Metalearth Festival III
Texte : Seb D
LA CARÈNE (Brest, 29)
Vendredi 15 et samedi 16 novembre 2024
Photos : Mémé Migou
Vidéos : Bruno Guézennec
Interviews : Seb D., Bruno Guézennec et Mémé Migou
Cet automne, le Metalearth Festival a fait son retour pour une troisième édition sous le signe du changement : après les deux premières qui s’étaient tenues en avril 2022 et 2023, le public a dû prendre son mal en patience et attendre la tombée des feuilles mortes pour avoir sa dose de gros son dans les oreilles. Ensuite, nouveau lieu : exit l’espace Léo Ferré pour un nouveau camp de base à La Carène. Un pari assez osé pour un jeune festival mais qui va dans la continuité de ses ambitions et de développement sur le long terme.

Le Metalearth, ce n’est pas seulement une liste de jolis noms de groupes sur une affiche, c’est bien plus que ça : le festival engagé et enragé défend et veut éveiller les consciences sur des causes qui lui tiennent à cœur. Après la sauvegarde des espèces marines en 2022, celle du loup des Monts d’Arrée en 2023, la lumière est faite cette année sur l’exploitation minière des fonds marins et tous les dégâts que celle-ci peut causer notamment sur l’écosystème des espèces, de la surface jusqu’au fond des abysses. Combat magnifiquement illustré sur l’affiche de cette édition qui est l’œuvre de Chromatorium Music.

Afin d’illustrer le propos et renseigner les festivaliers sur ce sujet, deux associations sont présentes : Greenpeace et Sea Shepherd. On peut retrouver leur stand respectif dans le hall de la salle ainsi qu’une exposition de photos sur ce thème. Durant les changements de plateau entre les groupes, toujours dans le hall, deux films courts sont diffusés sur écran géant : le premier, intitulé “Pourquoi pas les abysses ?”, nous invite à suivre le navire de l’Ifremer sur l’exploration et la découverte de nouvelles espèces animales marines au fin fond des océans ; le deuxième, est une prise de parole de Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd et grand défenseur de la cause des baleines et luttant contre leur chasse, actuellement en prison.

Passons maintenant au volet musique si vous le voulez bien. L’asso a mis les petits plats dans les grands cette année en proposant une programmation quatre étoiles. Comme les éditions précédentes, la soirée du vendredi est consacrée au Black Metal et celle du samedi au Death Metal et Metal progressif.
HOULE

C’est Houle qui ouvre le bal. Le groupe qui a le vent en poupe et ayant écumé de nombreuses scènes cette année, se devait de faire une escale à Brest. Car l’un de leur membre, le guitariste Crabe, est un natif de la cité du Ponant. Durant l’intro, les musiciens de la formation arrivent l’un après l’autre sur scène, tous habillés de marinières, cirés et bottes de pluie, tels des pêcheurs venant à peine de rentrer au port après avoir subi une forte tempête. Les algues encore collées à leurs vêtements renforcent cette impression. Une fois les instruments empoignés, vient le moment de déverser les premiers accords de leur Black Metal marin. Adsagsona, la chanteuse, encapuchonnée et lanterne à la main, arrive enfin à son tour sur scène. Tous les regards vont naturellement vers elle tant sa prestation est hypnotique. Elle vit totalement la musique et l’enrichit de sa voix tantôt criarde tantôt sanglotante. Elle ira même jusqu’à descendre dans la fosse pour être au plus près du public. Malgré un son pas optimal (l’une des guitares est anormalement sous-mixée), c’est une énorme claque qui ne fait que confirmer tout le bien que je pense de cette jeune formation. Le titre “Mère Nocturne” me restera en tête plusieurs jours après cette prestation.

Lien vidéo HOULE :



ACOD

Acod prend le relais avec leur Black / Death Metal hautement qualitatif. Voir un show des Marseillais, c’est assister à un rituel. Le groupe fait en sorte de rendre chacune de ses prestations unique en prenant soin de travailler ses setlists afin que chaque concert soit différent. Les deux leaders charismatiques, le chanteur Fred et le bassiste Jérôme, en imposent sur scène. On assiste à un concert pied au plancher.

Le son est massif et les renforts de samples de claviers étoffent la musique de la plus belle des manières. Ce n’est pas la peine de résister tant il est impossible de ne pas headbanguer aux rythmes et aux riffs de ce Metal Extrême. Le guitariste, d’une technicité folle, m’hypnotise une bonne partie du set avec ses doigts qui défilent avec aisance sur le manche. Du grand art !

Nous avons eu la chance de passer quelques temps à discuter lors d’une interview que le duo nous a accordée. Retrouvez l’article et l’entretien ici : Interview : ACOD – Memento Mori Webzine
L’interview de Fred et Jérôme/ACOD :
Lien vidéo ACOD :










THE GREAT OLD ONES

La tête d’affiche de cette première soirée n’est rien de moins que l’un des plus importants groupes de Post-Black Metal de l’hexagone : The Great Old Ones. Les Bordelais vont nous servir une superbe prestation de leur Metal noir mettant en musique l’œuvre de H.P. Lovecraft.

La mise en son est excellente et les musiciens se donnent à fond. Nous avons même le droit à un extrait du prochain album, Kadath, qui sortira le 24 janvier 2025, avec le titre “Me, the Dreamer”. Ce n’est que la deuxième fois qu’ils jouent ce morceau en live : il laisse présager le meilleur pour cette nouvelle galette. Quel dommage de voir la salle se vider au fur et à mesure du concert… Le groupe termine tout de même sa prestation devant un public conséquent mais moins nombreux que pour Acod.

Ici aussi, nous avons eu le plaisir de rencontrer Benjamin Guerry en amont du set. Retrouvez l’entretien accordé à Memento Mori Webzine ici : Interview : Benjamin Guerry – Memento Mori Webzine
Lien vidéo THE GREAT OLD ONES :






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SPHERES

C’est le groupe Spheres de Paris, qui lâche les premières notes de cette seconde soirée. Qui dit Metal Progressif peut parfois dire démonstration de technique en omettant l’essentiel, la mélodie. Ce n’est pas le cas de notre quatuor : les lignes mélodiques sont facilement assimilables ce qui n’empêche pas la formation de faire montre de tout son talent technique. Un concert très agréable mené de main de maître par son chanteur guitariste à la bonne humeur communicative. Une belle découverte.

Lien vidéo SPHERES :









CARCARIASS

C’est dans les vieilles marmites que l’on fait les meilleures soupes. Et ce soir les vieux briscards de Carcariass nous le prouvent de la plus belle des manières. C’est à une leçon de Death Metal Mélodique old school à laquelle nous assistons. Le son est gros et Pascal Lanquetin, lead guitariste, nous enchante et nous éblouit avec ses pluies de notes qui font la signature du groupe depuis ses débuts. Le set se concentre essentiellement sur les trois derniers albums de la bande en n’omettant pas d’aller piocher dans le vieux matériel avec deux extraits de l’album Killing Process qui date de 2002. Jérôme Thomas, le chanteur, descend s’ambiancer dans le pit durant le titre “Mortal Climb”, pogotant avec le public puis se mettant en retrait pour admirer ses camarades jouer le morceau. Incontestablement le meilleur concert du festival !

Lien vidéo CARCARIASS :











ATLANTIS CHRONICLES

C’est à Atlantis Chronicles que revient la tâche de clôturer cette seconde soirée. Et ils n’ont aucun mal à mettre le public dans leur poche grâce à leur Death Metal Technique et Mélodique parsemé de touches de Metalcore. Le niveau technique des musiciens est juste époustouflant. On sent les années passées sur la route, de la plus petite salle jusqu’aux scènes des plus gros festivals en France comme à l’étranger. Mais pour ma part, j’abandonne au deuxième titre car ce genre de musique ne me parle absolument pas. Vu le peu de monde qui traine dans le hall de La Carène durant leur set, on peut considérer que la majorité de l’audience a été conquise.

Lien vidéo ATLANTIS CHRONICLES :








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Afin de clôturer le festival, une partie de l’équipe monte sur scène pour un petit discours de remerciement. Le pari du changement de salle est relevé haut la main. Cette édition est une réussite totale en tout point. Et avec une belle fréquentation (300 entrées payantes le vendredi et 250 le samedi). Ce qui laisse présager le meilleur pour l’avenir.


Brest, ville punk, a été pendant de nombreuses années, un parent pauvre en matière de concerts Metal. Cela étant certainement dû à sa position géographique. Mais aujourd’hui la ville peut se réjouir d’avoir deux festivals Metal qui tiennent la route et remportent chacun un joli succès. Bravo à toute l’équipe du Metalearth de nous avoir si gentiment gâtés. Nous avons déjà hâte de tous vous retrouver l’année prochaine avec une affiche encore plus folle.
Merci au Metalearth pour l’accréditation et les interviews accordées.
Nous vous laissons avec quelques photos des organisateurs, merch et exposants.














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