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Du Metal… mais pas que !

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Live Report – Metal Noz II


Metal Noz II
(Skol Diwan Gwenrann)
15 Mars 2025
Espace La Fontaine (Assérac – 44)

Texte et photos : Mémé Migou
Vidéos : Bruno Guézennec

C’est qu’on en a fait, du chemin, l’ami Bruno, ma p’tite voiture bleue et moi-même, en ce samedi de mi-mars. Et en plus, on l’a fait de bonne humeur, avec le plaisir d’aller retrouver Killian et Romain (de l’association de parents d’élèves de l’école Guérandaise du réseau Diwan – pffffff quelle phrase ! Je respire enfin). Ah non.. Je dois encore rajouter une petite info : le plaisir de les retrouver puisque nous avions, quelque temps auparavant, fait l’interview du duo organisateur. Envie de vivre ce moment de partage et de soutenir cette belle initiative. Et croyez-moi que pour sortir le papy du Léon qu’est notre Bruno, il faut qu’il soit motivé !

Je viens juste de parler d’un duo organisateur, mais vous avez compris qu’il s’agit de tout un réseau qui se retrouve aux manettes de cet événement. Alors, cela peut paraître couillu, un festival Metal pour remplir les caisses d’une association de parents d’élèves, eh bien pas tant que ça… Souvenez-vous, le Samaïn Fest n’est autre qu’un festival Metal organisé par… par… je vous le donne en mille : une APE Diwan !

Le Metal Noz en est à sa seconde édition. Celle de 2024 avait terriblement bien fonctionné, galvanisant les foules et les parents. Mais pas que ! Puisque j’y ai vu professeurs et directrice de l’école en question. Bravo pour l’ouverture d’esprit.

Pour cette année, le lieu a été délocalisé à Assérac. Un peu plus grand, avec une cour extérieure permettant d’y installer les barnums pour les galettes-saucisses et autres douceurs made in Bzh. Dès l’entrée, sur notre gauche se trouvait le petit marché, avec des artisans de qualité et même la possibilité de se faire tatouer. J’ai terriblement hésité à acheter le superbe collier en cuir rouge pour toutou… Je n’ai pas de chien…

Et de l’autre côté, dans la salle à notre droite, tout au fond, la scène. Du coup, on va peut-être entrer dans le vif du sujet, vous ne croyez pas ?


Autant mettre les pieds dans le plat de suite. La salle était plus grande, il est normal que l’on puisse se dire qu’atteindre la jauge maximale serait un doux vœu. De fait,il m’a semblé que la salle avait du mal à se remplir. Malgré tous les efforts déployés par l’organisation, la publicité qui a pu être faite etc, je trouve foncièrement dommage que les Metalheads du coin ne se soient pas plus mobilisés. Attention, il y avait du public, n’imaginez pas le contraire et je pense que les frais ont pu être résorbés avec les entrées. Mais… Bordel, un après-midi de mars, avec pas moins de 8 groupes pour une somme très modique qui ira dans les poches d’une APE… Vraiment, je ne comprends pas les Metalleux qui viendront ensuite pleurnicher qu’il n’y a jamais rien dans leur coin ! Voilà, le coup de gueule est passé, Mémé prend sa p’tite camomille et poursuit son récit.

L’ambiance ultra familiale (avec enfants casqués), des personnes de tous âges et horizons, vraiment j’en ressors avec le sourire de qui a passé un moment entre amis. Et des potes, on en a croisés… C’était fun d’échanger quelques tacles amusés avec Nicolas de Thrashocore, entre autres personnes.

C’est vers 15h30-16h que le premier groupe a pris possession de la scène.

Vermoth

La grande muette, c’est le doux sobriquet de l’armée. La grande mouette, c’est à Brest (si vous en doutez, allez donc écouter cette chanson mythique que tout candidat au BAFA se doit d’apprendre « Moumou la reine des Mouettes »). Et la grande inconnue (non ce n’est pas en math), elle revient à Vermoth.

Lors de notre interview, Romain et Killian nous avaient avoué ne connaître Vermoth qu’à la faveur du seul titre qu’ils ont lâché sur Youtube. Vous l’aurez compris, c’était la surprise presque totale. Tout ce qu’on pouvait lire de Vermoth, c’était sa mention de « groupe Metal ». Pour un festival Metal, c’est quand même mieux, me direz-vous !

On imagine donc aisément un jeune groupe, un peu vert… Bien… Voilà donc Vermoth sur scène. Et du vert, il y en a dans le logo du groupe. Mais en toute sincérité, j’ai été épatée par leur proposition. Ça groove, il y a des plans techniques, on sent que derrière il y a de la réflexion et du travail. Peut-être même de l’XP, comme disent les rôlistes. Sur scène, c’est carré et on sent l’ombre de SOAD planer sur les compos.

Un moment rafraîchissant, mais qui déjà nous place dans les pas du Death Metal bien lourd qui arrive.

« J’ai trouvé pas mal. J’ai été surpris par le son. Ça me faisait un peu peur d’écouter du Metal ici. Je connais la salle, et je suis très étonné par la qualité du son. Je n’ai pas écouté tous les morceaux du groupe car je suis arrivé en cours et je faisais attention à mon enfant. Mais oui, bien. J’ai entendu plein d’influences différentes. Intéressant. » – Brieuc

Galerie photos de Vermoth :

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Crocodeath

Ahhh… Crocodeath… Vous ai-je déjà parlé de la Breizh Death Metal Party, qui a eu lieu le 1er février au Le Thy’roir à Ploërmel ? Non ? Ah mais oui, suis-je bête, je suis en retard dans mes live reports, ça va arriver… Mais du coup, je vais un peu spoiler : J’ai découvert Crocodeath ce soir-là. Et j’ai pris une belle claque. C’est lourd, c’est assumé, ça assène des riffs Death old School comme autant de leçons qu’ils t’infligent.

Et pour cette fessée, ils sont 3. Un putain de trio qualitatif… Avec au chant le premier guitariste chanteur de l’excellent groupe Yyrkoon. Tout de suite, ça place l’ambiance et le niveau. Pour autant, bassiste et batteur ne sont pas en reste. Croyez-moi, Crocodeath est un nom à retenir. Juste un EP à leur actif, qu’ils défendent sur scène de façon décontractée et pro.

Rajoutez à cela le petit gimmick « dansé », celui du piétinement crocodilesque et vous avez un set qui illumine votre visage d’un sourire qui sous-titre « mais c’est bon, ça ! ».

C’est donc la seconde fois que je les vois. Ils confirment la première bonne impression que j’avais eue. Un set excellent – où je déplore le son de la caisse claire un chouïa trop claire pour moi – qui amène le premier Wall of Death.

« C’était très bien. J’ai adoré. Le groupe était bien. Le son était bien. Le seul point, c’était un peu tôt. Je suis pas encore assez dans l’ambiance pour aller devant la scène. Mais c’était vraiment très bien » – Alan

Galerie photos de Crocodeath :

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Incinerator

Non mais qui vois-je sur scène ? Ne serait-ce pas l’un des organisateurs du festival ? Mais oui mais oui, j’ai bien vu un Romain !

Bon, d’accord, je ne vais pas jouer l’étonnée, je le savais et de fait, j’attendais de les voir. Avec Incinerator, on passe dans le côté obscur du Thrash Metal. Ou plutôt le côté lumineux du Metal, laissant au Black l’obscurité dont il aime se parer… Tout est question de point de vue. Mais laissons ces considérations de côté et retrouvons le quintette du 44, avec une bassiste et une batteuse !

Je ne connais pas tant que cela le Thrash Metal, je dois bien l’avouer. Cependant, ce que je vois sur scène, ce sont 5 personnes qui se connaissent, qui prennent un plaisir fou à jouer ensemble et qui arrivent à nous le recracher dans des morceaux bien acérés. Tout le monde semble relax, cool, signe d’un travail en amont pour en arriver à cette facilité.

Quand on parle de côté lumineux du Metal, c’est bien sûr les riffs qui rentrent tout en s’envolant. Exit la lourdeur du Death Metal. Ici, on cherche des solutions, on envoie du pâté et on kiffe. Un big up au chanteur qui tient la scène de main de maître.

Galerie photos de Incinerator :

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Repurgator

Je pourrais vous refaire la même que pour Crocodeath, savoir « ahhhhh… Repurgator… ». Ici aussi, ce n’est pas la première fois que je les vois sur scène. La première remontant à la release party du dernier album de Circle Ov Hell. Et si on creuse, on pourra aussi se dire que certains membres, j’ai également pu les voir dans d’autres formations (Elisirius au Samaïn Fest, par exemple).


En septembre dernier sortait leur premier album, Fovea Inferno, signé chez L’Ordalie Noire, dont vous pourrez retrouver la chronique sur notre site. Et le peu que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont le vent en poupe. Le public les suit et depuis septembre, les scènes où j’ai pu les voir les font grandir à chaque fois.

C’est donc un groupe assez jeune, mais à la volonté acérée qui vient délivrer son Death Metal devant un public qui peine à bouger. Pour autant, et malgré quelques petits soucis, notamment sur le dernier morceau, les 5 gars réussiront à embarquer le public. Et notamment Nicolas de Thrashocore, réellement sous le charme. Écoutez ce qu’il en dit :

« Malgré les petits pépins techniques – mais ça arrive à tout le monde – ça groove tellement… C’est du Cannibal Corpse en plus groovy. Et en plus, ils sont sympas. »

Galerie photos de Repurgator :

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Brokenheads

Allez, hop ! Retour vers un Metal plus Thrashisant, s’il vous plaît !

Ça ne vous est jamais arrivé de croiser une personne et de vous dire : « on se connaît, non ? ». Et vous cherchez, vous cherchez… Mais ça ne revient pas. Mémé et ses pertes de mémoire, mazette ! Car c’est ce qui lui est arrivé… Sur scène, l’un des guitaristes, Mémé l’avait déjà croisé, mais dans une toute autre aventure, celle d’un clip… (enfin, je crois, j’ai encore quelques doutes). Par contre, ce qui ne fait plus un pli, c’est que désormais, c’est fixé : il joue dans Brokenheads !

À la batterie, on retrouve Céline, pour qui ce sera le dernier concert avec la formation. Une fois annoncé, une petite émotion est palpable.

Le groupe va essentiellement jouer leur dernier (et premier, par la même occasion) album, « Waiting for the End », dont l’artwork magnifique est signé Laurent Fièvre. Mais ils proposeront quelques nouveaux morceaux dont le dernier qui va déclencher headbangs dans le public. Cassage de nuques de vue !

Galerie photos de Brokenheads :

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Tanork


Tanork, ou le petit groupe qui monte qui monte qui monte…

On commence à connaître la chanson, enfin ma chanson : Tanork, j’ai eu l’occase de les voir, notamment à la Breizh Death Metal Party à Ploërmel. J’avais également chroniqué leur album, en son temps. Tanork, dans le cadre de ce festival en faveur du réseau Diwan, était une évidence même, puisque les jeunes qui composent le groupe en sont issus, même s’ils sont plutôt région rennaise. Cette année 2025 (et rajoutons 2024) est véritablement l’année de leur explosion. Vous pourrez les retrouver à l’affiche du Motocultor , ainsi que sur la Hellstage et au Muscadeath !

Leur particularité, hormis d’avoir des compositions Death très efficaces, est d’avoir des lyrics en breton. Ah ça, on est Diwan ou on ne l’est pas ! Mais… je me dis que tout le monde ne connaît peut-être pas le réseau Diwan. Explications : ce sont des établissements associatifs laïcs, gratuits et ouverts à tous, sous contrat avec l’Education Nationale, qui proposent un enseignement du primaire au secondaire en immersion totale dans la langue bretonne. Ces établissements sont gérés bénévolement par des associations d’éducation populaire, et ont donc besoin de soutien, notamment financier, pour pouvoir développer des projets.


Tanork, malgré la grande jeunesse de ses membres (d’ailleurs d’un duo, ils sont passés au trio) et la création du groupe en 2020, a déjà un EP et un album à son actif. Ils ne chôment pas, c’est le moins que l’on puisse dire. Se partageant le chant, Melaine et Efflam savent comment emmener le public. Ils se démènent sur scène, mais cela ne semble pas être un souci, plutôt un way of life. Et dans la salle, ça répond ! Les premiers slams arrivent. Il faut dire qu’ils ont leur fan base !

Tanork, c’est d’une efficacité redoutable, façon Death US ! Ne les ratez pas lors d’un passage sur scène, ils vont vous en mettre plein la vue.

Galerie photos de Tanork :

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Nervous Decay


Ahhhh… Nervous Decay… Mais non, je ne vais pas recommencer, c’était pour la blague. Cependant, je peux tout de même annoncer les avoir déjà vus, il n’y a pas très longtemps, lors de la Release party de Circles Ov Hell… Et pour vous dire si j’ai apprécié ou non, je vais simplement mentionner le fait que je me suis ruée sur leur merch pour acheter leur album.


À la croisée des chemins, Nervous Decay propose du Death Metal que certains pourront dire mâtiné de Thrash, quand d’autres vont avancer le côté technique du Death, sans toutefois tomber dans du Tech Death tel qu’un Vitriol peut le concevoir. Vous l’aurez compris, Mémé est fan ! Et je suis toujours scotchée par la présence scénique du bassiste (vous irez vous replonger dans les live reports où on retrouve Nervous Decay, Cryogenical Excision…)

C’est à une machine de guerre bien rodée qu’on a affaire. Ce sera sans concession. Ils connaissent leur métier, ils savent ce qu’il faut faire pour déclencher chez le public de quoi pogoter ou slamer.

Peut-être l’aurez-vous remarqué, mais lors de la première annonce de l’affiche de ce Metal Noz 2, il y avait Joël BatS qui devait intervenir. Ayant déclaré forfait très peu de temps avant, c’est donc Nervous Decay qui a pris la relève, non pas au pied levé, mais pas loin.

Galerie photos de Nervous Decay :

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CHOUCH’N MOLOTOV

Du forfait de Joël BatS, CHOUCH’N MOLOTOV prend la tête d’affiche. Ils nous promettent un verre de Chouchen à la fin du set, qui sera assez court. Ce qui n’est pas anormal, vu qu’on est sur un set de Punk/HxC… Ça envoie, ça en bouche un coin, ça embouche nos « ah ! », « oh ! » et autres « yeah ! ».

Du Chouchen en cocktail survitaminé. Ça n’a pas fait un pli. Certes, il ne restait plus beaucoup de monde sur cette fin de festival. Il était assez tard… Et de nombreux bénévoles étaient partis se reposer pour assurer la journée du lendemain, moins Metal like. Malgré tout, les warriors restés jusqu’au bout ont pu boire cul sec le punk crossover qu’ils nous servent de façon très énergique.

Riches de 2 EP, le 3ème sort en juin. On a hâte d’entendre ça. En attendant, on reste avec les images du set qu’ils nous ont proposé. Et croyez-en Mémé, CHOUCH’N MOLOTOV, ça vous immerge et submerge !

Galerie photos de CHOUCH’N’MOLOTOV :

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Voilà, il est temps pour Bruno et moi de retrouver notre voiture et rentrer en terres Finistériennes. C’était un sacré bon moment, dont on repart avec chacun une bouteille de Metal Noz, une bière spécialement brassée pour l’occasion. De petits festivals de la sorte, on rêve de les soutenir. Alors vous devriez tous faire de même !


Bravo Romain, Killian, tous les bénévoles et l’équipe Skol Diwan Gwenrann. Ce fut un plaisir ! À l’année prochaine ?

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