Genre : Black Metal Progressif
Label : Nicolas Percussive Spectre
Date : 28 août 2026
Note : 98 / 100 (LB D)
La perfection n’existe pas, mais on peut s’en approcher
Une fois n’est pas coutume, je ne vais pas commencer ma chronique par une présentation de groupe, tout simplement, parce que je l’ai déjà faite pour l’Éclat du Déclin sur l’album précédent. Donc, si vous voulez en savoir plus sur l’histoire de ce projet, et de son créateur, Julien Hovelaque, n’hésitez pas à consulter mon article qui se trouve facilement dans la rubrique « Chronique » de notre Webzine.
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Je suis souvent partagé entre l’excitation et la crainte lorsqu’un groupe que j’aime plus particulièrement nous annonce un nouvel album. En réalité, c’est la peur qui prédomine toujours, la peur qu’il me déçoive, que la nouvelle direction musicale ne me convienne pas, ou, encore pire, qu’il ait décidé de ne plus jouer ma musique de prédilection. C’est donc avec une certaine appréhension que j’allais assister à la Listening Party d’Avide d’Absolu, la nouvelle œuvre de l’Éclat du Déclin, le 28 août dernier.

Autant vous le dire tout de suite, il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour être rassuré. À peine deux-trois minutes après ces vrombissements de basse à la fois surprenants et inquiétants qui servent d’introduction. Mais c’est surtout l’apparition des premiers riffs et des voix qui m’ont réconforté et convaincu que cette écoute ne serait pas une déception.
Dès la première piste, on retrouve tous ces ingrédients qui ont fait le succès des albums précédents. En premier lieu, ce Black Metal profondément ancré dans les années 90, omniprésent et tellement percutant qu’on pourrait croire que c’est ce que Julien a créé de plus violent et intense pour l‘Éclat du Déclin. Ensuite, il y a ces passages progressifs qui se mêlent à cette sauvagerie. Encore une fois, on se délecte de ces instants de pur bonheur. Souvent, ils sont accompagnés de magnifiques mélodies variées et toujours inspirées. Parfois apaisantes, parfois empruntes de mélancolie, elles ne sont jamais trop longues ni trop courtes, mais toujours parfaitement placées. Cela permet à l’auditeur de rester constamment attentif.
Un album de l’Éclat du Déclin n’en serait pas vraiment un sans ces quelques beat techno éparpillés ici et là. Il y en a un qui m’a vraiment marqué, celui qui arrive à 3’10 sur le deuxième morceau « J’ai été la couleur ». Il va passer de votre oreille gauche à votre oreille droite, et inversement ; écoutez-le au casque, l’effet est garanti et vraiment surprenant.
S’il y avait une petite évolution à noter par rapport à l’album précédent, ce serait peut-être au niveau des vocaux : alors que le chant d’écorché vif est identique quoique bien plus émouvant et sincère à divers moments, comme sur “Sentinelle perdue” par exemple, c’est surtout le chant typique du Black Metal qui a vraiment évolué. Il y a eu un vrai travail pour le rendre encore plus maléfique, plus malsain, un peu comme si le malin s’était invité à la fête. Le growl n’est pas en reste non plus, je le trouve bien plus profond et bien plus caverneux qu’à l’habitude. À tel point qu’à la première écoute, j’ai bien cru qu’un growler était venu suppléer Julien. Bon sang, j’ai vraiment sous-estimé notre artiste car c’est bel et bien lui qui nous régale avec toutes ces performances vocales.
On peut également mettre en avant le super boulot sur la production, ou même le fait que la batterie programmée a un son qui ressemble franchement à une vraie batterie. Sans oublier la basse, pour notre plus grand bonheur, qui est bien plus présente que d’habitude et, surtout, elle ressort vraiment dans le mix final, permettant ainsi d’arrondir les angles tout en apportant une belle profondeur aux compositions.
Le résultat dépasse vraiment toutes mes attentes. Les compositions ont gagné en envergure, en dynamisme et en ambition. Certes, peut-être un peu moins complexe, plus direct et, pourquoi pas, plus accessible que Le Hurlement des Sphères, mais ça, je vous laisserais seul juge. Quoi qu’il en soit, tous les fans de Black Metal, peu importe qui ils sont, devraient y trouver leur bonheur.
Finalement, il n’y a pas de changements majeurs sur cet opus. J’y trouve beaucoup de parallèles entre ce que Julien a réalisé avec ses quatre premiers albums et un entraîneur de foot qui rêve de gagner la Ligue des Champions. Le coach commence par construire une équipe solide pour établir une bonne base de travail, puis, au fil des saisons, il peaufine et améliore celle-ci pour la rendre la plus compétitive possible, toujours avec l’objectif d’accéder sur les toits de l’Europe. Julien, lui, a d’abord créé son propre univers, puis, d’album en album, il n’a cessé d’évoluer et d’enrichir sa musique. Avec Avide d’Absolu, le stade du perfectionnement est atteint, comme en témoignent les quelques ajustements apportés à la basse et au chant que j’ai mentionnés plus haut. De ce fait, on peut considérer que cette œuvre est la plus aboutie à ce jour
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Avec ce nouvel album, L’éclat du Déclin a vraiment atteint des sommets impressionnants. Pour rester dans la comparaison avec le foot, j’utiliserais l’expression “dernier carré de la Champions League”. Alors, si vous n’avez pas encore découvert ce projet, c’est le moment parfait pour tendre vos esgourdes et lui donner la reconnaissance qu’il mérite. Et qui sait, soyons un peu fous, peut-être qu’on pourra le placer comme une référence dans le paysage du Black Metal français. Pour moi c’est fait ! Mesdames et Messieurs, vous qui lisez cette chronique, la balle est dans votre camp, à vous de jouer.









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