les seins de notre Mémé. Ça ne dure pas, juste une poignée de secondes avant de repartir. Et c’est encore plus foisonnant en arrière-plan du chant. C’est riche, comme une sauce ayant mijoté des heures durant, dans laquelle on peut y voir les yeux de la matière grasse alvéoler la surface. Et paf ! Pas loin de la minute et c’est un ralentissement tout schuss qui nous retient sur quelques mesures. Le motif se répète dans ce tempo réduit, donnant une lisibilité au travail des guitares. Après une reprise martiale de la batterie et un chant plus impératif, on arrive petit à petit sur la fin du morceau. Wow !

    « Death Tale » nous offrira des riffs savoureux. On a toujours cette sensation de machinerie qui vient rythmer la mélodie. Une forme de dualité entre les riffs parfois mélodiques, parfois en écho à cette rythmique marquée. Dualité entre rondeurs et saccades. Entre des rythmes qui clopinent et syncopent, nous faisant passer d’un pied sur l’autre comme un enfant trop pressé d’aller pisser. Le tout met délicieusement mal à l’aise.

    Mémé ne va pas vous faire tous les morceaux. Vous aurez compris l’idée : n’ayez aucune idée préconçue. Car ce que J. nous offre, c’est de la richesse, du foisonnement, des idées alambiquées sur une base de death old school. D’ailleurs, calez-vous vers 0:45 sur le titre « Guru’s Legacy » et laissez quelques instants s’écouler, vous aurez une belle descente d’organes et… d’orgasmes !
    Revenons sur la luxuriance des thèmes. Le palindrome HOROH.. en faisant une petite recherche google, ce dernier nous annonce doctement qu’en Maori, cela veut dire fou. Et combien cette définition convient à merveille à ces lignes alambiquées sorties tout droit de l’imagination et de l’inspiration de J. Aberrant, non ?

    https://www.metal-archives.com/images/3/5/4/0/3540483849_logo.jpg?2104

    Au 6ème titre, « Devour the Saviour », nous retrouvons un guest qui vient gruiker : Seb Mocky.. qui signera d’ailleurs l’artwork. Et vous ne pourrez nier qu’il défonce sa race, cet artwork. Enfin, il défonce surtout c’te pauvre dame.
    Ce titre a des rythmiques de folie ! Et le duo fonctionne nickel. On a des accélérations qui nous laissent présager une incursion dans le grind/brutal, mais c’est sans compter sur J. qui va ralentir le tout. On finit sur un climat malsain qu’un Abdul al-Hazred n’aurait pas renié.

    Le tout dernier titre commence sur un sample qui nous propulse dans les tourments d’un sac médiéval mené par une inquisition aussi démente que démoniaque. Ce sera le titre le plus long, qui se clôturera sur un rire à glacer le sang.

    Aberrant !

    Pour autant, Mémé a tout de même quelques petites réticences. A commencer par le mix. La première écoute a été quelque peu décevante, car les morceaux reçus n’étaient pas très nets niveau prod. J’aime quand elle est claire. Or, là, j’avais un chant légèrement en avant, avec un brin de réverb, mais le reste se retrouvait relégué en arrière plan. En tendant, l’oreille, c’est là où on se rend compte qu’on passe à côté de lignes folles. La seconde écoute, en passant par le mix spécial streaming (Spotify), était déjà un peu plus claire. Malgré tout, ça restait un « tend l’oreille », que Pépé V. partageait. Mais vous savez, Mémé ne se contente pas d’une, deux ou trois écoutes. Finalement, c’est aux oreillettes que le tout s’est éclairci. Mais peut-être était-ce aussi à force d’avoir l’oreille éduquée… Finalement, j’avais l’impression d ‘avoir un mix façon black metal, version trve. Avec une telle opulence d’idées, pourquoi le choix de ce mix qui aplanit le tout et dévore la basse qui n’a plus de place pour s’épanouir ?! Et malgré des jeux de rythmiques assez alambiqués, le côté martial se fait un peu redondant.

    Aberrant !

    Ces petits points noirs mis vite fait sous le tapis comme on balaie de viles grains de poussière, Horoh nous offre un EP qui se révèle être un petit trésor d’idées de folie. Pour Horoh, Mémé dit Hourrah !

    Aberrant !

    • Vous avez suivi ? C’est de la verveine.. mais rouge sang !

    Tracklist :

    1. Gory rampage
    2. Death tale
    3. Guru’s legacy
    4. Slaves of suffering
    5. Survivors
    6. Devour the saviour (feat Seb Mocky)
    7. Vermine’s feast
    8. Devastation
    9. Aberration

    Line-up : J. – Tout

    Guest : Seb Mocky – chant sur la 6

    Liens :
    https://www.facebook.com/Horohdm
    https://www.instagram.com/horohdm
    https://www.facebook.com/cryptofdrgore
    https://www.instagram.com/cryptofdrgor

  • Devil Moon / Fucked by the Devil

    Devil Moon / Fucked by the Devil

    Genre : black metal
    Label : Indépendant
    Sortie : 9 octobre 2023

    Note : 85/100 (Seblack)

    Avec cette pochette inspirée d’un film de série Z et digne d’un album de doom occulte d’obédience wizardienne, on pourrait bien se demander ce qui nous attend. 

    Dans les faits Devil Moon nous vient de Finlande et pratique un black metal très rock, habité par toutes sortes de déviances musicales ou extra musicales (tueur en série suçant le sang de ses victimes, colporteurs de membres humains, un peu de sexe et bien sur le diable à tous les coins de rue).

    En bref, amis du bon goût et d’un black metal cérébral, passez vite votre chemin : Devil Moon s’annonce juste comme un petit bonheur de black finlandais hissant l’étrange, le kitch et le mauvais goût au rang d’art. 

    Mais poursuivons les présentations. Devil Moon est un duo. A la batterie on trouve un certain Lord Ishii (Un lien avec Shiro Ishii, général japonais, membre de l’unité 731 et responsable du programme sur les armes bactériologiques pendant la guerre sino – japonaise ?), l’ensemble des cordes et du chant est assuré par Mutant Sex Demon dont le pseudonyme est suffisamment éloquent pour se passer de tout commentaire supplémentaire.

    Le groupe n’en est pas à son premier méfait avec un split en 2021 et un EP éponyme en 2022. Par ailleurs les musiciens ont trempé dans d’autres projets, particulièrement Mutant Sex Demon dont on retrouve la présence dans moult projets  underground black ou death.

    En guise d’introduction, le groupe ressuscite Peter Kürten, tueur en série surnommé le vampire de Düsseldorf. Mais c’est avec « Graverobber’s Hymn » que Devil Moon entame plus franchement les hostilités avec un morceau furieusement black, rock et mélodique. Une inclinaison qui se confirme sur « Spike the Dyke » avec des leads psychédéliques renforcés par quelques lignes de clavier et une batterie bien speed. Un morceau de fou furieux dont l’ambiance n’est pas sans évoquer quelques-uns des méfaits de Förgjord, autre formation finlandaise des plus recommandables.

    Un peu plus loin sur « S.D.Y.G », le duo confirme son inclinaison pour les sonorités psychés en allant piocher dans un registre musical évoquant les seventies. Rassurez-vous la voix vient vite nous rappeler à quoi on a affaire. 

    Pied au plancher, Devil Moon enchaîne ses brûlots black’n roll comme on enquillerait des verres de tord boyaux dans un coupe-gorge où s’ébrouerait une call girl d’un autre âge. Les morceaux éponymes (entendez de l’album et du groupe) brillent par leurs mélodies accrocheuses, avec un petit côté NWOBHM pas désagréable. Le rythme est ravageur, sans parler des refrains sans chichi. 

    Devil Moon ayant plus d’une corde à son arc et à sa guitare, il s’essaie aussi au mid tempo avec le plus heavy « Wig-Splitter », bien lui en prend car cela fonctionne également. Bon c’est sur une sorte d’outro presque frustrante que se conclut l’album au bout d’une grosse vingtaine de minutes. Dommage, on en aurait bien pris deux trois autres de plus pour la route.

    Sans mauvais jeu de mots,  « Fucked by the Devil », est un album bien troussé et qui a l’heureux avantage de sortir de l’ordinaire. Le son déplaira probablement aux plus mélomanes (ça leur fera le cul) mais correspond très bien aux ambiances recherchées : un peu crado tout en mettant l’accent sur la mélodie et le côté cinglé du chant.  Sorti en indépendant sur Bandcamp, il semblerait que Signal Rex se penche sur l’édition de ce brûlot, ce ne serait que justice pour cet opus qui a su attirer toute ma sympathie (for the Devil bien entendu). 

    Tracklist :

    1. Resurrection of Peter Kürten

    2. Graverobber’s Hymn

    3. Spike the Dyke

    4. Black Tomb Necrofungus

    5. Fucked by the Devil

    6. S.D.Y.G

    7. Wig-splitter

    8. Devil Moon

    9. Death Spirit

    Line-up : Lord Ishii – Batterie / Mutant Sex Demon – Chant, basse, guitares.

    Lien : https://devilmoon.bandcamp.com/album/fucked-by-the-devil

  • Lunar Tombfields – An Arrow to the Sun

    Lunar Tombfields – An Arrow to the Sun

    Genre : Post black metal atmosphérique
    Label : Les Acteurs de l’Ombre Productions
    Sortie : 6 octobre 2023

    Note : 95 / 100 (Seblack)

    A peine plus d’un an après la sortie de son premier album «The Eternal Harvest», le groupe nantais Lunar Tombfields est déjà de retour avec son second long format intitulé  “An Arrow to the Sun”. Un titre assez poétique qui place aussi ces huit nouvelles compositions sous un jour plus acéré

    .

    Sortant de nouveau chez Les Acteurs de l’Ombre, ce deuxième chapitre se présente à nous avec un artwork tiré d’une peinture de Sözo Tozö, une artiste que l’on a déjà croisée il y a peu pour la pochette du dernier album de Ars Moriendi. Retranscrivant parfaitement le titre de ce nouvel album, cette œuvre suggère aussi un caractère enflammé au travers de couleurs pourpres du plus bel effet.

    S’ouvrant sur une introduction jouant parfaitement son rôle de mise en place assez solennelle, ce nouveau Lunar Tombfields enchaîne sur un « Solar Charioteer » haletant qui nous plonge d’emblée dans une épopée homérique faite de rythmiques intenses et de respirations plus introspectives. Doté d’un son des plus équilibrés, on peut apprécier l’ensemble de l’instrumentation et laisser son attention se poser aussi bien sur les guitares, que sur les lignes de basse, la batterie et un chant tout en nuances et en puissance.

    La suite ne déçoit pas, loin de là. Sur «An Arrow to the Sun», Lunar Tombfields a gagné en agressivité tout en conservant ce côté éminemment poétique. Sans pour autant être courtes, les chansons ont gagné en densité tutoyant parfois la dizaine de minutes mais ne la dépassant jamais. Le groupe prend toujours le temps de développer ses motifs musicaux tout en se montrant plus concis. Il en résulte un album tout à fait roboratif et jamais rébarbatif. 

    J’employais un plus haut le terme homérique pour décrire la chanson «Solar Charioteer». Cet adjectif, je crois qu’on peut aisément l’employer pour l’album dans sa globalité, que l’on parle de la musique autant que des thèmes dans lesquels il s’aventure. 

    A l’image de cet être humain qui tente d’attendre le soleil de sa flèche, on a ici une musique qui dépeint parfaitement ce combat de l’homme face à des forces qui le dépassent mais auxquelles il n’entend pas se soumettre pour autant. Un combat, peut-être vain, mais essentiel, quelqu’en soit l’issue.  «An Arrow to the Sun» est ainsi parcouru de ces charges fiévreuses et héroïques que mettent bien en valeur les parties les plus rapides des morceaux. Mais ce combat est aussi traversé d’épreuves, de doutes et d’affliction que les parties plus atmosphériques et les différentes nuances de chant clair soulignent de manière particulièrement expressive. 

    Cette épopée vers le Soleil ne manque ni de souffle ni d’allure. Avec ses mélodies prenantes et ses différentes textures de voix, «An Arrow to the Sun» est de ces albums qu’on savoure avec un plaisir sans cesse renouvelé. Au premières écoutes certaines voix claires ou parlées m’ont un peu surpris. Je les trouvais un tantinet trop solennelles. Mais au final elles finissent par prendre tout leur sens au fil des écoutes. Tel un Dieu s’adressant aux humains ou tel un humain défiant les dieux, un autre ton aurait, au contraire, sonné faux et cela confère à Lunar Tombfields une certaine particularité dans une scène où la singularité n’est pas toujours le maître mot.

    On relèvera que pour cet album, le groupe utilise aussi bien l’Anglais que le Français. Sans connaître la raison de l’emploi de l’un ou de l’autre, je ne peux que noter qu’il n’y a rien de dérangeant là-dedans et que les deux se côtoient fort bien. Après tout choisir c’est renoncer, alors pourquoi pas. C’est d’ailleurs en Français que le duo  a choisi de conclure en beauté ce deuxième opus avec «Le chant des tombes». Un morceau magnifique, dois-je dire, tant par ses effets vagues musicales que par ses paroles. 

    En quelques mois et deux albums, Lunar Tombfields s’affirme comme une formation qui a déjà dépassé le simple statut de groupe prometteur. Non seulement « An Arrow to the Sun » confirme  toutes les bonnes dispositions que «Harvester Sorrow» avait fait naître à sa parution mais il les hisse à un niveau supérieur encore ; telle une flèche atteignant le soleil.

    Tracklist :

    1.An Elegy to the Fog Dancer

    2.Solar Charioteer

    3.Représailles

    4.As Iron Calls, So Pile the Dreams

    5.The Amber Herd

    6.Le Chant des Tombes

    Line-up : M : Chant, Guitares, Basse / Ä : Batterie, Guitares.

    Liens :

    https://lunartombfields.bandcamp.com/

    https://www.facebook.com/LunarTombfields

  • Na Zarot  /  On Death and Dying

    Na Zarot  /  On Death and Dying

    Genre : Black Metal
    Label : Remparts Productions
    Sortie : 2 Novembre 2023

    Note : 85/100 (Seblack)

    Pour tout dire je ne connaissais pas du tout ce one man band allemand avant que Remparts Productions ne lui consacre une sortie en cassette. « On Death and Dying » est le premier EP de cette entité dont le premier fait d’armes remonte à 2021 avec une démo.

    L’artwork et le lettrage du logo ne laissent guère planer de doute et l’écoute de la musique confirme l’impression visuelle : on évolue dans un univers extrêmement sombre et chaotique, pour ne pas dire étrange.

    Tout commence par des sonorités orientales qui ouvrent le morceau «Al Infitar», inspiré visiblement par une sourate portant le même nom. L’introduction passée, les motifs orientaux ne disparaissent pas mais côtoient un black glacial porté par une voix rugissante. Le son est volontiers raw ce qui contraste plus encore avec les ambiances spirituelles de ce morceau assez accrocheur et hypnotique.

    « Pour un tombeau » et « Anatole » sont plus volontiers bruitistes  avec des lignes de cordes maladives, des voix spectrales hurlantes ou plaintives et une mélodie cabossée de piano. L’affliction domine tout, avant un emballement surprenant et inattendu. L’association des deux titres fait peut-être référence au recueil poétique du même nom écrit par Mallarmé suite à la mort de son fils. Si tel est le cas, Na Zarot nous offre une musique partageant avec cette œuvre son côté hermétique et pourtant très évocateur d’une douleur indicible.

    Avec « N°4 » et la Llonora, on renoue avec des pistes de factures plus classiques mais non moins évocatrices en termes de souffrance. Le dernier titre cité revisite à sa manière la figure de la Llonora qui, en Amérique du Sud, est une femme ou un fantôme hantant les rives des fleuves où elle aurait noyé ses enfants.

    De fantôme il semble également en être question avec le morceau « Cohn’s Dance » qui serait inspiré, d’après ce que j’ai pu lire à droite à gauche, par le roman de Romain Gary « La danse de Gengis Cohn » où l’esprit d’un humoriste juif « accompagne » celui de son bourreau SS devenu officier de police. Commençant dans un univers peuplé de voix fantomatiques, le morceau se cabre sous des injonctions en allemand avant un déchaînement tout aussi spectral mais beaucoup plus agressif.

    Vingt minutes, six morceaux, forcément c’est court. Mais c’est largement suffisant pour que Na Zarot parvienne à déployer une palette de noirceur et de références littéraires ou culturelles variées mais cohérentes.  Fondamentalement enraciné dans un black très raw, l’entité sait apporter toutes sortes d’éléments malaisants qui confèrent à cette œuvre un caractère tout à fait singulier et frappant. Si vous ne craignez ni l’inconfort musical ni les spectres, voilà un EP qui devrait vous hanter.

    Tracklist :

    1. Al Infitar (04:25)  

    2. Pour un tombeau de (00:59)  

    3. Anatole (03:36)  

    4. No. 4 (03:16)  

    5. La llorona (03:56)  

    6. Cohn’s Dance (03:20)

    Line-up : Na Zarot – Tout.

    Liens :

    https://nazarot.bandcamp.com/album/on-death-and-dying

    https://rempartsproductions.bandcamp.com/album/on-death-and-dying

    https://www.instagram.com/na_zarot/

  • Sammale  /  Finno-Ugric  (2023)

    Sammale  /  Finno-Ugric  (2023)

    Genre : doom pagan black metal
    Label : Naturmacht Productions
    Sortie : 24 novembre 2023

    Note :  90 /100 (Seblack)

    Sammale est un des projets solo du multi instrumentiste finlandais Zannibal, peut-être plus connu du « grand public » pour être la tête pensante du groupe de black pagan Marrasmieli. 

    En outre Zannibal est aussi impliqué dans un autre one man band, Paisaunt, qui œuvre dans un registre black plus direct et a sorti un EP en 2021. L’ensemble est soutenu de longue date par le label finlandais Naturmacht Productions.

    « Finno-Ugric » constitue le deuxième opus de Sammale, le premier étant sorti en 2022. 

    Avec sa pochette composée de rouge et de blanc, cet album attire l’œil. Cette étoile surmontant un paysage forestier scandinave ne l’est pas moins. Le titre est sans détour, Zannibal puisant une grande partie de son inspiration dans la nature et la culture finno-ougrienne.

    Musicalement, une partie de la filiation coule de source également. On retrouve par ci par là les influences de Marrasmieli avec ces touches pagan-folk et des mélodies mélancoliques. On voit aussi quelques pointes plus black pouvant évoquer Paisaunt. Mais surtout Sammale se singularise de ces deux autres projets par des ambiances beaucoup plus doom, voire funeral doom, avec un chant parfois très caverneux côtoyant des chœurs qui accentuent la solennité de l’œuvre.

    Cette solennité, teintée d’une  mélancolie ensorcelante, se déploie tout au long de ce deuxième album avec des morceaux à la fois variés mais toujours cohérents entre eux. Certaines pièces dépassent la dizaine de minutes, là où d’autres sont plus concis, mais toujours Zannibal parvient à captiver l’attention et à stimuler l’imagination de l’auditeur. Cela peut passer par des ambiances très pesantes qui vont être contrebalancées par des rythmiques plus épiques ou des envolées en tremolo picking joliment menées. Le jeu sur les voix n’est pas moins saisissant avec une dominante doom death, certes, mais aussi des chœurs, des passages parlés voire sussurés.

    L’instrumentation est par ailleurs riche et Zannibal glisse subtilement, et sans abus, des touches folks avec des cordes sèches (guitare ? Bouzouki?), quelques lignes de violon mais également un peu de guimbarde, d’accordéon et bien sûr quelques nappes de claviers. L’intérêt est d’autant plus grand que le dosage est suffisant pour accrocher l’attention mais sans sombrer dans un abus ad nauseam qui aurait desservi le caractère sombre et onirique de l’album.

    Au final, la conclusion sur ce deuxième album de Sammale pourrait être la même que celle qui pourrait être faite sur les œuvres de Marrasmieli ou de Paisaunt. L’auteur parvient ici à développer et partager un univers qui lui est propre. Plus encore il réussit, par différents biais, à captiver son auditoire. Les quarante-deux minutes de « Fino-Ugric »  passent comme un souffle, on n’a pas envie de s’arrêter, on se laisse porter par la musique et c’est à peine si on se rend compte qu’on a changé de morceau tant tout est lié. On aime ou on n’aime pas mais, là encore, Zannibal démontre qu’il est de ces artistes qui possèdent et maîtrisent une palette d’univers que bien des peintres lui envieraient. Une nouvelle fois, un très bel album.

    Tracklist :

    1. Pohjan Neien Kuolo (The Death Of The Lady Of The North) 

    2. Ojgo Sem (A Sad Melody) 

    3. Kalmalauvat Šelkäh (Corpse-Boards On Your Back) 

    4. Mi-Ke No Kuwom (When We Are Dead) 

    5. Syysmetsässä (In The Autumn Forest)

    6. Kus Pääva Iedõ Magub (Where The Sun Sleeps At Nights) 

    7. Kylmä Ilta (A Cold Evening)

    Line-up : Zannibal – Tous les instruments

    Liens : 

    https://sammale.bandcamp.com/album/finno-ugric

    https://shop.naturmacht.com/search?search=Sammale

  • Death Blood – Osteonecrovore

    Death Blood – Osteonecrovore

    Genre : Death metal
    Label : Musiko Eye
    Sortie : 3 novembre 2023

    Note : 80/100 (Mémé Migou)

    Vous voulez une p’tite madeleine avec votre VerVeine* ? Avec des pépites de Entombed ? Saupoudrée de Dismember ? Ou accompagnée d’un nuage d’Unleashed ? Attendez, je vais vous chercher ça ! En attendant, ôtez moi cette vilaine cravate qui vous enserre le cou. Vous êtes tout proche de l’apoplexie, mon p’tit.

    Voilà, vous êtes bien ? Alors, savourez moi cette petite pépite brute qui vous plongera direct dans les couloirs du studio Sunlight de Stockholm. Vous verrez, dès les premières bouchées de cet « Osteonecrovore » – un EP de huit titres, mazette ! – que vous reconnaîtrez ce son spécifique du death metal suédois des années 90. Ce qui, vous en conviendrez, est loin d’être une mauvaise référence. 

    Tous les potards à donf, donc, et un son de tronçonneuse façon pédale HM2**, et c’est parti pour 27 minutes d’un death old school qui ravira les papilles auditives de nos papys, ceux qui ont connu l’âge d’or de la swedish scene. 

    Wait… huit titres pour 27 minutes ? Ah ben, ça doit envoyer du bois et foncer à vive allure ! Et pour cause, ils oscillent entre 3 et 4 minutes, les intro et outro caracolant à 2 minutes.

    Allez, entrons dans le vif du sujet : comment on fait de belles madeleines musicales de Proust ? 

    On verse ce son si particulier auquel on ajoute un chant bien gras et une guitare solo propre à te déchausser le dentier. Et ça, on l’entend dès le premier morceau… enfin, le premier morceau après l’intro, à savoir « Claws of Death ».

    Ahhhhh… combien ce titre porte bien son nom ! A peine les premières notes du solo résonnent qu’on peut aisément imaginer Freddy faire glisser doucement ses griffes sur le tableau noir d’une école désaffectée, un sourire narquois sur les lèvres. C’est aigu, ça cisaille le marteau et l’enclume pour chevaucher le pied dans l’étrier avec le 4ème cavalier de l’apocalypse. On y retrouve tous les codes du genre. Ça joue super bien, les soli sont maîtrisés et le chant, quoiqu’un poil en retrait, est granuleux à souhait. Les riffs sont marqués.

    Petite anecdote sur ce morceau : avec son anglais à la Jean-Michel Apeuprès, Mémé avait traduit « Claws of Death » par les « Dents de la mort ». Bien entendu, ce côté dents de fourchette qui raient l’assiette fonctionnait bien. Mais là où ça devient marrant, c’est qu’elle était persuadée d’entendre un ersatz du thème bi notes des dents de la mer sur la fin du morceau. Toudou… Toudou…. toudoutoudoutoudoutoudou…. Bon, avec « Les griffes de la nuit », de suite, ça marche moins bien. Néanmoins… on ne peut s’y méprendre… je suis comme Titi, mais oui mais oui j’ai bien entendu un toudou… toudou….. toudoutoudoutoudou !

    Ce premier morceau est une entrée en matière des plus sophistiquées. J’avouerais être moins séduite par le suivant, même s’il est de bonne facture. Pourquoi ? Simplement parce que je le trouve un tantinet redondant. C’est à partir du 4ème titre, « Never Say Die ! », que mon intérêt remonte d’un cran, notamment avec ce petit refrain bien scandé, comme peuvent le proposer les compos de HxC, le genre de refrain qu’on va reprendre en chœur, le poing levé. Efficacité au top ! Un brin de groove qui s’insère et c’est une toute autre ambiance que plante Death Blood. Tiens, j’en profite pour faire les présentations, car je me rends compte n’avoir pas encore mentionné le nom de nos invités auditifs. 

    Death Blood est un jeune groupe français créé en 2018 par le guitariste Geoffroy Lagrange. Il y tient la rythmique du groupe par sa science des riffs du death old school, mais également en programmant la batterie. Et c’est bien là un petit bémol que l’on va pouvoir émettre. Eh oui… il en faut bien un ! Tout au long de l’EP, la batterie reste sur un entre-deux, un peu poussive, ni lente ni rapide… Il y a des passages en double, certes, des blasts, mais on reste sur le même genre de rythmique. Avec lui, nous retrouvons deux autres comparses, Pierre-Jean (Lokurah, entre autres groupes) et Jérémy (Stabwound). C’est dire comme ils ont de la bouteille et de l’expérience.

    Tant qu’à faire, passons directement au second point noir, puisque l’on parle de section rythmique. La basse n’est malheureusement pas très audible. Elle se trouve quelque peu grignotée par la guitare très acérée. 

    Après ce quatrième titre, même si nous restons dans ce death made in Stockholm, on sent une évolution, notamment avec des samples (programmation de Geoffroy) que je n’ai pas entendus sur les premiers morceaux (intro exceptée). Entre ces samples ou claviers, assez légers, et les riffs, nous avons une évolution un chouïa plus mélodique bien que restant dans la lignée des leurs modèles.

    Pour conclure, on a, avec « Osteonecrovore » (me demandez pas ce que ça veut dire, je cherche encore), 27 minutes de death metal composé dans la plus pure tradition du Old School Suédois des 90s. C’est un revival qui vous fera passer un super moment à remonter le temps. C’est un opus bien foutu, bien composé, bien joué, qui serait certainement mieux mis en valeur par une prod un peu plus poussée. Death Blood est une bien bonne madeleine goûtue pour accompagner votre verveine… allez, soyons fou ! … pour accompagner votre bloodveine !

    Pour les prochains titres, j’espère qu’ils pourront s’affranchir des pas de leurs aînés pour trouver leur propre patte.

    Un bon moment pour les amateurs de Nihilist et cie.

    * Oui, Mémé y va petit à petit, si elle vous avait parlé d’emblée d’une tisane de bloodveine, vous n’auriez rien bité ! 

    ** Bon, Mémé n’étant pas spécialement une spécialiste, c’est l’avis de Pépé V qu’elle vous balance là.

    Tracklist

    1. Intro – A Graveyard Anthem

    2. Claws of Death

    3. Awaiting Release

    4. Never Say Die !

    5. Cold Cell

    6. Ending a Life Part

    7. Reboot Human Form

    8. Outro – The Mark of Satan

    Line up : Geoffroy Lagrange – Guitare rythmique, programmations (samples, claviers, batterie) / Pierre-Jean Toty – Basse, Guitare lead / Jérémy Hussein – Chants

    Liens :

    https://deathblood.bandcamp.com/

    https://m.facebook.com/people/Death-Blood/100027303836748/

  • Shining / Shining

    Shining / Shining

    Genre : Depressive black metal
    Label : Napalms Records
    Sortie : 15 septembre 2023

    Note : 85/100 ( Seblack)

    Quoique la mode soit à déconsidérer ses derniers opus, un album de Shining reste un album de Shining. Certes on peut concéder que les dernières œuvres de Niklas Kvarforth n’ont pas la même force d’impact que ses premières créations mais pour autant et malgré les années qui passent, c’est toujours une expérience particulière que de déambuler dans cet univers tortueux et torturé.
    Alors oui, depuis quelques albums tout cela peut sembler moins marquant, plus redondant peut-être. Il y a moins de surprise. Il faut croire que certains s’habituent à tout et se lassent de tout, qu’il s’agisse de la musique de Shining ou des coups d’éclat bien connus de Niklas en concerts ou ailleurs.

    Disons le d’emblée, ce onzième chapitre n’apporte pas de franche nouveauté au strict point de vue musical. Shining fait du Shining et personnellement je le trouve toujours aussi fascinant et dérangeant (voir le clip du titre « Allt För Döden »). Un simple album de plus, diront donc certains.

    Toutefois à bien observer et écouter la chose, différents éléments attirent tout de même l’attention. Quelque chose de différent plane ici… Comme si une créature nouvelle mais difficile à cerner, rodait dans cet album qui rompt aussi bien avec les codes graphiques habituels (pochette par le très talentueux et tourmenté artiste français Maxime Taccardi) qu’avec la titulature en chiffres romains.

    Oui une chose étrange plane sur ce disque éponyme, une ombre aussi insaisissable qu’omniprésente. Est-ce celle qui vient sceller la fin de quelque chose pour Shining et son « génitueur », à moins que ce ne soit le début d’une autre…allez savoir. Un album bien intrigant…qui brouille les cartes et broie l’âme.

    Tracklist :

    1. Avsändare okänd

    2. Snart är dom alla borta  

    3. Allt för döden

    4. Fidelis ad Mortem  

    5. Åttahundratjugo (Erik Satie cover)

    6. Den permanenta sömnen kallar

    Line-up : Niklas Kvarforth – Chant, piano / Tuomas Tahvanainen – Claviers / Charles Edward Hedger – Guitares / Peter Emanuel Huss – Guitares / Nicholas Barkers – Batterie / Alex Friberg – Basse.

    Guest: Andy La Rocque – Guitare (piste 4)

    https://www.instagram.com/shiningblackmetal/