La Carène (Brest)
Texte et photos de Mémé Migou
2 Mars 2024
On se retrouve dans le hall de la Smac La Carène, sur le port de co’ de Brest mêm’. Mémé aurait pu s’y rendre en tram, en bus, presque à pieds même. Mais ce sera au volant de sa p’tite voiture bleue qu’elle ira retrouver les copains de Destrock.
L’association continue à nous régaler de soirées concerts, certaines à l’espace Léo Ferré, dans le quartier de Bellevue, d’autres à la Carène. Ce qui sera le cas cette fois. Quelques jours plus tôt, on parlait avec le président de la soirée et surtout de l’éternelle question « et niveau préventes, ça donne quoi ? ». Ils ont eu largement de quoi serrer les fesses. C’est carrément le jour J que tout s’est enfin décanté. La salle, “le Studio”, sera quasi remplie à fond. On n’est pas sold out, mais c’est tout de même pas loin.

C’est donc des visages joyeux, des personnes sincèrement contentes de se retrouver qui hantent les abords de la scène. Je revois d’anciennes connaissances (coucou Brannwen et Fée) et rencontre de nouveaux photographes (coucou Sellomig).
Je vous avoue que votre Mémé nationale n’est pas spécialement une grande fan du heavy metal, du glam ou simplement du hard rock. Or, cette soirée est placée sous le signe du heavy. Mais qu’à cela ne tienne, loin de se faire vieille chouette, Mémé va ouvrir ses chakras et être toute ouïe pour vous.
On commence par les Hell’S Pearls.
Trio avec une très jolie bassiste. Mais je vous rassure, je ne vais pas rester uniquement sur ces considérations volant bas. Car à vrai dire, ce qui est notoire, c’est de voir cette nana qui manie très très très bien sa basse. Ca groove à mort ! Le revers de la médaille, c’est que parfois, on peut avoir cette sensation d’être dans un autre genre que celui du metal.

De fait, on n’est pas complètement dans du metal. Le chant, d’ailleurs, est assez sobre, non saturé. Une forme de rock mélodique mêlé au hard rock. On ne pourra, sur certains morceaux, nier la filiation avec Black Sabbath. Ce qui n’est pas une mauvaise réf, vous en conviendrez !

Bon, un petit point noir, mais ce peut être dû à la sonorisation qui distribuait le son de manière différente selon qu’on se postait à droite ou à gauche. Quand j’entendais la basse, juste devant moi de façon claire et précise, le chant me semblait loin. Et vice-versa sur le côté gauche de la scène. De fait, je n’entendais pas assez la ligne de chant, qui m’a semblé un peu linéaire. Pour autant, le vocaliste dispose d’une belle aura qui nous fait garder les yeux braqués sur lui.

En même temps, je vais vous dire un petit secret : je n’avais d’yeux que pour le batteur qui, n’ayant pas toute la place sur scène (on verra que l’espace batterie de BlackRain était plutôt « spatiophage »), se retrouve au milieu du trio, version linéaire.
Est-ce le fait d’être en plein centre ? Sont-ce les spots braqués sur lui ? Peut-être un peu des deux, mon capitaine. Mais j’ose avancer que c’était également sa démonstration de force. J’étais captivée par son jeu de batterie qui osait des propositions folles. On voit que Franky Costanza se baladait dans la salle ! D’ailleurs, Mémé a même eu droit à son bisou !

Hell’s Pearls, un très chouette moment dont le partage avec le public fut en mode généreux. Belle entrée en matière.
« C’est plutôt super Rock’N Roll. Je trouve que la voix du chanteur donne une coloration « pop », pas metal. Malheureusement il ne porte pas trop.
Musicalement, j’aime bien. Pas tout, mais c’est bien ! De bons zicos. Ça joue vachement bien.
Dans l’ensemble c’est plutôt pas mal. Un peu plus rock que heavy. Ça leur donne une identité musicale. On sent les influences Metallica, Black Sabbath. » – Thierry, Thierry (qui venait de loin et organise aussi un festival… mais désolée, j’ai oublié quoi et où. N’hésite pas à faire de la pub en commentaire), et Steff quoâ !

Setlist : Guilty Pleasures ; Times Goes By ; Forgotten Times ; Sold my Soul ; Travelers ; Forever & Ever ; Better from Hell ; Moody Stroll ; From the Way ; Windstorm ; Take it Easy

Pour cette seconde salve de heavy metal, la salle se met en chauffe… que dis-je ! En surchauffe ! Mémé, en goguette avec son amie Camille (est-ce qu’on peut dire que c’est sa cAMIE?), espérait tellement croiser du legging léopard tellement moulant qu’on n’avait qu’une question à l’esprit « à gauche ou à droite ? », ou des bandanas rouges sur des chevelures échevelées et pétaradantes. On aura quelques bandanas, certes, des vestes à patches, mais point de léopard. A la place, nous aurons une de ces ambiances ! Mazette, j’ai rarement vu une salle aussi hot hot hot ! C’est qu’ils savent y faire, les quatre gars qui forment BlackRain.

Donnant dans un registre de Heavy metal flirtant avec le glam et parfois le power (un côté western spaghetti pour leur dernier single sorti il y a peu). Les ombres de Motley Crue, WASP, planent sur la scène.

Le show se fait éclatant, laissant la place à deux personnages particuliers, un gorille et un prêtre. On ne saura qu’à la toute fin, pour le rappel, qu’il s’agissait de l’ancien batteur, habitant désormais notre belle Bretagne. Il est venu, il a soutenu ses anciens potes et… il a une dernière fois repris les baguettes pour tanner les peaux des fûts qui s’étaient déjà pris une belle déculottée.


La batterie est un élément important. Pas que, on est d’accord. Mais il faut savoir que c’est Franky Costanza qui a repris la place vacante derrière la batterie. Avec le niveau du gaillard, rien d’étonnant qu’il soit perché sur un cube proposant une scène à même la scène du studio. On ne pourra pas dire qu’on ne voyait pas le batteur !
Et là, je peux vous assurer qu’on s’est pris une de ces branlées ! Le tout avec un sourire quasi enfantin. Il ne boudait pas son plaisir, le Franky ! Même mieux, puisqu’il a été le seul à slamer quand il a laissé sa place à son prédécesseur, sur l’ultime titre du set. Quel niveau, quel bonheur de le voir…

Mais Black Rain, c’est aussi un bassiste, un guitariste chanteur et un guitare-solo. Chacun tient le show à bout de bras. Entre le chanteur qui te balance ses lignes avec une voix qui n’en met pas une à côté. Le bassiste, en chœur – et aussi en feat sur un titre. On a des jeux de guitares avec des manches qui se balancent version show synchronisé. Il faut dire qu’ils se connaissent bien, Max2, Heinrich (ou Matt, c’est comme vous voulez, hein) et Swan. 20 ans qu’ils tournent ! On n’est pas sur un jeune groupe. Mais c’te patate !
Allez… Je vais quand même rappeler qu’en 2012, on a pu les voir traîner leur heavy sur les planches de « La France a un incroyable talent ». Si si ! 4ème, qu’ils ont fini ! Mais pour celles de Brest, c’est largement en tête qu’ils caracolent. Ils emportent un public qui se laisse aller à chanter, à crier, à hurler. Même Mémé a kiffé !

« Très bien. Bon Hard Rock, façon USA des années 80. Simple et efficace. On voyait que le groupe était content. » – Sébastien
« Une tuerie, une claque. A la Carène, j’ai rarement pris une aussi grosse claque. » – Luc

Setlist : Untamed ; Kiss the Sky ; Dawn of Hell ; Wild Wild Wild ; Demon ; Summer Jesus ; Innocent Rosie ; We ‘re not Gonna Take It ; Blast Me Up ; Raise Your Glass ; Revolution ; Death Drive ; Neon Drift ; Rappel : All the Darkness ; Hellfire ; It’s a Long Way

Ce fut une sacrée soirée ! Merci Destrock ! Et merci aux groupes dont la joie d’être sur scène fut communicative à souhait !



























