Nous retrouvons aujourd’hui Maud Amoretti, Illustratrice talentueuse et fan de Metal, qui nous raconte son parcours, son amour pour le Black Metal et ses projets qui méleront ses 2 passions, avec un invité surprise à la fin 😉 Ses liens vers son travail : linktr.ee/maudamoretti
Étiquette : 2024
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Interview HK Vamacara Studio – Memento Mori
Mémé Migou et Jp reçoivent HK du VAMACARA Studio afin qu’il nous explique son parcours, ses histoires et tout ce qu’il l’a amené à devenir ingé-son et ouvrir son propre studio, tout en donnant des anecdotes avec certains groupes. N’hésitez pas à aller le suivre sur ses pages ! Internet : https://vamacarastudio.com/ FB : / vamacarastudio INSTA : / vamacarastudio
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Interview Nicolas Ranko MULLER / Memento Mori
Nous retrouvons Nicolas Muller qui nous expliquera son parcours, son Cv et comment l’envie de monter sa chaîne Youtube @frenchgripchannel lui est venue ! N’hésitez pas à le suivre sur ses réseaux en cliquant sur le lien suivant : / frenchgripchannel
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Necrowretch / Swords of Dajjal
Genre : black / death metal
Note : 90/100 (Seblack)
Label : Season of Mist Underground Activists
Sortie : 2 février 2024Simple impression personnelle ou réalité, mais j’ai toujours eu le sentiment que Necrowretch était une formation injustement sous-estimée au sein de la scène extrême française et internationale. Pourtant quand on regarde la discographie du groupe, il n’y a pas de fausse note. D’autant que Necrowretch a su faire évoluer son univers musical en le noircissant d’influences black de plus en plus marquées. En 2020 enfin, les étoiles semblaient s’aligner avec la sortie de « The Ones from Hell » et l’annonce d’une grande tournée avec Taake et Kampfar. Las, le confinement et le Covid sont passés par là. Adieux vaches et cochons… Loin de sombrer dans le défaitisme, le groupe s’est vite employé à donner un successeur à « The Ones from Hell », sans pour autant se précipiter, et sortir à la hâte un de ces albums post covid un peu bancal ou bâclé.
Ce cinquième opus s’intitule donc « Sword of Dajjal » et sort de nouveau sous les auspices de Season of Mist et de sa branche Underground Activist. L’artwork est à la fois sobre et très évocateur. Ce personnage avenant est une représentation de Dajja, considéré dans l’islam comme le faux prophète, une sorte d’antéchrist. Il est représenté avec un sabre à deux pointes, le Zulfikar, qui est devenu un des symboles de l’islam puisque se rapportant à l’épée du prophète Mahomet trouvée par celui-ci lors de la bataille de Badr. Avec ses deux pointes (une pour le bien, une pour le mal dit-on) Mahomet aurait poursuivi ses conquêtes, et l’aurait donné à son gendre Ali lors d’une bataille, geste qui a pu être interprété comme une forme de transmission du pouvoir par certains penseurs de la branche chiite.
Avant même d’enclencher le bouton « play », on constate que Necrowretch a conçu son album avec le souci de l’ancrer dans une thématique à la fois précise et peu habituelle dans le metal extrême. Voilà qui a de quoi attirer, même si la musique peut aussi largement se suffire à elle-même pour apprécier « Sword of Dajjal ».
Car là aussi, le groupe a accompli un sacré boulot en termes de composition. De « Ksar Al Kufar » à « Total Obliteration », il n’y a pas de temps faible. Chaque titre possède son identité propre tout en formant un tout cohérent. C’est un travail d’orfèvre et on n’éprouve à aucun moment le sentiment que Necrowretch s’est concentré sur deux trois titres phares et a fait du remplissage ailleurs. D’abord ce n’est pas le genre de la maison, mais ici cela saute aux oreilles plus encore que d’accoutumé. Franchement on se prendrait même à souhaiter une interprétation intégrale en live. Les riffs sont terribles, les leads précises et affûtés comme un sabre, la section rythmique est au cordeau. Quant au chant…bordel ! Il vous saute à la gorge comme c’est le cas sur l’introduction de « Dii Mauri ».
Assez clairement le death/black de Necrowretch incline de plus en plus vers le black. Une évolution déjà perceptible sur « The Ones from Hell » et qui s’accentue ici. Cela est patent sur les brûlots incandescents que sont « Sword of Dajjal » ou « Vae Victis ». Mais cela se ressent aussi au travers des variations de rythmes car sur cet album il n’est pas question que de vitesse, les breaks sont nombreux et si certains morceaux ont un rythme plus modéré c’est pour développer des ambiances sinistres et pesantes que n’auraient pas reniés Marduk ou Dissection.
Enfin là ou le fond rejoint la forme c’est quand Necrowretch glisse quelques motifs orientaux à sa musique. Oh il n’y en a pas partout mais suffisamment pour rappeler la thématique de l’opus et emmener un peu plus encore l’auditeur dans l’univers de « Sword of Dajjal ».
On mentionnera enfin le soin apporté à la production qui met totalement en valeur le travail du groupe. Le son n’est pas artificiellement body buildé à grands coups de basses comme c’est trop souvent le cas pour cacher des compositions maigrelettes. Ici au contraire la production est toute en finesse et met un peu plus encore en valeur la qualité de la musique et son côté abrasif.
Dense dans sa forme comme dans son fond, Necrowretch propose avec « Sword of Dajjal » son album le plus ambitieux et le plus abouti. Nerveux et patiemment aiguisé, voilà un album qui devrait faire date et imposer un peu plus encore Necrowretch comme une référence du metal extrême en France comme à l’international. Il serait, en tout cas, foncièrement injuste qu’il en soit autrement.
Tracklist :
Ksar Al-Kufar (4:22)
The Fifth Door (5:30)
Dii Mauri (5:07)
Swords of Dajjal (4:56)
Numidian Knowledge (4:12)
Vae Victis (4:18)
Daeva (2:49)
Total Obliteration (6:13)
Line-up : Vlad – Chant, guitare / W. Cadaver – Guitare (lead), basse / N. Destroyer – Batterie.
Liens :
https://necrowretch.bandcamp.com/album/swords-of-dajjal
https://www.deezer.com/us/artist/4265709
https://www.facebook.com/Necrowretch
https://www.instagram.com/necrowretch
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Seisach’Metal Nights #5
Musiques en Bastide et Seisachteion (CoreAndCo) vous proposent cette année une édition de la Seisach’Metal Night à 2 jours ! Memento Mori Webzine est particulièrement fier de compter parmi ses partenaires.
18 et 19 octobre 2024
Seisach’ Metal Night(s) #5 | Facebook
Salle Simone Veil
(Sauveterre-de-Guyenne)Au programme : Vendredi 18 octobre : CELESTE, STINKY, YAROTZ, WIDE SHUT, VESTIGE, Local opener (annonce courant juin) / Samedi 19 octobre : SETH, IMPUREZA, OTARGOS, PÉNITENCE ONIRIQUE, VERDUN, FALL OF SERAPHS, MIASMES, AODON, DROSTE / Le OFF du Seisach’ : KEYSIS (Jeff Grimal)
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Waidelotte / Celestial Shrine
Genre : Black metal avant-gardiste
Note : 80 /100 (Seblack)
Label : Debemur Morti Productions
Sortie : 29 mars 2024Waidelotte est une toute nouvelle formation formée en Ukraine par des musiciens d’horizons assez divers, à savoir : Andrii Pechatkin (White Ward),Oleksii « Zlatoyar » Kobel (Soen) et Mykhailo Bogaichuk (I Miss my Death). Dans les faits le line-up est même beaucoup plus large encore, comme en atteste la liste conséquente des invités (près d’une douzaine) qui sont intervenus sur « Celestial Shrine ». On y retrouve notamment des membres de ТІНЬ СОНЦЯ, de Naoni Orchestra, de Casa Ukrania et de Gordiy Starukh. Le tout donne un mélange pour le moins étonnant et sort sur le label français Debemur Morti Productions.
L’artwork réalisé par Serhii Kochmar pourrait laisser penser à une réminiscence de Cult of Fire, mais non Waidelotte n’a pas de vocation bouddhiste, quand bien même son chanteur concède, je cite : « Bien qu’il ne s’agisse pas d’un dieu hindou en particulier, nous avons cherché l’inspiration dans cette religion, en réinterprétant certaines de ses perles de sagesse du point de vue de nos origines. Mais chacun peut voir son propre sanctuaire sur la pochette. C’est juste un élément déclencheur qui peut pousser à une exploration et à des conclusions plus approfondies. ».
A l’aune de cette citation et du line up présenté plus haut, vous comprendrez aisément qu’avec « Celestial Shrine », on n’est pas avec un album tout simple qui va nous tomber tout cuit dans le bec.
La description même de la musique est assez hasardeuse si ce n’est dire qu’elle est une combinaison de post black, de death metal avec des influences progressives et le recours ponctuel à des chants et instruments folkloriques (vielle à roue, bandura, tsymbaliy…).
La première écoute s’avère d’ailleurs pour le moins déconcertante laissant l’impression d’un maelstrom stylistique dans lequel on se sent un peu perdu. Le même genre de sensation qu’on peut éprouver à l’écoute du dernier Thy Catafalque par exemple. D’emblée, on comprend donc que l’on est face à un de ces objets sonores plus ou moins identifiés et que ce « Celestial Shrine » ne va pas se laisser dompter facilement.
L’affaire est complexe sans l’ombre d’un doute. En même temps avec des compositeurs comme Oleksii « Zlatoyar » Kobel de Soen ou Andrii Pechatkin, chanteur / bassiste de White Ward, il ne fallait pas s’attendre à autre chose. La voix, désormais assez familière, de ce dernier est d’ailleurs une des accroches de « Celestial Shrine » offrant une des premières branches auxquelles se raccrocher.

Sur le plan thématique, l’album entend dépeindre le voyage d’un individu à travers le désespoir, la mort et finalement la renaissance. Un cheminement complexe donc, avec pour point de lumière une forme de catharsis. Là encore, la main d’Andrii Pechatkin est assez reconnaissable et ces quelques éléments de contexte permettent de mieux saisir les intentions de Waidelotte dont la musique semble chevillée aux paroles narrant le parcours chaotique de ce personnage fictif.
Chaos. C’est bien le mot qui ressort aux premières écoutes. Mais ce chaos n’a rien de hasardeux. Quand bien même la musique de Waidelotte peut laisser une première impression de confusion ou de profusion, on comprend assez vite aussi que ce chaos est minutieusement orchestré et se met au service de la narration. A ce titre les intentions artistiques de la formation sont donc parfaitement transcrites même si l’album reste parfois difficile à suivre dans ses multiples changements de caps.
Au fil des écoutes, « Celestial Shrine » se dessine comme un agencement complexe de fulgurances musicales se succédant les unes aux autres. J’ai déjà évoqué le chant d’Andrii Pechatkin, toujours aussi efficace pour dégager cette noirceur et cette rage, mais on pourrait aussi s’en tenir aux guitares qui savent s’aventurer aussi bien dans des contrées d’un post black débridé que dans celles d’un death metal solidement charpenté. La basse ? Dans les mains de Oleksii « Zlatoyar » Kobel cet instrument fait déjà des merveilles dans Soen. C’est encore plus le cas ici.
Les passages où des sonorités traditionnelles viennent se greffer à cet ensemble ne manquent pas d’attirer l’attention, quand bien même ces moments arrivent souvent par surprise, amenant un subit rai de lumière sur un univers sombre et chaotique.
Que l’on parle des différentes irruptions de chants féminins ou de la vielle à roue sur « Todestrieb » ou encore des sonorités de bandura sur l’intermède «Ascending», ce premier opus offre une large palette de respirations et finalement de couleurs. Le point d’orgue de tout cela est probablement constitué par le titre éponyme où les sonorités de ce magnifique instrument qu’est le tsymbaly se marient à merveille avec des guitares agressives pour un morceau tout en contrastes. L’outro ambient constituée par « Dissolving » relèverait du coup de l’anecdote, si ce morceau n’avait pas une fonction bien particulière pour clore le récit.
Alors non, ce premier album n’est pas des plus faciles à aborder que ce soit du point de vue de l’auditeur ou plus encore du chroniqueur. Mais au-delà de cette complexité qui peut décontenancer, il se révèle au fil des écoutes comme une œuvre impressionnante par son ampleur et sa richesse aussi bien musicale que conceptuelle.
Tracklist :
01. Descending (00:44)
02. The Era of Stagnant Gods (4:31)
03. Todestrieb (5:11)
04. Opulent Mirage (5:35)
05. The Mortality Archway (3:33)
06. Ascending (1:02)
07. Lightkeeper (4:46)
08. Celestial Shrine (4:25)
09. Dissolving (feat. Solar Kollapse) (8:18)
Line-up : Andrii Pechatkin – Chant / Mykhailo Bogaichuk – Guitares / Oleksii « Zlatoyar » Kobel – Basse
Guest(s) : Cody Lee Ford – Guitare (track 8) / Nata Hrytsenko – Chants ethniques (track 2, 3) / Sofiya Ruban – Chants ethniques (track 2, 3) / Olena Pavlovska – chants ethniques (track 7) / Igor Roshenets – Chant (track 4, 8) / Anna Buziian – Chant (track 7) / Serhiy Vasyliuk – Voix (track 3) / Gordiy Starukh – Vielle à roue (track 3) / Vlad Vakolyuk – Bandura (track 6, 8) / Ivan Hnativ – Tsymbaly (track 7, 8) / Solar Kollapse – Compositeur (track 9)
Liens :
https://waidelottemusic.bandcamp.com/album/celestial-shrine
https://www.debemur-morti.com/en/news/912_waidelotte-join-dmp.html
https://facebook.com/waidelottemusic
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Darkestrah / Nomad (2024)
Genre : Black metal pagan
Note : 90 /100 (Seblack)
Label : Osmose Productions
Sortie : 29 mars 2024Originaire du Kirghizistan mais désormais établi en Allemagne, le groupe Darkestrah n’est pas le premier venu en matière de black pagan folk. Dans les faits, ses membres ont diverses origines (notamment l’Iran pour Charuk, la chanteuse, et Magus qui s’occupe des instruments traditionnels) mais l’Asie Centrale constitue la terre dans laquelle la musique de Darkestrah s’enracine.
Actif depuis 1999, «Nomad» constitue son septième album. Jusque-là, la formation a été cantonnée à des sorties plutôt discrètes et touchant un public de connaisseurs. Cet état de faits n’enlève rien aux qualités du groupe et ce statut devrait enfin pouvoir changer, puisque cette fois ce nouvel album sort chez Osmose Productions. Alors sans dire que cette signature sera une clef vers le succès, gageons qu’elle offrira à ce groupe une exposition et reconnaissance plus larges. Et disons le : à l’écoute de «Nomad», ce serait amplement mérité !
Voilà en effet un album de black pagan ou de black folk entièrement à ma convenance : suffisamment folk pour avoir son identité sonore et culturelle, mais pas trop non plus, ne tombant pas ainsi dans un folklorisme parfois excessif et souvent inhérent au genre.
Prenant son temps, en s’ouvrant sur des atmosphères chamaniques, le groupe commence par évoquer le village kirghize de Kök-Oy. Le morceau est assez classique dans son instrumentation mais son côté épique et mélodique est déjà des plus séduisants. On relèvera aussi la prestation de la chanteuse qui est tout à fait prenante, avec ses inclinaisons à la fois de guerrière et de magicienne.

Mais la plus belle partie du voyage est encore devant nous et cela commence véritablement avec le titre éponyme qui s’ouvre sur des notes de temir komuz, instrument de bouche proche de la guimbarde. Ces sonorités, qui ne sont pas sans évoquer les Ouraliens de Всполох, se marient à des arrangements de cordes presque cinématographiques. L’ensemble est vite épaulé par un chant et des guitares acérées qui donnent à ce morceau un contraste tout à fait saisissant pour neuf minutes d’un voyage sans temps mort.
La cavalcade au cœur de l’Asie Centrale se poursuit de plus belle avec « Destroyer of Obstacles » et toujours ce mélange de black très tranchant et de sonorités traditionnelles aux arrangements subtils. On reconnaîtra cette fois des notes de tar ou de divan qui donnent au titre toute sa dimension orientale.
Cet agréable équilibre, Darkestrah parvient à le tenir tout au long de l’album que ce soit à travers des morceaux d’épopée comme «Quest for the Soul» ou sur des ambiances plus chamaniques sur le morceau «The Dream of Kojojash» inspiré d’un récit de la tradition kirghize. Fermant l’album de la même manière qu’il s’est ouvert, «A Dream That Omens Death» distille une dernière fois quelques notes mystérieuses.
Ancré aussi bien dans un black metal épique que dans des sonorités typiques de l’Asie Centrale, Darkestrah délivre un album qui mérite l’attention. Porté par un esprit combatif puisé aussi bien dans la force des esprits que dans l’histoire, «Nomad» est un album conquérant. En tout cas, moi, il m’a conquis.
Tracklist :
1. Journey Through Blue Nothingness (02:12)
2. Kök-Oy (08:00)
3. Nomad (09:35)
4. Destroyer of Obstacles (09:32)
5. Quest for the Soul (09:46 )
6. The Dream of Kojojash (04:59)
7. A Dream That Omens Death (01:45)
Line-up : Asbath – Batterie, Percussion, temir komuz / Resurgemus – Guitares, claviers / Cerritus – Basse, tambour de shaman, temir komuz / Magus – Tambour, Divan, Cuatro, tar azeri / Charuk – Chant, percussions.
Liens :
https://darkestrahofficial.bandcamp.com/
https://www.deezer.com/en/artist/195268
https://www.facebook.com/darkestrahofficial
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Givre / Le Cloître (2024)
Genre : Black metal
Note : 90 /100 (Seblack)
Label : Eisenwald
Sortie : 29 mars 2024
« Cloître » est le troisième album du groupe québécois Givre. Ce troisième effort sort sur le label Eisenwald qui avait déjà publié le second, « Le destin messianique », et réédité le premier, « Le pressoir mystique ». A la lecture des titres de ces trois albums ressort l’une des particularités de cette formation pas comme les autres, qui s’empare et noircit sans vergogne différentes thématiques de la religion catholique. Pour autant, n’allez pas imaginer le moindre instant que Givre serait un groupe religieux. Non, mille fois non. Le groupe s’inscrit plutôt dans une démarche documentaire et historique. Il s’intéresse particulièrement aux aspects les plus sombres et austères du catholicisme : le dolorisme, l’expiation par la souffrance ou le mysticisme. La démarche est assez originale mais elle est bougrement intéressante et invitera l’auditeur un minimum curieux à aller à son tour se renseigner sur les faits ou personnages abordés par le groupe dans chacun de ses titres.
Pour « Le cloître », un certain nombre d’évolutions ont été mises en œuvre tout en restant dans la continuité de ce que Givre a proposé jusque-là.
Thématiquement, « Le Cloître » voit un resserrement autour du catholicisme. A ce titre les références à l’histoire du Québec ou les références à la littérature s’estompent. Cette fois, Givre centre son attention sur six figures féminines catholiques. Toutes ou presque sont des saintes ou considérées comme telles. Toutes ont également été habitées par une foi intense, extrême même. Visions, stigmates, énédie, leur existence est un mélange d’expériences religieuses extatiques ou douloureuses. Elles sont de diverses époques : de Sainte Hildegarde Von Bingen pour la plus ancienne à Marthe Robin pour la plus contemporaine. Tous les textes utilisés par le groupe sont de leurs mains ou de celles d’hagiographes mettant en avant leur foi prodigieuse.
Musicalement, on observe également une sorte de resserrement et de plus grande cohérence dans les compositions proposées ici. Les progrès en termes de son avaient déjà été importants entre les deux premiers opus. Pour « Le cloître », Givre franchit de nouveau un pas considérable : l’album sonne mieux que jamais, offrant à l’auditeur un panel de sonorités contrastées : sombres et lumineuses à la fois et dans lequel tous les instruments sont mis en valeur et au service du propos. Coutumier de l’usage d’archives sonores ou de divers arrangements, le groupe utilisait jusqu’à maintenant ces éléments en les plaçant plutôt à côté de la musique. Dans « Le cloître » le groupe a réalisé un travail plus approfondi encore, les incorporant davantage au cœur de l’instrumentation. On retrouve ainsi des extraits du film « Le dialogue des Carmélites » (1960) ou d’une pièce de théâtre de Hildegard Von Bingen dans le morceau qui lui est consacré. Le résultat de tout ce travail est net et sans appel : « Le Cloître » est l’album le plus cohérent et le plus abouti du groupe à ce jour. Il plonge dans un univers qui, selon la vie des figures abordées, va être tantôt sombre et douloureux ou à l’inverse davantage baigné par la plénitude.
Chaque titre possède ainsi une coloration liée à la biographie de la personne évoquée. Prenons par exemple le second titre consacrée à Louise du Néant. Cette jeune noble, née en 1639 fut plongée dans une crise mystique confinant à une folie telle qu’elle fût enfermée à la Salpêtrière. Les textes utilisés sont probablement ceux que Louise de Bellère du Tronchay a écrit à ses confesseurs livrant un témoignage rare sur les conditions de vie à la Salpêtrière au XVIIe siècle où elle fut internée puis soignante. C’est cette existence pleine de contrastes que la musique retranscrit parfaitement au travers d’une musique qui commence dans une ambiance de folie furieuse avec des cris et des stridences. S’en suivent des passages qui ploient sous une noirceur et une lourdeur écrasante quand d’autres inclineront davantage vers des moments de grâce. Cette démarche de biographie mise en musique, Givre la déploie avec autant de réussite au travers des six compositions proposées dans « Le cloître ».
Avec ce que l’on pourrait presque qualifier de concept album, Givre parvient une nouvelle fois à proposer un album passionnant par sa démarche aussi bien que par sa musique. Pour les moins curieux la musique se suffira à elle-même mais pour les autres elle constituera aussi l’occasion de se confronter à l’histoire de ces figures féminines catholiques. Progressant à chaque sortie, le groupe québécois s’affirme véritablement comme une des formations les plus intéressantes d’une scène qui ne l’est pas moins.
Tracklist :
1. Marthe Robin (1902-1981) (09:55)
2. Louise du Néant (1639-1694) (06:52)
3. Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582) (05:04)
4. Marie des Vallées (1590-1656) (05:54)
5. Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179) (05:36)
6. Sainte Marguerite de Cortone (1247-1297) (08:11)
Line-up : Mathieu Garon – Basse, chant / Jean-Lou David – Batterie, chant / David Caron-Proulx – Guitare, chant.
Guest(s) : Gaël Poisson-Lemay – Guitare sur «Marthe Robin »
Liens :
https://givremetal.bandcamp.com/album/le-clo-tre
https://www.deezer.com/en/artist/104545312
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Ecr.Linf / Belluaires (2024)
Genre : Black metal
Note : 90/100 (Seblack)
Label : My Kingdom Music / Source Atone Records
Sortie : 22 mars 2024« Ecr.Linf », tel était l’abréviation de « Écrasons l’infâme » avec laquelle Voltaire commença à signer ses lettres vers 1763 pour appuyer son combat contre l’obscurantisme et le fanatisme religieux.
Ecr.Linf tel est, aussi, le nom que ce tout nouveau groupe français de metal noir s’est donné, reprenant, à sa manière, le flambeau voltairien. Et dans ce monde où le dogmatisme et les apparences sont des vertus de plus en plus en vogue, un album tel que celui proposé ici fait du bien. Tout simplement. Cela est d’autant plus vrai, que le groupe ne se pose pas en donneur de leçons et ne s’exclut nullement de son questionnement car à quoi bon combattre l’infâme autour de soi, si ce combat ne commence pas par soi-même ?…
L’album est intitulé « Belluaires », du nom de ces gladiateurs qui combattaient les fauves dans les arènes romaines. Tout le monde saisira le sens de la métaphore qui se dessine ici et se décline sur un visuel sobre et élégant de Dorian Lairson. L’ensemble sort sur le label français Source Atone Records, il est aussi distribué à l’étranger par My Kingdom Music. Une version cassette est également proposée par Remparts Productions. De manière plus générale, on appréciera que Ecr.Linf se soit aussi attelé à développer un univers visuel (photographique et vidéo) à l’esthétique sombre et travaillée.

Si Ecr.Linf est un nouveau groupe, ses membres sont loin d’être des nouveaux venus, ses musiciens ayant officié dans diverses formations qui ne manqueront pas d’évoquer de bons souvenirs musicaux : Demande à la poussière, Jarell, No Return, Svart Crown, Hyrgal…
Dans sa démarche musicale et thématique, le groupe s’inscrit dans une voie qui va bien au-delà d’un simple black metal distribuant son lot de mandales. C’est pourquoi le terme de metal noir m’a semblé le plus approprié pour décrire la musique de Ecr.Linf.
Le groupe développe en effet un univers musical et philosophique qui lui est propre. En cela il s’inscrit dans cette lignée de groupes français ou francophones qui se distinguent par une plus-value thématique et un côté littéraire assumé. De la musique aux visuels en passant bien évidemment par les paroles, Ecr.Linf est un tout où rien n’est là par hasard.
Alors le black metal est bien évidemment très présent avec des riffs et des ambiances qui ne manqueront pas d’évoquer les morsures scandinaves de la grande époque. Nul doute, Ecr.Linf est féroce. Mais il n’est pas passéiste non plus et sonne de manière moderne si j’ose dire. Loin d’une quelconque forme de monolithisme, les touches de claviers qui se glissent habilement dans la musique lui confèrent une dimension supplémentaire de solennité et de grandeur. Plus encore, le groupe sait aussi bien puiser dans d’autres styles pour trouver la lourdeur et l’épaisseur qui vont lui servir à noircir plus encore son propos. Le tout est martelé par une batterie où la puissance de feu Rémi Sefarino fait des merveilles.
Dans cet ensemble des plus vigoureux le chant résonne de manière bien particulière. Bien que très rauque, celui-ci est parfaitement articulé permettant de saisir la plus grande partie des paroles en Français.
Ce travail de diction du chant permet pleinement d’apprécier celui qui a été mené sur l’écriture des paroles. La langue est ciselée et tranchante à la fois, cela tant dans ce qu’elle dit que dans la forme dont elle le dit. A ce côté littéraire des lyrics, on ne peut enlever à Ecr.Linf la volonté de lui donner un fond riche de sens. Oui il y a un côté philosophique et spirituel dans chacun des titres de « Belluaires ». Mais s’il est question de spiritualité c’est dans une inclinaison areligieuse ; et c’est bien ici que l’on retrouve l’ombre de Voltaire.
Il est beaucoup question de lutte dans ces paroles, mais celle-ci n’est pas forcément dirigée contre la religion ou la spiritualité en tant que telles mais plutôt contre ses dérives les plus récurrentes : dogmatisme, puritanisme, obscurantisme…Employant plus souvent qu’à son tour le « je », le groupe ne s’exclut nullement de la problématique puisant au contraire dans ses contradictions ou ses luttes intérieures une source d’inspiration.
Il se dégage de cet album une puissance et une forme de résonance assez prodigieuses. Bien sûr, cela tient à des parties musicales des plus furieuses mais pas seulement. Plus encore, ce qui frappe ce sont les multiples contrastes qui vont se dessiner au fur et à mesure des huit compositions proposées ici. Que ce soient les passages de claviers, les parties en voix claire où le magnifique final à l’accordéon sur « La danse des crânes » tout concourt à dépeindre un univers en clair-obscur foisonnant et cohérent. A n’en pas douter Ecr.Linf vient d’écrire avec « Belluaire » une fort belle page de black metal à la française.
Tracklist :
1. Le désespoir du prophète (05:36 )
2. Tribunal de l’âme (05:59)
3. La danse des crânes (05:02)
4. Missive (05:38)
5. Le royaume du vide (05:37)
6. Ultime projection (05:15)
7. Valetaille (07:14)
8. Feu pâle (01:05)
Line-up : Dorian Lairson – Guitare / Jiu Gebenholtz – Basse / Jean Lassalle – Claviers / Rémi Sefarino – Batterie / Krys Denhez – Chant
Liens :
https://www.facebook.com/Ecr.LinfOfficiel
https://www.instagram.com/ecrlinf/
https://www.deezer.com/ru/artist/247052172?
autoplay=true&deferredFl=1&utm_campaign=artist&utm_source=google&utm_medium=organic
https://www.youtube.com/@ecrlinf.official?si=HFXrNs_Zu9vfegAB
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Dismo / The Architect of Chaos
Note : 80/100 (Mémé Migou)
Genre : Death metal / Brutal Dark Metal
Label : France Black Death Grind
Sortie : 23 Février 2024Le gras, c’est la vie. J’espère que vous n’en doutez pas. Et ne venez surtout pas me dire que nous sommes au printemps, qu’il faut préparer l’été, trop de gras tue le gras, on va devenir énorme… Non, laissez votre dysmorphophobie au placard et hop, on enfourne tout ça d’un coup ! C’est bon, hein?!
Parce que, au final, la tartine de saindoux n’est pas si grasse que ça, grâce aux diverses influences qui parsèment la musique de Dismo (diminutif du trouble sus cité). Alors dis-moi, Dismo, cet « Architect of Chaos », c’est quoi ?
Eh bien, commencer par « Il était une fois » n’est pas une mauvaise chose, puisque dans un article sur la Dysmorphophobie, les Dr Phillips et Stein nous disent que le diagnostic passe par l’anamnèse. Alors, allons-y avec les « Je me souviens », fouillons dans l’histoire du groupe.
Dismo, c’est avant tout deux frères, Chris et Damm qui, s’entourant d’autres musiciens et hurleur, ont commencé à triturer du thrash death, il y a 25/30 ans. Eh ouais… ceci ne nous rajeunit pas ! En 2005 sort « Absurd… » et là, c’est le big bang. Parce que, à force de tourner avec des groupes comme Gojira, on va pouvoir comprendre la filiation dans « The Architect of Chaos », 19 ans plus tard. Mais entre temps, le line up bouge, et du death thrash, on passe au « Alien Death’N Roll » (ai-je cru lire quelque part), au death old school (« Dismo » en 2019), sans oublier les touches de core et de stoner (« Bulls and God » en 2009).
– Pause –
Arrivée à cette étape de l’histoire que nous offre le presskit, je me dis que soit les gars font la musique qui leur plaît sans vraiment se poser de questions sur la cohérence, soit ils mettent toutes leurs influences dans un pot-pourri et ils ne savent pas encore quelle voie emprunter.
Donc, soit ils digèrent le tout pour recracher leur propre pelote musicale, soit ils vont nous perdre au fil des changements. Car trop d’idées, parfois, ça nous fait une tambouille plutôt qu’un bon p’tit plat mitonné.

– Reprise –
Après une séparation, le groupe revient quand le confinement met un nouveau coup d’arrêt. Ils en profitent pour faire évoluer une nouvelle fois leur musique vers du Brutal Dark metal.
– Pause –
Alors là, nouveau débat : un groupe se doit-il de faire évoluer son style ou au contraire en garder la substantifique moelle qui les a fait connaître. Pour ma part, j’opte pour les deux. Un virage à 360° me perd. Autant qu’un album qui serait le copié-collé du précédent n’aurait pas grâce à mes oreilles.
Finalement, pour revenir à Dismo, j’ai comme l’impression qu’on est en train de prendre un sérieux coup de maturité. Et cela passe par l’épuration du style. Oui oui… On finit par détecter la voie ad hoc pour Dismo. Et elle passe par un death metal qui fleure bon le morbide angélique Gojira.
– Reprise –
Désormais, Dismo veut nous proposer une musique plus dure et plus sombre (dixit le presskit), sur un univers offrant la part belle à Lovecraft et à l’horreur. Leur dernier album, « The Architect of Chaos » se fera cérémonial sur scène. Quant à l’album, il est le premier d’une future trilogie. Lui-même se scindant en deux parties, l’invocation et l’arrivée de l’entité. La seconde narrera les péripéties menant au chaos.
– Pause –
Bon, lâchons un peu ce presskit pour nous tourner vers nos propres sensations. Il ne nous faudra pas plus de trois mesures du riff initial pour que «The Architect of Chaos » plante le décor. L’ombre de Morbid Angel plane dans la lourdeur des riffs. En même temps, Dismo ayant tourné avec Gojira et Gojira ayant bien écouté et disséqué Morbid Angel, doit-on vraiment s’en étonner ?!
Néanmoins, nous avons ici d’autres références qui nous viennent à l’esprit. Notamment dès le second titre qui nous renvoie vers Eternal Grey dans ses breaks qui groovent à mort. Mais pas que ! Dans les ambiances un peu indus des guitares acérées en riffs tournant à l’envi sur une bonne partie de la chanson.
Là où je suis assez scotchée, c’est sur les chants. Nous avons un growl puissant. Ainsi qu’un chant plus aigu, limite black. D’ailleurs, certains titres ont ces ambiances blackenned death, certainement ce qu’ils nomment «dark ». Mais si on se réfère au line up, le chant est tenu par une Bruxelloise du nom de Gaëtane.
Je n’aime pas vraiment les nanas au growl, je pense l’avoir déjà dit, car souvent leur chant est ce que j’appelle gris. Ni Gras, ni black. Ça manque de testostérone, quoi. Ici, rien ne peut me faire penser au gosier d’une femme. Le growl est de ceux que j’affectionne particulièrement. Bravo !
Ça blast, ça tapisse de double, ça gruik sur les breaks (exemple à 2:15 sur « Beginning of the Substitute » et surtout ça vous rentre dans la tronche, avec les passages groovy, les ralentissements.
Un big up à la sixième piste, « Psal-Maudire », qui nous emmène sur une ambiance différente des autres morceaux, avec ce chant cérémoniel et les riffs hypnotisant.
Bien qu’il n’y ait pas de passages en soli, ça avoine sévère et ça joue très bien. Un sérieux niveau, qu’ils ont. Certes, on y trouve diverses influences, mais bien digérées, offrant une vision globale de leur style (à la différence des débuts où on sentait plutôt une dispersion). De l’indus, du black, du death. Et pas mal de filiation avec Morbid Angel, Eternal Grey ou encore Nile (sur les arrangements du titre « The Great Elders », par exemple). Ceci pourra en refroidir certains, quand d’autres n’en auront cure. Au final, le pari de cette évolution est gagné. On peut se poser et se dire tout simplement : ça le fait, c’est bon ! J’attends de les voir en concert !Tracklist :
1.Out of Time
2.Astral Conjonction
3.The Room
4.Beyond the Sea of the Ancients
5.Beginning of the Substitute
6.Psal-Maudire
7.The Great Elders
8.Lost in the Galleries
9.Birth of Blasphemy
10.The End of an Age
11.The HostLine up : Gaetane – Chants / Fab – Guitare / Doc – Guitare / Chris – Basse / Damm – Batterie
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