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Babylon Pression – Actif / Agressif (2025)

Genre : Punk / Hardcore

Label : Autoproduction

Sortie : 21 Février 2025

Note : 80/100 (Seb D)

“Je vous parle d’un temps

Que les moins de vingt ans

Ne peuvent pas connaître

La France en ce temps là…”

Ce n’est bien entendu pas de la France de “La Bohème” de ce cher Charles Aznavour dont je vais vous parler aujourd’hui mais bien de l’époque où le Néo Metal régnait en maître. Entre la fin des années 90 et le début des années 2000, tout groupe jouant des riffs simples, sous accordés avec un chanteur posant son flow rapé et / ou gueulard était potentiellement signable par les maisons de disques qui flairaient, à plein nez, les potentielles liasses de billets à encaisser. Peu importe la qualité, il fallait trouver le nouveau Korn, Deftones ou Limp Bizkit qui pourrait devenir la nouvelle coqueluche des fans du style et faire jumper les foules en Vans et baggys. Comme le reste du monde, la France n’a pas échappé au phénomène, voyant fleurir nombre de formations dans tous les coins de l’hexagone. Certaines d’entre elles se regroupant au sein de collectifs, afin de mieux allier leurs forces. Parmi les plus connus, nous avions : la Team Nowhere à Paris (Pleymo, Enhancer, Wünjo, Vegastar…), le Collectif Antistatic à Toulouse (Sidilarsen, Psykup, Delicatessen…) ou encore le Collectif Coriace à Marseille (Eths, Tripod, Fis(ch)er…). C’est de ce dernier qu’est issu Babylon Pression.

Bien que donnant plus dans une Fusion rageuse que dans le Nü Metal à proprement parlé, le quintet phocéen, se fait embarquer par ce raz de marée et profite de cette aubaine pour faire circuler son nom, se produire sur de belles scènes et récolter au passage un succès avec son premier album Négative Génération en 2004. Mais comme toute mode musicale, après quelques années florissantes, elle s’essouffle et laisse place à un nouveau courant. C’est le Metalcore qui signera la fin de règne du Néo Metal.

Lorsque Babylon Pression revient avec son deuxième album Travaille, consomme et meurs en 2007, c’est un nouveau visage, en forme de virage à 180°, que le groupe présente à ses fans, qu’il surnomme amicalement “les fumiers”. Il revient sous la forme d’un quatuor (toujours le même à ce jour). Out Sébastien, le deuxième chanteur, et Ludovic, le bassiste. Ce dernier est remplacé par Roswell, quatre cordistes, qui a quitté son groupe d’origine Eths. Le ton se fait plus cinglant, mettant le doigt là où ça fait mal. Crachant son venin, sans filtre, sur les travers et dérives d’une société capitaliste et de consommation de masse. Tout ça sur fond de musique Punk / Hardcore. Ce sera, au passage, sa dernière sortie sur un label (Season Of Mist), préférant pour la suite tout gérer de A à Z en passant par l’autoproduction. Histoire d’être raccord avec ses convictions et idéaux.

En 2025, c’est l’heure de souffler sur les bougies afin de fêter ses vingt-cinq ans. Les Marseillais décident donc pour l’occasion de revenir sur la totalité de leur carrière en ré-interprétant vingt-cinq titres en mode live studio pour un total de deux heures de musique. Et qui dit anniversaire dit invités. Les copains, d’IAM, Oneyed Jack, Motocuir et Los Disidentes Del Sucio Motel ont tous passé une tête afin de participer à la fête en posant scratchs, accords de guitare ou flow sur certains morceaux. Les ré-interprétations sont dans l’ensemble assez fidèles à leur pendant studio mais la mise en son signée Olivier Reyre et Gaël Hallier fait respirer davantage et sublime chaque morceau, donnant à l’ensemble un côté plus rock’n’roll et moins brut de décoffrage. Comme un gros glaviot craché à la gueule mais avec beaucoup d’élégance.

La beauté n’est pas que dans le son, elle est aussi dans l’emballage. Car oui, c’est bien Babylon Pression qui offre le cadeau à ses fans les plus fidèles. L’album, précommandable lors d’une campagne de crowdfunding, se présente uniquement sous la forme d’un triple vinyle gatefold blanc, édité à seulement trois cents exemplaires, numérotés à la main et dédicacés. Le tout emballé par une somptueuse pochette en noir et blanc dessinée par Oh.riane Schneider.

Malgré ces deux heures, l’écoute se fait assez facilement, sans forcément trouver le temps long. Les personnes qui, comme moi, avaient un penchant pour le Babylon Pression des débuts en auront pour leur compte car seulement deux titres sont issus de cette période : “Classé X” et “Personne”. À part un inédit acoustique en dernière piste (“La Raclure”), les vingt-deux autres morceaux mettent en avant le visage Punk / Hardcore de leur discographie avec cinq ou six titres par disque. C’est ce que je trouve dommage et ce qui fait que ma note ne va pas au-delà du 80/100. Une telle rétrospective aurait pu permettre de rejouer des anciens titres comme “Négative Génération”, “Babylon Assassine” ou encore “La Foi”. Mais cela peut aussi se comprendre car ces années sont assez lointaines pour les Marseillais et ne collent plus véritablement à l’esthétique musicale adoptée depuis maintenant bientôt vingt ans. Et puis, si vous n’êtes pas content, comme le dit si bien le slogan de nos quatre lascars : allez tous vous faire foutre !

Tracklist 

01 – Classé X (First Blood Mix)

02 – Qui domine ?

03 – Je m’en sortira

04 – Les banquiers vont sauver ta vie

05 – Filme la police

06 – Sandwich à la merde

07 – Champagne

08 – Je ne sers à rien

09 – Rock Warrior

10 – La bite

11- La boîte à partouze

12 – Tellement de connards, si peu de cartouches

13 – À force d’y croire

14 – La France a peur

15 – C’est la merde

16 – Allez tous vous faire foutre

17 – La loi de la rue

18 – La pinte

19 – Verse la javel

20 – Des tasers et des pauvres

J21 – e suis malade

22 – Seul parmi les autres

23 – Personne

24 – La vie sous vide

25 – La raclure (acoustique)

Line up :

Mat Peq – Chant

Ju – Guitare

Roswell – Basse

JB – Batterie

Guests :

DJ Kheops (IAM) – DJ (Classé X (First Blood Mix) et Rock Warrior)

Imhotep (IAM) – DJ (Rock Warrior)

Befa (Oneyed Jack) – Chant (Sandwich à la merde)

Nick Peq (Motocuir) – Guitare (Champagne)

Nicolas Foucaud (Los Dissidentes Del Sucio Motel) – Guitare (Tellement de connards, si peu de cartouches)

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