Live report de la 1ère journée
Texte de Bruno Guézennec et Seb D.
du MOTOCULTOR 2024
Carhaix (29)
Crédit vidéos : Bruno Guézennec et Once Upon a Live
N’ayant pas sollicité d’accréditations, c’est en qualité de festivaliers que nos deux comparses, Bruno et Sébastien ont arpenté les scènes du Motocultor édition 2024. Ils vous livrent ici leurs impressions.
Remarques générales sur le Fest
Bruno : Énormément d’améliorations pour cette édition 2024, mais toujours des défauts qui seraient facilement corrigeables comme ce bordel à l’entrée avec des panneaux qui ne donnaient pas les bonnes indications aux différentes portes d’entrées :
2 portiques « avec bracelets – Concerts » pour ceux qui avaient déjà leur bracelets.
2 portiques « Pose bracelet » pour ceux qui n’avaient pas encore eu le leur, qui se trouvait aussi être les portes d’entrée du camping, donc avec un temps d’attente extrêmement long à cause de la fouille du bardat que transportait les campeurs.
Logique non ?
Et bien non, on pouvait aussi passer par les portiques « avec bracelet » même si on n’en avait pas, puisqu’ils effectuaient aussi la pose !!
Merci pour ces indications totalement foireuses qui ont embrouillé pas mal de monde.
Les scènes. Pourquoi ne pas mettre clairement le nom des différentes scènes (et pas avec un carton minable inscrit au feutre). J’ai indiqué où se trouvaient certains concerts à des festivaliers qui étaient complètement paumés, et ce n’est pas le Running Order qui arrangeait les choses puisque sur celui çi, les scènes n’étaient pas indiquées dans le même ordre qu’en réalité.
Sur le site c’était en bas Dave Mustage (Mainstage) et Supositor Stage. En haut Massey Ferguscène et Bruce Dickinscène (les 2 chapiteaux). Sur le R.O. C’était de gauche à droite : Dave – Massey – Supositor – Bruce. Aucune logique.
Autre problème, en numérotant les scènes de bas en haut cela donne 1 – 2 – 3 – 4, pourquoi faire jouer les scènes les plus éloignées 1 – 4 en même temps, si ce n’est pas un souci cela implique que les scènes les plus proches 2 – 3 vont elles également jouer en même temps ! Pourquoi ? Pourquoi ne pas faire 1 – 3 puis 2 – 4.
Résultat quand Arhios groupe de post metal jouait ses intros calmes et planantes, en même temps sur la scène la plus proche (Supositor) on entendait à bloc la double grosse caisse des grinders de Kronos. Un peu problématique et tellement simple à régler comme inconvénient.
A part cela, comme je l’ai déjà dit, de grosses améliorations dans pratiquement tous les autres domaines.
Seb : Après une première édition à Carhaix l’année dernière, réussie dans son ensemble malgré de nombreuses choses à corriger, le Motocultor faisait son retour en terre finistérienne les 15, 16, 17 et 18 août dernier.
Le site a été totalement repensé cette année : il est plus petit et mieux optimisé au niveau des déplacements. Nos pieds étaient contents ! Pas de douleurs de ce côté-là lors de cette édition. Le premier gros changement qui saute aux yeux, c’est la Supositor Stage (jusque-là plus petite scène du festival) qui se retrouve jumelle de la scène principale (la Dave Mustage) et devient, pour le coup, quasiment aussi grande que cette dernière. Les deux autres scènes (la Masey Ferguscène et la Bruce Dickinscène) restent sous tente comme les années précédentes. Petit point négatif, il faudrait revoir leur disposition afin que le son des deux principales ne vienne pas télescoper les concerts sous celles-ci. Surtout lorsqu’elles sont pleines à craquer et qu’on se retrouve à l’extérieur pour écouter le concert…
Autre point positif, l’ajout de nombreuses toilettes ; c’était un des gros points noirs de l’année dernière et force est de constater que l’orga a su réagir.
Il y a aussi désormais un endroit dédié à la restauration à l’écart de l’espace concert. C’est une excellente idée ! Cela permet de ne pas avoir de queues un peu partout sur le site et de pouvoir se poser tranquillement pour manger, par terre ou sur les tables. Il y a un large choix de nourriture et de bonne qualité. Par contre, les prix affichés par certains stands sont à la limite du raisonnable.
Depuis trois éditions, du côté des bières (la nourriture de base du festivalier amateur de gros son), nous avions le droit uniquement à de la 8.6, bière forte et au goût douteux. Cette année, un large choix de bières bretonnes nous était offert. Et suivant les bars où nous allions nous abreuver, elles n’étaient pas les mêmes. Ne changez rien à ce niveau-là, c’était impeccable !
Il y avait même un mur de quatre bières différentes où l’on pouvait choisir et se servir de manière autonome. Superbe idée là aussi.
Dans son ensemble, le Motocultor a su écouter les critiques et corriger les défauts. Il ne reste plus qu’à trouver une solution pour fluidifier la pose des bracelets et l’entrée sur le site le premier jour et on sera pas mal.
Jeudi 15 août 2024
SHY, LOW
Seb : C’est donc après une attente assez longue que nous finissons par enfin entrer sur le site. Les concerts n’étant pas encore commencés, je me dirige immédiatement vers le stand merchandising du festival. Un large choix de modèles y est proposé, de quoi satisfaire le plus grand nombre.
Les hostilités démarrent à 15h30 avec les Américains de SHY, LOW. Le quintette de l’Etat de Virginie évolue ici dans un Post Rock / Post Metal instrumental assez agréable mais le son beaucoup trop fort m’empêche de rentrer totalement dans le concert me faisant lâcher l’affaire au bout de trois titres.
Bruno : Début relativement calme avec SHY, LOW, 5 sur scène et même pas foutu de trouver un chanteur 🙂
Du post-metal avec de belles envolées de guitares (3 gratteux quand même). 45mn très agréable histoire de bien s’échauffer.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
UADA
Bruno : Pour la suite, on entre directement dans le vif du sujet avec UADA, groupe de black atmosphérique (à capuche), que j’avais déjà vu au Hellfest en 2019. Toujours la même caractéristique, pas de lights (juste 4 spots posés par terre à l’arrière de la scène). De toute façon, en plein jour à 16h cela n’aurait pas servi à grand-chose, surprenant quand même ce choix.
Le black des ricains à une nouvelle fois tapé juste, le temps a semblé bien trop court, j’aurais bien repris 2 ou 3 titres de plus. La prochaine fois, en espérant ne pas avoir à attendre 5 ans.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
GRANDMA’S ASHES
Seb : J’en profite pour aller me placer aux barrières afin d’être en bonne place pour assister à la déflagration Rock que va nous asséner les Parisiennes de GRANDMA’S ASHES. Le trio qui mélange Rock, Stoner et Grunge n’aura aucun mal à captiver son audience grâce notamment à la charismatique chanteuse / bassiste Eva. Le reste du groupe n’est pas en reste, jouant leurs titres avec énergie brute et conviction. L’ambiance monte crescendo sous la tente jusqu’au final apothéotique avec le tubesque « Aside ». Le premier grand moment du festival.
Crédit vidéo : Once Upon a Live
SQUID
Bruno : Ensuite une décision difficile à prendre, j’avais le choix entre Squid et… Squid, bon, j’ai choisi d’aller voir Squid. Christian Vander (Magma) s’étant flingué le coude en tombant dans un escalier, c’est Ange qui a pris leur créneau horaire, délaissant celui de 17h10/18h10 qui s’est retrouvé vide sous la Bruce Dickinscène.
Je trouve quand même dommage que le festival n’ait pas réussi à dénicher un groupe local pour boucher le « trou ». Il y a suffisamment de talents dans notre belle région pour trouver un remplaçant en 24 heures.
Revenons à SQUID qui ne m’a pas transcendé, il faut bien l’avouer avec leur, « je ne sais pas quoi metal ». Je n’arrive même pas à trouver le terme exact, ça part un peu dans tous les sens et je me suis ennuyé en attendant les quelques passages qui patataient un peu.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
HAVOK
Seb : Le ciel commençant à se montrer menaçant, je décide de profiter d’un creux dans la programmation (en gros, aucun des deux groupes jouant sur ce créneau ne m’intéressait) pour remonter au campement et aller chercher mon manteau de pluie. Et j’ai eu du nez sur ce coup-là car la météo sera humide tout le reste de la soirée.
Je reviens sur le site juste à temps pour voir les Américains d’HAVOK. Ici, on ne fait pas dans l’originalité mais qu’importe. Tout ce qu’on veut, c’est du bon Thrash Metal à l’ancienne. Et on va recevoir notre dose. Pendant quarante-cinq minutes, il n’y a aucun temps mort. Mosh-pits, circle-pits, tout y passe : ce groupe est d’une efficacité redoutable.
Bruno : Moundrag ou Havok, le cœur me disait Moundrag, la raison HAVOK, car j’aurai sûrement moins d’occasion de les voir que les frangins Trégorrois. Le groupe du Colorado a fait le taf, ce n’est pas original pour 2 ronds, on a l’impression d’avoir déjà entendu ça cent fois, mais on s’en fout, c’est du bon thrash, ça butte et le public devient dingue. On sait ce que l’on vient voir. Parfait.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
ALAN STIVELL
Bruno : Créneau suivant avec ALAN STIVELL qui déboule sur la Mainstage du fest (Dave Mustage) avec ses musiciens. Alan Stivell, le mec qui a révolutionné la musique bretonne en 1972 en donnant un concert de musique traditionnelle bretonne électrifiée à l’Olympia, retransmis en direct à la radio (Europe 1) suivi par 7 millions d’auditeurs !!
52 ans plus tard, ce même mec enflamme la scène du Motoc avec toujours des classiques, mais version rock/metal cette fois çi avec 2 guitaristes, dont son ancien comparse Emmanuel Devorst et un son de guitare bien lourd qui donne un énorme coup de boost aux titres (la version de Son ar chistr !!)
Et puis voir Alan Stivell faire les « doigts de metal » à la fin de certains titres et du concert ça n’a pas de prix. Ce mec est une fucking LEGEND !! Respect.
Seb : Je regarde ALAN STIVELL de loin au début mais me rapproche très vite car la légende de la musique bretonne a adapté son show en y ajoutant des guitares aux sonorités metal, ce qui modernise le propos de fort belle manière. L’artiste de quatre-vingts ans a su faire se rencontrer musiques amplifiées et celtiques de façon intelligente, à tel point qu’il termine son show avec une ovation. Une réussite !
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
SACRAMENTUM
Seb : Je quitte la Dave Mustage pour me diriger vers la Supositor Stage (en gros, on se décale de quelques pas sur notre gauche) pour assister au concert d’un groupe plutôt rare dans nos contrées : les Suédois de SACRAMENTUM, formation qui a eu sa petite notoriété au milieu et à la fin des années 90 mais qui, depuis, est plus ou moins retombée dans l’oubli. Il n’est jamais aisé pour un groupe de Black Metal de se produire en plein jour. D’autant plus quand le gars qui gère le son décide de mettre la basse en avant, qui plus est avec une sonorité brute et sans aucun effet. Cela ruine le concert qui s’avère très désagréable à écouter. Et ce n’est pas le chanteur s’aspergeant la figure de sang qui sauve les meubles. Au contraire, cela donne un côté très kitsch à l’ensemble.
Bruno : SACRAMENTUM a investi la Supositor juste après pour délivrer son black de seconde zone. Désolé pour les fans du groupe mais c’est l’impression que j’ai eu. Déjà la bassiste était mixée beaucoup trop en avant avec un son de basse beaucoup trop propre, ce n’est pas un son jazz ou rock qu’il faut, c’est du black metal, quoi ! En fait on entendait que son joli son de basse pendant tout le concert, je n’en pouvais plus !
Bref, je me suis bien ennuyé et ce n’est pas le lancer de sang de porc (ou je ne sais quoi) sur les premiers rangs, après que le chanteur se soit bien enduit le torse et le visage qui changera quelque chose à mon impression (je suis en train de réécouter la vidéo que j’ai filmée, la basse est toujours insupportable).
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
DEICIDE
Bruno : Petit déplacement de 20 mètres sur la droite pour assister au concert de DEICIDE. Aucune surprise, ils ne sont pas là pour enfiler des perles mais pour faire du old school death et ils le font bien, même si ce n’est pas mon style de prédilection, on sent une certaine expérience. Glen Benton a encore de beaux jours metalliques devant lui.
Seb : Les Floridiens et légendes du Death Metal DEICIDE n’ont aucun mal à remettre les pendules à l’heure et à nous faire oublier cette piètre prestation.
La setlist se concentre pour l’essentiel sur les trois premiers albums du groupe (les classiques) tout en mettant en avant leur dernier méfait Banished By Sin représenté par 3 titres. Ici pas de fioritures, on a à faire à du Death Metal old school gras et brutal. Glenn Benton ne communique pas avec le public, il se contente de vomir sa bile sur le Christ et sa religion. La croix inversée qu’il s’est faite marquer au fer rouge il y a de nombreuses années colle toujours avec ses convictions et son aversion envers la chrétienté. Un excellent concert.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
VENOM
Bruno : Retour devant la Supositor pour le show de VENOM INC., malgré le fait que je les ai vus il y a 2 mois au Hellfest, je ne m’en lasse pas. Là aussi, rien de bien original, mais ça fait toujours plaisir de réécouter les vieux classiques extraits de vinyles que j’avais achetés au début des années quatre-vingt. 55 minutes qui sont passées toutes seules.
Seb : Vient le tour de VENOM INC.. A l’origine, groupe monté par les deux ex-VENOM : Mantas (guitariste) et Abbadon (batteur). Ayant vu le VENOM original (celui de Cronos) il y a 2 semaines de cela au Beyond The Gates à Bergen, je vais pouvoir comparer. Je savais qu’Abbadon ne faisait plus partie du groupe depuis 2018 mais ce soir, j’ai l’impression que Mantas n’est pas sur scène non plus. Je ne mettrais pas ma main à couper mais le guitariste me paraît bien jeune pour avoir formé VENOM en 1979. Qu’importe, l’essentiel étant la musique, on va se concentrer là-dessus. Je ne vais pas en surprendre beaucoup en disant que la majorité de la setlist est composée de titres de VENOM et de quatre titres de VENOM INC. Si on compare les deux entités, j’ai beaucoup plus apprécié le show au Motocultor, celui-ci étant beaucoup plus énergique et dynamique avec un son de qualité optimale (sauf sur le premier titre). Les classiques sont tous là : « Wishing Hour », « Welcome to Hell », « Black Metal », « Countess Bathory » et même mon titre préféré « In League With Satan ». Un excellent concert !
Ce sera malheureusement le dernier de la journée pour moi car je travaille le lendemain et il y a une bonne heure de route pour rentrer à la maison.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
CRIPPLED BLACK PHOENIX
Bruno : Changement radical avec le concert de la Bruce Dickinscène qui acccueillait CRIPPLED BLACK PHOENIX dont je ne connaissais pas grand-chose avant, car comme d’habitude j’écoute très peu les groupes que j’ai décidé d’aller voir pour conserver une certaine fraîcheur face aux chansons et le plaisir de la découverte.
Le post metal des anglais s’est révélé efficace, mélodique et puissant, remportant un beau succès sous la tente. Sept sur scène : 1 chanteuse, 2 guitaristes/chanteurs/choristes, 1 bassiste, 1 synthé, 1 batteur malgré cela un son qui est resté clair et relativement précis malgré une grosse caisse réglée beaucoup trop forte (une constance sous la Bruce, enfin du peu de concerts auxquels j’ai assisté).
Belle prestation, à revoir dès que possible. Une des très bonnes surprises du Fest.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
LIONHEART
Bruno : Fin de soirée tout en finesse avec le hardcore revendicatif des ricains de LIONHEART. Que dire, ça chante en chœur, mais vraiment, il y avait 2 choristes sur la droite de la batterie, bien caché par la fumée omniprésente. Des gros breakdown, des effets pyrotechniques, le bassiste a pris un malin plaisir à faire participer le public (à la Queen, hey ho…), à le faire sauter en rythme… Un peu cliché, mais bien jouissif quand en même temps, on prend des gros riffs de guitares en pleine gueule.
À noter une méchante coupure de son (qui n’a duré qu’ ½ seconde) mais qui à un peu fait peur à tout le monde. Cela s’est reproduit à quelques reprises sur la Supositor tout au long du week-end, heureusement sans dommage.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
KVELERTAK
Bruno : Fin de la soirée, pas vraiment, car en me dirigeant vers la sortie je m’aperçois que le concert de KVELERTAK n’est pas terminé (merci les groupes de HxC qui jouent pratiquement toujours moins que le temps qui leur est alloué). Résultat, j’ai réussi à faire en prime 13mn du concert des norvégiens Kvelertak, ce qui vu la qualité du groupe n’est pas négligeable. J’ai eu le droit au final (si je vous avais dit en intro vous auriez eu du mal à me croire) avec le magnifique Bratebrann en version 9mn. J’adore ce groupe mais à chaque fois (Hellfest, Motocultor) il y a une formation que j’ai plus envie de voir en face.
Gros carton de Kvelertak, mérité.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
Fin de cette première journée, n’hésitez pas à regarder sur le site du Motocultor, les pass Noël sont actuellement en vente…
