Style : Black Metal
Label : Les Acteurs de L’ombre
Sortie : 12 juin 2026
Note : 90 / 100 (LB D)
Originaire d’Arrasate ou de Mondragón (on dit les deux) au Pays Basque espagnol, Numen revient en force cette année avec son cinquième album, le deuxième pour le label français Les Acteurs de l’Ombre depuis qu’ils ont sorti Iluntasuna besarkatu nuen betiko en 2019. Après sept ans d’abstinence, j’attendais donc vraiment avec impatience une nouvelle offrande depuis un bon petit moment, surtout que les news concernant le groupe arrivaient à dose homéopathique ces dernières années. Tout aussi rares que leurs prestations scéniques d’ailleurs, à part quelques gigs lors des soirées organisées par leur propre label, on n’avait pas grand-chose à se mettre sous la dent.
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Fidèle à ses racines, ce nouvel album, qui s’appelle tout simplement Erre (brûler en français) est entièrement chanté en euskara ou basque pour faire simple. Pour info, c’est l’une des langues les plus vieilles au monde et on la parle encore des deux côtés des Pyrénées occidentales, que ce soit en France ou en Espagne.

À travers ces cinq titres évoquant les chasses aux sorcières et l’Inquisition du XVIIe siècle, Numen a choisi avec ce nouvel album de revenir à l’essentiel, de revenir aux sources en quelque sorte. Ils nous balancent un Black Metal agressif et sans concession où les instruments traditionnels basques sont relégués au second plan, voire presque inexistants. Il est vrai que des instruments comme l’alboka ou la flûte étaient bien plus présents sur les premiers albums, mais ici, on ne les retrouve quasiment que sur le premier et le dernier titre.
C’est donc pied au plancher que nous attaquons cet opus, y’a même pas une petite intro à nous mettre sous la dent, niet, que dalle. On se prend un Black Metal brut et sans chichis en pleine face. C’est du Black Metal à la fois épuré et brutal mais dans un style qui reste très atmosphérique, dans la pure tradition nordique des années 90. Mais sans les Corpse Paint et autres instruments qui pourraient nous apporter un surplus de mélodies, pas forcément nécessaire qui plus est. À peine avons-nous droit à quelques notes de guitare acoustique au début ou à la fin des morceaux qui nous rappellent qu’on est censés écouter un groupe de Black/Folk Metal. Ouais, mais bon, ça c’était avant et de mémoire, le virage avait déjà été amorcé sur l’album précédent.

Les riffs sont puissants, tranchants et ils vous déchirent les ischios comme un sprinter en plein effort. C’est Sistre qui est derrière les fûts pour cet album, on le connaît bien en France parce qu’il est aussi le batteur des Chants de Nihil ou encore d’Omegaeternum pour les plus connus. Il forme avec Lander à la basse une section rythmique redoutable, suffisamment variée pour éviter toute monotonie. Ça vous envoie une énergie constante qui finit par vous donner mal au crâne, au point qu’il faudra prévoir une boîte de Doliprane si vous voulez tenir le coup. L’intensité est dingue, On n’a même pas une petite plage de repos pour reprendre son souffle, à peine un ralentissement de tempo, Ah si, j’en ai débusqué un sur le premier titre, mais c’est tout.
Certes, les morceaux sont parfois assez longs, mais une chose est sûre, on ne s’ennuie jamais. Le chanteur, avec sa voix stridente, hurle à la mort des textes sentant vraiment bon le Pays Basque. Le rendu est à la fois unique, percutant et assez inhabituel, j’oserais bien la comparaison avec le chant de Legion sur le Panzer Division de Marduk d’ailleurs. Leurs compos sont bien foutues et balancent des mélodies impressionnantes, ce qui crée un black metal authentique avec une intensité implacable. Numen a du caractère, ça s’entend dans leur musique, et ça fait que chaque petit détail est super bien audible. Quand ils ont envie de se déchaîner, ils le font avec force ; quand ils veulent explorer la noirceur et la mélancolie tout en restant brutaux, ils le font avec la même ferveur. Ces deux facettes sont partout, comme un feu qui brûle sans arrêt et qui ne s’éteint jamais, d’ailleurs, comme par hasard, on l’entend qui crépite à divers moments, notamment sur la fin de l’album.
Ce n’est pas la formation la plus connue de l’écurie des Acteurs De L’ombre, mais elle mérite qu’on s’y attarde un peu plus parce que les Basques nous ont pondu un superbe album dont la production est particulièrement remarquable. On retrouve bien le caractère de Iluntasuna besarkatu nuen betiko, mais, ici, ils l’ont poussé à son paroxysme et surtout, ils ont réussi le pari de nous tenir en haleine jusqu’au bout. Du moins, pour moi c’est sûr
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C’est un retour aux sources plus que réussi pour le groupe et ça fait plaisir de voir qu’ils ont pu et su garder cette énergie après sept ans d’absence. Allez, espérons que le prochain album ne se fera pas attendre aussi longtemps.
Tracklist :
01 – Kez Beteriko Zeru Penatua
02 – Negu Itxian Urtarril Hotza
03 – Errautsen Azken Arnasa
04 – Hustasuna – Oroitzapen Galduen Putzua
05 – Euria Infernuko Sutan
Line – up :
Lander – Basse, Flûte, Alboka
Jabo Numen – Guitare
Eöl – Claviers, Chant (backing)
Aritz Navarro – Chant (lead)
Sistre – Batterie









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