Destrock Fest (Guilers, 29)
Texte : Seb D
Photos : Mémé Migou
Vidéos : Bruno Guézennec
Samedi 4 octobre 2025
“Happy birthday to you !
Happy Birthday to you !
Happy birthday to you Destrock !
Happy birthday to you !”
Cela fait quinze ans que l’association brestoise Destrock se démène à organiser des concerts de Metal (et de Rock) en faisant venir des gros noms de la scène française jusqu’au bout de la pointe bretonne. Grâce à eux, nous avons pu voir des formations prestigieuses telles que Loudblast, Akiavel, Destinity, Bliss of Flesh et bien d’autres encore, régalant au passage les amateurs de décibels dans les cages à miel. À chaque date, un seul impératif : programmer des groupes locaux.
Quinze ans, ça se fête ! Et n’y a-t-il pas meilleure façon de souffler ses bougies que d’organiser un festival ?
Le Destrock Fest 2025 a bousculé un peu ses habitudes. De deux jours nous passons à une seule journée et, cette année, le festival quitte son habituel Espace Léo Ferré de Brest pour investir les murs de l’Espace Jean Mobian (ex-Agora) à Guilers. On reste tout de même dans la métropole brestoise. La salle est bien plus spacieuse, tout comme la scène sur laquelle vont bientôt se produire les six formations prévues à l’affiche.
Dès l’entrée, on nous donne un petit billet sur lequel nous devons indiquer nos noms et notre numéro de téléphone ; celui-ci nous permet de participer à une tombola pour gagner l’un des cinq lots mis en jeu. C’est leur anniversaire mais c’est à nous qu’on offre des cadeaux ! C’est-y pas beau, ça !
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L’affluence est déjà bonne lorsque les Finistériens d’Hadès Project investissent la scène. C’est une jeune formation mais les membres la composant sont de vieux briscards que nous avons déjà pu voir sur les planches avec des groupes comme Teska ou encore Lazhadek. Une certaine pression pèse sur leurs épaules car, non contents d’ouvrir les hostilités, il ne s’agit que de leur deuxième concert.






Au menu, un Death Metal Mélodique inspiré des plus grands : on y retrouve le côté rageur d’un Dark Tranquillity époque The Gallery / The Mind’s I, la flamboyance d’un In Flames (quand ils faisaient de la bonne musique) et le panache d’un At The Gates. Avec sa voix, Pierre apporte une touche de brutalité contrebalançant les déferlantes de riffs et notes mélodiques servies par les deux guitaristes, Eric et Léopold. La section rythmique, en véritable architecte, bâtit une base solide sur laquelle le reste de l’équipe peut se reposer. La prestation n’est pas dénuée de quelques petites imperfections ne mettant pas à mal la qualité de celle-ci. Le show est encore en rodage, il est normal que tout ne soit pas parfait. Cette date est l’occasion pour les Brestois de nous présenter leur premier EP Unleashing Hell, une carte de visite qui risque de plaire à tout amateur de Death Metal tant la qualité est au rendez-vous. Nous avons là un sérieux prétendant au trône du Death Metal breton. Vous n’avez pas fini d’entendre parler d’eux.






Lien vidéo HADÈS PROJECT :
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Ce sont les voisins costarmoricains de Tregorgones qui prennent le relais, toujours dans une veine Death Metal où la mélodie est également présente mais enrobée d’une bonne couche de gras. Adrien, le nouveau bassiste, a bien pris ses marques depuis le passage de trio en quatuor à tel point qu’on dirait qu’il a toujours fait partie de l’aventure. Les dates jouées durant l’année écoulée, dont une mini-tournée entre le Nord de la France et la Belgique, ont permis à la formation de roder leur set.









Et force est de constater que la nouvelle formule fonctionne à merveille. Damien est libéré d’avoir lâché sa quatre-cordes pour se consacrer uniquement au chant guttural. Nous tenons ici notre « Corpsegrinder » breton. La dualité entre le chant d’outre-tombe de Damien et plus criarde de Guillaume n’est pas mise au placard pour autant, mais elle se fait plus discrète aujourd’hui car le micro du guitariste / chanteur est sous-mixé. Le Death Metal de Tregorgones se veut également technique mais toujours au service de la musique. Melaine, le batteur, et Guillaume ont une maîtrise totale de leur instrument respectif, nous éblouissant de leur dextérité mais sans jamais en faire des tonnes. La belle ovation en fin de set ne laisse aucun doute sur l’adhésion du public. Le groupe bosse actuellement sur un album que nous attendons avec impatience.









Lien vidéo TREGORGONES :
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Changement radical de style avec Heavylution qui, comme son nom l’indique, donne dans le Black Metal Symphonique. Mais non, c’est bien du Heavy Metal que va nous servir la formation venue tout droit de Saint-Etienne. Avec dix ans d’expérience au compteur, on sent le groupe chevronné.









Le set est très en place et les musiciens ont tous un niveau de fou. Les cavalcades rythmiques et les soli dignes des plus grands représentants du style ne me laissent pas insensibles. Je rentre instantanément dans le concert. Paul, le chanteur, maîtrise son chant à la perfection ; j’y trouve par moment des tonalités proches de Bruce Dickinson (chanteur d’Iron Maiden). La reprise impeccable du « The Evil That Men Do » de la vierge de fer, reprise en chœur par une audience totalement conquise, ne fera que conforter mon ressenti. À la moitié du concert, une personne de l’organisation montre un petit panneau au chanteur. Celui-ci, décontenancé, s’étonne d’y voir inscrit qu’il ne leur reste plus qu’un titre à jouer. Du retard a été pris depuis le début du festival mais il trouve dur, vu la distance parcourue pour venir jusqu’ici, de ne donner qu’une moitié de concert. Finalement, les Stéphanois pourront jouer plus longtemps mais la setlist sera tout de même amputée de trois titres. Dommage, car j’en aurais bien pris vingt minutes de plus tellement c’était bon. Un des moments forts du festival. À revoir d’urgence.











Lien vidéo HEAVYLUTION :
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En début de semaine, l’orga a annoncé le désistement du groupe Nightmare pour raisons familiales et personnelles. Trouver une autre formation dans un délai aussi serré n’est jamais simple mais Franck et son équipe ont su trouver un remplaçant de choix en Bad Situation. Le duo Rock / Metal Alternatif parisien a le vent en poupe, d’une part parce que Aziz Bentot, son chanteur / guitariste, n’est autre que le visage qui se cache derrière le pseudo “Dealer 2 Metal” (l’un des gros bonnets du YouTube game Metal Français) et d’autre part car les deux compères ont écumé de nombreuses scènes prestigieuses, dont la Mainstage du Hellfest en 2024. Autant dire qu’ils ne craignent pas de relever ce genre de défi.









Personnellement, la musique du groupe ne me touche pas plus que ça. C’est pour cette raison qu’en début de set, je reste en fond de salle pour les observer tout en discutant avec Guillaume de Tregorgones. Je décide tout de même de me rapprocher de la scène au milieu de la prestation car l’énergie délivrée par le groupe ne me laisse finalement pas indifférent. Il faut dire qu’ils donnent tout pour embarquer le public avec eux. Aziz descend même dans la fosse pour jouer un titre alors qu’un circle-pit se forme autour de lui pendant que son compère, Lucas Pelletier, martèle sa batterie avec une telle force qu’il casse une de ses baguettes en fin de prestation. Ils terminent le set rincés mais avec la fierté d’avoir fait un carton plein auprès des festivaliers.




Lien vidéo BAD SITUATION :
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Arcania va jouer de malchance. En effet, durant les trois premiers titres, la guitare du chanteur est inaudible. Sur le coup, je pense que la batterie est mixée trop en avant et que celle-ci écrase tout le reste mais pas du tout, le son de la gratte ne ressort pas en façade. Ce qui ne rend pas grâce à la richesse de son Thrash Metal tant les mélodies ici sont au centre du débat. Le groupe ne s’en aperçoit pas tout de suite car au niveau des retours sur scène, tout va bien. Le concert est interrompu pendant presque dix minutes avant de reprendre une fois le problème résolu. Cette coupure casse le rythme du show et il va falloir quelques titres avant que le public ne se remette dans le bain.












Les Angevins vont tout mettre en œuvre pour embarquer l’assistance. Cela fonctionne sur une partie [Note de Mémé : parce que, qu’est-ce que c’est bon, Arcania, c’est mélodique, c’est classe, c’est au cordeau ! ] mais l’autre a déjà abandonné la fosse [Note de Mémé : pfffff…]. Et c’est bien dommage quand on connaît le talent de composition de la formation.
À revoir d’urgence dans de meilleures conditions.











Lien vidéo ARCANIA :
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Place aux patrons ! Loudblast en pionnier de la scène extrême française fête cette année ses quarante ans de service. C’est donc aux Lillois que revient l’honneur de clôturer cette édition 2025 du Destrock Fest. On les sent heureux d’être là. Peut-être un peu trop “joyeux” même, oserais-je dire : en effet, on dirait bien que Stéphane Buriez, véritable tenancier de l’iconique formation Death Metal française, a un peu abusé de l’hospitalité bretonne et de l’apéro qui va avec. Ses interventions entre les titres et ses taquineries complices avec le public ne trompent pas. Mais qu’importe ! Ce qui compte c’est la musique, non ?









S’il y a bien un domaine où on ne peut prendre Loudblast en défaut, c’est bien la scène. Ce soir, il va le prouver encore une fois en offrant une setlist en forme de best-of, balayant toutes les périodes et piochant des titres sur presque tous les albums de sa riche discographie. Les nouveaux morceaux extraits de la dernière offrande en date Altering Fates and Destinies se fondent à merveille parmi les classiques tels que les indéboulonnables “Subject To Spirit”, “No Tears to Share” ou encore “Cross the Threshold”. L’efficacité est là et le public mange dans la main de Stéphane Buriez et ses acolytes. Enfin, ceux qui sont encore là car la salle s’est sacrément vidée durant le set. La faute à quoi ? Je ne saurais dire. Peut-être que certains estiment qu’on voit trop souvent le groupe ou que celui-ci est en roue libre ce soir, donnant l’impression de ne fournir que le minimum syndical. Ce ne sont que des suppositions.
Quoi qu’il en soit, j’ai trouvé le concert très bon, comme à chaque fois avec ce groupe, offrant un beau final au festival.









Lien vidéo LOUDBLAST :
Franck Bugny et son équipe nous ont encore gâtés avec un événement de qualité que ce soit au niveau de l’accueil ou de la programmation proposée. Mais à l’heure du bilan, celui-ci s’annonce un peu mitigé avec seulement 260 entrées payantes. Un peu en deçà des espérances de l’orga.
Ne gardons que le positif et rendez-vous le 7 février 2026 pour le Destrock Winter Fest à l’Espace Léo Ferré à Brest !










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