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  • Y a que la maille qui m’aille

    Y a que la maille qui m’aille

    Le Metal et les abus de la gratuité ou des taxes mal placées
    Un dossier de WvG

    À lire, partager et commenter

    Ah, putain ! Ça faisait longtemps que ça couvait mais le contexte s’y prêtant de plus en plus, il s’en est fallu de peu pour que la flatulence intérieure que je retenais ne sorte pas en version Hiroshima. Je ne voudrais pas le couvrir d’éloge parce que sinon il ne pourra plus redescendre mais c’est la faute à LB D, membre de la team Memento, AKA « l’allumette », qui a mis le feu aux poudres : si lui ne pourra plus tenir sur ses jambes en prenant le melon, je vais vous expliquez pourquoi vous ne pourrez plus vous assoir et en redemandez. Aujourd’hui, on va parler sodomie ! Jingle ! « Le Metal, c’est très très bieeeeeen ! Ça coulisse plus facilement dans un rectum et en plus ça laisse pas d’échardes comme le boiiiiis ! »

    Bien ! Passée cette courte mais savoureuse introduction dans les fins fonds de votre… personne, attaquons le vif du sujet quand votre sujet lui-même est mis à vif par son entrée la moins neuronale mais la plus nervurée. Ces derniers temps, j’ai l’impression d’assister à un atelier pédagogique proposé par la Fistinière sauf que les enfants, ils ont une carte d’électeur ! Difficile de se proposer comme aspirant sutureur de renflement brun quand le patient aime à se le faire dilater et, à force, plus c’est gros, plus ça passe, voire on vous demande d’acheter vous-même votre propre vaseline pour les moins consentants « mais quand même, ça fait pas si mal à la longue ». Et elle est longue, cette grosse bite du système que vous semblez valider par votre abnégation voire déni. « Les Français sont un peuple résilient », n’est-ce pas ? Quitte à parler de sodomite, on en revient au politique, quand vous vous trouvez face au dilemme cornélien de voter pour un enculé ou pour faire barrage à un autre enculé qui vous semble plus enculé que l’enculé que vous préférez pour vous la mettre. « La pizza au caca, on s’y fait avec le temps, même si à force on se dit que la pizza est dispensable… »

    Comme j’aime bien les allégories et métaphores, je vais étendre cette tartine de nutella fécal sur la tranche de la culture puisque, quand il s’agit d’économie d’échelle et de solidarité, fraternité, égalité et autres trucs en suffixe « té » auxquels personne ne prête plus attention avec l’accroissement de la débiliTÉ, les coupes sombres comme l’intérieur d’un côlon – et je parle bien anatomie et pas sionisme – se font sur la culture, l’éducation, la santé et j’en passe des plus utiles en jouant sur la culpabiliTÉ de celleux incapables de se rendre compte qu’ils jouent tellement le jeu de ce système qu’iels en deviennent un maillon essentiel, limite un maillon-boule tellement iels en redemandent (oui, aujourd’hui ça sera partiellement inclusif par flemme et aussi pour titiller la partie obscure de certain.e.s). « Attends, je crois qu’il reste encore un peu de place au fond là… Ahhhh… ah bah non, y a déjà le cadavre d’un groupe précédent que j’aimais bien… »

    *

    J’explique : le détonateur enclenché par ce terroriste latent de LB D a été « j’ai vu qu’il y avait le lien YouTube vers l’album entier ; est-ce qu’on le met dans la chronique ? » … Bah non, on ne met rien ni personne ! Et avec ou sans consentement, « c’est un truc que les labels font de plus en plus » … Si les gens deviennent de plus en plus cons et égoïstes sans gêne – et sans race –, faut donc favoriser ça ? Pour ma part, non. On voit déjà les dégâts que la fainéantise artistique tend à causer sur la « variété française », pas envie de reporter ça au Metal. Mais ici n’est pas tant la question mais plutôt celle d’une éthique : qu’on mette un échantillon gratuit du produit – fragrances diverses et variées de chez Séphora, dégustation de Jack Daniel’s au Carrouf (si, si, véridique), application de lubrifiant sur les parties les plus à fleur de peau – pourquoi pas, c’est cohérent, ça donne envie d’aller plus loin dans… bref. Mais qu’un label ou un groupe offre la totalité du produit gratuitement me pose un réel problème ; ça donne une impression, très raccourcie me direz-vous mais clairement effective si vous y regardez bien, de « gratuit = sans valeur >> sans valeur = « normal » qu’on me le fournisse gratuitement et je suis légitime de me plaindre dans le cas contraire ». Mais merde, vous êtes payés en visibilité ou en applaudissements, vous ? Il est gratuit, votre boulot ? Et si vous veniez à demander une rémunération parce que « tout travail mérite salaire », ça ne vous ferait pas chier qu’on vous dise « non mais… tu comprends… ça a toujours été gratuit donc je vois pas pourquoi je te paierais… » ? Pour ma part, si l’échantillon me plait/convient, j’achète le reste ; dans le cas contraire, je passe mon chemin. Mais je paye parce que ça a une valeur, comme tout travail ou toute vie passée à le fournir.

    J’ai connu par le passé un bassiste tout fier au lendemain de la sortie d’un album – qui a coûté une somme rondelette au groupe – que ledit album soit déjà sur un site pirate russe ! « Maaaaais tu te rends pas compte, ça fait de la visibilité… » Bah non, mon con, ça veut juste dire qu’il y a un enculé qui a encodé l’album (disponible uniquement en format matériel à l’époque) et l’a fourni à d’autres enculés pour qu’une pléthore d’enculés en profite… mais qui récolte les fruits de ton travail ? Toi ? Ton prochain album qui aurait pu être financé par les retombées des ventes ? Et ta visibilité, tu crois vraiment qu’elle va te servir avec des mecs du fin fond d’un continent lointain qui vont venir à ton concert à Perduville parce que t’arrives pas à développer tes finances pour organiser un concert ? Bref, pour moi, l’exemple même de l’individu qui n’a pas compris qu’il faisait partie d’un système dans lequel il se faisait élargir massivement par d’autres tout en pensant être antisystème. 

    Parce que l’image de la rockstar blindée de thunes, c’est une image d’Épi-anal (et avec l’essor de l’IA et la capacité croissante de mythomanie, autant dire qu’on n’a pas fini de vous vendre du bonheur virtuel et de l’ouverture d’… esprit) : peut-être qu’il y a bien longtemps, des groupes comme Metallica ou Iron Maiden ont pu faire leur beurre et mettre quelques fonds en réserve pour vivre confortablement, mais les actuels j’en doute très sérieusement, esclaves malgré eux ou à l’insu de leur passion initiale d’un mode de con-sommation dans lequel ils et elles sont les citrons. Ah c’est sûr, ça voyage, ça voit du pays pour certains… Mais en vrai, si on gratte un peu les photos sur Instagram, on voit que tel groupe est passé à tel endroit ; mais qu’en ont vu ses membres de cet endroit, à part la scène et les gens devant ? Est-ce qu’au moins ils et elles ont eu le temps d’en profiter pour visiter, rencontrer, découvrir… s’en inspirer, pourquoi pas ? « Ah non, merde, demain, il faut être à cinq cents kilomètres pour une autre date… mais on va mettre une belle photo sur les rézosocio avec une photo de nous devant le public en train de faire des horns, c’est classe. Et pis, il faut bien bouffer… Ah… bah non, l’argent qu’on a gagné a payé la location de la salle, les techos, le label, la prod… Bon bah, il me reste un sandwich triangle, on se le partage ? »

    René Magritte - Ceci n'est pas une pipe - Museum TV

    [ceci n’est pas une dilatation anale non plus mais ça pourrait]

    J’ai déjà parlé précédemment de mon amour indéfectible pour les plateformes genre Spotify et la philosophie ultra capitaliste de leur boss, je pourrais de nouveau m’élancer contre les labels qui rongent les budgets au point de ne plus proposer de produire mais de distribuer, tout en imposant une charte artistique et un moule incassable au point de pressurer un groupe jusqu’au non-sens total de la quantité plus que la qualité, avec l’usure du créateur qui entre en ligne de mire. Si en plus le fruit du travail est offert, l’artiste/créateur n’est plus qu’une vague vache à lait qu’on va envoyer à l’abattoir quand elle sera vidée de toute substance. Et pourtant, c’est pas faute de la remplir de substances diverses et variées mais surtout séminales à coups de verges dans ce gangbang mercantile. 

    Un autre exemple me vient concernant ce sentiment de « gratuité = « on me doit » » [je devrais dire « doigte » mais à l’écrit, ça rend moins bien et, en ressenti personnel, ça me chatouille un peu trop le fondement] : les événements gratuits. Posez vous un instant en observateur des attitudes de vos con-génères, plusieurs variables se mettent place : soit on considère que parce que c’est gratuit, ça n’a aucune valeur AKA « c’est de la merde » et on n’y va pas (en râlant ensuite que « y a plus rien de gratuit, ma bonne dame ! Ouin, ouin, ouin »), soit cette image de valeur nulle est tellement ancrée dans l’esprit que le respect est enterré directement six pieds sous terre avec la rétribution financière des intervenants, organisateurs et j’en passe : vous savez, les gros cons – et il n’y a ici aucune grossophobie – qui arrivent en retard en dérangeant tout le monde, qui parlent pendant la représentation comme s’ils étaient accoudés au zinc de leur PMU, qui font du bruit et/ou interviennent… C’est chiant, hein ? T’inquiète que quand c’est payant ET qu’ils ont payé, ils se comportent moins comme les premiers des crétins. Pourquoi ? Parce que dans le restant de cortex neuronal résiduel de ce qui leur sert de crâne, ça a coûté un prix, donc ça a de la valeur, donc on (se) respecte entre gens qui ont payé, une sorte de syllogisme de valeur(s) actuelle(s) exponentiel au tarif.

    *

    Mais la grande famille (du Metal, pour ce qui nous importe) est ainsi faite et point ne me chaut de la balancer comme d’autres font de leur porc. Et les « not all », je m’en bats un peu les reins : si vous adhérez à cette philosophie autodestructrice, même sans vous en rendre compte, vous jouez le jeu. Je ne vais surtout pas m’extraire de ce truc, j’ai moi aussi profité de certains avantages des situations ci-dessus exposées : qui n’a jamais téléchargé un album gratuitement ? Pas moi. Mais je l’ai fait pour des trucs introuvables ou, quand j’ai pu les trouver, j’ai versé mon obole au créateur du « contenu » finalement, parce que ça, ça me paraissait légitime, bien plus que de considérer que parce que c’est gratuit, ça ne vaut rien. L’individualisme donne également cette idée de groupe nombreux… mais ça ne fait qu’un plus un plus un plus un, sans former d’unité… de valeur.

    Une autre actualité en corrélation avec le tirage dans les pattes, l’auto croche pied, c’est « l’affaire Obscura ». Quitte à parler d’individualisme, je comprends toujours d’autant plus les « one man band » qui s’entourent de guests pour pondre un album. Parce que ça sécurise la parenté de leur création et ça évite les rancunes, rancœurs, ressentiments et plus si affinités quand vient le moment du divorce et du partage des biens de la communauté réduite aux acquêts. Et autant dire que Obscura, c’est Steffen Kummerer and friends, les friends étant évincés consécutivement à la sortie de l’album, avec une ouverture de la fissure anale telle celle de Moïse avec la Mer Rouge – et pourtant on avait dit qu’on ne parlait pas des mers. Les friends finissent donc par se réunir pour un « balance ton Steffen » ou créer un album (exemple, Changeling) qui démontre à ceux qui en doutaient encore ou l’ignoraient par facilité intellectuelle que les œuvres sorties sous le nom « Obscura » sont de LEUR fait, le tout avec en arrière-plan le sourire narquois du produc… distributeur qui a bien pressuré pour obtenir son produit et se frotte les mains en se disant que ça fait du buzz pour sa trademark, avec un quotient de benchmarking en hausse… bref des termes à la mords-moi-le-nœud sans plus aucun lien avec l’artistique mais plutôt avec le rendement et l’arrivée massive de pognon dans leur escarcelle.

    Déjà que réaliser que tu te tues à travailler gratos, ça doit te la foutre mal, mais qu’en plus tu te fais snober et dépouiller de ton travail pour que le mérite tant financier que de renommée – parce que comme un con, t’as signé une clause qui cause ton eugénisme artistique (que j’appellerais « clause Barbie » pour la peine) le tout en fermant bien bien ta gueule parce que si tu l’ouvres, tu te mets encore plus dans la merde et on va te démolir – je comprends que ça puisse nettement courroucer. M’étant déjà, et à échelle bien moindre puisque bien moins de notoriété, trouvé dans cette situation de « on ne vire pas, on incite à partir » (sic) mais « on garde tout ton taff parce qu’on n’a rien protégé à ton nom, et ça va nous servir », je comprends d’autant plus les démarches de Münzner, Geldschläger ou autre ex-acolyte de Kummerer de balancer et faire la démonstration de LEUR talent de compositeur quand l’appropriation est nette. Cependant, je n’irai pas plus loin dans mon exemple personnel pour ne surtout pas faire la promotion de ce genre de mentalité de merde… et peut-être qu’un jour je proposerai un autre album quand ces joyeux drilles auront fait la démonstration de leur incapacité à le faire de leur propre chef… mais aujourd’hui, j’écris ici et j’ai pas le temps de tout faire non plus, hein.

    *

    Dans les actualités délirantes, et toujours en rapport avec la place du pognon et la question d’où en trouver en déshabillant PierPolJack pour habiller Sinsemilia, et si je vous parlais plus haut déjà du fait que l’appauvrissement culturel était lié principalement à celui de ses acteurs, parlons du sujet « et si on vous faisait payer un emplacement pour votre stand de merch’ ? »

    Ce nouveau pavé dans la mare, aussi appelée « fosse septique familiale », toujours plus abscons a été lancé par Dagoba et sa venue dans une salle où on leur a demandé, en gros, une taxe de séjour pour leur stand, comme on demanderait pour un emplacement de foire à tout. Résumons et synthétisons mon propos ci-dessus : le label chez qui tu as signé a tout fait pour économiser ses frais, au point de ne plus produire ton album mais le distribuer, de réduire ses coûts au format numérique et plus matériel, de mettre ta création en accès libre et gratuit sur internet… Bref, tu touches peau-de-zob a contrario de celui chez qui tu as vendu ton âme. Il te reste quoi pour bouffer ? La scène ? Non, tous les frais passent dans l’organisation et ses alentours. Ah ! Le merch’ ! Bah oui mais non, tu vas désormais devoir payer pour être payé, ce que tu as déjà fait pour produire ton album avec l’espoir utopique de pouvoir en tirer un quelconque pécule… Ça vous parait toujours aussi cohérent, maintenant que j’ai réduit l’équation au maximum ? Moi pas…Le seul pécule qu’il te reste, c’est celui pour essuyer les quelques petits soldats laissés par celui qui t’a souillé et élargi les sphincters.

    Pour ma part, je trouve la réaction du groupe (et même si je ne suis pas fan de l’image arriviste de son leader, que je ne connais pas assez pour me permettre de juger sans faits) plutôt cohérente : verser une obole au chapeau pour le chaland afin de régler cette « taxe » et reverser l’excédent à une association de défense du lieu où prendra place leur prestation. Mais pour faire une comparaison – deux en fait – c’est comme si le bar où « on est bien gentil de t’accueillir pour te faire jouer gratuitem… en « visibilité » mais en plus tu vas payer l’obsolescence de la scène parce que ta basket a usé le sol » … ou encore « tu vois cette sodomie que tu n’as pas demandée mais qu’on va t’infliger ? Bah tu vas ramener ton gode, ton lub et tu vas te l’insérer toi-même parce qu’on va filmer et diffuser ta prestation, si tant est que tu fasses une performance qui reste dans… les annales ! »

    La Nasa publie une incroyable vidéo du cosmos vu de l'intérieur d'un trou  noir géant !

    [ceci est un trou noir supermassif… oui, je sais, c’est confondant quand on se penche bien et est assez souple]

    Donc ne remerciez pas LB D si vous avez subi ces quelques pages de balles pas perdues mais ciblées, c’est rien que sa faute d’abord ! Il a relâché le Kraken de ma misanthropie. Mais je ne serai pas l’Atlas soupesant ce qu’il est nécessaire de réfléchir et démolir en profondeur, AKA « casse-moi tout là-dedans, je suis pas ta mère ». Car tout ce laïus, s’il est fait gratuitement, n’est pas gratuit : réagir, c’est déjà un bon début ; agir, c’est nettement plus constructif. Et je mets de la valeur à ces valeurs, mon Bushido personnel, parce que je ne comprends pas – ça, c’est mon trouble autistique personnel – pourquoi on s’offusque un peu, seulement, avant qu’un autre élément de langage de type « oh un voile islamique » vienne éclipser la baleine sous le gravillon, ce que je ne trouve ni très catholique ni très orthodoxe (Oui, j’ai déjà dézingué les religions dans un papier précédent, je ne vous cache pas que je ne voulais pas faire de déçus ici encore, même si le kamasutra n’est qu’évoqué en sous-texte par la prise de position de levrette claquée avec erreur sur l’orifice à insérer). La gratuité vous convient, sans faire trop d’effort pour chercher où est le problème réel ? Tant mieux… Mais rappelez-vous que si c’est gratuit, c’est que le produit, c’est vous !

    [NB : si vous trouvez des similitudes dans le ton avec de lointaines chroniques de Pierre-Emmanuel Barré, ce n’est pas une coïncidence et sachez que j’apprécie votre bon goût, mais pas celui de votre bite.]

  • Interview – SALACE

    Interview – SALACE

    Interviewés : Jay et Vince / Salace
    Interviewers : Manu (HoM+MMW) et Mémé Migou

    Crédit musical : SALACE – « Icarus », album Dragged into Rot
    Crédit vidéos : Manu (Humans of Metl et MMW)

    1 Mois après la sortie de leur album « Dragged into Rot », Jay et Vince du groupe de doom/sludge SALACE, nous offrent l’opportunité d’échanger autour de l’album,… mais pas que !

    Leur passé musical, la scène, la musique une histoire d’amis avant tout, leur manière de composer et bien entendu le sempiternel conseil memento mori… Voilà, entre autres, ce que vous pourrez découvrir dans cette interview, émaillée de quelques extraits de leur live au WE METAL Fest, en avril dernier.

    Quelques liens pour retrouver l’actu de Salace :

    https://www.youtube.com/channel/UCAQswl4dLICsD_ATtK3R1Ug

    https://salace.bandcamp.com/

    https://www.facebook.com/Salaceofficiel

    https://www.instagram.com/salaceofficiel

    Lien vers la chronique de l’album : Salace – Dragged Into Rot (2025) – Memento Mori Webzine

  • Interview – Courts of Chaos 2025

    Interview – Courts of Chaos 2025

    Interviewé – Ion Philippon / La Vonologie
    Interviewers – Séb D. et Bruno Guézennec

    Ion, membre du groupe Herzel et président de l’association La Vonologie, nous parle du festival COURTS OF CHAOS, qui se déroulera dans une petite semaine, au Centre culturel Avel Dro (Plozevet, 29) les 23 et 24 mai, avec en prime un Warm Up le jeudi 22 mai !

    Au programme du fest : Crimson Glory, Necrophobic, Varathron, Attacker, Ahab, Convulse, Quartz, Ironsword, Chevalier, Skelethal, Sakrifizer, Profanation, Palantyr.

    Retrouvez l’interview ici :

    Infos

    Lien vers le site de l’événement : https://www.courtsofchaos.fr/

    Lien vers la billetterie : https://www.helloasso.com/associations/la-vonologie/evenements/courts-of-chaos-2025

  • Prieuré – Jusqu’au Bénitier (2025)

    Prieuré – Jusqu’au Bénitier (2025)

      Genre : Black metal
         Label :  Altare Productions
                       Sortie :  30 avril 2025             

    Note :  90/100 (LB D)

    Après trois EPs, deux splits (avec Peurbleue et Vermineux) et un album complet en 2023 qui avait marqué un peu les esprits dans le milieu de l’underground français. Sans Visage, (oui, c’est son pseudo) et son groupe Prieuré, ou plutôt One Man Band, nous revient en 2025 avec une nouvelle offrande intitulée Jusqu’au Bénitier.

    *

    Initialement ancré dans le Raw Black Metal à ses débuts, Sans Visage s’est orienté ces derniers temps vers quelque chose de plus atmosphérique. Les compositions se sont significativement allongées et enrichies, témoignant d’une progression indéniable tant au niveau des arrangements que de la production. Ce travail a abouti à un premier album de grande qualité, nécessitant à l’époque plusieurs écoutes pour en saisir et maîtriser pleinement toutes les subtilités présentes dans Le Départ. 

    Alors qu’en est-il sur ce deuxième album ?

    Tout d’abord, Parlons un peu de l’artwork, réalisé par l’artiste lui-même. Celui-ci est une fois de plus présenté en noir et blanc et orné du logo Prieuré en lettres gothiques. Cette œuvre illustre des personnages qui, après leur débarquement, escaladent une falaise en tenant une bannière qui semblerait être le Kroaz Du (croix noire), le drapeau historique de la Bretagne.

    Jusqu’au Bénitier se présente comme un album conceptuel, composé d’une introduction et de cinq compositions agrémentées de trois interludes musicaux. S’inspirant du voyage de Saint Brandan dans une odyssée celtique du haut Moyen Âge, Sans Visage a choisi de réinterpréter le périple des moines. Focalisant leur quête non pas sur le paradis originel, mais sur la conquête d’un bénitier. Cette approche est enrichie par l’intégration de légendes provenant de la forêt de Brocéliande.

    Il s’ouvre par une longue introduction au cours de laquelle résonne une procession religieuse, ponctuée par des sonorités d’une guitare acoustique. Ce son me rappelle ce passage instrumental dans le morceau “Priusquam” du premier opus. S’ensuit, le premier titre “Prieuré”, où l’on retrouve ce Black Metal primitif à mi-chemin entre le Raw et le Black Metal atmosphérique avec cette production un peu rêche, brute, sans fioriture et dépouillée de tout artifice. Le chant hurlé de Sans Visage, lui, est toujours aussi torturé, rugueux, et pourrait s’apparenter à celui d’un écorché vif. 

    Une petite pause s’impose après cette séance un peu brutale mais tellement addictive. Et c’est ici qu’intervient le premier interlude qui se veut apaisant, reposant, composé d’accords joués à la guitare sèche au son très cristallin. Ils seront accompagnés par des chants d’oiseaux afin de renforcer cette atmosphère de douceur.

    Cela fait du bien avant d’attaquer “À Travers la Forêt”, ce titre est peut-être celui qui s’apparente le plus au Black Metal Rural tel qu’il est pratiqué dans notre pays. Il évoque fortement des formations telles qu’Autarcie, Palefroid ou encore Pétracorensis, qui célébraient en leur temps les charmes de nos campagnes, de nos villages et de la France profonde en général. Il convient de souligner la présence d’un invité de prestige qui vient donner la réplique à Sans Visage : ni plus ni moins que Torve d‘Ascète, dont l’apport confère un supplément d’âme à ce morceau. Cette collaboration fonctionne à merveille et se révèle particulièrement complémentaire. Notamment, après cette courte pause acoustique, où l’on sent bien qu’ils prennent du plaisir à chanter à l’unisson pour conclure ce morceau. Sans aucune contestation possible, le meilleur titre de l’album pour moi.

    “Marécages” constitue le deuxième interlude, il est divisé en deux parties bien distinctes. D’abord, en premier lieu, sous la forme d’un conte, et qui, de mieux en Bretagne que Quentin Fourreau pour cet exercice, je vous le demande ? Fort de son expérience dans la narration de contes et légendes lors des soirées organisées notamment par les labels Antiq ou LADLO, il nous offre ici un récit captivant sur les mésaventures des moines au cours de leur pérégrination. La deuxième partie est entièrement instrumentale marquée par l’apparition d’un son d’orgue suivi d’un son de basse, qui confèrent une ambiance à la fois énigmatique et mélancolique. On peut aisément imaginer que le déplacement de nos braves ne s’est pas déroulé non sans difficultés, ce qui explique sans doute le choix de ce titre “Marécages”.

    Sans Visage conserve ses racines punk dans “Le Grand Incendie”, notamment au début du morceau où l’intensité caractéristique de ce genre musical est clairement perceptible. Par la suite, le titre se développe selon une structure complexe, avec des riffs d’une puissance remarquable et parfois saccadés. Une légère dissonance accompagnée de quelques samples se fait ressentir au milieu du morceau, créant une atmosphère pesante et dérangeante. On peut évoquer à cet égard la proximité avec l’univers de Pensées Nocturnes.

    Le troisième et dernier interlude entièrement acoustique est particulièrement apprécié après ce morceau torturé et malaisant, éprouvant pour nos esgourdes. Il permet avant tout de retrouver un état d’esprit favorable pour aborder la dernière piste de l’album intitulée “Triomphe”. Ce dernier titre sonne la fin du voyage pour nos moines et insuffle une note d’optimisme. En effet, après avoir surmonté la forêt et les marécages, ceux-ci se retrouvent en mer pour une traversée chaotique à bord de barques qu’ils ont eux-mêmes construites. Passé de nombreuses péripéties, ils parviennent finalement à débarquer et trouvent enfin le graal tant recherché : le fameux bénitier (tiens! Un rapport avec l’artwork peut-être?). Et c’est le dernier invité, Geoffroy Dell’Aria (Paydretz), qui, avec son bagpipe est chargé de célébrer cet événement. Il apportera ainsi une petite touche celtique empreinte de gaieté, concluant cet album de manière remarquable.

    *

    Le premier album avait déjà su me convaincre, cependant, avec ce nouvel opus, Sans Visage a franchi un palier supplémentaire. Les compositions ont gagné en maturité, les ambiances se révèlent nettement plus variées qu’auparavant. Cet équilibre parfait entre passages brutaux et moments mélodiques constitue une véritable réussite. En définissant avec précision les contours de son Black Metal médiéval et rural, qu’il pousse à son paroxysme, il rend Jusqu’au Bénitier particulièrement agréable à l’écoute, sans jamais provoquer de lassitude. Ce One Man Band s’impose désormais comme une référence incontournable et facilement identifiable entre mille. Toutefois, à l’instar du premier album, cette œuvre mérite d’être explorée en profondeur et analysée minutieusement, un nombre d’écoutes assez conséquent est nécessaire pour y saisir toutes les subtilités de l’univers de Prieuré.

    En tout cas, moi, j’y ai pris beaucoup de plaisir à l’écouter, à le décortiquer, à faire mes recherches sur le voyage de Saint Brandan afin de rédiger cette chronique. Sans trop hésiter, il aura sa petite place de réservée dans mon top 30 des meilleurs albums de l’année.  

    Tracklist : 

    01 – Introït

    02 – Prieuré  

    03 – Foi  

    04 – À travers la forêt  

    05 – Marécages  

    06 – Vautour  

    07 – Le grand incendie  

    08 – Patience  

    09 – Triomphe 

    Line up : 

    Sans-Visage – Chant / Tous les instruments

    Guests : 

    Torve – Chant Additionnel sur « À travers la forêt »

    Quentin Foureau – voix sur “Marécages”

    Geoffroy D.A. – Bagpipes sur « Triomphe »

    Liens : 

    https://www.facebook.com/profile.php?id=61556179410682

    https://prieure.bandcamp.com

    https://www.instagram.com/prieure_bzh

  • Live report – Formoraich+Mezel+Arkaist

    Live report – Formoraich+Mezel+Arkaist

             Formoraich + Mezel + Arkaist
             Le Pavillon Noir 
           Lampaul-Guimiliau (29)
                    Samedi 29 mars 2025        

     Texte : LB D
         Photos : Mémé Migou
       Vidéos : Bruno Guézennec

    Ah, je l’attendais avec une grande impatience cette petite soirée  entièrement dédiée au Metal Noir ! Petite soirée organisée par l’association Penn Ar Stourm avec trois groupes bretons à l’affiche : les Rennais d’Arkaist, les Costarmoricains de Mezel et les Finistériens de Formoraich. Et cerise sur le gâteau, elle a lieu au Pavillon Noir à Lampaul-Guimillau ; autant vous dire que je jouais à domicile ce soir-là.

    *

    J’effectue un léger détour par le centre de Landivisiau afin de récupérer trois black metalleux venus de la région parisienne (bravo à eux d’avoir fait le déplacement), nous arrivons à la salle aux alentours de 20h. Cela me laisse le temps de saluer quelques habitués qui attendent bien sagement l’ouverture des portes, et de rejoindre l’équipe de Memento Mori, à savoir Mémé Migou, Seb D et Bruno G. On rentre dans la salle tous ensemble afin de se mettre au chaud et fidèles à nos habitudes, de se désaltérer le gosier avant le début des festivités. 

    *

    Arkaist :

    C’est Arkaist qui a l’honneur d’ouvrir le bal devant un auditoire d’environ soixante personnes. Je suis un peu déçu de l’affluence, pensant qu’une telle affiche aurait au moins attiré une petite centaine de spectateurs. Que cela ne tienne, nous avons assisté à une très bonne soirée, et pis tant pis pour les absents. Les ayant vus quinze jours auparavant, je savais à quoi m’attendre. En réalité, la seule interrogation qui me préoccupait était de savoir s’ils allaient interpréter les morceaux dans le même ordre que sur l’album, comme cela avait été le cas à Querrien.

    Ça démarre tout comme, après une courte intro, c’est “Aube Noire” qui ouvre la soirée, enchaîné directement à “Ode à la Haine”, ça y est, je suis fixé, les titres défilent dans l’ordre. Le son est bon, ça ne m’étonne pas, je n’ai jamais été déçu dans cette salle à ce niveau-là. Faut dire que Mick, le boss de cet établissement, en connaît un rayon en matière de sonorisation. Les premières notes de “Prophète du Sang » se font entendre, pas un mot, pas un sourire, aucune émotion n’est palpable. Déjà trois titres de passés, purée, ça défile à une vitesse ! Le groupe est en place, ça joue bien, c’est puissant, racé. Maeror vocifère sa rage, soutenu de temps en temps par Gwenc’hlann An Teñval. 

    Les musiciens demeurent statiques un court instant ; bon, la logique voudrait que ce soit “Terre Ancestrale” : bingo, c’est “Terre Ancestrale”. Ils entonnent le chant quasi militaire, ce qui nous offre un moment de répit, et je me surprends à chanter avec eux cet hymne à la gloire de nos ancêtres. C’est à ce moment précis que je me rends compte que je le connais par cœur, cet album : faut dire que je l’ai bien poncé pour ma chronique sortie quelques jours auparavant. Les musiciens concluent le morceau de la même manière qu’ils l’ont débuté, immobiles et droits dans leurs bottes ; cela constituera notre deuxième et dernière pause. Car, aussitôt on replonge corps et âme dans un moment de pur Black Metal avec “Anachorète” ; normalement, y’a le break au milieu du morceau. Yes, ça passe crème, ils le font tranquille avant de terminer en trombe ! Je les attends au tournant sur “Linceul D’éther”, avec sa partie finale un peu délicate tout en spoken words. Mais Maeror s’en sort plutôt bien : je dirai même plus, il l’a bonifié en prenant sa voix la plus rocailleuse au possible, il a rendu ce passage encore plus noir, plus sombre. 

    Tout le monde ne le sait pas encore mais, moi, je le sais que “Puer Aeternus” est le dernier morceau : profite Didier, c’est ton préféré. Aargh ! Cette mélodie en fond sonore, ces accélérations et son finish… Purée, je ne m’en lasserais jamais. Les dernières notes se font entendre, voilà c’est fini, les musiciens posent leurs instruments et s’en vont comme ils sont venus, sans un mot, sans un au revoir. Put…, on vient d’assister tout simplement à une leçon de Black Metal old school.

    Setlist :
    –  Aube Noire
    –  Ode à la Haine 
    –  Prophète du Sang 
    –  Terre Ancestrale
    –  Anachorète 
    –  Linceul d’Éther 
    –  Puer Aeternus

    *

    Mezel : 

    Autre salle, autre ambiance avec Mezel et son Black Death Sympho qui aura la lourde tâche de succéder à Arkaist. La branche complètement à l’ouest de Memento Mori connaît bien les costarmoricains, on les suit depuis leur début et leur premier concert au Saltimb’Arts à Merléac. Au fil des concerts, on les a vus progresser, franchir des paliers les uns après les autres, jusqu’à ce fameux concert en tête d’affiche à Saint-Brieuc dans le cadre de la soirée “Les Studios partent en Live” dans cette bonne vieille salle de Bonjour Minuit en janvier 2024. Ce soir-là, Mezel s’était surpassé autant sur le plan musical que scéniquement, et restera à ce jour, pour moi, le meilleur concert donné par la formation.

    Dès les premières notes, fidèle à sa réputation, David, vêtu de sa soutane de prêtre maléfique, commence à gesticuler dans tous les sens ;  il en sera de même tout le concert. On remarque d’entrée de jeu que les instruments sont mis en valeur par l’élément déterminant d’un bon concert : le son. Indispensable dans ce style de musique, notamment au niveau des claviers quand ils sont chargés de donner de la profondeur à vos compositions, défaut qu’on a souvent reproché à Mezel par le passé mais, ce soir, c’est parfait.

    Je l’avais déjà constaté à Querrien, mais certaines compositions ont été retravaillées, réarrangées au niveau des riffs de guitares et du son de basse. C’est désormais plus clair et plus limpide, elles ont gagné en efficacité : faut dire aussi que Jeff y participe grandement en assurant le tempo tel un métronome et martèle ses fûts comme jamais. 

    Mais nos yeux n’en ont que pour la prestation de David au chant, il l’aura encore démontré ce soir en véritable bête de scène qu’il est. Je le trouve particulièrement très en voix, alternant avec brio le growl et le chant typiquement black, avec toujours cette faculté d’être complètement investi et possédé par son personnage. Il fait chaud et contrairement à Querrien, la soutane en fait les frais et tombe à terre après seulement quelques morceaux. Il terminera d’ailleurs le concert torse nu, petite habitude qui s’était un peu perdue ces derniers temps. Nous avons également eu le plaisir d’entendre un nouveau titre intitulé “Au Seuil Des Mondes”, qui a su passer aisément l’épreuve de la scène.

    Après une heure de performance, le concert s’achève en apothéose avec le morceau « La Part Du Diable », les retours sur la prestation de Mezel sont largement positifs. En tout cas, chez Memento Mori, nous sommes tous d’accord pour affirmer que ce fut leur meilleur concert à ce jour. Le concert de Saint-Brieuc est désormais relégué au second 

    plan. Dorénavant la référence sera celle-ci, au Pavillon noir. Allez hop ! Maintenant, tout le monde en studio pour nous enregistrer un petit quelque chose.  

    Setlist : 
    – Les Vents Luminiques
    – Dissociation Divine
    – Le Prisme Du Mal
    – Naissance De L'astre Noir
    – Les Cohortes De L'ombre
    – Au Seuil Des Mondes
    – Les Louanges Du Passé
    – Les Confins Du Néant
    – La Part Du Diable

    *

    Formoraich : 

    Formoraich, c’est l’autre groupe de Gwenc’hlann An Teñval et de Maeror. Dans cette configuration, Gwenc’hlann An Teñval a troqué sa basse pour le micro, s’ajoutant au passage d’imposants bracelets cloutés. De son côté, Maeror garde sa place, à peine a-t-il changé de guitare, mais il abandonne son rôle de chanteur principal pour se concentrer exclusivement sur les chœurs. Ulfar An Disehol (basse), Balor (guitare) complètent l’effectif, avec une petite surprise, ce n’est pas Seb derrière les fûts. Étant trop occupé avec ses autres projets, ce soir, ils ont dû faire appel à un batteur de session pour le remplacer.

    Le set débute sur une intro marquée par des orages et des bruits inquiétants. Tout le monde demeure figé pendant cette introduction, enfin non pas tout le monde, puisque Gwenc’hlann An Teñval fait son entrée sur scène au son des premiers riffs de guitare.

    Les titres chantés en breton font la particularité de Formoraich, qui, associés à des chœurs essentiellement en chant clair, confère à sa musique une dimension pagan. Attention, pas le Pagan de nos jours avec tous ces instruments folkloriques qui donnent un côté festif à la chose. Non, je veux parler plutôt du Pagan à l’ancienne comme on peut l’entendre dans les pays de l’Est, notamment en Pologne ou en Ukraine. Cette influence se manifeste également à travers la performance de Gwenc’hlann An Teñval, avec laquelle je perçois de nombreuses similitudes avec Myrd’raal (R.I.P) de Bergrizen, autant vocalement que scéniquement. Sa prestance sur scène est remarquable, n’hésitant pas à parcourir la scène en long, en large, en travers, venant parfois haranguer le public d’un poing rageur. Son attitude haineuse, associée à son corpse paint morbide, pourrait susciter de la peur.

    Les titres joués dans l’ordre de l’unique démo du groupe s’enchainent à une vitesse folle et, après quarante-cinq minutes, le concert s’achève sur les dernières notes de ”Urzh Ar Reusd” et une citation en breton éructée par le chanteur que je ne saurais traduire.

    Setlist : 
    – Taranadenn 
    – Galv an doueed
    – Souflamoù ar c'hunujennoù
    – Kevrenn 18
    – Deuet eo an amzer  
    – Urzh ar reustl

    *

    Les lumières se rallument, le public semble satisfait dans l’ensemble et commence à quitter la salle. Quant à nous, on s’éternise un peu, on boit un dernier verre, on refait le match, comme si on n’avait pas envie que la soirée se termine. Je ramène mes acolytes dans le centre de Landivisiau vers 1h30 du matin. Mais au fait, je ne vous les ai pas présentés : il y avait Laurent, un contact Facebook avec qui j’échange beaucoup de musique, Pierre-Lau, et Stéphane de Noir Hexagone, association chargée d’organiser des concerts Black Metal sur Paris. Deux des trois groupes (Arkaist et Formoraich) qui jouaient ce soir sont d’ores et déjà programmés pour le 5 décembre à la péniche Antipode. Il se murmure même que Mezel serait dans les petits papiers, mais chuuut !

    Galerie photos Arkaist :

    Galerie Photos Mezel :

    Galerie Photos Formoraich :

  • Belnejoum – Dark Tales of Zarathustra (2025)

    Belnejoum – Dark Tales of Zarathustra (2025)

    Genre : Black/Death Metal Symphonique
    Label : Antiq Records
    Sortie : 4 Avril 2025

    Note :   90/100 (WvG)

    Le manichéisme… cette tendance en vogue : on se fait sa propre définition du Bien et du Mal, on s’en fait l’apôtre et on crache ou cherche à détruire la vision de l’opposant/adversaire/ennemi… Oui, ça vous paraît radical, tout autant que le modus operandi de cet état d’esprit, mais je trouve qu’on est dans le bon ton pour aborder Dark Tales of Zarathustra de Belnejoum.

    *

    Friedrich Nietzsche, très sûr de son potentiel d’artiste philosophe, a écrit un poème long comme… comme un long poème, se voulant chantre de la continuité et du renouveau, telle une nouvelle pierre d’achoppement de la philosophie sous forme métaphorique à l’image des Dante Alighieri ou Johan Wolfgang von Goethe. Si j’aborde, cette chronique sous la forme plutôt soutenue et littéraire, qui peut sembler élitiste, ce n’est pas pour faire de moi un surhomme (d’ailleurs Nietzsche en flingue lui-même la notion dans son bouquin le plus célèbre, qui sert de trame à l’album de Belnejoum, tout comme il a inspiré Richard Strauss, ainsi que Gustav Mahler dans sa troisième symphonie) mais pour aller dans la notion du dépassement de soi.

    Parce que Dark Tales of Zarathustra n’est pas un album nihiliste en soi, ou destructeur comme on pourrait en approcher avec les notions dans le satanisme 2.0 d’Aleister Crowley ou Anton LaVey, même si on trouve une grande notion de construction/destruction dans son antonymie et l’organisation même de l’album, avec un titre introductif d’une dizaine de minutes « Prophet of Desolation », format que l’on retrouvera sept pistes plus loin avec « Upon the mortal Blight », et son opposition aux formats courts des autres morceaux (deux à trois minutes en moyenne, ou du cinq-six minutes). 

    Pour entrer dans du factuel et vous situer l’album esthétiquement, si le Dimmu Borgir entre Enthroned Darkness Triumphant et Abrahadabra vous manque, c’est probablement l’album qu’il vous faut. On sent une influence notable, certes mais pas du tout un copié-collé, comme si Mohamed Baligh, fondateur du projet, avait voulu dépasser l’œuvre du groupe norvégien. Pour ce faire, ce natif égyptien naturalisé américain (d’Arlington) s’entoure de beaucoup de monde à l’international, déjà au taquet dans le Metal peu ou prou symphonique sous ses différentes moutures (George Kollias de Nile, Francesco Ferrini et Fabio Bartoletti de Fleshgod Apocalypse – dont on sent bien la patte, particulièrement dans la sonate en trio centrale teintée Lied intitulée « Elegie », la sonate pour piano « As she drowns » [qui me rappelle de lointaines compositions personnelles, totalement inédites, ne les cherchez pas en vain] ou même la présence d’une reprise de la partie « Aquarium » du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns pour « In their darkest Aquarium » –, Rich Gray de Annihilator, etc.) en s’adjoignant les services d’artistes d’aspects plus traditionnels arabes (Tamara Jokic au chant mélismatique, la présence fréquente du ney, flûte arabe, surplombant avec légèreté les pistes orchestrales). L’artwork suggérait déjà nettement cette approche cosmopolite avec – ce qui ressemble à – un moine derviche face à la Cité en flammes.

    On se trouve donc face à cinquante-deux minutes d’un BM sympho teinté Death jouant sur les tensions-détentes, harmonies et dissonances, pour un concept album philosophique qui tient son aspect narratif par la découpe de ses morceaux et la diversité dans la palette musicale et la sonorité globale, un mélange de poème symphonique et de conte musical mais version extrême. Et autant dire que pour un premier album, c’est extrêmement réussi !

    *

    En vérité, je vous le dis : Dieu est mort. Obvious ? Oui, évidemment (c’est probablement parce que j’adhère dans les grandes lignes à la philosophie nietzschéenne à laquelle j’ajoute un fagot de misanthropie) mais, à défaut de se complaire dans la médiocratie – voire l’idiocratie, nouvelle tendance elle aussi avec le vent en poupe, particulièrement dans le pays d’adoption de l’auteur-compositeur – Belnejoum nous propose un album abouti, brutal et sombre, qui cherche à se dépasser, se surpasser et qui, s’il n’atterrira pas dans votre discothèque, ne souffrira aucune pitié tant le chemin/périple du prophète à son requiem est une procession et un voyage initiatique simultanément. Ainsi parla Zarathoustra !

    [ NB : pour les Terminales ou en fac de philo qui perdraient leur temps à lire mes conneries, ne rêvez pas, je ne vous ferai pas de fiche de lecture : dépassez-vous et allez vous faire… vous-même votre lecture des œuvres dont je fais mention plus haut… Non mais ! ]

    Tracklist 

    01 – Prophet of Desolation 

    02 – The Day Zarathustra Turned Dark 

    03 – Tower of Silence 

    04 – On Aeshmas Wings 

    05 – Elegie 

    06 – In their Darkest Aquarium 

    07 – As She Drowns 

    08 – Upon the Mortal Blight

    09 – The Flames, the prophet, the tears 

    10 – Zarathustras Last Requiem 

    Line-up

    Mohamed Baligh « Aswad » – band composer, founder, lyrics, vocals 

    Guest(s) : 

    George Kollias – drums 

    Francesco Ferrini – orchestra arrangement 

    Fabio Bartoletti – guitars 

    Rich Gray – bass guitar 

    Ehab Sami – guitars, production assistance 

    Tamara Jokic – melisma vocals

    Liens :

    www.facebook.com/belnejoum 

    https://antiqofficial.bandcamp.com/album/dark-tales-of-zarathustra https://belnejoum.bandcamp.com/album/dark-tales-of-zarathustra

    https://belnejoum.bandcamp.com/album/dark-tales-of-zarathustra

  • Live Report – Winter Show du Festival De La Mer 2025 

    Live Report – Winter Show du Festival De La Mer 2025 

    Cuir – LeeX – Les Sheriff – Kiss Kiss Love Band
    Salle Le Triskell (Landunvez – 29)
    Vendredi 21 février 2025

    Texte / Photos / Vidéos :  Bruno Guézennec

    Rendez-vous important du mois de février et un des premiers festivals de l’année en Bretagne, le Winter Show du FDLM se déroule sur 2 jours dans l’agréable salle du Triskell sur le port d’Argenton à Landunvez, une des communes les plus à l’ouest du département le plus à l’ouest de la France métropolitaine.

    La programmation du festival est très orientée Rock / Punk / Rock Indé, fait la part belle à la scène locale et propose chaque année de faire de belles découvertes.

    Je croise pas mal de visages connus en arrivant, la proximité de la région brestoise permettant aux amateurs de faire facilement le déplacement. Le festival drainant également un grand nombre d’habitués qui ne rateraient évènement pour rien au monde.

    Quatre groupes au programme de cette première journée très orienté Punk Rock.

    Quand Kiss Kiss Love arrive, on se rend compte que de one man band qui joue de la guitare, de la batterie et chante, seul sur scène, on est passé à un quintette.

    Ce soir-là en effet Kiss Kiss Love est accompagné par le groupe de Douarnenez Philippe Colin. Philippe Colin est un groupe, comme son nom l’indique, de reprises de Phil Collins, mais qui a la particularité de ne pas jouer de titres de Phil Collins, en fait les 4 musiciens jouent de tout, sauf du Phil Collins !!

    C’est donc Kiss Kiss Love Band qui inaugure la scène du FDLM Winter Show 2025.

    En voyant la joyeuse troupe débarquer, on se rend compte rapidement que le sérieux a été laissé dans les loges : Kiss Kiss Kove en jupe et t-shirt des Sex Pistols trop petit, un guitariste en perruque, toge blanche, jupe blanche et bas rouge, et sur la gauche de la scène un duo guitariste/bassiste affublé de magnifiques costumes de Noël aux couleurs criardes (j’ai été chez l’ophtalmo le lundi, j’ai perdu 2 dixièmes à chaque œil pendant le concert !). Il n’y a que le batteur qui reste sobre, à condition de ne pas regarder de trop près la peau de grosse caisse !

    La musique étant à l’image des vêtements, le public déjà nombreux, a assisté à un concert de punk rock bien foutraque ou le bon goût n’était pas de mise, avec un Kiss Kiss Love totalement décomplexé, très amateur d’auto-dérision et profitant du moment.

    Les paroles des morceaux, aussi déjantées que les tenues, n’ont rien fait pour apporter un peu de sérieux, comme le prouve cet échange qui à bien fait rire tout le monde à la fin du titre « Non Marie » (et immortalisé dans la vidéo) :

    Kiss Kiss Love : « Vous avez remarqué que je ne sais pas jouer de guitare« 

    Public : « tu sais pas chanter non plus ! »

    Un show à l’image du festival, sympa et bon enfant.

    https://www.facebook.com/profile.php?id=100063511783540&locale=el_GR&_rdr

    La programmation étant ainsi faite c’est la tête d’affiche, en tout cas sur le papier le groupe le plus connu et à la carrière la plus longue et prolifique, qui a succédé au « one man band pas tout seul sur scène ».

    Les Shériff, sont une machine à tubes, fort de, excusez du peu : 8 albums, 5 live et 4 compilations. 

    Vous ne connaissez pas leurs chansons ? Pas grave, au bout de 30 secondes vous aurez les mélodies et les paroles du refrain en tête, car ce sont des morceaux simples et extrêmements efficaces qui ont fait la force du groupe et son succès durant 15 ans entre 1984 et 1999, année de leur séparation.

    Mais vous savez comment cela se passe, après la séparation le groupe se réunit pour donner un concert « unique » de soutien pour une bonne cause (devant plus de 5000 personnes), la flamme renait et ils se retrouvent à jouer au Motocultor en 2014, au Hellfest en 2018, sortent un nouvel album en 2021, un live en 2024 et atterrissent au FDLM Winter Show 2025 pour le plus grand plaisir de leurs fans bretons.

    Le groupe a mis le feu dans le Triskell, transformant le devant de la scène en un grand pogo.

    Olivier Tena, le chanteur, aurait pu retourner tranquillement dans les loges pendant la moitié des chansons, une bonne partie du public se serait chargé de reprendre les paroles en chœur.

    En 24 titres Les Sheriff ont prouvé qu’ils faisaient toujours partie des patrons du punk rock français.

    Setlist
    - Sortez les bulldozer
    - Panik (à Daytona Beach)
    - À coup de battes de base-ball
    - Bon à rien
    - Soleil de plomb
    - Ne fais pas cette tête-là
    - Je veux savoir pourquoi
    - Aboyer
    - Ça fait mal
    - Y'a comme un problème
    - Loin du chaos
    - À Montpellier
    - Pile ou face
    - Pas de doute
    - Du Rock'n'Roll dans ma bagnole
    - Que pasa ?
    - À la chaleur des missiles
    - Condamné à brûler
    - Les 2 doigts (dans la prise)
    - 3, 2, 1… Zéro

    Rappel :
    - Mayonnaise à gogo
    - Pour le meilleur et pour le pire
    - Fanatique de télé
    - Jouer avec le feu

    Est-ce que LeeX avait sa place au FDLM ? Étant un groupe de punk rock aux grosses influences celtiques et jouant sur scène avec un biniou dans un festival se déroulant à la pointe du Finistère devant un public amateur de Rock/Punk/Metal on peut immédiatement répondre par un énorme OUI.

    C’est à eux que revenait la lourde tâche de succéder au Shériff. Les sud-finistériens n’ont évidemment pas la carrière des Montpelliérains mais ils viennent tout de même de sortir un 4ème EP de très bonne facture en ce début d’année.

    Si les 3 premiers EPs des Bigoudens : Last Minute Rescue (2021), The Story Of A Drunk Zombie (2023) et Full speed (2024) s’inspirent du surf skate, punk à roulette US des années 90 cher à No Use For A Name ou Pennywise, un changement s’opérant sur « No place like home », dernier titre de Full speed puisque l’on note l’apparition d’une cornemuse.

    Le résultat semble être convaincant car durant l’année 2024, LeeX intègre un nouveau musicien, Kieran (biniou), que l’on retrouve sur toutes les compositions du nouvel EP, le bien nommé The Magic Pipe paru en janvier 2025.

    Le festival offrant aux groupes qui s’y produisent le luxe de disposer d’une plage horaire plus que confortable, la formation a eu le temps de parcourir pratiquement tous les titres (13 sur 16) de leur quatre EPs et de jouer en plus 4 chansons qui ne figurent pas dans leur discographie.

    Deux morceaux punk rock classique pour lancer la machine et montrer ses bonnes intentions et au titre suivant se mettre les spectateurs définitivement dans la poche en sortant la cornemuse. 

    Le public a offert au combo un bel accueil et s’est laissé prendre au jeu, le style du quintette se prêtant bien à quelques danses frénétiques dans le pit.

    Il y a des chances pour que vous retrouviez LeeX à l’affiche de festivals dans le futur, leur musique festive étant taillé pour ce genre d’événement.

    Setlist  :
    - Full speed
    - Drunk zombie
    - Intro
    - No escape
    - Together
    - The gang
    - The reaper
    - The magic pipe
    - Give U the boot
    - Wake up
    - No god
    - Live for today
    - Lifelong hero
    - Dreams of tomorrow
    - For the bros
    - No place like home
    - Never break up

    https://leex1.bandcamp.com

    https://www.facebook.com/profile.php?id=100083563354097

    Durant la pause je vais discuter avec les potes présents, puis avec les musiciens au merchandising, histoire de glaner quelques informations et de les prévenir de la prochaine mise en ligne d’extraits de leur concert sur ma chaîne YouTube (je le fais systématiquement, c’est la moindre des politesses).

    Pendant ce temps-la, le show suivant se met en place avec sur scène les traditionnels changements d’instruments, balances et autres réglages.

    L’heure du concert de Cuir approchant, l’une des personnes présentent, qui faisait la balance pour le chant, nous prévient : « On est les roadies, on va chercher les vrais musiciens, qui doivent être en train de prendre de la drogue dans les loges ». C’est toujours sympa d’être prévenu.

    Les « vrais » musiciens arrivent donc peu de temps après, tous affublés d’une cagoule noire, excepté le chanteur qui arbore la magnifique cagoule rose/fuchsia que l’on retrouve sur les pochettes des albums et qui est l’emblème du groupe lorientais.

    Étant un fin observateur (et les ayant déjà vu en concert au brewpub Skumenn à Rennes en novembre 2024), je remarque que le chanteur, malgré sa cagoule, ressemble quand même étrangement au roadie qui faisait la balance voix (mais chut… je ne vous ai rien dit). Oui je sais, j’ai un pouvoir de déduction assez impressionnant.

    Pour ceux qui ne les connaissent pas, Cuir est un groupe originaire de Lorient « La ville aux 5 ports », au style Synthpunk assez original, ce genre de formation ne courant pas les rues pour l’instant.

    C’est le projet solo de « l’homme à la cagoule rose » dont le background Punk/Hardcore transpire dans ses compositions même s’il n’hésite pas à s’aventurer dans d’autres styles :

    On verra bien (Album Album)

    T’étonne pas si dans mon punk 

    J’ai mis du hip-hop 

    J’tâtonne pas dans mes refrains 

    T’entends bien de la pop 

    J’ai toujours fait ce que je veux

    J’suis en illimité 

    Je compte pas suivre les règles du jeu 

    La discographie du combo n’est pas très compliquée à suivre. Après avoir sorti en 2020 un LP (regroupant les singles et demos), intitulé Single demo, le groupe sort un album nommé Album, puis un EP qui répond au nom de EP avant de réaliser un nouvel album qui s’appelle Album album.

    Le moins que l’on puisse dire c’est que l’on n’est pas trompé sur la marchandise !

    Débuté comme un projet solo, mais avec pour objectif de donner des concerts, le chanteur masqué s’est rapidement entouré de musiciens : un guitariste, un au sample/boite à rythme/chant et le dernier au synthé, masqués eux aussi.

    Si avant 2024 les titres ne dépassaient qu’extrêmement rarement les 2 minutes, on note un changement sur le dernier LP, avec des compos un peu plus longues puisque le morceau le plus court fait 1mn40sec.

    Le groupe ne fait pas non plus dans le progressif puisque le concert va être expédié : 17 morceaux en moins de 45 minutes !  Trop court ? Non.

    Si comme tout le monde, quand un concert est bon, on a toujours tendance à en vouloir plus, les 3/4 d’heure sont intenses, le groupe enchaînant les titres sans temps mort.

    Cuir est à l’image de la scène Hardcore/Punk dont est issu Doug, aussi chanteur dans Sordid Ship et Coupe Gorge (mince, j’ai révélé son identité !). Du concentré de live, ou l’on délivre toute son énergie sans s’économiser, vite fait bien fait, sans regrets. 

    Les morceaux du combo sont extrêmement addictifs, quand on se réveille à 4h du mat avec la mélodie et les paroles de « Bloqué » en tête c’est un signe !!

    Le chant de Doug, épaulé par le gars au sample, navigue entre le punk et le rap, le lorientais ayant un véritable talent pour écrire des textes qui font systématiquement mouchent, en parlant de ses expériences personnelles, des tracas de la vie quotidienne ou de soirées plus ou moins arrosées.

    Le vendredi du Winter Show s’est donc terminé sur les notes Synthpunk du titre « Toujours pareil » des lorientais.

    Setlist  :
    - Gast
    - Trouble fête
    - Gerbe
    - Cut, cut
    - Skilfek
    - Synthpunk attitude
    - Phoenix
    - Flood de loose
    - Les nerfs à vif
    - Trop vieux pour mourir jeune
    - Dégâts
    - Un air de Mexico
    - Bloqué
    - Overdose chaos
    - Mode branleur
    - Ton cuir noir de merde (La Flingue cover)
    - Toujours pareil

    https://cuir1.bandcamp

    https://www.instagram.com/cuir_synthpunkband

    Je ne me suis pas rendu à la soirée du samedi à cause d’un sournois mal de dos, déjà présent le vendredi. Vous n’aurez donc qu’un 1/2 report du FDLM Winter Show. Mais c’est déjà mieux que pas de report du tout !

    Encore une soirée réussie pour le « petit » festival finistérien, dont la programmation de la version été, qui aura lieu du 25 et 26 juillet prochains avec The Toy Dolls, New Model Army, Knives, Jools, Karen Diò, Dune Rats, Krav Boca… fera sûrement encore des heureux.

    THAT’S ALL FOLKS !

  • Les 2 minutes de Gévaudan… / N°5

    Les 2 minutes de Gévaudan… / N°5

    « Prospection »
    Un billet d’humour par Gévaudan

    A écouter, partager, commenter et savourer

    Dernier volet de la mini série « Les 2 minutes de Gévaudan » – en référence aux sketches de François Pérusse – puisque dernier dimanche des vacances scolaires.

    Allez, fini de jouer, tout l’monde au taf, maint’nant ! A commencer par un boulot pas si simple que ça : la prospection d’un label pour les groupes de Metal.

    Enjoy !

    Teaser

    Et la semaine prochaine, vous aurez une nouvelle petite nouveauté (quoi, mon langage est redondant ? Allez, c’est pour la blague -ou le comique de répétition ou faire des rimes à la Jul-…) : le Numéro 1 du podcast de Robin (et ça tombe bien, car entre 1 et Robin, y a de la rime, yahouuuuuu !) – Desacralisation !

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  • Interview – Berlial/part 2

    Interview – Berlial/part 2

    Interviewés : HSOD et CzH / Berlial
    Interviewer : Mémé Migou / Memento Mori Webzine

    Dans cette seconde partie d’interview, il y sera question de neo libéralisme, de chroniques, de composition, du Golden State Killer, de Palahniuk, de Krys (oui oui), de conseils Memento Mori et de plein d ‘autres choses encore… Mais surtout de « Nourishing the Disaster to Come« , le dernier album de Berlial sorti chez My Kingdom Music / Source Atone Records, ainsi que quelques spoilers sur le 3ème album en cours de gestation…

    Merci à CzH et HSOD pour ce temps accordé et ce riche échange !

    Quelques liens :

    Facebook : https://www.facebook.com/Berlial666
    Youtube : https://www.youtube.com/@berlial7444
    Bandcamp : https://berlial666.bandcamp.com/album/e-d-p

    Retrouvez la chronique ici : Berlial – Nourishing the Disaster to Come – Memento Mori Webzine

    et la première partie de l’interview ici : Interview – Berlial/Part 1 – Memento Mori Webzine

  • Salace – Dragged Into Rot (2025)

    Salace – Dragged Into Rot (2025)

    Genre : Doom / Sludge
    Label : Autoproduction
    Sortie : 04 avril 2025

    Note : 90/100 (Seb D)

    Hey, toi ! Oui, toi là ! L’amateur de Sludge et de musique lourde et crasseuse. Tu aimes Yob, Neurosis ou Primitive Man ? Tu n’es pas fermé aux ambiances que peut dégager un groupe tel que Triptykon ? Bouge pas ! Je crois que j’ai un truc à te faire découvrir.

    Tu vas pouvoir retrouver tout ça et bien plus encore chez Salace. Formation qui nous vient tout droit de Seine-et-Marne composée de gars qui ne sont pas des perdreaux de l’année. Ils traînent leurs guêtres sur la scène française depuis la fin des années 90 et ont un CV long comme le bras d’un orang-outan. Ça te dit quelque chose Call Us As You Wish!, Sarkazein, Beast, Barabbas ? Et là je ne te nomme que les projets les plus connus par lesquels ils sont passés. Car il y en a encore une palanquée. Les gars ont du métier comme j’te dis.

    Après un 1er album très prometteur, Down Below, sorti en autoproduction en 2021, voilà qu’ils remettent le couvert cette année avec une nouvelle galette qui risque de faire grand bruit dans le milieu des musiques boueuses.

    Suite à la courte intro “Madness”, la basse ronflante de Vince se fait entendre dès l’entame du 1er véritable titre “Icarus”, vite accompagnée par les vocaux torturés de Kev. On sent tout de suite qu’on va en prendre plein la tronche. Et c’est exactement ce qu’il se passe quand les guitares lourdes se joignent à la fête. A croire que l’adage “le gras, c’est la vie” a été inventé pour Salace. Mais résumer la musique de la formation à quelque chose de lourd et monolithique serait une erreur. Le Doom / Sludge peut s’avérer être un style très répétitif et hermétique pour une oreille profane. Ne pas se pencher sur cet album par peur de l’ennui risquerait de te faire passer à côté d’une pépite. Car là où nos Seine-et-Marnais se démarquent, c’est par l’intelligence dont ils font preuve dans la construction des morceaux. N’hésitant pas à assaisonner leurs titres de passages plus calmes où les arpèges de guitares lancinants viennent aérer le propos pour mieux te décocher un riff façon uppercut au moment où tu t’y attends le moins. Comme sur “Pariah”, histoire de te faire cracher tes chicos. En parlant de dents, cette partie du corps a l’air d’être un élément central pour la bande car on la retrouve sur tous leurs visuels depuis leur début, du logo jusqu’aux pochettes des albums. L’illustration de ce nouvel effort, œuvre de Quentin (aka Sir Maskox), colle parfaitement à l’ambiance dégagée par la musique. Là encore les dents sont présentes en nombre dans un orifice inhospitalier où je ne laisserai pas traîner mes doigts ni aucune autre partie de mon anatomie.

    Max insuffle une énergie brute dans ses patterns de batterie me faisant penser par moment à Mehdi Birouk Thépegnier (batteur de Hangman’s Chair) qui a une force de frappe assez similaire. Le passé plus teigneux de la troupe ressurgit également sur des titres comme “Lies” et “Brain Crack” où certains passages flirtent avec le Hardcore.

    Lien vidéo “Lies” :

    Le chant est mixé à peine plus haut que les instruments comme si Kev tentait de s’extraire de ce marécage sonore, ce qui appuie la sensation de malaise et de désespoir. Et c’est tout à fait intentionnel car l’enregistrement, le mixage et le mastering ont été faits maison, à l’Empreinte de Savigny-le-Temple, par le guitariste Jay. Ce même Jay qui s’est chargé d’enregistrer toutes les parties de guitares car Christophe (aka Kraken) a dû quitter le groupe avant l’enregistrement de “Dragged Into Rot”. Depuis, une nouvelle recrue, Flo, a rejoint la team pour tenir la seconde gratte en live.

    “Curse”, clôturant l’album, casse un peu les codes grâce à l’ajout de sonorités de claviers dissonantes, habillant une rythmique énergique et puissante, avant de se terminer sur une partie Doom d’une lourdeur pachydermique. Effet brutal garanti comme si une batte de baseball venait t’achever en te brisant la nuque et les genoux. Le morceau imparable du skeud !

    Lien vidéo “Curse” :

    L’outro énigmatique et glauque te laisse reprendre tes esprits et ton souffle, après cette monstrueuse claque que tu viens de prendre. Tu ne sais plus où tu es, mais tu n’as qu’une envie, rappuyer sur play une fois la dernière seconde écoulée. Tellement jouissif !

    Les labels seraient bien inspirés de se pencher sur ce groupe qui risque de devenir la nouvelle sensation Doom / Sludge française.

    Tracklist 

    01 – Madness

    02 – Icarus

    03 – Lies

    04 – Parias

    05 – Silence

    06 – Confession

    07 – Brain Crack

    08 – Curse

    09 – Sadness

    Line up : 

    Kev – Chant 

     Jay – Guitare

    Vince – Basse et chant 

    Max – Batterie

    Liens : 

    https://www.facebook.com/Salaceofficiel

    https://www.instagram.com/salaceofficiel

    https://salace.bandcamp.com/music

    https://www.youtube.com/@salace9677/videos