Le Champ Louet (Clisson, 44)
Du jeudi 18 au dimanche 21 juin 2026Texte : Bruno Guézennec et Seb D
Vidéos : Bruno Guézennec et Once Upon a Live
Photos : Seb D
N’ayant pas sollicité d’accréditation, par choix, c’est en qualité de festivaliers que nos deux comparses, Bruno et Sébastien, ont arpenté les scènes du Hellfest édition 2026. Ils vous livrent ici leurs impressions.
Comme chaque année, au mois de juin, Clisson devient le point de convergence de milliers de fans de Metal venus se repaître les oreilles de bons sons durant quatre jours.
Véritable pèlerinage permettant à cette foule de se caler dans une bulle de bonheur, hors du quotidien.
Après une édition 2025 se voulant plus ouverte vers d’autres styles musicaux, lorgnant parfois vers le Rock, cette cuvée 2026 marque un retour aux fondamentaux avec une programmation velue.
Seb : Arrivé sur place le mercredi en milieu d’après-midi, cela me laisse le temps de planter la tente avant de rejoindre le Hellcity Square : pose du bracelet, achats au Metal Market et retrouvailles avec les potes. C’est l’occasion d’échanger sur la programmation, les immanquables des uns et des autres, autour de quelques bières.
Côté nouveautés, moins de choses qu’habituellement. Il faut dire que l’édition de 2027 sera la vingtième et Hellfest Productions a préféré réserver le lot de grosses surprises pour cet anniversaire qui s’annonce déjà dantesque. Mais ne pouvant s’empêcher de faire plaisir et de surprendre son public, elles sont tout de même au nombre de deux.
La première, et de taille, c’est l’immense statue d’Ozzy Osbourne qui nous accueille dès l’entrée, sous l’arche où se trouvait la Gardienne des ténèbres l’année dernière, et qui veillera sur nous durant tout le week-end.
Personnellement, et sans vouloir porter offense à l’artiste responsable de cette œuvre et à son travail, je ne la trouve pas forcément très réussie, bien que le visage du chanteur iconique de Black Sabbath soit reconnaissable. Faisant pâle figure comparée à celle de Lemmy, je lui trouve un effet gros jouet en plastique, genre Mako moulage géant.
La deuxième nouveauté est à chercher du côté du Hellcity Brewpub où une scène acoustique est installée, variant et augmentant un peu plus l’offre d’artistes à l’affiche. J’arrive malheureusement trop tard le mercredi soir pour voir ce que cela peut donner car le dernier concert venait tout juste de terminer lorsque je pousse les portes du lieu et je n’aurai pas l’occasion d’y retourner les autres jours.

Jeudi 18 juin 2026
Bruno : Résumé de mes quatre journées à Clisson : cinquante-huit concerts complets (ou au moins 90-95% du concert) + quelques bouts d’autres groupes. Encore beaucoup de belles surprises et de bons souvenirs et finalement peu de déceptions.
Comme les autres années, ce texte est juste un instantané de mon ressenti, de souvenirs et d’anecdotes devant les scènes, pas un jugement de valeur sur les groupes ou d’analyses précises et techniques de leurs prestations.
CORRUPTION PACT
Bruno : Arrivé largement en avance pour entrer sur le site, je suis intercepté en passant devant la Hell Stage par un son de guitare qui me fait me détourner de mon chemin initial.
Je m’approche pour découvrir un groupe de Hardcore d’Île-de-France qui balance un set bien vénère et plutôt efficace. Malgré le soleil qui tape bien fort, certains courageux se sont lancés dans des séries de two step, side by side et mosh en tout genres, histoire d’encourager le quatuor à envoyer encore plus de décibels.
Une pré-entrée en matière efficace avant même de passer la cathédrale, histoire de s’échauffer (c’est le cas de le dire, en plein soleil !) et belle opportunité pour les groupes qui jouent devant un max de monde à ce moment de la journée.
Et l’occasion de dire bonjour à Chab77 et kenny-pecheur (du Forum du Hellfest).
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
Bruno : Le concert terminé, je me dirige vers les tourniquets qui précèdent la cathédrale. L’entrée est très fluide, l’ouverture des portes ayant eu lieu à 14 h, le flux de personnes se fait au fur et à mesure.
Je présente mon bracelet au détecteur et entends le doux bruit d’un Biiip…. d’un « Brrrrrrrr » accompagné d’une croix rouge !!!
OK, mauvais placement devant le détecteur, je recommence, « Brrrrrrr » / croix rouge, nouvelle tentative « Brrrrrrrr » / croix rouge !!!
Là, ça craint, y’a comme un problème !!!
Le mec chargé de surveiller chaque tourniquet voit qu’il y a un souci, passe son bracelet pour me faire entrer et me demande de le suivre à une petite guérite située sur la droite des tourniquets (tout en surveillant du coin de l’œil que je ne me barre pas en courant vers la cathédrale 😄).
Le gars à l’intérieur me demande des renseignements (nom, date de naissance, e-mail…) vérifie des trucs sur son PC, et finit, devant ma bonne foi, par appliquer son contrôleur de bracelets sur le mien pour mettre à jour la puce électronique. Plus de peur que de mal, je le remercie et passe enfin sous la cathédrale après une fouille minutieuse de deux secondes sans même palper les poches de pantalon (pas très sérieux).
Je prends la direction de l’Altar et tombe sur Christophe, un mec du Forum du Hellfest que je croise régulièrement dans les concerts / festivals bretons.
On reste discuter musique une bonne demi-heure, assis par terre à l’entrée de la tente. 16h approchant, il part vers un autre concert et je me dirige vers les barrières pour assister à l’un des trois premiers shows officiels du Hellfest 2026 (en même temps que ceux de la Valley et de la MS1).
Seb : C’est très fluide au niveau de la cathédrale en ce premier jour. On entre sur le site sans trop attendre, cela permet d’être présent bien avant le début des concerts.
Ce qui marque instantanément les esprits dès qu’on arrive sur le site, ce sont les longues files d’attente qui s’étirent en zig-zag à perte de vue. Ce n’est pas aujourd’hui que je perdrais mon temps à cet endroit, préférant voir des concerts et retrouver les copains et copines autour de nombreux apéros.
SKAPHOS
Bruno : Ce sont les Lyonnais de Skaphos qui ont l’honneur d’ouvrir les hostilités sous la tente dédiée au Death Metal. Le groupe aurait d’ailleurs aussi bien pu jouer sous celle d’à côté, leur musique mélangeant le Death et le Black.
Set bien rentre-dedans. Pour leur première participation au plus grand festival français, le combo, signé récemment par Les Acteurs De L’Ombre, a su montrer ses qualités à un public déjà bien présent en ce milieu d’après-midi.
Belle entrée en matière pour le premier des 7 concerts à suivre sous les tentes ce jeudi. Le son étant de bonne qualité et, bonne surprise, la double grosse caisse n’était pas réglée trop fort.
Seb : Les Lyonnais de Skaphos, sous une Altar se remplissant doucement, font vibrer mes tympans en premier, avec leur Black / Death Metal ultra qualitatif, à grand renfort de double pédale. Jouant sur les ambiances et un bel équilibre entre lourdeur et noirceur, le quartette n’a aucun mal à conquérir un auditoire donnant de la voix pour soutenir le groupe entre chaque titre. Je serais bien resté tout le long mais le concert suivant est un immanquable pour moi et il se passe à la Warzone.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
SATANIC SURFERS
Seb : Changement radical d’ambiance avec le Skate Punk des Suédois de Satanic Surfers.
Plongeon immédiat dans mes années lycée et fac, dans la deuxième partie des années 90.
Le soleil est présent et cogne pas mal, la météo idéale pour ce genre de musique. Le quatuor nous sert un set pied au plancher pour le plus grand bonheur d’une fosse bien garnie et remuante. Le batteur, Rodrigo Alfaro, en véritable poulpe sous amphétamines, martèle ses toms à un rythme soutenu tout le long du concert. Et le plus bluffant là-dedans, c’est qu’il assure les parties de chant principales. Les quarante minutes allouées à la formation passent à une vitesse folle.
Quelle énergie !
Crédit vidéo : Once Upon a Live
PERCHTA
Bruno : Petite translation latérale vers la droite et premiers pas sous la Temple où je passe beaucoup de temps tous les ans.
Changement d’ambiance avec Perchta et une chanteuse un peu inquiétante avec sa tenue, son maquillage noir et son attitude générale : une sorte de prêtresse / sorcière.
Bonne présence de Frau Percht, la dame en noir, sur scène avec sa voix qui semble se déchirer par moments, et un sourire (lèvres noires, dents noires) pas vraiment engageant (mais c’est volontaire). Elle joue son rôle à merveille.
Musicalement, le groupe propose du Black / Pagan assez efficace et mélodique, avec l’originalité d’inclure un musicien qui ne joue pas de synthé mais du hammered dulcimer, une sorte de xylophone mais avec des cordes, sur lequel il tape avec des baguettes.
Je ne ferai pas deux cents kilomètres pour les revoir, mais les trente mètres entre les scènes de l’Altar et la Temple valent largement le déplacement.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
ELDER
Seb : Je bascule sur la Valley où Elder va nous faire voyager avec son Stoner psychédélique mâtiné de Metal Progressif. Habitués à installer des ambiances propices à l’évasion, les Américains sont friands des titres sortant des standards traditionnels radiophoniques. En quarante minutes de set, ils ne nous interprètent que quatre titres, c’est vous dire la longueur des pièces. La musique proposée est totalement immersive et je me laisse porter tout en douceur par la mélopée qui m’emporte à mille lieues de la frénésie du concert précédent. Un joli moment apaisant.
DEVANGELIC
Bruno : Retour sous l’Altar avec Devangelic qui met les choses au point dès le départ : « Nous avons le privilège d’être le premier groupe de Death Metal de cette édition… » Les Italiens entendent bien montrer ce dont ils sont capables et ils le font, avec un Death plutôt brutal et technique. Ça joue fort et ça joue bien.
Le public ne s’y trompe pas et ça commence à bien bouger dans le pit malgré la chaleur. Ce sont leurs débuts à Clisson, la formation existe depuis une quinzaine d’années et montre son potentiel. Quarante minutes qui font la joie des amateurs de musique extrême. J’ai lu ou entendu certains commentaires qui disaient que le son n’était pas bon du tout. Ce n’est pas l’impression que j’ai eue en étant proche des barrières.
Vers le milieu / fond de l’Altar je ne sais pas, c’était peut-être moins bien ?
Le groupe m’a gentiment contacté ensuite pour me demander s’il pouvait utiliser des extraits de la vidéo que j’avais mise en ligne sur YouTube, pour poster des extraits sur leur Facebook et mettre les versions complètes sur leur YouTube. Je leur ai donc envoyé les originaux (de meilleure qualité que la version YouTube).
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
WINTERFYLLETH
Bruno : Nouveau petit déplacement vers la Temple, pour le quatrième de mes sept concerts sous les tentes. Les Anglais sont ma première grosse attente du festival. Leur Black Atmosphérique, qui fait des merveilles sur les albums The Imperious Horizon (2024) et The Unyielding Season (2026), pour ne parler que des plus récents, doit, je l’espère, prendre toute sa dimension en live.
Mes espoirs sont récompensés, le groupe livre une prestation, certes un peu courte à mon goût (quarante-cinq minutes), mais totalement maîtrisée. Leur Black est planant, émotionnel et il suffit de fermer les yeux et de se laisser transporter par leurs envolées mélodiques.
Le voyage est beau mais les Anglais n’en oublient pas pour autant de délivrer une bonne dose de puissance et d’intensité. Cela reste du Black avant tout, faut pas déconner non plus.
Un beau et grand concert, et quand en plus le groupe vous contacte quelques jours après, pour vous demander s’il peut utiliser des extraits de la vidéo que vous avez filmés, c’est toujours gratifiant.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
BREAKING BENJAMIN
Seb : Ce qui est bien dans ce genre de grands festivals, c’est que la quantité de concerts permet de faire de grands écarts stylistiques, pour peu que l’on soit éclectique. Ce qui est mon cas. C’est donc le moment d’aller prendre une petite dose de Metal Alternatif meets Néo Metal avec les Américains de Breaking Benjamin. Le groupe ne bénéficie pas de la même aura ni du même succès en Europe que dans son pays d’origine. Dire que je maîtrise le répertoire du groupe serait prétentieux car je ne connais que son album Phobia, sorti en 2006, celui qui contient leur énorme tube “The Diary of Jane”, titre qu’ils jouent, bien entendu, en clôture d’un concert très agréable. La formation nous offre un set excellemment bien exécuté et loin d’être rébarbatif. En onze titres, le groupe fait mouche auprès d’une fosse bien garnie et parmi laquelle, certaines personnes connaissent les morceaux du groupe sur le bout des doigts. Une très belle surprise !
RIVERS OF NIHIL
Bruno : La dernière fois que j’ai vu les Américains, c’était en 2022 au Motocultor et j’avais été un peu déçu par la voix de Jake Dieffenbach, le chanteur qui n’arrivait pas vraiment à reproduire les effets que l’on pouvait entendre sur leurs albums. Le fait que sa voix était en partie couverte par les autres instruments n’aidait pas beaucoup non plus, le concert étant quand même bon.
Depuis, Dieffenbach a été éjecté du groupe et c’est Biggs, le bassiste, qui s’occupe, avec réussite, des growls.
Rivers of Nihil a évidemment mis l’accent sur le dernier album avec cinq titres, plus deux de The Work (2021) ainsi que “The Silent” et l’incontournable “When Owls Know My Name”, extraits de l’album du même nom en 2018.
Un set rondement mené, alternant les passages bien Death avec d’autres plus planants. La présence de Corona, le saxophoniste, apporte une petite touche de fraîcheur. Le saxo n’est vraiment pas mon instrument préféré mais ses interventions, ni trop, ni trop peu, sont à chaque fois judicieuses et permettent de faire « respirer » la musique du groupe. Un bon moment.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
LAGWAGON
Seb : C’est au pas de course que je rejoins la Warzone pour reprendre une nouvelle dose de Skate Punk avec une des gloires du style : les Américains de Lagwagon. Je me place tout devant, à l’orée du pit, et dès les premières notes de guitare, celui-ci se met en branle et ne s’arrête pas durant tout le concert. C’est un groupe que je voulais voir depuis longtemps, et je ne suis pas déçu. La formation n’est pas avare et nous sert dix-huit titres pour une heure de prestation. Bon, c’est vrai que, contrairement à un Elder, les morceaux flirtent plutôt avec les trois minutes en moyenne. L’énergie est bonne et contrairement à certaines personnes avec qui j’ai pu discuter durant le week-end et qui ont trouvé que Lagwagon était en mode roue libre et minimum syndical, j’ai clairement pris mon pied. La place dans la fosse doit aussi jouer car, comme on peut le voir avec le cadrage de la vidéo, ça bouge pas mal devant. Un très bon concert avec une seule petite déception : ils n’ont pas joué “Smile” qui est mon morceau préféré ! Et ce n’est pas faute de l’avoir réclamé à corps et à cris. Le meilleur de la journée, malgré ce petit oubli.
Crédit vidéo : Once Upon a Live
BORKNAGAR
Bruno : Je ne suis pas très fan de Borknagar ; ce n’est pas que je n’aime pas mais je ne suis jamais transporté par leurs prestations.
Je n’ai jamais apprécié la voix d’ICS Vortex (ex-Dimmu Borgir) qui est trop haut perchée à mon goût. Et comme Nedland (ex-Solefald), l’autre chanteur, a une voix à peu près similaire, autant vous dire que cela ne me transporte pas de joie !
La musique est sympa mais, voilà, sympa ce n’est pas suffisant pour ressentir des frissons pendant un concert.
Donc j’ai trouvé ça sympa. Voilà, ni plus ni moins, avec de bons passages malgré tout, il ne faut pas cracher dans la soupe.
Remarquez, c’est déjà pas mal, j’aurais pu trouver ça totalement à chier ! Faut toujours voir le bon côté des choses.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
THE HALO EFFECT
Bruno : J’ai dû aller remplir ma bouteille de flotte à la fin de Borknagar (ou chercher à bouffer au HellSnack en face des tentes). Quand je reviens quelques minutes plus tard, l’Altar est déjà bien blindée pour assister au concert du mec le plus cool du Metal, à savoir Mikaël Stanne, chanteur de Dark Tranquillity et, pour ce qui nous intéresse, de The Halo Effect.
Le groupe propose, pour ceux qui ne le connaissent pas, un Death mélodique de grande qualité. C’est beau, c’est propre mais ça envoie quand même ce qu’il faut pour ne jamais ennuyer. Les mélodies sont omniprésentes et la formation suédoise obtient un gros succès bien mérité comme en témoigne le nombre de personnes présentes sous la tente et l’ambiance chaleureuse.
Comme je suis vraiment positionné sur la partie droite de l’Altar, je ne fais qu’une courte vidéo. Plus pour le souvenir que pour la qualité (et encore ça va, elle n’est pas trop mal).
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
PAPA ROACH
Seb : Slot où il va falloir faire un choix car les trois groupes jouant à cet horaire m’intéressent. Ayant déjà vu Uncle Acid And The Deadbeats et The Halo Effect par le passé, je jette mon dévolu sur Papa Roach. Le groupe bénéficie d’un excellent créneau, preuve de sa notoriété. Et ce n’est pas la foule présente devant la Mainstage 1 qui me fera mentir. Le show proposé est ultra carré avec un son impeccable et puissant. On sent la grosse machine américaine rodée à l’exercice. Ça joue très bien et le set est maîtrisé à la perfection mais trop propre et surtout manquant un peu de sincérité. Ici, aucune place n’est laissée à l’imprévu. On assiste à un spectacle sympathique, certes mais qui n’arrive à capter mon attention qu’en de rares occasions (“Dead Cell” ou encore “Getting Away With Murder”) mais je lâche totalement l’affaire en milieu de set lors de la reprise du “California Love” de 2 Pac. Je pourrai dire que j’ai vu Papa Roach en live mais je pense que ce sera la seule et unique fois.
Je flâne ensuite du côté de la Warzone mais la fatigue commence à se faire sentir. Je ne me suis pas vraiment économisé en cette première journée et si je veux être en forme demain, il est temps de faire route vers le campement, accompagné de la musique d’Alice Cooper qui se produit sur la Mainstage. Je vois le feu d’artifice, tiré en hommage à Ozzy Osbourne, depuis le camp de base.
ALICE COOPER
Bruno : Un peu de Papa Roach (de loin).
Grande migration à la fin de The Halo Effect puisque je traverse le site pour une de mes rares incursions sur les Main Stages afin d’assister au concert d’un vieux monsieur.
En attendant son arrivée, j’ai suivi du coin de l’œil, plus sur les écrans qu’autre chose (j’apercevais à peine la scène de la MS1 d’où j’étais), la fin du concert de Papa Roach, qui ne m’a pas vraiment emballé.
Ils ont fini par “Last Resort” qui m’a rappelé de bons souvenirs quand même, le premier album du combo étant plutôt cool.
Je ne compte pas ce concert dans ceux que j’ai vu.
N’ayant jamais vu Alice Cooper en concert, car à chaque fois que j’en ai eu l’occasion, je choisissais d’aller voir d’obscurs groupes de Black ou de Death sous les tentes. Je me suis dit qu’il était temps de rattraper ça avant qu’il ne soit trop tard.
J’avais aussi un peu peur que ce soit totalement blindé devant la MS2, mais à ma grande surprise je suis arrivé comme une fleur à dix mètres des barrières. J’aurais pu m’approcher bien plus près mais j’avais une excellente vue de cet endroit et il n’y avait aucun mec d’1m80 et plus devant moi. Je comptais bien ramener une belle vidéo comme souvenir.
Comme d’habitude je rappelle que, règle n° 1, je ne lève JAMAIS mon téléphone au-dessus de ma tête quand je filme, que je ne dérange absolument personne avec et que je ne regarde presque jamais mon écran, je me concentre sur la scène, je profite du spectacle.
Un concert d’Alice Cooper c’est comme un juke-box, on fout une pièce dans la machine et il y a un classique connu de tout le monde qui sort.
Le concert est bien rodé – au bout de cinquante ans de carrière, c’est un minimum – , ça fonctionne au quart de tour, il fait le show et le public joue le jeu : changement de tenue, décors, accessoires, jeu de lumières et un son de très bonne qualité.
Les musiciens font le job, sans en rajouter des caisses. Les trois guitaristes (oui, trois) ont la part belle et ne s’en privent pas.
Alice Cooper est très en forme et sa voix est impressionnante au regard de son âge.
À part Iron Maiden, Scorpions ou Metallica, je ne vois pas beaucoup de groupes pouvant enchaîner une telle série de classiques : “No More Mr. Nice Guy”, “I’m Eighteen”, “Hey Stoopid”, “Poison”, “School’s Out”, “Feed My Frankenstein”… Ça déroule et même si le public le moins averti ne connaît pas les morceaux, dès qu’une mélodie arrive c’est : « ah oui, celle-là aussi elle est de lui ! »
Une heure de concert, remplie à bloc, aucun temps mort, un show qui vire au grand-guignol par moments mais c’est compris dans le package, c’est un concert d’Alice Cooper après tout, sans ça on serait un peu déçu.
Seul grief pour ma part, cette reprise de “Smells Like Teen Spirit” (Nirvana), qui, même si elle remporte évidemment un énorme succès auprès du public, me paraît tout de même un peu incongrue.
Tout en sachant qu’il n’a pas joué “Billion Dollar Babies” ou “Under My Wheels” ! Il y a des musiciens qui donneraient très cher pour ne composer qu’un seul de ces deux titres !
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
KADAVAR
Bruno : Fin du show et je remonte d’un pas décidé vers la Valley, en partant du fond de la MS2, pour assister au concert de Kadavar. Et oui, même pas peur !
Durant mon périple j’ai entendu, mais très peu vu, étant donné que je tournais le dos aux scènes et aux écrans géants, l’hommage à Ozzy Osbourne. Je n’ai pas plus vu le feu d’artifice qui était, paraît-il, très beau. C’est un peu con car je n’ai jamais vu de feu d’artifice au Hellfest. À chaque fois qu’il a eu lieu, j’étais sous la Temple en train d’assister à un live, et le seul truc auquel j’ai eu le droit, était le bruit des pétards, dont je me serais bien passé en plein milieu d’un concert.
Ce petit interlude m’a permis d’arriver en toute détente, mais en marchant vite, dans la Valley, et de pouvoir me placer à la barrière pour Kadavar ! Si, si, c’est possible.
Je me suis retrouvé à côté d’une jeune Suissesse que j’ai croisée deux fois le lendemain, une fois à la MS1 pour Sortilège et la deuxième fois encore dans la Valley pour le début ou la fin d’un concert, peut-être Dragunov ou Rezn, me rappelle plus très bien. Quand on pense qu’il y a des potes que l’on ne croise jamais en quatre jours de concert !
Pour Kadavar, elle m’a raconté qu’elle devait venir en avion de Suisse mais que le vol avait été annulé à la dernière minute, du coup elle a été obligée de prendre la voiture avec sa copine. C’est pas grave, la Suisse / Clisson c’est pas très loin (neuf heures de route !)
Pas spécialement d’atomes crochus avec Kadavar, connaissant mal leur discographie, mais j’avais déjà vu et revu Igorr et Bring Me The Horizon ne me parlait pas du tout.
Je passe un bon moment avec le groupe franco-allemand. Les morceaux sont bons, le son l’est également, ça envoie du riff sans compter et les mid-tempos alternent avec d’autres plus rapides (pour du Stoner, hein, c’était pas du Speed Metal non plus).
Bref, l’heure et dix minutes qui leur sont accordées sont très largement suffisantes pour moi ; plus, je me serais sûrement lassé.
J’ai oublié de préciser que le fait d’aller voir Kadavar était en partie conditionné par le fait que je comptais me rendre dans la Warzone juste après pour assister au concert d’un groupe originaire de Californie.
Faut la jouer métier avec les déplacements au Hellfest arrivé à une certaine heure.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
SOCIAL DISTORTION
Bruno : A fucking legend ! Je pense que l’on peut qualifier Mike Ness de cette manière sans qu’il s’en offusque.
Quarante-huit ans d’existence pour la formation de Fullerton, des excès en tout genre (héroïne, drogue…) et un cancer des amygdales il y a peu. Mike Ness revient de loin, très loin et ça fait chaud au cœur de le voir en forme sur l’une des scènes de Clisson avec une rose accrochée sur la tête de sa guitare.
Le groupe enchaîne les classiques et des titres du dernier album, paru il y a quelques mois après plus de quinze ans d’attente depuis leur album précédent.
À noter une version étrangement lente, par rapport à la version album, d’un de mes titres préférés : “Untitled”. Je chante les paroles mais j’ai toujours un temps d’avance vu le tempo ralenti au max.
Une belle tranche de Rock ‘n’ Roll / Punk Rock qui commence par une version énergique de “Born to Kill” (dernier album) et s’achève par une version tout aussi enthousiasmante de “Don’t Drag Me Down” (White Light, White Heat, White Trash – 1996), le groupe égrenant des standards de son répertoire entre les deux.
Plus qu’à aller se coucher après ça. Un beau final.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec









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