Le sujet de l’enfance dans le Metal Un billet de WvG
à lire, savourer, commenter…
Photo actu.fr
Les métalleux aiment les enfants. Toujours certainement moins qu’un pédophile ou un membre du clergé, ce qui est limite un pléonasme, mais plus qu’un personnel du corps en saignant sur lequel on aurait testé le couteau en céramique, la minute de silence et le sempiternel « on va faire quelque chose pour vous… des moyens supplémentaires ? Nooooon faudrait pas déconner : on va interdire l’abaya, c’est plus urgent ».
Engeance désirée ou conséquence malheureuse d’une soirée un peu trop arrosée à la 8.6 lors de la clôture d’un festoche, la « maladie d’amour » de neuf mois va grandir, s’agripper à vous tel un parasite et il va bien falloir gérer le fruit de vos entrailles pour qu’il ne devienne pas un sauvageon chevelu qui se fait des permanentes et écoute de la musique de barbare en spandex et veste à patches cloutés, déjection de Metal hurlant et de Billie Eilish.
Le sujet concerne tant le Metal et ses griots que les autres styles musicaux, certes, soit par instinct de reproduction, génétique et cortex reptilien agissant de pair, soit parce que le besoin irrépressible d’assouvir ses besoins naturels – je parle de ken, pas de caca – s’est fait sentir avant l’haleine imbibée de binouze bon marché. Aussi ceux-ci ont une approche toute particulière de l’enfance, avec des biais divers et variés.
Petite sortie scolaire, garantie sans arme blanche ni victime ou dommage collatéral, si ce n’est votre approche de l’enfance et son bien-être… et du vôtre, tant qu’à faire.
Le sauvetage dans un immeuble en feu, c’est comme l’agression sexuelle : les femmes et les enfants d’abord ! Et d’abord, puisque les femmes pourraient être un sujet à part entière d’article – peut-être le sera-ce ? – occupons-nous des enfants. Oui, occupons-nous de nos enfants. Enfin occupez-vous de vos affaires, déjà, et de vos enfants. Et donnez-leur de la nourriture, de l’eau, un placard sous l’escalier où loger en leur laissant le vain espoir qu’une chouette bourrée leur apportera une lettre pour aller dans un grand château avec un vieux monsieur qui leur fera des tours de passe-passe (« Et hop ! Sans les maiiiins ! »). Mais surtout, diversifiez leurs écoutes. Si l’école ne peut résoudre tous les problèmes, c’est qu’il y a un problème qui vient de l’extérieur de l’école ; aussi, proposez-leur de la musique, qui n’adoucira pas les mœurs mais peut servir de vecteur pédagogique. Tiens, au hasard, prenez une thématique sur l’enfance et faites une playlist de chansons de Metal qui parle des enfants ; vous pourrez discuter avec eux poésie, linguistique, géopolitique… bref, des trucs qui emmerdent les enfants mais qu’ils sont bien contents d’avoir appris des années plus tard quand ils participent à un jeu télé qui leur permet de gagner mieux qu’un Petit Larousse Illustré… ou éventuellement leur permettra d’avoir un job en adéquation avec leurs ambitions car vous aurez éveillé leur curiosité et leur sens naturel et inné du second degré – normal, ce sont vos enfants, de métalleux, donc théoriquement doués de second degré… hein ?
Commençons par ces chansons qui parlent des enfants sous des aspects les plus directs… puisque dans le titre.
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Avec « Children of the Grave », pour débuter cette partie, on rebondit pé-da-go-gie ! C’est l’occasion rêvée pour leur expliquer Black Sabbath, considéré comme pionnier du mouvement et de la trademark « Heavy Metal », du « vieux continent » … vous savez, celui sur lequel pissent les vieux incontinents outre-Atlantique qui lui attribuent cette épithète… Tiens, l’occasion de parler géopolitique avec vos mômes, de surcroît.
Restons en Angleterre puisque la perfide Albion nous a gratifié aussi d’un autre groupe fer de lance, de la nouvelle vague présentement, j’ai nommé Iron Maiden. Passez-leur « Children of the Damned », ça vous offrira sur un plateau l’abordage de l’Histoire puisque le groupe a offert à son public tant d’occasion de la découvrir, ne serait-ce que par son nom en référence à la Dame de Fer, miss Maggie.
« Children of the Sun » vous permettra d’aborder l’écologie avec elleux, pour peu qu’iels soient non binaires. Ça vous fera également une porte d’entrée pour évoquer la carrière de Judas Priest et leur dire combien c’était mieux avant, jusqu’à Painkiller… enfin Jugulator pour moi… mais bon, Painkiller ayant été enregistré en France – on entend limite le taux d’alcoolémie au Saint Emilion sur les enregistrements – autant en profiter pour faire un peu de chauvinisme [NB : leur expliquer ce qu’est le chauvinisme, une mauvaise foi indéfendable face à l’indéfendable… leur expliquer aussi au passage ce qu’est une anaphore, une épanode et une concaténation, ils feront des high scores au Scrabble chez Mémé].
Si « Dead Boy’s Poem » de Nightwish n’est pas le point d’accroche le plus godelurant de votre éducation positive, ça vous ouvrira la porte maléfique de la philosophie et de la morale : un enfant, ça meurt. Ça meurt parce que c’est une victime, ça meurt de maladie, ça meurt par choix… ou ça meurt de ne savoir s’exprimer… Ce « poème » en est donc la « lettre d’amour à personne » sauf à la musique. Quitte à traiter du sujet musical, profitez-en pour parler organologie avec l’orchestre symphonique, une sorte de « Guide de l’orchestre pour les jeunes » de Benjamin Britten mais, si vous vous en sentez les épaules, à raconter en finnois.
« Le monsieur avec la tronche bizarre mais rigolote qui te propose des bonbons, même s’il ne fait que chanter Smells like Children, tu n’acceptes pas les bonbons… » Oui, la pédagogie, c’est aussi la prévention, prévention qui n’a pas forcément lieu que dans un cadre extérieur mais un cadre domestique. Si tonton fredonne « je suis l’homme tout nu qui touche à ton corps », c’est qu’il a une culture musicale parodique passéiste ; s’il se met à le faire, là, faut intervenir. Ma proposition : rebondir pédagogie… et apprendre à votre petiot.e à faire rebondir sa pointure 32 sur les burnes du monsieur. Oui, la pratique sportive, c’est aussi du bien-être pour l’enfant, et c’est pas Françoise Dolto qui me contredirait… Oui, d’accord, c’était la maman de Carlos donc on repassera, mais ai-je dit quelque part que celui ou celle qui propose des pistes de réflexion est forcément exemplaire ? Oui ? Non. Voilà. Bref, ça évitera également que votre enfant devienne un émo ou, pire, un fan de JuL. Ceci dit, il aurait aussi pu tourner néométalleux en un temps – pas si – lointain [je ne suis pas vieux et je vous emmerde : les 90’s, c’est pas si loin !] et faire du KoRn. Appréciez cependant le résultat d’une éducation où papa a voulu découvrir la beauté intérieure de son fiston et demandez-vous si vous souhaitez la même chose pour le vôtre…
Intégrer Children of Bodom à votre cursus pédagogique, c’est aussi le bon moment pour leur parler du Nord… Pas celui où l’on parle bizarrement et se nourrit de curieux tubercules passés deux fois dans de l’huile bouillante [NB : profiter de l’instant pour aborder aussi la diététique] mais de celui de l’Europe, cette région enclavée entre la peur de l’ouverture à l’UE et la peur de la fermeture à l’URSS, la Finlande. La géographie et la géolocalisation sont aussi des bases pour savoir se dispenser d’outils numériques et cartographier des espaces dans sa tête… méthode Montesori avec la préhension et la spatialisation, mais en version plus hardcore. Ça pourrait éviter à votre enfant de se retrouver malgré lui ou elle à visiter malencontreusement un endroit où il ou elle n’est pas le bienvenu.e, comme une réunion de l’Amicale du KKK si tu es noir.e, un CA de Tesla si tu es chicano, une barmitsva chez un dirigeant israélien si tu es gazaoui et n’a pas prévu de transformer les restes de ta maison en VVF sous aval US… Les exemples sont de plus en plus nombreux, semble-t-il, je doute d’avoir assez de place et de métaphores pour développer plus sans être soit barbant soit déprimant – et pis j’ai plus ni Xanax ni corde à vous fournir, donc bon…
Si « The Kids aren’t allright », c’est pas forcément parce qu’ils sont HPI… des fois, ce sont simplement des petits connards parce qu’ils ont de qui tenir. Néanmoins, vous pourrez aborder avec eux le pourquoi de l’existence du punk, même s’il s’agit ici de sa version « no future but partytime quand même ». Expliquez-leur que le punk, initialement, chiait sur le système plus que sur le ventre de votre pote pour filmer, diffuser sur un RS quelconque – tant qu’à faire un sans filtre au nom du sacro saint Premier Amendement – et en faire marrer d’autres sur un fond de rire gras et guttural. Nous voici donc du côté de Venice Beach, son surf, ses nanas en bikini et son punk californien avec son engeance, puisque c’est littéralement ce que signifie « The Offspring » et les rêves déçus eux également sont abordés dans cette chanson.
Soyez un parent digne de moralité, diffusez-leur « 18 and Life » de Skid Row pour leur remettre les pieds sur terre : la vie, ça tue, autant quand c’est toi qui es du côté de la détente et que tu butes un autre gosse que quand tu es du côté du canon. « Accidents will happen » qu’y disaient…
« Un peu d’amour, un coin tranquille pour les enfants de l’an deux mille » chantait Lââm… C’est vrai qu’on met souvent beaucoup d’espoir en eux et qu’on leur souhaite le meilleur, tout le bonheur du monde et que quelqu’un leur tende la main… Même si parfois ça sert d’argument à sa propre défaite face à l’état du monde et ses propres rêves déçus et ambitions déchues, c’est toujours mieux de leur faire écouter une chanson empreinte d’espoir que de leur donner un Magnum 45 et les envoyer jouer « à la balle » dans la rue.
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« Heading for Tomorrow » de Gamma Ray… « Where will the children go… tomorrow? » Peut-être inviteront-ils tous ceux qui leur ont pourri leur futur à se donner la main et… sauter du haut d’une falaise ? Une idée comme ça, qui évite de stipuler le conduit anal et l’intromission de tout objet contondant dans son for intérieur pour un papier qui se veut pour petit et grands enfants… il ne tient qu’à nous et eux de ne pas se fourvoyer en faux espoirs…
Dans « Bless the Child », Nightwish – oui, encore – vous invite à donner de l’espoir aux enfants et ne pas se fourvoyer en faux-semblants… « Remember, my child, without innocence the cross is only iron », souvenez-vous aussi de votre propre innocence et de la désillusion qui s’en est suivie, quand vous avez compris que le Père Noël n’était qu’une vaste fumisterie, à l’image de l’oreille attentive et surtout attentiste des énergumènes à qui vous donnez votre voix et votre foi…
Si « When the Children cry » n’est pas leur plus connue, White Lion en son sein vous propose de donner une couleur à votre émotion… et donc d’écouter le pourquoi l’enfant pleure… et lui expliquer pourquoi malgré votre bonne volonté vous et vos semblables ont merdé et leur laissent un champ de ruines… Mais bon, ils sont l’avenir, ils peuvent rebâtir, même s’il leur faudra plus de temps que pour la vantardise d’un président face aux sponsors d’une grande église que face à ceux qui se saignent pour donner une enfance décente à leur descendance… « Then the new world begins » …
Si je sors un peu des clous rouillés métalliques, c’est évidemment pour lancer le cri de la muette, pour parodier le titre du bouquin d’Emmanuelle Laborit, un cri inaudible lié également à l’espoir et au risque des montées des fascismes, tendance qui à le vent en poupe, un vent bien nauséabond… Ce n’est pas faute d’avoir prévenu… Et je vais donc de ce pas, placer un oldies but goodies de derrière la vague psyché. Ça parait loin, hein ? Un truc de « ieuv » … Et pourtant, ça ne reste que trop d’actualité, à savoir dans tout l’album – pas américain – The Wall, particulièrement leur « Another Brick in the Wall », des Pink Floyd…
Il n’y a pas d’âge pour débuter le Metal. C’est pourquoi certains artistes prennent les devants avec des chansons enfantines ou des covers pour les pioupious. C’est d’autant mieux que si jamais vous pensiez vous faire chier à les emmener à un concert type Chantal Goya ou Dora, the Musical, au moins vous pourrez leur apprendre à gérer la flexion-extension de leurs cervicales sur du gros son. Et puis… vous trouvez pas ça meugnon, une poupette sur les épaules de son papounet, son casque antibruit vissé sur les oreilles, en train de faire des horns ? On finira donc ce divertissement éducatif avec les chansons destinées aux enfants… pour en faire vos dignes successeurs !
[Hellfest Kids 2024] -photo de Le Parisien
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Hevisauraus, ou comment aborder la paléontologie avec vos explorateurs en herbe, peut-être pas encore dopés à Jurassic Park. Sont forts, ces finlandais : faire chanter des chansons par des dinos ! Je plains quand même tout autant les être vivants en déliquescence à l’intérieur des costumes sous un cagnard en open air… Nota 1 : c’est pas en Finlande qu’on doit le plus cuire à l’étuvée. Nota 2 : avec le dérèglement et le réchauffement climatique, pas dit que mon Nota 1 soit vraiment encore valable…
Helldebert, aussi connu par les enfants et leurs darons sous le nom d’Aldebert, auteur-compositeur-interprète de chansons destinées au Premier Âge, pas celui des Terres du Milieu mais du rampant qui a fini par prendre son équilibre et vous poser des questions à la con pour laquelle la réponse « va demander à maman » reste la plus sage… En aficionado de Metal, il paraissait évident qu’à un moment il passerait du côté obscur pour proposer à son doppelganger maléfique de prendre la parole et la six-cordes électrique pour envoûter les plus jeunes et les inciter sournoisement à faire comme maman et papa : des doigts ! enfin, l’index et l’auriculaire, de fait. Naturellement, c’est le papa qui parle, le papa qui s’occupe des enfants malgré ses défauts… et ça donne des choses amusantes sur Enfantillages 666.
On ne pouvait décemment pas passer à côté du trop fameux « Let it go », en versions multiples. Cette chanson disneyenne vous a pourri la tête à force de l’entendre bramée par des charmantes têtes blondes défoncées au sucre ? Trollez-les en retour avec les covers greuh greuh… ou pourrissez vous-mêmes cette génération de futurs parents en faisant ouïr à leur descendance ces versions qui leur rappelleront des souvenirs.
La pédagogie et la découverte en symbiose vous permettront d’aborder au plus tôt la saturation non pas des données mais des guitares tout en leur apprenant les 3R basiques de l’éducation anglaise (Reading wRiting aRythmetic) : même les chaînes télé ou média s’y sont mises, en voici donc un exemple pour revoir vos bases.
Aussi pour continuer sur cette lancée, je vous invite à apprendre le calcul avec du gros son, celui originel de Drowning Pool et cette adaptation pour les tout-petits trop choupinous.
« Faites des gosses… » Je ne sais pas si je dois vous présenter cette sentence comme une injonction ou un soupir de désolation. Quoi qu’il en soit, sarcasme ou tentative de repeuplement, si c’est trop tard et que vous en avez déjà, faites ce qu’il faut pour leur éviter de devenir des sales connards ou des assassins, par acquit de conscience ou simplement parce que, que vous soyez ou pas un « bon » parent, vous aurez fait de votre mieux…
L’évolution des goûts et des couleurs Une réflexion de WvG
à lire, savourer, méditer et commenter !
Allons enfants de la puterieeee, le jour des glaires eeeeest arrivé : me voici reviendu, je suis de retour après un long moment pour se ressourcer, se revigorer, se… nan, pas du tout en fait, mais vu le cynisme ambiant des actualités qui dilatent le renflement brun plus que jamais, entre Trump qui considère mériter son Nobel de la Paix, Poutine qui veut s’approprier l’Ukraine en invitant son homologue en terrain neutre, c’est-à-dire Moscou évidemment, Netanyahou qui veut un plan de paix en annexant un pays voisin, Bayrou qui veut niquer tout le monde sauf ses potes à coup de mesures fiscales diverses et variées et la polémique sur les influenceurs Metal qui veulent faire raquer les groupes pour de la visibilité sur leurs reels, pour revenir au sujet qui nous intéresse… je pense qu’il n’était pas utile de rajouter une couche de sarcasme à un moment aussi crucial tant la réalité de l’humour noir et grinçant ne serait pas à la hauteur quand la fiction dépasse la réalité. Que nenni, laissons ces putes à leur puterie…
Fi de putes, donc, aujourd’hui on va s’intéresser à l’art de la critique et la critique de l’art, et donc l’évolution des goûts et des couleurs. Comme souvent, vous ne serez pas d’accord avec moi et c’est très bien ainsi : vous avez votre avis et moi le mien, qui évolue selon le temps qui passe mais ne remet jamais en question mes valeurs… Et quand un foireux est un foireux fier de l’être, je n’ai pas de souci à… l’ignorer parce qu’il ne mérite aucune promotion, adulation ou même oreille à l’écoute. Mais c’est aussi ainsi que j’entre dans le vif du sujet puisque me voici déjà critique sur des aspects bien nombreux.
« La critique est aisée mais l’art est difficile » … Vous avez certainement déjà croisé cette sentence, initialement issue d’une pièce de Destouches que chaque personne qui refuse la critique brandit comme son bouclier de Captain America, ou sa main en bramant « miroir, miroir ! » sans même connaître l’origine de cette maxime. À tous les coups, vous n’y avez pas échappé dans un commentaire ou post sur un de vos RS de prédilection…
Le truc, avec la critique, c’est de réfléchir déjà à ce qui est critique, ce qu’est la critique, comment c’est critique et comment l’interlocuteur va recevoir la critique… et en extrapolant à devenir auto-critique. On pourrait aussi pousser le bouchon vers la définition de ce qu’est l’art [mais il me semble déjà avoir abordé précédemment ce sujet dans un article… ou alors c’était un autre con que moi et j’aurais dû le citer sur un post FaceBook pixelisé fait sur Paint…] Tiens d’ailleurs, tentons de le faire.
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La notion d’Art est fondamentalement subjective, avec une honnêteté toute relative de la part de l’auteur ou du spectateur [oui, ça aussi, j’ai déjà dû l’aborder… ou alors c’était encore un autre con, M. Grincement qui écrit l’histoire et tape sur mon clavier… m’enfin des Grecs il y a fort longtemps avaient déjà commencé donc…]. Le péquin qui me dit « je suis artiste » ou celui qui admire me dit « c’est de l’Art », j’aurais tendance à remettre assez vite sa vision biaisée en question, soit à cause de son fanatisme pour le second ou son égo démesuré pour le premier. Ce premier, avec sa prétention, je le mettrais face à sa vision personnelle de l’Art et pourquoi/pour quoi il le pratique : pour être reconnu ? pour être glorifié ? pour rester dans l’Histoire ? Pour en tirer profit d’une manière ou d’une autre ? C’est concrètement et empiriquement difficile de définir réellement l’Art en soi, même si par le passé certains ont tenté de le faire en parlant d’« Art pur » et même dans ce cas, on peut remettre en question cette notion d’Art pour l’Art au regard de l’idée même de faire mieux que le prédécesseur, ce qui est finalement très égocentrique. Selon moi, l’artiste est celui qui ne sait pas ou ne se rend pas compte qu’il en fait, qui est « béni des Muses grecques » et fait ce qu’il a à faire parce que c’est désintentionné ou désintéressé ; sinon il/elle risque de rentrer dans des cadres pour plaire, satisfaire, se brider et ne devenir qu’un simple exécutant, un artisan finalement… De nombreux artistes, ceux qu’on dit « torturés », faisaient avant tout ce qui était dans leur domaine de compétence, donnaient le meilleur d’eux-mêmes sans se revendiquer artistes, voire minimisaient leur place dans cette case sociale, que ce soit des Baudelaire, ou des encore Gainsbourg qui considéraient pratiquer un art « mineur ». C’est effectivement applicable dans le domaine du Metal comme d’autres non mécénés par Euterpe : un toubib/chirurgien qui fait son taff avec dextérité et sauve une vie est un artiste, un mécano qui te trouve la panne la plus improbable sur ta bagnole et te la règle en deux-deux est un artiste, le mec qui change les pneus de ta F1 en moins de deux secondes est un artiste, le prof qui malgré les conditions les plus merdiques et en voie d’empirer trouve le point essentiel qui arrive à faire s’épanouir un gamin et l’ouvrir à la réflexion et la culture est un artiste, le cuisinier qui recherche la saveur qui manque pour que tes papilles limitées à cinq goûts s’extasient par illusion devant un sixième est un artiste… Liste non exhaustive mais la réflexion autour de l’Art est indubitablement personnelle et nécessaire, elle pourrait aussi se limiter à « donner le meilleur de soi-même et du talent qu’on cultive » [le talent n’est pas un don inné mais un travail constant, même si certaines prédispositions aident à le cultiver].
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Partant de cette définition, l’Art est de base difficile puisque difficile de savoir ce qui en est ou pas, selon son propre regard ou celui d’autrui.
D’un autre côté… Il y a ceux qui, donc, éprouvent leur travail d’« artiste » dans le but d’être vus/reconnus/admirés, etc. Admettons, si telles sont tes volontés et ambitions…
Dans ce cas, tu te dois d’accepter que tu ne fasses pas l’unanimité, que tu ne convaincras jamais tout le monde. À titre personnel, on a essayé de nombreuses années de me convaincre que Bach est un génie, l’artiste absolu ; je n’y ai jamais adhéré : pour moi c’est un mathématicien qui composait pour obtenir la rédemption de son chef à qui il cirait les bottes dans le but d’avoir une place convenable à ses côtés… je parle de « Dieu », bien sûr… Mais surtout c’était une perte de temps puisque j’entendais des maths et pas de la musique, même si les deux disciplines sont étroitement liées. Le paradoxe metalleux entre ici en ligne de compte : vouloir convaincre tout le monde que le Metal mérite sa place au grand jour… mais qu’il ne faut pas parce que, sinon, ça deviendrait mainstream.
Dans ce cas, tu dois également accepter, puisque tu ne feras pas l’unanimité, que même dans ton milieu tu n’auras pas que des admirateurs, par atavisme et snobisme de groupe souvent (j’aurai l’occasion d’en reparler plus bas), ou aura carrément des détracteurs, exactement pour les mêmes raisons, le groupe « hater » faisant la force.
Tu soumettras donc ton travail à la critique, dans le but [ou l’espoir] d’en tirer un bénéfice (visibilité, pognon, augmentation du nombre de fans, etc) qui te donnera une impression de valeur.
C’est là que débute mon second point : « la critique est aisée » …
Non. En fait… La critique n’est pas aisée, d’autant quand tu veux être un tant soit peu honnête en tant que critique et pas juste te fondre dans la masse des « j’aime pas parce que les autres n’aiment pas donc je vais le pourrir », d’autant si tu as une notion très relative également d’avoir un pouvoir ou un poids quelconque pour que ton opinion influe sur le reste du monde, d’autant si ton objectif de critique est d’être constructif selon tes normes et valeurs mais pas de descendre pour le plaisir de descendre ou par sadisme, d’autant, d’autant, d’autant… Tu te dois d’avoir un semblant d’éthique et de morale pour être critique constructif. C’est aussi pour ça que la critique n’est pas si « aisée », dans l’absolu.
La complexité de la démarche reste l’honnêteté [oui, je redonde] et surtout le fait d’éviter de tomber dans la mauvaise foi parce que la tempérance est tout aussi importante. Je vais prendre un exemple très récent, mon visionnage du Pauvres créatures de Lanthimos (déjà réalisateur de The Lobster entre autres), film que j’ai trouvé très féministe dans son propos, intéressant dans sa réalisation mais gonflant sous certains aspects visuels. Très, ou trop féministe selon les goûts et autant dire que ma partenaire de visionnage, elle-même de sexe féminin, donc à priori plutôt concernée par le fond de ce film, revisitation du mythe de Frankenstein avec une notion de liberté absolue d’émancipation féminine par tous les aspects, l’a trouvé trop féministe pour elle. Nonobstant le fait que je l’aie également perçu, ressenti (et sans avoir été spoilé préalablement puisque je le découvrais) comme poussé loin, il y a une ironie derrière cet exemple que je vous propose : suite à cette séance, qui m’a amené vers des tas de réflexions tant personnelles que globales et n’étant pas forcément obtus dans mon fonctionnement, j’ai regardé les avis sur le film. Pas ceux de l’ultracrépidarien internetistique mais des personnes dont c’est le métier, donc la compétence… Et j’ai ri jaune en lisant les critiques, dans la globalité dithyrambiques (quatre Oscar dont un pour Emma Stone dans le rôle principal), avec d’un côté ceux qui notent de manière manichéenne l’aspect féministe en fonction de leur appartenance et leur bord sur le sujet (et j’avoue avoir été décontenancé par la critique positive de CNews… comme quoi, hein…) mais, surtout de l’autre, des magazines très penchés vers le féminisme… qui trouvent que ce film est une daube machiste et misogyne… parce que c’est une vision masculine, donc inappropriée/inadéquate/appropriatrice, donc “tu peux pas comprendre, t’es pas une femme”, donc mansplaining, donc blablabla… C’est la raison pour laquelle je prends cet exemple qui démontre qu’au-delà du fait de ne pas pouvoir plaire à tou.te.s, les intentions réelles ou sous-entendues sont analysées et critiquées (à tort ou raison, je ne saurais dire, mais là n’est pas la question), biaisées de surcroît, et qu’émettre une hypothèse sans fondement est nettement plus « aisé » pour critiquer que se remettre en question ainsi que son jugement de valeurs et son échelle graduée attenante.
Parce que quand tu sens le foutage de gueule, oui, tu peux ou te dois (mais c’est selon votre sensibilité ou l’envie de le faire ou s’impliquer) de « balancer ton hypocrite ». Il m’est arrivé d’écourter des interviews pour la malhonnêteté « artistique » de mon/mes interlocuteur/s ; il m’est arrivé de refuser de chroniquer des « albums » dans le but de ne pas tailler le groupe qui voulait son quart d’heure de gloire et, comme dit en préambule, ce genre de guignols, je les ignore ; il m’est arrivé de devoir faire des chroniques de trucs que je n’ai pas aimés… et donc dire le mal (et le bien aussi, faut pas non plus déconner) que j’en pensais, particulièrement celui de la démarche « artistique » en me prenant des retours négatifs d’une façon ou l’autre par le label (qui oublie assez souvent que la promo faite par un chroniqueur n’est pas un honneur mais un travail et que la pyramide de Maslow ne fonctionne pas dans ce cas de figure).
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Non, la critique n’est pas aisée quand tu dois te censurer, pour tes principes ou valeurs… mais elle ne l’est pas davantage quand tu vas encenser, parce que tu n’as pour ainsi dire rien à apporter comme valeur ajoutée excepté ton avis. Ou alors, dans le but d’être constructif et pas simplement un énième fanboy, tu dois réfléchir sur ta critique, en admettant que la perfection n’est pas de ce monde, et sans pour autant pinailler, considérer que tu n’as pas forcément atteint l’extase absolue, le nirvana ou choppé quelque syndrome de Stendhal, donc chercher à comprendre d’où vien(drai)t la faille qui t’a empêché d’atteindre le seuil de l’Île des plaisirs [peut-être le fait qu’il n’y a pas de sangliers dessus…]. Ça m’est aussi arrivé dernièrement de chroniquer des albums que je trouve quasi parfaits… et vous noterez mon « quasi » qui fait que je ne peux pas donner de note optimale à un album. On pourrait aussi discuter de l’intérêt de mettre une note à un album, question qui a longtemps été débattue dans les milieux éducatifs « mais pas que… » (pour pomper le slogan de MMW, placement de sponsors oblige), a été tournée et retournée, pour arriver au constat suivant : on a tous besoin de chiffres pour se jauger, que ce soit en notes, en étoiles, en nombres de chiffres sur le bulletin de salaire ou bâtons gravés sur la rampe du lit/le côté de la voiture pour celui de mecs/nanas dans votre bodycount…
D’autre part, la critique doit aussi être tournée vers l’intérieur et pas seulement l’extérieur, la paille perçue avant la poutre, qu’elle soit de Bamako ou d’autre part. Savoir se remettre en question, être autocritique est essentiel pour (re)devenir un tant soit peu objectif, même si l’on sait en définitive que cette notion est totalement invalide en soi. Dans le cadre de cette réflexion me revient un moment, rigolo tant qu’à faire mais assez démonstratif de ce que j’entends par autocritique: le making of de l’enregistrement de Sadistic Sex Daemon de Misanthrope durant lequel le titre « Conversations métapsychiques » est en cours de mixage et l’ingé son qui le passe à la moulinette se marre à growler “conversation avec un cric”. Ce passage m’a fait marrer d’une part en imaginant la situation de ladite conversation mais aussi parce que tout sérieux que soit l’instant, dans un cadre tout autant sérieux, ce moment d’autodérision est salutaire d’une pour détendre l’atmosphère mais aussi de deux pour relativiser le sérieux : on peut faire des choses sérieusement et éviter d’être chiantissimement premier degré simultanément, mais ça nécessite du recul et surtout de ne PAS se prendre au sérieux. À titre comparatif, faire de l’humour (dans un cadre professionnel, j’entends), c’est sérieux, bien que ça paraisse paradoxal de prime abord : un humoriste ou aspirant humoriste passe un temps considérable, sérieusement, à étudier, analyser, construire, bâtir, s’entraîner, répéter, improviser… L’humour, c’est donc du sérieux, mais aussi de la remise en question (ré-écrire des sketchs, des vannes qui plantent, etc.) donc de la critique envers ses goûts, mais aussi son travail.
Rien n’interdit effectivement d’être critique même (surtout, en fait) parmi les choses qu’on aime, ne serait-ce que pour atteindre le niveau le plus épanouissant de satisfaction personnelle, sur un plan plus hédoniste : le chef-d’œuvre ! [Ah, tiens… j’en ai déjà parlé aussi… j’imagine que je commence à avoir fait le tour des sujets et qu’il va être temps de m’effacer avant de ne plus rien avoir de constructif à proposer jusqu’à tomber dans le pathos de ceux qui n’ont rien à dire mais le disent quand même…] « Sans liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » selon Beaumarchais… ce qui complète assez bien la citation de Destouches tout en la mettant en porte-à-faux : si tu as conscience que ta critique est pragmatique, elle devient constructive. Je prends un exemple : j’aime Maiden [je prends cet exemple parce que je me suis confronté à cette réflexion durant leur concert à Paris]. MAIS je n’aime pas Maiden… J’aime ce que Maiden a fait jusqu’à Seventh Son, même si je n’aime pas du tout cet album mais je le trouve artistiquement honnête (voir définition plus haut, à moult occasions). No Prayer étant ma madeleine de Proust, j’ai du mal à avoir du recul même si je m’y force, mais Fear of the Dark, hormis quelques morceaux dont celui éponyme singueulisé… bah, c’est pas l’album du siècle ! Tout ce qui vient ensuite n’est que tentative vaine de perdurer, pas grand-chose à sauver, et surtout pas Senjutsu que je trouve artistiquement malhonnête, avec des morceaux pas inspirés, insipides, torchés, mal enregistrés, mal branlés, irréfléchis… une démarche pas du tout artistique mais mercantile. Et pourtant, Maiden a rempli deux dates d’affilée à Paris, deux fois quarante-cinq mille spectateurs, qui sont venus pour LE Maiden, celui qui s’arrête donc à… Fear of the Dark… Et même mon regard d’enfant émerveillé a constaté que, bah, le groupe dans son ensemble avait perdu de sa superbe, le plus pragmatique étonnamment malgré son caractère espiègle ayant été Nicko McBrain conscient qu’il n’était plus capable de suivre le rythme du groupe quand les autres continuent, quitte à tenter de faire survivre le mythe quand ils ne font que l’enterrer par orgueil…
Qui plus est, nos goûts évoluent avec le temps et il m’est aussi arrivé, en réécoutant un album que j’avais chroniqué (ou pas d’ailleurs, juste simplement aimé sans en dire mot), de me faire la remarque « t’as pas été assez magnanime/vachard » sur tel ou tel aspect, et la critique elle-même varie en fonction de notre propre acquisition de connaissances et compétences, ce qu’on appelle lapidairement « le Temps ». On en revient à la nécessité d’introspection et de recul.
Je lisais dernièrement un article de Télérama qui ressemblait presque à un mea culpa pour avoir taillé des « chefs-d’œuvre » de la comédie (un peu comme si les César se décidaient, mais trop tardivement, à en créer un pour la “Meilleure comédie”), ou d’autres journaux/zines/média lambda, mais en hype, qui réhabilitent des films/livres/pensées/compositions, etc. en se rendant compte que leur charge n’a eu aucun effet, pire ça a incité à ce que des œuvres deviennent cultes (Donnie Darko, The Big Lebowski, Last Action Hero, Scott Pilgrim VS the World… je ne cite que quelques exemples à la louche, transposables dans des groupes de Metal qui apparaissent dans des festivals dès lors qu’on a réalisé leur existence et intérêt musical) parce qu’on y a trouvé de l’honnêteté sans prétention contrairement à d’autres films poncés au laudatifs qui n’étaient que des pirouettes techniques sans saveur ni volonté autre que de s’inscrire dans l’air du temps… J’entends déjà mugir dans les campagnes les fans de Julia Ducourneau pour une critique de Alpha [quand de mon côté je ressens ma fin de sujets à proposer, mon oméga], ou les admirateurs des groupes qui « sonnent comme » et ont leur fanbase irréfléchie brainwashée au format qui plagie sans vergogne et se contente de ne pas pousser ses neurones au-delà du stade primitif voire fécal… mais qui ont voix au chapitre puisque suivis par la masse (oui, pas pu m’empêcher de tailler les « influenceurs » évoqués en introduction : n’est influenceur que celui qui a des influençables, ce qui est triste dans le fond… mais clairement, j’ai déjà la flemme de vous expliquer la loi de Brandolini donc je ne vais pas chercher à vainement vous convaincre pour certains ou enfoncer des portes ouvertes pour d’autres).
Prendre du recul sur ses idées, tempérer et relativiser peut ouvrir vers des directions positives et constructives, ne serait-ce que pour sa propre appréhension du monde (et aussi se rendre compte d’à quel point on peut se faire dilater sans réagir, à défaut d’avoir agi, mais ceci est une autre histoire et point de vue, qui ne feront certes pas non plus l’unanimité). Réaliser que son âme d’enfant ou de révolutionnaire n’a pas disparu pour autant en est une autre, co-existante.
Un vieux con, c’est juste un jeune con qui a vieilli… Rappelez-vous quand vous écoutiez votre « musique de barbares » dixit vos parents et que vous dites la même chose de la musique qu’écoutent les/vos gosses actuellement, avec la fâcheuse impression d’être largué parce que vos outils de comparaison datent et que « c’était mieux avant »… Evidemment que vos goûts évoluent, soit face à la lassitude [ça m’arrive assez fréquemment, tant à l’écoute d’un album récent qui « sonne comme », mais vraiment COMME, que dans le cadre de ce que je propose en termes de réflexions ou de baratin que vous lisez pour les quelques premiers paragraphes parce que je m’étends sur des formats très ou trop longs qui me soulent moi-même dans le simple cadre de lecteur, même si je suis obligé de développer ma pensée et que ça prend DES pages pour ne pas simplement tomber dans le pathos ou la régurgitation de connaissances non approfondies], soit parce que le monde évolue et change, et qu’il faut aussi se mettre à la page, pas forcément pour développer son esprit critique et se morfondre en « gneugneugneu c’était mieux avant, d’tout’façon » mais parce que certaines évolutions ont un impact positif et utile, n’en déplaise. Perso, pour les amateurs de 1349 résiduels, j’aurais moyen pas apprécié de vivre cette période [NB : on mourait assez facilement de la peste noire en ces temps de « c’était mieux avant »]. Au fait, puisqu’on met les pieds dedans… vous avez tous écouté des musiques « extrêmes » dès le départ ou vous y êtes arrivés par paliers ? 😉
D’ailleurs, pour enfin parler Metal en profondeur… Oui, il y a des jeunes qui viennent vers les anciens (on parlait de Maiden plus haut, il n’y avait pas que des soixantenaires dans la salle) mais, oui, il y a aussi des anciens, d’aucuns diront « vieux », qui s’ouvrent aux nouveaux courants ou descendants d’un genre qui est lui-même l’accumulation et la somme de sous-genres. Ozzy, RIP à son héritage et l’usure qu’en a fait sa chère moitié spécialisée dans le pressage de citron, était conscient que, tout pionnier du Metal qu’il ait été, il a été le parrain, le mentor voire l’Amphitryon de nombreux musiciens dans des styles qui ont succédé à son œuvre, adoubant certains tant par un featuring que par une invitation à participer à son OzzFest… l’ultime concert pré mortem est assez démonstratif de cette chronologie, me semble-t-il. Maintenant, prenons l’exemple des plus radicaux adeptes du « c’est de la merde », adage qu’ils se feront peut-être un jour tatouer sur leur petit cœur d’acier ou graver sur leur épitaphe : bah oui mais… si les autres sont de la merde, toi et le courant musical que tu affectionnes ne seriez rien sans les autres, soit par les origines soit par la succession, même si ce n’est que pour servir d’outil de comparaison.
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Arrivé à ce point, petit aparté : je ne considère pas que se renseigner ou écouter d’autres propositions soit une forme de progressisme ou, pire pour certain.e.s, de wokisme. Deux raisons à cela : la première est que de nombreuses idées qui ont de plus en plus le vent en poupe sont loin d’être nouvelles (et “ont fait leurs preuves » comme dirait Elie Sémoun parlant des fours crématoires de modèle allemand… si, si, il a été drôle et fait de l’humour noir) et d’être progressistes, mais plutôt régressistes dans des domaines sociétaux, politiques, promotionnels ou autres, si tant est qu’on considère qu’il faille choisir un extrême ou ne considérer que la voix de celui qui gueule le plus fort comme celle de la raison ; la seconde est la manière d’aborder plus ou moins intelligemment un concept, donc pas par le biais du prosélytisme ou du diktat, de la radicalité en somme du « ami ou ennemi, choisis ton camp !!! » [Je mets sciemment trois points d’exclamation pour souligner le ton de manière écrite, même si vous ne m’entendez pas ou entendez votre propre voix dans votre tête en me lisant… et de facto, c’est la vôtre et pas la mienne… ou alors vous fantasmez la mienne et arrêtez tout de suite : ça m’excite déjà]. Le mien serait simplement de n’avoir aucune envie de t’écouter et encore moins adhérer à tes idées vu comme tu en fais l’apologie avec brutalité… et si tu insistes, il y a de fortes chances que je t’envoie chier, radicalement pour le coup, comme on aurait envie de ne pas acheter un produit dont la pub est matraquée à longueur de temps sur des médias, même quand tu payes pour ne pas avoir à subir ces pubs mais qu’on te les impose quand même (coucou Amazon Prime et YouTube : niveau répulsif, je pense que ces boîtes n’ont pas encore compris l’effet néfaste).
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Mais revenons au sujet initial, les goûts, leur évolution et donc celle de notre esprit critique. « Et c’est le temps qui court, court, qui nous rend sérieux » … Est-ce que récemment vous avez réécouté un album ou morceau que vous chérissez et vous êtes dit « hé, mais en fait, c’est naze/chiant/mal foutu/ « de la merde » ? Soit vos goûts ont évolué (en fonction de la découverte de choses antérieures ou postérieures), soit votre esprit critique s’est acéré et vous vous rendez compte que la « perfection » d’antan ne l’était finalement pas… Un Painkiller, aussi « parfait » soit-il, ben en fait non : tu sens bien l’odeur et le goût du Médoc dans l’enregistrement quand tu tends l’oreille [NB pour celleux qui l’ignoreraient, l’album a été enregistré en 1989 aux Studios Miraval, dans le Bordelais, rachetés depuis par un certain… Brad Pitt]. Mais pour autant, est-ce qu’on devient plus ou moins tolérant, et est-ce que cette tolérance n’est pas elle-même biaisée par une forme de mauvaise foi ? Est-ce qu’on ne deviendrait pas trop sérieux avec le temps ?
A contrario, évoquons les groupes qui ont fait notre bonheur auriculaire mais dont les membres ont fait des choses qui ne correspondent pas/plus à nos valeurs, AKA syndrome de la distinction de l’œuvre et de l’artiste ; est-ce que leur musique/œuvre est finalement merdique et on s’est trompé de bout en bout, ou est-ce simplement un rejet lié à une autre raison ? Je ne donnerai aucun exemple tant la liste pourrait être longue selon les sensibilités et, selon la radicalité de votre point de vue, elle peut être infinie puisque nul n’est parfait par définition et vous ne trouverez rien ni personne d’irréprochable.
Si pour Brassens « le temps ne fait rien à l’affaire : quand on est con, on est con », je pense qu’il y a aussi à relativiser : la capacité d’évolution et de réflexion est latente si tant est qu’on y pousse ou cultive la curiosité, sans notion d’âge ou origine diverse… Mais tout est affaire d’effort personnel (et possiblement, à terme, collectif) à entreprendre et, tout comme tenter de convaincre un platiste que la Terre est en fait un donut [on le sait tous, arrêtons de nous mentir, nous sachons et renseignez-vous par vous-mêmes] est peine perdue, laisser trainer l’information plutôt que forcer à la lire va développer sa curiosité et son envie de véracité, au lieu de « vérités vraies que j’ai lu sur Twitter ».
[Kant on est con, on est con]
Et si jamais vous êtes arrivés jusqu’ici, j’ai peut-être déjà instillé cette idée dans votre tête : je vous le souhaite, je passe mon temps à re-réfléchir des tas de choses en m’efforçant de confronter la science et la logique à ce que j’aimerais être vrai ; c’est souvent décevant mais c’est un exercice que je trouve sain et qui permet même de terminer ce laïus puisque ça m’a amené à réfléchir sur l’Art, sa critique, la Critique et l’évolution de cette dernière, donc à l’intérêt de faire tout cet ensemble de choses en parallèle.
La complexité de mon long [avis personnel et autocritique] propos tient surtout en l’idée que je vois de plus en plus le milieu du Metal (ou des Metals, devrais-je dire) se gangrener par des radicalisations, des dénonciations, des susceptibilités exacerbées et que si je ne suis effectivement pas qu’amour et paix… Putain, de temps à autres, un peu de silence dans ce vacarme, un bon gros « fermez bien bien vos gueules ! » au centre du brouhaha devenu capharnaüm d’individualités, ça détend… mais ça ne peut avoir lieu qu’en bonne intelligence donc capacité à proposer de l’art, de la critique et de l’évolution. Je n’ai essentiellement pas vocation à devenir un influenceur [sinon vous pensez bien que non seulement je ne vous inviterais pas à réfléchir mais en plus je me ferais monnayer à votre détriment et n’hésiterais surtout pas à me faire connaître #fortuneetgloire], ou mentor, ou prophète, ou gourou, ou que-sais-je d’autre, mais je vous convie à pratiquer cet exercice, même s’il n’a pas vocation à être publicisé : écoutez un album que vous adorez, puis rédigez la chronique critique de celui-ci, mais pas en fan : en analyste. Alors, relisez ce que vous venez d’écrire : si votre propos tient en deux lignes laudatives, c’est que vous avez besoin de réfléchir encore et évoluer.
Je ne parle pas d’une flatulence humide oubliée négligemment par le passager précédent de l’ascenseur mais plutôt de la situation internationale qui serait commentée en prime time par Léon Zyklone… Une sorte d’odeur de napalm au petit matin… Alors, oui, ça sent la merde… mais aussi la guerre… Les plus informés d’entre vous auront assez aisément noté la progression fulgurante de la connerie humaine depuis la dernière décennie, c’était latent et insidieux… mais le monstre commence à prendre forme. Je vais peut-être un peu loin mais l’analogie avec le déclin des civilisations précédentes est à la similitude, et comme l’Histoire se fait davantage cancel que regarder face à face avec soi-même comme un miroir de son présent, autant dire qu’on est mal barrés. Le déni, c’est quand même beau, quand c’est bien fait, hein ? Mais je vais arrêter ici, je risque de passer pour un enfant sermonneur élevé à la tradi, version Betharram, ou une folle lanceuse d’alerte quand le principal responsable a « oublié » ou « pas été averti » …
Bref, mon propos en soi ne va pas aller sur « comment sauver le monde sans métahumain ou deus ex machina, avec de la simple intelligence collective, en 3 leçons ! (la 5 va vous étonner) » mais sur le lien ténu entre le domaine artistique qui nous concerne, le Metal donc, et la chronologie des événements, parfois de manière prémonitoire, les artistes étant souvent les Cassandre d’une société en profond mal-être qui pressentent le devenir de celle-ci, avertissent sous des biais poétiques, et tombent dans une oreille assourdie par le bruit des explosions, rafales et destructions ou, pire… du silence, du regard baissé – quand ce n’est pas le futal – et des bouches aussi closes que les portes face à la détresse. Et sans trop vouloir m’avancer – ou vous spoiler – en général, la détresse mène à la colère, la peur, la haine, la déraison… et hop, fin du game.
[NB : à tous celleux qui geindraient que « ouin ouin t’as oublié celle-là », c’est toujours non exhaustif… mais si vous cherchez la guerre, vous l’aurez !]
Même quand on est un vilain sabotageur, on sait que « la guerre, c’est fantastique ! » Quand on est dans un genre qui se veut extrême ou, a minima, un brin provocateur ou, mieux – enfin selon le point de vue, hein… parait que tonton Adolf a « fait de bonnes choses comme les autoroutes » en plus d’être un bon peintre selon la relativité des points de vue de certains et leur notion de « détails de l’Histoire » – fasciné par le pouvoir et l’emprise de la peur qui mène au contrôle de l’esprit et, par conséquent, à la manipulation des masses bêlantes… Oui, oui, je parle du fascisme au sens le plus « noble » du terme, pas celui décrié (et revendiqué) par le premier bozo à qui on a refusé l’entrée en boîte parce qu’il était bourré et dont on a subséquemment attenté à ses libertés fondamentales…
Le Metal, c’est du gros son, de l’artillerie lourde, du bruit qui est censé penser (pour détourner la maxime de Victor Hugo) ; rien de forcément étonnant à ce que la connexion entre Metal et guerre se fasse symbiotique, au point d’engendrer un sous-genre, dit « War Metal », aux frontières aussi floues que celles d’Israël actuellement, du moins tant que le Club Med en projet de construction sur Gaza ne sera pas dératisé, désinfecté, désinsectisé, dégazaouizé en somme. Une sorte d’euthanasie sans prépuce… Oui, d’autres se sont fait virer de France Inter pour une vanne du même genre mais du sang a coulé sous les ponts depuis… Ah non, suis-je sot : y a plus de ponts… Leurs noms vont du sobre Nuclear Blaze au plus éloquent Zyklon-B. Faut vraiment aller creuser et connaître leurs auteurs pour tracer la ligne de front entre utilisation provocatrice et adhésion, tout comme quand je fais un sarcasme tellement énorme la phrase précédente que certains assez ignares penseront que je soutiens les génocides au profit du tourisme de masse et que j’ai des actions chez Benjamin&Vacances…
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« Assis à table, ils parleront des cris qu’on fait taire, ils parleront de la mort et de son pouvoir » (« Les Brutes », Trust). Fascinant, n’est-il pas… Suffisamment en tout cas pour servir de source d’inspiration, de la manière la plus soft, descriptive sans être pour autant dans l’adoration, comme « Angel of Death » de Slayer, ou bien plus dans la tendinite du coude à quarante-cinq degrés et le modus vivendi (et une fois encore, ces mous du bulbe et du gland qui rêvent de la puissance et la virilité qui leur manque tant ne provoquent en moi qu’une aversion au point de ne pas m’étaler davantage sur leur cas, qu’ils vous soient lointains ou peut-être voisins, usant de dialectes peu compris – voire bretonnants – pour vous faire adhérer à votre insu à leurs théories rances pendant que vous headbanguez). Toujours est-il que la batterie de canons est le rythme adéquat pour un « War Ensemble » paru en 1990 sur leur Seasons in the Abyss.
Le rythme militaire, la marche au pas… ça enthousiasme… c’est exaltant… il y a quelque chose de décérébrant là-dedans, au point qu’on se complaît à ne plus réfléchir, de bon ou mauvais gré, et suivre le mouvement, jusqu’à en arriver à ce que ce moment merveilleux se mue en Purge géante : et un American Nightmare allongé pour la table 2 ! Le timbre de cette caisse claire qui résonne quand on ne raisonne plus est devenu idiomatique à un niveau tel que c’est une sorte de passage obligé dans la “protest song”, qu’elle soit francophone (le final de « Tranchées 1914 » de Misanthrope) ou anglophone (celui de Lamb of God sur « Now you’ve got Something to die for » avec sa cymbale ride digne d’une gatling au ralenti).
On retrouve aussi cette fascination, pas que rythmique, chez Bolt Thrower avec « No Guts No Glory » ou Marduk qui a choisi une pochette de bon goût et aloi pour Panzer Division Marduk, bien que ne traitant assez peu du sujet guerrier dans son ensemble à l’exception de « Steel Inferno ». On peut même aller jusqu’à la propagande, quand un Drowning Pool fait de son « Soldiers » un hymne à aller dégommer de l’« ennemi » (avec une fois encore… devinez… oui, la caisse claire martiale !), tous fiers qu’ils sont de le jouer en « soutien moral » dans les camps en Irak et Koweït…
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« Si les Ricains n’étaient pas là, vous seriez tous en Germanie » … Rigolo de voir qu’encore actuellement, les États-Unis – du moins ceux qui ont été élus à leur tête, si je puis utiliser le mot « tête » avec ces énergumènes qui semblent en manquer – usent de ces paroles éculées comme d’un argument pour oublier que sans les autres pays, eux-mêmes seraient encore Anglais, Français, Espagnols, Hollandais (oui, oui) voire… Algonquins. Toujours est-il que, comme McCain (les frites, pas l’homme politique), « c’est ceux qui en parlent le moins qui en mangent le plus » et aussi ceux qui l’ouvrent pour vomir avant que leur cortex n’ait digéré les informations (cf. justement cette deuxième GM durant laquelle ils ne seraient jamais intervenu si le Japon n’avait pas décidé de leur démontrer qu’ils n’étaient déjà pas intouchables…) Bref, cette population au goût exacerbé pour l’obésité morbide et la « liberté » d’élire le dictateur qu’ils veulent – un peu tard pour s’en rendre compte mais bon, d’ici là, la Constitution de 1776 aura été abolie donc tout va bien – sont aussi nombreux à ne pas vouloir de guerre de quelque sorte. Si le genre « Protest Song » a eu ses grandes heures pendant la guerre du Vietnam, guerre PERDUE malgré la volonté de faire oublier l’Histoire par nos comparses étasuniens, il a perduré sous diverses variantes, y compris dans le Metal qui, en général, n’a pas oublié cette cuisante défaite.
Symptomatique d’une époque où la guerre se technologise, où la menace nucléaire est croissante, le Thrash ne va pas pouvoir passer à côté de la thématique, pas nécessairement pour encenser le match, son score et ses victimes mais comme un fait et généralement un biais de dénonciation ; Metallica s’en chargera à plusieurs occasions avec « One » (de nouveau la caisse claire militaire en introduction et la double pédale sur le pont central qui tinte comme la finesse d’une M60, quoi de mieux pour traiter du résidu de corps post-bataille et l’esprit coincé à l’intérieur et incapable d’exprimer son envie de mourir), « Battery », « Seek and Destroy » ou « Disposable Heroes ». Megadeth tiendra le sujet sur la quasi-entièreté de l’ – excellent – album Rust in Peace de 1990, ancré dans son époque dès son titre phare « Holy Wars… the Punishment due », écho aux Guerres du Golfe et toute la merde en train de se mettre en place en Arabie et qui mèneront les décennies suivantes aux attentats divers et variés au bodycount relatif à « qui a la meilleure raison d’aller envahir pour « venger » ses propres morts » (en France on n’est pas les meilleurs à ce jeu mais on est pas mal quand même, particulièrement le très grand cru 2015).
Parmi les moins connus, on trouve également des Dark Angel et l’angoisse de l’usage de LA bombe – ironique quand on sait qui l’a testé et approuvé par le passé, coucou le champi japonais – avec « Falling from the Sky », intégrant le sample devenu classique de la sirène annonçant la venue du « destructeur des mondes » atomique, ou Exodus qui aborde l’endoctrinement de type « in the name of » dans la chanson « War is my Shepherd », quand Testament est moins rentre-dedans mais le fait en sous-texte dans « Shades of War ».
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Tels des Grégory Lemarchal mais en moins morts, les « Américains » sont fiers de leur histoire et aiment bien l’écrire dans leur mémoire… parfois la réécrire mais on ne va s’attarder ici que sur la fierté en oubliant ce qui est davantage condamnable.
On va commencer par ceux TRÈS fiers de leur Histoire… au point de vouloir la changer en investissant le Capitole quand bien brainwashé par un rouquin dopé au bêta-carotène : Iced Earth. De « Gettysburg » à « Hold at all Costs », le groupe qui se contentait de jouer les narrateurs (très) partiaux et faire du Power Metal a fini par traverser la limite de l’observateur à l’acteur… « Distinguer l’œuvre de l’artiste… oui, je sais… le mantra… inspire, expire… » Pour ne pas oublier que ce groupe a avant tout eu sa place dans la musique, quitte à n’être que des propagandistes, mais aussi pour que l’Histoire se rappelle de tout leur CV un peu trop « patriote » (on parle de la notion un peu plus bas), voici donc le premier de ces deux morceaux dans sa version longue :
« What we’ve got here is failure to communicate. Some men you just can’t reach. So you get what we had here last week, which is the way he wants it. Well, he gets it. And I don’t like it any more than you, men. » Quoi de mieux pour continuer ce speech que d’évoquer un morceau qui est désespérément d’actualité, via l’échec de la communication, « Civil War » des Guns N’ Roses ? Si vous n’avez pas encore jeté un œil au film éponyme d’Alex Garland, faites-le : on y vient, c’est très proche… Mais revenons à la chanson des Guns, qui débute par le thème « When Johnny comes marching Home » habituellement joué à la flûte et qui sonne comme le chant des sirènes d’un joueur de Hamelin menant les rats à sauter du haut de la falaise (vous pouvez entendre ce même thème très clairement dans le film Die hard with a Vengeance). Si j’avais pu sortir des clous et taper dans du U2 (nom choisi en référence au bombardier qui s’est fait cramer à survoler les lignes russes pendant la Guerre Froide, en 1962) et leurs diverses chansons aux thématiques internes ou externes à l’Irlande, c’est comme si le mot « War » faisait partie du génome étasunien, eux-mêmes en proie à leur Histoire et celles à venir. On ne va pas parler plus longtemps des guerres internes ou intestines… Je ne suis ni votre psy ni votre gastroentérologue, bande de dégénérés – c’est ce que dit la société quand vous n’êtes pas « normal » … Bon, c’est aussi ce terme qui a justifié l’antisémitisme dès le début du XXème siècle avec des compositeurs comme Schönberg, Berg et Webern… Non, on ne va parler que des vraies, passées, présentes ou… à venir…
Tous ne vont pas glorifier le fait de massacrer ses congénères, fort heureusement… Sinon on arguerait une fois de plus que le Metal est la mère (ou le père, hein…) de tous les vices, incitant les plus faibles d’esprit – du moins ceux encore plus que les autres – à dézinguer son prochain, respectant de fait le Livre sacré qu’ils prônent comme un exemple à suivre et dans lequel ce conte narre qu’il est inscrit sur une plaque de marbre un des Commandements énonçant « tu ne tueras point ». Savatage par exemple (de retour en 2025 d’ailleurs, profitez-en, c’est du bon !) ne se prive pas de ne pas faire de métaphores ou de sous-entendus ; « Of Rage and War » sur le Gutter Ballet de 1989 dit les termes : la guerre, ça tue ! Tout comme Shadows Fall sur le simplement nommé « War », qui évoque l’impossibilité de changement sans réflexion préalable. De leur côté, Alice in Chains tape sans souci sur les conséquences de la guerre du Vietnam et l’engagement « pour la patrie » avec le titre « Rooster », référence au nom donné à la mitrailleuse américaine qui sera ensuite associé au père du chanteur Jerry Cantrell, un de ceux qui n’appréciaient pas plus que ça l’odeur du napalm au petit-déjeuner.
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« Engagez-vous… Rengagez-vous, qu’ils disaient ! » Restons un peu dans le côté historique de la chose. Imparablement on trouvera chez les métalleux des narrateurs ou conteurs de l’Histoire. Si ça peut servir d’outil de propagande pour certains évoqués plus haut, le ton devient plus neutre chez cette catégorie… Quoique… Quand Iron Maiden propose un « 2 Minutes to Midnight » traitant de la Doomsday Clock, métaphore géopolitique et géostratégique de la probabilité d’une guerre nucléaire et totale en fonction du degré d’agression, le propos est tenu et soutenu par une des plus belles punchlines après le « Let Freedom ring with a shotgun blast » des plus ironiques de Machine Head sur « Davidian ».
En effet, je vais entamer ce paragraphe avec Iron Maiden et CE morceau précisément, particulièrement à cause de la puissance de cette phrase, une de celles qui mériteraient d’être gravées par les survivants d’une apocalypse atomique : « Blood is Freedom’s stain », une problématique que ceux qui enclenchent les guerres oublient assez/trop souvent. Remarque, quand t’envoies les autres la faire à ta place pour ton bénéfice, qu’est-ce que t’en aurais à foutre ? Il va de soi que je pourrais poser ici nombre de chansons du quintette (puis sextette, aussi appelé “69”) anglais mais on peut se contenter de « Aces High » avec le discours de Churchill, « The Trooper » qui revient à la Guerre de Sécession évoquée plus haut avec un point de vue nettement moins neutre de la part d’Iced Earth, ou encore « Afraid to shoot Strangers » qui tombe en plein pendant la seconde Guerre du Golfe.
Difficile de passer à côté des conteurs de la Guerre sans parler de Sabaton AKA Mano-second-war (dont j’aurais également pu parler en long en large et en travers sur cette thématique tellement le simple champ lexical y fait constamment référence, le fameux Manowar Lyrics Generator), puisque c’est leur fond de commerce, devenu cliché au point que le feat. avec Nanowar (of Steel) – oui, je recoupe les noms et les articles, cf. un de mes précédents – joue sur celui-ci avec dérision pour commenter un match de foot comme une glorieuse bataille. Faut dire que le sujet est, malheureusement, tellement vaste que même leurs douze albums ne suffisent et ne suffiront jamais à en faire le tour, depuis Primo Victoria jusqu’à Heroes of the Great War… Malgré le côté historien des Suédois, le parti pris est quand même présent et la punchline aussi.
C’est d’ailleurs sur la présence de cette punchline que je vais continuer mon propos. Puisque quand Avenged Sevenfold fait le descriptif du front dans « Danger Line » (et de nouveau la caisse claire en introduction et le thème d’inspiration militaire siffloté dans l’outro), le « Nothing shocks you like a bullet » est assez impitoyable et brutal, tout comme cette litanie martelée « Who has won ? », sorte de ritournelle dans le « A Farewell to Arms » de Machine Head qui suit la mélopée introductive sur un morceau de dix minutes.
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« Si vis pacem para bellum » … Si tu veux la paix, prépare la guerre ; locution attribuée à Végèce, auteur du Epitomia rei militaris au IVe siècle E.C.
Le risque quand on s’attaque à ce type de laïus et de thématique, c’est de tomber dans le sempiternel discours de Miss France « la guerre, c’est mal » ou « les méchants, y sont pas gentils » … Le pathos, la dichotomie du manichéisme pur et dur. Disons que j’ai un point de vue assez éloigné – et misanthrope – basé sur le principe même d’autodestruction de l’espèce humaine, guidée par son aveuglement et son endoctrinement. Et à défaut d’aller loller sur vos tombes, je cracherais davantage à la gueule de ceux qui ont l’hypocrisie et l’outrecuidance de graver au sommet d’une épitaphe : « La patrie reconnaissante » ou « Mort pour la patrie » … Mon cul doit être en acier trempé : la « patrie » s’en fout de toi, tu es mort pour des intérêts qui te dépassent allègrement et, si vraiment elle était reconnaissante, d’une part tu ne serais pas oublié, d’autre part tu ne serais pas récupéré par des orateurs suffisamment bons pour faire oublier le passé quand ça les arrange, et pour finir il n’y aurait plus de guerre, puisqu’on aurait tiré les leçons de ce dit passé… Étonnamment, que dalle, “c’est l’histoiiiiire de la mort, le cycle éééééterneeeeel…” D’autant que ces mêmes burineurs seront les derniers sur le champ de bataille, marchant sur ton cadavre pour venir se serrer la paluche une fois le nettoyage fait en amont. « Pour élever un cénotaphe, il faut choisir un million de victimes » dit un Richard Burton misanthrope atteint – j’utilise ce terme comme sa propre interprétation d’une malédiction qui finalement lui sert à démontrer sa vision de la nature humaine – de télékinésie dans le film La grande Menace ; le sarcasme de ce personnage vient parfaitement illustrer le cynisme de la situation : quand tu te prends une bombe sur la tronche et que t’as rien demandé à personne, est-ce que toi aussi tu es « mort pour la patrie » ?
Pour aller dans le sens de cette ironie, poser ici un « B.Y.O.B » de System of a Down parait le bon moment tant les paroles et le rythme sautillant – si l’on s’extrait de celui des bottes, introductif, qui est un « mauvais réveil » pour Balavoine dans son « Soulève-moi » – vont en adéquation avec le ton, ironiques dans leur numéro de duettistes : « Everybody’s going to the party/Have a real good time/Dancin’ in the desert/Blowin’ up the sunshine » ; la grande éclate, trop d’la bombe, en somme… une sorte de pendant au « On va tous crever, y a la fin du monde qui nous guette et nous, on fait la fête » de Didier Super. Après tout, Vaut mieux en rire que de s’en foutre…
Mais allons plutôt du côté très protest, avec ceux qui taillent davantage qu’ils ne vénèrent, ou essayent tant que faire se peut de tabler sur un prosélytisme pacifique plutôt que belliqueux. Parlons donc de ces « ennemis du patriotisme » et du war business, salauds de pacifistes, va !
C’est cool, la guerre, hein ? La boucherie et l’équarrissage, ça vous tente ? Alors essayez déjà de le faire en vrai sur des animaux et vous aurez un avant-goût de la version sur les humains. Mais bon, on vous vend de l’honneur et de la gloire, jusqu’à les exploiter dans les titres des jeux vidéo… Judas Priest évoque ce biais, non des jeux vidéo mais de l’image fallacieuse de la renommée incrustée par des leaders sans scrupule(s) pour la Vie, du « héros de guerre » … avec « One Shot at Glory », morceau qui termine son propos par un fataliste « I still hear the battle cry/I still see the banners fly ». Dream Theater martèle mot à mot cette phrase « It’s time to make a change/Time… for… change… » qui semble ne pas rentrer en tête aussi facilement qu’une bastos de kalachnikov dans leur titre « Prophets of War ».
Les pires sont ceux qui vous laissent de l’espoir… Qui n’a pas déjà fredonné le sifflement de Klaus Meine ou même le refrain aux harmonies si parfaites qu’on croirait n’entendre qu’une seule voix de cette même chanson « Wind of Change » paru sur Crazy World, un titre si adéquat, de Scorpions en 1990 ? Faut dire que la Guerre Froide touchait à sa fin après la chute du mur de Berlin… Et tant qu’à parler de murs, parlons d’Israël – fallait bien, à un moment – puisque la leçon allemande n’a pas servi à l’Histoire qui se répète en génocides… mais je préfère m’attarder sur des gens un peu moins cons, comme Orphaned Land, groupe qui tient en son sein des Israéliens et Palestiniens, chose peu aisée tant les deux peuples ont des comptes à régler… Leur espoir tient en une simple mélodie mêlant les deux cultures musicales : « Let the Truce be known ».
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Je n’aurai évidemment pas pu faire le tour du sujet, tout comme je l’avais annoncé en préambule, une guerre débutant quand une précédente s’achève et laissant tant d’opportunités d’en faire une chanson apologue ou contestataire, le tout sans m’éloigner du genre Metal bien sûr. On aurait pu aborder les mots de Max Cavalera, que ce soit dans Sepultura (« Territory », « Refuse/Resist »), Nailbomb (tout l’album) ou Soulfly (album éponyme), mais aussi Kataklysm (« Face the Face of War ») ou Death (« Left to die »). J’aurais même pu évoquer FT-17 (« Assaut au bout de la Tranchée du Diable ») ou Wormfood (« Ordre de mobilisation générale ») pour parler un peu des Français … Mais… Rappelez-vous quoi qu’il en soit que ces morceaux, s’ils n’ont pas le fin mot, peuvent influencer et que les discours de haine de son prochain attisent quand ceux plus raisonnés et raisonnables font peur et ont toujours fait peur aux dirigeants, ceux que vous choisissez et/ou auxquels vous choisissez d’obéir ; rappelez-vous qu’un « Déserteur » de Boris Vian a été censuré parce qu’il incitait à ne pas aller buter son voisin… « La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. » (Paul Valery)
Le Metal et les abus de la gratuité ou des taxes mal placées Un dossier de WvG
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Ah, putain ! Ça faisait longtemps que ça couvait mais le contexte s’y prêtant de plus en plus, il s’en est fallu de peu pour que la flatulence intérieure que je retenais ne sorte pas en version Hiroshima. Je ne voudrais pas le couvrir d’éloge parce que sinon il ne pourra plus redescendre mais c’est la faute à LB D, membre de la team Memento, AKA « l’allumette », qui a mis le feu aux poudres : si lui ne pourra plus tenir sur ses jambes en prenant le melon, je vais vous expliquez pourquoi vous ne pourrez plus vous assoir et en redemandez. Aujourd’hui, on va parler sodomie ! Jingle ! « Le Metal, c’est très très bieeeeeen ! Ça coulisse plus facilement dans un rectum et en plus ça laisse pas d’échardes comme le boiiiiis ! »
Bien ! Passée cette courte mais savoureuse introduction dans les fins fonds de votre… personne, attaquons le vif du sujet quand votre sujet lui-même est mis à vif par son entrée la moins neuronale mais la plus nervurée. Ces derniers temps, j’ai l’impression d’assister à un atelier pédagogique proposé par la Fistinière sauf que les enfants, ils ont une carte d’électeur ! Difficile de se proposer comme aspirant sutureur de renflement brun quand le patient aime à se le faire dilater et, à force, plus c’est gros, plus ça passe, voire on vous demande d’acheter vous-même votre propre vaseline pour les moins consentants « mais quand même, ça fait pas si mal à la longue ». Et elle est longue, cette grosse bite du système que vous semblez valider par votre abnégation voire déni. « Les Français sont un peuple résilient », n’est-ce pas ? Quitte à parler de sodomite, on en revient au politique, quand vous vous trouvez face au dilemme cornélien de voter pour un enculé ou pour faire barrage à un autre enculé qui vous semble plus enculé que l’enculé que vous préférez pour vous la mettre. « La pizza au caca, on s’y fait avec le temps, même si à force on se dit que la pizza est dispensable… »
Comme j’aime bien les allégories et métaphores, je vais étendre cette tartine de nutella fécal sur la tranche de la culture puisque, quand il s’agit d’économie d’échelle et de solidarité, fraternité, égalité et autres trucs en suffixe « té » auxquels personne ne prête plus attention avec l’accroissement de la débiliTÉ, les coupes sombres comme l’intérieur d’un côlon – et je parle bien anatomie et pas sionisme – se font sur la culture, l’éducation, la santé et j’en passe des plus utiles en jouant sur la culpabiliTÉ de celleux incapables de se rendre compte qu’ils jouent tellement le jeu de ce système qu’iels en deviennent un maillon essentiel, limite un maillon-boule tellement iels en redemandent (oui, aujourd’hui ça sera partiellement inclusif par flemme et aussi pour titiller la partie obscure de certain.e.s). « Attends, je crois qu’il reste encore un peu de place au fond là… Ahhhh… ah bah non, y a déjà le cadavre d’un groupe précédent que j’aimais bien… »
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J’explique : le détonateur enclenché par ce terroriste latent de LB D a été « j’ai vu qu’il y avait le lien YouTube vers l’album entier ; est-ce qu’on le met dans la chronique ? » … Bah non, on ne met rien ni personne ! Et avec ou sans consentement, « c’est un truc que les labels font de plus en plus » … Si les gens deviennent de plus en plus cons et égoïstes sans gêne – et sans race –, faut donc favoriser ça ? Pour ma part, non. On voit déjà les dégâts que la fainéantise artistique tend à causer sur la « variété française », pas envie de reporter ça au Metal. Mais ici n’est pas tant la question mais plutôt celle d’une éthique : qu’on mette un échantillon gratuit du produit – fragrances diverses et variées de chez Séphora, dégustation de Jack Daniel’s au Carrouf (si, si, véridique), application de lubrifiant sur les parties les plus à fleur de peau – pourquoi pas, c’est cohérent, ça donne envie d’aller plus loin dans… bref. Mais qu’un label ou un groupe offre la totalité du produit gratuitement me pose un réel problème ; ça donne une impression, très raccourcie me direz-vous mais clairement effective si vous y regardez bien, de « gratuit = sans valeur >> sans valeur = « normal » qu’on me le fournisse gratuitement et je suis légitime de me plaindre dans le cas contraire ». Mais merde, vous êtes payés en visibilité ou en applaudissements, vous ? Il est gratuit, votre boulot ? Et si vous veniez à demander une rémunération parce que « tout travail mérite salaire », ça ne vous ferait pas chier qu’on vous dise « non mais… tu comprends… ça a toujours été gratuit donc je vois pas pourquoi je te paierais… » ? Pour ma part, si l’échantillon me plait/convient, j’achète le reste ; dans le cas contraire, je passe mon chemin. Mais je paye parce que ça a une valeur, comme tout travail ou toute vie passée à le fournir.
J’ai connu par le passé un bassiste tout fier au lendemain de la sortie d’un album – qui a coûté une somme rondelette au groupe – que ledit album soit déjà sur un site pirate russe ! « Maaaaais tu te rends pas compte, ça fait de la visibilité… » Bah non, mon con, ça veut juste dire qu’il y a un enculé qui a encodé l’album (disponible uniquement en format matériel à l’époque) et l’a fourni à d’autres enculés pour qu’une pléthore d’enculés en profite… mais qui récolte les fruits de ton travail ? Toi ? Ton prochain album qui aurait pu être financé par les retombées des ventes ? Et ta visibilité, tu crois vraiment qu’elle va te servir avec des mecs du fin fond d’un continent lointain qui vont venir à ton concert à Perduville parce que t’arrives pas à développer tes finances pour organiser un concert ? Bref, pour moi, l’exemple même de l’individu qui n’a pas compris qu’il faisait partie d’un système dans lequel il se faisait élargir massivement par d’autres tout en pensant être antisystème.
Parce que l’image de la rockstar blindée de thunes, c’est une image d’Épi-anal (et avec l’essor de l’IA et la capacité croissante de mythomanie, autant dire qu’on n’a pas fini de vous vendre du bonheur virtuel et de l’ouverture d’… esprit) : peut-être qu’il y a bien longtemps, des groupes comme Metallica ou Iron Maiden ont pu faire leur beurre et mettre quelques fonds en réserve pour vivre confortablement, mais les actuels j’en doute très sérieusement, esclaves malgré eux ou à l’insu de leur passion initiale d’un mode de con-sommation dans lequel ils et elles sont les citrons. Ah c’est sûr, ça voyage, ça voit du pays pour certains… Mais en vrai, si on gratte un peu les photos sur Instagram, on voit que tel groupe est passé à tel endroit ; mais qu’en ont vu ses membres de cet endroit, à part la scène et les gens devant ? Est-ce qu’au moins ils et elles ont eu le temps d’en profiter pour visiter, rencontrer, découvrir… s’en inspirer, pourquoi pas ? « Ah non, merde, demain, il faut être à cinq cents kilomètres pour une autre date… mais on va mettre une belle photo sur les rézosocio avec une photo de nous devant le public en train de faire des horns, c’est classe. Et pis, il faut bien bouffer… Ah… bah non, l’argent qu’on a gagné a payé la location de la salle, les techos, le label, la prod… Bon bah, il me reste un sandwich triangle, on se le partage ? »
[ceci n’est pas une dilatation anale non plus mais ça pourrait]
J’ai déjà parlé précédemment de mon amour indéfectible pour les plateformes genre Spotify et la philosophie ultra capitaliste de leur boss, je pourrais de nouveau m’élancer contre les labels qui rongent les budgets au point de ne plus proposer de produire mais de distribuer, tout en imposant une charte artistique et un moule incassable au point de pressurer un groupe jusqu’au non-sens total de la quantité plus que la qualité, avec l’usure du créateur qui entre en ligne de mire. Si en plus le fruit du travail est offert, l’artiste/créateur n’est plus qu’une vague vache à lait qu’on va envoyer à l’abattoir quand elle sera vidée de toute substance. Et pourtant, c’est pas faute de la remplir de substances diverses et variées mais surtout séminales à coups de verges dans ce gangbang mercantile.
Un autre exemple me vient concernant ce sentiment de « gratuité = « on me doit » » [je devrais dire « doigte » mais à l’écrit, ça rend moins bien et, en ressenti personnel, ça me chatouille un peu trop le fondement] : les événements gratuits. Posez vous un instant en observateur des attitudes de vos con-génères, plusieurs variables se mettent place : soit on considère que parce que c’est gratuit, ça n’a aucune valeur AKA « c’est de la merde » et on n’y va pas (en râlant ensuite que « y a plus rien de gratuit, ma bonne dame ! Ouin, ouin, ouin »), soit cette image de valeur nulle est tellement ancrée dans l’esprit que le respect est enterré directement six pieds sous terre avec la rétribution financière des intervenants, organisateurs et j’en passe : vous savez, les gros cons – et il n’y a ici aucune grossophobie – qui arrivent en retard en dérangeant tout le monde, qui parlent pendant la représentation comme s’ils étaient accoudés au zinc de leur PMU, qui font du bruit et/ou interviennent… C’est chiant, hein ? T’inquiète que quand c’est payant ET qu’ils ont payé, ils se comportent moins comme les premiers des crétins. Pourquoi ? Parce que dans le restant de cortex neuronal résiduel de ce qui leur sert de crâne, ça a coûté un prix, donc ça a de la valeur, donc on (se) respecte entre gens qui ont payé, une sorte de syllogisme de valeur(s) actuelle(s) exponentiel au tarif.
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Mais la grande famille (du Metal, pour ce qui nous importe) est ainsi faite et point ne me chaut de la balancer comme d’autres font de leur porc. Et les « not all », je m’en bats un peu les reins : si vous adhérez à cette philosophie autodestructrice, même sans vous en rendre compte, vous jouez le jeu. Je ne vais surtout pas m’extraire de ce truc, j’ai moi aussi profité de certains avantages des situations ci-dessus exposées : qui n’a jamais téléchargé un album gratuitement ? Pas moi. Mais je l’ai fait pour des trucs introuvables ou, quand j’ai pu les trouver, j’ai versé mon obole au créateur du « contenu » finalement, parce que ça, ça me paraissait légitime, bien plus que de considérer que parce que c’est gratuit, ça ne vaut rien. L’individualisme donne également cette idée de groupe nombreux… mais ça ne fait qu’un plus un plus un plus un, sans former d’unité… de valeur.
Une autre actualité en corrélation avec le tirage dans les pattes, l’auto croche pied, c’est « l’affaire Obscura ». Quitte à parler d’individualisme, je comprends toujours d’autant plus les « one man band » qui s’entourent de guests pour pondre un album. Parce que ça sécurise la parenté de leur création et ça évite les rancunes, rancœurs, ressentiments et plus si affinités quand vient le moment du divorce et du partage des biens de la communauté réduite aux acquêts. Et autant dire que Obscura, c’est Steffen Kummerer and friends, les friends étant évincés consécutivement à la sortie de l’album, avec une ouverture de la fissure anale telle celle de Moïse avec la Mer Rouge – et pourtant on avait dit qu’on ne parlait pas des mers. Les friends finissent donc par se réunir pour un « balance ton Steffen » ou créer un album (exemple, Changeling) qui démontre à ceux qui en doutaient encore ou l’ignoraient par facilité intellectuelle que les œuvres sorties sous le nom « Obscura » sont de LEUR fait, le tout avec en arrière-plan le sourire narquois du produc… distributeur qui a bien pressuré pour obtenir son produit et se frotte les mains en se disant que ça fait du buzz pour sa trademark, avec un quotient de benchmarking en hausse… bref des termes à la mords-moi-le-nœud sans plus aucun lien avec l’artistique mais plutôt avec le rendement et l’arrivée massive de pognon dans leur escarcelle.
Déjà que réaliser que tu te tues à travailler gratos, ça doit te la foutre mal, mais qu’en plus tu te fais snober et dépouiller de ton travail pour que le mérite tant financier que de renommée – parce que comme un con, t’as signé une clause qui cause ton eugénisme artistique (que j’appellerais « clause Barbie » pour la peine) le tout en fermant bien bien ta gueule parce que si tu l’ouvres, tu te mets encore plus dans la merde et on va te démolir – je comprends que ça puisse nettement courroucer. M’étant déjà, et à échelle bien moindre puisque bien moins de notoriété, trouvé dans cette situation de « on ne vire pas, on incite à partir » (sic) mais « on garde tout ton taff parce qu’on n’a rien protégé à ton nom, et ça va nous servir », je comprends d’autant plus les démarches de Münzner, Geldschläger ou autre ex-acolyte de Kummerer de balancer et faire la démonstration de LEUR talent de compositeur quand l’appropriation est nette. Cependant, je n’irai pas plus loin dans mon exemple personnel pour ne surtout pas faire la promotion de ce genre de mentalité de merde… et peut-être qu’un jour je proposerai un autre album quand ces joyeux drilles auront fait la démonstration de leur incapacité à le faire de leur propre chef… mais aujourd’hui, j’écris ici et j’ai pas le temps de tout faire non plus, hein.
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Dans les actualités délirantes, et toujours en rapport avec la place du pognon et la question d’où en trouver en déshabillant PierPolJack pour habiller Sinsemilia, et si je vous parlais plus haut déjà du fait que l’appauvrissement culturel était lié principalement à celui de ses acteurs, parlons du sujet « et si on vous faisait payer un emplacement pour votre stand de merch’ ? »
Ce nouveau pavé dans la mare, aussi appelée « fosse septique familiale », toujours plus abscons a été lancé par Dagoba et sa venue dans une salle où on leur a demandé, en gros, une taxe de séjour pour leur stand, comme on demanderait pour un emplacement de foire à tout. Résumons et synthétisons mon propos ci-dessus : le label chez qui tu as signé a tout fait pour économiser ses frais, au point de ne plus produire ton album mais le distribuer, de réduire ses coûts au format numérique et plus matériel, de mettre ta création en accès libre et gratuit sur internet… Bref, tu touches peau-de-zob a contrario de celui chez qui tu as vendu ton âme. Il te reste quoi pour bouffer ? La scène ? Non, tous les frais passent dans l’organisation et ses alentours. Ah ! Le merch’ ! Bah oui mais non, tu vas désormais devoir payer pour être payé, ce que tu as déjà fait pour produire ton album avec l’espoir utopique de pouvoir en tirer un quelconque pécule… Ça vous parait toujours aussi cohérent, maintenant que j’ai réduit l’équation au maximum ? Moi pas…Le seul pécule qu’il te reste, c’est celui pour essuyer les quelques petits soldats laissés par celui qui t’a souillé et élargi les sphincters.
Pour ma part, je trouve la réaction du groupe (et même si je ne suis pas fan de l’image arriviste de son leader, que je ne connais pas assez pour me permettre de juger sans faits) plutôt cohérente : verser une obole au chapeau pour le chaland afin de régler cette « taxe » et reverser l’excédent à une association de défense du lieu où prendra place leur prestation. Mais pour faire une comparaison – deux en fait – c’est comme si le bar où « on est bien gentil de t’accueillir pour te faire jouer gratuitem… en « visibilité » mais en plus tu vas payer l’obsolescence de la scène parce que ta basket a usé le sol » … ou encore « tu vois cette sodomie que tu n’as pas demandée mais qu’on va t’infliger ? Bah tu vas ramener ton gode, ton lub et tu vas te l’insérer toi-même parce qu’on va filmer et diffuser ta prestation, si tant est que tu fasses une performance qui reste dans… les annales ! »
[ceci est un trou noir supermassif… oui, je sais, c’est confondant quand on se penche bien et est assez souple]
Donc ne remerciez pas LB D si vous avez subi ces quelques pages de balles pas perdues mais ciblées, c’est rien que sa faute d’abord ! Il a relâché le Kraken de ma misanthropie. Mais je ne serai pas l’Atlas soupesant ce qu’il est nécessaire de réfléchir et démolir en profondeur, AKA « casse-moi tout là-dedans, je suis pas ta mère ». Car tout ce laïus, s’il est fait gratuitement, n’est pas gratuit : réagir, c’est déjà un bon début ; agir, c’est nettement plus constructif. Et je mets de la valeur à ces valeurs, mon Bushido personnel, parce que je ne comprends pas – ça, c’est mon trouble autistique personnel – pourquoi on s’offusque un peu, seulement, avant qu’un autre élément de langage de type « oh un voile islamique » vienne éclipser la baleine sous le gravillon, ce que je ne trouve ni très catholique ni très orthodoxe (Oui, j’ai déjà dézingué les religions dans un papier précédent, je ne vous cache pas que je ne voulais pas faire de déçus ici encore, même si le kamasutra n’est qu’évoqué en sous-texte par la prise de position de levrette claquée avec erreur sur l’orifice à insérer). La gratuité vous convient, sans faire trop d’effort pour chercher où est le problème réel ? Tant mieux… Mais rappelez-vous que si c’est gratuit, c’est que le produit, c’est vous !
[NB : si vous trouvez des similitudes dans le ton avec de lointaines chroniques de Pierre-Emmanuel Barré, ce n’est pas une coïncidence et sachez que j’apprécie votre bon goût, mais pas celui de votre bite.]
Où il est question du moule et du Metal, et de toute la publicité fallacieuse faite autour Un dossier de WvG
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Très souvent, je me sens et me suis senti comme un makrout sur un catalogue Weight Watchers : pas à sa place. J’ai beau avoir les codes (que l’école ne m’a pas dictés, nan nan…), je n’en comprends pas une majorité, avec un bon gros syndrome d’usurpateur et un décalage temporel sur des visions qui semblent de bon sens pour le commun des mortels, soit en avance soit en retard… Une sorte de publicité mensongère sur pattes pour laquelle le cadre ne fonctionne pas sans arrondir les angles. Si je ne crame pas dix personnes au premier rang en entrant en dragster sur scène, certains diront cependant que « c’est rock » jusqu’à ce que je me suicide.
La question étant aujourd’hui, pour cet article, celle du moule et du Metal, ainsi que toute la publicité fallacieuse faite autour, tant venant de l’intérieur que de l’extérieur et des choix qu’on fait pour adhérer à la « famille » (on a déjà rigolé sur l’hypocrisie de ce terme galvaudé précédemment, je vous invite à lire ou relire ce précédent « papier »… et les autres… et les posts divers et variés de ce webzine… et mettre pouces bleus, cœurs rouges et autres avis de passage Colissimo qui vous conviennent).
« Je suis celui qui pénètre votre cerveau. Je jouis dans votre hémisphère droit. Votre désir ne vous appartient plus : je vous impose le mien. C’est moi qui décide aujourd’hui ce que vous allez vouloir demain. L’idéal, serait que vous commenciez par me détester avant de détester l’époque qui m’a créé. » (99 Francs)
La publicité, toute mensongère soit-elle, c’est avant tout créer une admiration, une adoration, une adulation, une envie, un besoin, un sentiment d’appartenance. « Le grand standing, c’est tout ce dont il a envie, ça passe mieux quand tu portes un Giorgio Armani» pour citer IAM.
Ça crée aussi et surtout de l’espoir, un espoir parfois aveugle qui tue plus qu’il ne fait vivre, à base de promesses unilatérales et non tenues, voire de trahisons avec son lot de rancune et rancœur subséquentes. Je ne vais pas vous faire un listing des cas de figure des relations amicales, amoureuses, politiques, commerciales dans lesquelles ont lieu ce ressentiment, mais la déception sur le produit (on va rester à cette échelle) et les vices cachés sont moteurs de frustration, clairement. Si on voit le logo d’un groupe qui semble avoir été griffonné au Bic sous forme de ratures, on s’attend davantage à ce qu’un garde-chasse norvégien ait récupéré les membres du groupe, perdus dans une forêt lors d’un photoshooting, qu’à entendre du Glam. Le packaging a son importance. Mesdames, imaginez votre déception si on vous vendait le produit comme « vingt centimètres, dure » et en fait, c’est dix, molle ; messieurs, si vous êtes amateurs de poudreuse, visualisez la même situation… Même si l’essentiel demeure que ça glisse bien, on reste sur sa faim.
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Prenons l’exemple d’un webzine porté sur de la Musique Metal… Mais pas que ! (Complètement hasardeusement, hein, bien entendu…)
Vous vous attendez, lecteurs, à y trouver des vidéos, des chroniques, des live reports… du Metal extreeeeeeeeeme ! Et vous voilà en train de compulser cet article, qui n’a rien à voir avec vos attendus coutumiers sur ce type de pages dont le formatage habituel vous amène à penser n’y trouver QUE ce qui correspond à vos biais cognitifs. Dommage, ou tant mieux, fallait lire les petites lignes… et vous lisez celles-ci en ce moment…
Vous vous attendez, groupes, à ce qu’on ne dise que du bien de votre engeance maléfique, votre bébé Satan… Et bien… non. Enfin, pas forcément : si vous vous adonnez au jeu de la chronique, c’est aussi celui de la critique, aussi subjective soit-elle (et toute bienveillante, puisque tel ou tel rédacteur choisira un album qui lui convient plutôt que d’en prendre un random pour le saccager publiquement avec des saillies plus ou moins drolatiques). Aussi, si la variété et la quantité sont démesurées à l’heure où chacun peut produire sa propre musique depuis son Hewlett Packard, imaginez bien qu’un rédacteur fait des choix, soit par atavisme soit par intérêt, mais ne peut décemment pas tout traiter de manière efficace et a minima objective, le tout sans redonder.
[NB : On m’a demandé dernièrement de vulgariser des choses… Putain de bordel, c’est pas si simple quand on a envie de diversifier son vocabulaire. Aussi vous inviterai-je à acheter un dictionnaire pour chaque terme qui vous paraîtrait abstrus (celui-ci par exemple), que ce soit chez Larousse, Robert, Harpercollins… Voilà, j’ai cité trois marques, je reste dans le politiquement correct et la publicité à la fois.]
Contrairement à la poésie qui en est un beau, la publicité est un sale mensonge, un éjaculat d’étoiles dans les yeux avec un prix en € ou $, un agent immobilier à qui vous dites rechercher un appartement T3 en centre-ville avec balcon et salle de bains qui a bien compris votre demande et vous propose LE bien que vous recherchez… donc une maison de plain-pied en banlieue avec salle d’eaux (donc douche et chiottes dans la même pièce). Un univers merveilleux dans lequel on vous fait miroiter un monde meilleur, une religion en quelque sorte, dans lequel « le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous » (SNCF, publicité de 1942) …
Posées ces bases sur ce qu’est concrètement la définition de la publicité, je vous invite à vous ennuyer en lisant la partie suivante.
« Si nous posons les bonnes questions, nous pouvons changer le monde » (Dassault systèmes)
Le Metal est un vaste microcosme. On dirait un oxymore, hein ? Et pourtant, c’est teeeellement le cas qu’on en est à avoir une galaxie de sous-genres, dont je ne vais heureusement pour vous comme moi pas vous faire la liste exhaustive. Mais ça pose aussi la question de l’étiquette ; « c’est pô métole » – AKA « c’est de la merde » – diront certains de certains sous-genres dont les codes ne leur conviennent pas, heureux les imbéciles, mais ça indique bien que de base, le Metal a ses codes et en est un… ce qui amène donc à devoir se répartir dans ces catégories en fonction de vos influences ou de celles qu’on vous attribue.
Je pourrais vous donner des exemples journalistiques nombreux et dans de nombreux cas : la NWOBHM dont l’appellation est tirée des dires d’un journaliste par exemple, tout comme ce qui va donner les lettres de noblesse à l’ancêtre « Heavy Metal » pour lequel les origines divergent (ce qui en fait beaucoup à la fois, sacré gangbang) : tantôt d’un journaliste musical qui faisait références à l’artillerie lourde, tantôt aux paroles de « Born to be wild » de Steppenwolf, tantôt une citation de William Burrough, chantre du hippisme (rien à voir avec les courses de chevaux mais plus de cheveux) reprise par Ian Christe [j’ai oublié le nom du bouquin, ça remonte à loin…]. On pourrait parler aussi des catégorisations données par les groupes eux-mêmes pour se distinguer des autres mais en restant dans le crew (ex : Metallica qui dit faire du « Thrash », et hop, trademark sur un sous-genre, Rhapsody de même avec le « Hollywood Metal »).
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Jusque-là pourquoi pas, c’est un choix dans cette cosmogonie. La difficulté revient ensuite à nous, rédacteurs, et vous, auditeurs de comprendre 1. Ce qui fait les particularités de ce sous-genre (si tant est qu’on soit capable de vous les expliquer clairement) et 2. Vous les approprier pour, par la suite, dire avec affirmation et prestance que tel groupe fait de tel sous-genre (et le soutenir mordicus, of course). Admettons… c’est déjà bien chiant comme concept, mais admettons… Voilà donc où le bât blesse : qui fait (de) quoi et selon qui ?
Dernièrement, un long débat [émaillé de memes débiles et de vannes sur de multiples sujets, faut pas déconner non plus, on n’est pas si sérieux que ça, en vrai] a émulé le thread des conversations de la rédaction de Memento Mori Webzine sur le point suivant : tel groupe estampillé comme de style « sludge » par le label, alors que le groupe se revendiquait d’un autre sous-genre, est-il vraiment de ce courant musical… et finalement, c’est quoi les bayes ? Qu’est-ce qui fait qu’un groupe est de tel sous-genre, quels attributs sonores et/ou visuels… ? « C’est comme le Port-Salut : c’est marqué dessus » me répondrez-vous… Pourtant, s’il est assez facile de différencier les genres musicaux (je pense ne rien vous apprendre si je vous dis JuL VS Dying Fetus, j’imagine que vous distinguerez assez facilement les deux : le premier pond des trucs plus sales, infâmes et réguliers avec l’aval du public qui vénère l’extrême onction de sa fécalité que le second), cela l’est moins quand il s’agit des descendants plus ou moins congénitaux. Sachant que ledit groupe et sa revendication est forcément subjective, avec le choix de se présenter comme appartenant à ce sous-genre quand des codes peuvent te faire penser à d’autres, on ne sait plus qui de la poule ou l’œuf vient en preum’s. Bon, après, on s’en foutrait presque, tant qu’il y a des frites avec…
Pourtant, ça peut induire en erreur, au moins autant que si une quatrième de couv’ d’un Barbara Cartland te vendait un thriller… ce qui serait pour le moins exaltant, avouez : Beverley était éperdument en attente d’un signe de Steve, un rien qui lui enlèverait son doute sur ses sentiments inavoués… mais peut-être cache-t-il un lourd passé bien plus mystérieux qu’il n’en a l’air… Était-il espion, acteur porno pour des gonzo hongrois, livreur Ubershit en cavale ? Que de suspense…
Un autre sujet est venu dans la conversation, le « t’as changé, mec ». J’explique : au sujet d’un groupe dont le son et la structure des morceaux avaient changé ; on s’attend à quelque chose et ça sonne… moins authentique et plus formaté. Et étrangement, en lien avec le passage dudit groupe chez une major, problématique que nous verrons plus bas. Je me trouve face à ce genre de situation, similaire à celle que tous et toutes vivent sauf quand le cas du « je n’en attendais rien mais je suis quand même déçu » : ce regard plein de reproche face au gâchis. Fleshgod Apocalypse, pour recentrer mon explication, fait partie de ces groupes dans lesquels j’avais mis beaucoup d’espoirs parce que effet wow, depuis Agony, auquel s’ensuivront Labyrinth et King. Un groupe qui a fait le pied de grue pour intégrer l’écurie Nuclear Blast… Et depuis, coup sur coup, deux albums bof, Veleno et Opera, bien moins extraordinaires que ceux plus haut… et nettement plus formatés, loin des touches de génie de ces prédécesseurs. Je reste convaincu que ce n’est pas faute d’avoir des idées ou même d’être devant une page blanche mais surtout d’avoir cédé à la facilité en n’écoutant que les demandes du label… C’est bien ce qui m’a fait ne pas du tout en parler ni le chroniquer : devoir donner un avis négatif sur un groupe que j’ai adoré et dont j’ai moi-même fait la publicité. « Ne vous fabriquez pas de faux dieux, ne dressez pas d’idoles ou de pierres sacrées, ne placez pas dans votre pays de pierres décorées pour les adorer » dixit le Lévitique (un passage de la Bible donc… qui fait l’apologie de l’idolâtrie… hum…)
Bref ! (avec un point d’exclamation) Un avis, c’est comme un cul : tout le monde en a un mais on n’est pas obligé de le dévoiler en public, ce qui fait que je crée en ce moment un paradoxe (puisque je vous donne le mien aussi sale ou admirable soit-il) mais aussi que je vous invite à vous faire votre propre avis en allant découvrir les petites dentelles affriolantes qui se cachent sous un titre ou une appellation, même putassière, pour vous y reprendre à deux fois et trancher ensuite, entre « le bon grain et l’ivraie ».
Lors, « vous ne viendrez plus chez nous par hasard » (Total).
« Quand je fais de la purée Mousseline, je suis sûr(e) que tout le monde aime ça… » Non, en fait… parce que tout le monde n’aime pas la purée, particulièrement celle insipide de cette marque. Mais c’est aussi un choix, une différence, un goût, un esprit critique… et un marqueur de groupe social.
Assumer d’appartenir à un groupe social, c’est déjà quelque chose, particulièrement à celui qui nous concerne présentement. Se dire qu’également ça vous ferme des portes à d’autres groupes sociaux est une prise de conscience nécessaire et inéluctable : on (s’)applique des codes donc on fait un choix qui peut (nous) exclure d’autres « tribus » qui refusent ces codes, voire les honnissent avec force et véhémence, voire appliquer la « loi du plus fort » pour les mépriser ou éradiquer – c’est pas mal à la mode ce principe, en ce moment… ça rappelle des grandes heures de l’Histoire, hein ? Rappelez-vous les « zombies assoiffés de sang » (coucou M6, j’ai pas oublié) qui vont au Hellfest et apeurent les gentils voisins (qui depuis se sont rendus compte non pas qu’ils faisaient peur mais étaient surtout une source de revenu, hypocrisie, quand tu nous tiens…) C’est une image que le Metal a choisi de véhiculer, voire mettre en tête de gondole (pour rester dans la thématique publicitaire), voire exhorter à considérer comme vraie, au point d’en arriver à une généralisation des plus absurdes avec des poncifs du type « tu t’habilles en noir donc t’es un métalleux » [Ah ? Je savais pas qu’Ardisson était Metal…] Perso, c’est très clairement (et comme Ardisson d’ailleurs) parce que ça passe avec tout et (comme Einstein… ou Seth Brundle) parce que ça me fait chier de chercher une tenue différente à accorder chaque matin, j’ai du temps et de l’énergie à gâcher dans des tas d’autres tâches au moins aussi usantes chaque jour, plutôt qu’avec des branquignols de ce genre. Je ne vous ferai pas non plus la liste exhaustive des « on dit », je crois que vous les connaissez suffisamment…
Mais pour en revenir à cette notion de publicité et de territoire social de niche, faut aussi se rendre compte que le Metal, au tout-venant, bah c’est pas bankable… Ca vous laisse de nombreuses possibilités, toutes peu ou prou sans scrupules aucun, pour parvenir à votre but ultime : fortune et gloire. [Je repense à cette chanteuse Suisse aux dents longues, et désormais disséminée dans de nombreux projets plus ou moins de premier plan qui m’avait totalement snobé lors d’un concert où j’avais partagé la scène avec un groupe (et je remercie encore l’organisateur de m’avoir laissé cette opportunité) ; pas assez digne d’une simple réponse à mon « bonjour » certainement…]
Et le Metal n’est pas vraiment « le pays où la vie est moins chère » … Sauf cas assez rare (et désormais ancien) où après avoir été écrémé par la scène et la longévité, on pouvait et peut encore vivre de sa musique et ses royalties (Metallica a assez fait chier le monde avec l’affaire Napster quand le groupe était déjà millionnaire… mais bon, philosophie protestante US oblige, tu es ce que tu as gagné et ta réussite se montre en billets verts), on s’appauvrit désormais pour son « métier passion », ratio coût-dépense étant inverse – et on doit parallèlement renier ou abandonner toute idée de vie privée et/ou personnelle à ces fins – avec la quasi-certitude de, quoi qu’il en soit, y consacrer tout son temps et énergie sans rien en retour si ce n’est mourir pauvre, malheureux et oublié.
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Balavoine chantait « je veux mourir malheureux pour ne rien regretter », c’est un choix de vie, un sacerdoce… que certains ne sont pas enclins à subir ; bien qu’issus du monde Rock et Metal, et réalisant assez vite que ça ne leur rapportera pas un kopeck, certains artistes (talentueux en majorité mais arrivistes surtout) renient leurs origines culturelles et musicales pour les paillettes et les strass.
Petit aparté, pas tant hors sujet que ça mais hors cadre Metal : je déteste Gims. Aucunement question de goûts musicaux mais de philosophie. N’en déplaise, ce mec est talentueux, musicalement : bon chanteur, bon musicien, etc. Mais emprunt de cynisme affiché, il assume clairement de faire « de la merde » pour se faire de la thune, et ça, ça me dépasse (on parlait des codes en préambule, pour ma part et sans être japonais, le Bushido est le mien, et ça en sort totalement).
Pour en revenir au précepte, il en est nombre qui, pour le besoin de briller, choisissent de renier ce qui fait leur ADN musical pour « exister » au regard du plus grand nombre. Et d’autant plus à une époque où le paraitre a gagné sur l’être, l’image avant l’idée… Vous, par exemple, vous êtes sur des RS : c’est pour rencontrer et dialoguer, ou mater des photos et bitcher ? Regardez même le fonctionnement de ces RS : on ne crée pas/plus : on fait du « contenu » (TikTok, Youtube, etc.) ; on est sur Instagram, on voit des images défiler, mais lisez-vous le texte en dessous et avez-vous remarqué que ce qui devrait être des liens URL ne le sont pas… parce que ce n’est pas la fonction de ce type de RS, et surtout pas de promouvoir d’autres pages internet…
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Les trompettes de la renommée ne sont pas toujours assez puissantes pour abattre le mur de Jéricho. Si certains styles musicaux ont des passerelles, d’autres sont aux antipodes. S’il semble assez cohérent qu’un Garou ou un Renaud Hantson [ou Balavoine, cité ci-dessus] arrivent du milieu Rock pour se retrouver dans la Comédie musicale, ou l’Opéra Rock, ça semble déjà moins évident pour des Tryo qui, issu de la scène Punk Hardcore, ont opté pour du plus consensuel Ragga-Reggae et en faire un hymne de campagne publicitaire et une manne financière… Et tout ça pour quoi ? Qu’on se rappelle d’un seul album, leur premier ? Toute étoile qui brille encore devant vos yeux est probablement morte depuis des millénaires et si le « quart d’heure de gloire » que tout le monde recherche selon Warhol est devenu un crédo, il ne faut pas oublier qu’il est aussi éphémère que la carrière de Magalie Vaé… Combien de vaillants soldats sont morts connement en pensant devenir des « héros », terme tout autant utilisé à tort et à travers que ceux de « prise d’otage » lors des grèves de la SNCF ?
« Tous sortis du même moule, du même œuf… » (Lofofora) Peut-être que c’est ça, dans le fond, le problème : vouloir mouler à la louche et faire disparaître les aspérités, en édulcorant. Matmatah, Les Fatals Picards, nombreux sont ceux qui ont perdu (vendu) leur âme et leur identité à des majors par choix, pour se rendre plus accessibles à tous… avec le risque de ne plus être ce qui a fait leur spécificité. C’est un pari très risqué… Pour revenir à la scène Metal, regardons ce qui s’est passé avec des groupes qui ont voulu s’adapter au public et non le contraire : Metallica et leur Saint Anger (parce qu’il faut sonner comme KoRn), Dream Theater et Octavarium (parce que Muse est en odeur de sainteté), Rammstein et Reise Reise (parce que code de Universal Productions), In Flames et Siren Charms (qui a justement cédé au chant des sirènes de Century Media pour « élargir » (la rondelle de) leur public aux Metalcoreux) …
Pour moi, le pire et plus mémorable exemple emblématique de « faut pas vendre son âme au diable » reste et restera celui des groupes estampillés Roadrunner (Warner Music, donc) qui ont eu comme producteur Ross Robinson quand KoRn a eu le vent en poupe. Saturne dévorant ses enfants… Des Soulfly, Machine Head, Fear Factory au son et la composition clonés sur KoRn… Putain, quelle hérésie !!! Et le vent passe de la poupe à la proue pour ces groupes qui vont devoir traverser le désert et en sortir en se sentant « comme un ver de terre dans le sable ». Oui, t’as fait un choix, t’as signé un contrat… mais peut-être que chier sur ce dit contrat, te barrer et assumer ton intégrité était la meilleure des idées… On ne refera pas le passé : ça a servi de leçon à certains, d’autres se sont fait bouffer, ainsi va le monde en termes de vanitas vanitatis… Je n’aime pas plus KoRn que ça mais ils ont leur son, leur identité, qui a eu son succès certes mais je n’ai pas envie que Metallica sonne comme KoRn, parce que c’est Metallica et si je veux du KoRn, j’irai écouter KoRn…
On en revient à la question déjà abordée dans un précédent article de l’évolution musicale d’un groupe : qu’est-ce que nous, auditeurs, attendons d’un groupe/chanteur/artiste ? La même chose qu’avant ? La même chose qu’un autre ? Autre chose ? (Mais dans ce cas, autant chercher un autre groupe.) Et il devient de plus en plus difficile de rester intègre et ne pas « ressembler à » …
C’est finalement sur ce point que je vais achever mon propos : le « ressembler à ». Et la problématique de l’étiquetage… Oui, c’est évident, on ne peut que « ressembler à », parce qu’on a tous et toutes des référentiels et des comparatifs, qui nous aident naturellement à classifier dans tous les domaines de la vie courante, du pratique au futile, de l’essentiel à l’accessoire, de l’image d’Epinal à la triste réalité, de l’utopie à la dystopie. Mais est-il impossible de se sortir les doigts (et les yeux) de ces a priori pour s’ouvrir au possible ? Je pense que non. Rien que le fait que vous ayez cliqué sur ce lien et soyez arrivé à cette conclusion étaye mon propos : la publicité aurait pu être mensongère [je ne sais pas au préalable quels arguments de vente vont orner la publication de cet article] que si le décorum vous vend du rêve (ou de la référence à vos codes), vous avez cliqué, « hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère », par curiosité tout aussi malsaine que celle d’un « HornPub » plutôt que son pendant officiel dans lequel on joue davantage de flûtes que de trompettes.
Bref… « Venez comme vous êtes » !
PS : c’était totalement gratuit pour Dying Fetus 😉
Et voilà, c’est r’parti ! Il va sérieusement nous faire chier avec un sujet sérieusement chiant en nous demandant sérieusement de réfléchir… Est-ce bien sérieux ?!
Eh non, tas de naïfs ! Aujourd’hui, on fait dans l’insoutenable légèreté de l’être – ou sa lourdeur selon votre point de vue – puisqu’on va papoter dérision voire autodérision dans le Metal, tout en gardant un fond sérieux et explicatif malgré tout, faut pas déconner non plus… Confère un précédent article sur le premier degré [cherchez et vous trouverez… sinon relisez les précédents papiers pour retrouver… ou même les autres posts sur cette page], il est indispensable de jouer de la dérision, d’autant quand on est un grand méchant bre-som métalleux…
Humoristique veut-il dire « beauf » ? Non… pas besoin de montrer son cul ou faire des blagues pipi-caca ou de mecs bourrés pour que ça soit drôle (coucou Ultra Vomit et Alestorm). Aussi paradoxal que ça puisse paraître, l’humour, c’est sérieux, ça se travaille, ce n’est pas du talent mais des années d’études, d’observation, d’entraînement, etc. Autant on devrait pouvoir rire de tout avec tout le monde, autant on ne rit pas avec l’humour… ou alors on en rit, n’importe quel autre sentiment, ressenti, ou ressentiment. Et le Metal, comme n’importe quel micro ou macrocosme se doit d’avoir le recul nécessaire pour ne pas sombrer totalement dans ses propres clichés tout en les assumant, quelle que soit la finesse dudit humour ou même comment faire sourire. Et parfois, ça prête à rire, ou ça cherche à le vendre. Je ne vais donc aborder, et pas m’attaquer puisque les unTRVE ne m’intéressent pas, pas davantage que faire leur promotion, le prisme de ce qui fait sourire parce que… parce que c’est drôle en étant sérieusement fait.
On va commencer par se mettre en joie avec ceux qui misent sur l’humour et la dérision comme blason.
Évidemment et en premier lieu, j’aurais pu partir sur Ultra Vomit, référence franchouillarde imparable dans ce domaine. Et donc, non, je ne le ferai pas… Il y a encore quelques années, oui, je l’aurais fait, parce que leurs compositions étaient fouillées, référencées voire ultra référencées, donc réfléchies et travaillées (comme je vous disais plus haut, l’humour, c’est sérieux)… par exemple un « Kammthar » qui cherche à parodier Rammstein, en ayant réfléchi ses codes musicaux et esthétiques, poussant jusqu’à travailler l’accent allemand et le texte pour cadrer, là, je dis oui… Objectif : thunes et Panzer Surprise sont deux pépites dans ce domaine, même si le second commençait à virer vers ce que je craignais… Mais ce groupe a fait le choix, que je trouve donc hypocrite, d’une forme de populisme et de lourdeur dans leur humour, qui ne fait plus mouche mais se fait moucher par beaucoup (moi inclus, par conséquent), un choix de facilité navrant que ce soit dans les approches, dans les blagues, ou même dans la structure de leurs compositions. Donc, stop…
Cependant, dans l’idée de la parodie très réfléchie, je vous propose Nanowar (of Steel). Rien que le nom référencé prête à sourire. Ça fait quand même quelques années que ces italiens sont dans le game, du temps où Jamendo, site sur lequel je les ai découverts, existait encore (c’est dire si ça date…) Et ils continuent leur petit bonhomme de chemin avec professionnalisme dans le sujet. Et leur renommée va suffisamment loin pour que des sommités dans le milieu musical leur apporte soutien et participation dans la dérision et l’autodérision (Fabio Lione pour une parodie du groupe dans lequel il a pris part et exercé de nombreuses années, Rhapsody ; idem pour Joakim Brodén dans une parodie de Sabaton sous forme d’un commentaire de match de foot).
Le travail du groupe est sérieux et réfléchi et, par exemple dans le cas de « Norwegian Reggaeton », réussit à faire marrer en mélangeant des codes et genres musicaux qui semblent aux antipodes.
Le tout en restant bien en tête… En temps que fervents pratiquants, je vous recommande également « Valhallelujah »
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Le mélange des genres semble incongru… Ce qui est totalement paradoxal quand on décortique la constellation de sous-genres du Metal qui mise en partie sur les métissages musicaux… Oui, oui… même les plus « sérieux » sont inspirés de musiques on-ne-peut plus sérieuse, dite « savante », sous les approches spectrale, microtonale, dodécaphonique, etc. À part si ledit groupe que vous affectionnez à repompé sans réfléchir le style de son mentor, le mentor a probablement pris le recul nécessaire sur sa composition musicale, son mode et ses sources d’inspiration pour être/avoir été novateur.
À une époque où le métissage Metal-opéra semblait porter à sourire voire rire (ce qui est encore le cas pour les plus teubés… pardon, « ouverts » de nos cons-génères), il y a eu un très célèbre fake, qui persiste encore – malgré la révélation de la vérité – tellement il était crédible, car bien foutu, bien mixé, bien réfléchi… Celui d’un featuring de Luciano Pavarotti sur « Roots, bloody Roots » de Sepultura. Je ne vous cache pas, comme Fox Mulder, j’ai voulu y croire… Bon, par la suite, le sous-genre Metal symphonique a déployé ses ailes, et tant mieux, puisque celui-ci s’est élargi à plein de dérivés Dark, Death, Black, etc. (Septicflesh, Fleshgod Apocalypse, Dimmu Borgir, etc.)
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C’est justement ce qui est intéressant avec le Metal : des codes tellement ancrés dans la mémoire collective qu’on peut facilement jouer avec et les détourner. C’est aussi un genre qui évolue avec son temps et sa technologie ; qui aurait cru il y a vingt ans qu’on pourrait aujourd’hui avoir du CyberMetal et qu’on utiliserait des IA pour corriger des fausses notes voire écrire un morceau sans son provenant d’un instrument joué avec ses propres mimines ou cordes vocales ?
On va donc remonter dans le temps, il y a quarante ans… avec un album de Metallica… mais réfléchi comme il y a soixante-dix ans !
[NB : si vous préférez le disco, il y a aussi le Black Album dans ce style, ou si vous souhaitez opter pour la synth-wave, allez écouter « Du hast » de Rammstein dans cet esprit.]
Évidemment, ce n’est pas le premier cas d’arrangement de Metal dans un style musical différent. Pour expliquer rapidement, le principe de l’arrangement est de reprendre un morceau avec des instruments, des grilles d’accords voire un style musical différents des originaux (pour l’orchestration dont on ne parlera pas dans cet article, la réponse est dans la question : faire jouer par un orchestre). C’est justement le fond de commerce de Richard Cheese, qui en a fait son fonds de commerce avec des reprises swing jazz (à l’image de Paul Anka pour certains titres mais ce n’est pas sa spécialité).
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L’évolution de la technologie permet désormais à tout un chacun de trafiquer des morceaux sur la base des enregistrements préexistants, avec un minimum de connaissances techniques.
Ce qui permet la création du mashup !
Il va de soi qu’une oreille musicale ne sera pas de trop pour mélanger des morceaux distincts et les accommoder. Nombre sont des échecs parce que leur auteur ne l’a pas et sait juste appuyer sur des boutons, comme David Guetta ou le fameux « DeeJay » automatique de WinAmp il y a quelques années de ça, faisant fi de l’harmonie, la mélodie ou le tempo, en gros les bases de la musique.
Je vous propose donc un des – selon moi – plus réussis dans le domaine :
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L’oreille, c’est aussi traître. Vous aussi vous laissez de plus en plus abuser par la déformation des sons au point de ne plus savoir si c’est un solo de guitare électrique ou de clavier (ça a été mon cas sur l’intro de « Octavarium » de Dream Theater en son temps).
Mais c’est moins perturbant quand vous avez l’impression d’entendre des grosses conneries. Je ne vous ferai pas l’affront de vous poster ci-dessous celle du « Durch den Monsun » de Tokio Hotel mais restons chez les métalleux avec une de Six Feet Under.
Comme quoi, le growl, on pourrait faire sa liste de courses que personne n’y verrait rien… Si vraiment vous avez du temps à perdr… occuper, ou que vous considérez que « ce soir, j’ai les pieds qui puent », je vous invite à aller farfouiller cette chaîne :
L’image bre-som… L’image tout court en fait… Difficile de faire original avec des codes aussi établis… dans l’image du groupe autant que celle de ses clips… Entre les blackeux qui se sentent obligés de se perdre en forêt sans GPS ni électricité (mais des guitares) et les coreux qui cherchent des usines désaffectées pour faire tournoyer une caméra en traveling montage cut serré à vous foutre la gerbe, il y a des codes… Mais si on s’amusait à détourner les clips ?!
Allez, je suis sympa, je vous propose deux exemples rigolos car bien foutus ci-dessous.
[Oui, je sais… qui utilise encore Dailymotion… mais impossible autrement.]
Malheureusement, je n’ai pas retrouvé celui des Guns n’Roses qui chantaient la « Merguez Party » mais… sachez que ça a existé…
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Puisque l’image est importante, pour cette dernière partie, regardons des images… et les sons qui sont censés être visibles à l’image, pas le « off ».
Alors évidemment, il y a les pas-gentils-qui-se-moquent en pourrissant radicalement – mais tout en restant synchro – la bande son sur la bande image. Le principe même du « shred » (donc rien à voir avec la pure technique guitaristique).
Et quitte à se foutre de la gueule des clichés évoqués ci-dessus, voici un groupe qui est son propre cliché :
D’ailleurs et pour faire le lien avec le paragraphe suivant :
Parfois (et ça marche dans de nombreux autres genres musicaux), l’image seule est suffisamment absurde pour faire marrer, même sans être détournée. On entre forcément davantage dans la logique de réalisation filmique (long ou court métrage) mais cherchez les incohérences entre ce que vous voyez et entendez… En voici un exemple, soit le même morceau que juste avant :
L’idée du « musicless » en tant que descendant « sérieux » du shred, c’est ça : les images et ce qu’on est censé entendre réellement en synchro avec le « in », ce qu’on voit à l’écran. Idem, si vous avez du temps et de l’ouverture, allez essayer des « Gangnam Style » ou « Chandelier » en musicless, ça devrait vous décrisper les zygomatiques.
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Comme je l’énonçais en préambule, l’humour (et en faire), c’est sérieux… Il faut un concept qui tienne la route et ne jamais tomber dans la facilité ou la flemme, au risque d’en perdre en qualité (ou de racoler un « public qu’on mérite »).
S’il y a bien un auteur qui réfléchit ses parodies, c’est celui-ci, qui va se frotter avec intelligence à des références musicales dans tous les coins du Metal :
L’idée dans ce cas est aussi de réinterpréter les originaux, simulant le riffing voire le grain d’origine et adaptant les paroles à la thématique. Oui, c’est du boulot, en effet.
Arrivé à cette (douloureuse) conclusion, il va de soi que je n’ai que survolé le sujet, tant la notion même d’humour est infiniment subjective et difficilement définissable… car subjective… Et votre subjectivité vous poussera peut-être à vous exclamer : « Mon Diable, quel blasphémateur ! Il a osé moquer publiquement notre religion !!! Brûlons l’hérétique !!! Burn the witch !!! »
Pour citer Philippe Caverivière, lors de l’anniversaire des dix ans du massacre à Charlie Hebdo *troulouloouuu trouloulouuuu et autres bruits de langue-de-belle-mère et de cotillons explosifs bulletproof* : « L’humour, c’est comme le fist fucking : si t’es pas mort, c’est que t’es pas allé trop loin… » En cas de réclamation, je vous prierai, par décence et par avance, d’apporter la vaseline.
Reprenons un peu ce tour du monde métallique, puisque je vous ai déjà parlé de la Chine, la Slovaquie, etc. Aujourd’hui, de retour d’un périple italien, je vais vous brosser à la gomina un live report sans musique de Venise… Enfin, sans musique, il va de soi que c’est un peu l’objectif d’un article de cette trempe sur ce média et ce webzine qu’est Memento Mori mais vous allez comprendre pourquoi ma remarque au fil de mes pérégrinations lagunaires.
Venise est une ville à part, une sorte de microcosme. Coup de bol, mon agoraphobie n’a pas trop morflé : les nuages étaient plus nombreux que les âmes sur ces cent-dix-huit îles reliées par quatre cents ponts, les véhicules, exceptés les gondoles et les navettes sur le Grand Canal, y sont inexistants, les « rues » (puisque les vénitiens n’ont pas de rues mais des « calle » ni de places mais des « campo » ou « campiella » à l’exception de LA place Saint Marc) aussi étroites qu’une paire de fesses face à son premier toucher rectal. Bref, hors saison de carnaval ou d’été, c’est plutôt vide – c’est bien le point positif que je vais relever.
La bouffe y est bonne, même s’il faut aimer les fruits de mer, hérétique parfois (sérieux, on critique la pizzananas mais on peut y manger de la pizza… aux frites ou au kebab ! Putain !), gustative souvent (les pana cotta aux coulis variants selon le restau). Petite reco pour le ristorante Al Pozzo Reverso (patron accueillant, bonne bouffe, un peu paumé dans le labyrinthe de ruelles à l’attribut aussi éloquent que celui de « dei assassinati », mais prix modiques par rapport au reste de la ville). Quitte à être dans une ville où le spritz et le café coûtent moins cher que la flotte, autant se rincer et, tant qu’à faire, dans un des plus vieux café du monde (1790), le Florian, et s’envoyer un cappuccino – même si culturellement, j’ai blasphémé : passé midi, on ne boit plus que du café ; le capu, c’est le petit déj’.
[Ne vous laissez pas abuser, c’est juste un « prima plata » et l’assiette est creuse…]
Venise est une ville du paraître et surtout du visuel… On aime se regarder, se montrer… L’apparence avant tout… C’est d’ailleurs mon premier point noir… Tout est misé sur cet aspect. Et c’est une sorte de philosophie, allant de l’image que la ville a voulu se donner à celle qui est ancrée dans les esprits au point de ne venir QUE pour se montrer. On vous vend de la peinture, de l’architecture, de l’histoire de la République… de la marque de luxe, à tout niveau, des ors qui ornent les masques ou autres accessoires carnavalesques aux fresques et peintures, jusqu’aux vendeurs de cosmétiques et de fringues. Certes les rues sont étroites, mais suffisamment larges pour laisser une « avenue des Champs Élysées » où l’on trouve des Longchamp, Vuitton, Chanel pour les frenchies mais aussi des Versace, D&G, Gucci pour les transalpins… Et surtout une multitude de stronzi et cagne qui ne sont en ville et ne bouchent ces artères étroites que pour faire des photos devant les échoppes ou la piazza San Marco sans même faire l’effort d’échanger un mot en langue locale, au point que cette ville ultra touristique ne fait plus l’effort de t’accueillir dans sa langue natale, et semble étonnée quand a contrario toi, touriste lambda, fait cet effort linguistique. Et niveau accueil, c’est tout ou rien : soit tu es accueilli comme un prince, soit on te fait clairement comprendre que tu fais chier. Autant dire, pour ma part et face à un vénitien polyglotte, je suis un ricain (personne même francophone n’a commencé à me parler en VF) et junkie (si on se fie à la nouvelle occasion de contrôle à la douane – y a qu’en Italie que ce genre de conneries m’arrive).
Donc… arrivé à ce point, on parle tout de suite nerf de la guerre (commerciale) parce que ville touristique. Le luxe et l’image de luxe, ça se paye. Et, putanna, comme on traduirait mal, ça douille : imaginez des tarifs parisiens doublés ; si vous avez un rein ou un PEL qui ne vous servirait pas trop, c’est l’occasion, spécifiquement si vous aimez Véronèse et le verre de Murano.
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Voir Venise… Et mourir…
Oui, je sais, normalement on dit « Naples » mais j’en profite pour placer le diptyque de Jean Van Ham. Mais c’est surtout parce que, oui, visuellement et historiquement, c’est intéressant et sous le signe du soin porté à la qualité, si tant est que vous sortiez des spots touristiques sur lesquels on vous engraine (je résume : gondoles, Pont du Rialto, Place Saint Marc) pour vous vendre du masque en plastique made in China et du magnet Venezzia.
Dans ce cas, si vous êtes à l’ancienne avec des cartes Michelin et un bon sens de l’orientation, respect ; sinon, merci GoggleMaps (malgré son imprécision) parce que c’est un dédale. On s’y fait au bout de quelques heures/jours mais aller du point A à B en ligne droite est quasi impossible. Concrètement, c’est petit, mais dans les faits et la marche, c’est grand.
[Venezzia Vice City]
Cependant, en farfouillant, on tombe sur des pépites, particulièrement dans le quartier de l’Académie : des fabricants de masques originaux et créatifs (comme à La Ricerca) allant du plus classique au steampunk, du papier vénitien, des artisans locaux verriers (enfin, locaux de l’île d’à côté puisque Murano et son verre blanc et ses facteurs sont isolés de Venise intramuros pour des raisons politiques et économiques sur décision d’un doge).
Sur Venise même, beaucoup à voir dans le domaine pictural mais il vaut mieux aller sur les îles voisines pour avoir la quintessence de l’Histoire et la manufacture. Murano et ses verriers, une qualité et une précision imparable (des maîtres verriers capables – et obligés vu le matériau – de vous pondre un vase ou un cheval en une minute au chrono), propose une diversité de styles et de techniques par des experts ayant nécessité une formation de plus de quinze années et seuls les meilleurs sortent du lot : comme disait une des démonstratrices, soit tu es maître, soit tu restes assistant ; se distinguer est donc essentiel. Burano, petit village de pêcheurs avec deux mille trois-cents résidents, reste assez éloigné, en autarcie, et se distingue même de loin par la kyrielle de couleurs de ses habitations (au passage, plein de maisons à vendre si ça vous dit). Z’est choooli. Torcello, île-ville à l’origine de la Venise actuelle puisque c’est ici que se sont amassés vingt mille personnes et sur laquelle subsistent… dix personnes, présente une architecture préchrétienne avec une basilique… mais surtout un stand à boisson, ce qui a paru nettement plus intéressant aux badauds – je vous ai dit que j’étais misanthrope ? Non ? Bon, voilà pourquoi…
Dans Venise, il y a les classiques Basilique Saint Marc, Palais des Doges, Pont du Rialto, Pont des Soupirs… et les petits à-côtés (certainement) plus intéressants comme le « Ponte delle Tette » ou Pont des Seins, là où les prostiputes affichaient leurs boobs pour attirer le chaud chaland ou le musée Da Vinci, puisqu’il a séjourné dans le cité des Doges le temps de sortir ses meilleures inventions militaires (dont le futur char d’assaut), le plus intéressant de l’exposition étant surtout la fabrication de ses inventions, restées à l’état de schémas.
*
E la musica ?
Autant être très clair d’entrée de jeu dans cette partie, niveau musique, Thomas Mann a résumé ma pensée : c’est Mort à Venise. Le sujet qui devait le plus m’intéresser en est le plus absent ! Damned ! Gabrieli, Monteverdi (le « père » de l’opéra), Cavalli, Vivaldi (le « père » du concerto ») … QUE DALLE !
Vous entendrez vaguement – et pour le touriste qui lâche sa thune – un gondolier chantonner, éventuellement accompagné par un guitariste (même pas une mandoline), une répétition duetto con organo hasardeuse à la basilique Sainte Lucie, un fond du « In Paradisum » du Requiem de Fauré en mettant le pied dans une petite église, quelques notes d’une cantatrice émanant du conservatoire proche, du Eros Ramazotti au petit déj’ à l’hôtel… Et sinon ? En ville, niente !
Pire, la Fenice, opéra mythique à plus d’un titre ironique, il numero due après la Scala de Milan, est à peine indiqué sur les panneaux (qui préfèrent te donner la direction des spots à touristes) ; le seul que j’aie vu se trouvait sur un mur face à l’hôtel où j’ai séjourné, à deux pas de l’édifice si sélect que pour une place (déjà toutes vendues) pour Rigoletto, il faut allonger deux-cent-cinquante euro. Et pourtant, niveau « ze plèce tou bi », on est pas mal : création des principaux opéras de Verdi, lieu de résidence de Maria Callas (au point d’avoir une aile et un pont à son nom) …
[Plus d’un millier de places assises dans la version étendue de la salle]
Un petit musée en hommage à Vivaldi dans une église désacralisée pour lieu de reconnaissance, et ne contenant que des instruments de la collection privée d’un maestro…
[Des modèles de contrebasses ayant été utilisées dans l’orchestre de Vivaldi père puis fils, donc LE Antonio]
Partant de ce précepte, je vous simplifie la lecture : à Venise, niveau Metal, tu dead ça, baby.
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Le marchand (de disques) de Venise
Faut dire que rien n’est particulièrement mis en branle (double) pour les musiciens : deux-trois luthiers, deux enclaves où trouver une guitare, à l’intérieur desquelles les vendeurs semblent tellement étonnés de t’y voir mettre les pieds qu’ils sont sur le qui-vive… La vendeuse de Mille e una nota désespérait de voir un client passer la porte, semble-t-il.
Quant à la musique enregistrée, c’est simple, il y a deux disquaires sur place, dont un généraliste. Le second, Living in the Past, porte bien son nom, du contenu de l’échoppe à son singulier tenancier, Sergio (pas trop fan d’interviews), bloqué dans le Rock jusqu’au Metal des années 70 à 90, avec principalement des raretés en vinyle et CD.
…
Comme j’en ai déjà parlé, mes étapes dans un pays étranger sont la télé (habitude de la langue et sa prosodie), la bouffe (les spécialités culinaires, forcément, ça forge un estomac si tant est que la tourista ne s’en mêle pas) et… la musique/les arts (donc la musique pour ma part). « Alors quid du Metal ? » me direz-vous à raison, puisque c’est à ces fins que vous lisez un article sur Memento, pas pour me soutenir vous déblatérer mes odyssées.
L’Italie est pourtant pourvue d’une quantité assez incommensurable de groupes dans des sous-genres tout autant diversifiés. Et la Vénétie… aussi ! Dans ce cas, on se prépare une playlist avant de partir.
Donc ! Je vais évidemment vous proposer un petit florilège de produits locaux, en essayant de sortir un peu des sentiers battus par les majors de l’industrie mais, la scène étant foisonnante (en particulier Vérone et Vicence), je vais devoir limiter les propositions qu’à la Venise territoriale et aux groupes encore actifs. Je sais que vous l’attendiez avec une impatience palpable même au travers des bits qui nous séparent…
On va essayer de trier un peu par sous-genre (j’ai essayé de penser un peu a tutti) :
Pour le BM, voici Arcano Pensiero (tout en italien), Dodehender, Rovi (projet solo).
Pour sa version symphonique, voici Fourth Monarchy, Yass-Waddah et Obscura Qalma (en italien également).
Toujours dans le BM, expérimental, voici Eneth. Puis Chaos Luciferi (en italien) pour l’atmo. Enfin L’ordre du temple pour sa variante Folk.
Tournons-nous vers le Death en faisant un pont – un de plus pour Venise – avec le BM et Askesis.
Pour le Death en lui-même, voici Membrance, puis sa version Technical avec Miscreance (probablement déjà connu des puristes) et Necrosy, et pour sa mouture Mélo, voici Hobos, From the Shores (aux teintes Metalcore) et Sein (ou « tette » en italien si vous avez suivi).
Doucement, allons vers le Thrash en transitant par Cattivator of Death (en italien aussi), puis dans le vif du sujet avec Merciless Attack et Scyther. Et parce que rien que le nom est fendard, un petit Crossover avec Danny Trejo.
On calme un peu le jeu avec du Doom et ses variantes. Funeral Ground (nom adapté, n’est-il pas ?), Maya Mountains, Kröwnn, Holyphant et Muon.
Du Grindcore ? Mais bien sûr ! Y en a aussi (oui, oui, je vous disais : y a de tout !) : Stench of Profit.
Retour aux sources, l’Italie est une offre prolifique de Heavy, surtout mélodique. Quelques exemples avec Hextar, Phoenix Rage, Order of Minerva et (Thierry) Ardityon.
Pour finir, les quelques perdus dans la masse, avec du Shred guitar hero 80’s, Alex Masi, du Folk avec Vallorch (que vous connaissez sûrement d’une édition quelconque du Cernunnos), du Prog avec The Moor (que vous connaissez peut-être déjà) et on se perd avec Lachaise et son Sympho Goth.
…
Mais… dites-moi, Micheline ! Il n’a pas parlé du tout de Sympho et de Power ?! Eh oui, désolé mais il n’y en a pas sur Venise… Je comprends votre déception…
…
…
Mais il y en a sur la région !!!
Et voici donc, pour le Sympho (dans le pays de l’Opéra, imparablement, ce serait le comble de ne pas en trouver), je passerai sur Rhapsody mais je vous propose le side project de Fabio Leone, son ex-chanteur, Eternal Idol, et Afterlife Symphony, mais aussi du Power avec White Skull (dont je vous ai certainement déjà entretenus) et ses variantes Folk avec Arcana Opera et Forod Lad. Pour finir, la variante Prog avec Hollow Haze et Twintera.
Et voilà, bambine, je m’en retourne à mon sofa tel un pochetrone, en espérant avoir été un artigiano di qualità avec ce petit tour métallique local. Mais pour faire le bilan, je vous recommande la Toscane dans son ensemble et la Vénétie en tant que région pour ce qui est de la culture musicale qui vous tient aux tripes : si Capri, c’est fini, Venise, c’est pareil sur ce pan.
Le Metal dans l’Empire du Milieu Un dossier de WvG
N’hésitez pas à réagir, amender, échanger…
Ni hao à tous…
Puisque le 15 février, c’était la Saint Pangolin, et aussi parce qu’on a reçu de la demande – oui, y a des gens, au moins un, assez fous pour l’évoquer –, je vous propose présentement de faire un petit tour dans l’Empire du Milieu. Fort de plus d’un milliard quatre-cents millions d’habitants, il va de soi que je vais vous faire une sélection de groupes locaux assez courte mais garantie 100% ouïghour-free et suffisamment quali pour que Shein ne vienne pas me pomper mes idées pour en faire des t-shirts que vous achèterez à prix modique, dans la splendeur non du dragon rouge mais de l’éthique verte…
Commençons de suite avec Ordnance et son Thrash, histoire de briser le mur qui nous sépare ou la Grande Muraille si vous préférez, avec leur troisième album, Tear down this Wall, de 2014 :
De fait, les clichés me font marrer ; c’est pourquoi je vous propose un groupe au nom totalement stéréotypé, pour enchainer du Thrash au Heavy avec Dog Släyer, un groupe pékinois aux sonorités évoquant le bâtard de Skid Row, Iron Maiden et Anthrax, sur leur album Unrighteous Warfare de 2021 :
Évidemment, comme toute grande puissance qui se revendique, il est vital que le pays ait son folklore et son pagan. Si hélas je ne puis vous proposer le groupe Pagan, avec son éponyme Pagan, on va aller chercher du Pagan (Metal) quand même avec son pote Folk, en train de picoler – normal, me direz-vous – car le pouet-pouet n’a aucune frontière… et j’avoue toujours être déçu qu’aucun groupe français ne se soit lancé dans le Musette Metal mais…
Bref, et glou et glou avec Alcohol Dance (je vous épargne les idéogrammes) de Coiviealda, EP paru en 2020 :
Il y a des références déjà exportées, comme Ego Fall et le chant de gorge de Mongolie, donc je vous propose de retourner sur des sentiers battus par les Huns… ou The Hu, si vous préférez, avec le cinquième album de 2023, Golden Blood de ce premier :
Je vous propose de rester dans cette teinte musicale, avec les instruments locaux, comme le ehru en l’occurrence (le violon chinois si vous ne voyez pas de quoi je parle) avec un groupe de Folk Death Sympho instrumental, Dark Moon, et leur unique album de 2021, Ten Temples Yama Prison :
En amateur de Sympho, je ne pouvais pas ne pas vous proposer, même si « cé po métôle », de passer sur ce sous-genre avec Stars Seedling, et leur album de 2022 au titre traduit en VENG Our final Era, chanté en chinois avec des teintes folk et BM :
Restons dans le Sympho, mais davantage BM – ça y est, on revient sur des pistes « extrêmes » qui vous conviennent davantage – avec Dark Ring et leur second album Kissing the Ring of Angel paru en 2024, aux teintes Cradle ou Dimmu dans l’esprit :
Dans la continuité de cette route de la soie métallique, passons à Nether World Annihilate qui propose un BM sympho assez proche de ce que Dimmu ou Siebenburgen auraient pu proposer, avec leur seul album Suite from Hell de 2021 :
Je vous perds, je le sens… On va revenir sur du plus traditionnel… Mais pas tout de suite… Encore un petit shot de baijiu avant de revenir vomir ses tripes, je vous laisse dans la version symphonique, mais Black Death, avec Horror of Pestilence, leur second album datant de 2018 est intitulé Calling to the King of Black – me dites pas que je ne fais pas d’effort, hein… En plus, la charte graphique va tout à fait du côté des deatheux :
Bon, allez, assez rigolé, redevenons sérieux, pour les TRVE, je vous propose un groupe au nom français (c’est hype, entre les Pénitence onirique ou Pensées nocturnes…), Chute du Soleil et du BM sale « à l’ancyaine » sur leur EP de 2020 – comme quoi, même confiné, on peut toujours enregistrer dans ses chiottes, y trouver le son idoine, et en faire une production Wuhan-proof – avec un titre tout BM comme il faut, The Gate of Void Abyss :
Ce n’était qu’un répit ! Revenons sur mes terres, celles de la mélodie et l’harmonie supportable par mes oreilles de boomer réac, avec Armor Force et leur deuxième album de 2024, au teintes Melodeath et Folk, intitulé Crusade of Umbra :
Un petit peu de Death Mélo ? Je vous en remets une goutte ? Pas de souci, avec Burnmark et leur EP de 2016, qui déboite plutôt dans une approche qui évoque Arch Enemy ou In Flames mais plus Metalcore, Dying Glory :
Bien… Je ne pouvais pas finir cet article sans proposer ce qui me convient le plus – peut-être vous aussi, sait-on jamais – avec du Power. Je finirai donc avec deux groupes qui tiennent la route dans le domaine, Anduril, qui n’a sorti qu’un EP, prometteur pourtant, en 2017, Soul Alchemist :
Et donc, le plus stable, Barque of Dante, au nom qui tombe sous le coup de mon actualité (dont je parlerai bientôt, bien sûr), avec leur quatrième album Columbus de 2023 :
Si la question est de savoir si je suis taquin, sans faire de chinoiseries, la réponse est Vouiiiii !!! Donc, il reste un groupe que je ne vous ai pas présenté parce que… taïwanais. Mais disons que, sooner or later, ça redeviendra la Chine donc… Allez, on va conclure avec un petit Chthonic, toujours en activité depuis 1998 et neuf albums au compteur, toujours aussi efficaces :
Xièxiè d’avoir tenu jusqu’au bout, la route a été longue mais si des grands explorateurs ont tenu le coup pour vous trouver des raccourcis (en se plantant de route, soit, mais…), il ne reste que quelques ponts à franchir.
L’Amour (le gras, le lourd, le poisseux) et le Metal Un dossier de WvG
à lire, savourer, partager, débattre !
Ah là là, mes chéris chéris… Vous y croyez encore au summer body ? Pas la bonne période pour y songer, c’est plutôt celle où on prend du lourd, du gras… On bouffe, on bouffe, on bouffe… Et on enchaîne Noël, le Premier de l’An, la Chandeleur, la saison de la Raclette qui a débuté, la Saint Valentin, Pâques, etc. Oui, la Saint Valentin ! Non, je ne parle pas de la partie du sacro-saint restaurant et des chocolats mais de ce qu’on est censé déguster ensuite, la sainte Trinité cul-bite-chatte, pour rester dans le lourd et le gras. Ouiii ! Vous avez compris qu’aujourd’hui, on va faire dans la poésie -2.0 ; les metalleux sont peut-être de grands romantiques MAIS aussi des gros dégueulasses, au même titre qu’un personnage de Reiser, et ça parle de fesse et plus si affinités dans nombre de chansons de par le monde. [Alors que pour perdre du gras, rien de mieux que se faire un jeune intermittent… et c’est là tout l’intérêt de l’accent circonflexe pour éviter toute confusion malhabile.]
En voici donc un petit florilège pour vous mettre en jambes et en préliminaires divers et variés avant de passer à table, AKA « la chambre à coucher » (ou tout autre endroit qui vous siérait pour assouvir vos pulsions (pro)créatrices, de la machine à laver en cycle essorage à la chambre rouge de votre club libertin favori). Et autant dire qu’on va aller caresser de près, limite frotter, tous les pans de l’univers Metal parce qu’aucun sous-genre – à part peut-être le White Metal… et encore : tu prends Jésus en bouche – n’échappe ou ne s’attache (et s’empoisonne) à traiter du sujet de manière plus ou moins (Mötley)crue.
[NB : prévoyez de cliquer sur « j’ai plus de 18 ans » de multiples fois au fil de cet article… Pas pour cet article en lui-même, vous assumez votre âge, hein… Perso, je me dégage de toute responsabilité, vous êtes censé.e.s être majeur.e.s et vacciné.e.s (oui, ce jour, je me sens d’écrire en inclusif… et je me sens loutre aussi… mais ceci est une autre question à ne pas vous poser, sachez juste que c’est pour en faire chier certains et amuser d’autres 😉)]
Comme on dit dans le milieu artistique, « c’est bien de remplir une grosse salle, c’est mieux de se rappeler son prénom » alors entamons de suite cette partie tout en finesse – normal pour une partie fine – et en couleurs (de muche) avec ceux qui ne font pas dans la dentelle ni la crinoline et ne cachent pas les enjeux sessuels de leurs morceaux, avec des paroles très premier degré [NdlR : Et là, on vous renvoie vers l’article concernant le Premier degréchez les Metalleux!]. Il serait tellement facile d’entamer et disserter avec Steel Panther que… non. Hé, hé, hé… Trop simple, trop évident.
Allons plutôt tâter des teutons avec Rammstein. Un « Bück dich » [trad. lit. « Penche-toi »] étant déjà assez explicite, un titre trop germanophone ne touche pas assez de monde donc autant internationaliser la partouze : « Pussy », sur Liebe ist für alle da, est nettement plus fédérateur. Le clip aussi d’ailleurs… Bon, ici vous n’aurez que la version censurée/floutée, hypocrite pudibonderie étasunienne oblige, mais sans trop de souci vous trouverez la version classée ex-Twitter sur le Net.
Il va de soi que (Till) Lindemann ne saurait résister même dans sa carrière solo à évoquer l’acte copulatoire, le cul étant la seconde valeur essentielle après le fric « si j’ai bien lu Freud » (Coluche). Le porn de « Pussy » étant finalement trop soft, passons à plus musclé, le goût et l’arrière-goût de vos périnéens sans chocolat post-Noël avec la douche dorée de « Golden Shower » sur Skills in Pills.
D’autres Allemands, plus juvéniles et rigolards, apportent leur mouvement de hanches à la tarte à la crème, Edguy, avec « Lavatory Love Machine » sur Hellfire Club. Quoi de mieux que le fantasme de l’hôtesse pour s’envoyer en l’air ?
« Si les ricains n’étaient pas là, vous seriez tous en Germanie ». Après cette pénétration tout en douceur, juste pour mon cœur, dans le topic, on a parlé de la Germanie (pas encore de la Germaine mais ça ne saurait tarder), passons le mur de l’Atlantique, voire le continent suivant entier puisqu’on va chercher la prochaine partie du coté de Los Angeles… Tout un voyage initiatique, en somme.
Bim ! Direct ! « Wild side », sur Girls Girls Girls de Mötley Crüe, dont on parlait en préliminaire… Une bouche bien ouverte m’a soufflé au creux de l’oreille que cette chanson qui cite voire parodie nombre de prières catholiques parle d’une sainte, la sainte Nitouche, avec pour anecdote la relation « passionnée » entre l’un des membres les plus tendus du groupe et une petite jeune inscrite en école catholique qui se laisse happer par la tentation. Bon… qu’attendre de plus ou différent d’un groupe qui mise sur la provoc et le côté « horny » comme fonds de commerce.
Tommy Lee, batteur du groupe ci-dessus, ne faisant pas que dans la vidéo de qualité médiocre avec Pamela « Barb Wire » Anderson pour occuper ses vacances sans Arlette à Malibu, il va reproduire le schéma Mötley chez Methods of Mayhem sur l’album éponyme avec le titre « Get Naked » et une télécommande bien proéminente sur une bande-son digne d’un bon gros peep-show avec foultitude de samples pompés au Rap west coast.
D’ailleurs pour rester dans la zone californienne et le sunlight de Venice Beach, on peut aller vers les Guns n’Roses. Un « My World », qui conclut Use your Illusion 2, est suffisamment clair sur la thématique avec force râles et gémissements :
Mais le groupe sait aussi se montrer plus métaphorique dans son approche avec un « Rocket Queen » tiré de leur Appetite for Destruction. Axl Rose raconte que cette chanson est une sorte d’hommage à une fille qui voulait fonder un groupe éponyme au titre de la chanson… bon… les paroles parlent davantage d’envie de la pousser à monter sur autre chose que la scène.
Toujours à L.A., WASP et son Blackie Lawless de leader posent la main sur le sujet, et sur sa teub particulièrement avec la séance fantasmagorique de « Animal » au sous-titre explicite « (fuck like a Beast) » présent sur l’album éponyme du nom du groupe.
Mais Blackie ne fait pas que dans la branlette de manche puisqu’il remet le couvert sur la table et sur ce même album avec un touchant « L.O.V.E. Machine ».
Enfin, sur cette Côte Ouest, le long du grand Pacifique où les vagues défient le temps (si t’as la réf, c’est que t’es trop vieux), il y a le vent, l’haleine et le Van Halen. Le groupe comme le guitariste et son frère qui en sont membres, propose un grand classique sur leur premier album éponyme – décidément, j’aurai rarement autant employé ce terme – avec le morceau « Ain’t talking ‘bout Love » qui en effet ne parle pas d’amour… mais de cul.
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Les Américains… Nus comme des vers ou court-vêtus d’une peau de bête, faut que ça parle de boule… et de kinks… de doms, surtout.
Non… toujours pas de Steel Panther, ni de slip panthère – je vous ai dit : trop facile… En guise d’introduction, mettons le doigt sur (dans ?) Manowar, des mecs couillus, quoi, Onan le Barbare. Forcément, ça doit aller sur le terrain aussi huilé que leurs pecs de la sexualité, même occasionnelle. Exemple le plus parlant, « Pleasure Slave » sur Kings of Metal, suffisamment explicite dès son ouverture, avec cris et chuchotements nettement éloignés de ceux du bouquin de Bergman.
Habitué des kinks crados ou pas, on embraye avec un expert dans le domaine du sexy plus ou moins attrayant (en tous cas suffisamment pour séduire la burlesque Dita von Teese), Marylin Manson, avec « User friendly » sur Mechanical Animal, dans lequel on inverse le rôle dominant-dominé et madame prend les rênes en main et chevauche.
On reste en Ohio et l’électro avec Nine Inch Nails et leur « Get down, make Love » (pas trop besoin de traduction, hein) sur Pretty Hate Machine, reprise plus sale que l’originale des Anglais de Queen déjà pas mal sensuelle. Le groupe de Trent Reznor fera une autre reprise arrangée sur le « Sex Dwarf » de Soft Cell, point commun avec Manson qui reprendra « Tainted Love » de ce même groupe (chanson qui est déjà une reprise, donc c’est une reprise de reprise…)
« Tourné vers l’Est, rien de nouveau » mais on retourne petit à petit sur sa côte, celle qu’on n’a pas réussi à s’ôter pour pratiquer l’auto-fellation à l’image de la rumeur pas fact-checkée sur Manson. La Dark Romance étant au goût du jour, on va rester sur cinquante nuances de gras ici, même si la scène Dark Gothic de New York fait plus sobre avec Type O Negative et au choix « My Girlfriend’s Girlfriend » et le saphisme et triolisme (sur October Rust) ou un « Machine Screw » très hot qui introduit l’album Bloody Kisses.
Le futur cinquante-et-unième état n’échappe pas à l’idée d’exposer ses gosses en public puisque le Canada par la voix de Chad Kroeger et son groupe Nickelback propose de faire du « S.E.X. » où tu veux quand tu veux, en particulier sur un Dark Horse plutôt qu’un caribou.
Revenons sur le vieux (in)continent, au Royaume-Uni en l’occurrence, terre natale du Metal. Et là, on va avoir du choix dans la date, tant ce petit monde est fécond en grivoiserie affichée peu ou prou en pleine figure.
On commence la faciale dans la série « Tu le sens, mon gros beat », avec les plus langoureux Def Leppard. Si la rythmique du batteur qui n’aura que du chocolat à moitié incite à l’ondulation du bassin, et il y a des cas où ce n’est pas si évident d’y mettre un pied (surtout s’il est petit), on peut prendre le sien sur celle-ci agrémentée de paroles coquines comme sur « Make Love like a Man » (Adrenalize) mais particulièrement sur « Pour some Sugar on me » (Hysteria), invitation à la léchouille par de gentilles ingénues.
En effet, la NWOBHM n’est pas exempte d’évoquer le cul, de manière moins « rentre-dedans » que le Nouveau Monde, plus subtile en somme, et des groupes comme Iron Maiden ou Judas Priest vont aussi faire du suggestif. Si « 22 Acacia Avenue » (The Number of the Beast) n’est pas le titre le plus sexuel de Maiden, il évoque quand même une courtisane prénommée Charlotte qui invite à monter chez elle, pas forcément gratuitement. Judas Priest, quant à eux, font dans l’allégorie méca-nique, la sensation de la moto, avec « Turbo Lover » sur Turbo (et son clip bien dégueulasse, dans les images plus que dans les allusions, de facto).
Vers cette même période naît le Black Metal, sous l’égide de Venom, qui propose y compris dans ce genre non pas le coït au nom de Satan mais de faire mumuse de manière régressive et écolière dans un « Teacher’s Pet » sur Black Metal. Bon, le morceau est davantage teinté blues hard rock queutard mais… un détail de l’histoire…
Toujours dans cette période, Dieu est (encore) vivant : Lemmy Kilmister. Avec Motörhead, il va proposer sur l’album Orgasmatron le morceau éponyme – oui, encore – et ses paroles des plus cash… comme un pamphlet anti-religieux surtout, mais présenté sous un aspect allégorique seksuel sur une rythmique mid tempo incitant au va-et-vient… Cependant, comme j’ai une préférence pour la reprise de Sepultura sur Arise…
Pour revenir davantage à des groupes « récents », on peut faire un saut par le Metal moderne de Bullet for my Valentine, de bon aloi pour cet article que vous lisez probablement encore d’une main ou d’une autre. « Fever », de l’album… Fever, traite de striptease, Matt Tuck ayant probablement une main occupée lui aussi.
Et pour finir avec la perfide Albion, partons dans le BM sympho avec Cradle of Filth. Il y a de la variété, aussi ne vais-je m’attarder que pour la plus éloquente « Scorched Earth Erotica », sur Eleven Burial Masses, qui oscille entre érotisme et cannibalisme selon l’interprétation.
Le reste de l’Europe ne l’est pas, en reste, pour évoquer le coït plus ou moins en profondeur.
On commence par le BM des Autrichiens de Belphegor qui vont en faire leur petite apologie BDSM avec « Sexdictator Lucifer » sur Bondage Goat Zombie (oui, on dirait presque que le titre a été choisi par un générateur d’idées random)
Ou encore Ghost – « c’est pas métole ! » … mais j’aime bien n’en avoir rien à battre que ça soit « métole » ou pas selon vous – qui va organiser sa messe noire grandguignolesque version Bible Black [vous trouverez assez facilement la réf sur Internet] dans un rituel à l’envers (ou l’endroit, ou dans le sens que vous voulez) de Satan dans « Monstrance Clock » sur Infestissumam.
« Du uc, du uc, du uc, à m’en déboîter la nuque… » La France, pays de lovers et du french kiss peut aussi apporter sa pierre à l’édifice, qu’elle soit maison de passe, close, club libertin ou autre (EHPAD ou Maternelle, par exemple).
Si vous possédez un cousin, vous savez que grivoiserie et graveleux lourdingue savent s’unir pour proposer un « Je ne t’ai jamait autans aimer », ode à la nécrophilie énoncé par Ultra Vomit, chantres de la poésie populaire (et apolitique) sur Objectif : thunes. C’est maintenant qu’on s’occupe de soulever la Germaine !
« Du lourd, du sale » selon le SCH du Palmashow, OK… Mais on peut faire un poil (de cul) plus fin dans l’approche, voire du coquinou avec Shaka Ponk et « Brunette localicious » voire « Sex Ball » (tous deux sur The Geek and the jerkin’ Socks)
On va remettre quand même une touche de sensualité dans les perversions avec Misanthrope et son « Humiliations Libertines » sur l’album… euh… presque éponyme Libertine Humiliations.
Après le french kiss, l’australian kiss (renseignez-vous par vous-même, comme on dit sur les pages de gens qui sachent). L’Australie, ce territoire où on se demande par quel acte crapuleux et quelle partouze improbable on a pu arriver à des animaux aussi étranges que l’ornithorynque… Moi je pense qu’un castor et un canard ont dû fauter quelque part, ce qui expliquerait que le castor ait la queue aussi plate que la Terre, mais cette réflexion n’engage que moi… Bref, qui dit Australie dit AC/DC, sans aucun doute. Et il y a foultitude de chansons du groupe sur la thématique, avec les prostiputes en tête de gondole, of course. [Anecdote : lors de je-ne-sais-plus quelle discussion avec une ex lointaine, elle m’avait dit « mais tu me prends pour une pute ? », ce à quoi j’avais répondu « mais qui te parle d’argent ?! »]
Alooooors… AC/DC, disais-je…
Les pululutes AKA « TdS », avec « Whole Lotta Rosie » encore avec Bon Scott au chant sur le debute album Let there Be Rock. Celles qui te refilent la chtouille sur « The Jack » (High Voltage) ou te secouent toute la nuit sur « you shook me all Night long » (Back in Black, donc plus Bon Scott mais Brian Johnson) après une petite pipe sur « Heatseeker » (Blow up your Video) qui finit, après avoir été trop touchée sur « Touch too much » (Highway to Hell) par se prendre du jus sur « Thunderstruck » (The Razor’s Edge). Ça fait beaucoup trop pour vous ? Vous êtes vraiment casse-burnes…
Et les filles dans tout ça ? Où sont les femmes, avec leurs gestes pleins de charme ?! Passives ou actives ? Actives, voire très, pour certaines qui prennent « les choses » en main, littéralement pour celles qui arrivent ci-après.
Lzzy Hale est une coquine… et elle en fait part avec son groupe Halestorm sur plusieurs morceaux : ça fait du seske dans « Apocalyptic » (Into the wild Life), « Dirty Work » (album… éponyme) ou encore « Love bites » [@JP : gnéééé a bites] (The strange Case of…)
Sabina Classen de Holy Moses est quant à elle trop bourrée pour niquer avec « Too drunk to fuck » sur World Chaos.
Doro Pesch, la daronne du Heavy et meneuse de Warlock, se montre, elle, plus sage mais suggestive sur « All Night » (Hellbound) ou « Love Song » (True as Steel)
Une qui, par contre, ne fait pas dans l’amour propre, mais l’amour sale, c’est Maria Brinks de In this Moment. On peut entamer avec « Whore » qui invite à lui mettre une fessée mais surtout « Adrenalize » (toutes deux sur Blood) avec une infirmière dont on n’a pas forcément trop envie qu’elle s’occupe de notre cas.
Vous aimez les « fêtes » commerciales ? Cool, c’est la Saint-Valentin et la fin des soldes. Au lieu de tomber dans le sempiternel bouquet de roses vendu à même le restau par un inconnu auquel vous répondrez gentiment « non merci, c’est gentil mais inutile : on a déjà baisé… », offrez à madame un womanizer, « parce que les fleurs, c’est périssable » et en plus, vous ne serez même pas forcé de suivre hypocritement une journée à thème sur un mec qui s’est fait hypothétiquement rouer de coups et décapité durant la Rome antique (comme quoi le Rome-antisme est mort) il y a plus de 1.700 ans… Ça, au moins, ça la fera vibrer pour l’occasion !
Allez, on oublie les Love actually et autres comédies à l’Histoire d’Ô de rose, on se dit directement que Harry va rencontrer salie, loin de l’empire décence, et on dégage tout de suite les assiettes de la table pour remettre le couvert.
Cadeau bonus, tout seing… sein… saint… bon, ceint de poésie franchouillarde :
PS : on me glisse, me susurre dans le conduit auditif avec des voix timbrées ASMR, que l’équipe se prépare à vous parler de Cyprine d’ici peu… On reste dans le ton général de cet article donc…
S’il est de bon ton selon certains de fustiger constamment les fumeurs, de vous à moi(s de novembre sans tabac), on va mettre le doigt cette fois-ci non sur la sucette à cancer, bien moins sur la fumée que la fumisterie aujourd’hui et mettre le paquet, avec des belles images dégueulasses dessus.
À l’instar de Mylène Farmer, je suis désenchanté (même si je ne sais toujours pas qui est cet Amédée pour qui elle cherche une « Hameki »), en bon misanthrope – Hé ! Misanthrope… Désenchantée… t’as la réf’ ?– Je ne vais pas cracher dans la soupe mais démouler un cake, un bon gros gâteau au caca avec plein de couches de caca, et mettre le nez de la « grande famille du Metal » dedans en la faisant passer à table… Ça tombe bien, c’est bientôt les Fêtes,[NdlR : Ok… on est un peu en retard… mais il reste la galette des rois du… ] on va lui faire la sienne : autant prévoir la bonne ambiance familiale et décrasser une vision biaisée par le sirupeux et l’aveuglement optimiste pour mettre les pieds dans le plat et envoyer la sauce…
Je baserai mon propos tant sur des expériences vécues à titre personnel que des témoignages divers reçus tant dans mes relations avec la population Metal, acteurs ou spectateurs ou lointaines connaissances ou inconnus qui devraient le rester, que de faits déjà présents et présentés dans les informations accessibles à tous et toutes – et oui, l’écriture inclusive m’emmerde et je ne vois pas de souci à rédiger « toutes et tous » qui est tout autant inclusif et pas davantage discriminant.
Alors, oui, on ne va pas jeter l’eau du bain avec le bébé ou le remettre dans le congélo (déjà parce qu’un plat décongelé puis recongelé, c’est pas une bonne idée), au risque de jeter un froid car, contrairement au froid, tout n’est pas à jeter dans les interactions du groupe social qui se revendique « grande famille ». La solidarité y existe et prend place, particulièrement du côté des spectateurs.
Mais revenons d’abord sur cette grande famille, unie et soudée contre toute adversité… ou presque… et regardons la photo. Oui, celle que maman a tenu absolument à prendre après que tu lui aies envoyé un sarcasme sur sa dissonance cognitive ponctuée d’un « rhoooo » comme simple réponse, dans toute sa bienveillance à œillères et parce que ça lui fournit une image d’Epinal rassurante qui lui permet de ne pas se départir de ces dites œillères… La photo n’est pas bonne mais l’on peut y voir le bonheur en personne (du tout) et la douceur d’un soir de réveillon… Tout le monde sur son trente-et-un, dans son plus bel apparat et ses oripeaux de fête, tout sourire, mais analysons qui s’y trouve : papy facho – tiens, toujours pas mort celui-là ? – qui te sort ses histoires de guerre d’Algérie et des bienfaits de la France, du « temps béni des colonies » (pas de vacances) et auquel on ne répond même plus parce qu’il « est sénile », aux côtés de mamie rapace, pour qui un sou est un sou et qui tient les cordons de la bourse voire des bourses de la famille plus ou moins encline à lorgner sur l’héritage, qui sait que d’un simple regard elle peut faire taire la moindre velléité de mot plus haut que l’autre à chaque prétendant au magot. Au coin, papa fait semblant de garder un sourire de circonstance qui l’épuise d’hypocrisie. Pas loin, le tonton qui sort des blagues de cul avec un regard lubrique, lourd à souhait mais attachant quand même ; à ses côtés, les frangins qui sont venus pour la bonne bouffe et sortir des blagues vaseuses, qui cherchent à ne pas se prendre la tête. En face, l’autre frangine, sérieuse, trop peut-être, qui tire la tronche parce que ça l’emmerde à un point inimaginable de perdre trois heures (minimum) à table alors qu’elle pourrait faire des choses bien plus intéressantes, comme ranger ses chaussettes par exemple. Il y a aussi la cousine, parano à souhait parce que « vous avez vu » / « j’ai lu sur internet que », et qui reste assez éloignée du tonton relou parce que « c’est dans la famille que les agressions sexuelles blablabla… » et qui va déverser ses phobies et son anxiété perpétuelle vers les autres avec force agressivité, hauteur et haro face à celui qui la contredirait parce qu’elle SAIT que c’est vrai et qu’elle vit dans le risque constant (mais nettement moins dangereux que de ranger ses chaussettes quand même). Dans sa proximité presque directe, on a le petit cousin qui opine du chef au moindre de ses mots, qui boit son discours comme du petit lait comme il tèterait bien le sien à son sein, amoureux silencieux qui sait pertinemment qu’il n’a aucune chance mais prend sa défense sans même prendre de recul, jugeant sa cause noble et donc « über alles » (après tout… ça reste dans la famille). Enfin, il y a le petit dernier qui sait qu’on lui pardonnera toute connerie possible parce que… parce que lassitude, usure, masse de problème déjà posés par le reste de la famille ; lui c’est l’allumette dans la poudrière… Et il y a moi, celui qui observe depuis très longtemps la situation sans trop rien dire à part des petites piques cyniques qui ne dissimulent plus vraiment une vérité qui reste sourde à toute oreille, s’en énerve, s’en use au point de se demander si ça a encore une utilité d’intervenir et expliquer des choses posément mais qui dans quelques secondes va chopper la nappe, tirer dessus sous le regard éberlué de tous les convives ébaubis (Hé ! Bobby !), foutre en l’air tout le décorum bien sage et hypocrite et dire un gros « merde » à chacun, avec une saillie lapidaire du pourquoi à l’adresse de chacun dans la nécessité qu’il ou elle entende le propos.
On est bon jusque-là ? Bien… Je vais expliciter de suite cette longue allégorie…
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« Bon papa, ne t’en fais pas : nous en viendrons à bout de tous ces empêcheurs d’enterrer en rond ». Papy est convaincu de son bien fondé, à insérer dans son fondement et, forcément, par respect ou par opinion corrélée, il aura nécessairement un auditoire. L’image associée à ce membre de la famille n’est pas trop compliquée à comprendre : NSBMand co.
Par décence (et par volonté d’en parler le moins possible pour leur faire de la pub), je ne mettrai aucun exemple ni de nom, de titre ou d’origine géographique, ni de son et encore moins de morceau complet avec analyse nauséabonde, que l’énergumène suscité soit pratiquant, croyant, ou prosélyte. Néanmoins, vous n’êtes pas suffisamment obtus pour ne pas être au courant que, oui, ça existe des groupes de cette idéologie, que ça a, voire trouve, son public, que ça débat assez fréquemment sur l’innocuité de leur présence dans un running order parce que « le Metal, c’est aussi l’ouverture d’esprit », que ça crée du buzz, terme en vogue pour être synonyme de « vent », un de ceux qui sortirait de l’ouverture non de mon esprit mais de mes sphincters : même bruit, même odeur, on supporte le sien mais pas celui des autres, ça fait rigoler sur le coup mais quand on se rend compte qu’on est seul à le faire, on se sent honteux… Ou du moins on devrait, au quelque part mais si on ajoute sur le gâteau au caca évoqué en entrée une bonne petite couche au-dessus appelée « mauvaise foi absolue », on peut s’en sortir en étant né avant la honte. Tout ça pour dire qu’accepter que ce genre d’ineptie existe, c’est être démocrate (comme Hugues, quand Georges est un fasciste de merde), certes, mais en faire le jeu et le mettre en avant en rebondissant sur les propos de personnes en mal d’existence et de visibilité, c’est manquer de bonne intelligence et ouvrir des portes non pas à son esprit mais à ceux qui en manquent, les invitant à adhérer au parti(es) comme des morpions pas encore matures, voire les inviter à table, les inviter « à boire, à manger, à se distraire ; assis à table, ils parleront des cris qu’on fait taire, ils parleront de la mort et de son pouvoir. » (« Les brutes », Trust)
Suis-je vraiment obligé de vous remettre en mémoire le nombre de fois ou des festivals, vivants ou morts depuis, avec plus ou moins de sincérité dans leur propos, on a mis à l’honneur et pas à l’affiche des groupes « tendancieux » dans leur propos ou attitude ? C’est vrai que le Metal regorge de mise en scène, d’ambiguïtés et de « choquant » mais quand il y a doute très raisonnable et fondé, c’est qu’il n’y a plus doute, ou alors que des explications claires se doivent d’être portées à la connaissance des hôtes tout comme des spectateurs. Sinon… bah, tu assumes ton image, ton public, tes choix artistiques, le fait qu’en tant qu’organisateur tu les invites en pleine connaissance de cause, etc.
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« Laissez les mamies faire, les mémés, les mamas » … Mamie écrase les prouts comme Mammouth écrase les prix ; autant dire qu’on va faire du lourd et du sale dans cette longue partie. Et si l’adage veut qu’on ne doive pas pousser mémé dans les orties… Bah, dans notre cas, il faudrait… vraiment… pour qu’elle se pique le derche et revienne à la réalité que son état d’esprit pingre de gros rat manipulateur qu’elle pense utiliser comme une forme de pouvoir n’en est un que si les vautours qui tournent autour lui accordent une once de crédibilité. On va donc parler de l’envers, non pas l’excellent album de Wormfood mais celui du décor car, en effet, il y a pas mal à envoyer. Si papy et mamie s’entendent plutôt bien, c’est par intérêt mutuel. Mais surtout mamie sait que si elle a une cour qui gravite autour d’elle, elle peut en faire ce qu’elle veut, l’influencer, l’inciter à agir contre tout bon sens, etc. Comme vous le savez sûrement déjà, je considère qu’on ne devrait jamais donner le pouvoir à ceux/celles qui le recherchent : « C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. » (L’esprit des Lois, Montesquieu). Dans cette partie, on va donc parler de coups bas – mais pas de Cuba – et de bras longs – dommage d’ailleurs : cul bas et bras longs, on aurait pu s’étendre sur le singe-araignée et faire une pause zoologique plus que sociologique.
Il va de soi que si j’évoque et vais évoquer de nombreux points sur le sujet, c’est que je me suis trouvé un peu de tous côtés de la Scène : au-devant, comme beaucoup d’entre vous, auditeurs et spectateurs qui avez lâché vos deniers pour assister à un concert, acheter un skeud ou un DVD live, vous parer du T-shirt de votre/vos groupe/s préféré/s, mais aussi pas mal derrière, dans divers spots, surfant avec les individualités plus ou moins égocentriques et égoïstes. Après tout, qu’est-ce qu’un égoïste et égocentrique à part quelqu’un qui ne pense pas à moi ?… De manière à être le plus transparent, tout ce que j’écris depuis quelques temps et qui est publié sur ce webzine est gracieux, sur du temps libre, et c’est très bien ainsi : je propose, on dispose, ou pas, selon que ça apporte une plus-value. Dans le cas contraire… bah, rien à carrer, de toute façon, c’est fait, et c’est ma façon de fonctionner. On me laisse une carte blanche, si ce n’est pas pertinent ou opportun, ça reste fait quoiqu’il en soit et prend qui veut : je ne travaille pas « pour » mais « avec » des personnes et si ce contrat tacite venait à changer, je partirais, tout comme je ne recherche pas fortune et gloire, pour citer Indiana Jones et le Temple maudit. Vous vous doutez également que je ne suis pas nouveau dans le game mais que c’est une philosophie que j’applique depuis bien longtemps et qui est (théoriquement) entendue à défaut d’être contractualisée. Ça n’a pas toujours été le cas, sensiblement, ce qui fait que je suis sorti de pas mal de postes « dans l’ombre », dans les coulisses, parce qu’on n’était plus d’accord sur cet accord justement : intervieweur, co-organisateur, interprète, chroniqueur et j’en passe. Ce qui fait que j’ai vu, vécu et recueilli de nombreuses choses et témoignages qui, certes, ne sont pas une généralité mais se mentir en se cachant que ces problématiques existent et sont réelles, c’est juste s’aveugler.
Pour commencer – « enfin ! » diront certains, et je vous comprends, des fois je m’auto-saoule dans mes laïus, c’est même con que je ne touche pas de droits SACEM parce que je viens de rajouter du baratin pas utile qui me permettrait d’accumuler encore sur mon petit pécule – parlons des « gros », ceux qui savent qu’ils ont un poids et donc ont des exigences, qu’il faudrait peut-être faire redescendre de leur piédestal. Il y a bien évidemment (et heureusement) des managers, boss ou acteurs de grosses structures qui ont conscience de peser, mais aussi que leur poids n’est dû qu’à leurs « petites mains », très/trop souvent bénévoles, et qui rétribuent d’une manière ou d’une autre cette implication : une gratuité à un festival sur un certain temps pour assister au passage d’un groupe favori pour un bénévole (je ne connais pas forcément bien les contrats de ce type dans des gros fests mais si vous avez des éléments à apporter, je suis preneur), des distributeurs qui publient des chroniques d’albums de leurs poulains sur leur propre page web ou RS, des éditeurs qui envoient encore des CDs et pas un bundle de mp3 au son compressé et dégueulasse, des managers qui te laissent un temps suffisamment conséquent pour pouvoir faire une interview de fond et non de forme (promotionnelle). Mais ceux-ci ne sont qu’une minorité…
Saviez-vous par exemple – et c’est là toute l’ironie – que seuls les petits labels, voire les indépendants, sont les derniers à envoyer encore du format matériel et non du dématérialisé ? Et quand ces « indés » te présentent leurs excuses parce que c’est un coût pour eux de le faire et/ou ne peuvent que t’envoyer un bundle (excuses tout à fait légitimes), ils font l’effort de t’envoyer des formats *.flac, de bien meilleure qualité sonore… Des gros labels, dont le plus puissant en Europe, ne le font plus depuis belle lurette pour atténuer leur coût de fonctionnement, quand toi, chroniqueur, on te demande d’être déjà bien content de recevoir le « son » (j’utilise sciemment le terme, en m’appuyant sur une récente étude de l’évolution du spectre sonore et de la perte de dynamique depuis les années 90 afin de coller aux formats les plus rentables) gratuitement… et bosser gratuitement à faire la promotion d’un album… sans retour ni positif ni négatif – l’équivalent d’un « on vous paye en vues » que nombre de petits groupes pour lesquels le proprio du bar ou de la salle te refuse un cachet minimal voire un défraiement connaissent bien. Ah, au fait, il faut évidemment que vous en parliez positivement parce que si vous ne le faites pas, ouuuuuuh la la… vous vous attirez les foudres d’au-dessus, allant du simple blacklistage à la réprimande type « je veux parler à votre responsable », responsable qui sait qu’il risque aussi de perdre une source de visibilité en likes, vu que ledit distributeur au-dessus ne partage toujours pas ton travail gratuit… Ah non, pas gratuit, c’est vrai : il t’a envoyé du « son » gratuitement, lui… des fois sous la forme d’un… lien vers Youtube… mais si tu veux l’album en CD, achète-le, il est disponible pour la modique somme de…
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Passons aux interviews. En général, une interview, c’est formaté. Je suis bien conscient que ça repose sur un planning, promotionnel, que le temps t’est compté légitimement, que le groupe est ou peut être fatigué de sa campagne de com’ (va enchainer des interviews à longueur de temps avec les mêmes questions plus ou moins chiantes, redondantes, brossant dans le sens du poil, sans réel fond, « j’aime beaucoup ce que vous faites… bah, ça tombe bien, moi aussi… est-ce vraiment une information ou une question ? » !) Et tu as des managers qui font pas mal de zèle : des fois, tu en souris, avec éventuellement la complicité (bienvenue) du groupe qui vient se faire cuisiner, et des fois, tu as juste envie que le minimum de respect qu’on te doit comme questionneur gracieux et pas malveillant te soit accordé de manière naturelle, et tu te sens tenté, après ce type d’agression tacite, de transposer ledit énergumène en poster de ton groupe préféré – ou invité à répondre à tes questions – c’est-à-dire placardé et punaisé au mur… J’imagine ne pas être le seul intervieweur a avoir vécu ce genre d’expérience, allant jusqu’à l’annulation in extremis d’une interview (que tu as briquée pendant un long moment pour la rendre intéressante et pertinente) par ledit manager qui ne te fournit aucune explication, mais, si on omet les managers menaçants, par exemple « si je vois une goutte de picole, c’est annulé » allant jusqu’à inclure les petites mains (régisseurs, équipe technique, ouvreuse) dans leur équation anti-alcool, on a ceux bien intrusifs – et j’en ai eu quelques-uns, de groupes renommés – qui assistent de bout en bout à l’interview, interviennent comme un avocat, sont au qui-vive concernant une question qui sortirait du cadre ou pourrait avoir un effet potentiellement néfaste… Waaaaah… Infernal ! Frère, je connais mon boulot, j’ai aucun contrat signé avec toi, alors ferme bien ta gueule et retourne prendre une camomille au bar, ça te détendra le rectum… pète un coup, mon gars ! Heureusement, ce ne sont que quelques anecdotes et non une généralité mais ce qui m’a fait arrêter les rencontres avec les groupes dans ce type de cadre, c’est clairement l’évolution et la progression de ce type de mentalités (quand je n’ai que très, très peu de souvenirs négatifs – et probablement réciproquement – de groupes, y compris ceux que je ne connaissais que peu ou connaissais sans pour autant apprécier plus que ça leur musique – déçus ou mécontents ; en général, on regrettait mutuellement de ne pas avoir plus de temps à s’accorder pour papoter en longueur).
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Hep, toi ! Tu aimes assister à des concerts ? Tu as un smartphone plus ou moins dernier cri – ou plutôt « râle », si on s’en réfère au prix à casquer – et tu prends des photos ? Tu es donc photographe, non ?! Allez, j’ai besoin de toi pour un live report… Par contre, je vais décider quelles photos… et puis ce serait bien que tu investisses dans un vrai appareil photo… et je choisirai lesquelles je veux…
Si éventuellement, vous vous reconnaissez dans ce cas de figure… vous êtes une buse ! Une bonne grosse buse… D’une part parce qu’être photographe, ce n’est pas prendre des photos et, quand bien même, ce n’est pas un « talent » mais du « travail » (comme tout talent, d’ailleurs, cessons avec ce mythe). Donc ton travail mérite de la reconnaissance, à défaut de rétribution pécuniaire… Parlons un peu d’esbroufe, de poudre aux yeux, voire de perlimpinpin, expression désuète remise au goût du jour. « Oui, c’est sur internet/un RS, donc c’est gratuit, donc on peut l’utiliser comme on veut » … Ah ben non, en fait… Et cette mentalité de la gratuité du travail bénévole, qui plus est à fins commerciales, se fait grandissante, malheureusement : si un ou une photographe ne fait pas payer le fruit de son travail, il ou elle n’en démérite pas moins pour ce résultat partagé, pour lequel il ou elle aura passé du temps à le perfectionner et le rendre a minima potable, voire viser le plus intéressant et expressif… Donc qui que tu sois et quoi que tu fasses, tu lui dois respect et estime, pas utilisation frauduleuse ou abus de faiblesse/naïveté. Et le nombre de cas va croissant, de photographes soit professionnels soit amateurs mais qui bossent dur, qui se font spolier leur travail par des magazines, payants, sans véritable scrupule, qui soit « oublient » de te mentionner comme auteur de ladite photo, soit rognent carrément ta signature. J’ai entendu dernièrement ces mots : « tu m’étonnes que des photographes mettent désormais leur filigrane de signature partout sur la photo » … Oui… ça la salit et la rend bien moins intéressante du point de vue photogénique mais on en est là… Et celui qui argue que « c’est un milieu concurrentiel », oui, j’en suis conscient, et c’est bien pour ça qu’il reste très peu de magazines Metal au format papier, pour ne pas dire une poignée, parce qu’ils sont payants (contrairement aux fanzines, webzines, podcasts, vlogs ou autres) mais ceci n’interdit ni n’empêche d’avoir une éthique et une honnêteté, à défaut d’être journalistique, et ne pas jouer sur le tableau « pot de terre contre pot de fer », ni en « on vous revaudra ça », du flan pas si éloigné en bouche du gâteau au caca – on y revient toujours.
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Après les « gros », parlons maintenant des « petits »… comme ça on ne pourra pas me taxer de grossophobie métallique. Ce n’est pas un terme péjoratif mais un classement hiérarchique simple et factuel : il y a les petits qui en ont conscience, et ceux qui voudraient être des grands et agissent en conséquence, avec des dents plus ou moins longues à défaut de bras (et donc de chocolat). Qui/quel groupe ne rêverait pas d’être à l’affiche d’un Hellfest, de suivre un mood « et partout dans la rue, j’veux qu’on parle de moi, que les filles soient nues, qu’elles se jettent sur moi », que son album soit en top liste des charts, du billboard, en voie de disque de platine, de visibilité, de starification, de… de… de… ? Fortune et gloire, en somme… Sonnante et trébuchante… Vous avez alors deux possibilités assez simples, dans un milieu forcément très concurrentiel : qu’on reconnaisse – enfin – votre talent ou que vous ayez fric et contacts. La troisième, c’est l’option sale : les plus ou moins pires crasses pour arriver au sommet, AKA « coups de pute ». Je passerai les deux premiers cas, tombant le plus sous le sens pour, comme Ariel, soulever la crasse sans la re-déposer : on avait dit en début de partie « du lourd, du sale ».
C’est donc par un mythe que je vais ouvrir ce point de suture, « é qué s’appelorio » date-retour. Allez… je vous vois déjà esquisser un sourire, ceux des membres de petits groupes qui ont organisé un concert dans leur rade local (payés en vues sur Facebook, hein, bien sûr), essayant de monter un plateau cohérent en invitant des groupes plus ou moins de même niveau (si c’est plus, c’est mieux pour la visibilité de la date et des noms sur l’affiche), distribuant flyers et bossant sur la com (affiche and co.) avec l’once d’espoir que tout ceci sera bénéfique à leur propre groupe, tant pour le concert organisé de leur petites mains que… le match retour chez ceux qui ont été conviés… Alors cassons directement ces mythes qui abusent : la grande famille ne s’entend bien que si elle trouve un intérêt bilatéral à le faire. La famosa date-retour n’aura lieu que si vous êtes dignes, donc en odeur de sainteté ou de notoriété, bref que vous apportez une plus-value… sinon, zobi ! J’ai également côtoyé au fil des années, et dans un cadre soit de co-organisateur soit de groupe qui invite, des « on vous rappellera » qui sonnent occupés quand tu le leur rappelles, justement… Ahhhh cette naïveté… de parfois même faire revenir lesdits groupes dans un espoir toujours plus vain que leur notoriété va aller croissant en une « date-retour » … Je me demande bien pourquoi on contractualise tout désormais, y compris le cachet/frais de défraiement… Je déconne, hein : je sais.
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Tiens, on évoquait ci-dessus des organisateurs… Parlons-en, mais pas en bien ; même si « y eeeeen a des bieeeens ». Je ne saurais vous remettre en (douloureuse, pour certains et certaines) mémoire le #rendslesrunes qui a servi de blason au Ragnar Rock Festival, qui s’est barré avec la caisse pour la rouvrir en Espagne… une belle ouverture non d’esprit mais d’anus, comme celui qui avale une noix de coco fait confiance au sien. Attardons-nous plutôt sur ceux qui, comme la Clio première génération, veulent « avoir tout d’une grande » avec des niveaux de filsdeputerie parfois indécents et savoureux par la même occasion. Bon, je ne fais pas trop l’étalage sur les « petites » dates sur des « petits » plateaux qui te demandent de jouer gratos (on a déjà soulevé la crasse de la « visibilité sur internet/page Facebook » plus haut, pas la peine de pérorer), mais d’autres qui, par diverses magouilles stratégiques MAIS légales, finissent par évincer le crew fondateur pour s’approprier la création. « On n’est pas bien, là, à la fraîche, décontractés du gland ? » Et on niquera quand on aura envie de niquer… Parce que, oui, le cynisme peut aller jusque-là, même pour ceux qui s’en battent les valseuses : une orga consciencieuse est un cadre légal, généralement asso de type loi 1901 (but non lucratif), avec un CA soumis au vote, etc. Et comme dans tout vote, on aide à faire voter les membres, qu’on intègre petit à petit… et bam, ça fait des Chocapic, au caca(o) ! Si ce n’était pas si pathétique, ça en deviendrait presque magnifique, poétique comme un coucher de soleil sur un mitard… Vous doutez, je le vois… Si, si, ça existe un tel niveau d’enculerie… Allez, on soutient les petits groupes et la scène locale, siouplé ?!
« Où t’es, papa, où t’es ? » Avec tonton en train de picoler pour oublier… donc dans le public, à siroter des bières plus ou moins quali selon l’endroit où prend place le concert auquel vous assistez, et donc la qualité va decrescendo inversement à la taille… J’ai un vague souvenir de pisse appelé « mousse », même pas « roteuse » tellement elle était coupée à la flotte, dans un très grand festival, le Sonisphere en l’occurrence… Heureusement que les blagues pipi-caca bien beauf servent d’opium du peuple metalleux pour oublier ou ne pas faire penser qu’on fait partie d’une masse non pensante parfois, parce que l’ambiance est bonne et que « le Metal, c’est pas sérieux ». Certes, mais ce n’est pas pour autant débilitant que d’être bon enfant. Tiens, parlons des enfants en amenant à la table, et la conversation, les frangins qui viennent pour la bonne bouffe et l’amusement : à défaut d’amusement, quelques pains et/ou coups de latte dans la gueule, c’est le rituel Metal, quand il n’y a pas un cul à montrer à Yann Barthès, qui rend le metalleux imbécile et diffuse son image de crétin utile pour égayer le diner de con médiatique et confirme cette représentation véhiculée, telle celle d’un Gérard de Suresnes qui fait marrer le tout-venant avec un sentiment de supériorité, réjouit par l’humiliation sous couvert de bienveillance et d’inclusivité. « Et dire qu’il suffirait qu’on n’en achète pas pour que ça ne se vende plus… » Le problème attenant à cette démocratisation, le fameux paradoxe metalleux déjà évoqué du « on veut être visibles et reconnus mais pas mainstream et commerciaux », c’est la diversification du public. Sur certains aspects, ça me satisfait : qui a déjà regardé son voisin de salle ou fest en se disant « merde, il me ressemble carrément, c’est cool » en transposant sa réflexion en « merde, il ne me ressemble pas du tout… mais c’est cool qu’il soit là, je pourrai moi aussi faire de même et découvrir sa culture » ? Sauf que, qui dit intégration d’une culture ou dans une culture, dit acculturation et connaissance des codes (merci Bourdieu). Et c’est là que le bât (du front) peut blesser, surtout s’il chausse du 45 fillette… Si le bon sens et le respect immanent à la scène Metal veut qu’on pratique moshpits, circle pits, walls of death et autres joyeusetés confrontant la chaleur humaine à l’œdème, il est de coutume d’éviter d’éclater la tronche de son prochain qui ne pourra plus tendre l’autre joue, voire de le ou la ramasser s’il ou elle choit en plein centre d’une harde rugissante… ce qui n’est pas acquis par tous (là, je n’userai que du masculin), qui se diraient avec la simplicité de l’irrespect : « hé, les concerts de Metal, c’est cool, on peut montrer son cul à la télé et, comme Jésus, multiplier les pains ! » Anecdote : j’ai vu un mec faire du pogo et un mosh sur… du Maiden ! Pauvre de lui, heureux les simples d’esprits car le royaume des cieux (aussi appelé « tu sors de la salle, pépère ») leur appartient…
Heureusement que la frangine qui s’emmerde est à la table pour faire étinceler de sérieux par sa présence : elle va donc critiquer tout ce qui passe et ne trouver rien à son goût. Et donc se faire soit ignorer soit détester cordialement, et ce dans le respect des majeurs levés à l’encontre de sa personne humaine. Elle, c’est le snob de la famille… Parce que son goût est sûr, qualitatif, unique, et que, le reste, « c’est de la merde », ce qui va l’amener à dénigrer plus ou moins ouvertement, avec un mépris plus ou moins prononcé, tout ce qui n’est pas digne de ses attentes, de sa culture, la seule… Ça vous rappelle quelque chose ? Des affiches dans lesquelles seuls un ou deux sous-genres très apparentés sont présents, au détriment total de nombreux autres mais « on est ouverts à toute possibilité », le même propos seriné chaque année, la même promesse unilatérale de diversification… Pourquoi de moins en moins de plateau avec du Heavy, du Power, au profit de toujours plus extrême au point d’en devenir aberrant et incompréhensible (autant dire imbitable et proche du foutage de gueule) ? Ah, oui : parce que « c’est de la merde » … La famille…. Ou le clan dans toute son expression sectaire, finalement ?
« Bonjour ma cousi-i-neuh… Bonjour mon cousin germain… On m’a dit que vous m’aimiez : est-ce bien la vérité ? » Faisons de ce couple (probable) une section à part entière, la crème fouetteuse de ce propos. Car ils méritent leur place…
La cousine, c’est celle qui va voir un agresseur à chaque pilier de la tente, qui va scruter la foule en se disant que tout mâle présent est un potentiel agresseur, qui va donc passer un moment tellement enrichissant qu’elle te donne envie de revenir en sachant que si tu entres malgré toi dans son périmètre de sécurité, tu deviendras un frotteur/harceleur et plus si affinités. Je vais tempérer mon propos par du factuel : oui, ça existe et oui, il faut lutter contre (et ensemble, en « famille ») ce fléau ; n’importe quel lieu de spectacle, indoor ou open air, massif ou à jauge restreinte, devrait être naturellement un safe space pour quiconque y assiste, quels que soient les sexe, genre, attirance sexuelle, couleur de peau, religion, forme physique et autre. Ce n’est malheureusement pas le cas et il est intéressant et intelligent d’en faire état, comme dans n’importe quel autre type de rassemblement d’occasion, genre ou situation différente. Mais de là à en faire une généralité anxiogène pour toute personne qui pourrait potentiellement se sentir stigmatisée pour telle ou telle revendication d’appartenance sur un regard interprété sous un biais inapproprié, c’est non seulement contre-productif et ouvre la porte à toute forme de censure qui défierait la notion même de liberté d’expression qui sert de frontispice à la chapelle Metal, parce que « on sait jamais ». Par ce paragraphe, et même si je soutiens Médiapart dans leurs articles de fond, celui sur les agressions dans le milieu Metal est biaisé et survole totalement la question pour faire de quelques cas (indéniables) une généralisation et jeter l’opprobre sur toute une population culturelle parce que quelques-uns, plus véhéments et criant au loup, veulent appliquer leur diktat.
J’ajoute donc le cousin germain à l’équation, le SJW (Social Justice Warrior) qui se sent plus victime que la vraie victime. Est-ce que sa cause est noble ? Oui. Est-ce que la méthode l’est ? Non. Est-ce que la damoiselle en détresse a besoin d’un chevalier servant ? Non. Est-ce que faire de la pédagogie et non de l’agression sera plus constructif ?… Assurément… J’ai été associé malgré moi récemment à ce genre de situation, et je vous explique : ce type de conglomérat radical utilise très (trop) souvent des appellations franglaises en suffixe « ing », dans un langage abscons limite technocratique pour les initiés, et je ne sais même plus quel terme était employé sur le mur d’une connaissance de la Scène. N’étant pas dans le cénacle, je demande en commentaire la signification (simple) de ce terme. Je reçois la réponse, passive agressive d’un autre commentateur avec force de texte juridique, ce à quoi je réponds que la signification m’intéresse, pas la leçon de morale (je suis assez grand pour ne pas être teubé au point d’ignorer que tout type d’agression sexuelle est à la fois immoral et répréhensible… et n’est même pas envisageable de ma part mais bon, l’interlocuteur peut aussi ignorer ce fait, admettons). Damned, l’erreur que je n’avais pas commise : s’en est suivi un flot de commentaires malsains à base d’accusations de complicité et autre sous-entendu dégueulasse pour avoir simplement posé la question… Autant vous dire que je ne suis plus en contact avec cette personne… Mais autant je peux comprendre la raison qui peut pousser ce genre d’individus à être offusqué par ces problèmes qui, selon mon optimisme légendaire, ne trouveront jamais de fin malgré toute la bonne volonté et les actions mises en branle pour y parvenir, autant je peux refuser de me trouver moi-même agressé et calomnié. Vous vous ferez votre avis, je n’ai ni la Parole ni la science infuse (CQFD avec cette anecdote) mais peut-être qu’un peu de réflexion généralisée serait bien plus profitable que la meute aux abois prête à fondre sur la première proie facile, non ?
Et si finalement, le petit frère n’était pas dans le coup, à faire ses conneries et s’échapper en douce ? Après tout, foutre le bordel, c’est son truc… Le détonateur, celui qui ne prendra pas de pincettes mais ira à la pelle, ne servira certes pas de joint d’étanchéité pour joint de climatiseur de morgue – les VRAIS ont la réf’ – mais laissera fuiter les odeurs de putréfaction par amusement face au chaos, tel un Ulysse face à Polyphème qui lui dirait qu’il n’est « Personne » et donc peut se permettre de disparaître sans être vu, indicible, après avoir décimé tout le troupeau de brebis.
« Si, maman, si… Maman si tu voyais ma vie : je pleure comme je ris mais mon avenir reste gris… » Autant vous dire qu’arrivé au bout de ce bukkake familial, il est grand temps de parler à maman de sa famille dysfonctionnelle, qui fait bonne figure mais est incapable de se dire ses quatre vérités en face, préférant supporter des poids d’âne mort dans un silence assourdissant plutôt que de s’en libérer en posant sur cette même table maintenant débarrassée de ses accessoires futiles et décoratifs d’ambiance les cadavres, les squelettes dans le placard, finalement la vraie discussion, celle qui se doit d’avoir lieu pour se retrouver peut-être de nouveau dans un esprit plus sain et moins vicié par les arrières pensées. Oui, ça ne fait pas plaisir, oui, ça peut faire pleurer comme rire, mais ça permet de remettre la pendule familiale à l’heure. Nul n’est parfait, nul n’est irréprochable, c’est un fait : même les béatifiés ne sont pas épargnés. Mais si on faisait un vrai bon gâteau ensemble, enfin, et pas un truc peu ragoûtant avec une odeur et un arrière-goût de merde parce qu’on n’a pas su s’entendre sur la recette la plus cohérente pour faire de ce dessert une réussite ? Allez : à taaaaaable !
Ce long post est sponsorisé et vous a été proposé par l’Association des Protecteurs de la Cène de Léonard de Vinci. Et comme je suis sympa – ne vous déplaise – et que je fais plein de références au Metal dans sa globalité sans mettre ni son ni image, en voici quelques-uns et unes pour vous, ceux qui avez tenu jusqu’au bout sans couper jusqu’ici, offusqués par tant de gêne face au miroir. Que reste-t-il de nos amours, ces amours mortes qui n’en finissent pas de mourir ? La musique, fort heureusement…
« Si vous connaissez cette photo, c’est que vous lisez encore la presse papier… » – WvG