Étiquette : Mémé Migou

  • Interview HK Vamacara Studio – Memento Mori

    Interview HK Vamacara Studio – Memento Mori

    Mémé Migou et Jp reçoivent HK du VAMACARA Studio afin qu’il nous explique son parcours, ses histoires et tout ce qu’il l’a amené à devenir ingé-son et ouvrir son propre studio, tout en donnant des anecdotes avec certains groupes. N’hésitez pas à aller le suivre sur ses pages ! Internet : https://vamacarastudio.com/ FB :   / vamacarastudio   INSTA :   / vamacarastudio  

  • Dismo / The Architect of Chaos

    Dismo / The Architect of Chaos


    Genre
    : Death metal / Brutal Dark Metal
    Label : France Black Death Grind
    Sortie : 23 Février 2024

    Note : 80/100 (Mémé Migou)

    Le gras, c’est la vie. J’espère que vous n’en doutez pas. Et ne venez surtout pas me dire que nous sommes au printemps, qu’il faut préparer l’été, trop de gras tue le gras, on va devenir énorme… Non, laissez votre dysmorphophobie au placard et hop, on enfourne tout ça d’un coup ! C’est bon, hein?!

    Parce que, au final, la tartine de saindoux n’est pas si grasse que ça, grâce aux diverses influences qui parsèment la musique de Dismo (diminutif du trouble sus cité). Alors dis-moi, Dismo, cet « Architect of Chaos », c’est quoi ?

    Eh bien, commencer par « Il était une fois » n’est pas une mauvaise chose, puisque dans un article sur la Dysmorphophobie, les Dr Phillips et Stein nous disent que le diagnostic passe par l’anamnèse. Alors, allons-y avec les « Je me souviens », fouillons dans l’histoire du groupe.

    Dismo, c’est avant tout deux frères, Chris et Damm qui, s’entourant d’autres musiciens et hurleur, ont commencé à triturer du thrash death, il y a 25/30 ans. Eh ouais… ceci ne nous rajeunit pas ! En 2005 sort « Absurd… » et là, c’est le big bang. Parce que, à force de tourner avec des groupes comme Gojira, on va pouvoir comprendre la filiation dans « The Architect of Chaos », 19 ans plus tard. Mais entre temps, le line up bouge, et du death thrash, on passe au « Alien Death’N Roll » (ai-je cru lire quelque part), au death old school (« Dismo » en 2019), sans oublier les touches de core et de stoner (« Bulls and God » en 2009).

    – Pause –

    Arrivée à cette étape de l’histoire que nous offre le presskit, je me dis que soit les gars font la musique qui leur plaît sans vraiment se poser de questions sur la cohérence, soit ils mettent toutes leurs influences dans un pot-pourri et ils ne savent pas encore quelle voie emprunter.

    Donc, soit ils digèrent le tout pour recracher leur propre pelote musicale, soit ils vont nous perdre au fil des changements. Car trop d’idées, parfois, ça nous fait une tambouille plutôt qu’un bon p’tit plat mitonné.

    – Reprise –

    Après une séparation, le groupe revient quand le confinement met un nouveau coup d’arrêt. Ils en profitent pour faire évoluer une nouvelle fois leur musique vers du Brutal Dark metal.

    – Pause –

    Alors là, nouveau débat : un groupe se doit-il de faire évoluer son style ou au contraire en garder la substantifique moelle qui les a fait connaître. Pour ma part, j’opte pour les deux. Un virage à 360° me perd. Autant qu’un album qui serait le copié-collé du précédent n’aurait pas grâce à mes oreilles.

    Finalement, pour revenir à Dismo, j’ai comme l’impression qu’on est en train de prendre un sérieux coup de maturité. Et cela passe par l’épuration du style. Oui oui… On finit par détecter la voie ad hoc pour Dismo. Et elle passe par un death metal qui fleure bon le morbide angélique Gojira.

    – Reprise –

    Désormais, Dismo veut nous proposer une musique plus dure et plus sombre (dixit le presskit), sur un univers offrant la part belle à Lovecraft et à l’horreur. Leur dernier album, « The Architect of Chaos » se fera cérémonial sur scène. Quant à l’album, il est le premier d’une future trilogie. Lui-même se scindant en deux parties, l’invocation et l’arrivée de l’entité. La seconde narrera les péripéties menant au chaos.

    – Pause –

    Bon, lâchons un peu ce presskit pour nous tourner vers nos propres sensations. Il ne nous faudra pas plus de trois mesures du riff initial pour que «The Architect of Chaos » plante le décor. L’ombre de Morbid Angel plane dans la lourdeur des riffs. En même temps, Dismo ayant tourné avec Gojira et Gojira ayant bien écouté et disséqué Morbid Angel, doit-on vraiment s’en étonner ?!

    Néanmoins, nous avons ici d’autres références qui nous viennent à l’esprit. Notamment dès le second titre qui nous renvoie vers Eternal Grey dans ses breaks qui groovent à mort. Mais pas que ! Dans les ambiances un peu indus des guitares acérées en riffs tournant à l’envi sur une bonne partie de la chanson.

    Là où je suis assez scotchée, c’est sur les chants. Nous avons un growl puissant. Ainsi qu’un chant plus aigu, limite black. D’ailleurs, certains titres ont ces ambiances blackenned death, certainement ce qu’ils nomment «dark ». Mais si on se réfère au line up, le chant est tenu par une Bruxelloise du nom de Gaëtane.

    Je n’aime pas vraiment les nanas au growl, je pense l’avoir déjà dit, car souvent leur chant est ce que j’appelle gris. Ni Gras, ni black. Ça manque de testostérone, quoi. Ici, rien ne peut me faire penser au gosier d’une femme. Le growl est de ceux que j’affectionne particulièrement. Bravo !

    Ça blast, ça tapisse de double, ça gruik sur les breaks (exemple à 2:15 sur « Beginning of the Substitute » et surtout ça vous rentre dans la tronche, avec les passages groovy, les ralentissements.

    Un big up à la sixième piste, « Psal-Maudire », qui nous emmène sur une ambiance différente des autres morceaux, avec ce chant cérémoniel et les riffs hypnotisant.


    Bien qu’il n’y ait pas de passages en soli, ça avoine sévère et ça joue très bien. Un sérieux niveau, qu’ils ont. Certes, on y trouve diverses influences, mais bien digérées, offrant une vision globale de leur style (à la différence des débuts où on sentait plutôt une dispersion). De l’indus, du black, du death. Et pas mal de filiation avec Morbid Angel, Eternal Grey ou encore Nile (sur les arrangements du titre « The Great Elders », par exemple). Ceci pourra en refroidir certains, quand d’autres n’en auront cure. Au final, le pari de cette évolution est gagné. On peut se poser et se dire tout simplement : ça le fait, c’est bon ! J’attends de les voir en concert !

    Tracklist :

    1.Out of Time
    2.Astral Conjonction
    3.The Room
    4.Beyond the Sea of the Ancients
    5.Beginning of the Substitute
    6.Psal-Maudire
    7.The Great Elders
    8.Lost in the Galleries
    9.Birth of Blasphemy
    10.The End of an Age
    11.The Host

    Line up : Gaetane – Chants / Fab – Guitare / Doc – Guitare / Chris – Basse / Damm – Batterie

    Liens :

    https://dismo.bandcamp.com/

    https://www.facebook.com/profile.php?id=100063525672147

    https://youtube.com/@DismoMetalBand

  • Live Report : BlackRain + Hell’s Pearls / Destrock

    Live Report : BlackRain + Hell’s Pearls / Destrock

    La Carène (Brest)
    2 Mars 2024

    Texte et photos de Mémé Migou

    On se retrouve dans le hall de la Smac La Carène, sur le port de co’ de Brest mêm’. Mémé aurait pu s’y rendre en tram, en bus, presque à pieds même. Mais ce sera au volant de sa p’tite voiture bleue qu’elle ira retrouver les copains de Destrock.

    L’association continue à nous régaler de soirées concerts, certaines à l’espace Léo Ferré, dans le quartier de Bellevue, d’autres à la Carène. Ce qui sera le cas cette fois. Quelques jours plus tôt, on parlait avec le président de la soirée et surtout de l’éternelle question « et niveau préventes, ça donne quoi ? ». Ils ont eu largement de quoi serrer les fesses. C’est carrément le jour J que tout s’est enfin décanté. La salle, “le Studio”, sera quasi remplie à fond. On n’est pas sold out, mais c’est tout de même pas loin.

    C’est donc des visages joyeux, des personnes sincèrement contentes de se retrouver qui hantent les abords de la scène. Je revois d’anciennes connaissances (coucou Brannwen et Fée) et rencontre de nouveaux photographes (coucou Sellomig).

    Je vous avoue que votre Mémé nationale n’est pas spécialement une grande fan du heavy metal, du glam ou simplement du hard rock. Or, cette soirée est placée sous le signe du heavy. Mais qu’à cela ne tienne, loin de se faire vieille chouette, Mémé va ouvrir ses chakras et être toute ouïe pour vous.


    On commence par les Hell’S Pearls.

    Trio avec une très jolie bassiste. Mais je vous rassure, je ne vais pas rester uniquement sur ces considérations volant bas. Car à vrai dire, ce qui est notoire, c’est de voir cette nana qui manie très très très bien sa basse. Ca groove à mort ! Le revers de la médaille, c’est que parfois, on peut avoir cette sensation d’être dans un autre genre que celui du metal.


    De fait, on n’est pas complètement dans du metal. Le chant, d’ailleurs, est assez sobre, non saturé. Une forme de rock mélodique mêlé au hard rock. On ne pourra, sur certains morceaux, nier la filiation avec Black Sabbath. Ce qui n’est pas une mauvaise réf, vous en conviendrez !

    Bon, un petit point noir, mais ce peut être  dû à la sonorisation qui distribuait le son de manière différente selon qu’on se postait à droite ou à gauche. Quand j’entendais la basse, juste devant moi de façon claire et précise, le chant me semblait loin. Et vice-versa sur le côté gauche de la scène. De fait, je n’entendais pas assez la ligne de chant, qui m’a semblé un peu linéaire. Pour autant, le vocaliste dispose d’une belle aura qui nous fait garder les yeux braqués sur lui.

    En même temps, je vais vous dire un petit secret : je n’avais d’yeux que pour le batteur qui, n’ayant pas toute la place sur scène (on verra que l’espace batterie de BlackRain était plutôt « spatiophage »), se retrouve au milieu du trio, version linéaire.

    Est-ce le fait d’être en plein centre ? Sont-ce les spots braqués sur lui ? Peut-être un peu des deux, mon capitaine. Mais j’ose avancer que c’était également sa démonstration de force. J’étais captivée par son jeu de batterie qui osait des propositions folles. On voit que Franky Costanza se baladait dans la salle ! D’ailleurs, Mémé a même eu droit à son bisou !

    Hell’s Pearls, un très chouette moment dont le partage avec le public fut en mode généreux. Belle entrée en matière.


    « C’est plutôt super Rock’N Roll. Je trouve que la voix du chanteur donne une coloration « pop », pas metal. Malheureusement il ne porte pas trop.

    Musicalement, j’aime bien. Pas tout, mais c’est bien ! De bons zicos. Ça joue vachement bien. 

    Dans l’ensemble c’est plutôt pas mal. Un peu plus rock que heavy. Ça leur donne une identité musicale. On sent les influences Metallica, Black Sabbath. » – Thierry, Thierry (qui venait de loin et organise aussi un festival… mais désolée, j’ai oublié quoi et où. N’hésite pas à faire de la pub en commentaire), et Steff quoâ !

    Setlist : Guilty Pleasures ; Times Goes By ; Forgotten Times ; Sold my Soul ; Travelers ; Forever & Ever ; Better from Hell ; Moody Stroll ; From the Way ; Windstorm ; Take it Easy


    Pour cette seconde salve de heavy metal, la salle se met en chauffe… que dis-je ! En surchauffe ! Mémé, en goguette avec son amie Camille (est-ce qu’on peut dire que c’est sa cAMIE?), espérait tellement croiser du legging léopard tellement moulant qu’on n’avait qu’une question à l’esprit « à gauche ou à droite ? », ou des bandanas rouges sur des chevelures échevelées et pétaradantes. On aura quelques bandanas, certes, des vestes à patches, mais point de léopard. A la place, nous aurons une de ces ambiances ! Mazette, j’ai rarement vu une salle aussi hot hot hot ! C’est qu’ils savent y faire, les quatre gars qui forment BlackRain.


    Donnant dans un registre de Heavy metal flirtant avec le glam et parfois le power (un côté western spaghetti pour leur dernier single sorti il y a peu). Les ombres de Motley Crue, WASP, planent sur la scène.

    Le show se fait éclatant, laissant la place à deux personnages particuliers, un gorille et un prêtre. On ne saura qu’à la toute fin, pour le rappel, qu’il s’agissait de l’ancien batteur, habitant désormais notre belle Bretagne. Il est venu, il a soutenu ses anciens potes et… il a une dernière fois repris les baguettes pour tanner les peaux des fûts qui s’étaient déjà pris une belle déculottée.

    La batterie est un élément important. Pas que, on est d’accord. Mais il faut savoir que c’est Franky Costanza qui a repris la place vacante derrière la batterie. Avec le niveau du gaillard, rien d’étonnant qu’il soit perché sur un cube proposant une scène à même la scène du studio. On ne pourra pas dire qu’on ne voyait pas le batteur !

    Et là, je peux vous assurer qu’on s’est pris une de ces branlées ! Le tout avec un sourire quasi enfantin. Il ne boudait pas son plaisir, le Franky ! Même mieux, puisqu’il a été le seul à slamer quand il a laissé sa place à son prédécesseur, sur l’ultime titre du set. Quel niveau, quel bonheur de le voir…

    Mais Black Rain, c’est aussi un bassiste, un guitariste chanteur et un guitare-solo. Chacun tient le show à bout de bras. Entre le chanteur qui te balance ses lignes avec une voix qui n’en met pas une à côté. Le bassiste, en chœur – et aussi en feat sur un titre. On a des jeux de guitares avec des manches qui se balancent version show synchronisé. Il faut dire qu’ils se connaissent bien, Max2, Heinrich (ou Matt, c’est comme vous voulez, hein) et Swan. 20 ans qu’ils tournent ! On n’est pas sur un jeune groupe. Mais c’te patate !

    Allez… Je vais quand même rappeler qu’en 2012, on a pu les voir traîner leur heavy sur les planches de « La France a un incroyable talent ». Si si ! 4ème, qu’ils ont fini ! Mais pour celles de Brest, c’est largement en tête qu’ils caracolent. Ils emportent un public qui se laisse aller à chanter, à crier, à hurler. Même Mémé a kiffé !

    « Très bien. Bon Hard Rock, façon USA des années 80. Simple et efficace. On voyait que le groupe était content. » – Sébastien

    « Une tuerie, une claque. A la Carène, j’ai rarement pris une aussi grosse claque. » – Luc

    Setlist : Untamed ; Kiss the Sky ; Dawn of Hell ; Wild Wild Wild ; Demon ; Summer Jesus ; Innocent Rosie ; We ‘re not Gonna Take It ; Blast Me Up ; Raise Your Glass ; Revolution ; Death Drive ; Neon Drift ; Rappel : All the Darkness ; Hellfire ; It’s a Long Way


    Ce fut une sacrée soirée ! Merci Destrock ! Et merci aux groupes dont la joie d’être sur scène fut communicative à souhait !

  • Cryptic Process / Human Snack

    Cryptic Process / Human Snack

    Genre : Brutal death metal
    Label : Crypt Of Dr.Gore/Drowning in Chaos Records
    Sortie : 15 Décembre 2023

    Note : 90  /100 (Mémé Migou)

    9 Titres pour 33 minutes de Brutal death… Laissez-moi vous dire que dans les faits c’est :

    1/ Brutal

    2/ Technique

    3/ Très grind friendly

    4/ D’une efficacité redoutable


    Que le procès de Cryptic Process commence !

    Mesdames et Messieurs les jurés, je vais, tout au long de ce discours qui, à votre jugement sera panégyrique ou à charge, réquisitoire ou plaidoyer, synthétiser les faits qui m’amèneront à vous exposer ma conclusion.

    Si le moindre doute persiste, mesdames et messieurs les jurés, n’hésitez pas à vous replonger dans le dossier auditif, écouter par vous-même et faire votre propre investigation. Mais il me faut malgré toutes ces précautions vous préciser que je ne suis l’avocate d’une partie, pas plus que celle de l’autre, simplement un organe sensoriel qui tente de percer à jour leur propos.

    Je souhaitais, en guise d’entame, vous présenter les deux personnes qui se trouvent dans le box des accusés. Mais accusés de quoi, messieurs-dames ?! Accusés d’avoir commis un excellent premier album ! Regardez donc ces minois aux sourires angéliques, eh bien sachez qu’ils cachent bien leur jeu ! Un premier album ? Vraiment ? Oui, mesdames et messieurs les jurés, un réel premier album sous le pseudonyme de Cryptic process ! Car avant cela, leur casier auditif comporte déjà quelques lignes : Heresy, Goryptic (tiens tiens, vous remarquerez la marque -yptic à l’œuvre). Et ce fait, c’est pour le duo Ugo et Dam. Car nous pouvons allonger la liste avec chacun une ligne supplémentaire, Trepan’Dead pour le premier et Unsu pour le second.

    Comme vous venez de le découvrir, nous n’avons pas affaire à de jeunes premiers qui découvrent la vie. Les accusés, si vous aviez encore quelques doutes, avaient cette volonté de commettre ce Human Snack. Oui, on peut parler de préméditation !

    Si on s’appesantit quelques instants sur cette dernière notion, nous pouvons scinder le mot en méditation/cogitation et pré/avant. Et, en effet, on sent bien que tout cet effort a été bien réfléchi, un vol à l’étalage qui sera construit note après note, morceau après morceau.


    Entrons dans le vif du sujet… Pouvons-nous d’ores-et-déjà dégager une accusation ? La réponse est encore oui ! Vous, les jurés, ne vous y trompez pas. Ils vous vendent leur produit comme du brutal death, mais en réalité – et le passé du duo aurait dû vous mettre la puce à l’oreille -, on a une grosse touche de grind et une bonne dose d’enrobage technique. Oui oui oui, je vous entends déjà hurler « objection, votre Honneur ! », je vous concède que le genre veut ça aussi. Comme quoi, nous naviguons bien en eaux troubles. Et je vous le dis haut et fort, parfois, il est bon de ne pas savoir ce qu’il y a sous nos pieds, juste se laisser bercer par les flots de la confluence des genres. Ça bouillonne, ça fait jacuzzi. Qui n’aime pas ces petits massages sensoriels ? Qui ? Une accusation qui pourra donc être facilement balayée par les bienfaits qu’elle apporte.

    Exposons quelques faits, si vous le voulez bien. J’ai pu consulter l’avis d’un expert. Il confirme ce que je pressentais, savoir que nous sommes bien dans du brutal death bien technique. Et dès le premier titre, « From Your Shackles… », nous sommes mis à genoux par ce riff mitraillette qui sied parfaitement au genre.

    Autre fait notoire, à la différence d’un morceau de grind qui va vous passer dessus comme un rouleau compresseur à la vitesse d’un cheval au galop, ici, les morceaux prennent plus de temps. On navigue entre 2:40 et 5:51 pour les longueurs extrêmes. Entre ces deux pistes, nous avons essentiellement des morceaux en moyenne de 3 minutes. Sauf que Cryptic Process ne va pas pour autant prendre son temps. Il va plutôt le mettre à profit. Reprenons « From Your Shackles… », et exposons quelques faits allant en ce sens :

    1. à 1 minute, nous avons déjà un premier gros ralentissement, quand d’autres groupes n’en seraient encore qu’à la fin de l’intro du morceau. Ici, nous sommes en plein dans le vif du sujet.
    2. Vers 1:30 entre en jeu un peu de grunt. Mais attention, l’esprit de ce grunt n’est pas façon pig squeal. Plutôt une forme de son électro qui fait partie intégrante de la musique. Un grunt qui , souvent, suit la rythmique.
    3. 10 secondes plus tard, la voix se fait plus blackisante.

    Notre expert me souffle à l’oreille qu’on peut comparer ce jeu de voix avec celui de Julien Truchan.

    1. De nouveau un bon gros break vers 2:21, avec un jeu de guitare façon dodécaphonique.


    La deuxième piste « … To the Dawn of Omnicide » poursuit sans quasi rupture le titre d’entame. On a cette alternance des trois techniques vocales, notamment aux alentours des 45 secondes. Une vraie démonstration de la facilité pour Dam de varier ses voix, de passer de l’une à l’autre. D’ailleurs, les breaks jouent souvent avec les voix, qu’on retrouve par moment doublées (vers 4:00, par exemple). Et il me faut bien vous avouer, messieurs-dames, que le tout n’écorche pas les oreilles. En cela, il nous faut saluer la production qui a réussi ce tour de passe-passe de garder l’esprit « tornade dans la gueule », tout en offrant aux sons une forme de rondeur qui adoucit sans amoindrir le propos.

    Ne vous y méprenez pas, ça tabasse sec et le tout est d’une efficacité sans nom, notamment avec ce tapis de double alternant avec des blasts. Vers 1:50, toujours sur cette deuxième piste, c’est la guitare qu’il nous faut saluer avec ce solo en « branlage de manche » digne de ce nom.

    Les morceaux n’ont aucune perte de motivation, de temps morts. En règle générale, le duo va jusqu’au bout du propos, jusqu’à la dernière seconde, relançant souvent la dynamique et la vitesse par un nouveau riff pour clore le débat brutalement. N’oubliez pas, messieurs-dames les jurés, que nous sommes dans du brutal death !

    N’oublions pas également les sons de régurgitation en veux-tu en voilà. On en trouve sur plusieurs morceaux, non sur tous. C’est le cas, de « Oniomaniac ». Mais ce titre met en exergue un nouveau fait : dans les phases de ralentissement ou d’accélération, nous avons une dichotomie écartelante entre une guitare qui offre des riffs ou des soli en accélérant le tempo alors que le reste ralentit la cadence et vice versa. Notre expert usera, pour ce morceau, du superlatif « PUNITIF ».

    Nous pouvons rajouter, au fil de l’écoute de Human Snack, une quatrième technique utilisée par le chant : le ska. Voilà, je crois que nous pouvons dire que la panoplie est complète.

    Parlant de panoplie, le jeu des guitares est assez phénoménal. Elles usent du swipping et de riffs dissonants, comme sur « Awakening Before This » qui sera le morceau de bravoure pour tout le monde. La partie instrumentale, guitares et programmation, en colle partout. C’est terriblement complet, foisonnant, comme dans beaucoup de groupes de tech death. Et c’est peut-être un petit point noir. Car il nous faut une attention et une écoute soutenues pour aborder ce Human Snack. Et…. la basse est noyée complètement dans le mix. Y a-t-il d’ailleurs une basse ?!

    Voilà, Mesdames et Messieurs les jurés, il est temps pour moi de vous offrir ma conclusion. J’aurais pu détailler plus encore, tellement il y a matière à dire. Mais il ne faudrait pas que vous soyez noyés de précisions.

    Dans la durée, l’album est ce que je considère comme excellent. Un très bon riffing, de la dissonance, de la double et du blast viennent soutenir le jeu des diverses techniques vocales. Pas une seule minute de perdue, Human Snack est du genre rentre dedans et le fait très bien. Très bonne production que je prendrai plaisir à réécouter sans me lasser.

    Le verdict est à vous !


    Tracklist :

    1. From Your Shackles…
    2. … To the Dawn of Omnicide
    3. Oniomaniac
    4. Obvious Eschaton
    5. Social Network Suicide
    6. Awakening Before This
    7. Bleat
    8. Egregor
    9. Human Snack

    Line-up : Dam – Chants / Ugo – Guitares, Programmations

    Liens :

    https://crypticprocess.bandcamp.com/

    https://www.facebook.com/crypticprocess

    https://www.instagram.com/crypticprocess/

    https://www.youtube.com/@crypticprocess

  • Live report – Part 2 / Winter Show 2024

    Live report – Part 2 / Winter Show 2024

    Winter Show du Festival De La Mer
    Salle Le triskell, Landunvez (29)
    23 et 24 Février 2024 – Landunvez

    Texte et photos de Mémé Migou

    Partie 2 : Samedi 24 février 2024


    Driiiing ! C’est l’heure de se mettre en branle pour la seconde soirée du Winter Show. C’est en solo que Mémé va s’y rendre. Mais elle sait déjà qu’elle va y retrouver pas mal de têtes bien connues.

    L’accueil et l’ambiance sont aussi sympathiques que la veille. Par contre, un coup d’œil sur le running order et on comprend vite que les sets seront un peu plus copieux, le dernier groupe démarrant quasi une heure plus tard que Never Back Down la veille.

    Entrons d’emblée dans le vif du sujet… Mais avant il me faut faire un mea culpa. J’ai oublié de mentionner que chaque soir, DJ Ben et Jean-Yves animaient un set musical. Mille excuses. J’ai pourtant essayé de leur tirer le portrait mais rien à faire…


    Les Marie Salope

    Elles ont 16 ans et elles sont venues en force de Paris pour draguer le public finistérien… Ce sont les Marie Salope. Pour info, une Marie-Salope est un bateau à fond mobile servant à transporter les produits de dragage et de curage, toutes les saloperies que l’on retrouve dans nos eaux. Mais derrière ce nom hautement symbolique, ce sont 2 guitaristes, 1 batteur, 1 harmoniciste et 1 chanteur… Le tout 100% masculin (enfin je crois… à l’heure actuelle, ne préjugeons plus de rien).

    Une palanquée d’harmonicas, tous réglés sur une gamme précise, rangés minutieusement. C’est assez épatant à voir. Ce ne sera pas la seule surprise de la soirée ! Également une profusion de pieds de micros. Ils seront 4 sur 5 à pousser de la voix.


    Un joyeux bordel prompt à égayer la soirée et le happy hour en cours. On navigue dans les eaux troubles du punk rock. Plus punk que rock, d’ailleurs. On sent tout de même quelques petites influences de-ci de-là. Ce n’est pas que frontal et provoc à tout va.

    Le titre « Ta culotte » se situe entre du Elmer Foot Beat avec un petit passage à la basse qui me renverra directement vers Grease ! La « Porte de la Chapelle », morceau traitant de la police sur un début très Mickaël Jackson. « Les maux de la rue », à propos de Marion Maréchal, avec ces refrains façon hymnes scandés en manif (« Ah ça ira, ça ira, ça ira.. ou pas », « la jeunesse préfère mourir à Cancale » – je crois) ne sera pas sans rappeler le fameux « La jeunesse emmerde le Front National ! »

    Ça pulse, ça chauffe, ça drague, ça cure, mais… ça dépasse le set de 1h. Il faut dire que 10 ans + 6 ans de « Chienlit » (« 10 ans de Chienlit » étant le titre d’un album hein!)… ça fait beaucoup de titres. On n’aura donc pas droit aux trois derniers titres.

    Les énervés du devant de la scène sont bien chauffés à blanc. Pas de doute, la soirée s’annonce festive.

    « Super. Bonne énergie, bonne ligne de basse, des petits moments à l’harmonica, c’était cool. La spontanéité. Très bonne qualité de son. Il y a pas mal de références à plein de groupes punks notamment.» – Coco, Jérome, Fred.

    Setlist : Ni belles ni bonnes ; Punkachiennes ; La complainte ; Paris berge ; Ô Marie ; Déchirez-moi ; En Avant Guingamp ; En Dilettante ; Ta culotte ; Marie couche toi là ; Sous le néflier ; Porte de la Chapelle ; Comment fait-on ? ; Les maux de la rue ; Rhuma ; De jolies putes ; (Dugstore ; Voilà c’est ça ; Le phare).


    Dirty Fonzy

    Roulez jeunesse, laissez la place à de jeunes majeurs ! 20 ans que Dirty Fonzy traîne ses guêtres et son punk rock dans les rues de l’Hexagone. Avec des influences comme les Ramones, les Clash, ils s’ouvrent à d’autres, comme le ska, le hard rock, … 20 ans… un nouvel album sorti il y a peu (Full Speed Ahead – 2023 ), dont ils joueront pas mal de titres.

    Seconde surprise de la soirée, c’est un… punaise, je n’arrive pas à définir le truc… un pingouin géant, dirons-nous, qui vient lancer le set. On le retrouvera plus tard sur un autre titre, le drapeau à la main. C’est foutraque, mais c’est fun. Non… je reprends : c’est foutraque ET c’est fun !

    « On a fait 12h de route, on vient tout droit d’Albi ». Le décor est planté… on a intérêt à dépoter dans la salle. Et il faut bien avouer qu’ils vont mettre un beau dawa.

    Ce sont deux chanteurs qui vont se relayer pour du punk rock plutôt bien foutu, assez travaillé avec des incrustations de ska. Le jeu du batteur est à souligner. Quelle énergie ! Dans la salle, ça danse, ça pogote, on a même un début de circle pit à l’initiative du groupe… mais qui ne perdurera pas. On voit les sourires sur les visages. Mais qu’est-ce qu’il fait chaud !

    Ah ! Mazette, dans la salle, c’est le feu, l’enfer, un dancefloor street-punk rock des plus efficaces. On est parfois dans la veine punk rock californien façon Sum 41. Des jeux avec le public (coucou le générique du jeu « Motus ») , l’un des chanteurs-guitaristes descendra dans le public, le retour de la mascotte avec sa pancarte « Oh ! Oh ! » que le public devra chanter pour défendre « son » côté de la salle… Comme quoi, à 20 ans, on connaît son métier ! Et se dire aussi que nous avons un des membres de Opium du Peuple devant soi, c’est assez cool.

    Très bon son, meilleur que la veille. On entend distinctement le chant, les paroles… La moyenne d’âge de la salle est pas mal élevée, mais tout le monde est là et se respecte, même ceux qui sont venus pour faire la teuf et qui finissent pas y trouver leur compte.

    Super set !

    « C’est une découverte pour moi. J’ouvre mes chakras. Je suis plutôt reggae, je suis venu pour la teuf. Je suis ouvert à ça. Jamais je ne serais venu de moi-même, et j’ai apprécié. Je n’écouterai pas ça tous les jours, mais en concert, c’est bien ! » » – Nico

    Setlist : Full Speed Ahead ; Running Out of Time ; Here We Go Again ; Radio N°1 ; Riot ; Coming Back ; Beervengers ; Hossegor Crust Club ; WTF ; Things We’Ve Never Said ; Casual Day ; Too Old To Die Young ; Drink’Em All ; The Worst ; Rock’N Murders ; Dirty Fonzy

    Los Tres Puntos

    Après les harmonicas des Marie Salope, je vois arriver des étuis de trombones à coulisses, trompettes, et autre saxo version maousse costaud. Ça ne trompe pas… une section cuivres va envahir le plateau. Arrivera-t-elle à prendre en otage le public. La réponse sous peu… En attendant, il y a pléthore de micros. Mazette ! Jamais vu ça…

    3 cuivres, mais avec la participation d’un quatrième de temps en temps : le chanteur des Coupe Gorge (cf Livre report de la part.1*) qui revient souffler dans un saxo sur un titre, et le chanteur-guitariste qui prend le trombone à coulisses.

    *ATTENTION ! Il se pourrait que cette personne ne soit le chanteur de Coupe Gorge, mais alors je ne sais qui elle est ! C’est grave, docteur ?!

    **EDIT – Nous avons le fin mot de l’histoire. Merci à la source même de nous avoir permis de lever le voile du mystère. Voici ses propos « Ici Erwann de Douarnenez…et je ne suis pas le chanteur de Coupe Gorge…que j’adore….mais le frère du batteur de Hit the Fan et de Philippe Colin, et j’ai été invité à pousser la chansonnette (avec mon frangin) sur le dernier morceau des copains de Never Back Down, et joué du saxo avec les super potes de Los Tres Puntos… voilà voilà ! ». Merci donc, Erwann de Douarnenez !

    Avec les Los Tres Puntos, on entre dans une nouvelle dimension. Déjà, il faut savoir que le groupe délivre son ska punk depuis 1995 ! Là… nous tutoyons les 30 ans !

    Comment les définir ? Prenez une dose de la Mano Negra, un rayon des Négresses Vertes, le tout dans le shaker d’une feria, sur un glaçon de punk rock ! Vous voyez un peu le topo ? La filiation est assez marquée également dans leurs prises de position. Le set aura de temps en temps des engagements mis en lumière, comme celui de défendre le milieu associatif et culturel. Ce n’est pas de la démagogie, mais bien la défense de notre futur… Ce n’est pas pour rien qu’on retrouvera dans le set une reprise de Ludwig von 88. ( Halala… ceci ne nous rajeunit pas !)

    Des relents de ska, limite raggamuffin, auront vite fait de cueillir Nico, notre fan de reggae ! Les gens dansent, slament, se mettent torse poil. Et je vois même des couples se former (enfin, c’est ce que Mémé imagine…). Il y a beaucoup de gaieté, de discours engagés.

    Et viva Galicia !

    « Le fest en lui-même est bien géré. Concernant les groupes, en live c’est bien. Ça plaît à beaucoup de gens ici.» – Ywan

    Setlist : Perpetua ; Ciudad Bianca ; La chaleur de vos voix ; Anonimo ; La réalité, El Sistema ; Sin Vuelta ; En mouvement ; Guapa ; AltaMar ; Nuevo Mundo ; Le temps passé ; Aficionados ; La Despedida ; America Latina ; Les sentiers de la gloire ; Pesadilla ; Gringo.

    Georges Mickaël

    J’avoue bien humblement que… Rhaaaa… le trap-je-ne-sais-pas-quoi, ce n’est pas tout à fait mon genre. Il est 1 heure du mat et je me dis que je vais shooter les quelques premières chansons, prendre la température et m’en retourner sagement dans mes pénates et autres charentaises. Ce n’est pô biiiiien, Mémé ! Ouais, mais faute avouée à moitié pardonnée.

    Ceci dit… Je suis restée par curiosité et finalement, c’est tout le set que je me suis enquillé. Pourquoi ?

    Parce que c’était fun comme tout ! Parce qu’on était tous chauds, fatigués avec cette furieuse envie de lâcher prise. Parce qu’on était conscients qu’on vivait les derniers instants du festoche. Et finalement, parce que j’avais en face de moi un groupe qui fait ce pas de côté humoristique et ironique comme j’aime.

    Pour commencer, l’entrée sur du Georges Mickaël (prononcé à l’anglaise) – Careless Whispers – avec des costumes dans une dominante de rose bonbon, des chapkas, et autres cerfs de Noël en déco. Okayyyy… Mais très vite, Georges Mickaël (prononcé à la française) lève le voile du pot-aux-roses (non ils n’ont pas viré leurs costumes-pyjamas à cerfs roses et sapins). Comme dans les derniers instants d’un épisode de Scoubidoubibdouuuuhouuuuuuu, ils nous avouent être Phil Collin. Enfin… Philippe Collin, comme son homophone le colin. C’est qu’ils nous donnent le Merlu… euh.. la berlue, ces quatre-là ! Et ils vont finir la soirée, finir le festival, en feu d’artifices !

    Comment décrire ce que j’ai vécu, sinon avec le terme de hallucinant ? On peut rapprocher le set d’un énorme karaoké géant, fait de mash-ups de titres des années 80, pour la plupart, liés à la sauce metal.

    Je revois encore mon copain biker- photographe, T.Oria avec le chanteur du groupe Hatch, en train de chanter à tue-tête « Ti aaaaaaaamo… ti amo tiiiiii… ». Eh ouais ! J’ai des preuves ! Mais pire encore, certains ont même fait une chenille ! Si si, j’vous jure….

    Donc on regarde un peu hébété en se demandant ce qu’on fait là. On persiste pour voir jusqu’où les quatre entités « Philippe Collin » vont nous mener. Et finalement, on signe en s’octroyant le plaisir coupable de chanter tous ces vieux titres (non, je ne suis pas allée dans la “cheucheu” !)

    Humour et ironie, quand tu nous tiens. Merci pour ce set complètement décalé !


    Setlist : Intro Georges fourrures ; 1 – Dance + Raining Men + (Fancis Cabrel) Encore et encore ; Medlezy80 ; Céline François : Fame Piano Debout ; Zoukmachine Queueleuleu ; Demis ; Né pour être vivant + Lavabo (Patric Lagaf) ; Jonhhy en Afrique du Sud ; Compagnie Créole ; Sarra Perque Ti Amo ; Marie Myriam Lou – Qui saura nous ; Khaled ; Comme d’habitude ; Queen ; Dalida en rappel

    Voilà… une belle édition, haute en couleurs et en styles divers et variés. 

    Merci à l’équipe du Festival De La Mer. 

    J’espère vous recroiser dans la version été, maintenant !

    Au dodo, Mémé !

  • Live report part 1 / Winter Show 2024 du Festival de La Mer

    Live report part 1 / Winter Show 2024 du Festival de La Mer

    23 et 24 Février 2024 – Landunvez

    Texte et photos de Mémé Migou
    Crédits Vidéos : Bruno Guézennec

    Partie 1 : Vendredi 23 février

    Selon la formule connement sacrée, Mémé a sorti sa p’tite voiture bleue en direction de la côte nord. Entendons-nous bien, il s’agissait de se rendre à Landunvez, sur la côte nord…  du Finistère ! En gros, on peut aller un peu plus à l’ouest, mais ça se joue à peanuts ! 

    Pour cela, elle retrouve son comparse au chapeau, Bruno, qui lui permettra d’avoir quelques vidéos pour la soirée du vendredi. N’étant pas là le samedi, il faudra se contenter des photos et des mots de Mémé. Mais ce sera sur la partie 2.


    C’est une première pour Mémé, que de se frotter au Festival de la Mer de Landunvez. En l’occurrence, c’est ici le Winter Show. Et pour cette première soirée, il porte terriblement bien son nom. Put* ce qu’il fait froid ! Une petite pluie glaciale vient vous transpercer les os. Oui, parce que petite pluie, en Bzh, vous avez compris que ça peut vite tourner en seaux. Mais, en attendant l’ouverture des portes du indoor, le bar outdoor est déjà ouvert et nous propose pas mal de chouettes trucs, dont du vin chaud, en version happy hour. Cool !


    C’est un festival à taille humaine, proposé par des passionnés. Nous ne sommes pas, stricto sensu, sur du metal. Mais fuck ! On peut s’ouvrir un tantinet, non ?! Nous dirons qu’on navigue globalement dans une forme de punk-rock festif qui cause à tout le monde, toutes générations confondues. Parce que dès l’entrée, on est accueilli par une armée de jeunes pour vérifier la validité des billets. On les retrouvera aussi au merch où Ils feront fait un super taf ! Dans la salle, il y avait du biker barbu (coucou T.Oria et Fab du Hard Bones MC), il y avait des fans de metal, de punk, mais aussi des personnes pas du tout de l’univers venues pour découvrir et surtout passer un bon moment. Et, bien que fans de reggae et autres, je les ai vus sauter, crier, chanter, danser.


    Mais ce qui est  notoire, c’est la participation en tant que festivaliers d’autres organisateurs de fests du Finistère. Eh oui, le Winter Show a eu chaud. Il s’en est fallu de peu qu’il soit annulé pour cause de préventes insuffisantes. Alors, j’ai croisé en guise de soutien  l’équipe du Draig Fest, celle de LilianéJosé, un représentant du BZK et d’autres personnes de l’association Destrock. Sans oublier des groupes, comme The Fennels ou le batteur des Sweet Monsters (bon OK, c’est le même batteur pour les deux groupes, mais j’avais envie de les nommer). C’est une ambiance fair play et bon enfant que l’on va retrouver, le tout dans le cadre magnifique de la ville de Landunvez. Tout pour passer un super moment.


    Voilà donc pour l’introduction de ce live report : Le Winter Show, sérieusement, c’est chaleureusement humain ! Et ça, ça fait du bien.


    Mais… je suppose que ce qui vous intéresse, c’est le retour des divers sets ? Sachez qu’il n’y en a pas eu 7, mais 8. 4 groupes par soir. Un peu plus serré le vendredi, pour terminer en feu d’artifices à presque 3h du mat le samedi.


    Commençons par Hit the Fan.

    J’en ai vu quelques-uns, des groupes de Douarnenez. D’ailleurs, la plupart étaient dans la veine punk-rock. Hit the Fan ne va pas déroger à la règle.

    Ce groupe qui a vu le jour sous l’empire de la Covid, propose un rock qui fleure bon les pattes d’eph. Ce qui va de pair avec le look du guitariste, qu’on croirait tout droit sorti des Komodor. Tiens, d’ailleurs, les Komodor, ne sont-ils pas douarnenistes ?!

    La salle n’est pas complètement remplie. Mais on ne peut nier que ça envoie du lourd.

    C’est carré, c’est pro, belle entame de festoche.

    « C’était sympa. Super découverte. Très punk et c’est pour ça qu’on est là. Top, belle découverte. Il faut que les gens se rendent compte que les vrais concerts, c’est ici. Le Festival de la Mer, c’est le festival place to be. On rencontre les meilleures personnes et les meilleurs groupes. Ce sont de vrais concerts.Le Hellfest et cie, ça va être de plus en plus fermé, de plus en plus cher car ce sont des groupes énormes. Ici, c’est plein de belles découvertes, et pas que ! » –  La poche, Bryan et Céline


    Setlist : Let it Go ; I’m the Fool ; A Way Out ; Sorry ; Run Away ; Over the Head ; I Found it ; Got To Dot it ; You Deserve Better ; Kick Ass ; Glory


    Coupe Gorge

    Coupe Gorge laissera pas mal de personnes sans voix. Non pas que le public se demande ce qu’il se passe sur scène, mais surtout parce que ça chante et ça danse dans la salle. Les premiers slams arrivent. Et pas que les hommes !

    Si Mémé a bien compris, ça faisait quelques 3 ans qu’ils n’étaient plus montés sur scène. Et je dois bien dire qu’à entendre les bruits de couloirs et de bar, ils étaient attendus !


    Si le son a été globalement bon, niveau chant, on avait un peu de mal à saisir. C’était un son quelque peu sourd.

    5 sur scène, Coupe Gorge ne va pas se ménager pour nous offrir 17 titres rapides, pêchus, entre HxC et Punk. On ne va pas s’y tromper, le premier pogo anime le milieu de la salle. Il est temps pour Mémé et les autres photographes de se mettre à l’abri.

    Alors que sur le titre « Sombre désespoir » , l’ambiance est plus metal like, riffée et mélodique, sur un chant rap.

    « C’était excellent ! Aussi bien sur scène que sur disque ! » – Bruno

    « Énergique. C’était sympa, même si j’ai préféré le groupe d’avant. J’étais venu au festival de la Mer pendant l’été. Je suis revenu cet hiver. Je viens de Crozon où j’ai aussi un fest : BZK, Bande De Zikos les 30 et 31 Mars. C’est un fest de rock, jazz, … » – Julien

    Setlist : Au fond de cette prison ; Coupe Gorge ; Stupide trahison ; Obus dans les rues ; Violence ; envie destructrice ; Colère interne ; Haine ; Le coup de grâce ; Vengeance ; Précipice ; Mise à mort ; Fidèle ; J’avance seul ; Un goût de rouille et d’os ; Sombre désespoir ; Silence de mort.

    Clavicule

    Je ne sais absolument pas qui se présente devant nous… Je ne connais pas Clavicule et je n’ai pas été écouter. Parfois, j’aime découvrir directement sur scène. Quoi qu’il en soit, rien que de voir l’installation, on sent le professionnalisme, avec un soundcheck au cordeau, des bouteilles d’eau aux pieds des micros, et des essuies-éponges.

    Musicalement, c’est assez étonnant, avec des passages proggy. Entre Rock, post Metal, on est assez perdus, mais dans le bon sens du terme. C’est une musique élaborée, aux antipodes du punk (sans mauvais regard porté sur la culture punk). On n’est pas sur du mathcore non plus, hein… 

    Mais je me laisse emporter par ce (post) rock progressif légèrement planant sans être stoner. On a des changements rythmiques, des ralentissements, des accélérations… Bref, tout ce que j’aime. Top !

    Ma grosse sensation du festival ! 

    A noter que le bassiste faisait là l’un de ses derniers concerts avec la formation, puisqu’il part pour d’autres aventures.

    Clavicule est le seul groupe où je n’ai pas vu de setlist scotchée sur la scène… Il faudra faire sans. Mais vous pourrez voir dans la vidéo, la salle chauffée à blanc !

    « Exceptionnel. C’est une découverte, pour nous. Vraiment génial. Un petit côté Led Zep, des notes orientales. Des personnes qui ont pris plaisir à jouer ce soir. Hit the Fan, très bien aussi. » – Yann et Clo, qui tiennent respectivement le bar à Portsall, le O’Donneil, et le Glenn Café, venus en force pour soutenir le FDLM. « On fait toujours le before du festival de la mer chez nous. »

    Never Back Down

    La tête d’affiche de ce vendredi était sans nul doute Stinky, qu’on retrouvera d’ailleurs au Hellfest. C’est cool de pouvoir vivre un concert d’un groupe dans de belles conditions et en petit nombre, non ?

    Bon, la belle histoire s’arrête là. Car Stinky, le jour-même, a été contraint de déclarer forfait. Paf ! Qui vont-ils mettre à la place du groupe attendu par de nombreuses personnes dans la salle ? Surtout au pied levé…

    Eh bien, ce sont les Never Back Down, qui ont fait forte impression lors de leur concert au HardBones MC de Plouzévédé la semaine précédente, qui relèvent le défi.

    Je vais paraître futile, méchante, peut-être… mais quand ils prennent place, je vois des yeux ronds. La moyenne d’âge est tout de même un peu plus haute que pour les groupes précédents, surtout après Clavicule qui me semblaient forts jeunots.

    Donc, NBD commence avec un petit à priori et un défi de remplacer au pied levé le groupe phare de cette soirée. Oups. Je ne voudrais pas être à leur place.

    Cependant, mon cher ami Bruno, s’étant rendu au concert de la semaine précédente, il m’en avait vanté l’effet waouw. De fait, votre Mémé, elle les attendait, les NBD. Ah non.. pardon…. c’était 15 jours avant. Bon, on n’est pas à une semaine près. Mémé perd ses neurones…

    Il est minuit, il sont certainement les plus âgés sur scène ce soir et on s’en fout. Parce qu’ils vont tout dé-fon-cer ! Leur groove hardcore va nous faire jumper. Je crois bien que toute la salle aura été prise de court, surprise par la qualité de leur prestation.


    Avec des titres un peu metal, un peu HxC, un peu groovy… dont un qui mélange du Rage Against The Machine avec les Red Hot Chili Pepper… Bon, je ne suis pas fan des refrains en voix claire (c’est complètement subjectif, je n’aime pas les refrains en voix claires, en règle générale), mais je ne peux nier que le vocaliste le fait très bien.

    Ce qui est amusant, après coup, c’est de voir le public divisé le lendemain. A la question, qui gardez-vous à l’esprit, ceux qui ont des affinités plutôt punk, hardcore vont parler de NBD comme énorme claque et découverte. Ceux qui ont une sensibilité plutôt tournée vers le metal vont parler de Clavicule.

    Dernière petite chose : Sur le dernier morceau, ils feront appel aux copains de Coupe Gorge* pour venir chanter avec eux. On finit de façon festive.

    *Bon, mon petit doigt du nom de Bruno me dit que le monsieur en survêt rouge ressemble certes au chanteur, mais n’est pas lui. De fait, je ne sais qui présenter…

    ** Hey ! Ca y est, nous avons le fin mot de l’histoire ! Mais pour le connaître, et savoir qui est ce monsieur au survêt rouge, il vous faudra parcourir le live report partie 2 (Si c’est pas du cliffhanger, ça ?!)

    « Énorme. J’étais venu pour Stinky, mais j’ai pris ma claque. Ils sont arrivés sur le fil et ils ont assuré. Très bon. Ils m’ont fait ma soirée…. Il fallait les remplacer, les Stinky ! » – Pierre


    Setlist : Rise and Fall ; DZHC ; Terror Hymn ; Dirty Money Games ; Which Side ; Renegade ; Drug Bys Social Network ; Circle of System ; Rotten ; Fuck Authority ; Follow Us ; Only on Yourself


    Et sur cette belle note se termine la première journée de ce live report ! A demain…

  • Et les meufs, bordel !

    Et les meufs, bordel !

    “More Women on stage and backstage”, “Poulettes Sisters”, “Hellfest Women”, Hit like a girl”… Les initiatives en faveur de l’égalité Femmes-Hommes sont plus légions que vous ne le pensez, mais encore trop peu nombreuses.

    Vous l’aurez compris, en cette journée du 8 mars, qui célèbre les DROITS des femmes, montrant les avancées en faveur de l’égalité et pointant encore malheureusement les écarts qui existent toujours, j’avais envie de vous faire une p’tite piqûre de rappel. Ah ! Ces indécrottables qui ne veulent pas que les nanas viennent poser le bout de leur nez ou leur riffs dans leur sacro-saint metal, mais en même temps si elles pouvaient laisser leurs tétons déborder, ce serait trop cool…

    Je ne vais pas vous faire la liste de toutes les femmes, sur scène ou en backstage, mais elles ne sont plus un petit pourcentage non significatif.  Bien entendu, vous aurez droit aux “wow ! Tatiana, elle est trop belle et en plus elle chante bien ! “ ou encore “Alyssa…quelle meuf !” Bah, nous on va plutôt vous parler de Onielar et son black qui met à l’amende beaucoup d’autres groupes, Agnete et son côté complètement déjanté, Auré dont on aura entendu le growl résonner dans de nombreux concerts, mais aussi Delora, Sab et Adèle, chanteuses à la personnalité marquée, Lola et Jamie, bassistes killeuses, Lisa et Lily de la sphère de celles qui accompagnent les groupes administrativement, Branwen pour représenter les photographes, … et la liste pourrait encore être bien plus longue. Je ne la souhaite pas exhaustive pour ne pas oublier qui que ce soit. 

    Et je ne souhaite pas non plus créer de polémique là où il ne devrait pas y en avoir. S’il n’y a pas de nanas dans un groupe, on ne va pas l’imposer par souci d’égalité. Vous comprenez que le débat est ailleurs, n’est-ce pas ?! Pire encore que de mettre une nana en avant pour mieux vendre…

    Avant de clore ce petit billet, je souhaitais mettre à l’honneur une personne des plus sympathiques, avec un charisme d’enfer et d’une humilité sans borne… mais dont la voix est pure beauté, du cristal qui coule de sa gorge pour inonder vos oreilles. D’ailleurs, on ne peut s’y tromper, elle a été choisie aux côtés d’autres grands noms pour illustrer un jeu de cartes des plus belles voix du monde ! Ombeline, chapeau bas… 

    Big up à toutes les nanas qui gravitent dans, pour, derrière, à côté du metal* (mais pas que !) Bref, soyons juste HUMAINEMENT ouverts aux autres et célébrons ce 8 mai comme il se doit !

    Sur ce… je file shooter un concert  100% masculin…

    Bien à vous ! 

    Vot’ Mémé 

    * ça fait un peu Kama Sutra, non ?

  • Anthropovore – Parthénogénèse

    Anthropovore – Parthénogénèse

    Genre : Black Metal… mais pas que
    Label : France Black Death Grind
    Sortie : 9/02/2024

    Note : 90/100 (Mémé Migou)


    Notre mère qui êtes sur terre, que ta bête soit sanctifiée.

    Que ta volonté de faire prendre conscience de l’abrutissement de nombreux humanoïdes, dont le nombre est toujours exponentiellement croissant, soit faite. Et pour cela, tu as fait appel à la Bête.

    Donne lui aujourd’hui son pain quotidien, ces Humains qu’elle aime dévorer, en commençant par l’innocence et les peurs infantiles ( album « Boogeyman » ) et poursuivant sur la “crétidiotie” congénitale de l’espèce ( album « Parthénogénèse »). Pardonneras-tu nos offenses ?

    Notre mère qui êtes sur terre, ta bête agit en miroir de notre histoire. Elle se repaît des autres, sans se soucier du bien ou du mal qu’elle peut causer autour d’elle. La suite logique est donc bien « allez et pullulez ! » Ta bête n’a besoin de rien d’autre qu’elle-même pour se démultiplier comme des petits pains. C’est la parthénogenèse. Tout ce qu’elle vise, c’est l’ascenseur social, celui qui la propulsera au sommet de la hiérarchie. Laquelle ? La plus importante, celle qui gouverne toutes les formes de vies : la chaîne alimentaire. Ça ne vous rappelle rien ?


    Notre mère la terre, tu as deux apôtres pour délivrer ton message : Gévaudan (l’autre Bête) et El Pradosaure (la créature) sont tes hérauts. Ils usent d’un black metal génération alpha mais sur des bases de la génération X, celle avec laquelle tout a débuté, celle des Mayhem, Darkthrone, Impaled Nazarene et cie. Bref, un black metal incisif, implacable, tempétueux, mauvais comme les vents de Verlaine. Mais on n’a pas envie de dire au revoir, on n’est pas là pour annoncer qu’on s’en va. On reste dans ce marasme de riffs pénétrants comme une fraise sur une molaire. Et on va s’en prendre plein la tête au tout long de l’album « Parthénogénèse ». C’est souvent le pied au plancher, qu’on se fait aborder par la Bête et ses acolytes. Riffs puissants et rapides, chants criés doublés. On y entend la version de la bête qui parle par l’entremise de Simon, alias Gévaudan, et parfois Adèle ( du groupe Houle) et Stéphane.

    C’est une histoire que nous narre Anthropovore, une histoire commencée en 2020 dès le tout premier opus « Rip and Tear », celle de la Bête qui utilise sa voracité de l’humanité comme ascenseur social et se hisser en haut de la chaîne alimentaire. Bon, OK, ça, je l’ai déjà dit. Mais si je me répète ici, c’est pour expliquer pourquoi chaque morceau a sa propre identité, son atmosphère. Car oui, nous sommes bien sur une base de black metal, avec ses codes comme le tremolo picking. Malgré cela on se sent parfois un peu perdu car d’autres influences viennent s’y mêler. Du death… car le duo de base – Anthropovore est initié par Simon et Stéphane qui en a l’étincelle de la genèse en 2019 – se retrouve également dans Muertissima, qui hisse le death comme oriflamme.

    Mais quand on commence à se dire qu’on aimerait un petit changement de tempo, c’est là où les grands esprits se rencontrent, puisque le ralentissement est au rendez-vous. Et on n’est pas loin de titiller le doom, comme sur « Ternir », qui commence vite et fort, pour ralentir sur un break douloureux, vers 1:00. Est-ce que ça reprend après ? Oui, un peu mais tout en restant sur de la lourdeur pachydermique. C’est boueux à souhait jusqu’à nous amener à ce petit chœur tout doux, une minute plus tard. Alors oui, ça reprend comme ça a commencé. D’ailleurs dans l’introduction, tendez l’oreille sur la guitare, c’est simplement magique.

    Dans d’autres pistes, ce sont des sons électros, du genre qui vous vrillent le crâne, mais pour mieux faire ressortir le malaise du moment, qui vont vous happer.

    Et par-dessus tout cela, nous avons ces textes compréhensibles, cette « mauvaise » parole (mais ô combien belle et porteuse d’une vérité que l’on n’a pas toujours envie d’entendre) chantée la plupart du temps en français. Mais en sus, on la retrouve également slamée. Le slam, cette façon unique de déclamer un texte… Dès le « Notre père » du titre éponyme, on est plongé dedans. Pour ceux qui ne connaissent que peu le slam, ils penseront d’emblée à Grand Corps Malade. Moi, je vous parlerais plutôt de Pilot le Hot, et de sa somptueuse Libellule. Une espèce de punk poétique. Sauf qu’ici, on entre dans une dimension « punk » de par son esprit foutraque (mais le black n’est-il pas un tantinet issu du mouvement punk ?!), et très metal par son aspect granuleux, lacérant et saturé dans le son comme dans les émotions. Ces textes ne sont pas bêtes et méchants… Loin de là. Disons plutôt qu’on parle de la bête et qu’ils sont méchants de cynisme et de froideur dans le regard porté sur nos sociétés. Ô combien ce texte me parle. Une fois la musique lancée sur le dernier mot prononcé, il n’y aura pas de pitié. Vous serez mis à pied d’emblée et vous ne pourrez plus lâcher l’affaire. Une déferlante d’émotions vous passera dessus comme un rouleau compresseur… avant de passer par la lame du hachoir des riffs et des chants (dans l’île aux enfants, c’est tous les jours le printemps… ah zut ! Je me suis laissée emporter par le lyrisme ambiant). Vous finirez en tartare bien juteux et sanguinolent. Parce que ce premier titre est une pure merveille. Pour moi, il est juste parfait, entre ce texte parlé, le chant craché au visage, l’instrumentation qui fuse dès le départ. Tout est dosé et… Gros point positif que l’on retrouve sur d’autres pistes : dans l’ironie et le cynisme, il y a ce pas de côté qui nous amène à mourir de rire… jaune.


    J’en veux pour preuve ce break dans « Mal dedans », vers 2 :00, qui sort d’on ne sait où. Et, au passage, si vous aviez des doutes sur la technicité du groupe, ils vous offrent un petit passage aérien, tout en poésie, nous proposant des coups de latte dans la gueule sur un air jazzy des plus appropriés. Ensuite ? Ensuite, le titre tient bien son nom. Entre la phrase répétée à l’envi, façon méthode Coué, « tu as mal dedans », les riffs qui se font légèrement dissonants, et les ritournelles, tant musicales que rythmiques qui tournent et tournent jusqu’à te mettre mal à l’aise, jusqu’à ce qu’une migraine ne vienne pointer le bout de son nez. C’est étourdissant.

    J’en veux pour preuve ce titre lâché en preview, « Mangez-moi », véritable cover du morceau de Billy Ze Kick. A cette différence que la sauce est moins planante, moins ensoleillée, moins sautillante… on y retrouve ce côté sludge (qui sied à la dégustation des champignons) vers 1:10 ou encore sur la fin de la piste. Je vais vous raconter une petite histoire, tiens ! Mon petit doigt m’a dit que certaines paroles ont été édulcorées pour ne pas choquer la populace qui aurait pu mal interpréter. Un bad buzz ? Oh, cela ne faisait pas peur à Gévaudan qui aurait bien pris une petite tranche de provoc en guise de pub. Mais… ils n’ont pas besoin de ça, pour se démarquer ! Ils ont un monde à eux, de la technicité, de l’originalité, le cynisme, et un véritable objet auditif non identifié. « Mangez-moi, mangez-moi, mangez-moi, c’est le chant des Humains qui supplient, qui préfèrent se faire bouffer que de se faire torturer à petit feu ». Ça ne vous fait pas mourir de rire, ça ? Moi, si !


    « Souffrir » renoue avec ce black metal moderne, mélangeant les voix, aiguë et plus grave. On se laisse embarquer par cette nuisance extrême. Alors que « Déconstruit » me laisse un peu plus de marbre, pour la simple raison que le chant se fait un tantinet répétitif sur ses fins de phrases. Néanmoins le chœur sur la fin qui accompagne le « Je ne veux que baiser » est un contrepoids de poids à la rage exposée.


    On termine sur un superbe « Better Off Alive », l’un des deux titres qui ne soit pas en français. D’ailleurs, pourquoi de l’anglais et de l’espagnol (« Castigo ») ? Revenons sur le morceau, qui clôt cet opus en retrouvant des codes d’un black mélodique. De quoi faire redescendre la pression – un retour au calme, comme on dit dans le milieu de l’animation – par une forme de berceuse… Ben oui ! Après une bonne partie de parthénogénèse, c’est normal qu’il y ait un baby boom de petits monstres affamés d’Humains. Parlant d’animation, cette fois celui du 7ème art, je rêverais d’un ciné concert avec en projection un anime de Macchabées Artworks qui a signé toutes les pochettes d’Anthropovore, donnant visuellement vie à la Bête.


    Tout au long de l’album, nous avons des parties de chants assez variées, entre le crié, un growl grave filtré ou saturé et le chant plus aigu d’Adèle. Le tout transpire la folie, la peur, la violence. Un régal. Quant aux parties instrumentales, elles foisonnent de plans qui dissonent ou encore se mettent en retrait pour chantonner une mélodie sophistiquée, des riffs qui tournent à l’envi. C’est foisonnant de détails et mérite plus d’une écoute.


    Pour terminer, le mix est réalisé par Gévaudan et le mastering par Edgar Chevallier. Ils nous proposent une production claire qui tabasse. Il est à noter que l’album physique est accompagné d’un album concept « F(a)I(m)N », qui aborde le thème de la surconsommation excessive des ressources par une espèce qui finira par s’éteindre. Le titre de 32 minutes mérite une chronique à lui seul.


    Notre mère qui êtes sur terre, je n’ai qu’une prière…

    …celle de t’envoyer en l’air dans une parthénogénèse,

    pour que la Bête puisse nous nuire une fois encore.

    Pour que la Bête puisse nous dévorer sans le moindre remord.

    Amen

    Tracklist :

    1. Notre père
    2. Transmigre-moi
    3. Castigo
    4. Parthénogénèse
    5. Souffrir
    6. Mal dedans
    7. Ternir
    8. Déconstruit
    9. Mangez-moi
    10. Better Off Alive

    Line – up : Simon Perrin « Gévaudan » – Chants (et lyrics), Guitares rythmique et lead, Basse, Programmation de la batterie, Claviers / Stéphane Prados « El Pradosaure » – Guitare lead, Cris étranges (dit le press kit) 

    Guests : Adèle Grammatico « Adsagsona » – Chants (et lyrics) / et la Bête… sur toutes les pistes, puisqu’elle a pris possession des Humains sus cités

    Liens :

    https://www.facebook.com/anthropovore

    https://anthropovore.bandcamp.com/album/parth-nogen-se

    https://www.youtube.com/@anthropovore

  • Tragos / EP MMXXIV (2024)

    Tragos / EP MMXXIV (2024)

    Genre : Death metal
    Label : Autoproduction
    Sortie : 14/03/2024

    Note : 80  /100 (Mémé Migou)

    Oyez Oyez (enfin, oyez l’« EP MMXXIV » et lisez la chronique) !

    En l’an de grâce (Alors on est du côté de Rouen… Ne pas confondre avec Grâces ou Grasses, villes respectivement des Côtes d’Armor et du Sud de la France) 2024, Mémé s’est penchée sur le nouvel écot accordé par Tragos à l’ensemble de la population, “EP MMXXIV” (du nom de cette même année…). Comme un soin particulier a été apporté aux lyrics, nous ne pouvons faire moins que d’écrire une chronique en forme de sonnet. (Mais comme un sonnet, c’est trop court, il vous faudra vous farcir aussi les astérisques, parties prenantes de la chronique ! Eh ouais !) :


    …Et dès lors, je me suis baignée dans le Poème*1

    de la musique à la fois classique et moderne

    Que propose Tragos, du death pour ta gouverne,

    Mais avec des riffs de classique comme schèmes.

    Il n’y a pas que la musique classique qui parsème

    l’inspiration du quatuor, on y discerne

    les textes de notre héritage poétique

    Poe, Trakl, Rimbaud, Hugo*2, des pépites, des gemmes !


    Le trio se fait désormais quatuor

    Avec l’adjonction d’un batteur. On dit d’accord !*3

    Et un changement notoire de vocaliste*4


    Plus abouti, avec une prod. actuelle *5

    « EP MMXXIV » propulse le groupe

    un gros pas en avant. C’est du beau matériel ! *6

    1* Rimbaud, “Le bateau Ivre”

    2* « Askesis Objur » fait référence à « Dream Land », de Edgar Alan Poe / « Splendora Disgust » rappelle « Grodek », de Georg Trakl / « Chaos Jubilem » nous renvoie au « Bateau Ivre » de Rimbaud / « Nox Bulemia » nous attire dans les eaux sombres de « Oceano Nox », de Victor Hugo

    3* Ben oui, c’est largement mieux que sur « Radix Mendosa », le premier album où la batterie était programmée. Surtout quand Laurent apporte des mises en place bien léchées, comme sur l’intro de « Nox Bulemia », où riff et batterie s’en viennent se titiller mutuellement. Un peu plus tard, dans le morceau, nous aurons également de courts passages syncopés, donnant des petites touches groovy. Ce qui est assez agréable, car arrive un petit point noir : s’il y a régulièrement des petits ralentissements, de petites accélérations, de petits passages breakdownés, ça reste un petit peu… petit ! De fait, on reste dans une zone de mid tempo, qui mériterait quelques fêlures plus importantes.

    4* Kevin reprend le flambeau d’Antoine. Une belle voix bien grave dans le growl. Et pourtant, elle reste veloutée. On ne peut nier que c’est un réel plus.

    Relevons le feat de Julien Dève, en solo guitare, sur « Splendora Disgust ». Et ça match à merveille. Quand toutes les étoiles s’alignent, ça ne peut qu’être un bon coup de l’oracle…

    5* La prod. est de Mathieu de The Security Records. Et mon petit doigt me dit que c’est suite au super boulot que ledit Mathieu a pu faire sur l’EP « Sic Semper Tyrannis » de Nocebo, que Tragos s’est décidé à confier leur propre bébé. Encore une fois, grand bien leur a pris. Car ici est une des grandes différences avec « Radix Mendosa », une production claire, qui laisse la place à chaque instrument, voix comprises, de se faire entendre. La basse est par ailleurs assez audible et propose des lignes bien foutues, avec des fulgurances propres à faire briller l’EP sans être too much. Pour ma part, c’est un réel pas en avant que Tragos a pu faire, avec un son plus large, une instrumentation bien plus étoffée.

    6* Damned ! Je n’ai pas encore fini…

    Les riffs sont, vous l’avez compris, issus de la musique classique. Certains pourront avoir une impression de riffs scolaires, quand d’autres vont apprécier ce côté à la fois old school et hyper mélodique. On pourrait avancer des accointances avec des groupes comme Sadus ou Quo Vadis. Le death metal que Tragos propose est tout de même légèrement teinté de touches thrashisantes dans les rythmiques, ce qui va de pair avec leur côté non sous-accordé qu’on retrouve pourtant dans le death metal. Mais ça joue et ça joue très bien. Les uns et les autres tentent des choses, ont des idées, et prennent plaisir à jouer. Ça se sent comme le parfum au milieu de l’œuvre de Süskind. Néanmoins, il me manque un petit truc qui fera upgrader encore un peu plus le groupe. Une seconde guitare peut-être ?

    Quoi qu’il en soit, Tragos, à peine deux ans après son premier opus, offre un EP de 4 titres, promesse d’un futur album qui sera certainement à tutoyer l’aboutissement. « EP MMXXIV » montre l’évolution du groupe, qui fait un pas en avant avec des compositions étoffées et une production digne de ce nom. Et un réel plaisir à côtoyer une proposition qui fait la part belle à la culture générale, mêlant riffs inspirés de la musique classique, textes de poètes romantico-gothico-expressionnistes et death/thrash Metal.

    Beau boulot !


    Tracklist :

    1. Askesis Objur
    2. Splendora Disgust
    3. Chaos Jubilem
    4. Nox Bulemia

    Line-up : Cédric – Guitares / Kevin – Chants / François – Basse / Laurent – Batterie

    Guest : Julien Dève – Solo guitare sur la 2

    Liens :

    https://tragos666.bandcamp.com/releases

    https://www.facebook.com/TragosDeathMetal666

    https://www.instagram.com/tragos_death_metal_band/

    https://open.spotify.com/artist/2CPBQgIOStQwjhO3stP9ME

    https://www.youtube.com/channel/UCdeCaOto6v5Rxb_skkz–2Q

    https://music.apple.com/us/artist/tragos/1627530303

  • Interview Nocebo – Memento Mori

    Interview Nocebo – Memento Mori

    Interviewés : Nico et JP (Nocebo)
    Interviewer : Mémé Migou
    26/2/2024

    C’est Mémé Migou qui s’est prêtée au jeu de l’interview sans son comparse JP… et pour cause !

    Vous découvrirez tout au long de ces quelques 100 minutes d’échanges, la genèse du projet, ce que signifie Nocebo, leur façon de travailler alors qu’ils sont aux antipodes de la France, les guests de renom (Gaerea, François Kärlek, Sab Elvenia, Jay, Fred), les galères et les joies…

    Alors n’hésitez pas à regarder ou simplement écouter la discussion, liker et vous abonner à la chaîne YouTube de Memento Mori Webzine. Mais avant tout, allez donc écouter l’EP « Sic Semper Tyrannis » de Nocebo, l’acheter mais aussi le découvrir en avant-première sur Radio Metal Revolution, 29 février 2024 à 20h pétantes !

    Interview à retrouver ici :

    https://youtu.be/25081ROF3oY