Genre : Death Metal
Note : 93/100 ou Ouf ! par Robin des Néants
Label : Testimony Records
Date : 4 mars 2025
Bon faut revenir à l’essence du Metal, avec quelques allumettes.
Ça me paraît nécessaire en temps d’IA et de « on est quali on fait comme (taper nom de groupe influent des années 80-90) »
C’est quoi le Metal ?
Quand je vois qu’il y a des cours de chants saturés…
Qu’il y a des saturations numériques d’instrument plus analogiques dans le son que l’analogique.
Quand je vois sur les réseaux souvent la pose et le fait de se fédérer autour de musiques devenues plus des symboles et marque d’appartenance qu’autre chose.
Quand je vois qu’il y a des marques Metal aujourd’hui : qu’on peut ne même plus supporter des projets artistiques mais des projets vestimentaires et commerciales ou club du « moi je fais partie de ça… »
Putain le Metal c’est quoi avec tout ça ?
Une esthétique vidée…
Une musique de conservateur ?
L’hymne de nos campagnes ?
Une musique de conservatoire ?
On est dans les musées, on est à l’Opéra, on est dans les grandes villes, on est avec les coupes de champagne, on est des ingés sons compétents, on est bien habillés, on est beau, on est sexy, on est chiant, on est pédant, on est bêtes, on est « apolitique », on est jamais en péril, on est pas brave, on est méprisant, on est fermé.
Et on est plus en colère.
On est vaincu par des logiques et des forces qui ont terrassé les forces magiques et surnaturelles.
Et en plus on est passéiste !
On est vieux.
On incarne plus rien, on est les décharnés des images désormais conformes, sur les pochettes.
On est des algorithmes. On est dominé.
On achète des vinyles et c’est une ineptie. On est des vaches à lait, des fétichistes obsessifs.
On est dans des circuits, on pensait être au-dessus… Au-dessus des ordinateurs, des logiques binaires, au-dessus des conflits, des enjeux, de la politique, on pensait le Metal absolument loin de tout cela, on se drapait de misanthropie pour cacher un trou béant dans la tête et la poitrine. On se pensait créatif.
Notre imaginaire a été volé.
Aucune résistance ne s’est organisée. Que du protectionnisme et de la revendication stérile, dans la forêt pour certains, dans les attestations d’intégrité sur les réseaux pour les autres, une compilation des deux encore !
On a un travail, on a une vie, on a des gosses même, on est bien, on est calme, quand on l’est pas et qu’on est dangereux on l’est bêtement… Donc on reste inoffensif. Doux agneaux… Ils aiment les chats il paraît.
On a une identité, non on a une attitude.
Sacs à memes
On a plus de regard.
On est plus aussi créatif, tout devient prévisible, la moindre audace est suspecte de trahison, ou n’est plus là que pour se démarquer pour une reconnaissance illusoire.
On est les décadents sans la superbe couronne de sang.
Des T-shirts de merde, des plastics case de merde, des pochettes de merde désormais, des posters de merde, des musiques stériles, des pensées de merde, des opinions de merde, des croyances de merde, des styles de vie de merde, des hiérarchies d’estime de merde, des chroniques de merde, des coups de sang de merde.
Et de l’urine partout avec l’alcool renversé.
Après tout, paraît que c’est Metal.
Et ces coups de sang inutiles. Quand tu réalises que c’est quand tu fais une erreur sur le label que t’as plus de commentaires que lorsque t’en as peaufiné ton texte à en avoir des nuits blanches…
On a le syndrome du complexé, de l’imposteur, du mégalo, alors on revendique la bêtise et la régression comme une valeur réparatrice, restauratrice, révolutionnaire. Prout rigolo. Ça nous paraît moins vulgaire qu’un « wesh » dans une phrase.
Et on viole comme les autres ! On est sexiste comme les autres ! On pornographie tout comme les autres, on marchandise des corps comme les autres ! On rabaisse comme les autres ! On parle à la place des autres, comme les autres ! L’étrangeté nous fait peur, comme les autres, L’altérité aussi, comme les autres ! On confond valeurs, dogmes ! On a aucune grandeur, décence, Aucune intelligence de l’insolence ! On est communs. Des médiocres.
On est conforme.
Tu te la joues aristo mais t’as rien à part l’ennui, t’es dévoré de lui, t’es baisé par lui… regarde bien au-dessus de toi : tu y verras tout le monde riard en casquette et survet Kalenji. Et tes tatouages de nazis, de satanistes, ou de fans de ou d’intellectuels qui s’écrit du Shakespeare ou d’adolescents bovins déjà anciennement polyaddicts, n’y changeront rien.
Mais quitter les réseaux pour faire quoi ?
C’est fini le 20eme siècle, toute réaction passéiste porte son propre échec, est un aveu même de vacuité.
L’impasse.
Passion de merde. Consuméristes. Méprisants. Stupides.
Si on ne parle jamais que de soi je suis bien dans la merde et la bière !
Je suis bien mal oui !
Hey ! Attends ! Elle est superbe cette mélodie, cet enchaînement il est incroyable… La pochette a du cachet…
Je disais quoi ?
Ah oui ben Scalpture a fait un excellent album de death plus mélodique qu’enragé mais… toujours extrême.
J’ai pas de réponse à ce qu’est le Metal, s’il est toujours puissant, toujours magique… mais… Aaaaah… Landkrieg… Cette thématique de guerre, de sang, ce regard d’historien, cette puissance émotionnelle qui le situe tant dans le voyeurisme, que dans le regard distant ; tant dans une dénonciation de l’horreur, que dans une transcendance de celle-ci.
L’ambiguïté qui nous permet de nous saisir pleinement de tout cela, de nous choisir pleinement et de créer son éthique. Sois salaud, sois pacifiste, sois morbide, sois ce que tu veux être. Avec Scalpture tu es libre de ta place dans le monde. Et les beautés du tourment écloront en toi.
#serenite
#connexionretrouvee.
Track List :
01 – The Fall …
02 – Into Catastrophe
03 – Til Jeret Undergang
04 – Landsknecht
05 – Wallenstein
06 – Den Mörka Nattens Lejon
07 – Of Siege and Besieged
08 – Schwedentrunk
09 – Hell’s Choirs Chant
10 – Bellum Se Ipsum Alet
Membres :
Moritz N. – Batterie
Felix Marbach – Guitare
Thorsten Pieper – Chant
Tobias Aselmann – Guitare
Niklas Neuwöhner – Basse
Recorded, produced and mixed by Marco Brinkmann at Hellforge
Studio. Mastered by Lawrence Mackrory at Rorysound Studios.
Cover artwork by Eliran Kantor.
Liens :
https://www.facebook.com/Scalpture









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