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MERCYLESS – Those Who Reign Below

Genre : Death Metal
Label : Osmose Productions
Sortie : 25 Octobre 2024

Note : 80/100 ou Ah oui ça fait plaisir mais… Bon, oui, ça fait vraiment plaisir, mais… Non mais oui, c’est excellent, d’accord ! Mais…  (Robin le gardien des anomalies)

Hors des sentiers battus

Quelquefois, lorsque je vois l’engouement incroyable pour certaines œuvres, je reste perplexe face à tous les superlatifs que je lis et entends… Un excellent album de Death « old school » dit-on désormais quand le groupe fait dans le classicisme, tant dans l’esthétique que dans la musique : ça ne me satisfait plus ! Et j’en ai marre que ce terme soit utilisé comme synonyme de qualité ou preuve d’intégrité.

Mercyless est si important pour moi que je ne peux pas encenser le groupe sans vous parler de ce qui a pu me faire vibrer chez lui : L’audace !!! Bordel de merde, oui, l’audace ! L’envie d’essayer des trucs nouveaux frais, de s’essayer et de se frotter à des choses qui font décoller le nez du genre ! Souvenez-vous de Agressor avec Rebirth, souvenez-vous de Loudblast avec Sublime Dementia ! De Supuration avec The Cube ! Ce sont des albums qui ont voulu pousser le genre défini, vers d’autres frontières à franchir…

Mercyless fut un de ceux-là…

Vers un chemin tortueux

Vous savez ce qu’il a fait Mercyless ? Il a signé un des meilleurs albums de Death Metal que j’aie jamais écouté, rien que ça ! Je veux bien sûr parler de Coloured Funerals

Pochette hideuse mais une œuvre définitivement importante pour moi !

Parce que j’ai fait sa rencontre après avoir vu Mercyless à la Nuit de l’Enfer le 21 avril 2018 et que le retour a été une sacrée péripétie… Une nuit de ténèbres dans les phares, l’album dans la voiture m’a servi de bande son. Par la suite, je l’ai écouté en continu pour me familiariser avec ses mélodies si envoûtantes, si hors du commun du genre (malgré le fait qu’il restait un album de Death Metal).  Les chaînes brisées, le groupe s’est alors affranchi des thématiques propres au genre, il s’est également émancipé musicalement de son envie de brutalité, il a laissé poindre sa sensibilité, son lyrisme, son romantisme quelque part, mais pas ampoulé ou élitiste à la Misanthrope, une sensibilité qui, subtilement, mais indéniablement a tordu le genre et les compositions du groupe pour révéler une part plus écorchée, et osons l’écrire : Belle ! 

La musique de Mercyless a été belle et audacieuse !

Aujourd’hui elle est intense, inspirée… et convenue.

Et après un tel chef-d’œuvre, l’histoire estime que le groupe s’est perdu… Or je serai toujours un défenseur des albums suivants parce que le groupe, à défaut de réaliser un chef-d’œuvre, s’affranchit d’un genre et décide de ne pas tourner en rond. Il ne négocie pas toujours bien les virages et la voix à la Rob Flynn, des fois, agace… Mais Max Otero s’essaye à d’autres choses et garde sa force d’interprétation ! 

Les musiciens ne sont pas en reste, s’essayant à un Groove Metal qui s’injecte de manière maladroite d’autres genres musicaux dans son sang de lave de Death Metal. Oui, les albums suivant ce chef-d’œuvre qu’est Coloured Funerals ne sont pas une immense réussite mais l’audace est là et les moments de grâce moins fréquents surviennent sur certaines compositions.

Tout de même : entre C.O.L.D. et Sure to Be Pure il y a une différence qualitative évidente. Si C.O.L.D.  lorgnait vers un Groove Metal un peu putassier, il contenait toujours d’étonnantes surprises, Sure to be Pure est lui beaucoup plus convenu, courant avec détermination vers un Death indus, certes bourrin mais peu inspiré, à l’image de la direction artistique visuelle.

 Cependant, sur cet album aussi, nous retrouvons des éléments épars d’une envie d’innovation, de rafraîchissement. Hélas, la sauce prend bien moins et la linéarité frappe l’ensemble des compositions : riffs peu inspirés, peu de moments dont on se souvient, l’album, rêche, s’avère finalement stérile… Il me fait d’ailleurs penser à Cause for Conflict de Kreator : bourrin, production sèche, une orientation assumée, mais rien d’inspiré ou de marquant.

Puis vient le silence…

Close to a World below…

Impossible d’écouter cet album sans avoir en tête l’histoire musicale du groupe car, s’il convient de le cerner dans ce qui peut être appelé la seconde partie de l’histoire du groupe, il me rappelle toujours par sa volonté de coller au plus près aux codes du genre son histoire complète. 

Le dernier album de Mercyless fait suite à Mother of all Plagues sorti en 2022. Et autant dire qu’il a été encensé ! Je dois dire que cet album m’a amplement plus convaincu que celui de 2022. 

Plus inspiré, une ligne rouge, ou une idée de structure qui définit bien chaque compo, des mélodies torturées et infernales, des solos de toute beauté exécutés pour la plupart par des invités de renom. Je trouve que le groupe fait là, preuve d’ingéniosité et j’ai toujours adoré les œuvres collectives, l’apport des « guests » est non négligeable et je salue vraiment le groupe d’avoir collaboré avec ces guitaristes car, grâce à eux et au riffing inspiré de Max Otero, j’ai retrouvé l’ambiance et le caractère mélodique prenant de Pathetic Divinity (qui avait également des invités de marque pour certains solos).

Vous l’avez compris : je partage l’engouement général pour cet album. Mais malgré cette véritable réussite, je n’oublierai jamais l’audace dont a pu faire preuve Mercyless. Comme… une anomalie dans une discographie qui, aujourd’hui depuis quatre albums, semble avoir trouvé sa pleine cohérence malgré des changements de line up discrets, Mercyless je m’en souviens, a été aussi un autre groupe. 

J’ai des souvenirs d’un temps que je n’ai pas connu. Mais j’entends toujours ces audaces, que des fois je me récite comme des psalmodies. Même ceux qui règnent en Maître dans les flammes indécentes des Enfers, ont dans un Délire cosmique, ouvert un portail dans un monde. Un monde par-delà le bien et le mal, par-delà le Metal Extrême.

Je rêve d’aberrations, c’est ce qu’ils disent tous.

Tracks :

1. Extreme Unction  

2. I Am Hell  

3. Evil Shall Come Upon You  

4. Phantoms of Caïn  

5. Thy Resplendent Inferno

6. Crown of Blasphemy  

7. Prelude to Eternal Darkness  

8. Chaos Requiem  

9. Absurd Theatre 

10. Sanctus Deus Mortis  

11. Zechariah 3:1  

Line up :

Yann Tligui – Basse

Max Otero – Voix, Guitare

Gautier Merklen – Guitare

Johann Voirin – Batterie

Guests :

Münch Thomas – Guitare (lead) (track 9)

Groupe principal associé – Manzer

Bonvin Patrick – Guitare (lead) (tracks 2, 4)

Groupe principal associé : Construct of Lethe, Near Death Condition

Stephan Baillot : Guitare (lead) (track 7)

Groupe principal associé : Misgivings, Ritualization

Artwork :

Néstor Ávalos

Liens :

https://mercyless.bandcamp.com

https://www.facebook.com/mercylesscult

https://open.spotify.com/intl-fr/artist/4mFRXUxwlZpEDGrAzN2LqW

https://www.instagram.com/mercylessofficial

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