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Devenial Verdict – Blessings of Despair

Genre : Death Metal
Label : Transcending Obscurity Records
Sortie : 3 octobre 2024

Note : 99,999999999/100 ou 49/100 dans la dimension astrale (Robin le mirenculé).

En 2022, j’ai pris beaucoup de claques musicales : Strigoï, le dernier Immolation, l’éponyme de Artificial Brain, le Cosmic Putrefaction, le Misgivings, l’incroyable Heaving Earth et le Miscreance, ainsi que le Stabbing. Et puis le dernier de Kendrick Lamar

L’année fut extrêmement chargée… Quant au groupe Devenial Verdict, je faisais alors sa rencontre avec lui.

J’ai d’abord ressenti de la méfiance… Un post death… qui pratique allègrement la dissonance, le son clean (même si pas totalement), des arpèges… Tout cela sentait le groupe un peu poseur (post) et intello (post), ce dont je suis extrêmement, rarement, impossiblement, fan. 

Seulement, le groupe m’avait emporté : tant d’émotions, de ténèbres, de tristesse, de magnificence, d’épique… Et de brutalité. Créant de fabuleux paradoxes dans les sensations.

J’attendis donc avec impatience le prochain, guettant des nouvelles via le label… Et enfin il y en eut.

*

Après de nombreuses écoutes, il m’est toujours aussi difficile de dire si cet album est une totale réussite… Mais dois-je le mettre à la hauteur du premier ?…

Premier constat : L’album est de grande qualité. Non, il ne déboîte pas, non il ne met pas de grandes claquasses, etc. Il est d’une grande qualité. Je n’ai pas pu me sentir trahi par le groupe ou même ressentir une once de facilité, d’automatisme.

Devenial Verdict a son style et l’effet de surprise passé de la découverte de celui-ci, les compositions restent solides, les idées pertinentes, l’émotion palpable.

Le style de DV c’est une sorte de Gorguts (je pense même qu’il y a une référence à « Le Toit du Monde » sur le morceau d’ouverture), avec plus d’arpèges et de développements d’ambiances grâce à ses accords décomposés et ces guitares qui savent se faire inquiétantes, tristes, puis aussi froidement mécaniques et tranchantes dans les moments où la brutalité reprend le dessus. Une caractéristique bien étrange d’ailleurs : le groupe sait créer des moments d’émotion, de lyrisme, où les notes traînent, hurlent, s’enchevêtrent et vibrent avec une résonance et un effet d’écho qui charge le son d’une émotion et d’une grandeur quasi cosmique. Puis les riffs arrivent : froids, mécaniques, au gré d’une rythmique implacable qui semble inamovible. Ce mélange de vibrance émotionnelle et de froideur du riffing ne m’a pas sauté aux yeux au début puis il est devenu constitutif de leur musique.

Cette musique tour à tour, pleine d’une brutalité froide, avec une interprétation toute en rage et blessures, brutalement déployées et de moments intimistes instamment répandus et prolongés, se transforme en un conglomérat d’instants de grâce solennels, de désespoir épique, et forme un tout de cinquante-et-une minutes à la fois cohérent et dans lequel on observe autant de froideur technique et solennelle que des cœurs palpitants dans ces notes résonnantes.

*

Mais l’album m’a déçu.

Il m’a déçu pour deux raisons principales qui illustrent l’idée qu’il aurait pu être plus grand encore. Quand j’y pense… reprocher à ce groupe de n’être pas allé plus loin c’est assez gonflé mais, hélas, le ressenti est là et il me faut l’écrire, car il enserre mon cœur à chaque instant que je pose mon attention sur cet album.

Ces solos sont bien trop rares et bien trop magnifiques pour être aussi peu présents dans l’album… J’en veux plus… Ils sont beaux à pleurer, intenses à en couper la respiration, à retenir le battement du cœur, à rester pantois… Pourquoi sont-ils bien trop rares alors qu’ils sont magnifiquement écrits, brillamment intégrés dans ces compositions ?

La deuxième raison, elle, tient en une chose purement ressentie : il y a des moments où j’ai cru sentir que le groupe voulait s’arrêter d’extraire de l’or de sa mine… Le final de la composition « Blessing of Despair » illustre à mon sens cela : un fade out sur le dernier riff qui tourne en boucle. D’accord, peut-être cela peut avoir du sens par rapport à la thématique mais tout de même… Une telle ambition, un tel talent, un tel travail, une telle passion… pour quelquefois ne pas atteindre le sommet en termes d’intensité… de sentir que le groupe n’a pas les moyens de transcender son style encore…

Ces déceptions proviennent plus du fait que le groupe nous laisse entrevoir une véritable perfection, un diamant brut d’émotions que d’une difficulté pour le groupe à se dépasser ou à sortir du lot. Autrement dit, ces déceptions sont celles de ceux qui ont vécu un miracle mais qui s’attristent que le visage de Dieu n’ait pu leur être révélé.

*

Soyons clairs : cet album n’est pas un échec. Il n’est pas encore un aboutissement. Mais il est déjà grand, et surplombe du haut de sa montagne d’émotions le paysage Death d’aujourd’hui.

Tracklist :

1. I Have Become the Sun  

2. Garden of Eyes  

3. Moon-Starved  

4. Blessing of Despair

5. Shunned Wander  

6. The Quietus  

7. Solus  

8. Counting Silence  

9. Cold Lantern  

10. A Curse Made Flesh

Line Up :

Okko Tolvanen – Batterie / Riku Saressalo – Chants / Sebastian Frigren – Guitares / Antti Poutanen – Basse

Liens :

https://devenialverdict.bandcamp.com

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https://www.instagram.com/devenialverdict

https://youtube.com/user/Devenialverdict

https://devenialverdictband.bandcamp.com

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