Destrock Fest
Texte : Seb D
ESPACE LEO FERRE (Brest, 29)
Vendredi 4 et samedi 5 octobre 2024
Photos : Mémé Migou
Vidéos : Bruno Guézennec
Les 4 et 5 octobre dernier le Destrock Fest faisait son retour à l’Espace Léo Ferré à Brest après une édition 2023 réussie. Côté formule, on prend la même et on recommence : deux soirées concerts mêlant formations confirmées, nouvelles sensations, scène locale et jeunes pousses à l’avenir prometteur.
La lourde tâche d’ouvrir les hostilités revient aux Costarmoricains de MEZEL. Pas simple pour le groupe de démarrer son set devant une salle quasiment vide. Qu’importe, dès les premières notes de guitare lâchées, David, le chanteur encapuchonné, entre en scène et dans son personnage, venant nous chatouiller les oreilles avec ses cris venus du plus profond des ténèbres. La mise en son est plutôt correcte et fait la part belle aux claviers qui viennent habiller leur Black Metal hautement qualitatif. Les guitaristes et le bassiste ne sont pas en reste, tricotant sur leur manche respectif avec aisance et dextérité. Quant à Jeff, il ne s’économise pas derrière ses fûts offrant une ossature solide aux compositions.


Ce groupe est une de mes formations bretonnes chouchous, au même titre que TREGORGONES et INFERN. C’est-à-dire que je sens un énorme potentiel depuis un petit moment déjà dans ses trois formations. Et il suffit de voir l’engouement qui commence à monter autour d’INFERN pour se rassurer sur la bonne santé de la scène Metal bretonne. Elle a de beaux jours devant elle.




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Les Nantais d’ATTIC OF TEMPLE prennent le relais avec un tout autre style car ici on baigne dans une fusion qui n’aurait pas dépareillé si le groupe était né au milieu des années 90. Le très charismatique chanteur au flow anglais parfait et sa troupe nous ont livré un concert fort sympathique durant cinquante minutes, malgré un son manquant un poil de puissance.






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Je vais être honnête, je n’attendais pas grand-chose du concert suivant. Non pas que je n’aime pas la musique de TESKA mais les ayant déjà vus à plusieurs reprises par le passé, je savais plus ou moins à quoi j’allais assister. Je ne sais pas si c’est le fait que le groupe, en local de l’étape, jouait devant son public, ou si les musiciens étaient dans une forme olympique ce soir-là mais ils m’ont foutu une grosse claque. Il faut aussi dire que la mise en son était parfaite et puissante, mettant en valeur leur Metal moderne. Le public était déchaîné et on a eu le droit au plus gros pit de tout le festival. Le chanteur a même fait un tour dans le public, sur les épaules d’un fan, durant un des nombreux circle-pits. Assurément un des moments forts du week-end.




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Vient le temps de la tête d’affiche avec les Mosellans de DEFICIENCY. Riches d’une expérience de plus de quinze ans à tourner aux quatre coins de l’Hexagone, des plus petites salles aux plus prestigieuses scènes de festivals telles que le Hellfest, ils venaient nous présenter leur dernier album en date, « Warenta ». Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu ; en effet, ils ont très vite eu des problèmes de basse qui ont mis le concert à l’arrêt. Le groupe a tenté, tant bien que mal, de meubler du mieux qu’il pouvait en improvisant une danse avec le public sur fond de musique bossa nova puis en enchaînant avec une reprise du « Enter Sandman » de qui vous savez. Une fois ce souci réglé, le concert a pu reprendre mais la dynamique ayant été rompue, la salle s’est sérieusement vidée. Peu importe, le groupe, en grand professionnel, joue la suite du set devant la poignée de spectateurs restants. Mais là encore, la basse fera des siennes. Elle est beaucoup trop forte et aura tendance à écraser le son des guitares, ce qui est dommage lorsqu’on joue un Thrash Metal mélodique où les guitares ont une importance capitale. On saura après coup que ce souci vient du fait que le bassiste a dû se brancher sur l’ampli d’Anthony (bassiste de TESKA) en gardant ses réglages. Le groupe ayant traversé la France pour cette unique date, c’est déçus qu’ils reprendront la route le lendemain. À revoir dans de meilleures conditions car ce groupe est excellent.

[NdlR : Non, on ne s’étendra pas sur les exploits de danse de Mémé sur scène, histoire de faire patienter le public… Non… Absolument pas !]


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La deuxième soirée débutera par un apéro avec des potes et le bassiste de TESKA. Rigolades, bières et petits fours, de quoi se mettre en jambe pour le festival.


Ce sont les Vannetais de BASAALT qui ont l’honneur d’ouvrir le bal. Et ils vont le faire de la plus belle des manières en nous offrant un set de qualité et parfaitement mis en son. On voit le nom du groupe fleurir de plus en plus sur diverses affiches et je pense qu’il va falloir miser sur eux à l’avenir tant leur musique est excellente. On a affaire ici à un Metal moderne très bien exécuté. Quand on sait que le groupe ne fait des concerts que depuis un an, on peut facilement imaginer tout le travail fourni pour un tel rendu en live. Le chanteur, sans être une copie vocale, a une voix faisant penser par moment à Joe Duplantier de Gojira. À revoir très vite !




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On reste dans le Morbihan avec les Lorientais de ARGUE. Leur Death Metal mélodique mêlé de Deathcore allié à une mise en son puissante gagnera l’adhésion du public. Pour ma part, et malgré le fait que le groupe donne tout sur scène, je reste plutôt insensible à leur musique. Certainement à cause du côté Deathcore. Il y a eu de nombreux retours positifs suite à leur prestation. De mon côté, j’en ai profité pour aller discuter avec les gars de BASAALT et en apprendre un peu plus à leur sujet.


[NdlR : Effectivement, c’est bien là un Deathcore qui vous envoie une énergie de guedin. C’est toujours un plaisir, bien que de base, le Deathcore ne soit pas ma tasse de thé, de voir Argue sur scène. De vrais pros qui vous prennent par le colback et vous balancent de droite à gauche comme de joyeux petits pantins que nous devenons entre leurs mains. Merci les gars ! ]




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Vient le moment tant attendu : le show des Parisiens de DELIVERANCE. Les éclairages de scène traditionnels resteront éteints durant toute la prestation laissant place à des ampoules disséminées aux quatre coins de l’estrade. Un cauchemar pour les photographes. Cette mise en scène minimaliste sied parfaitement à la musique et à l’univers du groupe, aidant à se plonger plus facilement dans les ambiances sombres et désespérées livrées par l’entité. Pierre Duneau, le chanteur, vit pleinement ses paroles à tel point qu’on a la sensation de le voir en pleine souffrance sur scène. Etienne Sarthou habille le tout de ses mélodies de guitare vite assommées par des riffs lourds et poisseux si typiques du Sludge. Le bassiste, Sacha Février, apporte sa touche de groove lancinant donnant à l’ensemble un aspect sensuel noir. Le final se fera sur « Odyssey », superbe pièce de dix-huit minutes, mettant fin à ce qui restera le plus beau moment du festival. J’en ai encore des frissons.


[NdlR : Bon… faire des photos dans une ambiance noire juste rehaussée d’une ampoule rouge… voilà, quoi !]
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Vient le tour des patrons ! Les Lyonnais de DESTINITY nous ont collé une véritable mandale dans la tronche à coup de Death Metal mélodique de haut vol pour la toute dernière date de leur tournée « In Continuum Tour ». On les sent bien, les presque trente années d’expérience : c’est ultra carré et les musiciens ont tous un niveau de fou. Mick, le chanteur, en véritable leader, sait comment faire réagir le public qui lui obéit au doigt et à l’œil. Le son est également très précis nous en mettant plein les esgourdes tout en nous permettant d’apprécier les subtilités et la richesse technique et mélodique des deux guitaristes. Un final en forme de feu d’artifice sonore.







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Un grand merci à Franck Bugny et à toute l’équipe Destrock qui ont régalé nos oreilles durant tout le week-end. Une édition qui a affiché complet.
Rendez-vous l’année prochaine pour un nouveau chapitre du Destrock Fest !
[NdlR : Pssssssst ! De nouvelles dates arrivent… Notamment ce vendredi 24 janvier 2025, au Vauban. Alors, prenez vos places, soutenez la scène locale !]









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