LE CHAMP LOUET (Clisson, 44)
Du jeudi 18 au dimanche 21 juin 2026Texte : Bruno Guézennec et Seb D
Vidéos : Bruno Guézennec
N’ayant pas sollicité d’accréditation, par choix, c’est en qualité de festivaliers que nos deux comparses, Bruno et Sébastien, ont arpenté les scènes du Hellfest édition 2026. Ils vous livrent ici leurs impressions.
Vendredi 19 juin 2026
DRAGUNOV
Bruno : Présent dès 10h30 sur le site pour voir le concert des Nantais de Dragunov. Même si j’avais déjà assisté à une de leurs prestations par le passé au Spot, à Spézet (22),
en mai 2024. J’avais coché leur nom sur la liste des concerts à voir car celui des Côtes- d’Armor m’avait plu et je voulais les voir sur une grande scène.
Il faut croire que le groupe a les faveurs de pas mal de monde puisqu’une partie des membres du Forum du Hellfest s’est donnée rendez-vous devant la scène de la Valley malgré la programmation matinale (oui, 10h30 en festival, le deuxième jour c’est tôt).
Naviguant dans un univers post-apocalyptique russe, le duo arrive sur scène avec chacun un masque à gaz sur le visage et une chemise camouflage gris / bleu. Même si la journée du vendredi est l’une des plus fraîches de ce week-end à Clisson, en plein soleil, devant la scène, il fait tout de même une température assez conséquente.
Les masques ne tiennent que le temps du premier morceau, les deux musicos semblent soulagés de pouvoir les enlever, et tombent la chemise par la même occasion. C’est bien sympa les déguisements mais il faut savoir se mettre à l’aise quand on donne l’une des prestations les plus importantes de sa jeune carrière.
En trente minutes, les Nantais proposent aux spectateurs, plutôt nombreux en ce milieu / fin de matinée, un aperçu de ce dont ils sont capables. Ils nous offrent même une inversion des rôles en milieu de set, le batteur passant à la guitare et le guitariste à la batterie.
Un bon début de journée. Les applaudissements finaux prouvant qu’ils ont atteint leur objectif.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
WAKE THE DEAD
Bruno : Le temps de faire le court trajet jusqu’à la Warzone et je me place près des barrières pour assister à la prestation des Marseillais de Wake the Dead. Du HxC bien vénère emmené par Aleksandra, un petit bout de nana qui saute partout et qui prend le public à la gorge avant même le début du premier titre.
Le bassiste donne aussi de sa personne en sautant rapidement les barrières pour se retrouver au milieu d’un circle pit, puis sur les épaules d’un spectateur. Comment se mettre le public dans la poche dès le début. Simple, efficace !
Beaucoup de monde dans la Warzone (le concert commence pourtant à 11h05), les trente minutes octroyées aux sudistes passent bien vite, ce qui est généralement bon signe.
Une demi-heure ça peut paraître court mais c’est souvent la durée d’un concert de HxC. Ils ont su en tirer profit.
Là aussi le groupe a utilisé des extraits de mes vidéos pour illustrer leur passage au Hellfest, notamment le moment où le bassiste part dans le public.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
ESODIC
Seb : On se remet doucement des excès de la veille mais sans trop traîner car l’objectif est d’être sur site pour 11h40. C’est que je ne veux absolument pas rater Esodic. Pour les avoir vus à deux reprises au mois de janvier lors de leur tournée commune avec Anthares et pour avoir eu la chance de les interviewer, je sais à quel point cette date est attendue par notre quatuor. Dès l’arrivée sur scène, on sent le groupe très concentré et déterminé à donner le meilleur d’eux-même. C’est aidée par une très bonne mise en son que la formation nous sert son Death Metal enrichi de touches d’instruments orientaux (sur bandes) et commence à faire bouger gentiment les metalleux matinaux. Kévin McCombs, yeux rivés vers le fond de la tente, dégueule ses vocalises brutales captant l’attention d’une foule grossissant au fur et à mesure que le set défile. Mo Lamastro ravit les six-cordistes en herbe avec sa dextérité. Ses doigts défilent sur le manche avec une facilité déconcertante. Son camarade Austin Burleigh ne fait pas pâle figure non plus, assurant une rythmique sans faille. Mais l’atout maître de la troupe reste le patron et leader Zed Amarin qui, derrière ses fûts, inflige un tempo soutenu, tout en technicité, et bâti une ossature solide à l’ensemble. Très malin de la part de la formation de dégainer, en milieu de set, une reprise en mode brut de décoffrage, du “Battery” de Metallica qui permet de se mettre définitivement le public dans la poche jusqu’à la fin du concert. Pari réussi pour nos amis qui ont conquis de nouveaux fans au passage, c’est certain.
Bruno : Ce groupe américano-jordanien était peut-être inconnu de la majeure partie du public du Hellfest avant leur programmation mais c’était loin d’être mon cas.
Cela remonte à la venue en France de Lacabra, formation de Death Metal de Seattle, qui a donné plusieurs concerts en 2024 en compagnie d’Anthares et Infern. Ces trois groupes méritant amplement d’être programmés dans l’Altar en 2027 !
Le batteur de Lacabra étant indisponible, c’est Zed Amarin (le batteur d’Esodic) qui le remplaçait sur la tournée bretonne / française. Je les avais vus en live à Morlaix (29) et Spézet (22). J’avais donc entendu parler de et écouté son groupe.
En janvier 2026, Zed est revenu en France, avec Esodic cette fois-ci, pour une série de concerts avec Anthares et j’avais eu l’occasion de les voir deux fois en live à Morlaix et Saint-Thonan (29).
Quand je me suis pointé sous l’Altar, je savais donc déjà exactement à quoi m’attendre de leur part : un Death Metal de qualité, accompagné sur certains titres par de la musique folklorique du Moyen-Orient (comme sur le titre « Consequence »), qui confère à ces morceaux une touche originale et le petit truc en plus qui fait que l’on tend immédiatement l’oreille en se disant « tiens, ce n’est pas habituel ça ! ».
On est une petite bande de potes de concerts (Sébastien, Migou, Fred, Jean-Marie, Franck…) à s’être donné rendez-vous devant la scène pour supporter Zed et ses musiciens.
Trente minutes, c’est court, mais le groupe a su donner le meilleur de lui-même lors de ce laps de temps.
Cela a l’avantage de produire un set intense où le combo peut présenter ses meilleurs titres sans craindre de lasser. Et puis ce petit goût de trop peu peut inciter les gens à aller écouter ce que propose le quatuor sur album.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
GRIDIRON
Bruno : Nouvelle traversée du site dans la largeur et retour en Warzone pour assister au concert, tout en finesse (non !) de Gridiron.
Encore plus de monde pour cette tranche horaire 12h15 / 12h45, la dernière de trente minutes, les groupes des quatre tranches horaires suivantes bénéficiant de quarante minutes sur scène.
Mais trente minutes, c’est largement suffisant pour les groupes de HxC dans le style de Gridiron ; ils ne jouent en général pas beaucoup plus même s’ils en ont l’occasion.
Les Américains proposent un HxC bien velu avec un chant rappé, des gros riffs et un enthousiasme suffisant pour bien mettre le feu dans le pit. Il faut dire que le public présent n’attend que cela et ne se fait pas prier deux fois pour lancer des pogos, des circle pits ou sauter en rythme.
Rien de bien original mais le groupe fait le job en nous balançant son gros son à travers la gueule.
Seb : N’ayant rien coché de particulier et m’étant initialement prévu un créneau pour aller acheter du merch au Sanctuary, ne voyant pas la queue débander comme la veille, je décide de suivre la troupe vers la Warzone afin d’aller voir les Américains de Gridiron et leur mix de rap et de Hardcore. Ça se laisse écouter mais il n’y pas de quoi se relever la nuit. Ce concert ne me laisse pas un souvenir impérissable. Next !
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
CRYPTA
Seb : Retour du côté de la Altar pour voir les quatre Brésiliennes de Crypta et leur Death Metal massif. La formation est visiblement attendue car il est très difficile de se frayer un chemin sous la tente tant celle-ci est pleine. Je reste donc en bordure, côté Temple, où je trouve un endroit où je ne vois pas trop mal et où le son est très bon. Les ayant déjà vues au Motocultor en 2024, où elles n’avaient pas bénéficié d’une mise en son optimale, aujourd’hui, c’est tout le contraire. C’est brutal et l’énergie déployée par le quatuor décuple cette sensation. On se prend un mur de son en pleine tronche et cela colle parfaitement à leur musique. La leadeuse, Fernanda Lira, tient le public entre ses mains et l’accueil qui leur est réservé est phénoménal. Nos Brésiliennes ont marqué encore des points avec cette date, faisant de ce groupe un des futurs grands noms.
REZN
Bruno : Changement d’ambiance en me rendant dans la Valley puisque Rezn (prononcer Reason, je crois) ne navigue pas musicalement dans les mêmes sphères que Gridiron. C’est normal me direz-vous, autrement ils auraient été programmés en Warzone. CQFD !
Les mecs de Rezn sont aussi Américains (Chicago) et je peux affirmer avec certitude qu’au moins deux membres du groupe sont fans de motos. Le batteur avec son t-shirt Honda et le claviériste / sampler (mais pas que) avec son t-shirt à manches longues de motocross.
Du Psychédélique, du Doom, du Stoner, vous mélangez tout ça, vous ajoutez une grosse touche de mélodie et des refrains bien entêtants et vous obtenez un concert de Rezn avec un claviériste, le « mais pas que » du dessus, qui joue aussi du saxophone sur certains titres.
Très belle prestation des quatre musiciens, qui étaient, je crois, très attendus sur la scène Stoner du Hellfest, le taux de remplissage étant conséquent.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
SORTILÈGE
Bruno : Dès les dernières notes de Rezn, je traverse le site dans sa longueur, et même sa diagonale, puisque je descends de la Valley vers la MainStage 1 pour voir le show de Sortilège.
Die Spitz et Ponte Del Diavolo qui passent au même moment sur les autres scènes ne m’inspirent pas. J’avais vu Sortilège pour la dernière fois au Motoc 2023 (la première fois c’était au Breaking Sound Festival en 1984 au Bourget !) et il y avait une grosse ambiance sous la tente.
Pas mal de monde malgré la chaleur et le célèbre Pascal qui arrose les vingt premiers mètres avec sa lance à incendie. Enfin qui essaye, car il a eu des problèmes de pression à certains moments. Beaucoup de fans de Sortilège évidemment, mais aussi pas mal de curieux venus assister à la prestation des légendes du Heavy Metal français.
Zouille (chant) et ses comparses déroulent les classiques du groupe et présentent des titres de leurs deux derniers albums, un bon mix des deux périodes.
Franchement, je préfère la voix de Zouille maintenant : il n’a certes plus les capacités vocales d’il y a quarante ans (quoi de plus normal) mais il monte aussi moins dans les aigus qu’avant, ce qui n’est, ma foi, pas plus mal.
Quel plaisir de réécouter les standards comme “Mourir pour une princesse”, “D’ailleurs”, “Chasse le dragon”…
Je n’aurais pas été contre un petit “Marchand d’hommes”. J’ai toujours adoré ce titre de Larmes de Héros (1986), mais le set ne durant que quarante minutes, le groupe a dû faire des choix.
Ce sera pour la prochaine fois.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
PONTE DEL DIAVOLO
Seb : C’est le moment d’enfin mettre un son sur cette sensation italienne dont le nom circule de plus en plus depuis la sortie de leur dernier album en date, De Venom Natura chez Season Of Mist. Je n’ai volontairement écouté aucune note de leur musique afin de me faire un avis en live. Ne regardant pas la scène dès l’entame du set, je me dit que la basse sonne étonnamment fort et que cela ne va pas être très agréable si l’ingé son ne corrige pas ça tout de suite. En fait, il y a deux bassistes sur les planches. Voilà une particularité du groupe qui aurait pu être un simple gimmick mais qui apporte au final un vrai plus. Les yeux se fixent instinctivement vers la chanteuse Erba Del Diavolo qui n’a pas son pareil pour capter son public, séduisant par ses lignes de chants variées et ses minauderies qui font fondre une bonne partie de l’auditoire masculin. Leur creepy Doom, flirtant par moment avec l’extrême grâce à quelques touches de Black Metal, les différencie complètement de leurs compatriotes de Messa desquels on les rapproche trop souvent et injustement, je trouve. Ajoutez à cela quelques notes de trombone pour enrichir le tout et vous obtenez mon gros coup de cœur de cette édition.
Le soleil cognant fort et un coup de fatigue se faisant sentir, je décide de retourner au campement. Ce qui veut dire une bonne marche de trente minutes aller et trente minutes retour. Je rate donc à mon grand regret les Ukrainiens de Stoned Jesus. Je profite de cet intermède pour me poser un peu sous ma tente, digne d’un sauna, manger un peu et surtout boire du soft bien frais. L’hydratation sera vitale lors de cette édition si on veut tenir le coup et ne pas faire de malaise.
CONJURER
Bruno : Étant semble-t-il motivé par les longs déplacements en ce vendredi, je remonte dès la fin du show vers la Valley pour voir jouer les mecs de Rugby. Je n’ai pas dit pour voir les mecs jouer au rugby, mais pour assister au concert du groupe originaire de la ville de Rugby, en Angleterre, là même où a été inventé le sport qui porte son nom.
Le set des Anglais brasse plusieurs styles : du Sludge au Doom, donc du lourd, avec un chant agressif qui va bien.
Beaucoup d’intensité, peu de temps de répit, même si quelques courts passages permettent de souffler un peu. Bon, ce n’est pas non plus du Grind ou du Brutal Death, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, on n’est pas sous l’Altar, il faut relativiser, mais c’est intense pour un concert dans la Valley.
Il est à noter qu’en 2022, pour le Hellfest n°2, Conjurer avait été programmé sous la Temple, avec de magnifiques lights malgré l’horaire de milieu d’après-midi.
Là encore, c’est l’après-midi (14h20-15h) mais sous le plein soleil de la Valley, donc pour les lights, évidemment c’est moins spectaculaire.
Grosses guitares, chant vénère, on sent qu’une agressivité se dégage de l’ensemble et que ça peut vous péter à la gueule à tout moment. Conjurer, c’est de la violence, mais contenue, du moins pendant un certain temps.
En tout cas, leur set est plaisant, les quarante minutes sont passées bien vite
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
POINT MORT
Bruno : Sur mon planning, j’ai prévu que ce slot suivant serait ma première pause depuis le jeudi 16h. Je viens de faire sept concerts depuis 10h30 (ça va bien), j’ai un petit creux, mais j’ai surtout neuf concerts à venir sous Altar / Temple. Il faut savoir s’économiser un peu.
Comme je suis un peu curieux, je me dirige quand même vers la Warzone où Point Mort s’apprête à attaquer son set.
Je regarde deux titres en entier mais ce groupe n’est pas pour moi malgré les très beaux décors sur scène (des fleurs partout) et le style assez énergique du combo.
Le truc qui me dérange le plus, c’est la voix de la chanteuse sur les parties les plus calmes. Je n’accroche pas du tout.
Si ce concert avait eu lieu plus tôt, ou plus tard, je serais peut-être resté jusqu’à la fin, quoique mon choix se serait plus porté sur Queensrÿche qui joue sur la MS1 au même moment.
Mais bon, j’ai une pause de prévue. Faut pas rigoler avec ça quand on compte faire plus de cinquante-cinq concerts en quatre jours !
C’est donc vers l’Altar que je me dirige, plus précisément vers le HellSnack en face d’Altar / Temple pour me remplir un peu l’estomac.
Le HellSnack a été mon lieu de repas pendant tout le Fest. J’ai commencé par les grignottes de poulet, rien d’extraordinaire, mais ça cale bien et on peut transporter le pochon avec soi sans craindre d’en mettre partout.
Le deuxième jour, j’ai goûté les boulettes vegan (il n’y avait plus de poulet à ce moment-là), et très bonne surprise, elles étaient excellentes, vraiment !
Du coup j’ai alterné grignottes et boulettes vegan les deux jours suivants.
La bouffe est vraiment secondaire pour moi en festival, je m’en fous royalement, je veux juste ne pas avoir faim ou avoir un coup de barre parce que le corps manque d’énergie. Je privilégie les trucs faciles à transporter pour lesquels on n’est pas obligé de s’asseoir pour manger. Même si j’ai posé mon cul par terre, à l’ombre, à ce moment-là, mais c’était en priorité pour reposer mes pieds.
SINSAENUM
Bruno : La dernière fois que j’ai vu le groupe, c’était à St Brieuc, en 2018, en compagnie d’Hatesphere et T.A.N.K., avec le regretté Joey Jordison (Slipknot) à la batterie, qui avait d’ailleurs offert sa peau de grosse caisse à la fin du concert à un mec du public qui n’avait rien demandé (la classe !). Line up complété par Frédéric Leclerc (Kreator, DragonForce, Loudblast) > guitare, Attila (Mayhem) > chant, Stéphane Buriez (Loudblast) > guitare, Heimoth (Seth) > basse. Paye ton super-groupe !
C’est maintenant André Joyzi, l’ancien tech batterie de Jordison, qui a pris la relève. À noter l’absence de Stéphane Buriez ce jour.
Frédéric Leclerc a dédié le titre « Last Goodbye » à leur ancien batteur légendaire au cours du concert. Grosse prestation du groupe, puissant, solide, Leclerc ayant un gros charisme sur scène. La setlist mélange les titres des trois albums, soit du bon Death, efficace avec ce qu’il faut de mélodie pour séduire les réfractaires au style.
Là encore, les quarante-cinq minutes allouées au groupe passent vite. J’aurais bien pris un titre de plus.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
MØL
Bruno : Ensuite, je fais le choix de Møl sous la Temple (il y a pourtant un Accept assez tentant sur la MS1), parce que j’ai vu les Danois au Motocultor en 2025 (https://www.youtube.com/watch?v=RUqizseup0Y&pp) et que j’avais pris une bonne grosse claque, alors que je ne m’y attendais pas du tout – les joies des découvertes. Ils avaient éclaboussé tout le monde de leur talent avec un chanteur qui occupait bien le devant de la scène.
C’est donc avec l’espoir d’un show aussi brillant que j’arrive devant la scène.
J’ai eu un peu de mal à reconnaître le frontman au début. Au Motoc, il était brun et avec sa chemise il faisait un peu style “mec des Caraïbes ». Là, il a les cheveux teints en blond et porte de larges lunettes à la monture noire. Sur le coup j’ai comme un doute.
À part le fait que les lights ne sont pas aussi superbes qu’au Motoc (les tentes du Motoc sont assez sombres et les éclairages ressortent mieux), le groupe tient la scène avec brio et musicalement, leur Shoegaze / Blackgaze mélodique et intense fait encore des merveilles.
Le public rentre rapidement dans le trip Møl et c’est devant une tente conquise que le show se déroule.
Sur disque, je suis un peu moins convaincu (quoi que je n’ai sûrement pas écouté suffisamment longtemps leurs albums) mais, en live, ce groupe peut mettre n’importe quel public dans sa poche avec sa musique et son attitude.
Mon « pote des barrières », un mec que je retrouve avec très grand plaisir tous les ans, uniquement au Hellfest, dans l’Altar et surtout la Temple, est lui aussi impressionné par le concert. Il reçoit la même claque que moi l’année dernière. Je l’avais pourtant prévenu qu’il y avait de grandes chances que ce soit un beau moment.
Møl, le groupe que sûrement personne ne va citer dans ses concerts préférés du Hellfest mais que tous ceux qui les ont vus n’ont qu’une envie : les revoir rapidement.
N’ignorez pas cette formation, ce serait une belle erreur surtout si vous aimez Deafheaven ou Harakiri For The Sky (en version plus mélodique).
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
SEPULTURA
Seb : Lorsque je reviens sur le site, Accept entame le dernier morceau de son set “Balls To The Wall”. Et je dois bien avouer que le groupe est en grande forme bien qu’il fête tout de même ses cinquante ans de carrière.
Je me positionne en bonne place pour assister à ce qui doit être l’ultime show de Sepultura sur les terres françaises. Et, oui, la tournée d’adieu de la formation brésilienne, débutée le 1er mars 2024 à Belo Horizonte et qui se terminera le 7 novembre 2026 à Sao Paulo, mettra fin à plus de quarante ans au service du Thrash Metal.
Ayant eu l’occasion de les voir sur cette fameuse tournée le 30 octobre 2024 au Zénith de Paris, je sais déjà que je n’aurai pas le droit au même nombre de titres car le temps de jeu qui leur est alloué n’est que d’une heure. En onze titres, le quatuor va mettre tout le monde d’accord avec force et énergie, dopé par le charisme d’un Derrick Green en très grande forme. Andreas Kisser joue également du pinceau entre les morceaux sur une petite toile posée sur son ampli.
Sur “Kaiowas”, une belle brochette d’invités, tous liés à l’ONG Savage Lands (comme Andreas), vient tambouriner en rythme (Sylvain Demercastel, Alissa White-Gluz, Frédéric Leclercq, Dirk Verbeuren, le groupe Crypta) pour un des moments marquants de ce concert.
Une heure, c’est bien trop court et je trouve que Sepultura, du fait de son importance dans l’histoire du Metal et de sa mise en sommeil programmée, aurait mérité de jouer sur un créneau plus haut et avec un temps de jeu plus long. D’autant plus que je n’ai pas eu le droit à “Territory”, mon titre préféré. Mais sur le moment, je me console en me disant que je l’aurai le lendemain car les frères Cavalera seront là et joueront l’album Chaos A.D. dans son intégralité.
SYLOSIS
Bruno : Une fois sous les tentes, je mets parfois beaucoup de temps à en sortir. Et cela va être une nouvelle fois le cas car je vais y enchaîner mes neuf concerts suivants entre 15h55 et 2h du mat’.
Les Anglais ont bien retourné l’Altar avec un mélange Death mélodique / Thrash (avec des bouts de Metalcore dedans), le public étant bien décidé à en découdre et à perdre quelques points d’énergie.
Sylosis a mis l’accent sur leur dernier album, c’est le moins que l’on puisse dire, puisque six titres sur les dix joués lui sont dédiés. Deux titres de celui de 2023 et un pour l’album de 2020. Ils ignorent les albums de 2008, 2011, 2012 et 2015. Pas vraiment top pour les fans historiques du combo.
J’apprécie le concert, sans plus, mais l’ambiance sous l’Altar est très bonne, c’est le principal.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
CARACH ANGREN
Bruno : Bien qu’étant fan de Black Metal, je n’accroche pas vraiment au concert des Hollandais que je trouve peu inspirés et répétitifs. Pas un mauvais concert, il ne faut pas exagérer mais je ne rentre pas vraiment dedans.
Pourtant j’aime bien l’attitude d’Ardek, le mec au clavier qui joue une sorte de zombie avec des mouvements saccadés, comme un robot, et un regard un peu fixe et bizarre par moments. Mais il faut croire que ce n’est pas suffisant. La voix ne me transcende pas outre mesure, c’est le moins que l’on puisse dire.
Bon, on ne peut pas aimer tous les concerts avec la même ferveur. Je saurai la prochaine fois que Carach Angren n’est pas vraiment mon truc.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
HELLOWEEN
Seb : Avant de se placer devant la scène où vont jouer les Allemands dans quelques minutes, mon camarade et moi décidons d’aller prendre une petite bière pour se rafraîchir un peu. On tombe sur des potes et… Comment vous dire ? Eh bien, le concert d’Helloween, tout aussi bon qu’il soit et avec la pelletée de tubes qu’il contient, se fait depuis le bar comme fond musical de nos rigolades et échanges d’anecdotes diverses et variées sur ce début de Hellfest.
DECAPITATED
Bruno : Eux, par contre, je savais déjà que j’allais adorer. Que ce soit à St Brieuc, au Motoc ou au Hellfest, j’ai mis en danger mes vertèbres cervicales les quatre fois précédentes où j’ai assisté à un de leurs lives.
Les Polonais, comme à l’accoutumée, ont le don de me faire headbanger comme un malade et ce n’est pas leur passage sur les planches de l’Altar entre 19h30 et 20h30 qui a modifié mon comportement. Mais comment résister à un titre comme “Kill The Cult” (qu’ils n’avaient pas joué au Motoc 2024 : déception) et aux autres brûlots qui jalonnent leur discographie.
Changement important quand même : Piotrowski, le chanteur aux dreadlocks qui touchaient presque par terre, a été remplacé depuis 2024 par Eemeli Bodde, qui a une bonne communication avec le public. Le résultat d’ensemble est identique, leurs titres butent toujours autant !
Techniquement c’est une fois de plus impressionnant : Vogg, le guitariste, est d’une précision chirurgicale. J’ai donc pris un bon coup de chaud, mais c’était couru d’avance, je ne me faisais pas d’illusions.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
OPETH
Seb : C’est avec appréhension que j’aborde ce set d’Opeth. J’aime beaucoup le groupe sur album mais, je dois avouer qu’en live, notamment la dernière fois que je les ai vus au Motocultor 2024, je m’étais ennuyé sévère. Malheureusement, aujourd’hui encore le constat reste le même. Pourtant, ça joue hyper bien, on ne peut leur faire aucun reproche là-dessus. Mais Mikael Akerfeldt parle beaucoup trop entre les morceaux, ce qui a tendance à casser le rythme du concert et à me lasser. Je lâche donc l’affaire avant la fin sachant que sous la Temple, il se passe quelque chose de beaucoup plus intéressant en ce moment même.
ROTTING CHRIST
Seb : Les Grecs sont déjà sur scène lorsque j’arrive sous la tente et je n’ai dû rater que les deux ou trois premiers titres. L’affluence est très bonne et ça fait plaisir de voir enfin cet excellent groupe reconnu à sa juste valeur. Troisième fois en trois ans que je les vois (Motoc 2024 et Alcatraz 2025) et la force de frappe des frères Sakis est toujours aussi redoutable en live. Rotting Christ fait du Rotting Christ. Pas la peine d’essayer de leur coller une étiquette car aucune ne leur correspondra totalement. Eux seuls sont les détenteurs de cette recette magique, savant équilibre de Metal Extrême et de mélodie Heavy Metal avec cette touche que seuls les groupes grecs ont. Le public est ultra réceptif et mange dans la main de Sakis. Les hymnes tels que “Non Serviam” ou encore “Apage Satana” sont un plaisir pour les oreilles. Encore une réussite et un plaisir à voir.
Bruno : Decapitated et Rotting Christ dans la foulée, on a fait pire comme enchaînement.
Je me souviens de l’écoute de leur premier album, The Mighty Contract, en 1993, où les Grecs privilégiaient l’aspect mélodique contrairement à toute la vague des groupes de Black de l’époque.
Rotting Christ est susceptible de plaire à beaucoup de monde tant les ambiances qui se dégagent de leurs prestations sont assez fascinantes. Et ça fonctionne à chaque fois, enfin pour moi en tout cas, il suffit que je me laisse porter par les chœurs et les mélodies omniprésentes.
Une setlist un peu réduite, festival oblige, mais le groupe disposant tout de même d’une durée honorable d’une heure de concert, ils déroulent les classiques de leur répertoire : “Grandis Spiritus Diavolos”, “Like Father”, Like Son”, “Non Serviam”, “Societas Satanas”…
Jouissif !
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
IRON MAIDEN
Bruno : Direction le HellSnack en sortant de la Temple pour mon pochon de grignottes de poulet que je vais aller manger tranquillement, assis sur une barrière en bois, près des portiques de flotte, en écoutant, de loin, le show d’Iron Maiden qui a commencé quarante-cinq minutes plus tôt. Comme pour Limp Bizkit, je ne compte pas ce concert dans ceux que j’ai vus, mais j’écoute près d’une heure le groupe anglais en jetant un coup d’œil, de temps en temps, sur les écrans géants et une partie de la scène : “Powerslave”, “2 Minutes to Midnight”, “Rime of the Ancient Mariner”, “Run to the Hills”, “Seventh Son of a Seventh Son”, “The Trooper”… belle série de titres intemporels des Anglais.
Mais les meilleures choses ayant une fin, je remonte vers la Temple pour le concert suivant.
SLIFT
Seb : S’il y a un concert que je ne veux absolument pas rater, c’est bien celui des Toulousains de Slift ! Ayant eu un acte manqué lors de leur passage à Brest le 18 janvier 2025 car cloué au lit malgré mon billet en poche, je me dois d’être au premières loges pour ma séance de rattrapage. Je vais vous spoiler tout de suite : ce show a été phénoménal ! Quelle puissance sonore et quelle énergie délivrée par le trio ! Leur Stoner aux accents psychédéliques vous transporte à des milliers de kilomètres de la Terre et fait un bien fou à l’âme et à l’esprit. Leur musique a quelque chose de magique, entre passages accrocheurs, s’incrustant instantanément dans le cerveau et moments de folie où tout part dans tous les sens. C’est fou de pouvoir produire un art aussi riche en n’étant que trois sur scène. C’est une grosse claque dans la tronche et j’ai déjà hâte de les revoir en août au Motocultor.
LA DISPUTE
Seb : Petit détour rapide du côté de la Warzone pour jeter une oreille sur La Dispute. Je reste le temps de deux titres, histoire de voir ce que ça donne. On est sur un OVNI quelque part entre le Rock et le Punk, où le chanteur, véritable pile, parle plus qu’il ne chante. C’est spécial mais pas désagréable pour autant. Une curiosité qu’il fallait voir mais je ne traîne pas car il se passe quelque chose de bien plus intéressant sous la Temple au même moment.
MY DYING BRIDE
Seb : Changement radical d’ambiance avec les Doomsters de Bradford que je n’ai pas revu en live depuis 2010. En grand fan du groupe, il me tarde de voir ce que peut donner un set des anglais sans leur chanteur emblématique, mis à la porte l’année dernière. C’est donc avec une grande appréhension que j’entame ce concert. Celui qui a la lourde tâche de remplacer l’iconique Aaron Stainthorpe n’est pas un jeune premier car il s’agit de Mikko Kotamäki, leader des Finlandais de Swallow The Sun.
My Dying Bride, c’est le gardien du temple en matière de Doom / Death. Une référence ultime, le maître étalon. Et il va encore le prouver avec force et gros son ce soir. La rythmique et la distorsion sont lourdes et pesantes et Mikko se débrouille plutôt bien derrière le micro. Niveau présence scénique, c’est plutôt statique mais ça colle parfaitement à l’ambiance funèbre instaurée sous la Temple. Les tubes sont là, le show est intéressant mais il manque la théâtralité et la fragilité de la voix d’Aaron. Mikko a beau faire de son mieux, il ne pourra jamais égaler son prédécesseur. Quitte à passer pour un vieux con, je le pense et le dis : My Dying Bride sans Aaron Stainthorpe, ce n’est pas My Dying Bride.
Bruno : Que dire de ce show : une heure de franche rigolade, de musique festive et de blagues lancées par Mikko Kotamäki, leur nouveau chanteur… euh, non !
L’heure allouée au groupe anglais a été un long cheminement vers la souffrance, une route vers la dépression profonde et l’impression que le chanteur se faisait chier sur scène.
Attention, malgré cette description un peu à l’emporte-pièce, je n’ai pas dit que le show de My Dying Bride était mauvais, loin de là.
La formation de Doom / Gothic / Death fait ce qu’elle sait faire de mieux, une musique sombre, torturée, triste, une sorte d’ode à la tragédie.
Les lights, bien qu’assez uniformes dans l’ensemble, sont beaux et vont parfaitement avec le style du groupe.
Je comprends que les titres longs, lents et désespérés puissent être un repoussoir pour certaines personnes, surtout si elles entrent dans la Temple à ce moment-là par hasard. Les fameuses découvertes que l’on fait en festival en arrivant devant le concert d’un groupe dont on ne sait rien. C’est sûr que dans ces conditions, on a juste envie de se pendre à la structure la plus proche !
Les amateurs quant à eux semblent ravis de voir une formation qui se fait rare en concert ces dernières années (ils devaient jouer au Hellfest en 2022 mais avaient dû annuler).
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
BLOOD INCANTATION
Bruno : Retour sous une Altar déjà bien remplie pour voir un groupe qui génère de gros espoirs. Leur album de 2024 ayant fait forte impression, les Américains sont attendus au tournant par une frange du public pressée de voir leurs idoles en chair et en os.
Le quatuor a déjà répondu à leurs attentes en incluant dans la setlist les deux morceaux (décomposés en trois tableaux chacun, soit six titres) de leur dernier album Absolute Elsewhere. Voilà, ça déjà c’est fait. Ceux qui espéraient avoir des titres de l’album l’ont carrément eu en entier.
Pour situer Blood Incantation, il faut imaginer un groupe de Death Metal qui fusionne avec Pink Floyd, Yes ou le Genesis de la période Peter Gabriel.
N’ayant pas moi-même été particulièrement esbaudi par cet album (oui, j’aime les expressions de djeuns [NdR : ça va, t’aurais pu utiliser “ébaubi”…]), je ne savais pas trop si j’allais passer un bon moment ou carrément me faire chier comme un rat mort (il y avait aussi pas mal d’options entre les deux).
Je vais lever ce suspense intolérable : oui, j’ai plutôt passé un bon moment, mais je ne sais pas si les parties progressives les plus calmes apportent vraiment quelque chose d’indispensable car j’ai surtout préféré les passages les plus Death du concert.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec
MASTODON
Seb : Gros clash entre deux groupes et il va falloir faire un choix. J’opte dans un premier temps pour Blood Incantation, que je n’ai jamais vu sur scène, mais l’Altar est tellement pleine que j’abandonne au bout du premier titre car je suis très mal placé et trop loin pour apprécier vraiment le show. Je me rabats donc sur Mastodon, mais il faut traverser tout le site pour se rendre à la Valley. D’autant plus que sur le chemin, lors d’une pause pipi, mon camarade et moi tombons sur les mecs de Profanation (groupe qui jouera le lendemain matin sous l’Altar). Nous restons donc tailler le bout de gras pendant quelques minutes et reprenons notre marche vers une Valley bondée (c’était à prévoir). Nous arrivons à nous frayer un chemin jusqu’à la partie droite de la scène et assistons à une bonne moitié de set jusqu’au morceau final, annoncé comme un titre calme, le fameux “Blood And Thunder” qui retourne la fosse. Concert sympa mais sans plus, dû au fait que je n’en ai vu qu’une partie et qu’il n’était pas au niveau de celui donné à l’Alcatraz l’année dernière où Mastodon m’avait ébloui.
THE GATHERING
Seb : Voici venu le moment de l’immanquable du Hellfest 2026 : le show de The Gathering célébrant les trente ans de la sortie de son chef-d’œuvre Mandylion. Et pour célébrer cet événement, le groupe a eu la brillante idée de rappeler en ses rangs sa chanteuse iconique Anneke Van Giersbergen. C’est donc au pas de course que je regagne la Temple. Mais venant du bout de la Valley, je loupe le premier morceau et passe une bonne partie du concert à espérer que celui-ci n’était pas “Time Machine”. Heureusement pour moi, l’album n’est pas joué dans l’ordre et le groupe se permet même d’interpréter des chansons extraites des albums Nighttime Birds, How To Mesure A Planet? ou encore If_then_else. Le son est cristallin et les lights sont superbes. Anneke chante merveilleusement bien, donnant vie à un rêve que plus personne n’espérait. Le groupe semble ravi et très touché par l’accueil reçu. L’avant dernier titre me fait frissonner rien qu’aux premiers coups de médiator du “Time Machine “ tant attendu. Je viens de vivre un moment magique, qui restera longtemps gravé dans ma mémoire. Lorsque je quitte le site en direction du campement, je sais déjà que je viens d’assister au meilleur concert de cette édition.
Bruno : C’est mon plus gros clash du Hellfest. Deux groupes que je veux absolument voir mais il faut faire un choix dans ce slot : Ultra Vomit sur la MainStage 1, The Dillinger Escape Plan dans la Warzone et The Gathering sous la Temple.
Au passage vous noterez la différence entre « sur », « dans » et « sous ». Il est pour moi inconcevable de dire « sous la Valley », d’ailleurs personne ne dit ça, enfin pas depuis 2022 (mode « je remue le couteau dans la plaie » OFF), comme il ne viendrait à l’idée de personne de dire « sur la Temple ». C’est comme ça, il y a des trucs que l’on dit et pas d’autres, mince quoi ! [NdR : oui parce que si tu dis “dans la Valley”, y a des chances qu’Akim, le fils du forgeron, débarque.]
Pour en revenir au clash dont je vous parlais avant d’être interrompu par moi-même, j’ai eu un choix difficile à faire entre The Gathering et The Dillinger Escape Plan. Le retour de deux formations avec le chanteur d’origine pour l’une et leur chanteuse emblématique pour l’autre, assez rares en concert dans nos contrées et que j’aime beaucoup.
Finalement, j’opte pour les Néerlandais, espérant voir les Américains lors d’un prochain festival. Faut être optimiste !
Que celui qui n’a pas aimé l’album Mandylion lève le doigt ! Vous pouvez y aller, de toute façon je ne vous vois pas !
Album phare de la carrière de The Gathering, qui marque, en 1995, l’arrivée (fracassante) de la jeune Anneke van Giersbergen et permet à la formation hollandaise de passer de groupe relativement lambda à groupe phare dans ce style musical.
Les Néerlandais ont donc choisi d’honorer cet album lors de la tournée qui marque le retour de la chanteuse et qui passe par Clisson. Autant vous dire que là aussi il y a une grosse attente de la part du public présent.
Si les musiciens s’orientent vers un Doom / Gothique plutôt sombre, la musique est contrebalancée par la voix lumineuse d’Anneke qui se met au service de titres d’une grande qualité. Trente ans après, les capacités vocales de la chanteuse sont toujours aussi impressionnantes (je crois d’ailleurs qu’elle chante encore mieux qu’à l’époque), ce n’est pas peu dire. Les morceaux n’ont pas pris une ride. La vocaliste, elle, un peu mais ça lui va très bien, elle a toujours autant de charme !
Le son est parfait, légèrement déçu par les lights qui manquent de variété à mon goût : tout bleu, puis tout rouge, pour redevenir pratiquement tout bleu, la plupart du temps (il y a eu du tout jaune / blanc aussi). Il y avait sûrement moyen de faire mieux.
Cela ne gâche pas mon plaisir de voir enfin la chanteuse sur scène !
Sept titres de Mandylion (seul « In Motion #2 » n’a pas été joué), et un des albums Nighttime Birds, How to Measure a Planet? et If_then_else.
Dix chansons pour une heure cinq minutes de concert avec des passages qui foutent des frissons dans le dos comme pendant “Leaves”.
Le public offre une belle ovation aux musiciens avec une Anneke qui ne boude ni son plaisir d’être là ni son émotion. Une magnifique façon de conclure cette seconde journée de festival.
Crédit vidéo : Bruno Guézennec









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