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Live report Hellfest 2026 – Jour 3

N’ayant pas sollicité d’accréditation, par choix, c’est en qualité de festivaliers que nos deux comparses, Bruno et Sébastien, ont arpenté les scènes du Hellfest édition 2026. Ils vous livrent ici leurs impressions. 

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Bruno : Deux musiciens jouant avec Regarde Les Hommes Tomber, et deux autres avec Venefixion / Deströyer 666, le tout sous l’Altar par un groupe dont le seul album disponible pour l’instant s’intitule Skull Crushing Violence… Pas besoin d’être un devin pour comprendre que l’on va en prendre plein la gueule !

Les Parisiens ne sont pas là pour compter fleurette (encore une expression de djeuns) et effectivement, ça défouraille dans tous les sens. Du gros Death, bien bourrin, avec un curseur placé entre « très vite » et « à fond », les potards des amplis sur 11 et un chanteur qui veut laisser ses tripes sur les planches. 

Cela me semble un bon résumé de la situation, en tout cas un résumé qui a le mérite d’expliquer que les trente minutes sont placées sous le signe de la violence.

Après Vígljós, l’intensité musicale est encore montée d’un cran. Profanation remportant la palme du groupe le plus violent de la journée (en tout cas des groupes que j’ai vus).

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Seb : Durant le petit déjeuner, nous apprenons l’annulation de Cavalera suite à un accident de tour bus. En fait, un canard est venu s’emplafonner dans le pare-brise du véhicule. C’est moche car c’est un groupe que je voulais absolument voir. Il était prévu qu’ils reprennent l’album Chaos A.D. de Sepultura dans son intégralité. Cette journée du samedi prend cher car avant cette annulation, le Hellfest avait dû faire face aux défections de Volbeat et de Tom Morello. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, certains groupes, du fait de ces absences, bénéficient donc d’un horaire et d’un temps de jeu plus avantageux.

Aujourd’hui, je vise une arrivée sur site entre 12h et 12h30, espérant ainsi voir une partie du set de Profanation.

Raté ! Lorsque je passe la cathédrale, le groupe termine tout juste son concert. Dommage mais pas trop grave car je les ai vus l’année dernière au Courts Of Chaos.

Je fais volontairement l’impasse sur Hulder car il y a un rendez-vous annuel que je ne manquerai pour rien au monde : l’apéro MUSinc. Kézako ? Il s’agit d’un moment de rencontre et de convivialité organisé par Grégory Hourlier, créateur de la chaîne YouTube MUSinc, afin de passer un moment d’échange et de partage avec sa communauté autour d’une bière. On papote de musique et du festival, bien entendu, et donnons nos impressions sur les concerts vus durant les deux premières journées. Une photo de groupe et hop, je pars en direction de la Mainstage 2.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Seb : Quel plaisir de voir du Metal extrême sur une Mainstage en plein après-midi !

Bon, nous sommes sous le cagnard et ça cogne déjà très fort mais le public présent est au taquet et en grande forme pour accueillir les Américains d’Escuela Grind. Avec un nom comme ça, il n’y a pas beaucoup de place laissée au doute, ça va défourailler sévère ! Et c’est exactement ce qu’il se passe. Avec son mélange de Grind et de Death Metal, la formation menée par la pile électrique Katerina Economou, nous assène un set en forme de rouleau compresseur. Il n’y a aucun temps mort mais nous n’avons pas affaire à du bourrinage bête et méchant. Ça joue vite, ça joue fort mais ça joue bien. Le public réserve un accueil chaleureux au quintet. Le pit, bien que réduit, est en ébullition. Les regards se fixent naturellement vers la chanteuse qui fait le show et garde le smile tout le long du concert malgré la violence de la musique. C’est la première fois que je les vois en live et je ne suis pas déçu.

Crédit vidéo : Once Upon a Live

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Seb : Toujours en Mainstage 2, on continue dans la poésie avec les Américains de Gatecreeper.

Petite appréhension avant leur montée sur scène car je n’ai pas entendu que du bien sur leurs prestations live, celles-ci étant parfois inégales. Aujourd’hui, ce doit être un bon jour car le set est d’une efficacité redoutable. Le quintette n’est clairement pas venu pour poser du parquet et nous déroule un set de Death Metal mélodique de haut niveau avec une scénographie où les flammes sont reines. Les titres servis sont tous meilleurs les uns que les autres et le groupe sait y faire pour façonner de belles mélodies qui vont s’incruster dans le cerveau pour ne plus en sortir. Un bel équilibre entre énergie brute et lignes mélodiques. Eric Wagner, l’un des deux guitaristes, passe son temps à réclamer des circles-pits au public qui ne se fait pas prier pour s’exécuter. En quarante minutes, l’affaire est pliée. Gatecreeper a gagné de nouveaux fans et conquis les anciens, c’est certain.

Crédit vidéo : Once Upon a Live

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Seb : J’arrive enfin à trouver un créneau pour passer choper mon t-shirt souvenir au merchandising officiel du Hellfest. Une demi-heure de queue et l’affaire est pliée. Certes, beaucoup d’articles sont déjà sold out mais, par chance, le modèle que je visais est toujours disponible.

Par la suite, je me dirige vers le Metal Corner et plus particulièrement la Purple House où doit se produire Les Bâtards du Roi. Malheureusement pour moi, la popularité grandissante de la formation m’empêche d’accéder à cet espace car il y a une longue file d’attente qui patiente pour espérer assister à la prestation des Orléannais. Le soleil cogne tellement que je renonce à subir cette attente et préfère me poser et manger un morceau. Dommage.

Seb : Après m’être calé la dent creuse, je retourne sur le site et me dirige vers les Mainstages. Suite à l’annulation de Tom Morello un mois avant le festival, ce sont les Toulousains de Sidilarsen qui ont été appelés à la rescousse pour faire ce remplacement. Une très belle opportunité qu’ils n’ont pas dû mettre longtemps à accepter. Bénéficiant d’un horaire de passage avantageux (16h55) et n’ayant pas foulé les planches clissonnaises depuis 2017, la formation a intérêt à être prête et de mettre le paquet pour convaincre une foule assez conséquente. Mais ce n’est pas a des vieux briscards de la route qu’on va la faire et c’est un show ultra carré et plein d’énergie que nous livre le quintet. La setlist est bien équilibrée et laisse une place à deux nouveaux titres qui sont, avouons-le, plus faiblards (comme le dernier album d’ailleurs) et font pâles figures face à des brûlots de la trempe de “Comme on vibre”, “Back To Basics” ou encore “On va tous crever”. Le final se fait sur le classique “Des milliards”, le groupe faisant s’asseoir la foule pendant le titre afin de les faire se lever et sauter au signal de Didou, le chanteur. Effet visuel garanti !

Sidilarsen a encore réussi son coup. Y a pas à dire, ils savent y faire.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Seb : Voilà un des concerts que j’attends avec la plus grande impatience. Enhancer a eu la très bonne idée de se reformer pour donner quelques shows et, espérons-le, enregistrer un nouvel album dans les mois à venir. C’est une foule immense qui se masse devant la Mainstage 1. 

Sur scène, un grand fond blanc derrière les batteries (oui, il y en a deux) et deux grands drapeaux blancs eux aussi flanqués des lettres “NNCR” de chaque côté.

Les musiciens déboulent sur scène sur l’intro de leur premier album Et le monde sera meilleur…. Il font bloc tout autour du batteur John Gitlis durant toute la durée du premier titre “Electrochoc”. Comme s’ils étaient impressionnés par le nombre de spectateurs présents pour eux. Mais cette timidité de façade ne dure pas car il ne faut pas longtemps à David Gitlis pour se retrouver dans le public dès le deuxième morceau “Street Trash”. Il y fera plusieurs passages durant tout le concert. 

La bande occupe pleinement la scène. Il faut dire qu’avec trois chanteurs, ça aide.

Une palanquée d’invités vient faire la fête avec la formation et donner de la voix. Pêle-mêle : Nico de The Arrs, des membres de Pleymo (d’où la seconde batterie) et même Joey Starr. Tout ce beau monde interprète des reprises (“Qu’est-ce qu’on attend” de NTM ou encore “United Nowhere” de Pleymo) et joue les guests de luxe sur des titres d’Enhancer. Dans le pit, c’est le dawa, une grosse kermesse : la fosse est en ébullition totale. Le show se termine sur le morceau “Hot” (qui colle parfaitement avec la météo de la journée) et tous les invités viennent sur scène pour un final anthologique. Quel show monstrueux, quelle claque ! Un des meilleurs du week-end.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Seb : Je regarde de loin le début du concert d’Anthrax. Joey Belladonna a l’air en très grande forme vocale et physique, ce qui fait plaisir à voir et à entendre. Je suis vite interpellé par le visage du batteur qui ne me dit rien. Charlie Benante n’est pas derrière les fûts et j’apprendrai plus tard que celui-ci s’étant blessé à la main droite, il a dû céder sa place à l’intérimaire Darby Todd (Devin Townsend Band, The Darkness).

“Got The Time”, le deuxième titre, m’accompagne sur le chemin menant à la Altar où les Grecs de Septicflesh ont déjà entamé leur set. La tente est pleine à craquer et il m’est impossible de me frayer un chemin pour ne serait-ce qu’apercevoir la scène. J’écoute donc le concert depuis la Temple, assis, avec une pinte de bière. Grand fan du combo depuis la sortie de leur premier album Mystic Places Of Dawn en 1994, c’est toujours avec un énorme plaisir que je vois (j’écoute aujourd’hui) cette formation iconique de la scène grecque. Même si j’aimerais qu’elle rejoue des titres de son répertoire d’avant son split, quand le groupe s’appelait Septic Flesh (en deux mots). Les mauvaises langues me diront qu’ils ont exhumé de ce passé l’excellent “Virtues Of The Beast”… Oui, c’est très bien mais peu quand on connaît le nombre de pépites qui émaillent toute sa première partie de carrière. J’espère qu’un jour ils nous feront une tournée consacrée à leur discographie pré-Communion, de 1994 à 2003.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Seb : Ayant loupé leur premier passage en 2018, il était inenvisageable de ne pas être présent ce coup-ci pour voir Maynard James Keenan et ses camarades. Quel dommage de programmer une telle formation en plein jour. Ça perd directement la moitié de son impact visuel. Surtout lorsque la musique interprétée est aussi calme et que les effets visuels sont un atout considérable pour que l’immersion dans ce monde sonore soit totale. La setlist est canon. En même temps, comment peut-il en être autrement vu la discographie impeccable de la formation. Je passe un moment très agréable mais je parie qu’il aurait été encore plus percutant s’ils avaient joué de nuit. Je ne reste pas jusqu’à la fin de set car le groupe qui joue sur la Valley juste après va commencer avant la fin de ce concert.

Un groupe à voir en salle.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Seb : Et le groupe en question, c’est Amenra. Depuis que j’ai enfin pu rentrer dans leur univers lors de leur prestation au Tyrant Fest (2024), je suis devenu un énorme fan des Belges.

Mais là aussi, je me questionne sur l’impact que va avoir leur show, sachant qu’il fait encore jour lorsque le quintette arrive sur scène. Je suis très vite rassuré car dès les premiers accords et les premiers cris poussés par Colin H. van Eeckhout, la magie opère. Le son est net et massif. Le  Post Metal / Doom a pour effet de faire secouer les têtes du public dans un rythme lent et lourd, comme un envoûtement chamanique de masse. C’est beau à voir. La setlist est parfaitement équilibrée avec pour pinacle un “A Solitary Reign” coupable d’érections capillaires. La bassiste,  Amy Tung Barrysmith a bien pris ses marques depuis la dernière fois que je les ai vus en live, à Rennes l’année dernière. Elle semble désormais beaucoup plus à l’aise. L’heure de jeu est passée trop vite, comme à chaque fois. C’était magique !

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Seb : Durant le concert d’Amenra, je tombe sur un couple d’amis dont la femme fête ses quarante ans aujourd’hui. Ce qui devait initialement être un enchaînement avec le concert d’Old Man’s Child, se transforme en apéro au Kingdom of Muscadet afin d’arroser ce chiffre rond. Après quelques verres, nous décidons de tous migrer ensemble vers la Mainstage 1 où Limp Bizkit a déjà bien entamé son show. Le son est puissant, propre et il y a foule. Quelle idée ingénieuse de faire défiler les paroles des chansons sur l’écran géant situé en fond de scène ! L’effet karaoké géant fonctionne à plein tube. Et du tube, il y en a à la pelle. J’ai beau arrivé en moitié de set, au moment de “Nookie”, la deuxième partie du show en contient encore un bon  paquet (“Rollin’”, “Take a Look Around”). Fred Durst, Wes Borland et le reste de la team sont en grande forme et délivrent un set puissant et fédérateur. Une petite pépite pour le final avec un “Break Stuff” qui achève tout le monde.

Bruno :  Je ne compte pas Limp Bizkit dans les concerts que j’ai vus. J’assiste à environ trente-cinq minutes de leur show, mais je me suis placé pour le concert de Behemoth, pas loin des barrières de la MS2. Je vois donc leur concert plus par l’intermédiaire des écrans géants qu’en regardant réellement la scène de la MS1.

Que dire de cette grosse demie heure ? Que de temps perdu par Fred Durst en blablas inutiles ou en allant discuter avec d’autres musiciens sur le côté de la scène.

Tant mieux si le public apprécie mais je considère ça comme du foutage de gueule.

De toute façon, je ne suis pas là pour eux. Je n’ai rien filmé (trop loin). Je suis là pour Behemoth.

Seb : Behemoth est certainement le groupe de Metal extrême que j’ai le plus vu en live. Et je retourne les voir au Zénith de Paris au mois d’octobre. Quand on aime…

La défection de Volbeat a permis au groupe de Nergal de se retrouver propulsé en Mainstage en lieu et place de la Temple. Et c’est l’endroit qui leur va le mieux au final : les Polonais ont, depuis plusieurs années, acquis une stature de tête d’affiche qu’ils n’ont pas volée, mais gagnée à grand renfort de tournées à travers le monde et en sortant des albums de qualité. Bien que ce ne soit pas la foule des grands jours devant la Mainstage 2, il reste quand même pas mal de monde et cela permet de pouvoir s’approcher sans bousculer quelqu’un.

La setlist pioche dans plusieurs albums de la riche discographie de la formation, le dernier méfait The Shit Of God et l’incontournable The Satanist se taillant la part du lion avec trois titres chacun. Une petite reprise de Bathory en cadeau (“The Return of Darkness and Evil”), de la pyrotechnie. Que demande le peuple !

Le classique “O Father, O Satan, O Sun!” pour un final habituel est toujours du plus bel effet. Nous avons encore eu le droit à du grand Behemoth ce soir.

Crédit vidéo : Bruno Guézennec

Crédit vidéo : Once Upon a Live

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