Love Sex Machine – Verdun – Subterraen – Nvage – Lowlife
Brewpub Skumenn (Cesson-Sévigné – 35) – 10 avril 2026
Texte : Bruno Guézennec
Photos : Mémé Migou
Vidéos : Bruno Guézennec
Interview : Bruno Guézennec et Mémé Migou
interviewés : Thomas (cogérant de la brasserie Skumenn) et Dimitri (responsable de la programmation)
Rendez-vous avec Mémé Migou en ce vendredi 10 pour le début d’un magnifique week-end consacré aux musiques extrêmes.
Avril, date du déplacement, comme tous les ans depuis 2023, pour assister à l’une des journées du Licorn Fest au Brewpub Skumenn.
Habituellement c’est pour la journée du samedi, la plus violente des deux, car dédiée à la scène HxC / Death / Punk / Grindcore…, celle du vendredi étant généralement consacrée au Stoner. Changement en 2026 car c’est le Sludge qui tiendra le haut de l’affiche du vendredi… et que le samedi, la suite du parcours nous mènera tous les deux au Metal Noz 3 à Assérac, à 110 km de là.
La vie est faite de choix, surtout quand il y a le même jour deux festivals auxquels on souhaite assister.
Après plus de deux heures de route nous débarquons donc légèrement en avance, vers 15h, au brewpub, car comme le Licorn Fest a établi son QG dans le pub de la brasserie Skumenn, cela donnera aussi l’occasion à Migou de poser des questions à Thomas (l’un des deux créateurs de la brasserie) et pour ma part, d’en poser à Dim, responsable de la programmation du brewpub.
Retrouvez l’interview, disponible sur Memento Mori Webzine, en fin de report : :
Mais revenons à la première journée du Licorn Fest qui proposait un panel de cinq groupes, chaque formation se voyant attribuer une plage horaire de quarante-cinq minutes.

Pour débuter, les locaux de Lowlife qui viennent de sortir un EP tout à fait convaincant.
Les morceaux du quintette rennais étant relativement longs, leur setlist se composait de sept titres dont, évidemment, les quatre figurants sur le CD en vente au merch. C’est le lent et lancinant « P.T.S.D. » qui ouvrait les débats, posant par là même l’ambiance générale de la prestation de Lowlife avec son chant écorché et ses riffs lourds.
Le plus rapide « Porcelain » (rapide pour du sludge, tout est relatif) et « Chrysantemum » poursuivront la plongée des spectateurs, déjà assez nombreux en ce milieu d’après midi, dans l’univers sombre et torturé du combo.

« Down », un de mes titres préférés de leur EP, trouvant sa place en milieu de set.
Dim, l’un des guitaristes du combo ne nous avait pas menti, les bouchons d’oreilles étaient conseillés (cf. l’interview) ; le quintette ayant décidé de prendre le public à la gorge pour bien le mettre dans l’ambiance de cette première journée du festival.
Les Rennais ont encore très peu de concert à leur actif – c’était le second si je ne dis pas de bêtises – mais on sent déjà un groupe en place, bien que perfectible si l’on en croit les musiciens eux-mêmes. Les différentes formations dans lesquelles ils jouent ou ont joué (Man ‘N Sin, Grünt!, Enclume, Barrel Kick, Hand Of Blood) leur apportant une expérience scénique appréciable.

Lien vidéo Lowlife :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
Après trente minutes de pause, permettant de profiter du bar et de la terrasse du brewpub prise d’assaut en cette belle journée ensoleillée, ce sont les parisiens de Nvage qui investissaient la scène.

Le combo se présente sous forme de duo, comme c’est de plus en plus souvent le cas maintenant, comme le prouve : Moundrag, Dragunov, The Chainsaw Motel, Møsi, Arhios, Yang Yang, Black Boys On Moped, The Ginger Brothers, The Flying Bones… pour ne citer que quelques groupes bretons.
La liste est plus longue que vous ne le pensez, j’ai recensé environ vingt-cinq groupes/duos de la scène Metal/Punk/Rock rien qu’en Bretagne, donnant des concerts en formation réduite (mais il y en a sûrement bien plus).

Le set des parisiens était très addictif, ce n’est pas Mémé Migou qui dira le contraire. Gros son de guitare pour Clément Decuypere, avec un chant qui se situe entre le sludge et le post metal et un batteur Jérémy Hourdoir, qui occupe le reste de l’espace, sans en faire des tonnes non plus, pour laisser « respirer » la musique.
Les musiciens ont su imposer une ambiance lourde et pesante et ont évidemment pioché dans les six compositions de leur album paru en mai 2025. Mais pas que, en effet Nvage a gratifié le public présent de deux nouveaux morceaux, qui doivent être relativement récents car ils n’ont toujours pas de titre, que vous retrouverez dans la vidéo ci-dessous.
Passage réussi pour le groupe qui qualifie sa musique de Sludge gaze. Je dois avouer que je n’avais jamais entendu ce terme avant mais il convient bien. J’espère que nous aurons le plaisir de les revoir jouer dans la région.

Lien vidéo Nvage :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
Les Nantais de Subterraen se présentaient deux fois plus nombreux que Nvage sur la petite scène de chez Skumenn, ce qui ne fait, vous en conviendrez, que quatre personnes, ce n’est pas non plus excessif.

Fort d’un premier album ayant reçu d’excellentes critiques, mais paru juste avant la pandémie, ce qui n’est pas le meilleur des timings pour le défendre sur scène, chose qu’ils n’auront d’ailleurs pas l’occasion de faire, ils tiennent leur revanche grâce à The Aftermath Of Blight, sorti en 2024. Moins lourd et agressif que le précédent, cet album n’est pourtant pas une galette à conseiller aux âmes dépressives. Quatre titres, trente-sept minutes, et une ambiance générale se dégageant de l’ensemble qui vous plomberait la réunion annuelle de l’association « Vivre dans la joie et la bonne humeur ». En même temps, on ne les oblige pas à acheter l’album (ce qui est une erreur car il est très recommandable !)
Subterraen a retranscrit en live ce qui fait la force de leur Sludge/Doom sur LP : une prestation captivante, qui a su varier les tempos ne se contentant pas de vous écraser la tête à coup de gros riffs, comme en témoigne la belle intro du titre « Paving The Way Of Oblivion ».

Malgré quelques soucis de son sur scène (le guitariste semblant avoir des problèmes de retour), le rendu pour le public était tout à fait à la hauteur, ce qui était le cas tout au long de cette première journée.
Comme les formations précédentes, le quartette nantais a démontré qu’il est un groupe de scène, l’aspect plus mélodique de leur dernier album facilitant l’approche auprès d’une partie du public moins habitué aux ambiances pesantes du Slude/Doom de leurs compos.
Une nouvelle version, moins brute de décoffrage, de « For a fistful of silver », titre figurant sur le premier album, est d’ailleurs paru en single en avril 2025.

Lien vidéo Subterraen :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
La musique, c’est très bien ; boire des bières en quantité raisonnable, aussi ; mais il faut penser à manger un p’tit morceau de temps en temps. Comme Prod ‘n Roll, l’organisateur, avait eu la bonne idée de faire venir un Foodtruck, nous en avons profité pour manger une pizza d’excellente qualité, servie très rapidement – ce qui est primordial dans ce genre de soirée pour ne rien rater du set suivant.
On ne s’est pas tapé plus de deux heures de route pour rater le début d’un concert, que ce soit le premier ou le dernier, c’est pas le genre de la maison chez Mémé Migou et moi, non mais des fois !
Encore merci de nous avoir laissé utiliser la petite terrasse pour notre interview !

Verdun, ce nom est tout un programme pour un groupe de l’est de la France : la première Guerre Mondiale, les batailles, sa place dans l’histoire… et cela tombe immédiatement à l’eau quand le chanteur annonce fièrement venir de Montpellier avec le petit accent du sud qui va bien ! Sur le coup, ça fait bizarre.
David Sadok, le chanteur en question occupe d’ailleurs une place assez importante sur le devant de la scène, de par son physique déjà (joli bébé !), sa voix et certaines de ses mimiques qui m’ont rappelé Vincent D’Onofrio (engagé Baleine) dans Full Metal Jacket.
Du moins de ce que nous avons pu en voir, car les seuls quatre spots de la soirée étant situés en hauteur et derrière la batterie, l’effet lumière en pleine poire reléguait souvent les prestations des musiciens à un spectacle d’ombres chinoises (on le remarque bien sur les vidéos).
Je ne sais pas si je vous ai déjà parlé de cette mode de spots derrière la scène, dirigés pile dans les yeux des premiers rangs, mais cela à tendance à me gonfler de plus en plus, même quand ce sont des musiques dites « sombres » comme le Black, ou pour ce qui nous intéresse lors de cette journée : le Sludge.

Cet inconvénient n’a quand même pas réussi à nous gâcher le concert de Verdun, il faut dire que les quatre musicos du sud de la France savent y faire : ils ont joué les deux seuls titres pour le moment disponibles de l’album Abyssal Womb (26 juin 2026) en début de set et j’ai eu la bonne idée de les filmer (voir vidéo).
Si leur Sludge se baladait du côté du Post-Hardcore, des influences Black viennent s’ajouter à l’alchimie sur les morceaux de leur futur LP qui sera distribué par l’excellent label indien Transcending Obscurity avec lequel les montpelliérains viennent de signer.
Impatient de l’écouter en intégralité.
Beaucoup de monde dans le brewpub, en ce milieu de soirée, pour assister à leur show. Je pense ne pas être le seul qui aurait apprécié de les voir jouer un petit quart d’heure supplémentaire.

Lien vidéo Verdun :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
Love Sex Machine, je ne sais pas pour vous, mais ce nom ne me fait pas immédiatement penser à une formation de Sludge, voire n’y fait pas penser du tout !

Pourtant les Lillois ont sorti un premier album il y a douze ans et continuent à prêcher la bonne parole du Sludge/Post Metal, les trois LPs jalonnant leur parcours depuis 2014 étant là pour en témoigner.
Je dois avouer que j’ai eu un peu plus de difficultés à rester concentré pendant leur concert, la faute à des titres qui se ressemblent peut-être un peu trop, à moins que ce ne soit le chant que j’ai trouvé plus monocorde et que j’ai moins apprécié que pour les groupes précédents, ou cette caisse claire qui pour moi « claquait » trop fort à chaque frappe du batteur.
Difficile à dire, quelquefois un petit détail peut faire la différence entre une prestation que l’on apprécie vraiment et une autre un peu moins, ou j’étais tout simplement moins réceptif au style qu’ils pratiquent.

Le groupe a mis l’accent sur leur dernier album, True, paru en avril avec 2024, avec sept des douze titres interprétés.
En tout cas, les musiciens se sont donnés à fond et, à en juger par les réactions de certains, leur show a fait des heureux.

Lien vidéo Love Sex Machine
Crédit vidéo : Bruno Guézennec

En résumé cette première journée du Licorn Fest #4, proposant une affiche de cinq groupes, consacrée au sludge et ses dérivés, a tenu toutes ses promesses.
Mémé Migou et moi avons passé une excellente soirée, le public a répondu présent, les formations jouant devant une salle bien remplie.
Juste un petit effort sur les lights la prochaine fois, en évitant de mettre en marche le mode « ombres chinoises ».
Ce Report s’achèvera sur une grande question, dont je ne suis toujours pas sûr de connaître la réponse : c’est Licorn Fest comme écrit sur les flyers et l’affiche ou Licorne Fest comme écrit sur la banderole suspendue aux poutres ?!
Il faudra donc revenir l’année prochaine et ne pas oublier de poser la question (en vrai, j’avais déjà posé la question en 2024, mais je ne me souviens pas avoir eu une réponse assez précise).
Retrouvez l’interview de Thomas et Dimitri de la brasserie Skumenn, ici :
Quelques liens :
Lowlife :
Bandcamp : https://lowlifesludge.bandcamp.com/album/demo2026
Facebook : https://www.facebook.com/LOWLIFESLUDGEBAND
Subterraen :
Bandcamp : https://subterraenband.bandcamp.com/
Facebook : https://www.facebook.com/subterraen
Verdun :
Bandcamp : https://verdun.bandcamp.com/
Facebook : https://www.facebook.com/pages/Verdun/159628640747996
Love Sex Machine :
Bandcamp : https://lovesexmachine.bandcamp.com/
Facebook : https://www.facebook.com/love6sex6machine6
Galerie photos de la soirée :
Lowlife :








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Subterraen :




Verdun :





Love Sex Machine :














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