Le Metal et les abus de la gratuité ou des taxes mal placées
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Un dossier de WvG
Ah, putain ! Ça faisait longtemps que ça couvait mais le contexte s’y prêtant de plus en plus, il s’en est fallu de peu pour que la flatulence intérieure que je retenais ne sorte pas en version Hiroshima. Je ne voudrais pas le couvrir d’éloge parce que sinon il ne pourra plus redescendre mais c’est la faute à LB D, membre de la team Memento, AKA « l’allumette », qui a mis le feu aux poudres : si lui ne pourra plus tenir sur ses jambes en prenant le melon, je vais vous expliquez pourquoi vous ne pourrez plus vous assoir et en redemandez. Aujourd’hui, on va parler sodomie ! Jingle ! « Le Metal, c’est très très bieeeeeen ! Ça coulisse plus facilement dans un rectum et en plus ça laisse pas d’échardes comme le boiiiiis ! »
Bien ! Passée cette courte mais savoureuse introduction dans les fins fonds de votre… personne, attaquons le vif du sujet quand votre sujet lui-même est mis à vif par son entrée la moins neuronale mais la plus nervurée. Ces derniers temps, j’ai l’impression d’assister à un atelier pédagogique proposé par la Fistinière sauf que les enfants, ils ont une carte d’électeur ! Difficile de se proposer comme aspirant sutureur de renflement brun quand le patient aime à se le faire dilater et, à force, plus c’est gros, plus ça passe, voire on vous demande d’acheter vous-même votre propre vaseline pour les moins consentants « mais quand même, ça fait pas si mal à la longue ». Et elle est longue, cette grosse bite du système que vous semblez valider par votre abnégation voire déni. « Les Français sont un peuple résilient », n’est-ce pas ? Quitte à parler de sodomite, on en revient au politique, quand vous vous trouvez face au dilemme cornélien de voter pour un enculé ou pour faire barrage à un autre enculé qui vous semble plus enculé que l’enculé que vous préférez pour vous la mettre. « La pizza au caca, on s’y fait avec le temps, même si à force on se dit que la pizza est dispensable… »
Comme j’aime bien les allégories et métaphores, je vais étendre cette tartine de nutella fécal sur la tranche de la culture puisque, quand il s’agit d’économie d’échelle et de solidarité, fraternité, égalité et autres trucs en suffixe « té » auxquels personne ne prête plus attention avec l’accroissement de la débiliTÉ, les coupes sombres comme l’intérieur d’un côlon – et je parle bien anatomie et pas sionisme – se font sur la culture, l’éducation, la santé et j’en passe des plus utiles en jouant sur la culpabiliTÉ de celleux incapables de se rendre compte qu’ils jouent tellement le jeu de ce système qu’iels en deviennent un maillon essentiel, limite un maillon-boule tellement iels en redemandent (oui, aujourd’hui ça sera partiellement inclusif par flemme et aussi pour titiller la partie obscure de certain.e.s). « Attends, je crois qu’il reste encore un peu de place au fond là… Ahhhh… ah bah non, y a déjà le cadavre d’un groupe précédent que j’aimais bien… »
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J’explique : le détonateur enclenché par ce terroriste latent de LB D a été « j’ai vu qu’il y avait le lien YouTube vers l’album entier ; est-ce qu’on le met dans la chronique ? » … Bah non, on ne met rien ni personne ! Et avec ou sans consentement, « c’est un truc que les labels font de plus en plus » … Si les gens deviennent de plus en plus cons et égoïstes sans gêne – et sans race –, faut donc favoriser ça ? Pour ma part, non. On voit déjà les dégâts que la fainéantise artistique tend à causer sur la « variété française », pas envie de reporter ça au Metal. Mais ici n’est pas tant la question mais plutôt celle d’une éthique : qu’on mette un échantillon gratuit du produit – fragrances diverses et variées de chez Séphora, dégustation de Jack Daniel’s au Carrouf (si, si, véridique), application de lubrifiant sur les parties les plus à fleur de peau – pourquoi pas, c’est cohérent, ça donne envie d’aller plus loin dans… bref. Mais qu’un label ou un groupe offre la totalité du produit gratuitement me pose un réel problème ; ça donne une impression, très raccourcie me direz-vous mais clairement effective si vous y regardez bien, de « gratuit = sans valeur >> sans valeur = « normal » qu’on me le fournisse gratuitement et je suis légitime de me plaindre dans le cas contraire ». Mais merde, vous êtes payés en visibilité ou en applaudissements, vous ? Il est gratuit, votre boulot ? Et si vous veniez à demander une rémunération parce que « tout travail mérite salaire », ça ne vous ferait pas chier qu’on vous dise « non mais… tu comprends… ça a toujours été gratuit donc je vois pas pourquoi je te paierais… » ? Pour ma part, si l’échantillon me plait/convient, j’achète le reste ; dans le cas contraire, je passe mon chemin. Mais je paye parce que ça a une valeur, comme tout travail ou toute vie passée à le fournir.
J’ai connu par le passé un bassiste tout fier au lendemain de la sortie d’un album – qui a coûté une somme rondelette au groupe – que ledit album soit déjà sur un site pirate russe ! « Maaaaais tu te rends pas compte, ça fait de la visibilité… » Bah non, mon con, ça veut juste dire qu’il y a un enculé qui a encodé l’album (disponible uniquement en format matériel à l’époque) et l’a fourni à d’autres enculés pour qu’une pléthore d’enculés en profite… mais qui récolte les fruits de ton travail ? Toi ? Ton prochain album qui aurait pu être financé par les retombées des ventes ? Et ta visibilité, tu crois vraiment qu’elle va te servir avec des mecs du fin fond d’un continent lointain qui vont venir à ton concert à Perduville parce que t’arrives pas à développer tes finances pour organiser un concert ? Bref, pour moi, l’exemple même de l’individu qui n’a pas compris qu’il faisait partie d’un système dans lequel il se faisait élargir massivement par d’autres tout en pensant être antisystème.
Parce que l’image de la rockstar blindée de thunes, c’est une image d’Épi-anal (et avec l’essor de l’IA et la capacité croissante de mythomanie, autant dire qu’on n’a pas fini de vous vendre du bonheur virtuel et de l’ouverture d’… esprit) : peut-être qu’il y a bien longtemps, des groupes comme Metallica ou Iron Maiden ont pu faire leur beurre et mettre quelques fonds en réserve pour vivre confortablement, mais les actuels j’en doute très sérieusement, esclaves malgré eux ou à l’insu de leur passion initiale d’un mode de con-sommation dans lequel ils et elles sont les citrons. Ah c’est sûr, ça voyage, ça voit du pays pour certains… Mais en vrai, si on gratte un peu les photos sur Instagram, on voit que tel groupe est passé à tel endroit ; mais qu’en ont vu ses membres de cet endroit, à part la scène et les gens devant ? Est-ce qu’au moins ils et elles ont eu le temps d’en profiter pour visiter, rencontrer, découvrir… s’en inspirer, pourquoi pas ? « Ah non, merde, demain, il faut être à cinq cents kilomètres pour une autre date… mais on va mettre une belle photo sur les rézosocio avec une photo de nous devant le public en train de faire des horns, c’est classe. Et pis, il faut bien bouffer… Ah… bah non, l’argent qu’on a gagné a payé la location de la salle, les techos, le label, la prod… Bon bah, il me reste un sandwich triangle, on se le partage ? »
[ceci n’est pas une dilatation anale non plus mais ça pourrait]
J’ai déjà parlé précédemment de mon amour indéfectible pour les plateformes genre Spotify et la philosophie ultra capitaliste de leur boss, je pourrais de nouveau m’élancer contre les labels qui rongent les budgets au point de ne plus proposer de produire mais de distribuer, tout en imposant une charte artistique et un moule incassable au point de pressurer un groupe jusqu’au non-sens total de la quantité plus que la qualité, avec l’usure du créateur qui entre en ligne de mire. Si en plus le fruit du travail est offert, l’artiste/créateur n’est plus qu’une vague vache à lait qu’on va envoyer à l’abattoir quand elle sera vidée de toute substance. Et pourtant, c’est pas faute de la remplir de substances diverses et variées mais surtout séminales à coups de verges dans ce gangbang mercantile.
Un autre exemple me vient concernant ce sentiment de « gratuité = « on me doit » » [je devrais dire « doigte » mais à l’écrit, ça rend moins bien et, en ressenti personnel, ça me chatouille un peu trop le fondement] : les événements gratuits. Posez vous un instant en observateur des attitudes de vos con-génères, plusieurs variables se mettent place : soit on considère que parce que c’est gratuit, ça n’a aucune valeur AKA « c’est de la merde » et on n’y va pas (en râlant ensuite que « y a plus rien de gratuit, ma bonne dame ! Ouin, ouin, ouin »), soit cette image de valeur nulle est tellement ancrée dans l’esprit que le respect est enterré directement six pieds sous terre avec la rétribution financière des intervenants, organisateurs et j’en passe : vous savez, les gros cons – et il n’y a ici aucune grossophobie – qui arrivent en retard en dérangeant tout le monde, qui parlent pendant la représentation comme s’ils étaient accoudés au zinc de leur PMU, qui font du bruit et/ou interviennent… C’est chiant, hein ? T’inquiète que quand c’est payant ET qu’ils ont payé, ils se comportent moins comme les premiers des crétins. Pourquoi ? Parce que dans le restant de cortex neuronal résiduel de ce qui leur sert de crâne, ça a coûté un prix, donc ça a de la valeur, donc on (se) respecte entre gens qui ont payé, une sorte de syllogisme de valeur(s) actuelle(s) exponentiel au tarif.
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Mais la grande famille (du Metal, pour ce qui nous importe) est ainsi faite et point ne me chaut de la balancer comme d’autres font de leur porc. Et les « not all », je m’en bats un peu les reins : si vous adhérez à cette philosophie autodestructrice, même sans vous en rendre compte, vous jouez le jeu. Je ne vais surtout pas m’extraire de ce truc, j’ai moi aussi profité de certains avantages des situations ci-dessus exposées : qui n’a jamais téléchargé un album gratuitement ? Pas moi. Mais je l’ai fait pour des trucs introuvables ou, quand j’ai pu les trouver, j’ai versé mon obole au créateur du « contenu » finalement, parce que ça, ça me paraissait légitime, bien plus que de considérer que parce que c’est gratuit, ça ne vaut rien. L’individualisme donne également cette idée de groupe nombreux… mais ça ne fait qu’un plus un plus un plus un, sans former d’unité… de valeur.
Une autre actualité en corrélation avec le tirage dans les pattes, l’auto croche pied, c’est « l’affaire Obscura ». Quitte à parler d’individualisme, je comprends toujours d’autant plus les « one man band » qui s’entourent de guests pour pondre un album. Parce que ça sécurise la parenté de leur création et ça évite les rancunes, rancœurs, ressentiments et plus si affinités quand vient le moment du divorce et du partage des biens de la communauté réduite aux acquêts. Et autant dire que Obscura, c’est Steffen Kummerer and friends, les friends étant évincés consécutivement à la sortie de l’album, avec une ouverture de la fissure anale telle celle de Moïse avec la Mer Rouge – et pourtant on avait dit qu’on ne parlait pas des mers. Les friends finissent donc par se réunir pour un « balance ton Steffen » ou créer un album (exemple, Changeling) qui démontre à ceux qui en doutaient encore ou l’ignoraient par facilité intellectuelle que les œuvres sorties sous le nom « Obscura » sont de LEUR fait, le tout avec en arrière-plan le sourire narquois du produc… distributeur qui a bien pressuré pour obtenir son produit et se frotte les mains en se disant que ça fait du buzz pour sa trademark, avec un quotient de benchmarking en hausse… bref des termes à la mords-moi-le-nœud sans plus aucun lien avec l’artistique mais plutôt avec le rendement et l’arrivée massive de pognon dans leur escarcelle.
Déjà que réaliser que tu te tues à travailler gratos, ça doit te la foutre mal, mais qu’en plus tu te fais snober et dépouiller de ton travail pour que le mérite tant financier que de renommée – parce que comme un con, t’as signé une clause qui cause ton eugénisme artistique (que j’appellerais « clause Barbie » pour la peine) le tout en fermant bien bien ta gueule parce que si tu l’ouvres, tu te mets encore plus dans la merde et on va te démolir – je comprends que ça puisse nettement courroucer. M’étant déjà, et à échelle bien moindre puisque bien moins de notoriété, trouvé dans cette situation de « on ne vire pas, on incite à partir » (sic) mais « on garde tout ton taff parce qu’on n’a rien protégé à ton nom, et ça va nous servir », je comprends d’autant plus les démarches de Münzner, Geldschläger ou autre ex-acolyte de Kummerer de balancer et faire la démonstration de LEUR talent de compositeur quand l’appropriation est nette. Cependant, je n’irai pas plus loin dans mon exemple personnel pour ne surtout pas faire la promotion de ce genre de mentalité de merde… et peut-être qu’un jour je proposerai un autre album quand ces joyeux drilles auront fait la démonstration de leur incapacité à le faire de leur propre chef… mais aujourd’hui, j’écris ici et j’ai pas le temps de tout faire non plus, hein.
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Dans les actualités délirantes, et toujours en rapport avec la place du pognon et la question d’où en trouver en déshabillant PierPolJack pour habiller Sinsemilia, et si je vous parlais plus haut déjà du fait que l’appauvrissement culturel était lié principalement à celui de ses acteurs, parlons du sujet « et si on vous faisait payer un emplacement pour votre stand de merch’ ? »
Ce nouveau pavé dans la mare, aussi appelée « fosse septique familiale », toujours plus abscons a été lancé par Dagoba et sa venue dans une salle où on leur a demandé, en gros, une taxe de séjour pour leur stand, comme on demanderait pour un emplacement de foire à tout. Résumons et synthétisons mon propos ci-dessus : le label chez qui tu as signé a tout fait pour économiser ses frais, au point de ne plus produire ton album mais le distribuer, de réduire ses coûts au format numérique et plus matériel, de mettre ta création en accès libre et gratuit sur internet… Bref, tu touches peau-de-zob a contrario de celui chez qui tu as vendu ton âme. Il te reste quoi pour bouffer ? La scène ? Non, tous les frais passent dans l’organisation et ses alentours. Ah ! Le merch’ ! Bah oui mais non, tu vas désormais devoir payer pour être payé, ce que tu as déjà fait pour produire ton album avec l’espoir utopique de pouvoir en tirer un quelconque pécule… Ça vous parait toujours aussi cohérent, maintenant que j’ai réduit l’équation au maximum ? Moi pas…Le seul pécule qu’il te reste, c’est celui pour essuyer les quelques petits soldats laissés par celui qui t’a souillé et élargi les sphincters.
Pour ma part, je trouve la réaction du groupe (et même si je ne suis pas fan de l’image arriviste de son leader, que je ne connais pas assez pour me permettre de juger sans faits) plutôt cohérente : verser une obole au chapeau pour le chaland afin de régler cette « taxe » et reverser l’excédent à une association de défense du lieu où prendra place leur prestation. Mais pour faire une comparaison – deux en fait – c’est comme si le bar où « on est bien gentil de t’accueillir pour te faire jouer gratuitem… en « visibilité » mais en plus tu vas payer l’obsolescence de la scène parce que ta basket a usé le sol » … ou encore « tu vois cette sodomie que tu n’as pas demandée mais qu’on va t’infliger ? Bah tu vas ramener ton gode, ton lub et tu vas te l’insérer toi-même parce qu’on va filmer et diffuser ta prestation, si tant est que tu fasses une performance qui reste dans… les annales ! »
[ceci est un trou noir supermassif… oui, je sais, c’est confondant quand on se penche bien et est assez souple]
Donc ne remerciez pas LB D si vous avez subi ces quelques pages de balles pas perdues mais ciblées, c’est rien que sa faute d’abord ! Il a relâché le Kraken de ma misanthropie. Mais je ne serai pas l’Atlas soupesant ce qu’il est nécessaire de réfléchir et démolir en profondeur, AKA « casse-moi tout là-dedans, je suis pas ta mère ». Car tout ce laïus, s’il est fait gratuitement, n’est pas gratuit : réagir, c’est déjà un bon début ; agir, c’est nettement plus constructif. Et je mets de la valeur à ces valeurs, mon Bushido personnel, parce que je ne comprends pas – ça, c’est mon trouble autistique personnel – pourquoi on s’offusque un peu, seulement, avant qu’un autre élément de langage de type « oh un voile islamique » vienne éclipser la baleine sous le gravillon, ce que je ne trouve ni très catholique ni très orthodoxe (Oui, j’ai déjà dézingué les religions dans un papier précédent, je ne vous cache pas que je ne voulais pas faire de déçus ici encore, même si le kamasutra n’est qu’évoqué en sous-texte par la prise de position de levrette claquée avec erreur sur l’orifice à insérer). La gratuité vous convient, sans faire trop d’effort pour chercher où est le problème réel ? Tant mieux… Mais rappelez-vous que si c’est gratuit, c’est que le produit, c’est vous !
[NB : si vous trouvez des similitudes dans le ton avec de lointaines chroniques de Pierre-Emmanuel Barré, ce n’est pas une coïncidence et sachez que j’apprécie votre bon goût, mais pas celui de votre bite.]




















































