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Live report – Formoraich+Mezel+Arkaist

         Formoraich + Mezel + Arkaist
         Le Pavillon Noir 
       Lampaul-Guimiliau (29)
                Samedi 29 mars 2025        

 Texte : LB D
     Photos : Mémé Migou
   Vidéos : Bruno Guézennec

Ah, je l’attendais avec une grande impatience cette petite soirée  entièrement dédiée au Metal Noir ! Petite soirée organisée par l’association Penn Ar Stourm avec trois groupes bretons à l’affiche : les Rennais d’Arkaist, les Costarmoricains de Mezel et les Finistériens de Formoraich. Et cerise sur le gâteau, elle a lieu au Pavillon Noir à Lampaul-Guimillau ; autant vous dire que je jouais à domicile ce soir-là.

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J’effectue un léger détour par le centre de Landivisiau afin de récupérer trois black metalleux venus de la région parisienne (bravo à eux d’avoir fait le déplacement), nous arrivons à la salle aux alentours de 20h. Cela me laisse le temps de saluer quelques habitués qui attendent bien sagement l’ouverture des portes, et de rejoindre l’équipe de Memento Mori, à savoir Mémé Migou, Seb D et Bruno G. On rentre dans la salle tous ensemble afin de se mettre au chaud et fidèles à nos habitudes, de se désaltérer le gosier avant le début des festivités. 

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Arkaist :

C’est Arkaist qui a l’honneur d’ouvrir le bal devant un auditoire d’environ soixante personnes. Je suis un peu déçu de l’affluence, pensant qu’une telle affiche aurait au moins attiré une petite centaine de spectateurs. Que cela ne tienne, nous avons assisté à une très bonne soirée, et pis tant pis pour les absents. Les ayant vus quinze jours auparavant, je savais à quoi m’attendre. En réalité, la seule interrogation qui me préoccupait était de savoir s’ils allaient interpréter les morceaux dans le même ordre que sur l’album, comme cela avait été le cas à Querrien.

Ça démarre tout comme, après une courte intro, c’est “Aube Noire” qui ouvre la soirée, enchaîné directement à “Ode à la Haine”, ça y est, je suis fixé, les titres défilent dans l’ordre. Le son est bon, ça ne m’étonne pas, je n’ai jamais été déçu dans cette salle à ce niveau-là. Faut dire que Mick, le boss de cet établissement, en connaît un rayon en matière de sonorisation. Les premières notes de “Prophète du Sang » se font entendre, pas un mot, pas un sourire, aucune émotion n’est palpable. Déjà trois titres de passés, purée, ça défile à une vitesse ! Le groupe est en place, ça joue bien, c’est puissant, racé. Maeror vocifère sa rage, soutenu de temps en temps par Gwenc’hlann An Teñval. 

Les musiciens demeurent statiques un court instant ; bon, la logique voudrait que ce soit “Terre Ancestrale” : bingo, c’est “Terre Ancestrale”. Ils entonnent le chant quasi militaire, ce qui nous offre un moment de répit, et je me surprends à chanter avec eux cet hymne à la gloire de nos ancêtres. C’est à ce moment précis que je me rends compte que je le connais par cœur, cet album : faut dire que je l’ai bien poncé pour ma chronique sortie quelques jours auparavant. Les musiciens concluent le morceau de la même manière qu’ils l’ont débuté, immobiles et droits dans leurs bottes ; cela constituera notre deuxième et dernière pause. Car, aussitôt on replonge corps et âme dans un moment de pur Black Metal avec “Anachorète” ; normalement, y’a le break au milieu du morceau. Yes, ça passe crème, ils le font tranquille avant de terminer en trombe ! Je les attends au tournant sur “Linceul D’éther”, avec sa partie finale un peu délicate tout en spoken words. Mais Maeror s’en sort plutôt bien : je dirai même plus, il l’a bonifié en prenant sa voix la plus rocailleuse au possible, il a rendu ce passage encore plus noir, plus sombre. 

Tout le monde ne le sait pas encore mais, moi, je le sais que “Puer Aeternus” est le dernier morceau : profite Didier, c’est ton préféré. Aargh ! Cette mélodie en fond sonore, ces accélérations et son finish… Purée, je ne m’en lasserais jamais. Les dernières notes se font entendre, voilà c’est fini, les musiciens posent leurs instruments et s’en vont comme ils sont venus, sans un mot, sans un au revoir. Put…, on vient d’assister tout simplement à une leçon de Black Metal old school.

Setlist :
–  Aube Noire
–  Ode à la Haine 
–  Prophète du Sang 
–  Terre Ancestrale
–  Anachorète 
–  Linceul d’Éther 
–  Puer Aeternus

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Mezel : 

Autre salle, autre ambiance avec Mezel et son Black Death Sympho qui aura la lourde tâche de succéder à Arkaist. La branche complètement à l’ouest de Memento Mori connaît bien les costarmoricains, on les suit depuis leur début et leur premier concert au Saltimb’Arts à Merléac. Au fil des concerts, on les a vus progresser, franchir des paliers les uns après les autres, jusqu’à ce fameux concert en tête d’affiche à Saint-Brieuc dans le cadre de la soirée “Les Studios partent en Live” dans cette bonne vieille salle de Bonjour Minuit en janvier 2024. Ce soir-là, Mezel s’était surpassé autant sur le plan musical que scéniquement, et restera à ce jour, pour moi, le meilleur concert donné par la formation.

Dès les premières notes, fidèle à sa réputation, David, vêtu de sa soutane de prêtre maléfique, commence à gesticuler dans tous les sens ;  il en sera de même tout le concert. On remarque d’entrée de jeu que les instruments sont mis en valeur par l’élément déterminant d’un bon concert : le son. Indispensable dans ce style de musique, notamment au niveau des claviers quand ils sont chargés de donner de la profondeur à vos compositions, défaut qu’on a souvent reproché à Mezel par le passé mais, ce soir, c’est parfait.

Je l’avais déjà constaté à Querrien, mais certaines compositions ont été retravaillées, réarrangées au niveau des riffs de guitares et du son de basse. C’est désormais plus clair et plus limpide, elles ont gagné en efficacité : faut dire aussi que Jeff y participe grandement en assurant le tempo tel un métronome et martèle ses fûts comme jamais. 

Mais nos yeux n’en ont que pour la prestation de David au chant, il l’aura encore démontré ce soir en véritable bête de scène qu’il est. Je le trouve particulièrement très en voix, alternant avec brio le growl et le chant typiquement black, avec toujours cette faculté d’être complètement investi et possédé par son personnage. Il fait chaud et contrairement à Querrien, la soutane en fait les frais et tombe à terre après seulement quelques morceaux. Il terminera d’ailleurs le concert torse nu, petite habitude qui s’était un peu perdue ces derniers temps. Nous avons également eu le plaisir d’entendre un nouveau titre intitulé “Au Seuil Des Mondes”, qui a su passer aisément l’épreuve de la scène.

Après une heure de performance, le concert s’achève en apothéose avec le morceau « La Part Du Diable », les retours sur la prestation de Mezel sont largement positifs. En tout cas, chez Memento Mori, nous sommes tous d’accord pour affirmer que ce fut leur meilleur concert à ce jour. Le concert de Saint-Brieuc est désormais relégué au second 

plan. Dorénavant la référence sera celle-ci, au Pavillon noir. Allez hop ! Maintenant, tout le monde en studio pour nous enregistrer un petit quelque chose.  

Setlist : 
– Les Vents Luminiques
– Dissociation Divine
– Le Prisme Du Mal
– Naissance De L'astre Noir
– Les Cohortes De L'ombre
– Au Seuil Des Mondes
– Les Louanges Du Passé
– Les Confins Du Néant
– La Part Du Diable

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Formoraich : 

Formoraich, c’est l’autre groupe de Gwenc’hlann An Teñval et de Maeror. Dans cette configuration, Gwenc’hlann An Teñval a troqué sa basse pour le micro, s’ajoutant au passage d’imposants bracelets cloutés. De son côté, Maeror garde sa place, à peine a-t-il changé de guitare, mais il abandonne son rôle de chanteur principal pour se concentrer exclusivement sur les chœurs. Ulfar An Disehol (basse), Balor (guitare) complètent l’effectif, avec une petite surprise, ce n’est pas Seb derrière les fûts. Étant trop occupé avec ses autres projets, ce soir, ils ont dû faire appel à un batteur de session pour le remplacer.

Le set débute sur une intro marquée par des orages et des bruits inquiétants. Tout le monde demeure figé pendant cette introduction, enfin non pas tout le monde, puisque Gwenc’hlann An Teñval fait son entrée sur scène au son des premiers riffs de guitare.

Les titres chantés en breton font la particularité de Formoraich, qui, associés à des chœurs essentiellement en chant clair, confère à sa musique une dimension pagan. Attention, pas le Pagan de nos jours avec tous ces instruments folkloriques qui donnent un côté festif à la chose. Non, je veux parler plutôt du Pagan à l’ancienne comme on peut l’entendre dans les pays de l’Est, notamment en Pologne ou en Ukraine. Cette influence se manifeste également à travers la performance de Gwenc’hlann An Teñval, avec laquelle je perçois de nombreuses similitudes avec Myrd’raal (R.I.P) de Bergrizen, autant vocalement que scéniquement. Sa prestance sur scène est remarquable, n’hésitant pas à parcourir la scène en long, en large, en travers, venant parfois haranguer le public d’un poing rageur. Son attitude haineuse, associée à son corpse paint morbide, pourrait susciter de la peur.

Les titres joués dans l’ordre de l’unique démo du groupe s’enchainent à une vitesse folle et, après quarante-cinq minutes, le concert s’achève sur les dernières notes de ”Urzh Ar Reusd” et une citation en breton éructée par le chanteur que je ne saurais traduire.

Setlist : 
– Taranadenn 
– Galv an doueed
– Souflamoù ar c'hunujennoù
– Kevrenn 18
– Deuet eo an amzer  
– Urzh ar reustl

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Les lumières se rallument, le public semble satisfait dans l’ensemble et commence à quitter la salle. Quant à nous, on s’éternise un peu, on boit un dernier verre, on refait le match, comme si on n’avait pas envie que la soirée se termine. Je ramène mes acolytes dans le centre de Landivisiau vers 1h30 du matin. Mais au fait, je ne vous les ai pas présentés : il y avait Laurent, un contact Facebook avec qui j’échange beaucoup de musique, Pierre-Lau, et Stéphane de Noir Hexagone, association chargée d’organiser des concerts Black Metal sur Paris. Deux des trois groupes (Arkaist et Formoraich) qui jouaient ce soir sont d’ores et déjà programmés pour le 5 décembre à la péniche Antipode. Il se murmure même que Mezel serait dans les petits papiers, mais chuuut !

Galerie photos Arkaist :

Galerie Photos Mezel :

Galerie Photos Formoraich :

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