Genre : Prog Rock/Metal
Note : 80/100 (WvG)
Label : Inverse Records
Sortie : 14 Février 2025
La Finlande… Ses aurores boréales, son « peuple le plus heureux », sa linguistique dérivée du Norrois, sa proximité rassurante avec la Russie, ses castors lapons peut-être hermaphrodites… Et Mastord, qui propose son troisième album intitulé Lemmon Lintu.
Si je devais résumer l’album tout en finnois et en finesse de ce quatuor finlandais, je vous le décrirais comme un « Dream Theater qui n’ose pas ».
Bien évidemment, vous aurez compris avec ma comparaison qu’on va se situer dans du Prog et je dirais même plus, tel un Dupont, dans du Prog Rock plus que Metal. Dans le cas présent on peut réellement parler de « progressif » puisque l’album et son évolution au fil des onze morceaux l’est également, démarrant gentiment par une piste plutôt planante aux claviers avec le cliquetis d’une montre pour soutien pour arriver à la dixième piste bien plus musclée tant dans le grain général que la structure syncopée, et ce bien que cette piste ne soit pas le point d’orgue de l’album. Celui-ci serait davantage le milieu de l’album, morceau intitulé « Hautani », qui se rapprocherait d’un Dream Theater de l’époque Images and Words, de ses prémices donc. On peut décemment imaginer une inspiration de ce groupe quand le premier album est intitulé Trail of Consequence qui mélange des titres de morceaux des papes du Prog, mais il s’agit là de mon interprétation.
Pourquoi un « Dream Theater qui n’ose pas » ? Eh bien parce que si le quintette newyorkais est allé assez loin dans les rythmiques alambiquées et les mélodies tordues sur fond de changement d’harmonies et de tonalités, Mastord commence mais ne se lance pas : une rythmique un peu fouillée ? Oui… mais expérience non poursuivie. Une mélodie qui annonce un sorte de lyrisme dans le phrasé ? Oui… mais expérience non poursuivie… En clair, ça lance des idées mais sans vraiment les aboutir, sans aller au fond des choses, sans l’extravagance qu’on pourrait espérer tant au niveau vocal qu’instrumental que sonore. En ce sens, « Hiilenmusta » m’a un peu déçu car presque trop sobre sur tous ces aspects quand on pouvait espérer qu’à ce point de l’album ça pète enfin.
Est-ce que ça en fait un mauvais album pour autant ? Non, loin de là. Mais dites-vous que ce n’est pas celui qui va vous faire un effet Redbull, même si le coté planant général vous donnera peut-être des ailes. En effet, on passe un bon moment, une quarantaine de minutes, sur un album bien joué et bien réfléchi, bien écrit donc, mais qui musicalement reste sagement dans des normes du genre sans réellement se démarquer.
Par contre, ce qui aide à identifier le groupe, c’est ce choix du finnois plus que de l’anglais dans les paroles (et titres), choix assumé après deux précédents dans la langue de Shakespeare (et de Churchill… et de Wilde… et de Mercury… enfin bref, pourquoi résumer une langue à une référence culturelle ?) À ceci s’ajoute l’ultime piste, « Pyhä » – oui, j’avais bien dit ONZE morceaux –, qui évoque davantage la musique traditionnelle avec une « fanfare » et des cordes en glissando, précédées et achevées d’une écriture chorale. À ceci peut s’ajouter la thématique de l’album autour du corbeau, animal référence dans les cultures anciennes et la mythologie locale.
Lemmon Lintu est finalement un album sympathique mais pas transcendant. Peut-être est-ce la philosophie du groupe de n’être que bons et pas davantage mais je trouve dommage de gâcher un tel potentiel. N’ayant pas écouté les précédents albums, je ne peux me faire qu’un avis factuel face à celui-ci sans comparer ni juger d’une évolution mais, à un moment, il va falloir se lâcher pour marquer les esprits.
Tracklist :
01 – Särö
02 – Kutsu
03 – Kaarne
04 – Sammal
05 – Villi
06 – Hautani
07 – Raja
08 – Varjoton
09 – Hiilenmusta
10 – Sametti
11 – Pyhä
Line up :
Markku Pihlaja – Chant
Kari Syvela – Guitare,Claviers
Pasi Hakuli – Basse
Toni Paananen – Batterie
Liens :
https://www.facebook.com/mastordofficial









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