Sepultura+Jinjer+Obituary+Jesus Piece
Texte : Seb D
LE ZENITH (Paris, 75)
Mercredi 30 octobre 2024
Vidéos : Once Upon a Live
Cette année, les Brésiliens de SEPULTURA ont décidé de célébrer leurs quarante ans de carrière en se lançant dans une tournée d’adieu. Ce “Celebrating life through death tour” se terminera en 2026 par une ultime date à Sao Paulo ainsi que par la sortie d’un album live regroupant quarante titres enregistrés dans quarante villes différentes en signe d’épitaphe.
Après avoir débuté cette tournée par les Etats-Unis le 17 septembre à Chicago, la joyeuse troupe débarque sur le vieux continent et nous fait l’honneur de commencer cette escale européenne par la France.
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Je rate volontairement le JESUS PIECE, premier groupe à jouer ce soir, préférant boire une bière avec les amis et faire quelques emplettes au stand merchandising. N’étant pas un grand fan de Hardcore, vu le son que l’on entend depuis le hall du Zénith et ayant écouté le dernier album du groupe avant de venir, je sais que je ne loupe pas grand-chose.
Le deuxième groupe m’intéresse beaucoup plus et nous profitons de la pause pour bien nous placer. C’est qu’il est bientôt l’heure de se prendre une bonne dose de Death Metal old school dans les esgourdes. La machine floridienne la plus groovy du circuit ne tarde pas à prendre possession des planches et entame son set par l’habituel instrumental “Redneck Stomp”. Histoire de nous montrer que le son est bien gros et qu’on va prendre cher.
En vieux métalleux que je suis, je trouve inconcevable de voir OBITUARY jouer avant JINJER. Mais que voulez-vous, à l’heure des plateformes de streaming, on peut vite voir que les Ukrainiens sont bien plus populaires que la bande des frères Tardy.
Malgré ça, la bande de Tampa délivre un concert impeccable comme il sait si bien le faire à chaque fois que j’ai l’occasion de les voir en live.
Hormis trois titres du dernier album en date Dying of Everything et l’intro mentionnée plus haut, la formation met en avant ses albums sortis entre 1989 et 1997. Ce qui ravit les fans de la première heure. Après dix titres enchaînés sans temps mort, les arpèges de “Slowly We Rot” résonnent dans le Zénith, annonçant le dernier morceau du set. Un excellent concert !
Lien vidéo OBITUARY :
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La charismatique Tatiana Shmayluk et ses trois acolytes ne tardent pas à prendre le relais. Changement total d’ambiance avec un Metal Progressif moderne penchant très franchement vers le Djent. Depuis le buzz créé par le groupe il y a bientôt dix ans jusqu’à aujourd’hui, la notoriété du groupe est montée en flèche, faisant de JINJER une des plus grosses locomotives européennes de renommée mondiale. Mais tout cela n’est pas le fruit du hasard, c’est uniquement dû à un travail sans relâche et des tournées incessantes aux quatre coins de la planète. Tatiana est comme toujours époustouflante, alternant les vocaux avec une aisance folle. Quelle voix ! Le set de ce soir ne fera que confirmer le professionnalisme de la formation tant le show est carré de chez carré. Bien que j’apprécie le groupe, je ne rentre pas totalement dans le concert sur la durée. Le côté froid et mécanique de ce style musical me lasse un peu sur la longueur. Le public paraît totalement conquis et je peux le comprendre. JINJER reste une machine ultra efficace en live.
Lien vidéo JINJER :
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Vient enfin le moment du plat de résistance. Autant le dire directement, SEPULTURA est en très grande forme ce soir et va nous le prouver de la plus belle des façons. Et ils ne vont pas être avares car nous allons avoir le droit à vingt-et-un titres !
Nous sommes très bien placés et les enceintes crachent le “War Pigs” de BLACK SABBATH suivi du “Polícia” du groupe TITÃS pour faire patienter l’audience.
D’entrée de jeu les Brésiliens nous décochent deux tubes : “Refuse/Resist” et “Territory”, ce qui a pour effet de faire exploser la fosse en un énorme pogo où tout le monde s’égosille en reprenant les refrains de ses deux titres imparables.
Le ton est donné, ce soir le groupe est chaud bouillant, il est heureux d’être là et va tout faire pour régaler le public venu nombreux fêter cet anniversaire.
La setlist explore toutes les époques du groupe et met à l’honneur tous les albums du quatuor (excepté quatre d’entre eux : Nation, Roorback, A-Lex et The Mediator between Head and Hands must be the Heart). Andreas Kisser (guitariste), en véritable maître de cérémonie, communique énormément avec le public ; ce dernier montre sa dévotion totale à la formation qui donnera tout sur scène. Les réactions sont aussi bonnes sur les titres les plus récents que sur les hymnes les plus anciens inscrits au panthéon du Metal.
SEPULTURA nous fait aussi le cadeau de reprendre le “Orgasmatron” de MOTÖRHEAD. J’ai toujours préféré la version des Brésiliens à celle de Lemmy et sa bande.
Derrick Green, le chanteur, ne démérite pas : celui qui a toujours été plus ou moins vu comme un remplaçant, voire un imposteur, se donne à fond et nous montre qu’il a lui aussi sa place dans l’histoire de cet icône du Thrash Metal. Et que dire de Greyson Nekrutman ? Talentueux batteur qui a eu la lourde tâche de remplacer l’excellentissime Eloy Casagrande parti chez SLIPKNOT juste avant que la tournée de SEPULTURA ne débute. Il est tout simplement magistral.
Le groupe quitte la scène après un “Arise” qui a entretenu le bouillon dans la fosse…
Mais c’est pour mieux revenir et nous finir sur les deux tubes de l’album Roots que sont “Ratamahatta” et le classique “Roots Bloody Roots”, repris à gorges déployées par un Zénith totalement conquis par la mandale qu’il vient de recevoir.
SEPULTURA est venu, a vu et a vaincu ! Ce sera l’un des meilleurs concerts de 2024 pour moi.
Lien vidéo SEPULTURA (1) :
Lien vidéo SEPULTURA (2) :
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Et maintenant, que va t’il se passer ? Nous savons tous que les tournées d’adieu dans le monde du Metal ne veulent pas dire grand chose. SEPULTURA tiendra t-il sa parole et raccrochera une fois pour toutes les guitares après la dernière date à Sao Paulo ? Ou cédera-t-il aux nombreuses propositions de cachets indécentes pour revenir sur scène avec le line-up historique, c’est-à-dire avec Max et Igor Cavalera ?
Tout est possible et l’histoire a prouvé à de nombreuses reprises que des mallettes pleines de billets verts peuvent aider à enterrer la hache de guerre afin de faire plaisir aux promoteurs, aux gros festivals et surtout aux fans. Nous verrons bien.
Mais tout reste possible, sachant qu’Andreas KISSER a lancé un appel du pied aux frères Cavalera afin que ceux-ci soient présents et participent au show de clôture de cette tournée. Il précise bien qu’il n’y a pas d’amitié ni aucune relation de quelque ordre que ce soit entre eux mais un respect mutuel. Quelque temps après cette déclaration, Andreas Kisser ne se privait pas de tacler les deux frangins sur les relectures des premiers albums de SEPULTURA qu’ils ont sortis sous le nom CAVALERA.
Wait and see…









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