LE CHAMP LOUET (Clisson, 44)
Du jeudi 18 au dimanche 21 juin 2026Texte : Bruno Guézennec et Seb D
Vidéos : Bruno Guézennec et Once Upon a Live
N’ayant pas sollicité d’accréditation, par choix, c’est en qualité de festivaliers que nos deux comparses, Bruno et Sébastien, ont arpenté les scènes du Hellfest édition 2026. Ils vous livrent ici leurs impressions.
Samedi 20 juin 2026
COLD.CAPSULE
Bruno : Dormant chez l’habitant à Vallet, je me lève tôt, encore une fois, pour arriver pour le premier concert de 10h30. Comme souvent (pas toujours, mais souvent) c’est un groupe breton qui va lancer la journée dans la Valley.
Faisant partie de 360, un programme de développement de carrière, la formation nantaise a eu le plaisir de se voir sélectionner pour le plus grand festival français (européen ?).
Et ils n’ont pas joué une fois mais deux ! Dans la Purple House, le mercredi de 21h à 21h40 et donc le samedi en ouverture de la Valley.
Mélangeant le Grunge, les sonorités industrielles et le Post-Hardcore, plutôt à l’aise sur scène, quoiqu’un peu froid dans sa communication avec le public, les Nantais saississent l’occasion pour présenter une partie de leur répertoire aux lève-tôt ou à ceux qui ne se sont pas couchés du tout !
Les esprits chagrins pourront trouver que jouer devant une Valley aux trois quarts vide est un peu décevant, mais n’oubliez pas qu’une Valley aux trois quarts vide représente quand même des centaines de spectateurs et que, pour un jeune groupe comme Cold.Capsule ou un autre, jouer devant autant de monde, cela ne doit pas arriver toutes les semaines. Sans compter les retombées médiatiques que cela entraîne de participer au Hellfest.
Donc ce n’est que du positif et du bonus pour eux, et une expérience enrichissante.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
VÍGLJÓS
Bruno : Certaines formations attisent la curiosité du public, par leur musique, la présence d’un musicien légendaire, leur parcours ou leur look.
C’est sûrement ce dernier point qui a fait venir une partie des festivaliers dans la Temple à 11h05. Le style apiculteur médiéval, avec leurs tenues blanches et leurs drôles de tissages en osier sur la tronche, sont pour le moins intrigants. Mais le look ne suffit pas si la musique, derrière, est indigente.
Signés chez Les Acteurs de l’Ombre, les Suisses ont prouvé avec leurs deux albums, en 2024 et 2025, que de ce côté-là c’est du solide, à condition d’aimer le Black Metal.
Trente minutes passant vite et les morceaux du groupe faisant en moyenne dans les six minutes, le calcul est vite fait : ce sera cinq titres max, il vaut mieux choisir les bons.
Quatre sur scène, mais pas de bassiste. Trois musiciens : chant, guitare, batterie, avec capuche blanche et un couvercle en osier obstruant son ouverture pour protéger le visage, et une quatrième membre au synthé / sampler avec une sorte de « structure » sur le visage / tête, absolument magnifique, avec des tiges végétales tombant sur sa poitrine.
Et il faut croire que c’est super efficace car aucune abeille n’a réussi à passer en dessous pendant le concert. Bon, en même temps, il n’y a pas énormément d’abeilles sous la Temple, ça aide un peu aussi. Un petit air de Grima avec les parties d’accordéon (réalisées au synthé) sur le titre « Delusions of Grandeur ».
Vígljós n’est pas susceptible de plaire à tout le monde, le chant aigu et déchirant pouvant rebuter. Mais, si la musique extrême fait partie de votre discothèque, n’hésitez pas la prochaine fois qu’ils seront programmés dans votre coin, vous passerez à coup sûr un très bon moment (et la signature sur le label nantais LADLO laisse présager des concerts en France).
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
PROFANATION
Bruno : Deux musiciens jouant avec Regarde Les Hommes Tomber, et deux autres avec Venefixion / Deströyer 666, le tout sous l’Altar par un groupe dont le seul album disponible pour l’instant s’intitule Skull Crushing Violence… Pas besoin d’être un devin pour comprendre que l’on va en prendre plein la gueule !
Les Parisiens ne sont pas là pour compter fleurette (encore une expression de djeuns) et effectivement, ça défouraille dans tous les sens. Du gros Death, bien bourrin, avec un curseur placé entre « très vite » et « à fond », les potards des amplis sur 11 et un chanteur qui veut laisser ses tripes sur les planches.
Cela me semble un bon résumé de la situation, en tout cas un résumé qui a le mérite d’expliquer que les trente minutes sont placées sous le signe de la violence.
Après Vígljós, l’intensité musicale est encore montée d’un cran. Profanation remportant la palme du groupe le plus violent de la journée (en tout cas des groupes que j’ai vus).
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
Seb : Durant le petit déjeuner, nous apprenons l’annulation de Cavalera suite à un accident de tour bus. En fait, un canard est venu s’emplafonner dans le pare-brise du véhicule. C’est moche car c’est un groupe que je voulais absolument voir. Il était prévu qu’ils reprennent l’album Chaos A.D. de Sepultura dans son intégralité. Cette journée du samedi prend cher car avant cette annulation, le Hellfest avait dû faire face aux défections de Volbeat et de Tom Morello. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, certains groupes, du fait de ces absences, bénéficient donc d’un horaire et d’un temps de jeu plus avantageux.
Aujourd’hui, je vise une arrivée sur site entre 12h et 12h30, espérant ainsi voir une partie du set de Profanation.
Raté ! Lorsque je passe la cathédrale, le groupe termine tout juste son concert. Dommage mais pas trop grave car je les ai vus l’année dernière au Courts Of Chaos.
Je fais volontairement l’impasse sur Hulder car il y a un rendez-vous annuel que je ne manquerai pour rien au monde : l’apéro MUSinc. Kézako ? Il s’agit d’un moment de rencontre et de convivialité organisé par Grégory Hourlier, créateur de la chaîne YouTube MUSinc, afin de passer un moment d’échange et de partage avec sa communauté autour d’une bière. On papote de musique et du festival, bien entendu, et donnons nos impressions sur les concerts vus durant les deux premières journées. Une photo de groupe et hop, je pars en direction de la Mainstage 2.
HULDER
Bruno : Retour sous la Temple qui offre une programmation très intéressante en Black Metal ce samedi 20 juin.
« More women on stage », c’est le cas avec Hulder. Le groupe de Marliese Beeuwsaert, d’origine belge mais qui s’appelle maintenant Marliese Osborne, car mariée au bassiste du groupe, offre une belle prestation. Du Black atmosphérique aux ambiances inquiétantes mais mélodiques.
Je ne pense pas que ce concert restera dans les annales du Hellfest ni qu’on en parlera encore dans cinq ans, mais je ne crois pas non plus que beaucoup d’amateurs de Black aient regretté leur présence sous la Temple entre 12h35 et 13h05.
La formation fait le job, comme on dit, ses titres étant suffisamment intenses et variés pour retenir le public. Surtout le magnifique « Hearken the End » qui alterne avec brio les parties lentes et rapides (voir vidéo).
En tout cas après Vígljós, ce début de journée commence plutôt de belle façon sous la tente noire (on en parle des trucs qui fâchent ou pas ?!).
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
ESCUELA GRIND
Seb : Quel plaisir de voir du Metal extrême sur une Mainstage en plein après-midi !
Bon, nous sommes sous le cagnard et ça cogne déjà très fort mais le public présent est au taquet et en grande forme pour accueillir les Américains d’Escuela Grind. Avec un nom comme ça, il n’y a pas beaucoup de place laissée au doute, ça va défourailler sévère ! Et c’est exactement ce qu’il se passe. Avec son mélange de Grind et de Death Metal, la formation menée par la pile électrique Katerina Economou, nous assène un set en forme de rouleau compresseur. Il n’y a aucun temps mort mais nous n’avons pas affaire à du bourrinage bête et méchant. Ça joue vite, ça joue fort mais ça joue bien. Le public réserve un accueil chaleureux au quintet. Le pit, bien que réduit, est en ébullition. Les regards se fixent naturellement vers la chanteuse qui fait le show et garde le smile tout le long du concert malgré la violence de la musique. C’est la première fois que je les vois en live et je ne suis pas déçu.
Crédit vidéo : Once Upon a Live
CABAL
Bruno : Droite, gauche, droite… gauche. Normalement si vous avez suivi mes déplacements, vous savez que je suis dans l’Altar.
Choix difficile dans ce créneau horaire car sur les autres scènes il y a Escuela Grind (vu en 2023) et Fange (vu en 2017-2019-2024). Comme j’essaye de privilégier les groupes que je n’ai jamais vus en concert, j’opte pour les Danois de Cabal, même si ce qu’ils font me plaît moins que les deux autres.
Il est souvent (souvent, pas toujours) facile de reconnaître un groupe de « core » (Metalcore, Deathcore…) avant même qu’il ne commence à jouer ou même qu’il n’entre en scène : le fameux marchepied (gros marqueur des groupes de Metalcore) sur lequel monte le chanteur ou le guitariste / bassiste. Mais il y a aussi les fringues.
Là, point de marchepied, en même temps ça sert à quoi d’en avoir un quand on est déjà sur une scène qui culmine à environ 1,80 m de haut, mais la tenue du chanteur donne une bonne indication (voir vidéo).
Très rythmées et relativement lourdes, les chansons du combo réussissent à mettre une bonne ambiance, le public étant réceptif au style proposé. Le pit s’en donne à cœur joie avec un wall of death plutôt conséquent en fin de set.
Je ne trouve pas cela désagréable, mais je ne réussi pas à passer ce petit cap qui fait que l’on entre réellement dans le mood et que l’on est transporté par une prestation.
Ce n’est pas réellement une surprise, le style des Danois ne faisant pas partie de ceux que je préfère. Pas grave, au moins je pourrai dire que je les ai vus sur une scène. Bon, on se présente rarement à quelqu’un en précisant d’emblée que l’on a vu Cabal en concert, mais ça peut venir dans le fil de la conversation.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
NON EST DEUS
Bruno : Droite, donc Temple (je parle de l’emplacement des scènes).
La prestation des Allemands, emmenés par Noise, leader de Kanonenfieber et principal compositeur du groupe, suscite une grosse attente de ma part, leurs albums étant le genre de trucs que je pourrais écouter en boucle.
En débarquant devant la scène, je remarque immédiatement le décor mis en place et ça a une foutue gueule : des croix en bois, dont certaines recouvertes de feuilles de lierre, des vitraux, un pupitre avec une grande croix sur le devant. Ça pose l’ambiance !
L’entrée des musiciens est assez épique : un défilé de quatre mecs (pas de bassiste), les visages dissimulés sous une cagoule et un masque en tissu à l’aspect bien dégueulasse. Le corps caché sous une sorte de robe de bure (ou d’un autre tissu) qui n’a pas vu un morceau de savon depuis longtemps, surtout celle de Noise qui a un aspect franchement infect. Ajoutez à cela les mains et avant-bras recouverts d’une substance noire. Le tout sur un fond de cloche et de musique, jouée à l’orgue, que l’on peut entendre dans les églises.
Le Black (atmosphérique / mélodique) du groupe est taillé pour la scène et la scénographie de Non Est Deus (Dieu N’Existe Pas) en rajoute encore une couche. Difficile de ne pas être subjugué par Noise, avec sa mitre d’évêque, qui arpente la scène en se flagellant le dos avec un fouet, dont les mains tremblantes parcourent un livre de prière, qui traverse cette même scène en psalmodiant des trucs incompréhensibles avec une attitude de fou furieux, lançant des fausses pièces au public, l’aspergeant d’eau bénite avec un goupillon ou le bénissant / menaçant avec sa crosse.
Que ce soit avec Kanonenfieber ou Non Est Deus, ce mec a compris l’importance d’offrir un show visuel original et qui est en rapport direct avec ce qu’il raconte dans les textes.
Musicalement leur Black fait des merveilles. C’est prenant, l’énergie est omniprésente mais l’aspect mélodique peut malgré tout plaire à un public pas très familiarisé avec ce style.
Grosse performance de Non Est Deus. Voilà le genre de concert pour lequel on est content de payer sa place au Hellfest.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
Bruno : Ensuite j’ai programmé une petite pause.
Je n’ai que six concerts dans les pattes mais mon programme prévoyait du non-stop concert jusqu’à 23h45 avec neuf groupes à voir, et il n’est que 14h35 !
Le slot suivant propose Gatecreeper / Psychonaut ou Defeated Sanity. C’est tentant, mais la suite encore plus, donc il faut bien que je fasse ma pause à un moment ou un autre. C’est le meilleur moment pour moi.
Je vais m’asseoir à l’ombre avec mon repas de grignottes de poulet. Quarante minutes qui devaient me permettre, normalement, de tenir jusqu’à la fin de la journée. Et de soulager un petit lumbago qui m’embête depuis le vendredi soir.
GATECREEPER
Seb : Toujours en Mainstage 2, on continue dans la poésie avec les Américains de Gatecreeper.
Petite appréhension avant leur montée sur scène car je n’ai pas entendu que du bien sur leurs prestations live, celles-ci étant parfois inégales. Aujourd’hui, ce doit être un bon jour car le set est d’une efficacité redoutable. Le quintette n’est clairement pas venu pour poser du parquet et nous déroule un set de Death Metal mélodique de haut niveau avec une scénographie où les flammes sont reines. Les titres servis sont tous meilleurs les uns que les autres et le groupe sait y faire pour façonner de belles mélodies qui vont s’incruster dans le cerveau pour ne plus en sortir. Un bel équilibre entre énergie brute et lignes mélodiques. Eric Wagner, l’un des deux guitaristes, passe son temps à réclamer des circles-pits au public qui ne se fait pas prier pour s’exécuter. En quarante minutes, l’affaire est pliée. Gatecreeper a gagné de nouveaux fans et conquis les anciens, c’est certain.
Crédit vidéo : Once Upon a Live
1914
Bruno : Une fois un peu reposé, je pointe mon chapeau (et moi en dessous) dans la Temple, en avance pour bien me placer pour les Ukrainiens de 1914.
Leur concert du Motocultor en 2024 ayant été un grand moment, je suis plutôt pressé de les revoir.
Début classique avec les musiciens, en tenue militaire d’époque, qui commencent le concert et Ditmar Kumarberg, le chanteur, qui arrive, dans sa tenue habituelle, la tête recouverte de boue séchée, en levant le drapeau ukrainien au bout de son bras gauche. Le symbole est fort.
La double grosse caisse est trop forte, trop mise en avant et elle bouffe les autres instruments. C’est dommage puisque, contrairement aux années précédentes, je trouve justement qu’un gros effort a été fait sur le son de la double.
Finis les réglages ridiculement trop forts. En 2026, le résultat est bien plus équilibré, et même les quelques groupes de Metalcore / Deathcore que j’ai vus, style pourtant réputé pour avoir un son de grosse caisse / basse assez délirant, restent dans la limite du raisonnable.
Petite déception donc d’entendre que 1914 tombe dans cet écueil, du moins en début de show, le son semble s’équilibrer par la suite (vous pourrez le constater sur ma vidéo).
Le groupe commence avec mon morceau préféré, le fantastique « FN .380 ACP#19074 », premier titre (après l’intro) de l’album Where Fear and Weapons Meet (2021). Le nom du morceau est le modèle / référence du pistolet qui a servi à assassiner l’archiduc autrichien François-Ferdinand en 1914, événement déclencheur de la Première Guerre mondiale.
On entre donc directement dans le vif du sujet qu’aborde le groupe dans ses morceaux.
Ditmar évoque bien sûr la guerre en Ukraine en précisant que celle-ci a, au moment où il parle, dépassé en durée la Première Guerre mondiale.
Il va ensuite faire un tour dans le public pour chanter le dernier morceau, « Passchenhell » (si je ne me trompe pas).
Contrairement au Motocultor où les gens s’écartaient avec respect sur son passage, là c’est un peu plus le bordel, mais cela reste bon enfant.
Belle prestation d’un groupe que j’espère revoir, cette fois dans des conditions moins dramatiques pour leur pays.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
SEVERE TORTURE
Bruno : Nouveau petit déplacement vers l’Altar pour un groupe néerlandais bien décidé à mettre le dawa sous la tente avec leur Death Metal bien rugueux. Un chanteur très à l’aise, qui occupe bien la scène et un son de bonne qualité : les mecs de Severe Torture n’ont rien inventé, mais ils balancent leurs gros riffs avec une telle conviction qu’ils emportent facilement l’adhésion du public.
C’est groovy, ça donne envie de headbanger, les circle pits, pogos en tout genre et wall of death émaillent leur show. C’est toujours bon signe.
Seulement quarante minutes, très bien remplies, pas une de plus, on ne rigole pas avec les horaires au Hellfest. Ce qui est plutôt agréable quand, en tant que spectateur, on a un autre concert à voir ailleurs, qu’il n’y a que cinq minutes entre la fin du premier, le début du second, et que l’on doit traverser le site en entier. Ce qui était mon cas.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
Seb : J’arrive enfin à trouver un créneau pour passer choper mon t-shirt souvenir au merchandising officiel du Hellfest. Une demi-heure de queue et l’affaire est pliée. Certes, beaucoup d’articles sont déjà sold out mais, par chance, le modèle que je visais est toujours disponible.
Par la suite, je me dirige vers le Metal Corner et plus particulièrement la Purple House où doit se produire Les Bâtards du Roi. Malheureusement pour moi, la popularité grandissante de la formation m’empêche d’accéder à cet espace car il y a une longue file d’attente qui patiente pour espérer assister à la prestation des Orléannais. Le soleil cogne tellement que je renonce à subir cette attente et préfère me poser et manger un morceau. Dommage.
SIDILARSEN
Seb : Après m’être calé la dent creuse, je retourne sur le site et me dirige vers les Mainstages. Suite à l’annulation de Tom Morello un mois avant le festival, ce sont les Toulousains de Sidilarsen qui ont été appelés à la rescousse pour faire ce remplacement. Une très belle opportunité qu’ils n’ont pas dû mettre longtemps à accepter. Bénéficiant d’un horaire de passage avantageux (16h55) et n’ayant pas foulé les planches clissonnaises depuis 2017, la formation a intérêt à être prête et de mettre le paquet pour convaincre une foule assez conséquente. Mais ce n’est pas a des vieux briscards de la route qu’on va la faire et c’est un show ultra carré et plein d’énergie que nous livre le quintet. La setlist est bien équilibrée et laisse une place à deux nouveaux titres qui sont, avouons-le, plus faiblards (comme le dernier album d’ailleurs) et font pâles figures face à des brûlots de la trempe de “Comme on vibre”, “Back To Basics” ou encore “On va tous crever”. Le final se fait sur le classique “Des milliards”, le groupe faisant s’asseoir la foule pendant le titre afin de les faire se lever et sauter au signal de Didou, le chanteur. Effet visuel garanti !
Sidilarsen a encore réussi son coup. Y a pas à dire, ils savent y faire.
TRASH TALK
Bruno : J’ai hésité avec ce report. Est-ce que j’allais en faire un à part uniquement sur lui, pour raconter tout ce qu’il s’est passé pendant les quarante-cinq minutes dans la Warzone, ou est-ce que j’allais l’inclure dans mon report du Hellfest 2026. Car oui, il s’est passé un nombre de trucs assez délirants pendant ce show !
Lee Spielman, le chanteur, dont je vais beaucoup parler, est un sacré fouteur de bordel et pendant les concerts, il est presque incontrôlable.
Cela a commencé normalement, comme un concert classique de Warzone, le groupe entre et balance son Punk / Hardcore bien vénère. On sent le chanteur un peu surexcité, quittant rapidement la scène pour sauter sur les grosses caisses de son, au devant de celle-ci. Retour sur scène pour sauter de celles-ci directement dans la fosse aux photographes (1,80 m de haut quand même, mais le mec est souple et sportif).
Évidemment il n’en reste pas là et accède rapidement aux barrières. Autant vous dire qu’il n’y reste pas très longtemps et qu’il finit dans le pit. Logique.
À partir de ce moment-là, il fait des petits retours sur scène à l’occasion mais passe en réalité une grande partie de son temps parmi les spectateurs.
C’est là que ça part légèrement en vrille (mais dans le bon sens du terme) : il commence à se déplacer jusqu’à la sono, et, porté par le public, à chanter la fin d’un morceau avant de se casser la gueule. Ensuite il décide de faire s’accroupir toute la Warzone, quand je dis « toute la Warzone », c’est bien « toute la Warzone », pas juste les vingt premiers mètres !
Je vous passe quelques péripéties que vous retrouverez dans la vidéo. Il en a profité pour demander de la weed, qu’un mec lui apporte. Tout ça se transforme en joyeux pogo pendant qu’il remonte sur scène, mais que son guitariste, lui, est à son tour descendu dans la fosse et joue de la guitare aux barrières juste à côté de moi (il doit bien s’y trouver car il revient me voir souvent).
Lee Spielman organise ensuite un Wall of Death, puis donne une leçon de circle pit en le faisant tourner dans le sens des aiguilles d’une montre (classique), mais aussi en sens inverse ! Le circle pit passe même derrière la sono à un moment.
Il ne reste pas très longtemps sur scène puisque peu après, il prend un gros bidon qui traîne sur le côté droit de la Warzone (une poubelle ?), l’apporte avec lui dans le pit et monte dessus pour chanter (sur fond de lancers de poireaux). Il trouve aussi que c’est drôle de faire tourner son micro au bout de son fil, mais style trois ou quatre mètres de fil. Je me dis que si ça lâche, il ne vaut mieux pas se trouver sur la trajectoire !
Ensuite, il retourne aux barrières en slam en attrapant au passage une corne de soixante-dix centimètres de long environ. Il vient près de la scène et file la corne à son guitariste qui ne trouve rien de mieux à faire que de la retourner (ne me demandez pas pourquoi !?), et vider involontairement le demi-litre de bière qui s’y trouve en plein sur le corps de sa guitare. Ensuite on entend dans la sono les « swing, swing » du guitariste en train d’essuyer ses cordes avec une serviette. Le sketch !
Spielman reste miraculeusement sur scène pendant un moment pour chanter quelques morceaux, mais pendant ce temps, c’est encore le guitariste qui descend pour jouer à nouveau, juste à côté de moi, à la barrière. Ce dernier semble d’ailleurs au bout de sa vie à la fin du show, il n’a visiblement pas la même endurance ni le même cardio que son chanteur !
Autant vous dire que certains mecs de la sécu ont passé un moment assez agité, à surveiller le fou furieux, le guitariste, à tenir le fil du micro pendant que l’autre allait chanter près de la sono et à récupérer un gros paquet de slammeurs à la demande du chanteur vers la fin de leur prestation.
Ce concert restera assez mythique pour moi. Jamais vu un mec mettre autant de chantier dans la Warzone. Un super moment.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
OBSCURA
Bruno : N’ayant pas vraiment suivi de près la discographie des Allemands, je sais tout de même que c’est du Death très technique, que les mecs sont des bêtes musicalement, mais aussi qu’en dehors du leader Steffen Kummerer (guitare / chant), c’est la valse des musiciens. La liste des différents mecs ayant joué dans le groupe étant assez folle.
Donc Obscura, ça joue bien. Je trouve quand même le son légèrement brouillon par moments, la batterie étant un peu trop en avant. Il était difficile de faire la différence entre les instruments à cordes.
À part cela, je n’ai pas grand-chose à raconter sur ce show. Il ne se passe rien de spécial, je trouve ça bien, mais sans plus. Voilà, si c’est pour parler pour ne rien dire, je préfère passer au suivant.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
ENHANCER
Seb : Voilà un des concerts que j’attends avec la plus grande impatience. Enhancer a eu la très bonne idée de se reformer pour donner quelques shows et, espérons-le, enregistrer un nouvel album dans les mois à venir. C’est une foule immense qui se masse devant la Mainstage 1.
Sur scène, un grand fond blanc derrière les batteries (oui, il y en a deux) et deux grands drapeaux blancs eux aussi flanqués des lettres “NNCR” de chaque côté.
Les musiciens déboulent sur scène sur l’intro de leur premier album Et le monde sera meilleur…. Il font bloc tout autour du batteur John Gitlis durant toute la durée du premier titre “Electrochoc”. Comme s’ils étaient impressionnés par le nombre de spectateurs présents pour eux. Mais cette timidité de façade ne dure pas car il ne faut pas longtemps à David Gitlis pour se retrouver dans le public dès le deuxième morceau “Street Trash”. Il y fera plusieurs passages durant tout le concert.
La bande occupe pleinement la scène. Il faut dire qu’avec trois chanteurs, ça aide.
Une palanquée d’invités vient faire la fête avec la formation et donner de la voix. Pêle-mêle : Nico de The Arrs, des membres de Pleymo (d’où la seconde batterie) et même Joey Starr. Tout ce beau monde interprète des reprises (“Qu’est-ce qu’on attend” de NTM ou encore “United Nowhere” de Pleymo) et joue les guests de luxe sur des titres d’Enhancer. Dans le pit, c’est le dawa, une grosse kermesse : la fosse est en ébullition totale. Le show se termine sur le morceau “Hot” (qui colle parfaitement avec la météo de la journée) et tous les invités viennent sur scène pour un final anthologique. Quel show monstrueux, quelle claque ! Un des meilleurs du week-end.
CRO-MAGS
Bruno : Je file vers la Warzone pour voir Harley Flanagan, bassiste des légendaires Cro-Mags.
Pas mal de monde pour assister à ce show. De toute façon, passé 17/18h, il y a toujours plein de monde dans la Warzone dès qu’un concert commence. L’avantage, c’est que l’on peut malgré tout s’approcher facilement des barrières, la majorité des gens restant un peu à distance, craignant que le pit parte en sucette.
Harley est au taquet pour ce show, en témoigne la fin du titre « Show You No Mercy » où il prend une bouteille pour boire rapidement une gorgée. Le batteur, voyant ça, prend une serviette, commence à essuyer ses baguettes, prend sa bouteille d’eau… C’est à ce moment-là qu’il remarque que Harley s’approche de la batterie en faisant des signes du style : « enchaîne, enchaîne ! » (ou un truc dans le genre). Le mec comprend le message et balance vite fait le titre suivant.
Sur le côté de la scène, il y a Lee Spielman (Trash Talk) et pas mal de musiciens observant la légende en action.
Il n’est pas bien grand, le bassiste de Cro-Mags, mais malgré cela, il occupe beaucoup d’espace, a une sacrée présence sur scène et sait exactement ce qu’il veut.
Quarante ans après la sortie de The Age of Quarrel, le combo est toujours bien présent et prend un malin plaisir à enflammer le pit de la Warzone.
C’était sûrement une très bonne idée d’aller assister à ce concert au Hellfest, car ce n’est pas sûr qu’on le revoie en Europe avant longtemps. Harley a déclaré début août : « …J’en ai fini avec les tournées épuisantes. Je jouerai quand j’en aurais envie, mais j’en ai marre de tout ça : les tournées, c’est un sport pour les jeunes ».
Les légendes ne meurent jamais, mais elles ont besoin de se reposer à un moment donné.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
SEPTICFLESH
Seb : Je regarde de loin le début du concert d’Anthrax. Joey Belladonna a l’air en très grande forme vocale et physique, ce qui fait plaisir à voir et à entendre. Je suis vite interpellé par le visage du batteur qui ne me dit rien. Charlie Benante n’est pas derrière les fûts et j’apprendrai plus tard que celui-ci s’étant blessé à la main droite, il a dû céder sa place à l’intérimaire Darby Todd (Devin Townsend Band, The Darkness).
“Got The Time”, le deuxième titre, m’accompagne sur le chemin menant à la Altar où les Grecs de Septicflesh ont déjà entamé leur set. La tente est pleine à craquer et il m’est impossible de me frayer un chemin pour ne serait-ce qu’apercevoir la scène. J’écoute donc le concert depuis la Temple, assis, avec une pinte de bière. Grand fan du combo depuis la sortie de leur premier album Mystic Places Of Dawn en 1994, c’est toujours avec un énorme plaisir que je vois (j’écoute aujourd’hui) cette formation iconique de la scène grecque. Même si j’aimerais qu’elle rejoue des titres de son répertoire d’avant son split, quand le groupe s’appelait Septic Flesh (en deux mots). Les mauvaises langues me diront qu’ils ont exhumé de ce passé l’excellent “Virtues Of The Beast”… Oui, c’est très bien mais peu quand on connaît le nombre de pépites qui émaillent toute sa première partie de carrière. J’espère qu’un jour ils nous feront une tournée consacrée à leur discographie pré-Communion, de 1994 à 2003.
Bruno : Il y a quelque chose de spécial qui se dégage des concerts des Grecs, et ça fonctionne à chaque fois.
Pourtant, il y a un truc qui me dérange : pourquoi est-ce que les musiciens se retirent derrière les paravents situés de chaque côté de la batterie entre chaque titre (ou presque) ?
Why, mais why ??? Je trouve que ça nuit au dynamisme, que ça crée des pauses inutiles. Que je te mettrais Harley Flanagan sur scène avec eux, ça filerait droit entre les morceaux, moi je vous le dis ! (comment ça, je mélange tout ?).
Bref, à part ce détail qui me chagrine, il faut bien avouer que les prestations de Septicflesh sont de très bons moments. Leur Death symphonique, mais pas trop, bon, si, un peu quand même, est d’une efficacité redoutable. Je trouve d’ailleurs dommage qu’ils n’aient pas un musicien au synthé sur scène, il y a tellement de parties symphoniques que le mec aurait du boulot.
Le mélange puissance / mélodie est bien dosé et quand tout le monde (ok, les quinze premiers rangs) chante en chœur sur “Anubis”, ça fait son petit effet.
À voir et à revoir.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
A PERFECT CIRCLE
Bruno : Le souvenir du dernier concert du groupe reste ancré dans ma mémoire : un moment magique, hors du temps, au milieu de la nuit, sur la MainStage 2, en conclusion de la première journée du Hellfest 2018.
Les frissons dans le dos pendant le titre « Disillusioned » et sa sublime fin !
Pas la même ambiance en 2026, le concert ayant lieu sur la MS1, mais en début de soirée.
Est-ce à cause des conditions différentes que je n’ai pas trouvé leur prestation aussi marquante qu’il y a huit ans ? C’est bien possible, la musique de certains groupes s’accommodant mieux d’un show nocturne que diurne. Je pense que les fans d’Amenra, pour n’en citer qu’un, approuveront.
La setlist des Américains est tout aussi qualitative. Remarquez, c’est normal, ils n’ont sorti aucun album depuis ce concert de 2018 et ont donc pioché dans la même discographie. Il y a pourtant sept titres différents (sur les quatorze joués) par rapport à la dernière fois qu’ils avaient foulé les planches du Hellfest.
C’est malgré tout un beau concert. Ce n’est pas le couple qui a dormi à mes pieds pendant tout le show, sur les pavés de la MS1, qui dira le contraire, leurs souvenirs devant être assez brumeux !
Seb : Ayant loupé leur premier passage en 2018, il était inenvisageable de ne pas être présent ce coup-ci pour voir Maynard James Keenan et ses camarades. Quel dommage de programmer une telle formation en plein jour. Ça perd directement la moitié de son impact visuel. Surtout lorsque la musique interprétée est aussi calme et que les effets visuels sont un atout considérable pour que l’immersion dans ce monde sonore soit totale. La setlist est canon. En même temps, comment peut-il en être autrement vu la discographie impeccable de la formation. Je passe un moment très agréable mais je parie qu’il aurait été encore plus percutant s’ils avaient joué de nuit. Je ne reste pas jusqu’à la fin de set car le groupe qui joue sur la Valley juste après va commencer avant la fin de ce concert.
Un groupe à voir en salle.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
AMENRA
Seb : Et le groupe en question, c’est Amenra. Depuis que j’ai enfin pu rentrer dans leur univers lors de leur prestation au Tyrant Fest (2024), je suis devenu un énorme fan des Belges.
Mais là aussi, je me questionne sur l’impact que va avoir leur show, sachant qu’il fait encore jour lorsque le quintette arrive sur scène. Je suis très vite rassuré car dès les premiers accords et les premiers cris poussés par Colin H. van Eeckhout, la magie opère. Le son est net et massif. Le Post Metal / Doom a pour effet de faire secouer les têtes du public dans un rythme lent et lourd, comme un envoûtement chamanique de masse. C’est beau à voir. La setlist est parfaitement équilibrée avec pour pinacle un “A Solitary Reign” coupable d’érections capillaires. La bassiste, Amy Tung Barrysmith a bien pris ses marques depuis la dernière fois que je les ai vus en live, à Rennes l’année dernière. Elle semble désormais beaucoup plus à l’aise. L’heure de jeu est passée trop vite, comme à chaque fois. C’était magique !
CARCASS
Bruno : L’arrivée sous la tente à 21h40, après le groupe de Maynard James Keenan et Billy Howerdel, marque momentanément la fin de mes traversées du site, car depuis Severe Torture à 16h10, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais j’ai enchaîné Altar-Warzone-Altar-Warzone-Altar-MS1 et retour sous l’Altar.
On fait plus reposant quand on a mal au dos et qu’il fait 38°C à l’ombre ! Faut croire que je cherche les problèmes.
Les Anglais ont attiré beaucoup de monde sous l’Altar. Ce ne sont pas les patrons du genre, mais ce que l’on peut appeler « une valeur sûre ». On est rarement déçu par un concert de Carcass, c’est un peu tout le temps pareil, mais c’est du solide et on sent une certaine expérience de la scène avec leur façon d’enchaîner les titres sans pratiquement aucun temps mort.
En plus, c’est un groupe charmant, les paroles des chansons sont tout public, ça parle d’histoires d’amour, de romantisme… Comme leurs pochettes d’albums, il suffit de regarder celle de Surgical Steel, avec ses ciseaux et ses matériaux de découpe, pour voir que les mecs sont fans de scrapbooking.
J’ai comparé les setlists de 2022 et 2026 : sur treize titres, il y en a eu six de différents cette année, presque la moitié du set. À part les fans hardcore, pas sûr que quelqu’un ait la setlist d’il y a quatre ans encore en tête, mais ça montre qu’ils ne jouent pas tout le temps les mêmes chansons. En plus, j’ai eu le droit à « Tomorrow Belongs to Nobody ». Que demander de plus ?
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
OLD MAN’S CHILD
Bruno : Un retour sur scène après une absence de plus de vingt-cinq ans. C’est pas mal, ça fait un peu concert événement.
Ayant mis le groupe en pause à la fin des années 2000, de toute façon, c’était plus un projet solo qu’un vrai groupe. Galder a réactivé Old Man’s Child il y a quelques mois, après son départ de Dimmu Borgir où il officiait en tant que guitariste.
Retour très convaincant avec un Black, somme toute, assez classique mais efficace. Peu de temps mort, ça enchaîne les titres, les parties symphoniques apportent ce qu’il faut de mélodie sans être trop envahissantes.
Galder peut sans problème concentrer sa carrière sur Old Man’s Child. Le groupe jouit déjà d’une très bonne réputation et le concert de Clisson prouve qu’il faudra compter sur eux. Pas grand-chose à leur reprocher après cette heure dans la Temple. C’était le dernier concert du samedi sous cette tente.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
LIMP BIZKIT
Seb : Durant le concert d’Amenra, je tombe sur un couple d’amis dont la femme fête ses quarante ans aujourd’hui. Ce qui devait initialement être un enchaînement avec le concert d’Old Man’s Child, se transforme en apéro au Kingdom of Muscadet afin d’arroser ce chiffre rond. Après quelques verres, nous décidons de tous migrer ensemble vers la Mainstage 1 où Limp Bizkit a déjà bien entamé son show. Le son est puissant, propre et il y a foule. Quelle idée ingénieuse de faire défiler les paroles des chansons sur l’écran géant situé en fond de scène ! L’effet karaoké géant fonctionne à plein tube. Et du tube, il y en a à la pelle. J’ai beau arrivé en moitié de set, au moment de “Nookie”, la deuxième partie du show en contient encore un bon paquet (“Rollin’”, “Take a Look Around”). Fred Durst, Wes Borland et le reste de la team sont en grande forme et délivrent un set puissant et fédérateur. Une petite pépite pour le final avec un “Break Stuff” qui achève tout le monde.
Bruno : Je ne compte pas Limp Bizkit dans les concerts que j’ai vus. J’assiste à environ trente-cinq minutes de leur show, mais je me suis placé pour le concert de Behemoth, pas loin des barrières de la MS2. Je vois donc leur concert plus par l’intermédiaire des écrans géants qu’en regardant réellement la scène de la MS1.
Que dire de cette grosse demie heure ? Que de temps perdu par Fred Durst en blablas inutiles ou en allant discuter avec d’autres musiciens sur le côté de la scène.
Tant mieux si le public apprécie mais je considère ça comme du foutage de gueule.
De toute façon, je ne suis pas là pour eux. Je n’ai rien filmé (trop loin). Je suis là pour Behemoth.
BEHEMOTH
Bruno : La scène étant cachée par une énorme bâche, impossible de la voir. Celle-ci s’abaisse en début de show, et n’étant pas vraiment habitué aux MainStages le soir, je m’aperçois que je suis tellement près que je ne vois pas les musiciens positionnés au fond de la scène, juste des têtes qui dépassent. Pas top !
Je recule donc d’une dizaine de mètres pour avoir une meilleure vue. Contrairement aux autres scènes, les barrières des MainStages ne sont pas les meilleurs endroits pour profiter du spectacle.
Devant jouer sous la Temple, les Polonais ont bénéficié de la défection de Volbeat et se sont retrouvés propulsés sur la MS2.
Quand on a une grande scène pour soi tout seul, il faut savoir en profiter et marquer les esprits. Behemoth l’a bien compris en sortant le grand show : scénographie sur les écrans géants, changements de costumes, flammes et explosions en tout genre.
À en croire les réactions, ils ont bien réussi leur coup : leur musique est assez mélodique et accrocheuse pour retenir les spectateurs qui ne sont pas forcément familiers avec leur Blackened Death et le show suffisamment fort visuellement pour laisser une impression d’en avoir pris « plein la gueule », même si on n’est pas spécialement venu pour ça.
Les Polonais font le job et le font bien. Ceux qui les connaissent ne sont pas surpris. Comme pour leurs prestations précédentes, ils offrent un grand show.
Le groupe n’a plus besoin de prouver qu’il est à sa place en tête d’affiche des plus gros festoches.
Les musiciens piochent dans leur large discographie : douze titres ainsi qu’une reprise de « The Return of Darkness and Evil » de Bathory.
Une heure et quart de show, juste le titre « The Deathless Sun » en moins par rapport à un concert complet. Le public de Clisson en a eu pour son argent. Belle manière de finir l’une des grosses journées du Hellfest (la programmation du samedi est en général assez copieuse sur toutes les scènes).
Seb : Behemoth est certainement le groupe de Metal extrême que j’ai le plus vu en live. Et je retourne les voir au Zénith de Paris au mois d’octobre. Quand on aime…
La défection de Volbeat a permis au groupe de Nergal de se retrouver propulsé en Mainstage en lieu et place de la Temple. Et c’est l’endroit qui leur va le mieux au final : les Polonais ont, depuis plusieurs années, acquis une stature de tête d’affiche qu’ils n’ont pas volée, mais gagnée à grand renfort de tournées à travers le monde et en sortant des albums de qualité. Bien que ce ne soit pas la foule des grands jours devant la Mainstage 2, il reste quand même pas mal de monde et cela permet de pouvoir s’approcher sans bousculer quelqu’un.
La setlist pioche dans plusieurs albums de la riche discographie de la formation, le dernier méfait The Shit Of God et l’incontournable The Satanist se taillant la part du lion avec trois titres chacun. Une petite reprise de Bathory en cadeau (“The Return of Darkness and Evil”), de la pyrotechnie. Que demande le peuple !
Le classique “O Father, O Satan, O Sun!” pour un final habituel est toujours du plus bel effet. Nous avons encore eu le droit à du grand Behemoth ce soir.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
Crédit vidéo : Once Upon a Live









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