Genre : Scatomantic Death Metal
Note : 80/100 ( Mémé Migou)
Label : France Black Death Grind
sortie : 23 Mai 2025
Quel est le point commun entre un homme au réveil et un élastique ?
Eh bien il s’étire, il s’étire, il s’étire, et il pète !
Ah ! Je vous vois sourire, là… N’essayez pas de le cacher. C’est tellement bon de pouvoir se connecter à ses émotions et les étaler au vu et à la barbe de tout un chacun, comme on étale du Nut* sur une bonne tranche de rigolade. D’ailleurs, la musique, n’est-elle pas une succession d’émotions ? Les notes sont le reflet de sensations. Et ce sont tous nos sens qui viennent répondre. Preuve en est des poils (j’ai dit poils !) parfois dressés.
Alors, connectons-nous à la musique, explorons nos émotions… Et comme point d’appui, le Brutal Death scatomantique de Upper Decker…

Et si on commençait par : L’écœurement ?
Attendez… j’ai une blagounette, d’abord :
Que dit une fesse droite écœurée à une fesse gauche ?
– Tu trouves pas que ça pue dans le couloir ?
Upper Decker fait partie de cette nouvelle pratique qui fait recette sur les réseaux tiktokiens, le prank. Un (?) Upper Decker, c’est de fait un canular qui amène une personne à déféquer dans le réservoir d’une chasse d’eau. Vous imaginez quand le suivant, qui déjà doit sentir quelque chose de nauséabond se dégager d’il ne sait où, tire la chasse après ses propres émanations… Vous avez l’image ? Vous avez le bruit ? Vous avez l’odeur ? Bah voilà…
Et donc, Upper Decker, c’est aussi le nom d’un groupe occitan né un peu après l’épisode du confinement, soit 2022. Comme si cette constipation de l’être dans son environnement naturel fait de 4 murs entrait en résonance avec celle d’un étron coincé dans nos intestins jusqu’à former un fécalome. Et ce bouchon, à l’instar d’une bouteille de champagne bien secouée, va sauter pour libérer bulles et bol fécal pour fêter la sortie.
Holala… Un brin d’anxiété vient me titiller, là… Il me faut mettre un warning pour que mes propos ne soient pas mal compris :
Hey… j’ai encore une blagounette à faire, à ce propos :
Que dit une fesse droite anxieuse à une fesse gauche ?
– Tu trouves pas que ça sent le gaz ?
Attention, donc ! Je ne dis pas que Upper Decker est de la merde ! On verra plus loin ce que j’en pense intrinsèquement… Simplement, je m’insinue, comme une canule, pour extraire au plus près la notion de scatomantic Metal afin de l’anal-yser et mieux la comprendre.
Ahhhh… La scatomancie, l’art de la divination par la lecture des fèces (et pas des fesses, petits coquinous). C’est fou, d’ailleurs, ce que l’on peut trouver comme références, en faisant des recherches, comme ce petit guide du caca édité par la Désencyclopédie Wiki… Et pour votre gouverne et ne pas vous endormir plus bête qu’il y a quelques minutes avant la lecture de cet article, voici une liste de synonymes pour égayer vos repas de famille : copromancie, spatalomancie, spatilomancie, spatalamancie et stercomancie.
Car qui dit repas de famille, dit aussi Family Dinner, le premier EP de Upper Decker, dont chacun des 6 titres va nous parler de l’un des membres de ladite famille, avec un joli poke (ou private joke de notre part) à notre Gévaudan en citant le 4ᵉ titre « Simon the Toilet Beast »- EP sorti en 2023, alors que finalement, ce qui nous intéresse ici, c’est bien le 1er long effort (poussez, madame, poussez ! ), en date du 23 mai 2025 chez feu le label FBDG.
C’est le bon moment pour sortir la Colère ?
Heyyy… La colère ? Attends, j’ai une p’tite blague pour illustrer. Je peux ? Je peux ?
Que dit une fesse droite en colère à une fesse gauche ?
– Ça va chier entre nous !!
Ben ouais, ça va chier ! Et vous savez pourquoi ? Parce que j’ai été tiraillée dès la première écoute de The Scatonomicon. Au point de solliciter un second avis auprès des copains du webzine. Et il s’avère (vous avez vu, ça rime avec glaires. C’est cool, non ?), que nous étions raccords. Ce qui va me rassurer quelque peu.
Donc, en colère (OK c’est too much comme terme) parce que… Laissez-moi faire une anal-ogie : quand on lit une 4ᵉ de couverture qui vous laisse imaginer une histoire d’amour alors qu’en réalité on tombe dans un récit mythologique, ce n’est pas qu’on n’aime pas la mythologie, c’est juste qu’on s’attendait à du love. C’est la même ici.
Je m’explique : des textes du presskit aux artworks en passant par les titres des morceaux et la définition elle-même du genre pratiqué, on se dit qu’on va avoir une ventilation de titres courts, rapides, et régressifs. Et l’humour, on l’imagine certes pipi-caca like, mais très second degré.
Et dans les faits, de l’humour, ils n’en manquent pas, jusque dans les références. Regardez l’artwork, regardez ce titre « And Justice for Heaulme »… Y a besoin d’explication de texte ? Moi, sur papier, ça me fait hurler de rire. Bah oui !
Hep hep hep, j’ai une blague pour faire descendre la pression :
Que dit une fesse droite blasée à une fesse gauche ?
– Tu trouves pas qu’entre nous c’est la merde ?
A vrai dire, dès que j’ai appuyé sur la touche play, les oreilles prêtes à recevoir les 8 pièces, chapitres d’un livre ouvrant sur un « portail multidimensionnel » et un monde fait d’odeurs nauséabondes et de chaos intestin – reflet de l’artwork – eh bien j’attends le grind, j’attends les touches de thrash, de black, qui étaient promises, j’attends la filouterie et la folie furieuse. Mais voilà, je n’ai rien de cela. Ce que j’ai, c’est du Death, du Brutal Death, un esprit Grind, certes, mais du Death avec des touches de Tech Death ou de technicité (pour les puristes des mots et des genres). Le tempo n’est globalement pas si enlevé que ça. Bien au contraire, on a régulièrement des ralentissements comme des descentes d’organes. Certains titres sont à leur tour assez pachydermiques. Ce que reflètent la durée des morceaux, entre 3 et 4 minutes, on est loin du Grind violent et rapide. Ici, c’est plutôt un chant hyper grave, qui n’est pas sans me faire penser à tonton Mocky (Crypt of Dr Gore, Horoh). Des titres longs mais pour lesquels on ne s’ennuie pas une seconde, car à l’intérieur, on a ces petits jeux de guitare (un sweeping par-ci, des harmoniques par-là), des ralentissements, un jeu rythmique calqué sur le sample de départ (musique de cirque – ou de Looney Tunes), … Bref, c’est technique, très bien construit, léché. D’ailleurs, la basse est mixée de telle façon qu’on l’entend bien. Et le tout a été enregistré et masterisé au Soundlodge Studio (Defeated Sanity, Anvil, God Dethroned, …). C’est un mix clair, laissant la part libre pour que chaque instrument puisse trouver sa voix.
Cependant, c’est la voix qui me chafouine un peu. Certes, elle a un beau growl bien gras, et pourtant, je la trouve un peu « grise ». Qu’est-ce que j’entends par là ? Elle manque d’éclat, en ce qui me concerne. Dans un genre qui aurait tendance à friser le Brutal Death ou le Grind ou le Slam… J’attends que ça pète (et péter, ça revient à la guest star : Niklass).
Tiens… j’fais une parenthèse, parce que j’t’entends parler de péter… j’ai une blagounette :
Deux mouches discutent sur un caca de chien :
– J’ai une de ces envies de péter moi
– Grosse dégueulasse, on est à table !
Pas d’explosion, une voix qui reste souvent sur la même ligne de conduite. Pour l’accompagner, nous avons d’autres qui viennent apporter cette touche d’anime déjanté. Ainsi que pas mal de samples à vocation humoristique.

Hep ! Je ne veux pas péter plus haut que mon cul (heyyyy… j’ai un truc pour toi sur le sujet : tu sais que quand on pète plus haut que son cul, on se fait un trou dans le dos ?) et dire que telle chose est mauvaise. Ce n’est foncièrement pas le cas. Le growl, encore une fois, est bien grave et gras, comme je les aime. Alors qu’est-ce qui me chafouine ?
C’est que toute la partie musicale est sérieusement faite. Le chant (hormis les voix déjantées qui parsèment le tout) est sérieux. La composition. Le mix. On ôte les samples (et peut-être les paroles que je n’ai pas), et nous avons un super album de Death, hyper bien pourvu. Comme dit le copain de zine, “c’est ma came, ça”. Même si à première écoute, on pourrait trouver que les titres se ressemblent, dès la seconde et une oreille plus attentive, on entend bien bien toutes les subtilités et les trouvailles techniques qui viennent joncher le parcours musical de l’album. On a des éléments de Death old School remis au goût du jour, avec des soli bien envoyés. C’est pas rien, bien au contraire !
De fait, c’est comme cette chronique… Les blagounettes qui ponctuent le propos tombent à plat. On a juste envie de dire « Mémé, tu nous fais quoi, là ?! ». C’est la même pour The Scatonomicon, de Upper Decker. Certes, ils annoncent la couleur fétide d’un album qui sent le caca, mais le tout est propre, bien moulé et sent bon le Death Brutal, un peu nawak sans tomber dans le too much. Imaginez Immolation avec des intros « pouet pouet » faites de pets… Ça a du mal à se mélanger, ça reste dichotomique, quasi manichéen. Personnellement, je me passerais bien de ces ajouts qui sont censés être amusants et déjantés, étalés comme autant d’articles d’un catalogue, mais manquant de folie. Et c’est en cela que j’ai un petit problème avec cet album. Un exemple ? Sur la 6ème piste, “Pompecrotte”, ça part avec un groove à la Illdisposed et paf ! Vers 3:15, un “pompecrotte” dit (pas chanté, pas crié, juste dit) en voix suraiguë vient nous rappeler qu’on doit rester dans la farce.
Pour le plaisir, une p’tite dernière ( j’y ai pris goût) :
Quelle est la différence entre un pitt-bull et un caniche ?
– Lorsque le pitt-bull te pisse dessus, tu le laisses finir !
Pour finir cette chronique aux relents de vulgarité ( que je dédie à tous les amateurs de douche dorée et de scatophilie), j’aime retourner plonger mon nez et mes oreilles dans The Scatonomicon. C’est bon… Mais ce n’est pas aussi puant qu’Upper Decker le souhaiterait. Loin de là ! J’vous envoie du love, les gars !
Heyyy… On va pas se quitter comme ça :
Que dit un rouleau de PQ à Luke Skywalker ?
– J’essuie ton père.
Tracklist :
- Egg
- Big Bizeps
- Fatberg
- Fecalized at Birth
- And Justice for Heaulme
- Pompecrotte
- The Lukewarm Book
- The Forest os Suspended Foreskins
Line-up :
Gaara – Chants
Tral – Guitare et backing vocal
Le C – Batterie
Uwe – Megabasse
Guest :
Nikrass – Fart
Liens :
https://upperdecker.bandcamp.com
https://www.facebook.com/upperdecker11









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