Genre : Opera Metal/Power Metal
Label : Inverse Records/ Indé?
Sortie : 12 Janvier 2026
Note : 70/100 (WvG)
Brille, brille petite étoile
Dans la nuit qui se dévoile :
Tout là-haut au firmament,
Tu scintilles comme un diamant…
Brille, brille petite étoile,
Veille sur ceux qui dorment en bas.
Oui, je me sens d’humeur comptine pour vous parler d’une petite étoile, une astérisque donc, bon motif pour aborder l’EP du « groupe » polonais Asterise intitulé Twilight Opera.
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Faisons direct pour éviter de faire perdre du temps aux « extrémistes » : c’est pas Metal. Pas de tremolo picking, pas de blastbeat, pas de greuh greuh mais des voix claires, les sons sont harmonieux, il y a des gammes chromatiques, des marches diatoniques, tout ça… vous pouvez donc fermer cette fenêtre tout de suite.
Les autres, plus ouverts que la fenêtre évoquée ci-dessus, vous pouvez rester et apprécier soit la lecture soit l’écoute un peu plus bas.
Néanmoins, on ne va pas faire dans la fenêtre d’Overtone et pour rester dans les principes harmoniques, je vais mettre des bémols et des nuances dans mon propos, à commencer par les guillemets que j’ai apposé sur « groupe ». Effectivement, le rendu est celui d’un groupe, avec le combo traditionnel guitares-basse-batterie-chant… et claviers, du genre à remplacer un orchestre (principalement Cordes et Bois) ; oui, c’est du sympho ! (Étonnant, hein ?) Mais surtout c’est initialement le projet d’un guitariste et d’un claviériste fans de Gamma Ray, Stratovarius et… Avantasia, ce qui est indéniable tant sur l’approche globale que le concept, celui d’un Metal Opera (heureusement que j’ai dit plus haut à certains de partir, j’entendrais déjà les grincements de dents rien que pour le mélange qui semble antithétique).
Donc… c’est avec le temps (et deux albums précédents) le projet désormais solo du guitariste Bartlomiej Mezynski et de plein d’invités pour illuminer ce projet dans les ténèbres, au clair de la lune. LE vrai reproche que j’ai à faire à celui-ci est, et de manière non dissimulée, une copie d’Avantasia, pas le Avantasia que j’aime (en gros les deux premiers opus, ceux typés Speed Mélo) mais celui depuis The Scarecrow, un peu plus teinté Rock/Metal Sympho que Speed (d’autant quand le précédent album d’Asterise, Tale of a wandering Soul, allait déjà plus taper dans la dynamique et l’énergie du Avantasia première période).
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Ceci étant posé, mettons-nous dans la posture du néophyte dans le genre ou de celui qui découvre le projet (ce qui est mon cas) et sans chercher ou connaitre les motifs de comparaison. On a donc dans l’oreille un EP de vingt-quatre minutes (environ) réparti en quatre pistes oscillant entre les 4’30 et 7’30 (donc propices au développement), qui joue sur la narration et l’intervention de personnages, principe habituel de l’opéra rock ou metal, avec tantôt des voix qui jouent sur le timbre du narratif tantôt celui de l’aria ; je ne saurais vous fournir plus d’informations que reçues, le presskit étant assez dépouillé, ce qui n’est pas franchement optimal dans ce cas de figure de concept album qui nécessiterait davantage de développement sur la trame, la raison d’être, etc., et on va donc se fier au ressenti global : chaque piste de manière individuelle ou sur l’approche globale est équilibrée, tant dans le contenu que la production (même si je trouve le lissage malvenu et faisant manquer de reliefs), jamais franchement évidente à bien faire sonner sur du sympho du fait du mélange des fréquences des pistes multiples ; et là, indéniablement, c’est réussi, rien à redire sur le rendu final ou les interprétations.
Malheureusement, tout qualitatif qu’il soit, il manque des tas de choses selon moi. Déjà des leitmotivs, ou du moins des thèmes marquants : si on passe un moment pas désagréable, on n’en retient rien de particulier. Ensuite, la similarité avec du déjà-entendu ; certes, on a certainement fait le tour de la Musique, avec un grand M, et tout risque de sembler redondant donc pas transcendant, mais parmi la masse de possibilités d’harmonies, d’enchainements, de transpositions, de modulations, certaines sont encore nettement sous-exploitées, ce qui est le cas dans cet EP aux formules trop prévisibles. Et pour finir… un EP, pour un concept album de cette trempe… c’est un peu court, Asterise ! Court…
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Asterise, du haut de son troisième opus, propose un EP de qualité qui emmène dans les contrées oniriques ; on se penche à la fenêtre pour regarder les étoiles féériques en fredonnant mais la petite mélodie ne se démarque pas suffisamment du lot pour être mémorable. Peut-être que le prochain album me fera revenir sur mon appréciation.
Tracklist :
01 – Twilight Opera
02 – Eclipse
03 – Hope
04 – On my Way to Heaven
Line-up :
Bartlomiej Mezynski – Guitares & Basse
Ariel Perchuk – Claviers
Slawomir Siwak – Batterie
Mike Livas, Arnaud Menard, Luigi Soranno, Sozos Michael – Chant
Guest(s) :
Małgorzata Kilar – Violon solo









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