HELLFEST 2025 (Clisson – 44)
Texte : Seb D et Bruno Guézennec
Du 19 au 22 juin 2025
Vidéos : Bruno Guézennec
N’ayant pas sollicité d’accréditation, c’est en qualité de festivaliers que nos deux comparses, Bruno et Sébastien, ont arpenté les scènes du Hellfest édition 2025. Ils vous livrent ici leurs impressions.
Vendredi 20 juin 2025
WORMSAND
Bruno : Levé tôt, petit-déjeuner sans perdre trop de temps pour arriver sur site un peu avant 10h30 et assister au début des hostilités dans la Valley avec Wormsand. Trois sur scène pour du Stoner lorgnant vers le Sludge. Il fait déjà bien chaud, ce qui ne doit pas déranger le trio qui vient de Menton, près de la frontière italienne : ils sont habitués à la chaleur, pas moi. Trente minutes bien remplies par le groupe qui se donne à fond, sans temps morts.
Bon petit concert pour lancer la journée. Les musiciens ont fait honneur à la chance qui leur était accordée de jouer au Hellfest, car même si c’est en milieu de matinée il ne faut pas oublier qu’ils ont présenté leur musique devant au moins cinq cents personnes (je n’ai pas le chiffre exact, c’est une estimation au pif) et je ne pense pas que cela doit leur arriver toutes les semaines.
Lien vidéo WORMSAND :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
MORGATEN
Bruno : Retour dans mes antres que sont l’Altar et la Temple. C’est justement sous cette tente que se produisent les Suisses de Morgaten. Malgré la chaleur déjà présente je me poste dans les premiers rangs. Les musiciens entrent en scène et attaquent le premier morceau, le son semble bon jusqu’à ce que tout parte en cacahuète ! Certains instruments semblent disparaître, tout part en vrille, difficile de dire ce que l’on entend bien mais, une chose est certaine, ça ne va pas du tout. Les musiciens arrêtent, le guitariste se dirige vers l’ordinateur que gère le batteur, tripote des boutons et revient deux minutes plus tard, s’excuse pour la gêne occasionnée et recommence le même titre au début.
Plus de peur que de mal, le son est nickel… jusqu’à ce que tout foire de nouveau. Nouvel arrêt, nouveau tour vers l’ordinateur, nouveau redémarrage, nouveau replantage… vous connaissez le déroulé des événements.
Au début, le batteur et l’autre guitariste ont bien essayé de faire patienter le public avec un petit bœuf improvisé, mais cela ne changera rien au désastre à cause d’un ordinateur qui a surchauffé (explication du chanteur/guitariste dans une interview).
Vingt bonnes minutes de galère, jusqu’à ce que Morgaten déclare forfait, la mort dans l’âme.
Quelle tristesse pour le groupe qui se faisait une joie de participer au Hellfest.
Le public les a soutenus dans leurs malheurs mais j’imagine à peine leur déception une fois arrivés dans leur loge.
Ils méritent une deuxième chance. L’année prochaine ?
HEXECUTOR
Bruno : L’avantage avec les Rennais, c’est que l’on sait immédiatement où l’on met les pieds : dans le bon vieux Thrash avec tous les clichés visuels inhérents au style, c’est le paradis de la ceinture à balles, du cuir et des cheveux longs. Pas grand chose à ajouter, à part quelques hésitations guitaristiques de Jey Deflagratör (comme au Courts Of Chaos 2023).
Hexecutor a fait du Hexecutor, c’est ce qu’on leur demande.
Lien vidéo HEXECUTOR :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
CASTLE RAT
Seb : Réveil difficile en cette deuxième journée. Mais peu importe, il va falloir assumer les excès de la veille car l’objectif est fixé : être sur site à 11h40 pour le concert de Castle Rat. Une bonne douche froide, une pinte de flotte et c’est parti ! J’arrive à la Valley lorsque les premières notes résonnent dans la sono. Et j’ai bien fait de me faire violence car ce groupe est clairement mon gros coup de cœur de cette édition. Le Heavy Doom des Américains a instantanément fait mouche auprès de moi et a accroché mon cerveau avec une efficacité redoutable. Le chant envoûtant de The Rat Queen et les riffs lourds du titre “Feed The Dream” vont m’obséder durant plusieurs jours après le festival. On pourrait pourtant ne pas prendre le groupe au sérieux si on ne s’arrêtait qu’aux looks des musiciens. La formation jouant la carte du Medieval Fantasy, on est dans le kitsch le plus total avec des accoutrements dignes des plus beaux nanars. Durant le set, une entité féminine vient provoquer la chanteuse. Cela se finit par un duel d’épée théâtralisé où cette dernière perd la vie et est ensuite ressuscitée par son bassiste. Tout est bien qui finit bien. Hautement recommandable !
BELORE
Seb : Direction la Temple pour un des plus beaux moments de cette édition. Aleevok, connu pour être le bassiste de Darkenhöld, nous présente son bébé : Belore. Son Black Metal épique et atmosphérique nous transporte vers un imaginaire lointain et onirique tant sa musique joue avec nos émotions. Le chef d’orchestre a su s’entourer de musiciens brillants. Son talent de compositeur couplé avec un son impeccable et limpide nous régalent durant cette demie heure bien trop courte. L’apport d’instruments à vent enrichit le tout, nous faisant parfois penser à des groupes comme Saor ou Summoning. Un groupe de cette trempe mériterait d’être mis encore plus en lumière qu’il ne l’est actuellement.
Bruno : Après la déconvenue de Morgaten, nous allions savoir si la scène de la Temple était maudite pour les groupes affiliés à la scène Black Metal puisque c’était au tour de Belore d’investir la tente.
La réponse est arrivée rapidement : non !
Le projet du chanteur/bassiste Aleevok nous a offert une prestation majestueuse, alliant la finesse de la flûte, la puissance des guitares et des nappes de synthés qui apportent beaucoup niveau mélodies comme sur le magnifique dernier titre “Battle for Therallas”.
Mais bon sang, seulement une demie heure, c’est frustrant quand on aime un concert ; cela passe tellement vite, surtout quand un groupe a des morceaux qui font au minimum six minutes.
À revoir d’urgence pour une prestation plus longue.
Lien vidéo BELORE :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
Seb : Je me suis bloqué un créneau de deux heures, où la programmation m’intéresse moins pour aller faire un tour au merchandising. C’est armé d’une bouteille d’eau bien fraîche que je me prépare à faire la queue sous un soleil qui cogne fort. Au bout d’une heure, j’atteins le but mais manque de tourner de l’œil. Ce serait dommage de s’écrouler à quelques mètres du bol de sangria ! Une fois délesté de quelques euros, je décide de me poser un peu à l’ombre dans la forêt. Je ne suis pas le seul à avoir eu cette idée. Beaucoup de monde cherche à se mettre au frais.
THE NIGHT ETERNAL
Bruno : Changement de tente pour voir le groupe allemand, que j’avais choisi un peu par défaut, les autres propositions : Amira Elfeky en Mainstage et Dirty Sound Magnet (Valley) me branchant encore moins.
Ça joue bien, le chanteur a une très bonne présence sur scène et se donne à fond mais le style était peut-être un peu trop classique (et trop calme) pour moi.
Pas désagréable mais il a manqué le petit je ne sais quoi qui fait que vous accrochez vraiment à un concert. Le public présent a semblé apprécier, c’est le principal.
Lien vidéo THE NIGHT ETERNAL :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
Bruno : La première pause de mon Hellfest était prévue depuis longtemps car le choix Last Train / Frustration / Skiltron me laisse complètement de marbre et en plus je commence à avoir la dalle. Donc petit tour chez Mémé Migou…euh, non pardon, chez Mémé Patate pour mon habituelle box patate/lardons/crème fraîche que je vais manger tranquillement en attendant la suite.
SANDRIDER
Bruno : Le Stoner n’étant pas ma musique favorite et ayant tendance à me lasser rapidement, c’est toujours avec un peu d’appréhension que je me pointe dans la Valley. Cette fois-ci c’est pour assister au show des Américains de Sandrider. Doutes vite dissipés car le Stoner de Sandrider c’est du lourd, du très lourd, bien énergique, pas celui qui vous laisse planer tranquillement. Les quarante-cinq minutes passent vite, ça envoie comme il faut et les musiciens ont bien fait monter la température, ce qui n’est pas vraiment une bonne idée avec les 36/38°C et le soleil en pleine poire. On les pardonne.
Lien vidéo SANDRIDER :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
BURNING WITCHES
Seb : Je ne reste pas longtemps dans la forêt car les Suissesses de Burning Witches ont déjà commencé à faire ronronner leurs instruments sous une Altar plutôt bien fournie. À tel point que je n’arrive pas à me faufiler à une place décente pour pouvoir profiter du show. N’ayant pas envie de lutter, j’abandonne et vais m’asseoir sous la Temple pour me reposer au doux son du Heavy Metal maîtrisé et bien péchu de ses belles amazones. Ma pause se fera entre les riffs velus de ces dames et les balances de Luc Arbogast sous une tente qui fait plus office de sauna que d’oasis de fraicheur.
LUC ARBOGAST
Seb : Après une petite sieste réparatrice, je me relève pour assister au début du set de Luc Arbogast. Ce ménestrel des temps modernes à la voix d’ange va nous montrer toute l’étendue de son talent avec son Folk Médiéval qui ne laisse pas insensible. Je me sens happé par cette musique venant d’un autre temps mais non dénuée de modernité. Necurat, chanteur de Bliss Of Flesh, en invité de luxe fait son apparition dès le troisième titre, apportant par son chant un peu de noirceur. Je ne reste pas plus longtemps car il faut que je boive quelque chose de frais. Et mon remède vient d’une bonne grosse pinte de…smoothie fraise/banane. Me voilà remis sur pied et prêt à enchaîner les concerts à un bon rythme !
LION’S LAW
Seb : Direction la Warzone pour prendre une bonne dose de Punk dans les esgourdes avec les Français de Lion’s Law. Crânes rasés, tatouages en évidence, on croirait voir des hooligans anglais scandant des hymnes. On a affaire ici à un des plus fiers représentants de la scène Oï nationale. Je prends le set en cours mais on peut voir que le groupe délivre une énergie brute et sans répit, le tout mêlé à des refrains efficaces. Un moment sympathique.
Bruno : Du Street Punk (ou de la Oï si vous préférez) avec le groupe parisien et ses refrains à reprendre en chœur, son énergie, ses titres qui mettent l’accent sur les mélodies facilement mémorisables. Tiens, je me demande si je ne viens pas de donner la recette d’un bon concert.
Là aussi, malgré la chaleur écrasante, la Warzone a su se mettre en mouvement pour répondre aux sollicitations du chanteur.
La Oï, quand elle est bien faite, est bougrement efficace, même si elle n’est pas très variée et que les morceaux ont tendance à se ressembler tous un peu (ça me rappelle un célèbre sketch des Nuls avec les skins dans la bagnole qui changent de chanson et c’est toujours la même), est un reproche que l’on retrouve souvent quand un style ne plait pas : oui, le Death (vous pouvez avantageusement remplacer par Black, Thrash, Punk Rock, Hard Rock…) c’est nul, tous les morceaux se ressemblent.
Lien vidéo LION’S LAW :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
Bruno : Mon concert suivant était Nervosa sous l’Altar. Les ayant déjà vus à Morlaix au cours de la première date du Warm-up du Hellfest, je décide d’aller me poser juste à côté, sous la Temple, en prévision des neuf concerts non-stop qui m’attendent jusqu’à la fin de la journée.
Ce n’est pas dans mes habitudes de faire deux pauses en si peu de temps, mais j’avais déjà sept concerts dans les pattes depuis le matin et la chaleur n’aidant pas, je joue la carte du « qui veut aller loin ménage sa monture” et ses pieds.
La demie heure heure m’ayant fait du bien dans la très relative fraîcheur du fond de la Temple (quand il ne fait “que” 34°C avec quelques petits courants d’air, on trouve qu’il fait frais par rapport au 38°C du dehors et 45°C de devant la scène, tout est relatif !), je vais me placer pour assister au prochain concert.
MÅNEGARM
Bruno : S’il y en a qui savent mettre l’ambiance sous une tente, ce sont bien les musiciens de Månegarm. Difficile d’être insensible à leurs titres car il y a tout : puissance, mélodies, côté folk. Difficile de résister à un titre comme “Blodörn”. On a eu le droit à la traditionnelle séance de rameur dans le public, mais tellement moins importante que celle de 2019 !
Il faut croire que tout le monde n’a pas compris le principe ou n’a pas voulu jouer le jeu.
Lien vidéo MÅNEGARM :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
LEFTOVER CRACK
Seb : Je zappe volontairement les Canadiennes de Kittie car je n’ai pas envie de rester planté devant une mainstage à subir la chaleur. Je préfère aller manger une bonne spaetziflette histoire de caler la dent creuse. Une fois rassasié, retour vers la Warzone pour un moment Ska Punk bienvenu. Le genre de musique qui colle à la perfection avec cette météo ensoleillée. Ce sont donc les Américains de Leftöver Crack qui vont se charger de nous régaler avec leur musique festive émaillée de bonnes rasades de Hardcore pour équilibrer le tout. Les vocaux sont partagés entre la belle Tibbie X et le leader Stza. La musique est entraînante mais le chant criard de Stza peut s’avérer clivant. Celui-ci peut avoir pour effet, par moment, de nous faire sortir du concert. Une prestation qui reste agréable malgré tout.
DOPETHRONE
Seb : J’enchaîne avec les Canadiens de Dopethrone qui nous offrent une bonne grosse mandale. Les musiciens arrivent sur scène avec une bière chacun à la main, qu’ils s’empressent d’engloutir en mode cul-sec. Leur état montre qu’ils n’ont pas attendu l’heure de l’apéro pour s’enfiler quelques godets. On s’attend à du gras et on va être servis. Le set démarre depuis une minute à peine que la musique s’arrête net. Le batteur vient de percer sa caisse claire. Il va tranquillement en chercher une autre, ce qui laisse le temps à ses camarades de siroter une autre bière. Le changement se fait assez rapidement et la formation ne perd pas une minute pour nous assommer avec son Doom/Sludge lourd comme une enclume. Shawn, le batteur, frappe comme une mule mais il ne cassera plus rien jusqu’à la fin du set. Vincent Houde, le chanteur guitariste, est l’attraction du concert : rasades de whisky entre chaque chanson ou buvant un liquide inconnu dans un jerrican qui sert généralement à mettre de l’essence. Il le jettera dans le public à la fin du show. Une prestation en mode rouleau compresseur servie par des musiciens maîtrisant totalement leur sujet, même avec deux grammes dans chaque poche.
3 INCHES OF BLOOD
Bruno : France (Lion’s law), Suède (Månegarm) et un petit tour au Canada pour la prestation old school des pas encore tout à fait anciens de 3 Inches Blood, même si l’année de création du groupe commence par un « 1 » (1999).
La formation est revenue à la vie en 2023, après un break de huit ans, et il faut croire qu’ils ont bien fait quand on constate l’énergie qu’ils déploient sur les planches de l’Altar avec leur Thrash/Heavy qui fait pas mal d’émules dans le pit devant le milieu de la scène. Mission accomplie pour 3 Inches Blood.
Lien vidéo 3 INCHES OF BLOOD :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
THE CULT
Bruno : Une de mes très rares incursions devant la Mainstage 1 pour voir The Cult à l’œuvre. J’ai un peu lâché la discographie du groupe ces dernières années ; il faut dire qu’avec deux albums au compteur depuis 2012, il n’y avait pas grand-chose à se mettre sous la dent. Mais j’ai adoré la période de la deuxième moitié des années 80 durant laquelle les Anglais ont sorti coup sur coup Love (1985), Electric (1987) et Sonic Temple (1989) !
Je descends donc vers la MS1 pour apercevoir de loin ce que je déteste par-dessus tout, l’avancée de scène. Je hais ce truc à peu près inutile qui coupe le public en deux, le repousse à des dizaines de mètres de la scène et flingue l’ambiance tout cela pour qu’un groupe en fin de soirée puisse en profiter pour « être plus près de son public ». Mec, si tu veux être plus près de ton public, dégage cette avancée de scène de trente mètres de long !
À part ça, The Cult a un peu perdu l’énergie de ses débuts, on s’en doutait, mais la classe est toujours là, la voix de Ian Astbury aussi et Billy Duffy nous balance toujours ses riffs inspirés.
Un des rares concerts où je n’ai pas ramené de vidéo, je n’étais pas très bien placé et l’avancée de scène fait que, de toute façon, même en étant près, on est loin !
Seb : Il fait toujours chaud mais les températures deviennent un peu plus supportables. C’est donc l’occasion de faire un tour du côté de la Mainstage 1 pour aller voir The Cult. N’ayant pas vu la formation depuis 2011, j’ai hâte de voir si les années n’ont pas eu trop d’effet sur le duo. Démarrage efficace avec “Rise” tiré du mésestimé album Beyond Good And Evil dont un deuxième extrait sera également joué ce soir : “War (The Process)”. Ian Astbury est en voix et Billy Duffy décoche ses riffs avec classe et élégance. N’étant pas placé trop proche, je reste assis une bonne partie du set à me concentrer uniquement sur la musique. L’enchaînement final sur “She Sells Sanctuary”, “Fire Woman” et “Love Removal Machine” ne pouvait pas mieux clore cette très bonne prestation.
TANKARD
Bruno : Les anciens du Thrash s’amusent comme des petits fous sur scène, surtout Andreas Geremia, très décontracté, qui a passé la moitié du concert à « jouer » avec un des caméramans, inviter Flora, une fille du staff technique du Hellfest, à faire quelques pas de danse avec lui pendant l’intro groovy de « Chemical Invasion » (voir vidéo) et à discuter avec le public en leur annonçant par exemple que le morceau suivant est le seul (ou pas !!) dans la carrière du groupe qui contient le mot « bière » dans les paroles.
Les mecs sont heureux d’être là, ça se sent, c’est communicatif, et ne se prennent pas au sérieux en déclarant : « …we are old, fat and ugly ».
Quand, en plus, ils vous balancent des perles comme « Die With a Beer in your Hand », on peut se dire qu’ils ont encore donné un bon concert.
Lien vidéo TANKARD :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
LES GARÇONS BOUCHERS
Seb : Sur le chemin me menant à La Valley dans l’optique d’aller voir les Britanniques de Crippled Black Phoenix, je tombe sur un couple d’amis avec qui je reste finalement parler de choses et d’autres autour d’un muscadet. C’est aussi ça le Hellfest : le running order personnalisé peut évoluer en fonction des rencontres. La suite se passe du côté de la Warzone où une légende de la scène Rock Alternative française va se produire : Les Garçons Bouchers, orphelins de son fondateur et compositeur principal François Hadji-Lazaro, vont amener un vent de fraîcheur et d’humour dans la programmation du jour. Ce concert en forme de best-of et d’hommage à leur leader disparu en 2023 va retracer toute la carrière du groupe (“La Lambada, on n’aime pas ça”, “La Bière”) mais pas que. Ils reprennent également des titres des autres groupes dans lesquels le sieur Hadji-Lazaro est passé comme Los Carayos (Madeleine) ou Pigalle (“Dans la salle du bar-tabac de la rue des Martyrs”). L’ambiance dans le public est festive et les refrains sont repris en chœur. On a même le droit à une reprise du “Je ne regrette rien” d’Edith Piaf. À la sauce boucherie bien entendu. Un des meilleurs concerts du week-end.
TROLLFEST
Bruno : On ne va pas se mentir, la Temple est devenue le temps d’un concert une sorte de Foire à la saucisse. Je ne vais pas dire que je suis surpris, c’était Trollfest sur scène, et les sept musiciens ont déboulé en jupe et collant, avec un bec sur la tête, tout en rose, déguisés en flamants.
On a eu le droit à tout ce qui fait un concert de Trollfest : slammeurs, circle pit, wall of death et bien sûr l’inégalable chenille.
Vous avez le droit de détester, j’étais un peu là par défaut, Les Garçons Bouchers ne me branchant pas trop, et j’avais un peu peur de tomber sur la grosse foule face au concert de The Hu devant la MS2. Si c’est pour voir un concert à cent mètres, ça ne m’intéresse pas.
Au final j’aurais bien sûr préféré un groupe de Black sous la Temple, mais il faut reconnaître un talent certain aux Allemands pour mettre de l’ambiance devant une scène ; il faut juste ne pas être trop regardant sur le procédé.
Lien vidéo TROLLFEST :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
PENTAGRAM
Bruno : Beaucoup de monde devant Pentagram qui, outre le fait d’être un excellent groupe, a sans doute bénéficié auprès de ceux qui ne les connaissaient pas précédemment de l’effet pub du meme de Bobby Liebling quelques semaines avant le Hellfest.
Eh bien, le Bobby, il a toujours la forme sur scène malgré son physique de momie ambulante. Les trois musiciens autour de lui font le job, c’est le moins que l’on puisse dire, et la voix du septuagénaire tient toujours la route.
Le son était excellent et mettait en valeur les riffs de guitare bien lourds de Griffin.
Pentagram est là et bien là, faudra attendre encore un peu pour les enterrer.
Seb : Je bascule à nouveau sur la Valley où Pentagram se produit devant une foule assez conséquente. L’énorme notoriété de leur leader auprès des jeunes sur les réseaux sociaux n’est pas le seul responsable de cette foule. Non, ce groupe est légendaire et les fans de Doom se sont tous retrouvés pour assister à la prestation du Black Sabbath américain. Le chanteur Bobby Liebling est en voix et habité. Il est heureux d’être là et ça se voit. Le son est très bon et rend honneur au répertoire du groupe. Je ne reste pas tout le long du set, à contrecœur, tout simplement car je veux me placer au mieux pour voir la tête d’affiche du jour.
Lien vidéo PENTAGRAM :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
THE DAMNED
Bruno : Début du défilé de légendes en cette fin de journée sur la scène de la Warzone.
Captain Sensible à la guitare et Dave Vanian au chant étaient des débuts du groupe en 1976. Quarante-neuf ans après, les mecs sont toujours là avec un Dave très classe, arborant un look de crooner de Las Vegas des années 80, avec le micro vintage pour parfaire la panoplie.
Une heure de Rock/Punk Rock qui, si elle n’a pas enflammé la Warzone comme peuvent le faire certains groupes de furieux, n’en a pas moins reçu un bel accueil, le public présent sachant rendre hommage à des musiciens qui ont fait l’histoire du mouvement Punk.
Lien vidéo THE DAMNED :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
MUSE
Seb : Je fais partie de ceux qui estiment que Muse n’a rien à faire au Hellfest. Mais, que voulez-vous, en tant qu’énorme fan du trio britannique, je ne vais pas bouder mon plaisir d’aller les voir pour la douzième fois en live. Le fait de quitter la Valley avant la fin de Pentagram contribue à bien me placer, ce qui me permet ainsi de voir la fin du set de Within Temptation qui nous sert un magnifique final sur “Mother Earth”.
La bande de Matthew Bellamy nous offre en ouverture son tout nouveau single, “Unravelling”, sorti ce même jour sur toutes les plateformes de streaming, titre partant dans tous les sens et qu’il faut écouter à tête reposée afin de l’assimiler. Il n’empêche que cette entame de set fonctionne car elle allie mélodie et riffs énergiques et pêchus, ce qui fait le sel du groupe. Ils enchaînent directement avec “Stockholm Syndrome”, une chanson parfaitement adaptée au festival. La formation a eu l’intelligence de construire une setlist qui colle à l’événement en incluant des titres rentre-dedans (“Won’t Stand Down”, “We Are Fucking Fucked” ou “Kill Or Be Killed”) sans pour autant se compromettre en laissant de côté ses tubes plus grand public (“Hysteria”, “Time Is Running Out” ou encore “Plug In Baby”). Sachant où il joue ce soir, Muse fait un clin d’œil aux metalleux en entamant l’intro du “Stranded” de Gojira ainsi que “Heart Shaped Box” de Nirvana. Le son est plutôt capricieux sur un bon tiers du show mais cela finira par se régler. Le groupe réalise un véritable hold-up et fait taire les mauvaises langues (dont moi) et confirme qu’il a sa place sur cette affiche. Il n’y a qu’à observer autour de soi durant la prestation : la foule chante à tue-tête les hymnes autant que les morceaux les moins connus du grand public. Il n’y aucun doute, il y a du fan en masse ce soir. Matt, Chris et Dom ont donné un très bon concert encore une fois.
C’est bien d’être près des grandes scènes. Mais cela implique un temps interminable pour s’extirper de cette foule. Surtout lorsqu’on veut rejoindre la Warzone pour aller voir les Sex Pistols. Le temps de rejoindre le point de chute qu’il est impossible de se frayer un chemin pour voir la scène tellement il y a de monde. Ils auraient mérité une mainstage. Je tente d’approcher d’un côté ou d’un autre, rien à faire. J’abandonne à contre-cœur et je vais me consoler avec un riz au lait. Ouais, je sais, c’est pas très punk tout ça.
HERMANO
Bruno : Mes habituels déplacements durant le Hellfest se faisant le plus souvent de l’Altar vers la Temple et inversement, je change un peu mes habitudes pour un Valley-Warzone-Valley pour assister à la très attendue prestation d’Hermano. Le groupe de Stoner s’étant fait très rare ces dix dernières années, autant vous dire que certains avaient coché la date de ce concert depuis de nombreux mois.
Malgré quelques problèmes matériels du guitariste David Angstrom (à gauche sur scène), les cinq ricains ont mis les choses au point rapidement : si vous cherchiez les boss parmi les formations de Stoner, vous pouviez arrêter vos investigations, ce sont eux !
John Garcia (Kyuss), impérial devant le micro, a mené la barque pendant l’heure qui leur était accordée, enchaînant les classiques de leur discographie.
Lien vidéo HERMANO :
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
SEX PISTOLS & FRANK CARTER
Bruno : Suite du défilé de légendes dans la Warzone avec le trio Steve Jones, Glen Matlock, Paul Cook.
Si quelqu’un m’avait dit en 1977 que je verrais les Sex Pistols en concert en 2025, je ne suis pas certain que je l’aurais cru, je suis même certain du contraire !
Grosse foule dans la Warzone qui a été carrément prise d’assaut pour un des gros événements de cette édition 2025.
Étant parti très rapidement dès la fin du concert d’Hermano, je réussis à me faufiler pour arriver environ à vingt mètres de la scène, un peu sur la droite (j’aurai pu m’approcher plus mais je ne suis pas du genre à bousculer tout le monde pour gagner dix mètres). Dès la première salve, la Warzone est devenue un pogo géant et, deux titres plus tard, je n’étais plus qu’à dix mètres de la scène, pour finir au deuxième rang au morceau suivant. Ne me demandez pas comment j’ai fait, ça m’a rappelé cette chanson d’Edith Piaf « Emporté par la foule » 🙂
Une fois devant, par contre, je n’ai pas décollé de là jusqu’à la fin du concert avec l’impression d’être dans une machine à laver en mode essorage.
J’ai l’habitude de ramener des vidéos des concerts auxquels je vais mais, là, j’ai assez vite abandonné l’idée de sortir mon téléphone pour ne pas finir comme le gars regardant par terre, essayant d’écarter les gens pour retrouver le sien qui était tombé au sol. RIP le téléphone.
Le seul moment un peu calme du concert étant le début de « My Way », la reprise de Claude François [NdC : reprise par Sinatra, qui engendre la reprise des Sex Pistols] immortalisée par Sid Vicious dans une vidéo bien délirante en 1979.
Frank Carter quant à lui, a joué le rôle de détonateur avec sa fougue habituelle et son incursion au milieu du pit sous le regard inquiet des mecs de la sécurité auxquels il répétait que tout allait bien, pendant qu’un circle pit se mettait en place autour de lui.
En résumé, les Sex Pistols ont mis le feu dans la Warzone pour ce qui restera, là aussi, un des événements importants du week-end.
Fin de cette deuxième journée et ses seize concerts. Il est temps d’aller se coucher !









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