Genre : Black Metal
Note : 85/100 (Seblack)
Label : Remparts Productions
Sortie : 2 Novembre 2023
Pour tout dire je ne connaissais pas du tout ce one man band allemand avant que Remparts Productions ne lui consacre une sortie en cassette. « On Death and Dying » est le premier EP de cette entité dont le premier fait d’armes remonte à 2021 avec une démo.
L’artwork et le lettrage du logo ne laissent guère planer de doute et l’écoute de la musique confirme l’impression visuelle : on évolue dans un univers extrêmement sombre et chaotique, pour ne pas dire étrange.
Tout commence par des sonorités orientales qui ouvrent le morceau «Al Infitar», inspiré visiblement par une sourate portant le même nom. L’introduction passée, les motifs orientaux ne disparaissent pas mais côtoient un black glacial porté par une voix rugissante. Le son est volontiers raw ce qui contraste plus encore avec les ambiances spirituelles de ce morceau assez accrocheur et hypnotique.
« Pour un tombeau » et « Anatole » sont plus volontiers bruitistes avec des lignes de cordes maladives, des voix spectrales hurlantes ou plaintives et une mélodie cabossée de piano. L’affliction domine tout, avant un emballement surprenant et inattendu. L’association des deux titres fait peut-être référence au recueil poétique du même nom écrit par Mallarmé suite à la mort de son fils. Si tel est le cas, Na Zarot nous offre une musique partageant avec cette œuvre son côté hermétique et pourtant très évocateur d’une douleur indicible.
Avec « N°4 » et la Llonora, on renoue avec des pistes de factures plus classiques mais non moins évocatrices en termes de souffrance. Le dernier titre cité revisite à sa manière la figure de la Llonora qui, en Amérique du Sud, est une femme ou un fantôme hantant les rives des fleuves où elle aurait noyé ses enfants.
De fantôme il semble également en être question avec le morceau « Cohn’s Dance » qui serait inspiré, d’après ce que j’ai pu lire à droite à gauche, par le roman de Romain Gary « La danse de Gengis Cohn » où l’esprit d’un humoriste juif « accompagne » celui de son bourreau SS devenu officier de police. Commençant dans un univers peuplé de voix fantomatiques, le morceau se cabre sous des injonctions en allemand avant un déchaînement tout aussi spectral mais beaucoup plus agressif.
Vingt minutes, six morceaux, forcément c’est court. Mais c’est largement suffisant pour que Na Zarot parvienne à déployer une palette de noirceur et de références littéraires ou culturelles variées mais cohérentes. Fondamentalement enraciné dans un black très raw, l’entité sait apporter toutes sortes d’éléments malaisants qui confèrent à cette œuvre un caractère tout à fait singulier et frappant. Si vous ne craignez ni l’inconfort musical ni les spectres, voilà un EP qui devrait vous hanter.
Tracklist :
1. Al Infitar (04:25)
2. Pour un tombeau de (00:59)
3. Anatole (03:36)
4. No. 4 (03:16)
5. La llorona (03:56)
6. Cohn’s Dance (03:20)
Line-up : Na Zarot – Tout.
Liens :
https://nazarot.bandcamp.com/album/on-death-and-dying
https://rempartsproductions.bandcamp.com/album/on-death-and-dying









Laisser un commentaire