Interviewée : Sixtine Audebert – Fanzine Rëquiëm
Interviewer : Seb D.
Chaque mois, je regarde le live YouTube Rock Hard décortiquant le numéro du mois en cours. J’aime ce format car on y apprend souvent des choses très intéressantes qui viennent compléter la publication. A la fin de l’une d’entre elles, Philippe Lageat (Rédacteur en chef du magazine) montre un fanzine se nommant Rëquiëm. Celui-ci revient sur l’histoire d’Enfer Magazine. En grand fan de la presse musicale, n’ayant pas connu cette époque (car trop jeune) et toujours avide d’en apprendre davantage sur tout ce qui gravite autour de la sphère Metal, je me suis précipité pour l’acheter. Très vite, il y a eu deux autres numéros que j’ai dévorés avec grand intérêt.
Cela m’a donné envie de mettre en lumière le travail de Sixtine Audebert, l’une des personnes se cachant derrière ce projet.
Bonjour Sixtine !
Merci de nous accorder de ton temps afin que nous puissions discuter ensemble de Rëquiëm. Mais avant toute chose, pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?
Qui est Sixtine Audebert ?
Merci à vous de l’invitation !
J’ai plusieurs casquettes, car, du haut de ma fraîche trentaine, j’aspire à vivre de ma plume : enseignement dans plusieurs facs, en littérature et en info-comm ; journalisme culturel dans la presse spécialisée, le magazine de cinéma fantastique Mad Movies et l’émission Mauvais Genres de François Angelier sur France Culture, le plus vieux (30 ans d’âge) et unique programme de la chaîne nationale qui soit dédié à la culture populaire ; micro-édition avec mon compagnon Samuel Guillerand de livres à quatre mains portant sur nos centres d’intérêt très spécifiques (musique, cinéma, littérature etc.), avec des productions comme Rëquiëm ; lecture et correction de manuscrits pour diverses maisons d’édition. En parallèle, je finis mon travail de thèse sur les fanzines de hard rock en France dans les années 1980.
Comment s’est faite ta rencontre avec le Hard Rock et le Metal ?
Un cri du cœur à l’adolescence ! Je suis d’une génération où la Grande Histoire du rock dur possède déjà tous ses grands jalons, j’arrive un peu après la bataille ; j’ai fait ma culture musicale de manière anarchique.
Les premiers groupes que j’ai écoutés assidûment étaient des Allemands à l’étiquette « punk » – die Toten Hosen, die Ärzte pour nommer les plus connus. Puis j’ai découvert Cradle of Filth qui m’a longtemps fasciné pour la richesse des références à explorer (la Hammer et le cinéma gore – au passage, citons le jouissif Cradle of Fear d’Alex Chandon ! –, toute la littérature gothique et fantastique etc.). Un peu plus tard, je me suis entichée de heavy/hard/glam/sleaze, le style qui reste encore à ce jour celui qui a le plus profondément marqué mon ADN (de Quiet Riot à D.A.D. en passant par Dokken, W.A.S.P., Firehouse, Def Leppard, RATT, Tesla, et j’en passe et des meilleurs, avec une préférence marquée pour la lignée Skid Row, Faster Pussycat, Tigertailz, L.A. Guns, Dangerous Toys, Shotgun Messiah… comme les groupes associés au revival de ces années, Blackrain, Crashdiët, Vains of Jenna, Sex Slaves, Crazy Lixx, Hardcore Superstar, Buckcherry etc.). Et dernier tournant, j’ai adoré l’indus (avec une bonne fixette sur Nine Inch Nails, saupoudré de Manson et de Ministry) et le néo metal (Korn, Deftones, Limp Bizkit, RATM etc.). Voilà pour les bornes de la timeline ; mais il y a évidemment des incursions ailleurs (je suis allée très récemment aux concerts de New Model Army, The Mission, The Cult, Christian Death par exemple, et je dois dire que Sisters of Mercy, Siouxsie and the Banshees, Virgin Prunes… font partie de ma playlist rituelle, au même titre que des groupes très divers des années 1990, de Sonic Youth et Hole à Unsane).
Enfin, ajoutons que les fanzines sur lesquels je bosse regorge de groupes de hard français (Sortilège, Blasphème, Demon Eyes, Jumper Lace, Killers, Vulcain…), de groupes de speed/thrash/death (Helloween, Overkill, Anthrax, Exodus, Nuclear Assault, Testament…) et même quelques formations crossover (j’adore Stormtroopers of Death et Nomed que j’y ai découverts), autant de nouveaux sons avec lesquels j’ai eu l’occasion de me familiariser durant ces six années de thèse.
Tu es plutôt jeune pour avoir connu l’âge d’or de la presse Hard Rock / Metal. Et encore moins la naissance du 1er magazine dédié uniquement à ce style musical en France : Enfer Magazine. Qu’est-ce qui t’a donné envie de te pencher sur son histoire ?
Oui, je n’ai hélas pas connu la « grâce » ni la nécessité d’acheter en kiosques ces magazines… Je m’y suis intéressée en tant que passionnée et chercheuse (deux termes qui ne s’excluent pas). Alors que je prévoyais de prolonger encore mes études de littérature par une thèse (le projet concret était plutôt de ne jamais vraiment « travailler » en creusant mon trou à l’université), je voulais à tout prix un sujet qui cadre avec mes préoccupations quotidiennes. Il me fallait donc légitimer une incursion vers la culture rock… La presse écrite constituait une porte d’entrée « littéraire » ! C’est la découverte du corpus de fanzines en ligne sur France Metal Museum (concordant avec mes compétences musicales) qui m’a aiguillée vers ma proposition définitive autour des fanzines de hard français des années 1980.
Je suis arrivée à Enfer Magazine par les fanzines de hard français : le premier fanzine français sur le sujet que j’ai répertorié peut être considéré comme le « numéro 0 » d’Enfer Magazine, sorti en région parisienne fin 1982, réalisé par les jeunes amateurs (qui deviendront ses premiers pigistes) Jean François Jimenez, Eric Galinski, Bruno Garcia et Bruno Labati, ainsi que son second rédacteur en chef Philippe Touchard (même s’il ne signe aucun papier). Avant donc que le titre ne soit déposé par les financiers qui possédaient les discothèques Le Saint à St Michel (Vème arrondissement) et Le Grillon en grande banlieue parisienne (providentiellement mises en avant dès la deuxième page du numéro 1 du magazine).
Mais si ta question porte plus largement sur mon rapport à la presse magazine (en dépit de mon âge), je dirai que j’éprouve un profond respect pour cette période aristocratique des médias qu’a été la séquence historique de la culture jeune (et donc forcément rock à l’époque), qui est en fait le réel sujet de ma thèse : quand l’amateurisme et la passion ne signifiaient pas uniquement divertissement, mais bien possibilité de se forger un destin différent de celui tout tracé par la société. De Actuel à R.A.G.E, en passant par Métal Hurlant, Libération, Starfix, HK etc., toutes ces grandes aventures de presse culturelle me fascinent ; ces espaces d’expression et proto-réseaux sociaux constituaient les bastions d’une culture différente, infusée par la modernité américaine (à l’heure d’une Grande Culture française sclérosée dans la réaction à l’ « invasion ») et dotée d’une véritable force émancipatrice (le souffle rock qui parcourt chacune d’entre elles, même lorsqu’elles portent sur d’autres disciplines comme la BD ou le ciné).
Quel a été l’élément déclencheur qui t’a poussée à sortir le 1er numéro du fanzine Rëquiëm sur Enfer Magazine ?
Dans le cadre de ma recherche, j’ai organisé une journée d’études à Montpellier sur les liens entre presse jeune et écriture rock (conférences universitaires le matin ; table ronde avec des professionnels de la presse l’après-midi ; concert de Patrick Eudeline dans un club local le soir). Je prononçais une conférence sur Enfer magazine (et la construction d’une communauté de fans en France dans les années 1980) que l’on retrouve in extenso dans le premier fanzine. Pour préparer cette intervention, j’avais interviewé les auteurs du fanzine Enfer et je disposais donc de trois entretiens-fleuves totalement inédits.
Mon compagnon Samuel Guillerand, fidèle artisan du médium pendant une vingtaine d’années (sur le rock, le cinéma de genre, la BD et la littérature), mais aussi musicien, journaliste culturel, auteur de plusieurs livres sur les scènes rock et affiliées (il a notamment coécrit le livre Enjoy the Violence – Une Histoire Orale des origines de la scène thrash/death en France), m’a suggéré de faire vivre encore ce matériau, de l’exploiter à nouveau sous la forme d’un fanzine. Selon lui, en plus de faire des heureux lecteurs, cela constituerait un excellent passage de la théorie à la pratique – ce qui s’est effectivement avéré des plus bénéfiques pour ma réflexion !
Il faut quand même insister sur le fait que la trilogie Rëquiëm est un travail à quatre mains : avec Samuel, nous avons travaillé ensemble à l’élaboration et à l’édition de cette matière, nous répartissant équitablement les entretiens (transcription/réécriture/édition des textes/correction), il est intervenu de manière décisives dans l’élaboration du sommaire, le rubriquage, mais aussi la mise en page, la fabrication/impression, la diffusion, la gestion des comptes et des stocks — car tout cela fait bel et bien partie de l’activité « d’écrire », a fortiori lorsque l’on œuvre en autonomie complète.
A-t-il été facile de convaincre les différents acteurs de l’aventure Enfer Magazine de se confier sur cette épopée ? As-tu rencontré des obstacles ou des réticences ?
Lorsque j’ai commencé mes travaux de recherche, j’ai craint de me retrouver face à des murs, des érudits qui me testeraient sur mes connaissances musicales avant d’approuver ma démarche… En fait, les auteurs de fanzines sont plutôt bien disposés : généralement cinquantenaires, ils ont dépassé la pose romantique de la clôture de la communauté et parlent d’autant plus volontiers de leurs objets qu’ils sont de gros collectionneurs un poil nostalgiques.
Pour les gens d’Enfer, c’est un autre zineux, Luk « Akerbeltz » Ardilouze (ex fan éditeur de Poulets basquaise, graphiste pour le label Vicious Circle) qui m’a donné le mail de Jimenez… Il lui avait acheté des disques et avait reconnu derrière sa signature « jfj » le Jean-François d’Enfer ! Nous avons échangé d’abord par phoner ; nous nous sommes réellement rencontrés bien après la sortie du numéro 1 dans une salle de concert parisienne à un concert de punk rock australien (Stiff Richards), où il m’a prêté le fameux numéro 0 d’Enfer fanzine ! Une fois Jean François dans la poche, il n’y avait plus qu’à suivre la piste : il était toujours en contact avec Eric Galinsky, même s’ils ne s’étaient pas vus depuis longtemps, qui était toujours en contact avec Bruno Labati etc. Quant au dessinateur Kkrist Mirror, qui fait toujours de la bande dessinée, il n’a pas été très difficile à débusquer ; c’est lui qui m’a glissé l’adresse du rédac chef Philippe Touchard.
Enfin, ce premier numéro était plus ludique et convivial, avec l’esprit choral du fanzine – au sens où nous avons aussi invité les copains, Guillaume Gwardeath (ancien directeur de la Fanzinothèque de Poitiers, ex-fan éditeur et actuellement gérant d’une maison d’édition, également auteur du documentaire Fanzinat et bientôt d’un livre somme sur la question), Laur Veglam (auteur du site Veglam, musicien/activiste issu des sphères underground, s’étant démarqué ces vingt-cinq dernières années dans les scènes glam, rock et after punk au sein de divers groupes, dont Sparkling Bombs et Vague Scare), Jérémie Grima (activiste de la Zone 52, maison d’édition, fanzine, podcast, collection Gore et co auteur avec Samuel de Enjoy the Violence), Philippe Bertrand (auteur du fanzine Troubadour fin des années 1980), Luk « Akerbeltz » Ardilouze (présenté plus haut), Camille Clerc (auteur des fanzines Metal Witchcraft et Malédictions)… Il dénote un goût assumé pour le pastiche !
En regard, le numéro 2 est infiniment plus sérieux et bien plus chiadé, plus ascétique aussi car nous n’y sommes que deux ; il tire davantage vers le livre d’entretiens…
Ce troisième et dernier volet se situe à mi-chemin : à la fois fanzinesque – plein de l’énergie de l’époque – et « construit », en tant que retour réflexif.
Le succès du 1er numéro de Rëquiëm t’a poussée à sortir un 2ème volet consacré à « l’histoire de la presse Hard / Heavy / Metal en France dans les années 1980-90 ». Dans celui-ci, tu reviens sur les autres titres nés durant ces 2 décennies. Était-ce une demande de ton lectorat ou une idée que tu avais en tête depuis le début ? Là aussi a-t-il été compliqué de rencontrer ces différents protagonistes et de les amener à te conter leur histoire ?
Effectivement ! Il ne devait pas y avoir de « série » à l’origine ; je ne devais imprimer que 100 exemplaires, pour en donner à quelques amis et une poignée de gens intéressés… À ce jour, 600 copies écoulées et 4 tirages. Et on nous en réclame encore ! Mais avec le bouche-à-oreille numérique et l’aide de Philippe Lageat et Stéphane Auzilleau de Rock Hard (qui ont accordé deux chroniques et un gros article de 5 pages à Rëquiëm, un immense merci à eux !), nous avons touché qui nous devions toucher. Tant pis pour les retardataires… Car les impressions et la gestion des stocks, les envois postaux, la comptabilité, la communication… c’est tout un métier ! Et puis nous avons plein d’autres projets.
Après le premier, les lecteurs imploraient pour une suite et un travail similaire autour de Metal Attack (dont la couverture du numéro 2 reprend l’esthétique époque Claude Maggiori, fameux magazine-doctor de la période, qui a rafraîchi L’Echo des savanes, Les Inrocks etc.. et est responsable de l’identité visuelle Mk2 !).
Pour notre part, outre le fait que Metal Attack offrait moins de matière qu’Enfer, la perspective de recommencer exactement le même ouvrage ne nous satisfaisait pas. Il nous a paru plus judicieux de procéder à une « montée en gamme » : de l’aventure des pionniers aux deux décennies de l’âge d’or de la presse hard en France, avec au sommaire Metal Attack, Hard Rock Mag’, Hard N’ Heavy, Rock Hard, Metal Hammer, Hard Force, Metal Attitude, Best, R.A.G.E !
Christian Lamet et Philippe Lageat nous ont aidé et recommandé les « bonnes personnes ». Et Samuel, fréquentant et travaillant dans le milieu de la presse musicale depuis une bonne quinzaine d’années, a bénéficié de l’aide de son réseau. Pour Hervé Picart, c’est sa maison d’édition Le Castor Astral qui m’a donné son adresse.
Pour certains magazines, il a été délicat de trouver qui interroger tant ils ont connu de directions successives : Jeff Bouquet nous a quitté, Olivier Walleyrand qui a fait long feu au magazine était le seul à ma disposition ; on connaît le clash entre Sabouret et Saupiquet, à la succession de James Petit… bref, nous avons opté pour des journalistes ayant de l’expérience, qui ont pour la plupart collaboré à plusieurs rédactions, et qui ont le recul nécessaire pour raconter correctement cette histoire de la presse hard.
Pour le numéro 3, quoi de plus normal pour un fanzine que de s’attaquer à l’histoire du fanzinat en France dans les années 1980 – 1990. C’est un sacré pavé, plus proche du livre que du fanzine. La masse de travail a dû être colossale ?
Oui, on passe d’une cinquantaine de pages à 132 puis 244 pages !
Mais la pertinence exigeait que nous convoquions toute la galaxie des petites revues – vingt et un fan éditeurs au sommaire de ce numéro, aux quatre coins de la France, avec des publications à la longévité fluctuante, des activités variées et complémentaires (de la pratique de la musique à l’émission de radio et au blog/webzines plus tardivement, en passant par les associations et l’organisation de concerts !) qui couvraient tout le spectre du hard/heavy au metal extrême. L’exhaustivité étant bien entendu impossible, le but était d’avoir une certaine diversité de fan-type, faisant ressortir chacun leur singularité (le fan monomaniaque de Def Leppard, les tropismes plus crossover, les thrasheux et les glameux…). J’avais déjà noué de nombreux contacts pour ma thèse, et les entretiens étaient reversés directement, donc d’une pierre deux coups !
Nous avons inclus le dernier magazine manquant, post 2000, avec l’interview de Philippe Lageat de Rock Hard France. Et élargi aux activistes Patrice « Herr Sang » Lamare, auteur du fanzine New Wave, et surtout producteur avec New Wave Records du mythique split Loudblast/Agressor et de quelques autres galettes mythiques comme Nomed, et éditeur de la courte mais non moins passionnante formule New Waves ; et Christophe Goffette, qui a débuté par un fanzine Mediators, puis essaimé dans la presse rock, BD et ciné Crossroads, Brazil, Fluide Glacial, Music Up !, Compact, Best…
Nous avons également trouvé intéressant d’ajouter un regard quasi socio-historique grâce à Guillaume Gwardeath (Possessed by Speed), ancien directeur de la Fanzinothèque de Poitiers et auteur du documentaire Fanzinat, et un point de vue interne avec Jeff de Up the Zines ! (le seul zine sur les zines !), également éditeur de Satyagraha et In Dust we trust.
Malheureusement, pour toutes les personnes qui souhaiteraient se procurer ces 3 numéros, c’est trop tard ! T’attendais-tu à un tel succès en te lançant dans cette aventure ?
Comme je l’ai déjà expliqué, pas du tout pour le premier. Mais une fois lancés dans l’aventure, nous étions nous-mêmes pris par l’élan et l’engouement, l’envie de creuser plus profondément et d’explorer à fond le sujet, d’aller jusqu’au bout pour tourner une fois pour toute la page.
Comment expliquer ce succès ? Une histoire de bon timing ! Figure toi que je n’avais même pas réalisé en publiant le premier numéro en mai 2023 que… Enfer allait fêter ses quarante ans ! C’est dire si la publication tombait à pic.
Comme je le disais plus tôt en parlant des auteurs de fanzines, les fans qui ont vécu cette période d’émergence ont aujourd’hui la cinquantaine… Ils n’ont généralement pas abandonné leur passion pour la musique – ou bien s’ils l’ont remisée pendant les premiers temps de leur vie active, ils y reviennent avec une certaine nostalgie pour leur folle jeunesse, un plus fort pouvoir d’achat et des frénésies de collection !
Si la demande se fait insistante, comptes-tu rééditer ces 3 numéros ? Si oui, sous quelle forme (coffret regroupant les 3 volumes, format numérique payant…) ?
Eh bien non. Je crois plutôt à l’énergie du « bon endroit au bon moment ». La composition, l’édition, l’impression et la distribution des trois numéros nous a déjà pris plus d’un an et demi de vie – car comme j’insistais déjà plus haut, sortir un livre d’entretiens ne se limite pas à rencontrer des gens pour leur poser des questions. De même, pour rééditer un coffret, l’opération serait beaucoup plus compliquée qu’une simple pression sur la touche « Imprimer »…
Nous avons déjà en cours un nouveau livre sur les fans, mais de cinéma cette fois-ci, notre autre passion structurante ! Nous enquêtons sur les cinéphiles/cinéphages parisiens qui vont plus de 300 fois par an en salle, interrogeant l’attachement à cet espace. Des profils parfois très proches dans leur compulsion et leur érudition des accros du rock, et témoignant souvent du même activisme touche-à-tout.
Pouvons-nous espérer une suite ? Peut-être consacrée au monde du webzinat ?
Eh non, non plus. Troisième et bel et bien dernier numéro cette fois !
De fait, on nous a réclamé un quatrième tome sur le webzinat, et je reconnais volontiers que cela aurait été tout à fait pertinent. Mais j’avoue ne pas m’intéresser au medium… comme à peu près tout ce qui a trait au numérique et aux modes de production et de consommation digitalisés !
Je crois en une force éthique du support physique ; mais ce n’est pas vraiment le lieu pour développer tout cela !
Merci infiniment de nous avoir consacré de ton temps pour cette interview. Je te laisse le mot de la fin.
Merci pour ces échanges et longue vie aux petites fourmis de l’Internet, comme vous, qui accomplissent un gros boulot et perpétuent la noble tradition de l’amateurisme !









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