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  • Guerre et pets (de l’esprit)

    Guerre et pets (de l’esprit)

    Le Metal et la guerre
    Un dossier de WvG

    À lire, partager et commenter

    Ça pue, non ? Vous ne trouvez pas ?

    Je ne parle pas d’une flatulence humide oubliée négligemment par le passager précédent de l’ascenseur mais plutôt de la situation internationale qui serait commentée en prime time par Léon Zyklone… Une sorte d’odeur de napalm au petit matin… Alors, oui, ça sent la merde… mais aussi la guerre… Les plus informés d’entre vous auront assez aisément noté la progression fulgurante de la connerie humaine depuis la dernière décennie, c’était latent et insidieux… mais le monstre commence à prendre forme. Je vais peut-être un peu loin mais l’analogie avec le déclin des civilisations précédentes est à la similitude, et comme l’Histoire se fait davantage cancel que regarder face à face avec soi-même comme un miroir de son présent, autant dire qu’on est mal barrés. Le déni, c’est quand même beau, quand c’est bien fait, hein ? Mais je vais arrêter ici, je risque de passer pour un enfant sermonneur élevé à la tradi, version Betharram, ou une folle lanceuse d’alerte quand le principal responsable a « oublié » ou « pas été averti » …

    Bref, mon propos en soi ne va pas aller sur « comment sauver le monde sans métahumain ou deus ex machina, avec de la simple intelligence collective, en 3 leçons ! (la 5 va vous étonner) » mais sur le lien ténu entre le domaine artistique qui nous concerne, le Metal donc, et la chronologie des événements, parfois de manière prémonitoire, les artistes étant souvent les Cassandre d’une société en profond mal-être qui pressentent le devenir de celle-ci, avertissent sous des biais poétiques, et tombent dans une oreille assourdie par le bruit des explosions, rafales et destructions ou, pire… du silence, du regard baissé – quand ce n’est pas le futal – et des bouches aussi closes que les portes face à la détresse. Et sans trop vouloir m’avancer – ou vous spoiler – en général, la détresse mène à la colère, la peur, la haine, la déraison… et hop, fin du game. 

    [NB : à tous celleux qui geindraient que « ouin ouin t’as oublié celle-là », c’est toujours non exhaustif… mais si vous cherchez la guerre, vous l’aurez !]

    Hot Shots! 2 (Jim Abrahams, 1993) | TALKING WADE

    Même quand on est un vilain sabotageur, on sait que « la guerre, c’est fantastique ! » Quand on est dans un genre qui se veut extrême ou, a minima, un brin provocateur ou, mieux – enfin selon le point de vue, hein… parait que tonton Adolf a « fait de bonnes choses comme les autoroutes » en plus d’être un bon peintre selon la relativité des points de vue de certains et leur notion de « détails de l’Histoire » – fasciné par le pouvoir et l’emprise de la peur qui mène au contrôle de l’esprit et, par conséquent, à la manipulation des masses bêlantes… Oui, oui, je parle du fascisme au sens le plus « noble » du terme, pas celui décrié (et revendiqué) par le premier bozo à qui on a refusé l’entrée en boîte parce qu’il était bourré et dont on a subséquemment attenté à ses libertés fondamentales…

    Le Metal, c’est du gros son, de l’artillerie lourde, du bruit qui est censé penser (pour détourner la maxime de Victor Hugo) ; rien de forcément étonnant à ce que la connexion entre Metal et guerre se fasse symbiotique, au point d’engendrer un sous-genre, dit « War Metal », aux frontières aussi floues que celles d’Israël actuellement, du moins tant que le Club Med en projet de construction sur Gaza ne sera pas dératisé, désinfecté, désinsectisé, dégazaouizé en somme. Une sorte d’euthanasie sans prépuce… Oui, d’autres se sont fait virer de France Inter pour une vanne du même genre mais du sang a coulé sous les ponts depuis… Ah non, suis-je sot : y a plus de ponts… Leurs noms vont du sobre Nuclear Blaze au plus éloquent Zyklon-B. Faut vraiment aller creuser et connaître leurs auteurs pour tracer la ligne de front entre utilisation provocatrice et adhésion, tout comme quand je fais un sarcasme tellement énorme la phrase précédente que certains assez ignares penseront que je soutiens les génocides au profit du tourisme de masse et que j’ai des actions chez Benjamin&Vacances…

    *

    « Assis à table, ils parleront des cris qu’on fait taire, ils parleront de la mort et de son pouvoir » (« Les Brutes », Trust). Fascinant, n’est-il pas… Suffisamment en tout cas pour servir de source d’inspiration, de la manière la plus soft, descriptive sans être pour autant dans l’adoration, comme « Angel of Death » de Slayer, ou bien plus dans la tendinite du coude à quarante-cinq degrés et le modus vivendi (et une fois encore, ces mous du bulbe et du gland qui rêvent de la puissance et la virilité qui leur manque tant ne provoquent en moi qu’une aversion au point de ne pas m’étaler davantage sur leur cas, qu’ils vous soient lointains ou peut-être voisins, usant de dialectes peu compris – voire bretonnants – pour vous faire adhérer à votre insu à leurs théories rances pendant que vous headbanguez). Toujours est-il que la batterie de canons est le rythme adéquat pour un « War Ensemble » paru en 1990 sur leur Seasons in the Abyss.

    Le rythme militaire, la marche au pas… ça enthousiasme… c’est exaltant… il y a quelque chose de décérébrant là-dedans, au point qu’on se complaît à ne plus réfléchir, de bon ou mauvais gré, et suivre le mouvement, jusqu’à en arriver à ce que ce moment merveilleux se mue en Purge géante : et un American Nightmare allongé pour la table 2 ! Le timbre de cette caisse claire qui résonne quand on ne raisonne plus est devenu idiomatique à un niveau tel que c’est une sorte de passage obligé dans la “protest song”, qu’elle soit francophone (le final de « Tranchées 1914 » de Misanthrope) ou anglophone (celui de Lamb of God sur « Now you’ve got Something to die for » avec sa cymbale ride digne d’une gatling au ralenti).

    On retrouve aussi cette fascination, pas que rythmique, chez Bolt Thrower avec « No Guts No Glory » ou Marduk qui a choisi une pochette de bon goût et aloi pour Panzer Division Marduk, bien que ne traitant assez peu du sujet guerrier dans son ensemble à l’exception de « Steel Inferno ». On peut même aller jusqu’à la propagande, quand un Drowning Pool fait de son « Soldiers » un hymne à aller dégommer de l’« ennemi » (avec une fois encore… devinez… oui, la caisse claire martiale !), tous fiers qu’ils sont de le jouer en « soutien moral » dans les camps en Irak et Koweït…

    Panzer division Marduk | Marduk CD | EMP

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    « Si les Ricains n’étaient pas là, vous seriez tous en Germanie » … Rigolo de voir qu’encore actuellement, les États-Unis – du moins ceux qui ont été élus à leur tête, si je puis utiliser le mot « tête » avec ces énergumènes qui semblent en manquer – usent de ces paroles éculées comme d’un argument pour oublier que sans les autres pays, eux-mêmes seraient encore Anglais, Français, Espagnols, Hollandais (oui, oui) voire… Algonquins. Toujours est-il que, comme McCain (les frites, pas l’homme politique), « c’est ceux qui en parlent le moins qui en mangent le plus » et aussi ceux qui l’ouvrent pour vomir avant que leur cortex n’ait digéré les informations (cf. justement cette deuxième GM durant laquelle ils ne seraient jamais intervenu si le Japon n’avait pas décidé de leur démontrer qu’ils n’étaient déjà pas intouchables…) Bref, cette population au goût exacerbé pour l’obésité morbide et la « liberté » d’élire le dictateur qu’ils veulent – un peu tard pour s’en rendre compte mais bon, d’ici là, la Constitution de 1776 aura été abolie donc tout va bien – sont aussi nombreux à ne pas vouloir de guerre de quelque sorte. Si le genre « Protest Song » a eu ses grandes heures pendant la guerre du Vietnam, guerre PERDUE malgré la volonté de faire oublier l’Histoire par nos comparses étasuniens, il a perduré sous diverses variantes, y compris dans le Metal qui, en général, n’a pas oublié cette cuisante défaite.

    Symptomatique d’une époque où la guerre se technologise, où la menace nucléaire est croissante, le Thrash ne va pas pouvoir passer à côté de la thématique, pas nécessairement pour encenser le match, son score et ses victimes mais comme un fait et généralement un biais de dénonciation ; Metallica s’en chargera à plusieurs occasions avec « One » (de nouveau la caisse claire militaire en introduction et la double pédale sur le pont central qui tinte comme la finesse d’une M60, quoi de mieux pour traiter du résidu de corps post-bataille et l’esprit coincé à l’intérieur et incapable d’exprimer son envie de mourir), « Battery », « Seek and Destroy » ou « Disposable Heroes ». Megadeth tiendra le sujet sur la quasi-entièreté de l’ – excellent – album Rust in Peace de 1990, ancré dans son époque dès son titre phare « Holy Wars… the Punishment due », écho aux Guerres du Golfe et toute la merde en train de se mettre en place en Arabie et qui mèneront les décennies suivantes aux attentats divers et variés au bodycount relatif à « qui a la meilleure raison d’aller envahir pour « venger » ses propres morts » (en France on n’est pas les meilleurs à ce jeu mais on est pas mal quand même, particulièrement le très grand cru 2015).

    Parmi les moins connus, on trouve également des Dark Angel et l’angoisse de l’usage de LA bombe – ironique quand on sait qui l’a testé et approuvé par le passé, coucou le champi japonais – avec « Falling from the Sky », intégrant le sample devenu classique de la sirène annonçant la venue du « destructeur des mondes » atomique, ou Exodus qui aborde l’endoctrinement de type « in the name of » dans la chanson « War is my Shepherd », quand Testament est moins rentre-dedans mais le fait en sous-texte dans « Shades of War ».

    *

    Tels des Grégory Lemarchal mais en moins morts, les « Américains » sont fiers de leur histoire et aiment bien l’écrire dans leur mémoire… parfois la réécrire mais on ne va s’attarder ici que sur la fierté en oubliant ce qui est davantage condamnable.

    On va commencer par ceux TRÈS fiers de leur Histoire… au point de vouloir la changer en investissant le Capitole quand bien brainwashé par un rouquin dopé au bêta-carotène : Iced Earth. De « Gettysburg » à « Hold at all Costs », le groupe qui se contentait de jouer les narrateurs (très) partiaux et faire du Power Metal a fini par traverser la limite de l’observateur à l’acteur… « Distinguer l’œuvre de l’artiste… oui, je sais… le mantra… inspire, expire… » Pour ne pas oublier que ce groupe a avant tout eu sa place dans la musique, quitte à n’être que des propagandistes, mais aussi pour que l’Histoire se rappelle de tout leur CV un peu trop « patriote » (on parle de la notion un peu plus bas), voici donc le premier de ces deux morceaux dans sa version longue :

    « What we’ve got here is failure to communicate. Some men you just can’t reach. So you get what we had here last week, which is the way he wants it. Well, he gets it. And I don’t like it any more than you, men. » Quoi de mieux pour continuer ce speech que d’évoquer un morceau qui est désespérément d’actualité, via l’échec de la communication, « Civil War » des Guns N’ Roses ? Si vous n’avez pas encore jeté un œil au film éponyme d’Alex Garland, faites-le : on y vient, c’est très proche… Mais revenons à la chanson des Guns, qui débute par le thème « When Johnny comes marching Home » habituellement joué à la flûte et qui sonne comme le chant des sirènes d’un joueur de Hamelin menant les rats à sauter du haut de la falaise (vous pouvez entendre ce même thème très clairement dans le film Die hard with a Vengeance). Si j’avais pu sortir des clous et taper dans du U2 (nom choisi en référence au bombardier qui s’est fait cramer à survoler les lignes russes pendant la Guerre Froide, en 1962) et leurs diverses chansons aux thématiques internes ou externes à l’Irlande, c’est comme si le mot « War » faisait partie du génome étasunien, eux-mêmes en proie à leur Histoire et celles à venir. On ne va pas parler plus longtemps des guerres internes ou intestines… Je ne suis ni votre psy ni votre gastroentérologue, bande de dégénérés – c’est ce que dit la société quand vous n’êtes pas « normal » … Bon, c’est aussi ce terme qui a justifié l’antisémitisme dès le début du XXème siècle avec des compositeurs comme Schönberg, Berg et Webern… Non, on ne va parler que des vraies, passées, présentes ou… à venir…

    Tous ne vont pas glorifier le fait de massacrer ses congénères, fort heureusement… Sinon on arguerait une fois de plus que le Metal est la mère (ou le père, hein…) de tous les vices, incitant les plus faibles d’esprit – du moins ceux encore plus que les autres – à dézinguer son prochain, respectant de fait le Livre sacré qu’ils prônent comme un exemple à suivre et dans lequel ce conte narre qu’il est inscrit sur une plaque de marbre un des Commandements énonçant « tu ne tueras point ». Savatage par exemple (de retour en 2025 d’ailleurs, profitez-en, c’est du bon !) ne se prive pas de ne pas faire de métaphores ou de sous-entendus ; « Of Rage and War » sur le Gutter Ballet de 1989 dit les termes : la guerre, ça tue ! Tout comme Shadows Fall sur le simplement nommé « War », qui évoque l’impossibilité de changement sans réflexion préalable. De leur côté, Alice in Chains tape sans souci sur les conséquences de la guerre du Vietnam et l’engagement « pour la patrie » avec le titre « Rooster », référence au nom donné à la mitrailleuse américaine qui sera ensuite associé au père du chanteur Jerry Cantrell, un de ceux qui n’appréciaient pas plus que ça l’odeur du napalm au petit-déjeuner.

    *

    « Engagez-vous… Rengagez-vous, qu’ils disaient ! » Restons un peu dans le côté historique de la chose. Imparablement on trouvera chez les métalleux des narrateurs ou conteurs de l’Histoire. Si ça peut servir d’outil de propagande pour certains évoqués plus haut, le ton devient plus neutre chez cette catégorie… Quoique… Quand Iron Maiden propose un « 2 Minutes to Midnight » traitant de la Doomsday Clock, métaphore géopolitique et géostratégique de la probabilité d’une guerre nucléaire et totale en fonction du degré d’agression, le propos est tenu et soutenu par une des plus belles punchlines après le « Let Freedom ring with a shotgun blast » des plus ironiques de Machine Head sur « Davidian ».

    En effet, je vais entamer ce paragraphe avec Iron Maiden et CE morceau précisément, particulièrement à cause de la puissance de cette phrase, une de celles qui mériteraient d’être gravées par les survivants d’une apocalypse atomique : « Blood is Freedom’s stain », une problématique que ceux qui enclenchent les guerres oublient assez/trop souvent. Remarque, quand t’envoies les autres la faire à ta place pour ton bénéfice, qu’est-ce que t’en aurais à foutre ? Il va de soi que je pourrais poser ici nombre de chansons du quintette (puis sextette, aussi appelé “69”) anglais mais on peut se contenter de « Aces High » avec le discours de Churchill, « The Trooper » qui revient à la Guerre de Sécession évoquée plus haut avec un point de vue nettement moins neutre de la part d’Iced Earth, ou encore « Afraid to shoot Strangers » qui tombe en plein pendant la seconde Guerre du Golfe.

    Difficile de passer à côté des conteurs de la Guerre sans parler de Sabaton AKA Mano-second-war (dont j’aurais également pu parler en long en large et en travers sur cette thématique tellement le simple champ lexical y fait constamment référence, le fameux Manowar Lyrics Generator), puisque c’est leur fond de commerce, devenu cliché au point que le feat. avec Nanowar (of Steel) – oui, je recoupe les noms et les articles, cf. un de mes précédents – joue sur celui-ci avec dérision pour commenter un match de foot comme une glorieuse bataille. Faut dire que le sujet est, malheureusement, tellement vaste que même leurs douze albums ne suffisent et ne suffiront jamais à en faire le tour, depuis Primo Victoria jusqu’à Heroes of the Great War… Malgré le côté historien des Suédois, le parti pris est quand même présent et la punchline aussi.

    C’est d’ailleurs sur la présence de cette punchline que je vais continuer mon propos. Puisque quand Avenged Sevenfold fait le descriptif du front dans « Danger Line » (et de nouveau la caisse claire en introduction et le thème d’inspiration militaire siffloté dans l’outro), le « Nothing shocks you like a bullet » est assez impitoyable et brutal, tout comme cette litanie martelée « Who has won ? », sorte de ritournelle dans le « A Farewell to Arms » de Machine Head qui suit la mélopée introductive sur un morceau de dix minutes.

    *

    « Si vis pacem para bellum » … Si tu veux la paix, prépare la guerre ; locution attribuée à Végèce, auteur du Epitomia rei militaris au IVe siècle E.C.

    Le risque quand on s’attaque à ce type de laïus et de thématique, c’est de tomber dans le sempiternel discours de Miss France « la guerre, c’est mal » ou « les méchants, y sont pas gentils » … Le pathos, la dichotomie du manichéisme pur et dur. Disons que j’ai un point de vue assez éloigné – et misanthrope – basé sur le principe même d’autodestruction de l’espèce humaine, guidée par son aveuglement et son endoctrinement. Et à défaut d’aller loller sur vos tombes, je cracherais davantage à la gueule de ceux qui ont l’hypocrisie et l’outrecuidance de graver au sommet d’une épitaphe : « La patrie reconnaissante » ou « Mort pour la patrie » … Mon cul doit être en acier trempé : la « patrie » s’en fout de toi, tu es mort pour des intérêts qui te dépassent allègrement et, si vraiment elle était reconnaissante, d’une part tu ne serais pas oublié, d’autre part tu ne serais pas récupéré par des orateurs suffisamment bons pour faire oublier le passé quand ça les arrange, et pour finir il n’y aurait plus de guerre, puisqu’on aurait tiré les leçons de ce dit passé… Étonnamment, que dalle, “c’est l’histoiiiiire de la mort, le cycle éééééterneeeeel…” D’autant que ces mêmes burineurs seront les derniers sur le champ de bataille, marchant sur ton cadavre pour venir se serrer la paluche une fois le nettoyage fait en amont. « Pour élever un cénotaphe, il faut choisir un million de victimes » dit un Richard Burton misanthrope atteint – j’utilise ce terme comme sa propre interprétation d’une malédiction qui finalement lui sert à démontrer sa vision de la nature humaine – de télékinésie dans le film La grande Menace ; le sarcasme de ce personnage vient parfaitement illustrer le cynisme de la situation : quand tu te prends une bombe sur la tronche et que t’as rien demandé à personne, est-ce que toi aussi tu es « mort pour la patrie » ?

    Pour aller dans le sens de cette ironie, poser ici un « B.Y.O.B » de System of a Down parait le bon moment tant les paroles et le rythme sautillant – si l’on s’extrait de celui des bottes, introductif, qui est un « mauvais réveil » pour Balavoine dans son « Soulève-moi » – vont en adéquation avec le ton, ironiques dans leur numéro de duettistes : « Everybody’s going to the party/Have a real good time/Dancin’ in the desert/Blowin’ up the sunshine » ; la grande éclate, trop d’la bombe, en somme… une sorte de pendant au « On va tous crever, y a la fin du monde qui nous guette et nous, on fait la fête » de Didier Super. Après tout, Vaut mieux en rire que de s’en foutre

    Mais allons plutôt du côté très protest, avec ceux qui taillent davantage qu’ils ne vénèrent, ou essayent tant que faire se peut de tabler sur un prosélytisme pacifique plutôt que belliqueux. Parlons donc de ces « ennemis du patriotisme » et du war business, salauds de pacifistes, va !

    C’est cool, la guerre, hein ? La boucherie et l’équarrissage, ça vous tente ? Alors essayez déjà de le faire en vrai sur des animaux et vous aurez un avant-goût de la version sur les humains. Mais bon, on vous vend de l’honneur et de la gloire, jusqu’à les exploiter dans les titres des jeux vidéo… Judas Priest évoque ce biais, non des jeux vidéo mais de l’image fallacieuse de la renommée incrustée par des leaders sans scrupule(s) pour la Vie, du « héros de guerre » … avec « One Shot at Glory », morceau qui termine son propos par un fataliste « I still hear the battle cry/I still see the banners fly ». Dream Theater martèle mot à mot cette phrase « It’s time to make a change/Time… for… change… » qui semble ne pas rentrer en tête aussi facilement qu’une bastos de kalachnikov dans leur titre « Prophets of War ».

    Les pires sont ceux qui vous laissent de l’espoir… Qui n’a pas déjà fredonné le sifflement de Klaus Meine ou même le refrain aux harmonies si parfaites qu’on croirait n’entendre qu’une seule voix de cette même chanson « Wind of Change » paru sur Crazy World, un titre si adéquat, de Scorpions en 1990 ? Faut dire que la Guerre Froide touchait à sa fin après la chute du mur de Berlin… Et tant qu’à parler de murs, parlons d’Israël – fallait bien, à un moment – puisque la leçon allemande n’a pas servi à l’Histoire qui se répète en génocides… mais je préfère m’attarder sur des gens un peu moins cons, comme Orphaned Land, groupe qui tient en son sein des Israéliens et Palestiniens, chose peu aisée tant les deux peuples ont des comptes à régler… Leur espoir tient en une simple mélodie mêlant les deux cultures musicales : « Let the Truce be known ».

    *

    Je n’aurai évidemment pas pu faire le tour du sujet, tout comme je l’avais annoncé en préambule, une guerre débutant quand une précédente s’achève et laissant tant d’opportunités d’en faire une chanson apologue ou contestataire, le tout sans m’éloigner du genre Metal bien sûr. On aurait pu aborder les mots de Max Cavalera, que ce soit dans Sepultura (« Territory », « Refuse/Resist »), Nailbomb (tout l’album) ou Soulfly (album éponyme), mais aussi Kataklysm (« Face the Face of War ») ou Death (« Left to die »). J’aurais même pu évoquer FT-17 (« Assaut au bout de la Tranchée du Diable ») ou Wormfood (« Ordre de mobilisation générale ») pour parler un peu des Français … Mais… Rappelez-vous quoi qu’il en soit que ces morceaux, s’ils n’ont pas le fin mot, peuvent influencer et que les discours de haine de son prochain attisent quand ceux plus raisonnés et raisonnables font peur et ont toujours fait peur aux dirigeants, ceux que vous choisissez et/ou auxquels vous choisissez d’obéir ; rappelez-vous qu’un « Déserteur » de Boris Vian a été censuré parce qu’il incitait à ne pas aller buter son voisin… « La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. » (Paul Valery)

  • Live Report – Rituel Noir 2025

    Live Report – Rituel Noir 2025

    Ferme du Boudiguen (Querrien, 29)
    Les Acteurs de l’Ombre Productions
    Les 1er, 2 et 3 mai 2025

    Texte : Seb D et Bruno Guézennec
    Photos : Mémé Migou et Seb D
    Vidéos : Bruno Guézennec et Once Upon a Live

    Entre 2016 et 2019, une poignée de privilégiés a eu la chance de participer à un événement hors du temps et à mille lieues de tout ce qui pouvait se faire ailleurs : Les Feux de Beltane.

    Ce rassemblement, mêlant culture païenne et musiques extrêmes dans un cadre bucolique, avait laissé ses aficionados orphelins lorsque ses géniteurs décidèrent de mettre fin au projet après quatre éditions.

    Le 18 décembre dernier, c’est avec des étoiles plein les yeux que l’on a pu découvrir, sur la page Facebook du label Les Acteurs de l’Ombre Productions, un post annonçant la naissance de Rituel Noir. Un week-end de rassemblement interculturel et musical à la ferme, à Querrien. Tiens, tiens, ça me fait fortement penser à quelque chose. Ne serait-ce pas le petit frère des Feux de Beltane ?

    Je vous propose de me suivre afin de vous conter au mieux le déroulement de ces trois jours.

    Jeudi 1er mai 2025

                C’est avec une impatience non feinte que nous rallions le lieu des festivités pour la soirée préambule avant le début du festival le lendemain. Au programme : la présentation du jeu « Mal Ardent » (jeu de rôles) ainsi que trois concerts, histoire de se mettre tranquillement en jambe. Nous arrivons sur place vers 19h. L’entrée du site est constituée d’un stand où l’on se fait poser le bracelet, d’une palissade et d’un accès surplombé d’une inscription « Rituel Noir » ainsi que du symbole du label Les Acteurs de l’Ombre, le tout fait de bois, zinc, crânes, toiles, feuilles et mousse. Une fois le bracelet au poignet, nous nous engouffrons dans le petit tunnel servant d’entrée, tel un sas nous faisant passer du monde réel vers une bulle de plaisir auditif et de bonheur convivial.

                Connaissant déjà très bien l’endroit, je fais faire le tour à ma femme et l’ami qui m’accompagne. Sur notre droite, les food trucks (crêpes et burgers) et à gauche, le point névralgique : le bar. Au fond trône la magnifique grange en bois qui fera office de salle de concert. À sa gauche, le market où l’on peut trouver divers stands de merchandising (LADLO, Antiq Label, Transcendance, Les Éditions des Flammes Noires ainsi qu’un espace de merch pour les groupes jouant durant le week-end). Sur la droite de la grange, en contrebas, un espace de verdure où une imposante structure en bois attire inévitablement l’œil, un cromlech et tout en bas du terrain, un mini-village viking.

    Nous croisons rapidement et serrons la main au maître des lieux : Vincent (aka Couille de Loup), le remerciant par la même occasion de nous accueillir durant ce week-end organisé conjointement avec le label Les Acteurs de l’Ombre Productions.

                Ce petit tour du propriétaire nous ayant donné grand soif, c’est d’un pas assuré que nous nous dirigeons vers le bar afin de nous hydrater. Un large choix de breuvages houblonnés et de softs nous est proposé. En effet, les brasseries Couille de Loup, Ouroboros et Blast n’ Beer vont régaler nos gosiers. Une fois la pinte en main, nous nous attablons et commençons à discuter de choses et d’autres, oubliant un instant que le premier concert va bientôt commencer. Un des gars de l’organisation sort les participants de leur oisiveté en signalant qu’il y a des concerts ce soir et en nous invitant à rejoindre la grange.

                C’est à Ǥứŕū (Guru) que revient la lourde tâche de donner le top départ à ces trois jours de décibels noirs. Le groupe breton va permettre au public de se mettre gentiment dans le bain avec un mélange audacieux de Doom et de Black Metal. N’ayant volontairement pas écouté ni fait de recherches sur les groupes que je ne connaissais pas encore, histoire de garder la surprise, je trouve que le chanteur ressemble énormément à Jerry, le leader des Chants de Nihil. Normal, c’est lui ! Dans ce nouveau projet, il laisse la guitare de côté et va devoir occuper la scène sans pouvoir se cacher derrière son instrument de prédilection. Et il s’en sort formidablement bien le bougre ! Fort d’un charisme naturel, il capte tous les regards, aidé par diverses tenues et accessoires (cane avec un crâne à son sommet, fouet pour se flageller, faux intestin sanguinolent autour du cou ou pancarte flanquée du mot « hourra »). Certains pourraient trouver ça too much par moment mais au moins il se passe quelque chose sur scène. Et la musique dans tout ça ? Et bien ça fonctionne complètement car le set est bien en place. Les musiciens nous offrent un équilibre parfait entre la noirceur du Black et la chape de plomb propre au Doom. Le chant de Jerry magnifie le tout tant sa performance vocale est habitée. Une très belle découverte et un groupe dont on n’a pas fini d’entendre parler.

    Lien vidéo Ǥứŕū :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

                Petite pause d’une demi-heure durant laquelle la grange se referme afin de permettre à la formation suivante de se mettre en place et de faire les derniers réglages. Cela nous laisse du temps pour aller hydrater nos gosiers desséchés. Je ne m’éloigne pas trop de l’espace concert car dire que j’apprécie la formation suivante relève du doux euphémisme. Lorsque les portes s’ouvrent, je fonce me placer au premier rang. J’ai eu un énorme coup de cœur lors de la découverte de Black Bile avec leur album « l’Oratoire ». Ce soir, c’est la quatrième fois que je les vois en un an. Et je peux aisément attester que les progrès faits par les Lorientais en termes de prestation live est impressionnant. Le set est carré et leur association de Doom et de Post Metal va instantanément me faire décoller pour ne me faire regagner le sol qu’à la toute dernière note de ces cinquante minutes d’un voyage émotionnel fort. Le chant de Romane appuie les nuances musicales tantôt en y mettant de la douceur, tantôt en poussant des cris torturés dont elle seule a le secret. Peu de groupes sont capables de transporter une assistance à ce point en lui donnant des frissons à de multiples reprises. Un des meilleurs concerts du week-end.

    Lien vidéo BLACK BILE :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

                   Corpus Diavolis prend le relais pour 1h d’un set Black / Death Metal occulte. Les lumières rouges et les deux chandeliers trônant de chaque côté de la scène installent une ambiance mystique. Les musiciens virtuoses nous servent une musique violente mais pas bourrine. Alternant moment rageur et instant plus posé permettant au chanteur de déclamer sa prose luciférienne à un public qui n’attend que ça. Malheureusement, je ne saurai expliquer pourquoi je ne rentre pas dans le set ; peut-être est-ce dû à la claque reçue sur le concert précédent ou l’absence d’une seconde guitare qui aurait permis d’apporter plus d’ampleur à l’ensemble en lui donnant un effet rouleau compresseur. Pas un mauvais moment, loin de là. C’est juste moi qui n’ai pas été conquis.

    Lien vidéo CORPUS DIAVOLIS :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    Ce préambule a tenu toutes ses promesses. Il est temps de rejoindre nos pénates afin d’être en forme demain pour le début du rituel.

    Vendredi 2 mai 2025

    Afin d’éviter toute incompréhension de la part de certains groupes, il me semble important de préciser que notre photographe maison n’était présente que ce jour-là. 

    Mémé Migou n’étant présente que ce jour-là, seuls les groupes du vendredi seront shootés.

    Pour cette première vraie journée, le site ouvre ses portes à 10h30. De notre côté, nous n’arrivons sur place qu’à 14h20. Ratant la diffusion du documentaire « Que ton règne vienne : une histoire du satanisme en France », la présentation du jeu « Mal Ardent » et la première salve de contes de l’excellent Quentin Foureau. À cette heure-là, Versatile, récemment signé chez Les Acteurs de l’Ombre, envoie déjà des décibels dans la grange avec son mélange de Black Metal et d’Indus à grand renfort de beats électro. Un mariage musical qui divise, faisant fuir les plus « true » mais qui réjouit la frange du public la plus ouverte. Le spectacle n’est pas qu’auditif, il se passe aussi sur les planches : maquillages, masques et costumes étudiés contribuent à se plonger dans l’univers du groupe. Pour le final, le batteur rejoint ses compères sur le devant de la scène suivant le beat sur un tonneau et enflammant ses mailloches pour un effet visuel garanti. La très belle découverte de cette édition.

    Lien vidéo VERSATILE :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

                Il n’y a pas plus de cinq groupes sur chaque journée. Entre chaque concert, les pauses peuvent s’étaler entre une et trois heures, ce qui laisse le temps de faire connaissance avec de nouvelles personnes ou de tailler le bout de gras avec les amis présents. C’est très agréable de pouvoir profiter de l’instant. Cela nous change des festivals où les concerts s’enchaînent sans interruption où il faut galoper de scène en scène tel un marathonien. Mais pour celles et ceux qui veulent faire autre chose, l’orga a tout prévu. Durant ces moments de calme, il y a toujours une animation au niveau de l’espace herbeux. Les activités alternent selon les heures : combat armé, duel judiciaire, contes, cérémonies vikings, luttes vikings…

    Pour le prochain groupe, Räum, je dois avouer que je n’ai pas accroché du tout. Je précise tout de suite qu’il ne s’agit que de mon avis personnel. Je n’ai pas le monopole du bon goût, ça se saurait ! Dès l’entame du set, je bloque sur l’attitude scénique du chanteur très proche du Hardcore. Je trouve que ça ne colle pas avec la musique. Je reste dans la grange le temps de deux titres puis me mets à l’extérieur pour voir si, sans le visuel, ça passe mieux. Mais non, rien à faire. Au-delà de l’aspect scénique, je n’apprécie pas non plus le chant. Pour en avoir discuté avec plusieurs personnes, certaines ont eu le même blocage que moi là où d’autres trouvent le set très bon. Comme quoi, les goûts et les couleurs…

    Malgré ça, si l’occasion m’est donnée de revoir le groupe en live, je leur donnerai une seconde chance car on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. Ce ne serait pas la première fois.

    Lien vidéo RÄUM :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

                Arrive ensuite le tour de Miasmes qui s’est greffé à l’affiche afin de remplacer A/Oratos. Et on sait déjà d’avance qu’on va se prendre une bonne branlée tant le Black Metal du groupe, mâtiné de touches Death Metal, est d’une efficacité redoutable. Le trio nous déroule un set où le seul mot d’ordre est : violence. Si Mötörhead avait démarré sa carrière fin 90-début 2000 et qu’il avait été biberonné au Metal Extrême, il se serait appelé Miasmes. Ça tabasse sévère et je kiffe grave. À tel point que l’heure allouée au groupe passe à vitesse grand V et que j’en aurais bien repris vingt minutes de plus. À revoir d’urgence !

    Lien vidéo MIASMES :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

                C’est le moment de la grande pause du jour. Il est 18h40 et le prochain groupe ne commence qu’à 21h45. Nous décidons donc de quitter les lieux pour aller se faire un petit resto.

                Nous revenons bien assez tôt pour assister à la fin de la cérémonie viking Beltane et nous placer dans la grange pour la suite du régal auditif. Une ambiance étrangement calme règne en ces lieux. Un silence quasi religieux… Les enceintes diffusent le « Jesus’ Blood Never Failed Me Yet » de Gavin Bryars ce qui instaure une atmosphère apaisante. Cela contraste vite avec la violence épileptique que les Belges de Wiegedood nous balance dans la figure et les oreilles lors d’un show de Black Metal sans concession aussi bien au niveau musical que des lights. Le trio, en véritable bâtisseur d’un mur du son, impressionne par son intensité. Je quitte la salle pour mieux apprécier de l’extérieur car en milieu de set, le caisson de basse est beaucoup trop fort et étouffe un peu les autres instruments. Un ami placé tout devant me dira que les retours posés sur le caisson avançaient et reculaient tout seuls, un finissant même sur la scène avec les vibrations. Un groupe bluffant ! L’heure de pause qui suit sera la bienvenue pour nous remettre de nos émotions et nous mettre à l’abri car une petite pluie s’invite au programme et nous fera rater les contes au coin du feu.

    Lien vidéo WIEGEDOOD :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

                Vient le moment de la tête d’affiche. Alors, oui, certains vont râler : « encore un groupe de Black à capuches », « encore un groupe de Black Mélodique comme il en existe des centaines ». Ce n’est pas totalement faux car il est vrai que les Allemands de Groza ne jouent pas la carte de l’originalité en surfant sur cette mouvance très « à la mode » en ce moment. On fait inévitablement le rapprochement avec des groupes comme Gaerea ou Harakiri For The Sky. On peut dire tout ce qu’on veut : qu’on aime ou pas, la formation nous délivre un show ultra carré doté d’un des meilleurs sons (si ce n’est pas le meilleur) de tout le week-end permettant une immersion totale dans leur univers misanthropique et nihiliste. Ils m’ont cueilli et fait voyager durant l’heure qui leur a été allouée. Un des meilleurs concerts de ce Rituel noir.

    Lien vidéo GROZA :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    Samedi 3 mai 2025

    C’est sous un soleil et une chaleur estivale que débute cette dernière journée. Nous nous posons dans l’herbe face au cromlech pour écouter Quentin Foureau qui va nous régaler avec trois contes.

    Lien vidéo Qunetin Foureau :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    Début des concerts avec les Bretons des Chants de Nihil. Les ayant déjà vus à de nombreuses reprises, je sais d’avance que nous allons passer un bon moment tant ils sont efficaces en live. La formation met en avant son album « Armor » afin de marquer les dix ans de sa sortie dans les bacs. Mais elle n’en oublie pas pour autant ses titres les plus percutants de son dernier album en date tel Le tyran et l’esthète et Ma doctrine, ta vanité devenus des indéboulonnables des setlists. J’avoue qu’un « Dame silence » m’aurait fait plaisir mais c’est juste pour émettre une petite critique (pas objective du tout car c’est mon titre préféré) sur un concert très bon de bout en bout. Je trouve le public assez timide durant la prestation. Peut-être dû à la courte nuit (excès de tartines de houblons ?) ou au soleil qui cogne dur.

    Lien vidéo LES CHANTS DE NIHIL :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    Après l’heure de pause, ce sont les Niçois de Darkenhöld qui prennent la scène d’assaut. À un peu plus d’un mois de la sortie de son nouvel album Le Fléau du rocher, le groupe nous fait l’honneur de proposer trois nouveaux titres qui passent facilement l’épreuve du live. Cervantes et sa troupe nous régalent durant cinquante minutes avec leur Black Metal Médiéval qui fait toujours autant mouche. Pour le final, ils font intervenir Quentin Foureau afin d’enrichir un des morceaux de sa verve légendaire. Et cela n’est pas anodin car le conteur a une place de choix sur ce nouvel opus. En effet, l’édition limitée dudit disque contient un livre intitulé Le conte du rocher ainsi qu’un CD ou vous retrouvez la voix du conteur durant quarante-cinq minutes.

    Lien vidéo DARKENHÖLD :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    La suite se passe avec Borgne et le démarrage du set ne va pas se passer comme prévu ; on devine tout de suite que quelque chose ne tourne pas rond au vu des regards que s’échangent les musiciens, jusqu’à ce que le leader, Bornyhake, fasse signe de tout stopper. Il semble que la boîte à rythmes, socle de la musique de la formation, n’est pas audible dans les retours. L’incident est vite réglé et le show peut reprendre instantanément comme si rien ne s’était passé. Le son est massif et met parfaitement en valeur leur Black Metal Industriel froid qui flirte avec la dépression. Une musique ne laissant pas de marbre doublée d’un impact visuel fort. Les musiciens étant recouverts de maquillage noir et de sang. Le guitariste Ombra (dixit Metal Archives) lance des regards aux yeux écarquillés au public comme si une folie passagère venait lui chatouiller le cerveau. Un concert parfait !

    Lien vidéo BORGNE :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    Les deux heures de repos qui suivent seront l’occasion de se restaurer et de faire bon usage du jeton qui nous a été remis le premier jour lors de la pose du bracelet. Celui-ci nous donne droit à une dégustation d’hydromel au chaudron. Késaco ? Une boisson fermentée à base d’eau et de miel chauffée au feu de bois dans un chaudron et servie à la louche dans notre gobelet. On se partagera un fond de verre à trois car on conduit ce soir. Une curiosité sympathique mais je n’en boirais pas des litres.

    Omegaeternum fait partie des groupes les plus attendus de ce week-end. L’affluence présente pour ce show ne fait que confirmer cette impression. Il faut dire que le line-up a de quoi faire rêver : Sorghal (chant, guitare) et Arawn (guitare), tous deux issus des cultissimes Nehëmah, ainsi que de ÖberKommander666 (basse, chant) et de Sistre (batteur) membres du groupe Les Chants de Nihil. Ici, les corpse paint et les bracelets à clous sont de rigueur dans la plus pure tradition Black Metal. La musique est sauvage et rageuse mais la formation a savamment intégré des passages plus posés permettant au public de souffler avant de se reprendre une nouvelle déflagration violente en pleine face. L’audience extatique assiste religieusement au spectacle. Sans conteste, le meilleur concert du week-end.

    Lien vidéo OMEGAETERNUM :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    La foule migre en masse vers la grosse structure en bois où un périmètre de sécurité a été mis en place tout autour. D’ici quelques minutes, elle sera la proie des flammes. Un petit cortège, parmi lesquels on peut reconnaître des membres de l’orga et des musiciens, arrive progressivement, torches enflammées en main, afin de commettre ce méfait. Quentin Foureau raconte ses dernières histoires pendant que le feu commence à lécher l’édifice. Les flammes se propagent vite et montent très haut dans le ciel de cette nuit noire sous les cris et applaudissements de l’assistance. Effet garanti ! Ce spectacle visuel rappelle une époque au début des années 90, où des églises brûlaient en Norvège.

    Lien vidéo Grand feu :

    Crédit vidéo : Once Upon a Live

    Pour ma part, c’est le clap de fin de ce week-end qui a fait office de rampe de lancement de la saison des festivals. Et il n’y aurait pas pu avoir de meilleurs événements pour la démarrer. Je laisse donc la plume à Bruno pour parler du dernier groupe.

    Si c’est une formation suisse, Versatile, qui a eu l’honneur d’ouvrir la journée du vendredi, c’est un autre groupe helvète qui a eu le privilège de clôturer la soirée du samedi et le festival par la même occasion : Bølzer.

    Duo emmené par le guitariste/chanteur Okoi « KzR » Jones et sa drôle de guitare avec sept tirants sur le haut de la tête et quatre tirants dans le bas, ce qui fait tout de même un beau paquet de cordes, les quatre du bas étant doublées.

    L’autre protagoniste, Fabian « HzR » Wyrsch s’occupe de la batterie, et son passe-temps favori semble être de taper très fort pour desserrer les pieds de cymbales ou de micros, ce qui obligera le technicien à intervenir au moins cinq ou six fois durant le concert pour remettre tout cela en place.

    Grosse débauche d’énergie pendant l’heure qui était dévolue au groupe car, en dehors de quelques intros, le public s’est pris un déluge de décibels en pleine face. Intense, par moment dissonant, le chant puissant de KzR ne faisant qu’appuyer l’impression que dégage le Black/Death Metal de la formation : c’est du compact !

    Pour ce qui est des lights, un bleu profond était de mise durant la quasi totalité de la performance. Le duo n’étant pas là pour faire joli mais pour provoquer l’inquiétude, ce n’est pas la déclamation habitée de KzR durant le titre “Aestivation” qui arrangera les choses. Le chanteur gratifiera les spectateurs de quelques mots en français, on salue l’effort, et repartira bien trop vite au goût d’un public qui aurait bien pris dix minutes supplémentaires.

    Lien vidéo BØLZER :

    Crédit vidéo : Bruno Guézennec

    Ce Rituel Noir a tenu toutes ses promesses. Agissant comme une piqûre de rappel pour les nostalgiques des Feux de Beltane et faisant de nouveaux adeptes venus pour la toute première fois en ces lieux. Un grand merci à Gérald Milani, aux Acteurs de l’Ombre ainsi qu’à Vincent pour l’organisation de cet excellent week-end et leur accueil. Merci également à tous les bénévoles ayant œuvré pour le bon déroulement de celui-ci. Ils nous ont permis de vivre dans une petite bulle de bonheur, loin des tracas du quotidien, pendant trois magnifiques journées. Il ne reste plus qu’à espérer que ce Rituel Noir s’installe dans la durée avec une nouvelle édition dès l’année prochaine. On va croiser les doigts très fort !

  • Mortiferoth – … To The Abyss 

    Mortiferoth – … To The Abyss 

    Genre : Death Metal
    Label : Hail Shitar Records / Nihilistic Holocaust

    Sortie : 1er Novembre 2023

    Note : 75/100 Robin le contrit

    J’arrête pas de m’interroger sur la musique et sur le Death Metal, sa place dans ma vie, son paradoxe : une sécurité et un chaos grimé d’incertitudes.

    Du temps ou j’étais jeune, entre deux compositions des Pixies et de Muse, survinrent dans mon mp3 Nasum, Benighted, Morbid Angel, Decapitated et Mortician. Oui, c’était pêle-mêle, sans hiérarchie. A l’époque je distinguais assez mal les différences entre ces genres variés (à part les éléments les plus évidents). Mais ce dont je me souviens très précisément, c’est cette sorte de soulagement lorsque les guitares saturées étaient présentes, ce son agressif mais cajoleur, cette batterie surpuissante, sans mesures ou nuances dans l’occupation de l’espace sonore… Tout cela je l’adorais et je me disais « ah ouais, putain, y a pas photo, le reste c’est vraiment tellement moins important pour moi… »

    J’ai donc toujours eu plus d’indulgence pendant longtemps pour les groupes de Metal extrême : j’ai toujours trouvé que quel que soit le niveau, quelle que soit l’audace, l’inventivité, qu’il y en ait ou pas, je défendrais fièrement et avec pugnacité chaque putain de groupe de Metal extrême qui subirait l’affront d’une critique par des personnes qui se croiraient en position de juger les goûts des autres et l’intensité artistique des œuvres.

    J’ai changé.

    Aujourd’hui me voilà, regardant avec sévérité chaque groupe de Metal extrême qui passe à ma portée… Même mon groupe n’y échappe pas ; notre premier album, je ne supporte plus ce son de guitare noyé derrière la batterie. Je juge, je critique, je juge ceux qui jugent que tout est génial dès que ça grésille, dès qu’il y a un solo pas trop mal branlé, une imagerie bien « iveul » !

    Je juge je juge je jugejugejegejugejujuegjuegjuejeugjeugjeugjeugjeugjeugjeu

    Gnéééééé

    La spirale infernale m’a happé, celle qui te fait dévaler les escaliers de la dévaluation de soi et des autres ; au point que toutes réflexions et pensées sont mues par une telle peur de la médiocrité et donc d’être médiocre, que ça en devient absurde. Tu n’envoies plus que des signes de “oh mon dieu j’ai peur !”. Se démarquer, être au-dessus, ne pas s’extasier, ne pas s’impressionner, montrer l’expérience, montrer la connaissance, montrer, paraître, sembler, semblant, creuser, chutant.

    J’en suis revenu, évidemment. La vie, l’expérience de la vie en plus de celle musicale, m’a rendu meilleur, je crois… En tous les cas, j’ai voulu élaborer mes propres critères, qu’ils soient semblables aux autres tant mieux, tant pis. Le commun ne me fait pas peur et je ne l’associe plus à la médiocrité. L’originalité ne me fait plus peur et je l’admire quand un-e autre le-la détient, je ne lui cours plus après : je suis un médiocre avec des fulgurances. Comme toi.

    Mais, vous allez me dire : quel est le rapport avec le CD de ce groupe ?…

    Vous ne le voyez pas, le rapport… Vraiment ?

    Vous n’entendez pas ce son grésillant, lourd, et en même temps, permettant de tout bien entendre… ???

    Vous ne les entendez pas, ces riffs Death Metal mais diversifiés, élaborés sans être à étudier, efficaces sans être simplistes…

    Vous ne l’entendez pas, cette batterie furieuse et sachant se faire entraînante sur des rythmiques brises nuques ?

    Vous ne l’entendez pas, cette ambiance mortifère et lugubre… ?

    Vous ne l’entendez pas, cette énergie toute brutale… Qui empêche de sombrer dans un ennui ambiant.

    Vous ne l’entendez pas, cette fluidité dans les compositions qui empêche de lever un sourcil interrogateur ?

    Vous ne l’entendez pas, cette certitude, désormais, qu’un groupe pareil arrive à vous faire redevenir le jeune que vous étiez, à vous faire ressentir ce que vous ressentiez alors : du bien ? L’impression que quelque chose enfin vous correspond, vous parle, vous émeut, vous fait sentir chez vous…

    Ces groupes, il faut les chérir… Mortiferoth est un de ceux-là.

    Tracklist :

    01 – Unholy Frequencies  

    02 – The Vatican’s Elite  

    03 – Cosmic Winter  

    04 – Decay  

    05 – Retaliation of the Ancient Sorcerers

    Line up : 

    Brian Hobbie – Basse

    Steve Miller – Batterie

    Joselo Vocals – Guitares

    Liens : 

    http://mortiferoth.bandcamp.com/

    https://www.facebook.com/Mortiferoth

    https://www.instagram.com/mortiferoth

  • Omegaeternum – 1248

    Omegaeternum – 1248

    Genre : Black Metal
    Label  : Van Records
    Sortie : 25 novembre 2024

    Note :  88 / 100 (LB D)
    Note : 95/100 (Mémé Migou)

     

    “Dear disciples of the Great Old Ones, dear offsprings of their greatness ! For over 20 years lost in the Endless meanders of outer space, far from men's Devious existence, worshippers of their own Decline... I've been working, dead but dreaming, on the creation of a new Requiem beyond Light and Shadows. From my cosmic journey, a circle of four hateful bringers of blasphemy has been gathered to bring 8 Symbols of slimy and crawling ocular distorted art so called "black metal", the way it shall be... Today, with malicious pride, we bring you, dear disciples and dear toys, what many of you have been asking for these past two decades. And no one was better suited to bring this nightmare to your innocent ears and to sublimate it than the nonetheless well-known Ludovic Tournier who gave its final form to this new Stone, achieved and erected in 20 years from the Echoes of painful torments. A final shape of a nightmare that has gone through many manifestations... The chaos starts again exactly where it left off... Dear disciples, dear puppets, I have the great honor to introduce you to the new form of an old succubus: OMEGAETERNUM. May the Incantation begin... Spread their wrath!” - Sorghal

    Lorsque les premières rumeurs ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux concernant un retour de Sorghal avec un projet comportant de nombreux points communs avec Nehëmah, cela suffisait déjà à nous mettre l’eau à la bouche. De plus, il avait été annoncé qu’Arawn, ami de longue date et guitariste live du groupe Savoyard, ainsi que Ludovic Tournier, le producteur emblématique seraient associés à ce projet. Si l’on ajoute la relative discrétion du chanteur bassiste Corven depuis 2019 et l’album Deus Sive Natura de Evohé (Il se murmure quand même qu’un nouvel album serait en préparation). Croyez-moi ou pas, mais, on était en droit de rêver, voire même de fantasmer (enfin surtout moi, lol!) sur un éventuel retour presque improbable d’une des légendes du Black Metal français des années 2000

    Alors évacuons le sujet tout de suite, NON, il ne s’agit pas d’une reformation de Nehëmah, mais précisément la naissance d’une nouvelle entité au doux nom de Omegaeternum. Sorghal fera appel à des musiciens chevronnés de la scène nantaise pour compléter sa formation afin d’assurer la section rythmique du groupe. Ainsi nous retrouvons Oberkommander666 à la basse et Sistre à la batterie, deux artistes ayant déjà collaboré ensemble au sein des formations Les Chants De Nihil, Bestial Nihilism et Gotholocaust. Pour en terminer avec les présentations, on notera que c’est au label allemand Van Records que reviendra l’honneur de publier ce premier opus, intitulé tout simplement 1248.

    *

    Avant d’attaquer le vif du sujet, une petite explication historique s’impose autour du concept album et de ce titre plus ou moins énigmatique. 1248, c’est l’année où eut lieu l’effondrement du Granier, montagne qui culmine à 1933 m dans le massif de la Chartreuse et domine la cluse de Chambéry. Un éboulement des marnes situées à la base de la montagne, consécutif à la chute d’une portion de la falaise calcaire, est à l’origine de cette catastrophe. Cette tragédie a enseveli et écrasé un grand nombre de villages et de paroisses, entraînant la mort d’entre 4 000 et 6 000 personnes, enterrées sous les décombres. Bonjour l’ambiance.

    L’atmosphère froide, inquiétante et délétère imprègne l’ensemble de cet album, y compris le morceau d’ouverture intitulé “Ye Incantation”. L’introduction se révèle lente et troublante, les premiers riffs apparaissant progressivement, pour finir par se jeter sur vous. Ces derniers sont similaires, tant dans leur nature que dans l’ambiance qu’ils instaurent, à ceux de “Through The Dark Nebula”, le dernier titre de Requiem Tenebrae, troisième et ultime album de Nehëmah. Ainsi, la boucle est bouclée : Omegaeternum est bien le digne successeur des Savoyards.

    — Ah  ! mon cher LB D, quoi de plus naturel, au final, qu’un éternel recommencement, une histoire perpétuelle, qui se répète, une histoire sans fin, avec un nom tel que Omegaeternum. Peut-être aurons-nous plus d’éclaircissements lors d’une interview, mais on peut laisser notre esprit vagabonder dans les mots. “Je suis l’Alpha et l’Omega, le début et la fin”, raconte une histoire vieille de plusieurs milliers d’années. Omegaeternum, “pour toujours et à jamais”. Tout est dans le tiraillement de la dichotomie du monde. Et comme le dit Sorghal dans son propos introductif : “Le chaos reprend exactement là où il s’est arrêté”.

    Dès les premières notes de « The Endless Quietus », une sensation de lourdeur s’installe, donnant l’impression d’une chape de plomb pesant au-dessus de votre tête. On perçoit une abondance de trémolo picking ainsi que de blast beats. La brutalité est omniprésente tout en conservant une dimension mystérieuse lorsque le tempo ralentit. Il ne fait aucun doute que musicalement, nous sommes profondément ancrés dans les années 1990. Autant vous le dire tout de suite, que la joie et la bonne humeur ne figurent pas au programme.

     “The Devious Deceiver” commence là où s’arrête “The Endless Quietus”. Une légère dissonance apparaît au début du morceau, au fur et à mesure, le tempo se ralentit considérablement laissant la place à une atmosphère pesante, parfois à la limite du Doom. Les riffs de guitares s’assombrissent tandis qu’une voix malsaine surgit de nulle part, accompagnée par les premiers passages de claviers qui se  dévoilent à nous, apportant un aspect plus atmosphérique au morceau. Cette piste est la plus longue, la plus épique et la plus mystique de l’album.

    — Ahhhhh (bis), mon cher LB D… As-tu remarqué sur l’artwork, signé Ritual Art Spirit, tous ces symboles qui ouvrent les portes d’un monde chaotique, celui de notre imagination ou celui d’une explication apportée à un mystère, celui du Mont Granier, par exemple.  Cette lune avec les tentacules, pour commencer. Les paroles de Sorghal en incise, quand il s’adresse à nous, ne laissent que peu de doutes “Dear disciples of the Great Old Ones”…  Rajoutons le titre du premier morceau, qui nous place dans le mode incantatoire, que l’on retrouve avec ces voix fourmillantes. On comprend vite où l’histoire veut en venir : l’éboulement du Mont Granier n’est certes pas sans lien avec le culte des Grands Anciens, couché originellement sur papier par Lovecraft. 

    Après, on ne peut nier que les symboles y soient nombreux. Déjà le logo en lui-même, que l’on retrouve presque entre les mains de ce grand prêtre, un coeur très vulvé par où s’immisce un serpent. Je ne vais pas te faire un dessin, tu auras compris l’allusion. Et comme médaille au cou de ce personnage central, l’arrière-plan stylisé, c’est-à-dire un faisceau de sommets montagneux. Mais tu vois, Sorghal mentionne 8 symboles… Penses-tu que ces 8 symboles se retrouvent déjà dans l’artwork ? Bien entendu, on ne va pas jouer les naïfs, nous avons 8 pistes… 

    Au fait… la symbolique du chiffre 8, c’est bien l’infini (mets-le sur le flanc…) et le renouveau. Aussi l’équilibre, paraît-il… 

     “1248 The Symbols Swallower” constitue le premier des trois volets consacrés à l’effondrement du mont Granier. On observe une plus grande diversité dans les voix et d’un clavier à la fois sinistre et omniprésent, s’enchaînant directement sur le court instrumental faisant office d’interlude. 

    Intitulé “1248 The Silent Tears of the Stone Giant”, il se compose exclusivement de rythmes de batterie lancinants et d’un son singulier émanant des claviers. Les tempi s’accélèrent à nouveau pour la troisième partie du triptyque. L’alternance des chants se fait remarquer, oscillant entre le rauque et le crié. Bien que la première section soit rapide, la deuxième est plus modérée, marquée par l’apparition d’une voix claire sortie tout droit d’un office religieux voire d’un rituel de magie noire. Cette voix s’harmonise parfaitement avec le puissant son d’une double grosse caisse, créant ainsi l’un des passages les plus marquants de l’album.

    Cet enregistrement comprend également deux autres pavés d’une durée approximative de quinze minutes chacun, intitulés “My Inner Decline » et « In Outverse Slumber », et qui viennent conclure cet album. Bien qu’ils présentent un certain intérêt, ils s’inscrivent dans la continuité des œuvres précédentes, épiques, mélodiques, mais toujours dans cette atmosphère angoissante. On notera tout de même, ce final qui nous rappelle le Black Metal Orthodoxe de Batushka (pour ne citer que lui), avec ses chants liturgiques, cette voix rocailleuse et ces nappes de synthés. Ce passage crée un climat tout particulier semblable à celui d’une période de deuil et de recueillement. Si je dois émettre une petite critique, c’est précisément la durée de ces deux titres qui me pose problème : ils sont beaucoup trop longs, on a du mal à rester concentré jusqu’à la fin et on finit par se lever de son canapé pour faire autre chose. À mon humble avis, ils auraient mérité d’être raccourcis afin de captiver l’auditeur jusqu’à la fin, évitant ainsi toute impression de monotonie.

    — Ahhhh (ter), mon cher LB D permets-moi de m’inscrire en faux, tout du moins en contre. En ce qui me concerne, je me suis laissée embarquer dans cette aventure avec délectation. Je n’ai pas eu once d’ennui ou de déconcentration. Au contraire, dès la première écoute, je me suis dit que cette œuvre ne se laisserait pas facilement apprivoiser, et qu’il m’en faudrait de nombreuses autres pour tout appréhender. Et plus on met le bout de l’oreille dans cette cérémonie, plus on découvre de petites choses restées secrètes, discrètes ou passées sous silence par une attention occupée par d’autres aspects de la musique ou de l’œuvre. 

    *

    Au premier abord, cet album peut paraître fastidieux et linéaire, je conçois qu’il puisse en fatiguer plus d’un. Cependant, ces impressions seront vite balayées si vous persévérez dans le nombre d’écoutes et c’est seulement après que vous allez prendre conscience de toutes les subtilités que renferme ce 1248, hormis le petit reproche mentionné un peu plus haut. Cet album, je le trouve relativement bien équilibré, cohérent, oscillant entre des passages brutaux et des moments de tranquillité pour le moins sinistres. Il offre également de nombreuses montées en puissance imprégnées d’occultisme et de mysticisme. En exécutant des riffs froids et glaciaux selon leur propre philosophie du Black Metal, les musiciens parviennent à se forger une identité qui leur est propre, et ça, ce n’est pas donné à tout le monde. 

    Je reste persuadé qu’à l’avenir, Omegaeternum gravira aisément la montagne qui les emmènera vers les sommets du Black Metal français.

    — Pour ma part, c’était la révélation de cette fin d’année…  

    Tracklist : 

     01 – Ye Incantation

     02 – The Endless Quietus 

     03 – The Devious Deceivers 

     04 – 1248: The Symbols Swallower

     05 – 1248: The Silent Tears of the Stone Giant

     06 – 1248: Echoes from the Depths

     07 – My Inner Decline 

     08 – In Outerverse Slumber 

    Line-up : 

    Sorghal – Chant, Guitares, Claviers 

    ÖberKommander666 – Basse 

    Arawn – Guitares (solo) 

    Sistre – Batterie

    Liens : 

    https://omegaeternum.bandcamp.com/album/1248

    https://www.facebook.com/OMEGAETERNUM

  • Enterré Vivant – Akuzaï

    Enterré Vivant – Akuzaï

    Genre : Black Metal Atmosphérique
    Label : Antiq Records
    Sortie : 26 Mai 2025

    Note : 95/100 (LB D)

    Après avoir exploré les thèmes des saisons dans Shiki et les quatre éléments de la vie dans Shigenso, Enterré Vivant revient avec un nouveau concept album intitulé Akuzaï, qui se traduit en français par “péchés diaboliques”. Sakrifiss, la tête pensante du projet s’attaque cette fois-ci aux dix péchés capitaux selon une branche du bouddhisme, ayant pour point commun la Seconde Guerre mondiale vécue par les civils et les soldats japonais. 

      *

    Mais, avant de passer au crible cet album, permettez-moi tout d’abord de revenir sur cette photographie d’époque qui illustre la pochette. Elle représente une femme au regard perdu, allaitant son enfant après le largage de la bombe atomique sur Nagasaki. Si le visuel de l’album précédent était magnifique, celui-ci, bien que porteur d’une certaine beauté, engendre en moi un sentiment de malaise, particulièrement après avoir appris que le nourrisson est décédé quelques jours plus tard.

    L’introduction débute par un discours historique de l’empereur Hiro-Hito, diffusé à la radio lors de l’entrée du Japon dans la Seconde Guerre mondiale. Il est marqué par des grésillements caractéristiques de l’époque et d’un son de flûte traditionnelle, renforçant ainsi sa dimension dramatique. De cet extrait découle le premier titre, intitulé “Chûtô”, démarrant tout en douceur avec ces quelques notes de guitare acoustique, accompagnées encore une fois par cette flûte dont la mélodie finit par vous entêter. Suit alors un black metal atmosphérique où apparaissent les premiers gémissements de Sakrifiss. Il ne s’agit pas d’un black agressif, mais plutôt d’une composition que je qualifierais de mélodique, somptueuse, où se dégage une certaine forme de sérénité. Mais, bon sang, que ce morceau nous met en appétit pour la suite.

    L’ensemble des six compositions (si l’on excepte l’intro, l’outro et les deux interludes) est principalement interprété sur un mid-tempo, qui, accompagné de multiples samples, est en parfaite harmonie avec la dimension dramatique du thème abordé. L’exception qui confirme la règle est peut-être “Sesshô”, qui est très probablement le titre le plus énervé de l’album. Un Black Metal à la fois virulent et sans concession qui, mélangé aux bruits des bombes et des avions, nous plonge immédiatement dans la Seconde Guerre mondiale. Les interventions vigoureuses de Sakrifiss et le chant si particulier et immédiatement identifiable d’Erroiak, se révèlent particulièrement complémentaires dans ce contexte, témoignant d’une complicité sans égal à ce jour.

    Mais le savoir-faire d’Erroiak ne se limite pas à ces seules parties de chant. Je voudrais mettre en lumière ses talents de compositeur à travers trois autres œuvres qui représentent véritablement les pièces maîtresses de cet album. En premier lieu, “Jaïn” et ses parties de piano mélancoliques interprétées par l’artiste lui-même, lesquelles, associées à des extraits sonores tirés du film Hiroshima* de 1953, lui adjugent une dimension à la fois sombre et dramatique où l’ambiance est particulièrement pesante. Ensuite, “Shin’i” se distingue par une approche nettement plus mélodique, orientée résolument vers le Heavy Metal, avec une touche d’optimisme soulignée par un passage symphonique à la fois entraînant et d’une grande beauté. Enfin, “Kigo”  nous rappelle qu’il est un grand fan de Summoning. Ce morceau épique et très atmosphérique dont l’ambiance générale, notamment avec un son de batterie particulièrement épais, nous replonge directement à l’époque des albums Minas Morgul et Dol Guldur des Autrichiens. Ces trois titres, aussi divers que variés, nous prouvent une nouvelle fois qu’Erroiak est un auteur compositeur hors pair et qu’il maîtrise parfaitement aussi bien la musique classique que les différents styles de Black Metal existants. Et pas que, apparemment, car il semblerait même qu’il fasse référence à un certain groupe de Rap sur cet album. Bon, autant vous le dire tout de suite, je n’ai aucune compétence dans cette musique, donc je laisserai les autres en parler, okay.

    Sakrifiss n’est pas en reste pour sa part. En plus d’être à l’origine de la thématique, il a réalisé un véritable travail approfondi au niveau du chant. Je trouve ses interventions moins agressives, plus posées et réfléchies que par le passé. Si, parfois, elles avaient tendance à agacer certains auditeurs [ndlr : pas moi !], Ce ne devrait plus être le cas sur Akuzaï, car ici, elles sont parfaitement intégrées et judicieusement placées au sein des compositions, ce qui n’était pas toujours le cas, notamment sur le premier album. À titre d’exemple, son travail remarquable sur la deuxième partie de “Shin’i”. Après la courte section symphonique mentionnée plus haut, Sakrifiss prend le relais d’Erroiak pour une narration endiablée, avec ce côté un peu torturé qui me fait penser par instants à Dani de Craddle of Filth. C’est tout simplement fantastique et constitue très certainement mon morceau préféré de l’album. 

    Je terminerais cette analyse avec les deux interludes et l’outro plus ou moins énigmatiques. Tout d’abord, “Waruguchi”(insulte en français). Imaginez un peu un petit démon semblable à Golum du Seigneur des Anneaux, proférant des menaces au-dessus d’un berceau, provoquant ainsi les pleurs d’un bébé (sic !). Le deuxième “Môgo”  est l’œuvre de l’artiste d’origine suédoise Athena Nahkriin Halphas, qui nous expose ici, d’une voix possédée et malfaisante, les raisons pour lesquelles les jeunes Japonais sont conduits à mourir prématurément, tout en étant élevés au rang de héros pour une idéologie qu’ils n’ont pas choisie. Enfin, l’outro intitulée  “Ryôshita” est en partie composée d’un extrait du film La Harpe de Birmanie, dans lequel on peut entendre des soldats chanter à l’unisson accompagnés de cris d’animaux et le son d’une harpe. Une voix explique que la musique et le fait de chanter ensemble les ont aidés à surmonter l’enfer de la guerre auquel ils étaient confrontés*. Cette conclusion, à la fois belle et légèrement inquiétante, représente néanmoins une clôture parfaite pour cet album.

     * 

    Pour conclure cette chronique, il convient de souligner que ce nouvel opus constitue une suite cohérente de Shigenso. Toutefois, en adoptant une écriture plus ambitieuse, plus approfondie et d’une richesse musicale remarquable, Akuzaï se révèle nettement supérieur à tous égards. Les deux artistes ont ainsi su affirmer davantage leur personnalité ainsi que leur identité franco-japonaise déjà esquissée dans l’album précédent. L’imagerie cinématographique qui se dégage de cet opus se révèle  particulièrement saisissante. À travers ses dix compositions, le duo parvient à traduire avec précision les émotions et la souffrance du peuple japonais, ainsi que l’incompréhension face à la perte de tant d’innocents engendrée par cette guerre. Pour ma part, je trouve cette œuvre profondément émouvante, sombre et presque bouleversante, mais avant tout remarquable et très certainement la plus aboutie de leur discographie. Alors, peut-on le considérer comme l’album de la maturité ? Bonne question ; seul l’avenir nous le dira. En tout état de cause, ce Akuzaï fera date et il faudra compter sur lui pour le décompte final en fin d’année.

    *Informations issues de l’interview de Sakrifiss pour le Webzine Thrashocore.

    Tracklist : 

    01 – Jaken

    02 – Chûtô 

    03 – Sesshô 

    04 – Waruguchi

    05 – Jain 

    06 – Don’yoku 

    07 – Môgo 

    08 – Shin’i

    09 – Kigo 

    10 – Ryôshita 

    Line up : 

    Erroiak – Tous les Instruments / Chant

    Sakrifiss – Chant / Paroles

    Guest : 

    Athena Nahkriin Halphas – Voix sur “Môgo”

    Liens : 

    https://www.facebook.com/enterrevivantblackmetal

    https://enterrevivant.bandcamp.com

    https://antiqrecords.com

  • Live Report – Frozen Night 15

    Live Report – Frozen Night 15

    Aetheria Conscientia+Movrir+Limbes
    31 Janvier 2025
    Cold Crash (Rezé, 44)

    Texte et Photos : Mémé Migou

    Les 6, 7 et 8 juin prochains, pour ses 5 ans, Frozen Records vous propose son Frozen Fest au Ferailleur, à Nantes (44). 3 Jours de concerts à vous faire baver. Et s’il faut encore vous donner envie, lisez donc ce report d’une Frozen Night, qui a eu lieu le 31 janvier dernier à Rezé (44), au Cold Crash. Montons dans la Delorean et retournons quelques mois en arrière.

    *

    Zwizwizwizwizwiiiiiiiii *bruit d’un rewind*

    Fin janvier 2025, c’était notre premier concert de l’année. Et pas n’importe lequel, puisque sur les 3 propositions, l’une était le coup de cœur de ce début d’année pour Mémé et l’autre, celui de la fin 2024 pour LBD. Et ce dernier avait vanté le lieu, qui plus est…

    Eh oui ! Le Cold Crash n’est autre qu’une salle de concert attenant à la brasserie Nautile. Et croyez en la Mémé Migou, la bière, là-bas, est pur nectar. La triple est simplement un délice. Et vous savez quoi ? Cerise sur le gâteau, l’hôtel est à 200 mètres…

    Premier concert et donc aussi la première fois que je découvre cet endroit. J’avais un peu peur, en prenant le couloir étroit, de me retrouver dans une salle minuscule au son très moyen. Il n’en est rien. Bien sûr, on n’est pas sur une salle de la taille d’un Arena, ni même d’une SMAC, mais tout de même, elle a une bonne taille et surtout un son propre quel que soit l’endroit où on se trouve ; Ce qui est plutôt une bonne chose quand on aime (ou on finit, à force de faire des photos, par aimer) squatter le devant de la scène.

    La scène n’est pas hyper surélevée et l’ambiance très sombre et enfumée. Je n’en suis pas étonnée. Je commence à régler mon appareil tout en me disant que ça allait être compliqué d’avoir autre chose que des ombres chinoises. Et c’est à ce moment là que, comme si de rien était, une personne seule sur scène, juste en kilt et en guitare, lance le premier set de la soirée. C’est parti pour la 15ème Frozen Night…

    Limbes

    Seul en scène, Guillaume Galaup offre ses tripes comme une offrande à Achlys ou toute autre divinité de la tristesse et de la mort.

    « Quand le brouillard enlise l’âme,
    La peinture fane plus vite
    Que les pétales d’un hiver
    Aussi dru qu’un pied de pilori. »*

    Limbes est un one man band, fort de 2 albums et d’un split avec Mütterlein. Alors oui, il est seul à tout faire et non il n’a pas fait appel à d’autres musiciens pour le soutenir en live. Il est seul et il assume. Certes, certaines choses seront enregistrées, comme la batterie. Mais dans ce cas de figure, ce n’est pas dérangeant.

    « Quand les pensées ne sont qu’infâmes,
    La mélodie est une pluie
    Qui se meut comme les vers
    De bruits d’un fade infini. » *

    On a, au travers de ces volutes tenaces de fumée, dans ces ambiances entre le bleu glacial d’un hiver éternel réchauffé de quelques lumières lie-de-vin, comme autant de tâches de sang qui s’étalent comme des pétales d’une fleur figée par le froid, une personne derrière un pied de micro, le crâne rasé ou presque, qui hurle sa fragilité jusqu’à nous en transpercer les os.

    J’ai… beaucoup… aimé.

    Ah oui… Liernes a été chroniqué sur Memento Mori Webzine par Seblack. Retrouvez ici son papier : Limbes – Liernes (2024) – Memento Mori Webzine

    * « Buffet Frigide, » Liernes (2024) – Limbes

    Galerie Photos de Limbes : 

    Movrir

    C’était mon coup de cœur de ce début d’année. Un black Metal teinté de noise pour un rendu assez raw. N’hésitez pas à retrouver la chronique qui gît dans les colonnes de Memento Mori Webzine ( Movrir – Insolence – Memento Mori Webzine )

    On passe ici d’un set de Black Metal Atmosphérique immersif à un Black Metal bien plus rocailleux et quelque part plus audacieux. Moins intensif ? Que nenni ! Ma crainte était de ne pas retrouver en live ce que j’avais ressenti sur les pistes du dernier opus, Insolence. Je n’ai pas été déçue.

    Le set tant attendu a tenu ses promesses. Je me suis ruée sur le merch à l’interscène. Pour dire tout le bien que je pense de cet album et pour me rhabiller d’un joli t-shirt noir avec tout simplement le logo du groupe.

    Movrir sur scène… Dalida en rêvait, et c’est moi qui l’ai vécu… Tout un art…

    Galerie Photos de Mourir :

    Aetheria Conscientia

    Là, c’est mon covoitureur, LBD, qui frétillait d’avance. Il était là pour ce groupe, qu’il a chroniqué ici : Ætheria Conscientia – The Blossoming – Memento Mori Webzine . Coup de cœur 2024. Album de l’année. Rien que ça !

    C’est en allant faire une petite virée à Nantes, et plus spécifiquement dans les locaux de Frozen Records, qu’un certain Paul, lors de la vente, lui a glissé un autocollant d’un groupe pas franchement connu de notre LBD, Aetheria Conscientia. Il l’avait alors mis de côté, pour s’y intéresser plus tard.

    Plus tard… Ah ! Il s’en est mordu les doigts, notre LBD, tant il en est resté sur le cul.

    Alors, aurons-nous sur scène le saxophone ? Allons-nous retrouver toute la folie expérimentale de ce Black Metal décomplexé ?


    Eh bien oui ! OUI ! Malgré la petite coupure de son au début du set qui n’a en aucun cas affecté la qualité de la prestation du groupe, l’intégralité des morceaux du dernier album The Blossoming est interprétée ce soir, et bien entendu le saxo est au rendez-vous. Sonorités extrêmes alliant des touches de Metal Progressif. On a un Paul Breheret qui arpente la scène de long en large, retournant à sa percussion régulièrement.

    Quand on lance un regard vers le reste de la salle, quand on voit les têtes bouger de haut en bas en un OUI collectif, quasi mystique, on peut se dire que le pari est plus que gagné.

    Galerie Photos de Aetheria Conscientia : 

    On a, ce soir du 31 janvier 2025, passé une soirée magique où tous les ingrédients étaient présents pour régaler nos papilles auditives et notre immersion sèche en terres brumeuses du Black Metal protéiformes.

    Ffziouw Ffziouw Ffziouuuuuuuwd… * Bruit d’un FFWD pour un retour au présent *

    *

    Voilà… Nous avions partagé galeries photos, Chroniques, mais aussi l’interview de Paul, l’un du duo Frozen Records (et chanteur de Aetheria Conscientia au passage) – à retrouver ici : Interview – Frozen Records – Memento Mori Webzine .


    À la veille du Frozen Fest, une petite touche de rappel pour mettre l’eau à la bouche n’est pas superflue. Alors, tous à vos préventes, les places vous attendent !


    Lien vers l’event : (1) Frozen Fest 2025 | Facebook

  • Interview – Ar Vran Fest III

    Interview – Ar Vran Fest III

    Interviewé : Kobal /Ar Vran Fest
    Interviewers : Séb D. et Mémé Migou / MMW

    Crédit musical dans la vidéo : Equilibirum (tête d’affiche du samedi) – « Gnosis » (2024)

    Vous avez des envies de Black Atmo, de Pagan et de Folk Metal ?

    Vous aimez les marchés et artisanats médiévaux ?

    Vous faites quoi les 5 et 6 juillet prochains ?

    Si vous ne savez pas, j’ai une petite idée à vous suggérer :

    Ar Vran Fest III

    Et si vous souhaitez en savoir plus, Kobal, son créateur, vous en parle dans cette interview qu’il nous a accordée :

    Quelques liens :

    Accueil

    https://www.facebook.com/events/477540778510272/

    https://www.helloasso.com/associations/ar-vran-productions

  • Live Report – Metal Noz II

    Live Report – Metal Noz II


    Metal Noz II
    (Skol Diwan Gwenrann)
    15 Mars 2025
    Espace La Fontaine (Assérac – 44)

    Texte et photos : Mémé Migou
    Vidéos : Bruno Guézennec

    C’est qu’on en a fait, du chemin, l’ami Bruno, ma p’tite voiture bleue et moi-même, en ce samedi de mi-mars. Et en plus, on l’a fait de bonne humeur, avec le plaisir d’aller retrouver Killian et Romain (de l’association de parents d’élèves de l’école Guérandaise du réseau Diwan – pffffff quelle phrase ! Je respire enfin). Ah non.. Je dois encore rajouter une petite info : le plaisir de les retrouver puisque nous avions, quelque temps auparavant, fait l’interview du duo organisateur. Envie de vivre ce moment de partage et de soutenir cette belle initiative. Et croyez-moi que pour sortir le papy du Léon qu’est notre Bruno, il faut qu’il soit motivé !

    Je viens juste de parler d’un duo organisateur, mais vous avez compris qu’il s’agit de tout un réseau qui se retrouve aux manettes de cet événement. Alors, cela peut paraître couillu, un festival Metal pour remplir les caisses d’une association de parents d’élèves, eh bien pas tant que ça… Souvenez-vous, le Samaïn Fest n’est autre qu’un festival Metal organisé par… par… je vous le donne en mille : une APE Diwan !

    Le Metal Noz en est à sa seconde édition. Celle de 2024 avait terriblement bien fonctionné, galvanisant les foules et les parents. Mais pas que ! Puisque j’y ai vu professeurs et directrice de l’école en question. Bravo pour l’ouverture d’esprit.

    Pour cette année, le lieu a été délocalisé à Assérac. Un peu plus grand, avec une cour extérieure permettant d’y installer les barnums pour les galettes-saucisses et autres douceurs made in Bzh. Dès l’entrée, sur notre gauche se trouvait le petit marché, avec des artisans de qualité et même la possibilité de se faire tatouer. J’ai terriblement hésité à acheter le superbe collier en cuir rouge pour toutou… Je n’ai pas de chien…

    Et de l’autre côté, dans la salle à notre droite, tout au fond, la scène. Du coup, on va peut-être entrer dans le vif du sujet, vous ne croyez pas ?


    Autant mettre les pieds dans le plat de suite. La salle était plus grande, il est normal que l’on puisse se dire qu’atteindre la jauge maximale serait un doux vœu. De fait,il m’a semblé que la salle avait du mal à se remplir. Malgré tous les efforts déployés par l’organisation, la publicité qui a pu être faite etc, je trouve foncièrement dommage que les Metalheads du coin ne se soient pas plus mobilisés. Attention, il y avait du public, n’imaginez pas le contraire et je pense que les frais ont pu être résorbés avec les entrées. Mais… Bordel, un après-midi de mars, avec pas moins de 8 groupes pour une somme très modique qui ira dans les poches d’une APE… Vraiment, je ne comprends pas les Metalleux qui viendront ensuite pleurnicher qu’il n’y a jamais rien dans leur coin ! Voilà, le coup de gueule est passé, Mémé prend sa p’tite camomille et poursuit son récit.

    L’ambiance ultra familiale (avec enfants casqués), des personnes de tous âges et horizons, vraiment j’en ressors avec le sourire de qui a passé un moment entre amis. Et des potes, on en a croisés… C’était fun d’échanger quelques tacles amusés avec Nicolas de Thrashocore, entre autres personnes.

    C’est vers 15h30-16h que le premier groupe a pris possession de la scène.

    Vermoth

    La grande muette, c’est le doux sobriquet de l’armée. La grande mouette, c’est à Brest (si vous en doutez, allez donc écouter cette chanson mythique que tout candidat au BAFA se doit d’apprendre « Moumou la reine des Mouettes »). Et la grande inconnue (non ce n’est pas en math), elle revient à Vermoth.

    Lors de notre interview, Romain et Killian nous avaient avoué ne connaître Vermoth qu’à la faveur du seul titre qu’ils ont lâché sur Youtube. Vous l’aurez compris, c’était la surprise presque totale. Tout ce qu’on pouvait lire de Vermoth, c’était sa mention de « groupe Metal ». Pour un festival Metal, c’est quand même mieux, me direz-vous !

    On imagine donc aisément un jeune groupe, un peu vert… Bien… Voilà donc Vermoth sur scène. Et du vert, il y en a dans le logo du groupe. Mais en toute sincérité, j’ai été épatée par leur proposition. Ça groove, il y a des plans techniques, on sent que derrière il y a de la réflexion et du travail. Peut-être même de l’XP, comme disent les rôlistes. Sur scène, c’est carré et on sent l’ombre de SOAD planer sur les compos.

    Un moment rafraîchissant, mais qui déjà nous place dans les pas du Death Metal bien lourd qui arrive.

    « J’ai trouvé pas mal. J’ai été surpris par le son. Ça me faisait un peu peur d’écouter du Metal ici. Je connais la salle, et je suis très étonné par la qualité du son. Je n’ai pas écouté tous les morceaux du groupe car je suis arrivé en cours et je faisais attention à mon enfant. Mais oui, bien. J’ai entendu plein d’influences différentes. Intéressant. » – Brieuc

    Galerie photos de Vermoth :

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    Crocodeath

    Ahhh… Crocodeath… Vous ai-je déjà parlé de la Breizh Death Metal Party, qui a eu lieu le 1er février au Le Thy’roir à Ploërmel ? Non ? Ah mais oui, suis-je bête, je suis en retard dans mes live reports, ça va arriver… Mais du coup, je vais un peu spoiler : J’ai découvert Crocodeath ce soir-là. Et j’ai pris une belle claque. C’est lourd, c’est assumé, ça assène des riffs Death old School comme autant de leçons qu’ils t’infligent.

    Et pour cette fessée, ils sont 3. Un putain de trio qualitatif… Avec au chant le premier guitariste chanteur de l’excellent groupe Yyrkoon. Tout de suite, ça place l’ambiance et le niveau. Pour autant, bassiste et batteur ne sont pas en reste. Croyez-moi, Crocodeath est un nom à retenir. Juste un EP à leur actif, qu’ils défendent sur scène de façon décontractée et pro.

    Rajoutez à cela le petit gimmick « dansé », celui du piétinement crocodilesque et vous avez un set qui illumine votre visage d’un sourire qui sous-titre « mais c’est bon, ça ! ».

    C’est donc la seconde fois que je les vois. Ils confirment la première bonne impression que j’avais eue. Un set excellent – où je déplore le son de la caisse claire un chouïa trop claire pour moi – qui amène le premier Wall of Death.

    « C’était très bien. J’ai adoré. Le groupe était bien. Le son était bien. Le seul point, c’était un peu tôt. Je suis pas encore assez dans l’ambiance pour aller devant la scène. Mais c’était vraiment très bien » – Alan

    Galerie photos de Crocodeath :

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    Incinerator

    Non mais qui vois-je sur scène ? Ne serait-ce pas l’un des organisateurs du festival ? Mais oui mais oui, j’ai bien vu un Romain !

    Bon, d’accord, je ne vais pas jouer l’étonnée, je le savais et de fait, j’attendais de les voir. Avec Incinerator, on passe dans le côté obscur du Thrash Metal. Ou plutôt le côté lumineux du Metal, laissant au Black l’obscurité dont il aime se parer… Tout est question de point de vue. Mais laissons ces considérations de côté et retrouvons le quintette du 44, avec une bassiste et une batteuse !

    Je ne connais pas tant que cela le Thrash Metal, je dois bien l’avouer. Cependant, ce que je vois sur scène, ce sont 5 personnes qui se connaissent, qui prennent un plaisir fou à jouer ensemble et qui arrivent à nous le recracher dans des morceaux bien acérés. Tout le monde semble relax, cool, signe d’un travail en amont pour en arriver à cette facilité.

    Quand on parle de côté lumineux du Metal, c’est bien sûr les riffs qui rentrent tout en s’envolant. Exit la lourdeur du Death Metal. Ici, on cherche des solutions, on envoie du pâté et on kiffe. Un big up au chanteur qui tient la scène de main de maître.

    Galerie photos de Incinerator :

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    Repurgator

    Je pourrais vous refaire la même que pour Crocodeath, savoir « ahhhhh… Repurgator… ». Ici aussi, ce n’est pas la première fois que je les vois sur scène. La première remontant à la release party du dernier album de Circle Ov Hell. Et si on creuse, on pourra aussi se dire que certains membres, j’ai également pu les voir dans d’autres formations (Elisirius au Samaïn Fest, par exemple).


    En septembre dernier sortait leur premier album, Fovea Inferno, signé chez L’Ordalie Noire, dont vous pourrez retrouver la chronique sur notre site. Et le peu que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont le vent en poupe. Le public les suit et depuis septembre, les scènes où j’ai pu les voir les font grandir à chaque fois.

    C’est donc un groupe assez jeune, mais à la volonté acérée qui vient délivrer son Death Metal devant un public qui peine à bouger. Pour autant, et malgré quelques petits soucis, notamment sur le dernier morceau, les 5 gars réussiront à embarquer le public. Et notamment Nicolas de Thrashocore, réellement sous le charme. Écoutez ce qu’il en dit :

    « Malgré les petits pépins techniques – mais ça arrive à tout le monde – ça groove tellement… C’est du Cannibal Corpse en plus groovy. Et en plus, ils sont sympas. »

    Galerie photos de Repurgator :

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    Brokenheads

    Allez, hop ! Retour vers un Metal plus Thrashisant, s’il vous plaît !

    Ça ne vous est jamais arrivé de croiser une personne et de vous dire : « on se connaît, non ? ». Et vous cherchez, vous cherchez… Mais ça ne revient pas. Mémé et ses pertes de mémoire, mazette ! Car c’est ce qui lui est arrivé… Sur scène, l’un des guitaristes, Mémé l’avait déjà croisé, mais dans une toute autre aventure, celle d’un clip… (enfin, je crois, j’ai encore quelques doutes). Par contre, ce qui ne fait plus un pli, c’est que désormais, c’est fixé : il joue dans Brokenheads !

    À la batterie, on retrouve Céline, pour qui ce sera le dernier concert avec la formation. Une fois annoncé, une petite émotion est palpable.

    Le groupe va essentiellement jouer leur dernier (et premier, par la même occasion) album, « Waiting for the End », dont l’artwork magnifique est signé Laurent Fièvre. Mais ils proposeront quelques nouveaux morceaux dont le dernier qui va déclencher headbangs dans le public. Cassage de nuques de vue !

    Galerie photos de Brokenheads :

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    Tanork


    Tanork, ou le petit groupe qui monte qui monte qui monte…

    On commence à connaître la chanson, enfin ma chanson : Tanork, j’ai eu l’occase de les voir, notamment à la Breizh Death Metal Party à Ploërmel. J’avais également chroniqué leur album, en son temps. Tanork, dans le cadre de ce festival en faveur du réseau Diwan, était une évidence même, puisque les jeunes qui composent le groupe en sont issus, même s’ils sont plutôt région rennaise. Cette année 2025 (et rajoutons 2024) est véritablement l’année de leur explosion. Vous pourrez les retrouver à l’affiche du Motocultor , ainsi que sur la Hellstage et au Muscadeath !

    Leur particularité, hormis d’avoir des compositions Death très efficaces, est d’avoir des lyrics en breton. Ah ça, on est Diwan ou on ne l’est pas ! Mais… je me dis que tout le monde ne connaît peut-être pas le réseau Diwan. Explications : ce sont des établissements associatifs laïcs, gratuits et ouverts à tous, sous contrat avec l’Education Nationale, qui proposent un enseignement du primaire au secondaire en immersion totale dans la langue bretonne. Ces établissements sont gérés bénévolement par des associations d’éducation populaire, et ont donc besoin de soutien, notamment financier, pour pouvoir développer des projets.


    Tanork, malgré la grande jeunesse de ses membres (d’ailleurs d’un duo, ils sont passés au trio) et la création du groupe en 2020, a déjà un EP et un album à son actif. Ils ne chôment pas, c’est le moins que l’on puisse dire. Se partageant le chant, Melaine et Efflam savent comment emmener le public. Ils se démènent sur scène, mais cela ne semble pas être un souci, plutôt un way of life. Et dans la salle, ça répond ! Les premiers slams arrivent. Il faut dire qu’ils ont leur fan base !

    Tanork, c’est d’une efficacité redoutable, façon Death US ! Ne les ratez pas lors d’un passage sur scène, ils vont vous en mettre plein la vue.

    Galerie photos de Tanork :

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    Nervous Decay


    Ahhhh… Nervous Decay… Mais non, je ne vais pas recommencer, c’était pour la blague. Cependant, je peux tout de même annoncer les avoir déjà vus, il n’y a pas très longtemps, lors de la Release party de Circles Ov Hell… Et pour vous dire si j’ai apprécié ou non, je vais simplement mentionner le fait que je me suis ruée sur leur merch pour acheter leur album.


    À la croisée des chemins, Nervous Decay propose du Death Metal que certains pourront dire mâtiné de Thrash, quand d’autres vont avancer le côté technique du Death, sans toutefois tomber dans du Tech Death tel qu’un Vitriol peut le concevoir. Vous l’aurez compris, Mémé est fan ! Et je suis toujours scotchée par la présence scénique du bassiste (vous irez vous replonger dans les live reports où on retrouve Nervous Decay, Cryogenical Excision…)

    C’est à une machine de guerre bien rodée qu’on a affaire. Ce sera sans concession. Ils connaissent leur métier, ils savent ce qu’il faut faire pour déclencher chez le public de quoi pogoter ou slamer.

    Peut-être l’aurez-vous remarqué, mais lors de la première annonce de l’affiche de ce Metal Noz 2, il y avait Joël BatS qui devait intervenir. Ayant déclaré forfait très peu de temps avant, c’est donc Nervous Decay qui a pris la relève, non pas au pied levé, mais pas loin.

    Galerie photos de Nervous Decay :

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    CHOUCH’N MOLOTOV

    Du forfait de Joël BatS, CHOUCH’N MOLOTOV prend la tête d’affiche. Ils nous promettent un verre de Chouchen à la fin du set, qui sera assez court. Ce qui n’est pas anormal, vu qu’on est sur un set de Punk/HxC… Ça envoie, ça en bouche un coin, ça embouche nos « ah ! », « oh ! » et autres « yeah ! ».

    Du Chouchen en cocktail survitaminé. Ça n’a pas fait un pli. Certes, il ne restait plus beaucoup de monde sur cette fin de festival. Il était assez tard… Et de nombreux bénévoles étaient partis se reposer pour assurer la journée du lendemain, moins Metal like. Malgré tout, les warriors restés jusqu’au bout ont pu boire cul sec le punk crossover qu’ils nous servent de façon très énergique.

    Riches de 2 EP, le 3ème sort en juin. On a hâte d’entendre ça. En attendant, on reste avec les images du set qu’ils nous ont proposé. Et croyez-en Mémé, CHOUCH’N MOLOTOV, ça vous immerge et submerge !

    Galerie photos de CHOUCH’N’MOLOTOV :

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    Voilà, il est temps pour Bruno et moi de retrouver notre voiture et rentrer en terres Finistériennes. C’était un sacré bon moment, dont on repart avec chacun une bouteille de Metal Noz, une bière spécialement brassée pour l’occasion. De petits festivals de la sorte, on rêve de les soutenir. Alors vous devriez tous faire de même !


    Bravo Romain, Killian, tous les bénévoles et l’équipe Skol Diwan Gwenrann. Ce fut un plaisir ! À l’année prochaine ?

  • Live Report – Klone + The Old Dead Tree

    Live Report – Klone + The Old Dead Tree

    Live Report – Klone + The Old Dead Tree
    La Carène (Brest, 29)
    Vendredi 18 Avril 2025

    Texte : Seb D
    Photos : Seb D
    Vidéos : Bruno Guézennec

    Quoi de mieux que de terminer une semaine de travail par une soirée concert ? Et plus encore quand l’affiche proposée est aussi alléchante ! Ce vendredi soir, un beau plateau composé de Klone et The Old Dead Tree nous est proposé par La Carène. Une foule très clairsemée à l’ouverture des portes mais qui grossira très vite une fois les premières notes de guitares lâchées.

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    C’est aux Parisiens de The Old Dead Tree que revient l’honneur d’ouvrir le bal en tant que première partie de luxe. Décor de scène sobre mais élégant composé de grosses ampoules dont les supports, ainsi que le pied de micro du guitariste Nicolas Chevrollier, sont entourés de fils faisant penser à des branchages d’arbres morts. Le groupe nous joue quatorze titres, balayant ainsi les quatre albums de sa discographie (l’EP The End étant laissé de côté). L’album Second Thoughts, sorti l’année dernière, est plus particulièrement mis en lumière, avec pas moins de huit titres, dont le morceau d’entame “Unpredictable”. Celui-ci permet de voir d’entrée de jeu que le son est très bon. La formation enchaîne avec le classique “Out Of Breath”, qui pour moi est la meilleure composition du groupe à ce jour. Les autres extraits du dernier album passent parfaitement l’épreuve du live comme peut l’attester une superbe version de “Story Of My Life” plus vitaminée que sur disque. Il faudra attendre la fin du set pour que les Parisiens offrent à ceux qui connaissent le groupe depuis ses débuts, la doublette “We Cry As One” et “It Can’t Be” qui fait l’effet d’un voyage dans le temps pour les plus vieux d’entre nous. On prend plus de vingt ans dans la tronche mais que c’est bon ! Manuel Munoz chante merveilleusement bien, passant d’un registre suave à des moments plus criards avec une facilité déconcertante.

    S’il n’y a qu’un seul reproche à faire, c’est le son des guitares. Celles-ci sont moins rageuses que par le passé. L’orientation plus Rock du dernier album y est pour beaucoup, mais je trouve dommage que les morceaux les plus anciens prennent également cette coloration. Ce n’est qu’un détail car l’essentiel est là : les chansons sont excellentes. C’est juste une critique de fan nostalgique d’une époque lointaine.

    Dire que cette première partie était aussi attendue que la tête d’affiche relève du doux euphémisme vu l’accueil réservé par le public. Un excellent concert.

    Lien vidéo THE OLD DEAD TREE :

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    Quand les Poitevins de Klone entrent en scène, on sait que l’on va assister à un moment d’évasion. Il est loin le temps où le groupe mêlait son Metal Progressif à des sonorités plus extrêmes. La formation a su faire évoluer sa musique pour la rendre immersive et planante. Et c’est pour ça que la setlist pioche seulement dans les quatre derniers albums. 

    Le premier titre, “The Unseen”, envoûte immédiatement une assistance attentive grâce à un son cristallin. Petit moment de rigolade lorsque Yann Ligner, le chanteur, salue le public avec un “ça va Rennes ?” et se corrige très vite en disant que “c’était hier à Rennes et aujourd’hui nous sommes à Brest”. Les lights très travaillés aident à se plonger dans ce voyage musical, puis on ferme les yeux afin de se laisser porter par cette beauté harmonieuse où les mélodies les plus planantes peuvent soudain se retrouver bousculées par des guitares plus nerveuses et un chant poussant vers des cris pleins d’émotions.

    Mais il est important de les rouvrir de temps en temps car il se passe aussi des choses sur scène. Il est tout aussi beau de voir les doigts des guitaristes et du bassiste se balader sur les manches et les cordes, ce qui nous ramène à une dure réalité, celle de l’apprenti guitariste qui se dit : “mais comment font-ils ? Je n’aurai jamais le niveau !” Morgan Berthet, le batteur, n’est pas en reste. Déroulant ses plans avec fluidité, on se dit que ça a l’air facile la batterie. Non, mon gars, c’est l’expérience qui fait que tu en prends plein les mirettes ce soir.

    C’est devant un public conquis et sous une belle ovation que le groupe salue l’assistance avant de quitter les planches. Un moment magique !

    Lien vidéo KLONE :

  • Nail By Nail – Embraced By Darkness

    Nail By Nail – Embraced By Darkness

    Genre : Black Metal
    Label : War Anthem Records
    Sortie : 9 Mai 2025

    Note : 75/100 Robin

    Vous le savez peut-être très bien vous-même.

    Y a des albums, ils nous laissent un peu… sans voix, sans mots.

    C’est le cas de ce premier album du groupe où j’ai si peu de choses à redire concernant les morceaux, tant l’excellence est ici de mise et le parti pris assez clair, tout en étant soigneusement conforme aux attentes.

    Ici on a à faire à du Black Metal 100% ténèbres. Un Black Metal lancinant mais toujours intense.

    Des mélodies infernales, des voix possédées qui n’hésitent pas à lorgner vers le Death pour apporter pluralité mais surtout plus d’Horreur.

    Car ce que j’aime énormément avec Nail by Nail, c’est que tout est fait non pas pour innover, non pas pour se démarquer, mais pour renforcer et accroître l’ambiance anxiogène et sombre de la musique.

    Et c’est là où le groupe réussit : l’ambiance de mort, caverneuse et effrayante.

    Alors, oui, ça ne se démarque pas de beaucoup d’autres formations, leur musique n’invente et ne crée rien. On a déjà entendu chacun des éléments, des choix faits par le groupe. Mais l’ambiance reste, s’imprègne, et on se surprend à vouloir y rester, dans cette humeur… dans ces mélodies lugubres et désespérantes. 

    Et finalement, l’essentiel est là… Court mais intense, court mais infiniment sombre.

    Tracklist :

    01 – Born in Total War  

    02 –  Crooked Nails  

    03 – Cosmic Fire  

    04 – The Frozen Tomb  

    05 – Embraced by Darkness

    06 – Dagger Nights

    Line up : 

    Noel A.- Batterie

    Lars H. – Guitare

    Tobias R.- Guitare, Ecriture

    Philipp H. – Chant, Paroles

    Emmanuel B – Basse

    Liens : 

    http://nailbynail.bandcamp.com/

    https://www.facebook.com/nailbynailband

    https://www.instagram.com/accounts/onetap/?next=%2F