Genre : Death Metal progressif
Note : 95/100 (WvG)
Label : M-Theory Audio
Sortie : 4 Avril 2025
C’est sans filtre que je vais vous parler de The Great Filters de Fractal Universe, quatrième album du quatuor nancéen. Et il me sera TRÈS difficile d’en dire du mal…
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Si le groupe avait déjà précédemment fait la démonstration de ses qualités tant sur scène qu’en album, on atteint avec cet album un sommet, peut-être pas encore leur Everest (ou leur Himalaya pour les fans de Bayrou résiduels) mais on est déjà très haut sur tous les plans ou reliefs et il va m’être difficile d’être critique de manière négative tant cet album revêt des aspects qui ne sont sans me déplaire.
D’abord, et même si je ne suis pas un fan de la première heure du Metal Prog, il y a la technicité, indéniable, celle de chacun des intervenants : les modulations de voix de Vince Wilquin aussi à l’aise dans les longueurs de notes tenues et harmonisées que dans le growl (hé, c’est du DEATH prog !), la fluidité des guitares et particulièrement dans les soli école Satriani/Vai/Petrucci (par Yohan Dully), la basse de Valentin Pelletier qui ondule (particulièrement dans l’introduction de « The Equation of Abundance », probablement le plus « Dream Theater » des morceaux de l’album alors que « Dissecting the Real » irait plutôt piocher chez Symphony X dans les influences) quand Clément Denys à la batterie tape fort et précis… En clair, pas un reproche à faire sur cet aspect.
Ensuite, la musicalité : comme dit plus haut avec un présupposé, je suis davantage de l’école harmonique et mélodique, pas forcément celle de la recherche de l’extrême – mais je pense qu’au fil des lectures des diverses chroniques proposées [et si ce n’est pas encore le cas, ruez-vous dessus ainsi que (et surtout) sur celles de mes confrères de MMW], vous l’aviez compris. Or, ici, la recherche de l’équilibre entre tension et détente tant dans la brutalité que les variations de tonalité, avec des enchaînements harmoniques fouillés et pas des degrés I-IV-V-I en boucle, va évidemment en faveur de mon appréciation positive.
Enfin, l’originalité et la démarcation sur la scène Metal entrent en ligne de compte. En effet, non content de s’affirmer vocalement (et à la guitare), Vince Wilquin se permet de faire apparaître fréquemment, en premier plan ou en sous-texte, son saxophone qui ajoute ce groove typé jazz ou pop-jazz tout en glissandi et vibrato prononcé. Si le groupe n’est pas précurseur dans cet ajout instrumental, il sait efficacement l’exploiter. À ceci s’ajoutent les plages planantes et subtiles de piano, particulièrement sur « Specific Obsolescence » qui joue sur de multiples tableaux harmoniques et modaux. De surcroît, l’album n’est pas réfléchi comme une succession de morceaux formatés, limite radio edit, mais avec un concept (dystopique et/ou futuriste… hé, c’est du PROG !) introduit par un artwork d’une qualité picturale de toute beauté. Je retrouve donc une forme d’originalité musicale et sensorielle que je n’avais plus vraiment ressentie depuis le Amoeba de Hacride (autant vous dire que ça date : 2007).
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Je vous ai spoilé d’entrée de jeu mais il était nécessaire de ne pas vous faire perdre trop de temps en lecture inutile de mon baratin qui touche limite au promotionnel voire au plébiscite présentement : sautez sur cet album dès que vous en aurez l’occasion, il en vaut la peine. Sur ce, je pars allumer ma clope, avec filtre quant à elle, et inhaler cet album de nouveau par les oreilles.
Tracklist:
01. The Void Above
02. The Great Filter
03. Causality’s Grip
04. The Seed of Singularity
05. The Equation of Abundance
06. Specific Obsolescence
07. Dissecting the Real
08. Concealed
09. A New Cycle
Line-up:
Yohan Dully (Guitare)
Vince Wilquin (Guitare, chant, saxophone)
Clément Denys (Batterie)
Valentin Pelletier (Basse)
Liens :
www.facebook.com/fractaluniverseband









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