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Du Metal… mais pas que !

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IMPUREZA – Alcàzares

Genre : Death /Brutal Death Progressif
Label : Season of Mist
Sortie le : 11 juin 2025

Note : 90/100 ou Ooooooh la belle bleue !!! ( Rodrigo Lopez el Guapissimo Hombre (Si si si !) )

« Les beaux objets sont petits » –  Edmund Burke 

La flamboyance !

Lorsque certains cherchent à enseigner la ferveur, moi Nathanaël je t’enseignerai la flamboyance.

Tu flambes et tu crames,

C’est ça que j’ai compris du monde.

C’est peu. Déjà trop.

L’autre chose que j’ai comprise est que nous ne flamboyons pas pareil si tu es riche, pauvre, seul, en groupe… 

La flamboyance, je l’ai gardée dans mes entrailles. Fuligineux viscères… Ceux qui décident de se brûler dans des passions pour atteindre le sublime et le jeter sur cette terre, sont flamboyants. On les nomme “artistes”.

Oh, ne te méprends pas… Beaucoup de personnes au statut d’artiste n’ont pas des flammes dans le pouls. Je ne te parlerai pas des faux-semblants, pas des statuts officiels qui ne connaissent pas le secret des êtres.

La flamboyance artistique, c’est de la chaleur, ou un froid, c’est une émotion mais aussi une aridité apparente. Un secret, une humilité… Qui braille et emmerde.

Companero ! 

Regarde !

Regarde donc sur quoi je tombe à force palabrer !

Regarde donc cette pochette ! Certes, elle ne représente pas quelque chose qui m’émeut et me transperce mais tout de même !

Un beau ciel bleu, des pétales… De la vie et de la mort, mais pas dans l’esthétique habituelle du genre.

Companero, écoute ce que cela m’inspire ! Pour être flamboyant, il te faut être en rupture. Bien sûr, ce n’est pas une règle immuable. Le sublime : sommet de la flamboyance ne s’atteint pas par des règles mais il faut les utiliser pour l’atteindre, paradoxalement. Retiens bien : les utiliser, pas s’y soumettre. Les reconnaître, pas s’y soumettre…

Puis, tu vois, j’ai écouté et je dois dire que la vie, c’est important ; peut-être rencontreras-tu d’autres personnes, qui te diront qu’il faut que l’homme s’approche, dans sa chair, le plus possible du mécanique, du numérique pour espérer toucher au sublime. Moi, je ne fais pas partie de cette école : les doigts qui glissent sur les frettes, une erreur, des regards, des sourires, des froncements de sourcils. De la sueur. La vie captée… Là-dessus cet album à la pochette azul, on peut le dire, ne donne pas entière satisfaction : la production est belle car équilibrée (quoiqu’un peu tassée), organique pourrait-on dire mais il manque ce frétillement, cette vie qui se défend, ce côté chaotique de la chair qui s’insinue subtilement dans la mécanicité de la technique. 

Raaaah, amigo, je fais partie des gens qui aiment les erreurs… qui voient le polystyrène et le latex sur les créatures du cinéma mais qui ne sortent pas pour autant du film. C’est la même pour la musique, la peau sur les cordes… Je ne l’entends pas. Peut être parce que l’ambition de cette musique ne laisse pas de place à cela ?

Donc, oui, le son est beau, réussi, et rend agréable l’écoute.

Quoi, ces compositions ? Que veux-tu que je braille sur ça !!??

Ah, mon cher !

Un délice tout bonnement, un délice !

La vie est là, ça serpente, ça frappe, ça pleure, ça interjette, ça prend tes mains, ça les lâche…

Les arrangements subtils permettent de faire de chaque composition un moment d’évolution musicale : un moment d’histoire, avec ses rebondissements, sa progression. C’est pour moi, mi companero, le meilleur et le plus délicieux dans cet album ! ça virevolte, ça danse, ça frappe, ça… Hem, je pense que tu as compris. Il existe d’excellentes œuvres que je qualifierai de figées. Celle-ci ne l’est pas : pas de règles, on a une histoire et, à travers elle, des émotions à transmettre… Chaque riff, chaque arrangement, chaque break, continuité, a un but clair dans leur fugace existence : poursuivre l’histoire.

En ce sens, la longueur des compositions est parfaitement en harmonie avec cette vie qui déborde de l’album, cette vie fourmillante d’idées : des instruments traditionnels ou acoustiques, des pauses, des reprises, des moments de violence, d’autres plus épiques, d’autres encore plus lyrique. Ah, companero, j’avais commencé en prenant note de chaque passage qui était soit brutal et massif, soit lyrique et sensible, soit épique et solennelle, mais les uns se mêlaient aux autres, et quand tout cela ne débordait pas ! Toutes les compositions étaient bien trop généreuses et te jettent au visage leur allégresse, leurs débordements, leur théâtralité, leur excès !

Arf, je vois que tu ne cesses de m’interrompre en me demandant si on peut qualifier ce groupe de technique… Je ne comprendrai jamais cette obsession pour la technique. Je vais résoudre cette interrogation inepte pour toi.

Oui c’est un groupe technique, et non ce n’est pas cela qui rend l’œuvre plus mémorable que les autres. 

Leur technique n’est pas démonstrative ; voyante, oui ! Je le concède car c’est une musique d’excès. Mais elle sert ces cascades narratives, ces courants de vie, de sang et de feu et de roses. Tu comprends ? Il y a de la rigueur, de la précision, de l’abnégation, mais pas un rapport malade aux instruments. Le groupe fait à son niveau (un excellent niveau, oui) et avant il faisait encore à son niveau. Une forme de sérénité dans cette émotionnelle hystérie : ils sont à l’aise alors ils font ainsi ; s’ils n’étaient pas à l’aise avec certaines vitesses, certains plans, se seraient-ils échinés à le faire pour le faire ? Non ! Ils auraient trouvé d’autres choses. Une force tranquille, tant j’ai entendu les châteaux, les batailles, les cris, avant d’entendre les musiciens. J’ai entendu le bouillonnement des histoires et des émotions mais pas le cliquetis malade des outils : ils étaient de feu et faisaient bruisser la lymphe dans mes veines.

Oh, je te vois arriver, tu m’as déjà entendu faire l’éloge de leur deuxième album comme s’il était un achèvement !

Bon je dois donc mettre à jour ce qui est né de mes réflexions à l’écoute des albums de Impureza.

Je dois dire que le second contient toujours pour moi leur meilleure composition mais ce n’est que très subjectif. Tout au plus, prends-le comme une confession. 

Ce que nous pouvons dire avec un minimum d’objectivité… si, si, l’objectivité… conspué et adoré ce mot, hein ?!  Je reprends mon ami :  leur œuvre nouvelle est une suite parfaitement logique de La Caida de Toniatuh. Il n’y a ni rupture ni contre-pied… L’ambition du deuxième album était déjà haute et le troisième possède également cette folie des grandeurs.

Impureza veut qu’on dise d’eux : “c’est du Death Metal mais pas que”… Et cela nous sied bien, à nous, chez Memento Mori !

De plus, tous les éléments d’ajouts autour de ce Death Metal… Quoi, qu’y a-t-il ?

Les textes ? Eh bien, quoi ! Parle donc, personne ne t’a écorché la langue enfin !

Qu’en ai-je pensé… ?

Ah…

Bon… Companero, écoute bien ce que je vais te dire…

Je n’ai pas aimé les textes…

Écoute bien !

J’adore l’histoire, j’adore les mythes, j’adore les chansons, les albums qui racontent quelque chose, une histoire, un concept, qu’importe. J’aime quand c’est intelligible, simple, sans être rustaud ; j’aime quand c’est haletant, que ça suit la musique ou au contraire que ce soit un à côté supplémentaire.

Là, le groupe lie sa musique aux thématiques, aux émotions, à la grandeur et à la violence de ce qu’il narre.

Mais…Je dois me rendre à l’évidence : les paroles proférées ne sont pas toujours très poétiques et on ne ressent pas le tragique ou l’ampleur de ce qui nous est conté. Les mots manquent de flamboyance, les phrases ne sont pas solidaires les unes aux autres, le tableau est inachevé, imprécis… Il n’y a ni personnage ni point de vue… Juste des litanies guerrières mais on ne ressent pas la folie de la guerre qui happe les personnes, la souffrance et l’agonie de personnes que nous aimons du fait de la maladie. Bref, le point de vue est bien trop froid… Et pourtant, l’interprétation est là !

Mais pas de mystères, pas d’envolées, pas de chair, pas de pertes et donc pas de victoires dans les mots de l’album. Heureusement, je ne ressens pas non plus une certaine fatuité dans ces mots.

Je sais, à ta moue je le devine : tu me trouves injuste…  Peut-être le suis-je… Même si je pense simplement que ce n’est pas l’aspect que le groupe a le plus travaillé… Et puis ça n’aide pas ce texte, la réussite de cette ambition musicale, d’atteindre la portée émotionnelle de la musique !

Je ne vais pas manquer d’être condescendant désormais ; je tiens mon cher ami à te faire part d’une confession : l’Andalousie, c’est beau mais ce n’est pas que ça, la culture hispanique, et je dois dire que je rêve secrètement qu’Impureza, tout en gardant son identité, nous surprenne pour leur prochain album… Thématiquement, esthétiquement, musicalement, je ne leur reprocherai certainement pas de faire ce qu’ils semblent aimer faire, car ils le font avec flamboyance depuis au moins, désormais, deux albums ! 

J’avoue qu’il y a une région qui m’est chère en Espagne pour des raisons tout à fait personnelles.

Ce n’est pas une région, c’est un pays… Avec une sacrée histoire et des mythes et légendes foisonnants dans ces vertes vallées… Et Impureza, je le sais au plus profond de ma chair de soleil et de pluie, est le conteur tout indiqué pour honorer cette (ces) histoire(s) de l’Euskadi.

Mais ceci est une autre histoire de flammes, de sang, de cendres, et de beauté, Companero…

Trinquons à nous, à eux, aux morts, à la beauté des épaules dénudées d’une femme, à la beauté des musiques extrêmes, ici, révélées par ce groupe, dans un tourbillon de poésie violente, assassine par trop de beauté. 

Non, la Beauté, ce n’est décidément pas qu’un rêve de pierre… 

Line Up:

Lionel Cano Muñoz – Guitares (électriques, acoustiques)

Guilhem Auge – Batterie

Florian Saillard – Basse

Esteban Martin – Voix

Guests :

Xavier Hamon – Percussions

Louis Viallet – Orchestrations

Liens :

https://impureza.bandcamp.com

http://www.facebook.com/Impurezaconquista

http://www.youtube.com/channel/UCLkOMYXI-_teRnaDCs1ho8A

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