Le Metal et la guerre
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Un dossier de WvG
Ça pue, non ? Vous ne trouvez pas ?
Je ne parle pas d’une flatulence humide oubliée négligemment par le passager précédent de l’ascenseur mais plutôt de la situation internationale qui serait commentée en prime time par Léon Zyklone… Une sorte d’odeur de napalm au petit matin… Alors, oui, ça sent la merde… mais aussi la guerre… Les plus informés d’entre vous auront assez aisément noté la progression fulgurante de la connerie humaine depuis la dernière décennie, c’était latent et insidieux… mais le monstre commence à prendre forme. Je vais peut-être un peu loin mais l’analogie avec le déclin des civilisations précédentes est à la similitude, et comme l’Histoire se fait davantage cancel que regarder face à face avec soi-même comme un miroir de son présent, autant dire qu’on est mal barrés. Le déni, c’est quand même beau, quand c’est bien fait, hein ? Mais je vais arrêter ici, je risque de passer pour un enfant sermonneur élevé à la tradi, version Betharram, ou une folle lanceuse d’alerte quand le principal responsable a « oublié » ou « pas été averti » …
Bref, mon propos en soi ne va pas aller sur « comment sauver le monde sans métahumain ou deus ex machina, avec de la simple intelligence collective, en 3 leçons ! (la 5 va vous étonner) » mais sur le lien ténu entre le domaine artistique qui nous concerne, le Metal donc, et la chronologie des événements, parfois de manière prémonitoire, les artistes étant souvent les Cassandre d’une société en profond mal-être qui pressentent le devenir de celle-ci, avertissent sous des biais poétiques, et tombent dans une oreille assourdie par le bruit des explosions, rafales et destructions ou, pire… du silence, du regard baissé – quand ce n’est pas le futal – et des bouches aussi closes que les portes face à la détresse. Et sans trop vouloir m’avancer – ou vous spoiler – en général, la détresse mène à la colère, la peur, la haine, la déraison… et hop, fin du game.
[NB : à tous celleux qui geindraient que « ouin ouin t’as oublié celle-là », c’est toujours non exhaustif… mais si vous cherchez la guerre, vous l’aurez !]
Même quand on est un vilain sabotageur, on sait que « la guerre, c’est fantastique ! » Quand on est dans un genre qui se veut extrême ou, a minima, un brin provocateur ou, mieux – enfin selon le point de vue, hein… parait que tonton Adolf a « fait de bonnes choses comme les autoroutes » en plus d’être un bon peintre selon la relativité des points de vue de certains et leur notion de « détails de l’Histoire » – fasciné par le pouvoir et l’emprise de la peur qui mène au contrôle de l’esprit et, par conséquent, à la manipulation des masses bêlantes… Oui, oui, je parle du fascisme au sens le plus « noble » du terme, pas celui décrié (et revendiqué) par le premier bozo à qui on a refusé l’entrée en boîte parce qu’il était bourré et dont on a subséquemment attenté à ses libertés fondamentales…
Le Metal, c’est du gros son, de l’artillerie lourde, du bruit qui est censé penser (pour détourner la maxime de Victor Hugo) ; rien de forcément étonnant à ce que la connexion entre Metal et guerre se fasse symbiotique, au point d’engendrer un sous-genre, dit « War Metal », aux frontières aussi floues que celles d’Israël actuellement, du moins tant que le Club Med en projet de construction sur Gaza ne sera pas dératisé, désinfecté, désinsectisé, dégazaouizé en somme. Une sorte d’euthanasie sans prépuce… Oui, d’autres se sont fait virer de France Inter pour une vanne du même genre mais du sang a coulé sous les ponts depuis… Ah non, suis-je sot : y a plus de ponts… Leurs noms vont du sobre Nuclear Blaze au plus éloquent Zyklon-B. Faut vraiment aller creuser et connaître leurs auteurs pour tracer la ligne de front entre utilisation provocatrice et adhésion, tout comme quand je fais un sarcasme tellement énorme la phrase précédente que certains assez ignares penseront que je soutiens les génocides au profit du tourisme de masse et que j’ai des actions chez Benjamin&Vacances…
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« Assis à table, ils parleront des cris qu’on fait taire, ils parleront de la mort et de son pouvoir » (« Les Brutes », Trust). Fascinant, n’est-il pas… Suffisamment en tout cas pour servir de source d’inspiration, de la manière la plus soft, descriptive sans être pour autant dans l’adoration, comme « Angel of Death » de Slayer, ou bien plus dans la tendinite du coude à quarante-cinq degrés et le modus vivendi (et une fois encore, ces mous du bulbe et du gland qui rêvent de la puissance et la virilité qui leur manque tant ne provoquent en moi qu’une aversion au point de ne pas m’étaler davantage sur leur cas, qu’ils vous soient lointains ou peut-être voisins, usant de dialectes peu compris – voire bretonnants – pour vous faire adhérer à votre insu à leurs théories rances pendant que vous headbanguez). Toujours est-il que la batterie de canons est le rythme adéquat pour un « War Ensemble » paru en 1990 sur leur Seasons in the Abyss.
Le rythme militaire, la marche au pas… ça enthousiasme… c’est exaltant… il y a quelque chose de décérébrant là-dedans, au point qu’on se complaît à ne plus réfléchir, de bon ou mauvais gré, et suivre le mouvement, jusqu’à en arriver à ce que ce moment merveilleux se mue en Purge géante : et un American Nightmare allongé pour la table 2 ! Le timbre de cette caisse claire qui résonne quand on ne raisonne plus est devenu idiomatique à un niveau tel que c’est une sorte de passage obligé dans la “protest song”, qu’elle soit francophone (le final de « Tranchées 1914 » de Misanthrope) ou anglophone (celui de Lamb of God sur « Now you’ve got Something to die for » avec sa cymbale ride digne d’une gatling au ralenti).
On retrouve aussi cette fascination, pas que rythmique, chez Bolt Thrower avec « No Guts No Glory » ou Marduk qui a choisi une pochette de bon goût et aloi pour Panzer Division Marduk, bien que ne traitant assez peu du sujet guerrier dans son ensemble à l’exception de « Steel Inferno ». On peut même aller jusqu’à la propagande, quand un Drowning Pool fait de son « Soldiers » un hymne à aller dégommer de l’« ennemi » (avec une fois encore… devinez… oui, la caisse claire martiale !), tous fiers qu’ils sont de le jouer en « soutien moral » dans les camps en Irak et Koweït…
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« Si les Ricains n’étaient pas là, vous seriez tous en Germanie » … Rigolo de voir qu’encore actuellement, les États-Unis – du moins ceux qui ont été élus à leur tête, si je puis utiliser le mot « tête » avec ces énergumènes qui semblent en manquer – usent de ces paroles éculées comme d’un argument pour oublier que sans les autres pays, eux-mêmes seraient encore Anglais, Français, Espagnols, Hollandais (oui, oui) voire… Algonquins. Toujours est-il que, comme McCain (les frites, pas l’homme politique), « c’est ceux qui en parlent le moins qui en mangent le plus » et aussi ceux qui l’ouvrent pour vomir avant que leur cortex n’ait digéré les informations (cf. justement cette deuxième GM durant laquelle ils ne seraient jamais intervenu si le Japon n’avait pas décidé de leur démontrer qu’ils n’étaient déjà pas intouchables…) Bref, cette population au goût exacerbé pour l’obésité morbide et la « liberté » d’élire le dictateur qu’ils veulent – un peu tard pour s’en rendre compte mais bon, d’ici là, la Constitution de 1776 aura été abolie donc tout va bien – sont aussi nombreux à ne pas vouloir de guerre de quelque sorte. Si le genre « Protest Song » a eu ses grandes heures pendant la guerre du Vietnam, guerre PERDUE malgré la volonté de faire oublier l’Histoire par nos comparses étasuniens, il a perduré sous diverses variantes, y compris dans le Metal qui, en général, n’a pas oublié cette cuisante défaite.
Symptomatique d’une époque où la guerre se technologise, où la menace nucléaire est croissante, le Thrash ne va pas pouvoir passer à côté de la thématique, pas nécessairement pour encenser le match, son score et ses victimes mais comme un fait et généralement un biais de dénonciation ; Metallica s’en chargera à plusieurs occasions avec « One » (de nouveau la caisse claire militaire en introduction et la double pédale sur le pont central qui tinte comme la finesse d’une M60, quoi de mieux pour traiter du résidu de corps post-bataille et l’esprit coincé à l’intérieur et incapable d’exprimer son envie de mourir), « Battery », « Seek and Destroy » ou « Disposable Heroes ». Megadeth tiendra le sujet sur la quasi-entièreté de l’ – excellent – album Rust in Peace de 1990, ancré dans son époque dès son titre phare « Holy Wars… the Punishment due », écho aux Guerres du Golfe et toute la merde en train de se mettre en place en Arabie et qui mèneront les décennies suivantes aux attentats divers et variés au bodycount relatif à « qui a la meilleure raison d’aller envahir pour « venger » ses propres morts » (en France on n’est pas les meilleurs à ce jeu mais on est pas mal quand même, particulièrement le très grand cru 2015).
Parmi les moins connus, on trouve également des Dark Angel et l’angoisse de l’usage de LA bombe – ironique quand on sait qui l’a testé et approuvé par le passé, coucou le champi japonais – avec « Falling from the Sky », intégrant le sample devenu classique de la sirène annonçant la venue du « destructeur des mondes » atomique, ou Exodus qui aborde l’endoctrinement de type « in the name of » dans la chanson « War is my Shepherd », quand Testament est moins rentre-dedans mais le fait en sous-texte dans « Shades of War ».
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Tels des Grégory Lemarchal mais en moins morts, les « Américains » sont fiers de leur histoire et aiment bien l’écrire dans leur mémoire… parfois la réécrire mais on ne va s’attarder ici que sur la fierté en oubliant ce qui est davantage condamnable.
On va commencer par ceux TRÈS fiers de leur Histoire… au point de vouloir la changer en investissant le Capitole quand bien brainwashé par un rouquin dopé au bêta-carotène : Iced Earth. De « Gettysburg » à « Hold at all Costs », le groupe qui se contentait de jouer les narrateurs (très) partiaux et faire du Power Metal a fini par traverser la limite de l’observateur à l’acteur… « Distinguer l’œuvre de l’artiste… oui, je sais… le mantra… inspire, expire… » Pour ne pas oublier que ce groupe a avant tout eu sa place dans la musique, quitte à n’être que des propagandistes, mais aussi pour que l’Histoire se rappelle de tout leur CV un peu trop « patriote » (on parle de la notion un peu plus bas), voici donc le premier de ces deux morceaux dans sa version longue :
« What we’ve got here is failure to communicate. Some men you just can’t reach. So you get what we had here last week, which is the way he wants it. Well, he gets it. And I don’t like it any more than you, men. » Quoi de mieux pour continuer ce speech que d’évoquer un morceau qui est désespérément d’actualité, via l’échec de la communication, « Civil War » des Guns N’ Roses ? Si vous n’avez pas encore jeté un œil au film éponyme d’Alex Garland, faites-le : on y vient, c’est très proche… Mais revenons à la chanson des Guns, qui débute par le thème « When Johnny comes marching Home » habituellement joué à la flûte et qui sonne comme le chant des sirènes d’un joueur de Hamelin menant les rats à sauter du haut de la falaise (vous pouvez entendre ce même thème très clairement dans le film Die hard with a Vengeance). Si j’avais pu sortir des clous et taper dans du U2 (nom choisi en référence au bombardier qui s’est fait cramer à survoler les lignes russes pendant la Guerre Froide, en 1962) et leurs diverses chansons aux thématiques internes ou externes à l’Irlande, c’est comme si le mot « War » faisait partie du génome étasunien, eux-mêmes en proie à leur Histoire et celles à venir. On ne va pas parler plus longtemps des guerres internes ou intestines… Je ne suis ni votre psy ni votre gastroentérologue, bande de dégénérés – c’est ce que dit la société quand vous n’êtes pas « normal » … Bon, c’est aussi ce terme qui a justifié l’antisémitisme dès le début du XXème siècle avec des compositeurs comme Schönberg, Berg et Webern… Non, on ne va parler que des vraies, passées, présentes ou… à venir…
Tous ne vont pas glorifier le fait de massacrer ses congénères, fort heureusement… Sinon on arguerait une fois de plus que le Metal est la mère (ou le père, hein…) de tous les vices, incitant les plus faibles d’esprit – du moins ceux encore plus que les autres – à dézinguer son prochain, respectant de fait le Livre sacré qu’ils prônent comme un exemple à suivre et dans lequel ce conte narre qu’il est inscrit sur une plaque de marbre un des Commandements énonçant « tu ne tueras point ». Savatage par exemple (de retour en 2025 d’ailleurs, profitez-en, c’est du bon !) ne se prive pas de ne pas faire de métaphores ou de sous-entendus ; « Of Rage and War » sur le Gutter Ballet de 1989 dit les termes : la guerre, ça tue ! Tout comme Shadows Fall sur le simplement nommé « War », qui évoque l’impossibilité de changement sans réflexion préalable. De leur côté, Alice in Chains tape sans souci sur les conséquences de la guerre du Vietnam et l’engagement « pour la patrie » avec le titre « Rooster », référence au nom donné à la mitrailleuse américaine qui sera ensuite associé au père du chanteur Jerry Cantrell, un de ceux qui n’appréciaient pas plus que ça l’odeur du napalm au petit-déjeuner.
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« Engagez-vous… Rengagez-vous, qu’ils disaient ! » Restons un peu dans le côté historique de la chose. Imparablement on trouvera chez les métalleux des narrateurs ou conteurs de l’Histoire. Si ça peut servir d’outil de propagande pour certains évoqués plus haut, le ton devient plus neutre chez cette catégorie… Quoique… Quand Iron Maiden propose un « 2 Minutes to Midnight » traitant de la Doomsday Clock, métaphore géopolitique et géostratégique de la probabilité d’une guerre nucléaire et totale en fonction du degré d’agression, le propos est tenu et soutenu par une des plus belles punchlines après le « Let Freedom ring with a shotgun blast » des plus ironiques de Machine Head sur « Davidian ».
En effet, je vais entamer ce paragraphe avec Iron Maiden et CE morceau précisément, particulièrement à cause de la puissance de cette phrase, une de celles qui mériteraient d’être gravées par les survivants d’une apocalypse atomique : « Blood is Freedom’s stain », une problématique que ceux qui enclenchent les guerres oublient assez/trop souvent. Remarque, quand t’envoies les autres la faire à ta place pour ton bénéfice, qu’est-ce que t’en aurais à foutre ? Il va de soi que je pourrais poser ici nombre de chansons du quintette (puis sextette, aussi appelé “69”) anglais mais on peut se contenter de « Aces High » avec le discours de Churchill, « The Trooper » qui revient à la Guerre de Sécession évoquée plus haut avec un point de vue nettement moins neutre de la part d’Iced Earth, ou encore « Afraid to shoot Strangers » qui tombe en plein pendant la seconde Guerre du Golfe.
Difficile de passer à côté des conteurs de la Guerre sans parler de Sabaton AKA Mano-second-war (dont j’aurais également pu parler en long en large et en travers sur cette thématique tellement le simple champ lexical y fait constamment référence, le fameux Manowar Lyrics Generator), puisque c’est leur fond de commerce, devenu cliché au point que le feat. avec Nanowar (of Steel) – oui, je recoupe les noms et les articles, cf. un de mes précédents – joue sur celui-ci avec dérision pour commenter un match de foot comme une glorieuse bataille. Faut dire que le sujet est, malheureusement, tellement vaste que même leurs douze albums ne suffisent et ne suffiront jamais à en faire le tour, depuis Primo Victoria jusqu’à Heroes of the Great War… Malgré le côté historien des Suédois, le parti pris est quand même présent et la punchline aussi.
C’est d’ailleurs sur la présence de cette punchline que je vais continuer mon propos. Puisque quand Avenged Sevenfold fait le descriptif du front dans « Danger Line » (et de nouveau la caisse claire en introduction et le thème d’inspiration militaire siffloté dans l’outro), le « Nothing shocks you like a bullet » est assez impitoyable et brutal, tout comme cette litanie martelée « Who has won ? », sorte de ritournelle dans le « A Farewell to Arms » de Machine Head qui suit la mélopée introductive sur un morceau de dix minutes.
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« Si vis pacem para bellum » … Si tu veux la paix, prépare la guerre ; locution attribuée à Végèce, auteur du Epitomia rei militaris au IVe siècle E.C.
Le risque quand on s’attaque à ce type de laïus et de thématique, c’est de tomber dans le sempiternel discours de Miss France « la guerre, c’est mal » ou « les méchants, y sont pas gentils » … Le pathos, la dichotomie du manichéisme pur et dur. Disons que j’ai un point de vue assez éloigné – et misanthrope – basé sur le principe même d’autodestruction de l’espèce humaine, guidée par son aveuglement et son endoctrinement. Et à défaut d’aller loller sur vos tombes, je cracherais davantage à la gueule de ceux qui ont l’hypocrisie et l’outrecuidance de graver au sommet d’une épitaphe : « La patrie reconnaissante » ou « Mort pour la patrie » … Mon cul doit être en acier trempé : la « patrie » s’en fout de toi, tu es mort pour des intérêts qui te dépassent allègrement et, si vraiment elle était reconnaissante, d’une part tu ne serais pas oublié, d’autre part tu ne serais pas récupéré par des orateurs suffisamment bons pour faire oublier le passé quand ça les arrange, et pour finir il n’y aurait plus de guerre, puisqu’on aurait tiré les leçons de ce dit passé… Étonnamment, que dalle, “c’est l’histoiiiiire de la mort, le cycle éééééterneeeeel…” D’autant que ces mêmes burineurs seront les derniers sur le champ de bataille, marchant sur ton cadavre pour venir se serrer la paluche une fois le nettoyage fait en amont. « Pour élever un cénotaphe, il faut choisir un million de victimes » dit un Richard Burton misanthrope atteint – j’utilise ce terme comme sa propre interprétation d’une malédiction qui finalement lui sert à démontrer sa vision de la nature humaine – de télékinésie dans le film La grande Menace ; le sarcasme de ce personnage vient parfaitement illustrer le cynisme de la situation : quand tu te prends une bombe sur la tronche et que t’as rien demandé à personne, est-ce que toi aussi tu es « mort pour la patrie » ?
Pour aller dans le sens de cette ironie, poser ici un « B.Y.O.B » de System of a Down parait le bon moment tant les paroles et le rythme sautillant – si l’on s’extrait de celui des bottes, introductif, qui est un « mauvais réveil » pour Balavoine dans son « Soulève-moi » – vont en adéquation avec le ton, ironiques dans leur numéro de duettistes : « Everybody’s going to the party/Have a real good time/Dancin’ in the desert/Blowin’ up the sunshine » ; la grande éclate, trop d’la bombe, en somme… une sorte de pendant au « On va tous crever, y a la fin du monde qui nous guette et nous, on fait la fête » de Didier Super. Après tout, Vaut mieux en rire que de s’en foutre…
Mais allons plutôt du côté très protest, avec ceux qui taillent davantage qu’ils ne vénèrent, ou essayent tant que faire se peut de tabler sur un prosélytisme pacifique plutôt que belliqueux. Parlons donc de ces « ennemis du patriotisme » et du war business, salauds de pacifistes, va !
C’est cool, la guerre, hein ? La boucherie et l’équarrissage, ça vous tente ? Alors essayez déjà de le faire en vrai sur des animaux et vous aurez un avant-goût de la version sur les humains. Mais bon, on vous vend de l’honneur et de la gloire, jusqu’à les exploiter dans les titres des jeux vidéo… Judas Priest évoque ce biais, non des jeux vidéo mais de l’image fallacieuse de la renommée incrustée par des leaders sans scrupule(s) pour la Vie, du « héros de guerre » … avec « One Shot at Glory », morceau qui termine son propos par un fataliste « I still hear the battle cry/I still see the banners fly ». Dream Theater martèle mot à mot cette phrase « It’s time to make a change/Time… for… change… » qui semble ne pas rentrer en tête aussi facilement qu’une bastos de kalachnikov dans leur titre « Prophets of War ».
Les pires sont ceux qui vous laissent de l’espoir… Qui n’a pas déjà fredonné le sifflement de Klaus Meine ou même le refrain aux harmonies si parfaites qu’on croirait n’entendre qu’une seule voix de cette même chanson « Wind of Change » paru sur Crazy World, un titre si adéquat, de Scorpions en 1990 ? Faut dire que la Guerre Froide touchait à sa fin après la chute du mur de Berlin… Et tant qu’à parler de murs, parlons d’Israël – fallait bien, à un moment – puisque la leçon allemande n’a pas servi à l’Histoire qui se répète en génocides… mais je préfère m’attarder sur des gens un peu moins cons, comme Orphaned Land, groupe qui tient en son sein des Israéliens et Palestiniens, chose peu aisée tant les deux peuples ont des comptes à régler… Leur espoir tient en une simple mélodie mêlant les deux cultures musicales : « Let the Truce be known ».
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Je n’aurai évidemment pas pu faire le tour du sujet, tout comme je l’avais annoncé en préambule, une guerre débutant quand une précédente s’achève et laissant tant d’opportunités d’en faire une chanson apologue ou contestataire, le tout sans m’éloigner du genre Metal bien sûr. On aurait pu aborder les mots de Max Cavalera, que ce soit dans Sepultura (« Territory », « Refuse/Resist »), Nailbomb (tout l’album) ou Soulfly (album éponyme), mais aussi Kataklysm (« Face the Face of War ») ou Death (« Left to die »). J’aurais même pu évoquer FT-17 (« Assaut au bout de la Tranchée du Diable ») ou Wormfood (« Ordre de mobilisation générale ») pour parler un peu des Français … Mais… Rappelez-vous quoi qu’il en soit que ces morceaux, s’ils n’ont pas le fin mot, peuvent influencer et que les discours de haine de son prochain attisent quand ceux plus raisonnés et raisonnables font peur et ont toujours fait peur aux dirigeants, ceux que vous choisissez et/ou auxquels vous choisissez d’obéir ; rappelez-vous qu’un « Déserteur » de Boris Vian a été censuré parce qu’il incitait à ne pas aller buter son voisin… « La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. » (Paul Valery)





















































































































