Memento Mori Webzine

Du Metal… mais pas que !

Memento Mori Webzine logo

Ah aaaaah toud toud toud toud

Où il est question du moule et du Metal,
et de toute la publicité fallacieuse faite autour
Un dossier de WvG

à lire, partager et commenter !

Très souvent, je me sens et me suis senti comme un makrout sur un catalogue Weight Watchers : pas à sa place. J’ai beau avoir les codes (que l’école ne m’a pas dictés, nan nan…), je n’en comprends pas une majorité, avec un bon gros syndrome d’usurpateur et un décalage temporel sur des visions qui semblent de bon sens pour le commun des mortels, soit en avance soit en retard… Une sorte de publicité mensongère sur pattes pour laquelle le cadre ne fonctionne pas sans arrondir les angles. Si je ne crame pas dix personnes au premier rang en entrant en dragster sur scène, certains diront cependant que « c’est rock » jusqu’à ce que je me suicide. 

La question étant aujourd’hui, pour cet article, celle du moule et du Metal, ainsi que toute la publicité fallacieuse faite autour, tant venant de l’intérieur que de l’extérieur et des choix qu’on fait pour adhérer à la « famille » (on a déjà rigolé sur l’hypocrisie de ce terme galvaudé précédemment, je vous invite à lire ou relire ce précédent « papier »… et les autres… et les posts divers et variés de ce webzine… et mettre pouces bleus, cœurs rouges et autres avis de passage Colissimo qui vous conviennent).

******************************************************************************************************************************

« Je suis celui qui pénètre votre cerveau. Je jouis dans votre hémisphère droit. Votre désir ne vous appartient plus : je vous impose le mien. C’est moi qui décide aujourd’hui ce que vous allez vouloir demain. L’idéal, serait que vous commenciez par me détester avant de détester l’époque qui m’a créé. » (99 Francs)

La publicité, toute mensongère soit-elle, c’est avant tout créer une admiration, une adoration, une adulation, une envie, un besoin, un sentiment d’appartenance. « Le grand standing, c’est tout ce dont il a envie, ça passe mieux quand tu portes un Giorgio Armani » pour citer IAM.

Ça crée aussi et surtout de l’espoir, un espoir parfois aveugle qui tue plus qu’il ne fait vivre, à base de promesses unilatérales et non tenues, voire de trahisons avec son lot de rancune et rancœur subséquentes. Je ne vais pas vous faire un listing des cas de figure des relations amicales, amoureuses, politiques, commerciales dans lesquelles ont lieu ce ressentiment, mais la déception sur le produit (on va rester à cette échelle) et les vices cachés sont moteurs de frustration, clairement. Si on voit le logo d’un groupe qui semble avoir été griffonné au Bic sous forme de ratures, on s’attend davantage à ce qu’un garde-chasse norvégien ait récupéré les membres du groupe, perdus dans une forêt lors d’un photoshooting, qu’à entendre du Glam. Le packaging a son importance. Mesdames, imaginez votre déception si on vous vendait le produit comme « vingt centimètres, dure » et en fait, c’est dix, molle ; messieurs, si vous êtes amateurs de poudreuse, visualisez la même situation… Même si l’essentiel demeure que ça glisse bien, on reste sur sa faim.

*

Prenons l’exemple d’un webzine porté sur de la Musique Metal… Mais pas que ! (Complètement hasardeusement, hein, bien entendu…) 

Vous vous attendez, lecteurs, à y trouver des vidéos, des chroniques, des live reports… du Metal extreeeeeeeeeme ! Et vous voilà en train de compulser cet article, qui n’a rien à voir avec vos attendus coutumiers sur ce type de pages dont le formatage habituel vous amène à penser n’y trouver QUE ce qui correspond à vos biais cognitifs. Dommage, ou tant mieux, fallait lire les petites lignes… et vous lisez celles-ci en ce moment…

Vous vous attendez, groupes, à ce qu’on ne dise que du bien de votre engeance maléfique, votre bébé Satan… Et bien… non. Enfin, pas forcément : si vous vous adonnez au jeu de la chronique, c’est aussi celui de la critique, aussi subjective soit-elle (et toute bienveillante, puisque tel ou tel rédacteur choisira un album qui lui convient plutôt que d’en prendre un random pour le saccager publiquement avec des saillies plus ou moins drolatiques). Aussi, si la variété et la quantité sont démesurées à l’heure où chacun peut produire sa propre musique depuis son Hewlett Packard, imaginez bien qu’un rédacteur fait des choix, soit par atavisme soit par intérêt, mais ne peut décemment pas tout traiter de manière efficace et a minima objective, le tout sans redonder.

[NB : On m’a demandé dernièrement de vulgariser des choses… Putain de bordel, c’est pas si simple quand on a envie de diversifier son vocabulaire. Aussi vous inviterai-je à acheter un dictionnaire pour chaque terme qui vous paraîtrait abstrus (celui-ci par exemple), que ce soit chez Larousse, Robert, Harpercollins… Voilà, j’ai cité trois marques, je reste dans le politiquement correct et la publicité à la fois.]

Contrairement à la poésie qui en est un beau, la publicité est un sale mensonge, un éjaculat d’étoiles dans les yeux avec un prix en € ou $, un agent immobilier à qui vous dites rechercher un appartement T3 en centre-ville avec balcon et salle de bains qui a bien compris votre demande et vous propose LE bien que vous recherchez… donc une maison de plain-pied en banlieue avec salle d’eaux (donc douche et chiottes dans la même pièce). Un univers merveilleux dans lequel on vous fait miroiter un monde meilleur, une religion en quelque sorte, dans lequel « le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous » (SNCF, publicité de 1942) … 

Posées ces bases sur ce qu’est concrètement la définition de la publicité, je vous invite à vous ennuyer en lisant la partie suivante.

******************************************************************************************************************************

« Si nous posons les bonnes questions, nous pouvons changer le monde » (Dassault systèmes)

Le Metal est un vaste microcosme. On dirait un oxymore, hein ? Et pourtant, c’est teeeellement le cas qu’on en est à avoir une galaxie de sous-genres, dont je ne vais heureusement pour vous comme moi pas vous faire la liste exhaustive. Mais ça pose aussi la question de l’étiquette ; « c’est pô métole » – AKA « c’est de la merde » – diront certains de certains sous-genres dont les codes ne leur conviennent pas, heureux les imbéciles, mais ça indique bien que de base, le Metal a ses codes et en est un… ce qui amène donc à devoir se répartir dans ces catégories en fonction de vos influences ou de celles qu’on vous attribue.

Je pourrais vous donner des exemples journalistiques nombreux et dans de nombreux cas : la NWOBHM dont l’appellation est tirée des dires d’un journaliste par exemple, tout comme ce qui va donner les lettres de noblesse à l’ancêtre « Heavy Metal » pour lequel les origines divergent (ce qui en fait beaucoup à la fois, sacré gangbang) : tantôt d’un journaliste musical qui faisait références à l’artillerie lourde, tantôt aux paroles de « Born to be wild » de Steppenwolf, tantôt une citation de William Burrough, chantre du hippisme (rien à voir avec les courses de chevaux mais plus de cheveux) reprise par Ian Christe [j’ai oublié le nom du bouquin, ça remonte à loin…]. On pourrait parler aussi des catégorisations données par les groupes eux-mêmes pour se distinguer des autres mais en restant dans le crew (ex : Metallica qui dit faire du « Thrash », et hop, trademark sur un sous-genre, Rhapsody de même avec le « Hollywood Metal »).

*

Jusque-là pourquoi pas, c’est un choix dans cette cosmogonie. La difficulté revient ensuite à nous, rédacteurs, et vous, auditeurs de comprendre 1. Ce qui fait les particularités de ce sous-genre (si tant est qu’on soit capable de vous les expliquer clairement) et 2. Vous les approprier pour, par la suite, dire avec affirmation et prestance que tel groupe fait de tel sous-genre (et le soutenir mordicus, of course). Admettons… c’est déjà bien chiant comme concept, mais admettons… Voilà donc où le bât blesse : qui fait (de) quoi et selon qui ?

Dernièrement, un long débat [émaillé de memes débiles et de vannes sur de multiples sujets, faut pas déconner non plus, on n’est pas si sérieux que ça, en vrai] a émulé le thread des conversations de la rédaction de Memento Mori Webzine sur le point suivant : tel groupe estampillé comme de style « sludge » par le label, alors que le groupe se revendiquait d’un autre sous-genre, est-il vraiment de ce courant musical… et finalement, c’est quoi les bayes ? Qu’est-ce qui fait qu’un groupe est de tel sous-genre, quels attributs sonores et/ou visuels… ? « C’est comme le Port-Salut : c’est marqué dessus » me répondrez-vous… Pourtant, s’il est assez facile de différencier les genres musicaux (je pense ne rien vous apprendre si je vous dis JuL VS Dying Fetus, j’imagine que vous distinguerez assez facilement les deux : le premier pond des trucs plus sales, infâmes et réguliers avec l’aval du public qui vénère l’extrême onction de sa fécalité que le second), cela l’est moins quand il s’agit des descendants plus ou moins congénitaux. Sachant que ledit groupe et sa revendication est forcément subjective, avec le choix de se présenter comme appartenant à ce sous-genre quand des codes peuvent te faire penser à d’autres, on ne sait plus qui de la poule ou l’œuf vient en preum’s. Bon, après, on s’en foutrait presque, tant qu’il y a des frites avec…

Pourtant, ça peut induire en erreur, au moins autant que si une quatrième de couv’ d’un Barbara Cartland te vendait un thriller… ce qui serait pour le moins exaltant, avouez : Beverley était éperdument en attente d’un signe de Steve, un rien qui lui enlèverait son doute sur ses sentiments inavoués… mais peut-être cache-t-il un lourd passé bien plus mystérieux qu’il n’en a l’air… Était-il espion, acteur porno pour des gonzo hongrois, livreur Ubershit en cavale ? Que de suspense…

Un autre sujet est venu dans la conversation, le « t’as changé, mec ». J’explique : au sujet d’un groupe dont le son et la structure des morceaux avaient changé ; on s’attend à quelque chose et ça sonne… moins authentique et plus formaté. Et étrangement, en lien avec le passage dudit groupe chez une major, problématique que nous verrons plus bas. Je me trouve face à ce genre de situation, similaire à celle que tous et toutes vivent sauf quand le cas du « je n’en attendais rien mais je suis quand même déçu » : ce regard plein de reproche face au gâchis. Fleshgod Apocalypse, pour recentrer mon explication, fait partie de ces groupes dans lesquels j’avais mis beaucoup d’espoirs parce que effet wow, depuis Agony, auquel s’ensuivront Labyrinth et King. Un groupe qui a fait le pied de grue pour intégrer l’écurie Nuclear Blast… Et depuis, coup sur coup, deux albums bof, Veleno et Opera, bien moins extraordinaires que ceux plus haut… et nettement plus formatés, loin des touches de génie de ces prédécesseurs. Je reste convaincu que ce n’est pas faute d’avoir des idées ou même d’être devant une page blanche mais surtout d’avoir cédé à la facilité en n’écoutant que les demandes du label… C’est bien ce qui m’a fait ne pas du tout en parler ni le chroniquer : devoir donner un avis négatif sur un groupe que j’ai adoré et dont j’ai moi-même fait la publicité. « Ne vous fabriquez pas de faux dieux, ne dressez pas d’idoles ou de pierres sacrées, ne placez pas dans votre pays de pierres décorées pour les adorer » dixit le Lévitique (un passage de la Bible donc… qui fait l’apologie de l’idolâtrie… hum…)

Bref ! (avec un point d’exclamation) Un avis, c’est comme un cul : tout le monde en a un mais on n’est pas obligé de le dévoiler en public, ce qui fait que je crée en ce moment un paradoxe (puisque je vous donne le mien aussi sale ou admirable soit-il) mais aussi que je vous invite à vous faire votre propre avis en allant découvrir les petites dentelles affriolantes qui se cachent sous un titre ou une appellation, même putassière, pour vous y reprendre à deux fois et trancher ensuite, entre « le bon grain et l’ivraie ».

Lors, « vous ne viendrez plus chez nous par hasard » (Total).

******************************************************************************************************************************

« Quand je fais de la purée Mousseline, je suis sûr(e) que tout le monde aime ça… » Non, en fait… parce que tout le monde n’aime pas la purée, particulièrement celle insipide de cette marque. Mais c’est aussi un choix, une différence, un goût, un esprit critique… et un marqueur de groupe social.

Assumer d’appartenir à un groupe social, c’est déjà quelque chose, particulièrement à celui qui nous concerne présentement. Se dire qu’également ça vous ferme des portes à d’autres groupes sociaux est une prise de conscience nécessaire et inéluctable : on (s’)applique des codes donc on fait un choix qui peut (nous) exclure d’autres « tribus » qui refusent ces codes, voire les honnissent avec force et véhémence, voire appliquer la « loi du plus fort » pour les mépriser ou éradiquer – c’est pas mal à la mode ce principe, en ce moment… ça rappelle des grandes heures de l’Histoire, hein ? Rappelez-vous les « zombies assoiffés de sang » (coucou M6, j’ai pas oublié) qui vont au Hellfest et apeurent les gentils voisins (qui depuis se sont rendus compte non pas qu’ils faisaient peur mais étaient surtout une source de revenu, hypocrisie, quand tu nous tiens…) C’est une image que le Metal a choisi de véhiculer, voire mettre en tête de gondole (pour rester dans la thématique publicitaire), voire exhorter à considérer comme vraie, au point d’en arriver à une généralisation des plus absurdes avec des poncifs du type « tu t’habilles en noir donc t’es un métalleux » [Ah ? Je savais pas qu’Ardisson était Metal…] Perso, c’est très clairement (et comme Ardisson d’ailleurs) parce que ça passe avec tout et (comme Einstein… ou Seth Brundle) parce que ça me fait chier de chercher une tenue différente à accorder chaque matin, j’ai du temps et de l’énergie à gâcher dans des tas d’autres tâches au moins aussi usantes chaque jour, plutôt qu’avec des branquignols de ce genre. Je ne vous ferai pas non plus la liste exhaustive des « on dit », je crois que vous les connaissez suffisamment…

Mais pour en revenir à cette notion de publicité et de territoire social de niche, faut aussi se rendre compte que le Metal, au tout-venant, bah c’est pas bankable… Ca vous laisse de nombreuses possibilités, toutes peu ou prou sans scrupules aucun, pour parvenir à votre but ultime : fortune et gloire. [Je repense à cette chanteuse Suisse aux dents longues, et désormais disséminée dans de nombreux projets plus ou moins de premier plan qui m’avait totalement snobé lors d’un concert où j’avais partagé la scène avec un groupe (et je remercie encore l’organisateur de m’avoir laissé cette opportunité) ; pas assez digne d’une simple réponse à mon « bonjour » certainement…] 

Et le Metal n’est pas vraiment « le pays où la vie est moins chère » … Sauf cas assez rare (et désormais ancien) où après avoir été écrémé par la scène et la longévité, on pouvait et peut encore vivre de sa musique et ses royalties (Metallica a assez fait chier le monde avec l’affaire Napster quand le groupe était déjà millionnaire… mais bon, philosophie protestante US oblige, tu es ce que tu as gagné et ta réussite se montre en billets verts), on s’appauvrit désormais pour son « métier passion », ratio coût-dépense étant inverse – et on doit parallèlement renier ou abandonner toute idée de vie privée et/ou personnelle à ces fins – avec la quasi-certitude de, quoi qu’il en soit, y consacrer tout son temps et énergie sans rien en retour si ce n’est mourir pauvre, malheureux et oublié. 

*

Balavoine chantait « je veux mourir malheureux pour ne rien regretter », c’est un choix de vie, un sacerdoce… que certains ne sont pas enclins à subir ; bien qu’issus du monde Rock et Metal, et réalisant assez vite que ça ne leur rapportera pas un kopeck, certains artistes (talentueux en majorité mais arrivistes surtout) renient leurs origines culturelles et musicales pour les paillettes et les strass.

Petit aparté, pas tant hors sujet que ça mais hors cadre Metal : je déteste Gims. Aucunement question de goûts musicaux mais de philosophie. N’en déplaise, ce mec est talentueux, musicalement : bon chanteur, bon musicien, etc. Mais emprunt de cynisme affiché, il assume clairement de faire « de la merde » pour se faire de la thune, et ça, ça me dépasse (on parlait des codes en préambule, pour ma part et sans être japonais, le Bushido est le mien, et ça en sort totalement).

Pour en revenir au précepte, il en est nombre qui, pour le besoin de briller, choisissent de renier ce qui fait leur ADN musical pour « exister » au regard du plus grand nombre. Et d’autant plus à une époque où le paraitre a gagné sur l’être, l’image avant l’idée… Vous, par exemple, vous êtes sur des RS : c’est pour rencontrer et dialoguer, ou mater des photos et bitcher ? Regardez même le fonctionnement de ces RS : on ne crée pas/plus : on fait du « contenu » (TikTok, Youtube, etc.) ; on est sur Instagram, on voit des images défiler, mais lisez-vous le texte en dessous et avez-vous remarqué que ce qui devrait être des liens URL ne le sont pas… parce que ce n’est pas la fonction de ce type de RS, et surtout pas de promouvoir d’autres pages internet… 

*

Les trompettes de la renommée ne sont pas toujours assez puissantes pour abattre le mur de Jéricho. Si certains styles musicaux ont des passerelles, d’autres sont aux antipodes. S’il semble assez cohérent qu’un Garou ou un Renaud Hantson [ou Balavoine, cité ci-dessus] arrivent du milieu Rock pour se retrouver dans la Comédie musicale, ou l’Opéra Rock, ça semble déjà moins évident pour des Tryo qui, issu de la scène Punk Hardcore, ont opté pour du plus consensuel Ragga-Reggae et en faire un hymne de campagne publicitaire et une manne financière… Et tout ça pour quoi ? Qu’on se rappelle d’un seul album, leur premier ? Toute étoile qui brille encore devant vos yeux est probablement morte depuis des millénaires et si le « quart d’heure de gloire » que tout le monde recherche selon Warhol est devenu un crédo, il ne faut pas oublier qu’il est aussi éphémère que la carrière de Magalie Vaé… Combien de vaillants soldats sont morts connement en pensant devenir des « héros », terme tout autant utilisé à tort et à travers que ceux de « prise d’otage » lors des grèves de la SNCF ?

« Think genuine » …

******************************************************************************************************************************

« Tous sortis du même moule, du même œuf… » (Lofofora) Peut-être que c’est ça, dans le fond, le problème : vouloir mouler à la louche et faire disparaître les aspérités, en édulcorant. Matmatah, Les Fatals Picards, nombreux sont ceux qui ont perdu (vendu) leur âme et leur identité à des majors par choix, pour se rendre plus accessibles à tous… avec le risque de ne plus être ce qui a fait leur spécificité. C’est un pari très risqué… Pour revenir à la scène Metal, regardons ce qui s’est passé avec des groupes qui ont voulu s’adapter au public et non le contraire : Metallica et leur Saint Anger (parce qu’il faut sonner comme KoRn), Dream Theater et Octavarium (parce que Muse est en odeur de sainteté), Rammstein et Reise Reise (parce que code de Universal Productions), In Flames et Siren Charms (qui a justement cédé au chant des sirènes de Century Media pour « élargir » (la rondelle de) leur public aux Metalcoreux) …

Pour moi, le pire et plus mémorable exemple emblématique de « faut pas vendre son âme au diable » reste et restera celui des groupes estampillés Roadrunner (Warner Music, donc) qui ont eu comme producteur Ross Robinson quand KoRn a eu le vent en poupe. Saturne dévorant ses enfants… Des Soulfly, Machine Head, Fear Factory au son et la composition clonés sur KoRn… Putain, quelle hérésie !!! Et le vent passe de la poupe à la proue pour ces groupes qui vont devoir traverser le désert et en sortir en se sentant « comme un ver de terre dans le sable ». Oui, t’as fait un choix, t’as signé un contrat… mais peut-être que chier sur ce dit contrat, te barrer et assumer ton intégrité était la meilleure des idées… On ne refera pas le passé : ça a servi de leçon à certains, d’autres se sont fait bouffer, ainsi va le monde en termes de vanitas vanitatis… Je n’aime pas plus KoRn que ça mais ils ont leur son, leur identité, qui a eu son succès certes mais je n’ai pas envie que Metallica sonne comme KoRn, parce que c’est Metallica et si je veux du KoRn, j’irai écouter KoRn

On en revient à la question déjà abordée dans un précédent article de l’évolution musicale d’un groupe : qu’est-ce que nous, auditeurs, attendons d’un groupe/chanteur/artiste ? La même chose qu’avant ? La même chose qu’un autre ? Autre chose ? (Mais dans ce cas, autant chercher un autre groupe.) Et il devient de plus en plus difficile de rester intègre et ne pas « ressembler à » …

******************************************************************************************************************************

C’est finalement sur ce point que je vais achever mon propos : le « ressembler à ». Et la problématique de l’étiquetage… Oui, c’est évident, on ne peut que « ressembler à », parce qu’on a tous et toutes des référentiels et des comparatifs, qui nous aident naturellement à classifier dans tous les domaines de la vie courante, du pratique au futile, de l’essentiel à l’accessoire, de l’image d’Epinal à la triste réalité, de l’utopie à la dystopie. Mais est-il impossible de se sortir les doigts (et les yeux) de ces a priori pour s’ouvrir au possible ? Je pense que non. Rien  que le fait que vous ayez cliqué sur ce lien et soyez arrivé à cette conclusion étaye mon propos : la publicité aurait pu être mensongère [je ne sais pas au préalable quels arguments de vente vont orner la publication de cet article] que si le décorum vous vend du rêve (ou de la référence à vos codes), vous avez cliqué, « hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère », par curiosité tout aussi malsaine que celle d’un « HornPub » plutôt que son pendant officiel dans lequel on joue davantage de flûtes que de trompettes.

Bref… « Venez comme vous êtes » !

La pub nous prend pour des cons, la pub nous rend cons: Hara Kiri  (1960-1985)

PS : c’était totalement gratuit pour Dying Fetus 😉

Categories:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Article