Étiquette : Memento Mori Webzine

  • Hellfest 2024 – Jeudi 27 Juin

    Hellfest 2024 – Jeudi 27 Juin

    Live report du Jour 1
    Hellfest 2024 – Clisson
    Par Bruno Guézennec et Sébastien D.

    Crédit vidéos : Bruno Guézennec et Once Upon A Live

    N’ayant pas sollicité d’accréditations, c’est en qualité de festivaliers que nos deux comparses, Bruno et Sébastien ont arpenté les scènes du Hellfest, fournée 2024. Ils vous livrent leurs impressions.

    Mercredi 26 juin 2024

    Seb :  Rendez-vous à 10h à Landerneau avec une partie de l’équipe d’amis qui m’accompagnent chaque année au Hellfest (l’autre partie nous rejoindra le lendemain). Décollage à 10h30 et c’est parti pour 3h30 de route destination Clisson. Enfin, Gétigné plus précisément, l’endroit où on campe chez l’habitant

    Treizième édition pour moi (quatorze si on compte la double édition de 2022 pour deux).

    Arrivés sur place, apéro avec les proprios, montage du campement et direction le Hellcity Square pour se faire poser les bracelets et faire quelques achats au Metal Market.

    Jeudi 27 juin 2024

     Seb : Ce qu’il y a de bien avec le Hellfest, c’est que l’orga prend chaque année en compte les critiques afin d’améliorer un peu plus le confort et l’expérience des festivaliers. L’année dernière, les portes de la cathédrale n’avaient ouvert qu’à partir de 15h pour un début des concerts à 16h30. Ce qui avait, 1er jour oblige, engendré un énorme bouchon à l’entrée et nous avait fait rater les deux premiers concerts de cette journée. Cette fois-ci, l’ouverture des portes se faisait une heure plus tôt, nous permettant ainsi d’être sur site avant que le premier riff de cette édition se fasse entendre dans les enceintes. 

      Lorsqu’on arrive sur le site, le petit jeu est de savoir quelles nouveautés le Hellfest nous a préparé. Cette année, il n’y en avait qu’une seule mais elle était de taille : il s’agit de la Gardienne des Ténèbres. Une monumentale chimère de dix mètres de haut construite par la Compagnie La Machine à Nantes. Celle-ci s’anime quelques heures par jour durant tout le week-end, crachant de l’eau, de la fumée et des flammes pour un effet somptueux, surtout de nuit.

    Crédit vidéo : Once Upon A Live

    ASINHELL  

    Je me dirige directement vers la Mainstage 1 pour assister au concert de ASINHELL, groupe de death metal où l’on retrouve Michael Poulsen (le leader de Volbeat)  à la guitare et Marc Grewe (ancien chanteur de Morgoth) au chant. Nous avons à faire à un death metal classique mais très bien exécuté par un groupe qui ne cache pas sa joie d’être à Clisson aujourd’hui. Une très bonne entrée en matière qui permettra de se faire les oreilles pour le week-end.

    WORMROT

    Bruno : je ne suis pas vraiment entré dans le concert, bien qu’amateur de grind et de leur album. J’ai trouvé sympa mais sans plus, le tour d’échauffement quoi (le groupe a splitté quelques jours après le Hellfest !)

    Crédit : Bruno Guezennec

    MORNE

    Seb :  La suite se passe sous La Temple pour voir le concert des Américains de MORNE. Un moment fort agréable où la lourdeur de leur doom non dénué de mélodie nous transporte vers un univers où la joie n’a pas sa place.

    Bruno : Lent, lourd, efficace, prenant, un très bon moment, ils confirment les qualités de leurs LP. Cela marque aussi le début de la double grosse caisse beaucoup trop forte sous la Temple. Ce sera récurrent pratiquement tout au long du week-end.

     

    IMMOLATION

    Seb : Quelques pas de côté sur la gauche pour se retrouver sous la Altar où les Américains d’IMMOLATION nous donnent une leçon de death metal old school et au passage me donnent la première claque de la journée. Quel plaisir de voir sur scène une telle légende qui a participé à donner toutes ses lettres de noblesse au style. Un excellent concert doté d’un très bon son.

    Bruno : Du bon gros death qui fait le job, un peu étonné de les voir aussi tôt sur l’affiche.

    Crédit : Bruno Guezennec

    DOLCH

    Bruno : un peu mitigé, cela m’a donné l’impression que la chanteuse se faisait chier sur scène. Ce n’est évidemment pas le cas mais c’est mon ressenti. Un peu mou pour moi.

    Crédit : Bruno Guezennec

    BRUJERIA

    Bruno :  une des bonnes surprises du festival, je connaissais bien sûr, mais jamais vu live. Super concert, très bonnes interactions avec le public malgré, évidemment, les speechs entièrement en espagnol. Grosse présence sur scène des trois chanteurs. 

    On a malheureusement appris le décès du chanteur Ciriaco "Pinche Peach" Quezada le 19 juillet. Il avait une présence extraordinaire sur scène avec son visage inquiétant. Le seul à ne pas porter de masque/bandana sur le visage.

    Crédit : Bruno Guezennec

    KERRY KING

    Seb :  Pour le concert suivant, c’est la curiosité qui m’attire vers la Mainstage 1. En effet, à 19h30, KERRY KING (guitariste de Slayer) nous présente son projet solo avec un line-up quatre étoiles. Verdict : un concert sympathique où le fantôme de son groupe d’origine plane durant toute la durée du set. Il faut dire que les compos du premier album de King sont très proches de ce que faisait son groupe d’origine. Comment pourrait-il en être autrement en sachant qu’il était l’un des compositeurs principaux de la légende du thrash ? Même Mark Osegueda (chanteur de Death Angel) reproduit quasiment à l’identique la signature vocale de Tom Araya. Troublant. A cela, on ajoute deux ou trois reprises de Slayer dont l’inévitable « Raining blood » et on a un concert de Slayer sans Slayer. Concert sympathique mais à choisir, je préfère voir le vrai plutôt que la copie.

      SYLVAINE

    Seb : Je retourne ensuite sous la Temple revoir la belle Kathrine Shepard et son groupe SYLVAINE qui m’avait totalement conquis lors de la dernière édition du Motocultor. Elle n’a eu aucun mal à m’embarquer à nouveau dans son univers avec son blackgaze où la mélodie est reine sans oublier les moments de fureur typique du black metal. La jolie blonde nous hypnotise autant avec sa musique que lorsqu’elle agite avec grâce et élégance sa longue crinière. Elle finira le set par l’interprétation d’un titre à capella (« Eg er Framand »). Frissons garantis. Il est rare de voir un ange se produire sous la Temple.

    Bruno : Planant dans l’ensemble mais avec des passages où ils sortaient les guitares (pas assez souvent à mon goût). Un joli moment, surtout le titre a capella en toute fin de concert, un peu gâché par le son qui remontait de la Mainstage et de la balance dans l'Altar.

    Crédit : Bruno Guezennec

    DARK TRANQUILITY

    Bruno : un des moments forts de mon festival et pas que du mien à en croire l’incroyable ovation qu’a reçu le groupe tout au long de leur prestation.
    Un autre moment très fort, la fameuse slameuse en fauteuil roulant bien connu des habitués du festival, qui encore une fois a slamé pendant un concert de Dark Tranquillity, mais cette fois çi, le mec le plus cool du Metal, Mikael Stanne, a demandé à la sécu de la faire monter sur scène (avec son fauteuil bien sûr), l’a accueilli et lui a proposé d’assister à la fin du show sur le côté gauche de la scène. C’était déjà classe, mais en plus, à la fin du concert, il est carrément allé la chercher pour qu’elle pose avec eux sur la photo de fin de concert. Un très grand moment d'émotion pour elle.

    Crédit : Bruno Guezennec

    SHINNING

    Bruno :  Toujours bien déjanté avec son black/jazz et ses parties de saxo, encore faut-il supporter la musique du groupe. C’est mon cas et celui du public qui a bien répondu présent à ce qui constitue tout de même un des OVNI musical de cette édition 2024.

    Crédit : Bruno Guezennec

    SODOM


    Seb :  Je zappe DARK TRANQUILLITY pour aller manger un morceau. Une fois l’estomac bien calé, je vais faire un petit tour à la Warzone pour voir THURSDAY, groupe qui m’avait plu à la fin des années 90 / début des années 2000. Il faut croire que c’était mieux dans mon souvenir car là je n’ai pas accroché du tout. J’ai tenu trois titres avant de lâcher l’affaire.

      Après ça, je me dirige à nouveau vers ma grotte (Temple / Altar) pour me prendre une bonne grosse dose de Teutonic Thrash dans la tronche. Sous la Altar se produisent les Allemands de SODOM. On sait très bien qu’on passera un bon moment à chaque fois tellement le groupe est une machine de guerre en live. C’est carré, efficace, et c’est exactement ce dont j’avais besoin après la déception du groupe Thursday. Le set passe à vitesse grand V et les classiques sont là (« Agent Orange »). Le son est peut-être un chouia trop fort mais qu’importe, ça fait du bien. Je m’éclipse avant la fin car je veux bien me placer pour le dernier groupe de la journée.

    Bruno : Son un peu brouillon, mais c’est du thrash, on ne va pas faire la fine bouche. En tout cas, il y avait de l’énergie à revendre. Sodom fait du Sodom et c’est très bien comme ça si l'on en juge par les circle pit et pogos en tout genre qui ont émaillé le pit.

    Crédit : Bruno Guezennec

    CRADLE OF FILTH

    Seb :  En effet, sous la Temple, CRADLE OF FILTH clôture cette journée. Fan du groupe depuis la sortie de leur  premier album « The Principle of Evil Made Flesh » en 1994, et malgré des hauts et des bas dans leur discographie, je reste très attaché à la troupe de Dani Filth. Ce soir, le groupe est très en forme et bénéficie d’un excellent son. La setlist est très bien équilibrée entre classiques et morceaux plus récents mais il n’atteint pas le niveau du concert donné au même endroit en 2019 qui était grandiose. Très bon moment tout de même.

    Bruno : La dernière fois que je les avais vus, c’était au Hellfest 2019, juste après le concert de Dark Tranquillity ou je m’étais fait piquer mon téléphone dans la poche ! Autant vous dire que je n’étais pas dans un état optimum pour apprécier leur prestation.
    Hasard de la programmation, cette année j’ai revu Cradle peu de temps après le concert de Dark Tranquillity. Mais comme en témoignent les vidéos que j’ai filmées, j’avais toujours mon tél.
    Plus vraiment un grand fan du groupe, j’ai un peu lâché depuis quelques années. Concert sympa mais qui ne m’a pas transcendé. De très bons passages quand même grâce à une setlist solide.
    Il faut que Dani arrête de faire des mouvements de boxeur, avec son 1m65 et ses 65 kilos, il est moyennement crédible.

    Crédit : Bruno Guezennec

  • Anthares : Interview de Fanfan

    Anthares : Interview de Fanfan

    Interviewé : Fanfan
    Interviewers : Sébastien D. et Mémé Migou

    Le groupe de Thrash breton, Anthares, tout jeune trentenaire, a vécu en début d’année une tournée américaine, non sans quelques anecdotes bien croustillantes qu’ils livrent dans un récit façon road trip sur leur page facebook. Nous avons été creuser également de notre côté, vous imaginez bien. Mais pas que ! Car Anthares prévoit également le retour de noces, avec une tournée française en compagnie du groupe américain Lacabra.

    De leurs origines à ce trentième anniversaire, Fanfan s’est livré à nos deux comparses de Memento Mori. Pour retrouver l’interview, c’est par ici :

    Et pour suivre Anthares sur les RS :

    https://anthares29.bandcamp.com

    http://www.facebook.com/Anthares-214874341992425/

    https://www.instagram.com/antharesofficial1993

    https://www.youtube.com/@antharesofficial7995

    http://anthares.bigcartel.com/

  • Houle : interview au Muscadeath 2024

    Houle : interview au Muscadeath 2024

    Interviewés : Crabe, Zephyr, Adsagsona, Graey et Vikser / HOULE
    Interviewers : Eva (Girls’N Nantes), Manu (Humans of Metal) et Mémé Migou (Memento Mori Webzine)

    20 Septembre 2024
    Muscadeath – Vallet (44)

    Ahhhhh… Ils n’étaient pas trop de 3 pour venir papoter avec ce raz-de-marée que représentent les 5 comparses de Houle, dont le premier album est sorti en mai 2024 chez Les Acteurs de l’Ombre (LADLO). Une interview qui part (parfois) dans des directions inattendues, mais toujours avec et du sérieux et de l’humour.

    Eva, du blog Girls’N Nantes, Manu, de la page Humans of Metal et Mémé Migou, Memento Mori Webzine, ont partagé un moment avec Crabe, Zephyr, Adsagsona, Graey et Vikser lors de l’édition XXII du Muscadeath (2024).

    Retrouvez l’interview ici :

    Merci Houle !

    Et merci également à Ben et toute l’équipe du Muscadeath, ainsi qu’Alexandre Saba (M&0 Music), Eva et Manu.

     Crédit musique : Houle "Sur les braises du foyer" 
    Crédit vidéo live : Manu (HoM) 
    Crédit photos : Mémé Migou (MMW) lors du Muscadeath XXII 

    #Houle #muscadeath #ladlo

  • Arkona –  Stella Pandora  (2024)

    Arkona –  Stella Pandora  (2024)

    Genre : black metal  / Label : Debemur Morti Productions  / Sortie : 27 septembre 2024

    Note :  90 /100 (Seblack)

    Les Polonais de Arkona font partie de ces groupes que je suis de près et depuis longtemps. Au moment d’aborder un de leur disque, l’objectivité n’est donc pas forcément de mise (pour peu que cette chimère existe vraiment d’ailleurs). C’est ainsi depuis 2001 et la sortie de « Zeta Reticuli » et cet intérêt ne s’est jamais démenti depuis. 

    En plus d’une vingtaine d’années, la musique de Arkona a eu le temps d’évoluer. Mais à chacune de ces évolutions Korzon et ses sbires ont toujours su proposer des compositions où l’ADN du groupe restait bien prégnant. Arkona c’est une sorte d’idéal tout à la fois épique, puissant et traversé par des claviers conférant à ce black metal une forme souvent accomplie.

    Sans surprise donc, « Stella Pandora » ne fera pas exception à mes yeux et oreilles. On pourra ne pas être d’accord avec cela bien sûr,  mais dans l’ensemble je resterai sourd à ces arguments. Je l’avais dit, je ne serai pas objectif. 

    Passons… pour ce huitième album du groupe,  il aura fallu patienter presque cinq longues années pour que le groupe assure la succession de “Age of Capricorn”. Honnêtement j’ai bien cru qu’on était reparti pour un long silence discographique comme celui de 2003-2013…mais non ouf !  Côté label, la stabilité est de mise puisqu’il s’agit de la troisième sortie du groupe chez Debemur Morti Productions. En se penchant sur les titres de ses six compositions, on remarquera cette fois une nette inclinaison pour la mythologie grecque et la mort. Cela n’en fait pas pour autant un « concept album » mais ce fil est bien présent et va placer la musique sous le sceau du grandiose qui en impose.

    Car oui, beaucoup de choses en imposent dans cet album. Le son tout d’abord qui est énorme (presque un peu trop) et donne la pleine mesure de la puissance des guitares, de la basse, de la batterie et du chant.  La qualité des compositions ensuite : les chansons sont accrocheuses sans  pour autant tomber dans la facilité ou une quelconque forme de systématisme. On notera au passage quelques enchaînements et transitions  entre certaines pistes qui donnent cet agréable sentiment que chaque compo est le prolongement de la précédente. Aux différentes écoutes (et il y en a eu quelques-unes…)  je n’ai pas vu passer les quarante sept minutes de cet album et ça c’est toujours un très bon signe. 

     Alors pas un bémol ? Même pas un petit regret ? Si un… Voire deux…j’ai déjà un peu suggéré que le son était un petit peu trop massif à mon goût, mais ce qui me chagrine le plus ici ce sont les claviers. Les orchestrations ont beaucoup contribué à l’intérêt que je porte au groupe. Or ici, je les trouve vraiment sous-utilisées. Bon c’était déjà un peu le cas sur « Age of Capricorn » voire sur d’autres…. L’affaire est d’autant plus frustrante que quand ces sonorités sont de sortie (ou davantage mises en valeur), la musique devient véritablement grandiose et irrésistible. Écoutez les titres « Altaria »… ou « Aurora » qui referme l’album, vous m’en direz des nouvelles…

    Reste que, « Stella Pandora » démontre donc , si besoin était, que Arkona reste Arkona : une référence solide, parfois sous-estimée, mais hautement recommandable voire franchement indispensable.

    Tracklist :

    1. Pandora (08:51)  

    2. Altaria (07:48)  

    3. Necropolis (07:44)

    4. Elysium (07:02)  

    5. Prometeus (06:56)  

    6. Aurora (09:06)

    Line-up :

    Khorzon – Guitare, Orchestrations.

    Zaala – Batterie.

    Drac – Chant, basse

    Kaamos – Guitare.

    Liens :

    https://arkona.bandcamp.com/music

    https://www.facebook.com/arkonahorde

    https://www.instagram.com/arkona_pl

  • Diablation – Irrévérence (2024).

    Diablation – Irrévérence (2024).

    ____________________________________________________

    Genre : Black metal symphonique
    Label : Osmose Production
    Sortie : 27 Septembre 2024

    Note : 85/100 (Ymir)

    Diablation, ce quatuor bien connu de ces dernières années avec Maximilien B. à la basse (qui officie également chez Ba’a et Gravenoire), IX aux fûts (Joue chez Radical Insane groupe de death metal marseillais), V. Orias A. qui maîtrise les guitares et les claviers (joue chez Ad Inferna et Sollertia), et au chant le Vicomte Vampyr Arkames (qui officie également chez Ad Inferna et Gravenoire). Une fois ce petit tour d’horizon fait, mettons en avant le fait que c’est le troisième opus proposé par le quatuor des ténèbres en seulement trois ans, c’est que les bougres sont vachement productifs !

    Ici, pas question de négliger la qualité. Une intro avec des chœurs renforçant ce côté saint qui sera très probablement profané, voilà les premières notes de l’auditeur. Puis vient un hurlement accompagné de gros riff et l’assaut des ténèbres est lancé. Un déferlement de haine à l’état pur, pour votre plus grand plaisir, bah oui vous écoutez pas du black pour avoir des vibes positives ! 

    Le chant est en Français et le groupe nous démontre une nouvelle fois leurs capacités d’adaptation, en faisant ce qu’ils font de mieux mais sans laisser une quelconque routine s’y installer. Il n’y a donc pas de barrière de la langue, dans ce chant tortueux vociféré par notre Vicomte, notamment avec des titres aussi  évocateurs que “Purification”, “Par la Haine”, ou encore “Chrysanthèmes au Nouveau monde”.

    “Par la Haine “ apporte un côté plus raw et rural qui n’est pas sans rappeler Peste Noire ou Sale Freux, un terreau français, qui fait écho aussi aux Légion noires. Le chant craché tel un venin au visage de l’auditeur exprime toute la haine du monde. Un ultime effort pour l’emmener là où la lumière se fait de plus en plus ténue et où l’espoir y est rare. L’auditeur s’y plaira et contemplera l’immense puissance de ce chant. 

    Cet univers est magnifiquement désastreux, mais c’est aussi ce qui fait son charme, l’espoir n’est plus qu’un filet mince au cœur d’une obscurité compacte et sans fond. Une haine viscérale qui nous unit au récit, pour une durée de 42 minutes.

    Cet opus, a n’en pas douter, s’inscrira dans la digne lignée de ses deux prédécesseurs que sont “Par le feu” et “Allégeance”.

    Ces riffs lancinants resteront longtemps dans votre tête après votre écoute…Il fera sûrement partie des albums qui resteront à mon chevet le long de l’année… 


    Tracklist :

    1. 144000 (01:23)  

    2.  Eternel (06:38)  

    3. Purification (08:46) 

    4. Par la haine (05:24) 

    5. Chrysanthèmes au nouveau monde (07:43)  

    6. Ad Universum (05:49)  

    7. Le dernier roi (06:26)

    Line up : 

    Maximilien B. – Basse / IX – Batterie / V. Orias A. – Guitares Claviers / Vicomte Vampyr Arkames – Basse 


    Liens :

    https://osmoseproductions-label.com/diablation-irreverence-cd-lp-digital

    https://www.facebook.com/Diablation

    https://diablation.bandcamp.com

    https://instagram.com/diablation

  • Winterfylleth – The Imperious Horizon (2024)

    Winterfylleth – The Imperious Horizon (2024)

    ________________________________________________

    Genre : black metal épique et mélodique

    Label : Candlelight Records

    Sortie : 13 septembre 2024

    Note : 100 /100 (Seblack)

    __________________________________________________

    Voici un album que j’attendais avec une certaine impatience. Quatre ans c’est long… même quand on a déjà sept albums de Winterfylleth à se passer et à se repasser.

    Mais enfin il est là, avec cette pochette montagneuse et hivernale. Les beaux paysages c’est un leitmotiv chez Winterfylleth mais on ne les avait jamais vus sous ces teintes glacées (à l’exception peut-être du split avec Drudkh mais c’était une peinture et non une photographie). D’emblée le quintet britannique se place sous le prisme de la continuité et du changement, ce qui est finalement un assez bon résumé de « The Imperious Horizon » qui pourrait bien devenir un album clef dans la discographie de Winterfylleth.

    Cet équilibre entre continuité et changement c’est toujours un exercice un peu compliqué… surtout vis à vis d’un public qui finit par avoir ses habitudes et n’aime pas toujours être trop bousculé. Souvent c’est moins difficile pour les groupes qui (sauf exception) éprouvent de manière naturelle, et pas forcément calculée, le besoin de faire évoluer leur musique….

    Alors par exemple, que peut bien attendre un fan de Winterfylleth ? Du black épique bien sur ! Des mélodies  aussi ! Des ambiances majestueuses chargées d’histoire et illuminées de paysages grandioses. Et bien, sans se poser toutes ces questions, «The Imperious Horizons » offre tout cela et ne devrait donc pas défriser donc pas les inconditionnels du groupe dont je suis (quand bien même cette mutation capillaire serait chez moi techniquement impossible).

    Ces marqueurs, qui font une bonne partie de son identité, Winterfylleth est parvenu, non seulement à les préserver, mais surtout à les sublimer et à les affiner plus encore. C’est particulièrement le cas des mélodies de guitares qui ont encore gagné en magnificence et tutoient les sommets. Un travail bien mis en valeur par la production où, là aussi, le groupe a apporté un soin particulier aux arrangement, au mixage et à toutes ces petites choses techniques. Cela est notable pour les guitares mais l’est tout autant sur d’autres aspects. Prenons les claviers par exemple : ils n’ont jamais été aussi présents ou mis en valeur que dans cet album. Cela ne signifie pas que Winterfylleth sombre pas dans le tartinage de synthé. Non, au contraire les Anglais les intègre si parfaitement à l’ensemble qu’ils soulignent encore plus la profondeur et la beauté des atmosphères développées. En témoignent la chanson éponyme ou encore « In Silent Grace » dans laquelle Alan Averill de Primordial vient prêter sa voix.

    Magnificence, grandeur, beauté…tout cela est donc prégnant dans « The Imperious Horizons »…mais n’allez pas croire pour autant que Winterfylleth a remisé au placard sa colère et sa rage. Car derrière la plus belle face d’une montagne, il y aussi celle qui est cachée des rayons du soleil et reste tapie dans l’ombre et le froid. Cette dimension plus sombre donne ici corps à des titres beaucoup plus agressifs comme le sont « To the Edge of Tyranny » ou la reprise de « The Majesty of the Nightsky » de Emperor.

    En somme, voilà donc un album varié et cohérent qui, non seulement, m’a comblé mais a aussi dépassé toutes mes attentes. « The Imperious Horizons » offre à la fois la quintessence de ce qu’on attend de Winterfylleth tout en ouvrant de nouveaux horizons. En cette année 2024, pas mal de groupes se sont approchés de ce concept subjectif et personnel de l’album « parfait », pour l’instant seul Winterfylleth y est totalement parvenu. Le sentiment de plénitude étant maximal, la note attribuée l’est aussi.

    Tracklist :

    1. First Light (01:58)

    2. Like Brimming Fire (07:00)

    3. Dishonour Enthroned (07:14)

    4. Upon This Shore (07:46)

    5. The Imperious Horizon (08:40)

    6. In Silent Grace (10:59)

    7. To the Edge of Tyranny (03:52)

    8. Earthen Sorrows (02:43)

    9. The Insurrection (08:01)

    10. The Majesty of the Nightsky (Emperor cover) (04:50)

    11. In Silent Grace (A.A. Nemtheanga Solo Version) (12:01)

    Line-up :

    Simon Lucas – Batterie, percussion, Voix (parlée).

    Chris Naughton – Chant, guitares.

    Nick Wallwork -Basse, guitare, backing vocaux.

    Mark Deeks- Claviers, backing vocaux.

    Russell Dobson – Guitare, backing vocaux

    Invité :

    Alan Averill (Primordial) – chant (In Silent Grace)

    Liens :

    https://winterfylleth.bandcamp.com

    https://www.facebook.com/Winterfylleth

    https://www.instagram.com/winterfyllethband

  • Chef d’œuvre?

    Chef d’œuvre?

    Qu’est-ce qui fait qu’une œuvre est ou devient un chef-d’œuvre ? Vous avez quatre heures ! Nah, je déconne, vous avez bien plus de temps… C’est une nouvelle énième réflexion que je me suis faite en réécoutant un album « oublié » depuis un moment sur une étagère de ma discothèque (pas de boule à facettes, tu peux rentrer même si t’as des baskets…)

    Pourquoi cette question, me direz vous (et je vous remercie d’avoir posé la question) ? Parce que ce CD, cet album redécouvert EST un chef d’œuvre ! Pardi ! Mais surtout parce que personne n’est à l’abri de tomber sur un chef d’œuvre, de ressentir ce petit truc en plus que n’ont pas d’autres œuvres. Pour éviter de me disperser, je ne vais traiter présentement que de cet aspect dans le domaine métallistique, puisque cette notion pourrait s’étendre à toute autre forme artistique, selon les affinités bien sûr. Tout comme moi, j’imagine que vous ne vous bornez pas à n’écouter que du metal ou qu’un seul genre voire sous-genre de metal. Inéluctablement, cette (petite) dissertation, pas du tout au format thèse-antithèse-synthèse pour les lauréats de Khâgne qui pourraient se perdre dans cette logorrhée hasardeusement, sera éminemment subjective, vous vous en doutez, puisque l’Art en lui-même EST subjectif, le Beau EST subjectif ; quant à l’objectif, à défaut d’objectivité, de ce laïus, à part occuper votre temps de cerveau disponible, user votre forfait internet et avoir des anecdotes à raconter aux copains, c’est aussi de vous aider, peut-être et en toute mesure et humilité à trouver VOTRE chef-d’œuvre, si ce n’est pas encore le cas… parce qu’on n’est jamais à l’abri.

    Déjà, je vais de suite annihiler cette notion temporelle des « quatre heures ». Pourquoi ? Parce que malgré l’intemporalité relative du chef-d’œuvre stricto sensu, vous avez le temps d’en voir venir, voire d’en découvrir dont vous ignoriez l’existence, au hasard d’une playlist random sur votre plate-forme d’écoute préférée ou parce qu’une connaissance vous l’a suggéré « et on sait jamais… » Et puisque la vie « c’est comme une boîte de chocolats », je vous souhaite une bonne crise de foie, et plus d’une fois !

    *

    On va commencer par le chef-d’œuvre « parce que c’est un chef-d’œuvre ! », vous savez celui que tout le monde aime et qu’il faut absolument que vous aimiez en ponctuant de « on a-dore ! ». Ou « on va-lide ! » selon votre entourage et son empreinte carbonée dans le monde des fashionistas. Est-ce vraiment un chef-d’œuvre auquel vous êtes exposé ? Probablement, mais le fait qu’on vous l’impose comme tel n’aide pas forcément à l’interpréter comme tel parce qu’il dépend surtout de votre place et rôle au sein du groupe et n’amène pas à faire jouer votre libre arbitre. Le nombre de fois où j’ai entendu « tu ne peux pas ne pas aimer » ou « ça va forcément te plaire, c’est tout toi ! », bah… en fait, si : ça ne me parle pas et, finalement, peut-être que tu ne me connais pas autant que tu penserais (un peu comme les cadeaux qu’on fait à Noël en se faisant ce même genre de réflexion biaisée par le fait que si ça nous plait, on pense que ça va plaire à l’autre, influencé(e) par notre propre affect… et qui finissent direct sur BackMarket, Vinted ou pour les boomers, Ebay, dans la catégorie « canards »). C’est d’autant plus ballot quand tu ne cherches qu’à faire plaisir, mais finalement à qui : à toi parce que ça a fait/aurait dû faire plaisir, ou à celui à qui était destiné ledit cadeau ? Bref, possibilité d’échec certaine du forcing, comme toutes les fois où chacun d’entre nous s’est efforcé pour faire plaisir quand c’est contre sa propre nature, pour appartenir au groupe, à la tribu, au couple pourquoi pas – je vous invite à (re)lire Bourdieu et réfléchir Sociologie au cas où, ça remet des choses en place quand on voit et pense à ce qu’on fait pour appartenir à un groupe, ce qui dans notre cas métalleux peut aller d’un extrême à l’autre depuis payer son cul devant les caméras de Quotidien jusqu’à sacrifier des vierges sur un autel parce que Satan l’a exigé poliment, dans le respect de la personne humaine (bon, on n’en est peut-être pas à ce niveau-là mais la team Mayhem a des anecdotes croquignolesques de trucs bien cringe à son actif, si vous avez la flemme de vous taper leur bio officielle, regardez celle pas mal romancée dans Lords of Chaos).Par-delà l’influence de la tribu, il y a aussi et surtout celui qu’on vous conseille sans vous forcer la main et qui s’avère devenir « votre » chef-d’œuvre malgré tout. Chez Memento Mori (et d’autres ‘zines aussi, hein, pas de sectarisme), on vous propose des chroniques subjectives, sans vous forcer à écouter (putain, j’ai l’impression d’être un VRP qui fait sa com’) et, sait-on jamais, vous offrir la possibilité de découvrir ce chef-d’œuvre… Ça m’est arrivé plus fréquemment de découvrir des pépites par ce biais… le hasard… le « on sait jamais » … Pour ma part, je vais revenir sur une découverte marquante, le groupe de Death Mélo Mors Principium Est, découvert parce qu’un gratteux avec qui je devais – et ça n’a pas pu se faire – bosser l’avait lui-même découvert par hasard et avait oublié un CD gravé dans mon bureau (acte manqué ? je ne saurai jamais et OSEB), celui de l’album Inhumanity… Une tarte ! Boudiou, c’te tarte ! J’écoutais pas mal de choses diverses et variées, avais déjà quelques chefs-d’œuvre dans ma besace d’auditeur mais mon conduit auriculaire est passé en état de turgescence… donc naturellement envie d’en découvrir davantage, achat du VRAI CD (parce que c’est sympa d’aider les petits artisans en les finançant), puis de son prédécesseur, Pure, lui-même excellent… et on arrive à ce que je considère comme leur chef-d’œuvre, Liberation = Termination. Autant j’ai du mal avec le concept de perfection, autant je le trouve parfait : une teinte particulière, une carritude exemplaire, un juste équilibre de brutalité et de mélodie, de saturation et de clarté… une sorte de Caravage metal dans sa claire-obscurité. D’autres groupes possèdent également ces caractéristiques (je pense à Fleshgod Apocalypse, qui a été également une bonne baffe d’une main italienne gantée de velours et d’acier dans ma tronche, particulièrement Agony et Labyrinth, voire King puis ça s’est affadi) mais pour moi, cet album reste inépuisable malgré le fait que je l’ai sur-écouté. Et même si son successeur, And Death Said Live (dont je parlerai plus bas), est d’une qualité également excellente, il n’arrive pas à un tel niveau de grandeur selon mes normes.

    D’ailleurs ! Il y a aussi le chef-d’œuvre qu’on (re)découvre perpétuellement, avec des petits détails insignifiants et qui pourtant se dévoilent encore à votre oreille malgré le fait que vous ayez poncé l’album de long en large… et pourtant… Ça tombe tellement « sous le sens » que certains albums sont des chefs-d’œuvre, des albums qu’on a usé jusqu’à la corde au point que le saphir de la platine saigne encore des croches-deux-doubles (je dis ça parce que je pense à The Number of the Beast et le « tagada » maidenien, on pourra en reparler plus tard parce que ça cumule les qualités, même pour les aficionados de la mauvaise foi et leur « c’est surcoté ») et malgré tout, en réécoutant, on trouve une nouvelle subtilité, même au bout de l’ixième écoute, une harmonie, une respiration qui ajoute une émotion, que sais-je… Je vais prendre l’exemple tout récent (pas plus tard qu’il y a une heure) du Operation : Mindcrime de Queensrÿche. Encodage oblige parce que plus de lecteur CD dans les voitures actuelles, je me le suis mis dans ma looooongue liste de « tiens, je vais mettre ça sur ma clé USB pour la route ». Et alors, redécouverte ! Il va de soi que malgré l’affect « chef-d’œuvre » qu’il avait déjà pour moi et malgré la kyrielle d’écoutes plus ou moins successives, j’ai noté de nouveaux petits détails insoupçonnés alors que, pourtant, je pensais l’avoir épuisé au fin fond de mon conduit auriculaire. Un soupir de Geoff Tate, une ghost note dans un fill de batterie qui change un élan, un phrasé mélodique initié par un bend et… ça me confirme ce que j’en pensais préalablement : chef-d’œuvre.

    Est-ce que, finalement, le chef d’œuvre ne serait pas celui dont on ne se dit ou ne se dira jamais « j’aurais pas fait comme ça ! » ? Dans lequel on considère qu’il n’y a rien à jeter ? Ça fonctionne notamment pour les concept albums, comme le Crimson Idol de WASP, ou le Symphony of enchanted Lands part II de Rhapsody. Au risque de faire une généralité voire une banalité, il vaut mieux qu’un concept album soit bien chiadé, même s’il y a des instants moins intenses que d’autres, des respirations dans le rythme ou l’avancée de l’histoire… Ça doit s’équilibrer, évidemment et nécessairement, mais c’est un réel effort de composition et de réflexion de sa propre œuvre comme un tout. [NB : je défends et défendrai toujours le CD ou Vinyle parce que le mode de consommation au format single actuel fait qu’un album devient un enchaînement et plus une entité propre, avec ses transitions piste à piste, tout se perd, que voulez-vous…] Dans ces deux exemples, on se trouve face au travail de composition qui semble le plus abouti car réfléchi, à la manière d’un compositeur de l’époque Romantique, avec des leitmotivs et des thèmes récurrents, des plages ambiantes, des récitatifs et des narrations comme auraient pu le faire des Wagner, Verdi ou Prokofiev. Même si beaucoup d’albums fonctionnent sur un « simple » enchaînement de morceaux [je mets ce terme entre guillemets parce que l’équilibre d’un album est toujours précaire, surtout s’il n’est pas réfléchi comme un tout], l’atout de création artistique que suppose le concept album, c’est son entièreté. Mon contre-exemple serait (et malgré toute l’affection voire l’adoration que je lui porte, entre autres pour la nostalgie de réentendre la voix de feu Andre Matos) le Avantasia premier du nom de Tobias Sammett, excellent album/opéra metal mais auquel il manque cette conception totale, cette vision d’ensemble qui aiderait à appréhender l’œuvre comme un tout indissociable et pas une piste excellente, puis une autre un peu moins, puis une autre, puis une autre (ad lib).

    « Des fois, on croit que c’est les bons gens… et en fait, c’est pas les bons gens… » (Kyan Khjandi) Il en va de même pour le chef-d’œuvre : des fois on croit que c’est un chef d’œuvre mais en fait non, mais quand même, et on le défend parce qu’on l’aime bien quand même aussi, avec une dose plus ou moins assumée de mauvaise foi ou de démonstration scientifique, voire de circonstances atténuantes. Tout comme on peut trouver d’une laideur incroyable un Guernica de Picasso mais comprendre le pourquoi du comment en contextualisant et se rendant compte que la force de l’œuvre est sa laideur pour traiter de la situation (dé)peinte, on peut se faire défenseur d’un œuvre, voire d’un chef-d’œuvre, qui nous parle très personnellement parce que… sons sens… sa signification… l’échec à exprimer du Beau mais la réussite à le faire dans l’erreur ou l’imperfection. Je parlais plus haut de And Death said live de Mors Principium Est ; cet album est loin d’être mauvais, pire il est même très bon et sa hargne et sa haine et sa solidité tiennent au fait que le groupe a partiellement splitté après Liberation… ce qui est peu ou prou relaté dans le morceau d’ouverture « Departure », avec sa dose de fiel nécessaire. Si on vous a fait croire que seuls les sentiments positifs peuvent faire accoucher d’une œuvre voire d’un chef-d’œuvre, remettez en question cet axiome : Les Fleurs du Mal ne sentent pas la rose mais la Charogne, et cet album sent la rancœur et la rancune, ce qui en fait une œuvre avec un ton très différent, pas loin du chef-d’œuvre mais avec ce petit manque lié à l’impulsivité qui anéantit la capacité de recul. Peut-être que les membres du groupe, auteurs de cet album, se diraient eux-mêmes que ce « j’aurais pas fait comme ça, avec le recul » était de bon aloi. Malgré ceci, je continuerai de défendre aussi cet album parce que cet état d’esprit en fait un album à part dans leur discographie et, à défaut d’égaler le précédent, vaut quand même son poids en excellence et en satisfaction. Dans la continuité de cette approche « je prends la défense », on va parler d’un groupe qui me parait pas mal bipolaire (du moins son leader assurément) : Machine Head. Et je vais faire le focus particulièrement sur Catharsis, le mal aimé, à tort ou à raison en tout cas je vais vous expliquer pourquoi je le soutiens, sans mauvaise foi et pourquoi, sans être un chef-d’œuvre pour moi à proprement parler, il tient une place spéciale. Car en effet, il y a des raisons de ne pas aimer cet album décousu, qui passe du phoque à l’âne, qui semble ne pas avoir de ligne directrice, d’une direction artistique bancale voire d’une production inégale… Bah oui mais se trouver face (ou pas) à un chef-d’œuvre, c’est aussi se demander pourquoi. Pourquoi on arrive à ce résultat, pourquoi l’auteur en a fait ce démiurge, cette créature difforme quand il avait l’habitude de quelque chose de plus cohérent, comme si Monnet était passé de son Impressionnisme usuel (et avec sa myopie et sa future cataracte… escroc !) à du Réalisme des plus pointilleux et tatillons sur le sens du détail (merci Zeiss pour sa correction optique). J’ai fit parti du peu de personnes qui ont défendu Catharsis parce que ça m’a semblé bizarre… inhabituel… incohérent… et pourtant, si on regarde le contexte, et même le titre de l’album, on comprend ou finit par comprendre où voulait aller Rob Flynn ; c’est sa propre catharsis, sa séance de psychanalyse qu’il a partagé, et tout l’album prend une couleur différente et même prend sens, de l’alpha à l’oméga, comme une sorte de Requiem avec son Introit, son Dies Irae, son Lacrymosa et pour finir, son Libera me…

    *

    Ça va vous paraitre d’autant plus étrange que je défende Catharsis juste au-dessus quand je vais parler d’un autre album, de Machine Head itou, qui fait partie des chefs-d’œuvre que je qualifierais de « tardifs », AKA « l’album de la maturité ». Techniquement, c’est censé être le troisième album, running gag d’intervieweurs… J’imagine que, de toute façon, on ne peut vraiment faire le point que quand arrive ledit point, celui final, celui qui signe la terminaison, l’achèvement d’une vie, le « the end » d’une carrière… Que nenni ici puisque c’est, pour moi, Unto the Locust, septième (!) album, qui tient cette place dans mon petit cœur (de) fragile fait d’alliage (celui de métal, hein, pas le boys band) It ain’t ironic ? Oui, en effet, c’est d’ailleurs ce qui est intéressant ; je reviens sur The Number of the Beast évoqué plus haut, troisième album donc de Iron Maiden et qui tient lieu de chef-d’œuvre, ordre que je pourrais reporter à moults groupes de Metal (Metallica et son Master of Puppets, Slayer et son Reign in Blood, Guns n Roses avec les Use your Illusion, Megadeth avec… ah non, merde, ça marche pas : Rust in Peace, c’est le quatrième…) A l’instar de NumberLocust contient tout : un équilibre, une patte, un son, une qualité, une réflexion d’ensemble, un savoir-faire, du talent… de la maturation voire de la maturité. Si l’âge n’attend pas le nombre des années (ou celui de la Bête… lol), il fluctue inévitablement en fonction des décisions ou choix avec un impact variable sur l’avenir voire la longévité d’un groupe… et probablement qu’on est passé à côté d’une multitude de chefs-d’œuvre à cause de ces choix approximatifs… et Machine Head en a faits… et a réussi à pondre CE chef-d’œuvre, probablement le plus abouti de leur carrière – même si Bloodstones and Diamonds est une pépite, je le place un peu en dessous du piédestal.

    Il va de soi que je n’aurai pas abordé le sujet en profondeur, limite seulement effleuré ou survolé, en me servant d’exemple personnels (et subjectifs, en toute logique) mais, bon… votre temps de libre est une chose, en perdre quand on a suffisamment de clés pour continuer son intime réflexion est fort inutile. Aussi, et pour finir – et pour contrer aussi ce raisonnement dont je vous abreuve depuis plusieurs lignes voire pages… et aussi parce que la contradiction avec soi-même apporte du sel à sa propre réflexion –, je vais donc aborder une ultime question, que chacun peut se poser vis-à-vis de sa propre consommation [qu’est-ce que j’exècre ce terme !] de musique, metal en l’occurrence : le « chef-d’œuvre » qui s’use à force de trop l’écouter, dont on a fait le tour, est-il vraiment un chef-d’œuvre ? Je vous invite à consulter un autre de mes très (trop ?) longs baratins sur la notion de péremption d’un groupe et/ou sa musique, son œuvre. Est-ce qu’on ne continue pas à aimer et porter aux nues une œuvre dont on s’est convaincu de sa qualité inaliénable de « chef-d’œuvre », avec son préfixe bien marqué et affirmé, comme on continuerait d’aimer la personne avec qui on est depuis des années parce que « c’est plus de la passion mais de l’affection, les relations changent » ou cela amène-t-il à revoir sa façon de considérer l’amour, l’adulation, l’affection et les remettre à leur niveau hiérarchique sans pour autant les dénigrer, dans la perfection de leur imperfection (coucou Painkiller, album parfaitement imparfait de Judas Priest), avec ces petits défauts qui font leur personnalité – voire forgent leur statut de chef-d’œuvre – tout comme la femme de Robin Williams dans Will Hunting et ses pets, le détail le moins intéressant mais le plus mémorable d’une vie, et qui fait qu’on glorifie un album comme un enfant qu’on aurait soi-même fièrement porté ?

  • Anakreb – Fuir les Hommes (2024)

    Anakreb – Fuir les Hommes (2024)

    Genre : Black metal

    Label : Indépendant

    Sortie : 24 juin 2024

    Note : 88/100 (LB D)

      Avant de chroniquer cet album, je vais vous parler de légendes Scandinaves et plus particulièrement de la rune Berkana, et vous allez comprendre très vite pourquoi. Selon Wikipédia, Berkana c’est le nom donné à la dix-huitième rune du Futhark (alphabet runique), et qui signifie “Déesse du bouleau”. Le bouleau est le premier arbre à se réveiller au printemps, c’est pourquoi la rune Berkana évoque le cycle sans fin de la naissance, de la mort et enfin la renaissance. Selon la mythologie viking, vous stoppez cette renaissance en inversant le mot Berkana en Anakreb. C’est bon maintenant, vous voyez où je veux en venir?

          Anakreb, c’est donc le nom qu’a donné un certain Vikko Forest  à son one man band  en 2019 dans la bonne vieille ville de Brest. Le Ty Zef (surnom donné aux habitants de Brest) sortira son premier EP en 2021, petit EP qui, mine de rien, avait eu à sa sortie un petit écho positif dans le milieu underground français.

         Le premier album complet intitulé “Fuir les hommes” est sorti en juin 2024. Après des avis très favorables sur la bonne teneur de cet album de la part de mon entourage métallique, il était impensable pour moi de ne pas m’y intéresser. Faute de temps, c’est seulement à la fin de l’été que j’ai pu l’écouter, et c’est après l’achat du CD que j’ai pris la décision de le chroniquer.

             Beaucoup de changements ont été opérés par rapport à l’EP, tout d’abord, le changement le plus important à mes yeux c’est l’apport d’un vrai batteur, fini la programmation et Vikko Forest a fait appel à Rodion Belshevits,  batteur de session letton qu’on peut retrouver aussi chez les Suédois de Askog. Certes, on perd peut-être un peu en spontanéité et en froideur, mais avec ce son de batterie plus massif et moins synthétique, les compos prennent une autre dimension. Elles ont du corps, sont bien charpentées et plus goutues aurait dit un œnologue professionnel.

         Autre changement notoire, c’est une mise en avant plus prononcée du chant dépressif, déjà palpable sur l’EP, ici, il apparaît quasiment sur tous les titres. Certains hurlements me feront penser aux Australiens de Austère au début de leur carrière. C’est particulièrement flagrant sur le deuxième titre “De Sombre Crépuscule dans lequel j’ai chuté”. Le chant dépressif, tout en côtoyant le raw, apporte une bonne dose de mélancolie et de noirceur, le tout est posé sur des riffs lancinants et répétitifs qui vous martèlent la tête et vous glacent le sang. 

         Mais rassurez vous, Anakreb n’est pas devenu subitement un groupe de DSBM, Vikko forest  n’a pas oublié son amour pour le raw black metal, Avec “L’être qui ronge” et “Le berceau de ma haine”, le Breton lâche les chevaux et garantit la petite touche black norvégo/finlandaise des années 90 de l’album, c’est froid, féroce et sans fioriture. On se prend dans la tronche une bonne ration de haine à l’état pur.

          On change de salle et d’ambiance avec le dernier titre “fuir les hommes”. Long de ces dix huit minutes, Vikko Forest nous surprend totalement avec ce registre black atmosphérique qu’on ne lui connaissait pas, ça démarre sur un mid-tempo avec une mélodie entêtante écourtée au milieu par un break acoustique de toute beauté, ou l’on peux entendre un vent glaciale que n’aurait pas renié Wintherr de Paysage d’hiver. Des accélérations brutales agrémentées de vent et de pluie en fond sonore déboulent en fin de morceau et finiront par achever l’auditeur. Ce titre, qui termine brillamment ce disque, est une pure merveille de black atmosphérique et restera mon préféré de l’album. 

         Pour résumer, Vikko Forest  nous a concocté un bien bel album, très complet, riche et varié, cette grande maîtrise dans les compositions nous captive jusqu’au bout et il n’y a pas un seul moment où on ne s’ennuie. Les progrès réalisés par rapport au premier EP sont indéniables et pour moi, ce ”Fuir les hommes” est l’une des plus belles surprises de l’année 2024. En plus de cela, et ça fait vraiment plaisir de retrouver un bon groupe de black metal à Brest, de mémoire, nous n’en avons pas eu un depuis peut-être l’avènement des légendaires Vlad Tepes et ses fameuses légions noires, toutes proportions gardées bien entendu, mais cela fait quand même plus de trente ans, purée, déjà trente ans. 

    Tracklist : 

    01 – Le Corbeau L’a Percé  (06:11)

    02 – Ce Sombre Crépuscule dans lequel j’ai chuté (10:27)

    03 – L’être Qui Ronge (04:51)

    04 – Le Berceau De Ma Haine (05:53)

    05 – Prisonnier Des Flots De Ma Haine (06:40)

    06 – Fuir Les Hommes

    Line-up : 

    Vikko Forest : tout

    Guest : 

    Rodion Belshevits : Batterie

    Liens : 

    https://anakreb.bandcamp.com/album/fuir-les-hommes

    https://www.facebook.com/profile.php?id=100065295108214

  • Bloody Valkyria – Kingdom in Fire (2024)

    Bloody Valkyria – Kingdom in Fire (2024)

    Genre : Black Metal symphonique et atmosphérique
    Label : indépendant
    Sortie : 6 Septembre 2024

    Note : 70/100 (WvG)

    C’étaaaait il y a fort longtemps… Nooootre histoiiiire débute avant l’ère des hooommes en Terre du Milieu… Je ne parle bien sûr pas de la Creuse mais de celle de Tolkien puisque c’est la trame qui sert de support à l’album « Kingdom in Fire » de Bloody Valkyria.
    La voix de grand-père, Castor ou Fourras, rendant plutôt mal à l’écrit, je vais vous narrer l’idée générale du one-man-band de Jere Kervinen sur un ton plus modéré de ménestrel elfique, la langue en moins. L’auteur, compositeur et interprète finlandais se base sur le Silmarillion, œuvre posthume de J.R. Tolkien parue en 1977, pour mettre en musique certains passages du pavé de fantasy dans un style Black sympho et atmo, quoi de plus cohérent – à part du folk-pagan-je-ne-sais-quoi, peut-être – pour dépeindre des plages narratives (dont certains moments posent le texte cité littéralement dans le texte de l’œuvre littéraire).
    Ce choix thématique fantasy semble annoncé par l’artwork peint avec dragons, château et chevaliers ; j’ai d’abord pensé à une référence à Glaurung, puisque Niniel est évoquée dans le titre de la seconde piste, à l’image de Melian en titre de la quatrième. Mais, avec le recul, seul l’aspect fantasy parle davantage que la référence directe au dernier écrit, publié post-mortem, de Tolkien. C’est donc un peu dommage de proposer d’entrée une pochette impersonnelle ou pas assez référencée. Après, je peux comprendre que chacun a son interprétation d’une œuvre littéraire et le peintre s’est peut-être davantage focalisé sur l’Akallabêth que la Quenta Silmarillion. Mes connaissances étant également des temps anciens et imparfaites, quoiqu’il en soit je reste incertain.


    On va se retrouver musicalement, pour situer, entre Caladan Broad pour les passages les plus folk atmo et Dimmu Borgir période « Enthrone Darkness Triumphant » pour le grain général et l’orchestration, avec des plages inspirées qui sonnent parfois comme la musique traditionnelle scandinave, tout au long de six morceaux : trois longues parties suivant l’axe du titre de l’album, allant de douze à quatorze minutes, les autres semblant servir davantage de transitions. C’est légitime quand on compose un concept album narratif mais, naturellement et imparablement, on échappe difficilement au sentiment de redite et de redondances, particulièrement dans ces les longues plages, notamment quand l’approche folk, misant beaucoup sur la répétition, entre en jeu, ce qui provoque ponctuellement de la lassitude et on finit par décrocher. Cependant, on ne sent pas perdu dans une cacophonie informe, la mélodie restant prépondérante sur l’ensemble de l’œuvre, sans pour autant négliger un équilibre avec l’aspect brut metal.
    Loin d’être désagréable à écouter, le projet semble cependant inabouti ou pas assez approfondi (ou réfléchi dans sa balance), ce qui est le principal défaut de cet album ; Jere Kervinen n’aura pas créé un nouvel Eä mais, néanmoins, à l’image des Silmarils, on lui souhaite que cet opus ne soit que le premier de trois joyaux et que les prochains soient plus brillants.

    Tracklist :

    1. Flames Upon a Bridge (Kingdom in Fire pt.1) 12:17
    2. Tears of Niniel 3:34
    3. Thousand Caves in Blood (Kingdom in Fire pt.2) 12:47
    4. Melian’s Lament 2:48
    5. Burning Citadel (Kingdom in Fire pt.3) 14:06
    6. Timeless Echo 2:40

    Line up : Jere Kervinen – Tout

    Liens :
    Bandcamp – https://bloodyvalkyria.bandcamp.com/
    Facebook – https://www.facebook.com/profile.php?id=61556958225244

  • Larve – Occultus Tenebrae (2024)

    Larve – Occultus Tenebrae (2024)

    Genre : black metal
    Label : Remparts Productions
    Sortie : 13 septembre 2024

    Note : 80 /100 (Seblack)

    One man band français, Larve a été créé en 2018 par Mathias Nagy ( Havor, feu Hyrgal). Animé par la volonté de renouer avec les racines du black metal occulte, le groupe a sorti un premier album en 2021 intitulé « Ancient Stones Old Memories ».
    Après un split sorti cet été avec Nuit Macabre sur le label Acid Vicious, Larve propose donc avec « Occultus Tenebrae» son nouvel opus, cette fois chez Remparts Productions.
    Il est porté par la volonté, toujours plus farouche, de plonger ses mains dans le terreau de l’occulte évoquant aussi bien le satanisme (sous un angle médiéval et religieux dixit la présentation Bandcamp de l’album), la possession que la nécromancie.
    Pour le réaliser Mathias Nagy a reçu le coup de main de Nicolas « Ranko » Muller à la batterie. Outre le dernier Acod, le batteur a sévi dans bien d’autres groupes et albums comme « Wolves Among the Ashes » de Svart Crown ou « Fin de Règne » de Hyrgal.
    « Occultus Tenebrae » a été enregistré, mixé et masterisé au studio de la Crypte par Clément Flandrois (leader de feu Hyrgal). Quand on ajoute que c’est Alexis Chiambretto qui a réalisé l’artwork et que lui aussi était membre de Hyrgal ,en tant que bassiste, on peut se dire que le fantôme du défunt groupe rode d’une manière ou l’autre autour cet album de Larve. On ne va pas s’en effaroucher bien au contraire. La fin de Hyrgal a laissé un grand vide, je trouve, et voir une partie de ses membres épauler Mathias Nagy dans son projet et bien… cela fait plaisir tout simplement.


    Mais laissons là cette longue présentation et l’évocation de Hyrgal car, mis à part sa rugosité et quelques motifs mélodiques qui peuvent parfois y faire penser, Larve a sa personnalité propre et a déjà bien des arguments à faire valoir.
    L’occulte on y plonge doucement avec une introduction de quelques notes et de chants monastiques lointains. L’occulte on y bascule plus vite encore avec un premier titre frénétique en diable traversé également par les même ambiances du début ce qui lui confère ce côté médiéval évoqué plus tôt.
    Le titre éponyme poursuit dans cette veine à la fois débridée et mystérieuse. Tout cela sent le cachot sombre et humide dans lequel se débattrait quelque créature possédée. D’entrée de jeu Larve démontre donc de belles dispositions pour proposer une musique rugueuse, véloce avec ce qu’il faut de mélodie et de mystère.
    Pour «Old Sorcery», on commence dans des ambiances plus lourdes avec une montée en puissance qui culmine sur le milieu du morceau avant de redescendre doucement dans les contrées plus pesantes et mystiques. Cette teinte sombre va dominer le titre suivant « Panic God ». Une atmosphère occulte omniprésente que l’on retrouvera plus encore sur « Those Who Never Sleep ». Pour clore cet album baigné de noirceur « Nocturnal Possession » opte pour un mid tempo lugubre et lancinant conclu par un emballement qui vient enfoncer le dernier clou dans le cercueil.

    Assumant autant que revendiquant son ancrage dans le black occulte du début des années 2000, ce deuxième album de Larve remplit totalement sa mission en proposant une musique âpre qui sait aussi tisser des toiles mélodiques prenantes. Les huit compositions proposées ici s’écoulent sans longueur et font de « Occultus Tenebrae » un disque appréciable et fortement apprécié pour ce qui me concerne.

    Tracklist :

    1. Introduction (02:00)
    2. Isolation (05:09)
    3. Occultus Tenebrae (04:39)
    4. Old Sorcery (04:36)
    5. Panic God (04:57)
    6. Forgotten Necromansy (05:08)
    7. Those Who Never Sleep (03:54)
    8. Nocturnal Possession (04:45)

    Line-up :

    Mathias Nagy – Tous les instruments, chant.

    Musicien de session :

    Nicolas « Ranko » Muller – Batterie.

    Liens :
    https://larvefrenchblackmetal.bandcamp.com/
    https://www.youtube.com/channel/UC_M3cO5LoOWtHzbgIvQ_JoA