Festival de la Mer XXe édition 26 et 27 Juillet 2024 Cale d’Argenton ( Landunvez – 29)
Texte et Photos de Mémé Migou
J’ai énormément de chance d’habiter sur une côte encore sauvage. Certes, cela a ses désagréments, notamment un crachin semi continu, une température semi constante entre 10° et 20°… Mais quand on fait abstraction de tout cela, ou tout simplement quand la température remonte et que le soleil daigne montrer le bout de son nez, bordel, ce que cette côte du Nord Finistère est belle ! Et à vrai dire, elle l’est encore plus quand les éléments se déchaînent.
Mais tout cela, c’est une autre histoire. Celle que je vais vous raconter va plutôt vous parler d’un petit port, d’un anniversaire, du « Lovabloc »… En d’autres termes, du FDLM 2024, le festival de la mer 20ème édition !
S’attarder sur le site n’est pas anodin. Une fois sur place, on ne peut passer à côté de ce spectacle permanent. Et tous les artistes présents sur le festival n’auront de cesse de le soulever… et même certains d’en jouer, comme la sortie de scène de Didier Wampas, le samedi.
Houlààààà, Mémé ! Pas trop vite ! Tu mets la charrue avant les bœufs ! Rembobine un peu et pars déjà du vendredi 26 juillet !
Vendredi 26 juillet
C’est après avoir embarqué un covoitureur bien sympa que la p’tite voiture bleue de Mémé se gare sur le parking prévu par les organisateurs à cet effet. Pas grand monde encore. Il faut dire que Mémé voulait y être assez tôt, pour récupérer l’accréditation (pour laquelle je remercie les organisateurs !) mais également pour errer sur les lieux, ressentir l’atmosphère, baguenauder devant les deux scènes. D’ailleurs, c’est un peu avant l’ouverture des portes que je pénètre sur le site.
Un peu d’histoire…
J’en profite pour discuter avec Momo Morvan, présent à la programmation depuis la toute première édition. Il me confirme qu’il n’y aura pas de feux d’artifice pour l’occasion des 20 ans. Bien qu’ils y aient pensé, cela revenait bien trop cher. En même temps, la programmation EST le feu d’artifice !
Il nous rappelle, devant un godet, que la première édition tenait plus d’une fête de la mer, avec son moules-frites et ses tours en bateau, et quelques concerts pour égayer le tout. Cette formule a bien changé depuis. Ce sont, désormais, deux jours pleins de concerts et uniquement de concerts… même si, niveau restauration on peut trouver des crêpes, un bar à huîtres, des saucisses-frites, des biscuits et autres petites pâtisseries… Quant à la boisson, la bière est bonne – on peut aussi en trouver de plus spécifiques dans le bateau-brasserie – le vin, les softs… Bref ! Tout pour que le festivalier passe un excellent moment.
Vous vous imaginez bien que Mémé n’allait pas passer à côté de la question évidente : vous imaginez une nouvelle évolution, au bout de 20 ans ? Momo confirme qu’ils n’ont aucune envie de déménager de site, ni de devenir plus grand. Éventuellement une troisième journée. Mais il y a déjà, actuellement, deux autres jours off, bordant le festival (par exemple à Portsall au bar O’Donneil).Pendant le festival, il y a aussi quelques concerts hors du site, notamment sur le camping municipal. Et d’ajouter qu’il faut prendre soin des bénévoles, ne pas trop en demander non plus. Il y a beaucoup de jeunes, des enfants des organisateurs, entre autres.
Il est 17h45 et commence à résonner le DJ set, avec Ben et Jean-Yves, le temps que les festivaliers entrent, découvrent le site et boivent un coup…
Et c’est parti…
Le premier groupe à passer sur la scène Tomahawk navigue entre classic rock et HxC (dont ils feront une dédicace aux « vieilles têtes »). Un groupe des 70es qui aurait avalé du punk, ça donne MEAT SHIRT, qui entame donc le cycle des concerts avec un set qui commence gentiment pour terminer sur des titres qui envoient du steak.
Des soli de guitares qui feraient pâlir d’envie les aiguilles à tricoter de Mémé, côtoient des passages plus lourds où la basse vient vous tirer par les oreilles en susurrant « heyyyy ! J’existe. ».
La foule est encore bien clairsemée, malgré que Momo nous ait annoncé un quasi sold out. L’ambiance est timide au départ, mais à la fin du show, on aperçoit déjà les premiers à bouger leur body sur le dancefloor improvisé. Le public est là pour faire la fête, ça se sent. Mais c’est bon enfant.
Sur la scène des Ferrailleurs
Le premier groupe à fouler la grande scène des Ferrailleurs, après avoir joué au Hellfest, sera THE DEAD KRAZUKIES.
Quelle énergie ! Ici aussi nous évoluerons dans un rock musclé aux saveurs du punk et du hardcore. Le look y est, avec les chaussettes qui montent jusqu’aux mollets et des refrains qui amènent le public à chanter.
D’ailleurs, ils mettent rapidement le public dans leur poche avec une chanson pirate et des « oh oh oooooOOooh » à reprendre en chœur, (« Black Pearl »). Le chant, emmené par Maider, se fait plutôt clair et crié.
Retour sur la Tomahawk
PRISONNIER DU TEMPS devait s’y produire. Ils étaient attendus par de nombreux festivaliers. Mais voilà, la SNCF en a décidé autrement. Embourbés dans une faille temporelle, ils ont dû déclarer forfait. C’est au pied levé que WAZA, groupe douarneniste programmé le lendemain, prendra le relais.
C’est d’ailleurs là que, pour la première fois, on entendra parler de la cérémonie d’ouverture des JO, avec un joyeux « on en a rien à battre », répondu par le public.
Veste à franges, moustache et bouclettes en folie… On sent bien le set version 70’s, qui fait les beaux jours de Douarnenez en ce moment, avec les Komodor. Ça fuzz à tout va. Et flotte sur la scène comme un parfum de star d’antan, façon Gainsbourg, une cibiche à la main. Et flotte sur la scène comme un parfum de rock star, façon Bébé Brunes…
Les compos sont bien foutues. On aura une valse des rôles, dans ce set, qui verra le batteur devenir bassiste, le chanteur se muer en chanteur-batteur et le guitariste survolté clôturer la der du set au chant.
Ils nous donnent rendez-vous le samedi, où ils entameront la seconde journée.
Migration vers les Ferrailleurs
Ils étaient on ne peut plus attendus, les gars de POESIE ZERO… qroupe qui porte terriblement bien son nom. Ne vous attendez pas à de joyeuses petites mélopées, quelques ritournelles pour vous adoucir l’humeur.
Que nenni ! On aura droit à toute le panoplie punkisante : 1 guitariste et 2 chanteurs qui passeront le set à s’invectiver (« C’est quoi cette MERDE ? », « Tu fais de la MERDE ») et autant pour le public (« c’est de la MERDE », qui en redemande… Vous l’aurez compris, on est cerné par la MERDE.
Ahhhh… je vous l’avais bien dit, point de poésie ici ! De la provoc à deux balles, mais de la provoc qui met le doigt sur les défaillance de notre société : « la police, c’est de la MERDE », « la situation politique, c’est de la MERDE »…
Et ça fonctionne de ouf ! Le public est chaud comme la braise. Les premiers slams arrivent… Et tout le long du set, nous aurons de grands renforts d’artefacts : masques énormes, bonhomme gonflable, sirène, canons à confettis.
Scène Tomahawk en vue
La luminosité commence sérieusement à tomber. On n’est pas encore sur le coucher du soleil dans le port, mais le lightshow commence à colorer les scènes et les sets. Ici, ce seront les premiers « à poiiiiiiil » qui vont résonner…
JOHNNY MAFIA nous offre un rock aux contours Brit Pop (Je sais, leurs influences sont plutôt du côté US des 90’s…, ne criez pas haro sur Mémé !), mais sacrément plus rock et musclé ! Un peu comme une fusion entre Oasis, Gorillaz et les Pixies, avec des riffs et autres jeux de guitares bien intéressants, comme sur le titre « My Name is Sam », qui avait pourtant mal commencé (« Ça fait longtemps qu’on ‘a pas fait de concerts », « C’est les vacances… »).
Et bien entendu, on s’est régalé, dans le pit photos, de la présence scénique du bassiste au t-shirt Lidl et aux mimiques dignes d’un Daron Malakian dans « Chop Suey ».
S’il fait chaud sur scène, Mémé commence à sentir l’humidité s’installer. Une petite laine serait la bienvenue. Bref, je caille !
Y a du merch, mais pas que !
Mémé fera l’impasse sur une intro qu’elle avait commencé à écrire. Elle aura l’occasion de discuter avec l’un des bénévoles, en charge notamment de la section VSS du festival.
Certaines polémiques permettent aussi de faire avancer les choses. En l’occurrence, ils ont participé à une formation autour de la prévention des risques. « Le FDLM sera toujours sensible et vigilant aux différentes causes. On ne peut pas toujours tout maîtriser, mais on peut tenter de grandir, ensemble… » J’applaudis la franchise et la démarche !
Rage sur les Ferrailleurs
Le public est massé devant la grande scène. Et pour cause, dans une débauche de lights rouges, TAGADA JONES viendra ravir les oreilles des uns et des autres, venus pour l’occasion. C’est bien là, l’une des têtes d’affiche de ce festival de la mer.
On est ici dans la lignée d’un Lofofora, d’un Mass Hysteria, d’un Trust, entre punk et rock bien vénère, voire Metal indus sur certains titres. Tagada Jones, du punk rock alternatif. Les textes sont éminemment politiques et touchent aux sujets d’actualité.
Les slameuses s’en donnent à cœur joie, bien plus que les hommes. Au premier rang, ça scande, ça chante les paroles. Y a pas, ils étaient attendus de pieds fermes ! Les lumières viennent renfoncer l’énergie d’un set qui n’en manque pas le moins du monde.
Même s’il fait désormais nuit et que le port à marée haute ne se voit plus tant que ça, Nico souligne la beauté du cadre.
Tard sur la Tomahawk
Je vais vous avouer que à ce moment précis, Mémé avait comme une envie de faire une petite pause. Il est tard, il reste encore deux groupes, dont Novelists sur la grande scène. Ici, ce sera It It Anita. Inconnu au bataillon des oreilles de Mémé qui se pousse à suivre le set.
Comme elle a bien fait ! Mazette ! LA découverte du jour… et certainement le coup de cœur du festival. Et vous savez quoi ?! Ils sont belges… Il ‘en fallait pas plus pour que notre Mémé ait son petit cœur qui se mette à fondre.
Donc, IT IT ANITA débarque… Déjà dans la disposition scénique (2 micros qui se font face et la batterie au milieu, légèrement en arrière), on sent qu’on aura droit à un show intéressant. Et pour cause, beaucoup vont se sentir décontenancés de ne pas voir la trombine des deux chanteur. Pourtant, à chaque passage instrumental, ils se tournent enfin vers le public pour communier avec lui. Mais ce qui va titiller l’oreille de Mémé, ce sont ces compositions touffues, agrémentées de dissonances parfois proches de la Noise. Ben oui, Mémé… It It Anita, c’est un groupe de Noise rock de Liège.. Fallait peut-être te renseigner un peu avant !
Ben non… comme ça, j’ai eu la surprise du chef, le sursaut du cœur ! Je vais de ce pas m’empresser d’acheter leur dernier album au merch, « Mouche », du nom de leur chien, dont ils ont joué la moitié des titres. Au passage, j’apprends ainsi qu’ils reviennent avec un nouveau line-up. De quatuor, les voilà trio.
Pas facile de les shooter, par contre, tant la fumée est dense et les lumières en arrière plan offrent de jolies ombres chinoises. Dans le public, c’est le premier groupe où, sur cette scène Tomahawk, j’entends des applaudissements aussi nourris. Le lendemain, j’en entends encore parlé, de It It Anita ! Comme quoi, je n’étais pas seule à avoir eu un coup de cœur.
Et le final sera pour…
NOVELISTS clôturera cette première journée des 20 ans du festival de la mer.
Le metalcore parisien, mais avec quelques accents marseillais, débarque à force de riffs efficaces, de mélodies qui vous restent bien en tête et d’un visuel étonnant.
Sur scène, deux structures sont montées sur toute la largeur. L’une complètement à l’avant et la seconde au fin fond. Les uns et les autres arpenteront ces sur-scènes en long et en large.
On sent le groupe qui a de la bouteille malgré les bouilles bien jeunettes. Ils savent faire participer le public, ils ont cette générosité sur scène.
Novelists a le vent en poupe. Et c’est peu dire. Le chant se fait growl, sans renier les parties en voix claires sur les refrains, toujours très mélodiques et groovy, à la manière d’une Tatiana Shmaylyuk qui s’offrirait un p’tit tour dans le monde joyeux du metalcore. Ce n’est pas ma tasse de thé, mais il faut avouer qu’ils font bien le taf. Le show plaît et ce, malgré l’heure tardive.
Fin de ce vendredi
Eh oui, il est temps de rentrer dans ses pénates. Mémé retrouve sa petite voiture bleue et c’est parti pour le chemin du retour. Dans sa tête, elle a encore It It Anita qui résonne.
Cette première journée, bénie par le soleil, aura offert à la vingtième édition du festival de la mer, un très beau coup d’envoi ! Bravo à toute l’équipe, organisateurs comme bénévoles !
Brasserie Couille de Loup QUERRIEN (29) 09/07/2024
Texte : LB D Photos : Mémé Migou Crédits Vidéos : Bruno Guézennec
En ce mardi 09 juillet, nous prenons la direction de Querrien, en Bretagne,pour assister à l’une des plus belles affiches de Black Metal de l’année dans notre région. L’irréductible Bruno G et Greg L. M. m’accompagnent dans cette aventure, et c’est après 2 heures de route que nous arrivons au lieu-dit Boudiguen, où se trouve la brasserie “Couille de Loup” de notre ami Vincent G, endroit culte pour les aficionados de Metal Noir, notamment pour avoir hébergé pendant plusieurs années le mythique festival Les Feux de Beltane.
Nous rejoignons notre Mémé Migou nationale, déjà en poste, prête à dégainer son appareil photo et toujours à l’affût des moindres faits et gestes qui pourraient être assujettis à de superbes photos. Après quelques poignées de main et quelques bises avec les copains, mais aussi s’être délecté d’une petite collation houblonnée (la fameuse Couille de loup pour ne pas la nommer), nous pénétrons dans cette grange aménagée en salle de concert, décorée magnifiquement dans un style viking ou celte selon votre intuition.
C’est PAYDRETZ qui est invité à ouvrir le bal, ce soir, devant un parterre d’environ 150 personnes. Le Pays De Retz, c’est une région Vendéenne qui, dans l’histoire, a été considérée comme un foyer de l’insurrection des paysans peu après que la monarchie soit tombée en France.
Le groupe s’articule autour de deux membres, Geoffroy Dell’Aria, concepteur, chanteur et musicien du projet et Sven Vinat, guitariste et compositeur (Belenos, Himinbjorg, Mohrkvlth, Tan Khoz…). Les autres musiciens ne sont pas des inconnus dans notre Finistère, Nico Beleg (Pictured, Bliss Of Flesh, Arcania…) à la guitare, son frère Seb (Pictured, Gunsmoke Brothers Band) à la batterie et enfin Todd (Gengis, Gunsmoke Brothers Band) à la basse.
C’est “La Chasse au loup”, l’interlude de leur album, qui est choisi en guise d’intro. Le concept est basé sur les histoires de la contre-révolution menée par les Chouans dans l’Ouest de la France. Et c’est tout logiquement que ce soir, les musiciens montent sur scène en costume d’époque, chapeau rabalet vissé sur la tête pour le chanteur, chemise blanche et blason croix des Chouans sur le cœur pour tout le monde.
Le groupe est en place et interprète magnifiquement les titres du premier album, aidé par une bande-son qui nous fera plonger facilement dans cette guerre de Vendée. Les parties folks de leur Black Metal sont assurées par le whistle (une sorte de flûte) que le chanteur sortira de temps en temps au gré des titres. On notera l’interprétation de “Paydretz”, un titre inédit.
Les moments forts du show seront la montée sur scène de deux guests prestigieux, tout d’abord Yvermor, le boss d’Antiq Label alias Michel de Malvoisin dans le concept, viendra pousser la chansonnette sur le titre “Sous la Bannière Blanche”. Enfin plutôt growler, dirais-je, le duo est très complémentaire et on sent bien la complicité entre les deux chanteurs. Cela fonctionne à merveille. Le deuxième n’est autre que Quentin Foureau, qui viendra apporter sa petite pierre à l’édifice avec une courte mais précieuse narration offrant un côté grandiloquent au titre ”Colonnes infernales”.
Autre moment fort, le titre “Les Bleus Sont Là”. Ce chant traditionnel nous offrira un petit moment émouvant et mélancolique, avant d’enchaîner sur le dernier titre de la soirée avec le très Pagan Black “Par Les Chemins Creux”. Le groupe nous quittera sous l’outro de l’album “Le Pardon n’est pas l’oubli”, non sans avoir passé de longues minutes à saluer son public.
Alors le verdict pour moi est sans appel, j’ai passé un très très bon moment, mais j’ai aussi le sentiment que ce groupe a les capacités pour nous offrir encore plus, tellement la marche de progression est grande, mais ça, seul l’avenir nous le dira.
On profitera du changement de plateau pour aller se restaurer. Une petite file d’attente se pointe devant nous pour commander un hamburger/frites. Mince ! J’espère que ça ne va pas être trop long. En plus, il crachouille un peu (pour les non initiés, terme pour indiquer ce fameux crachin breton), et je sens mon ami Bruno qui commence à trépigner d’impatience en me lançant, brut de décoffrage, “je ne vais pas louper un concert pour un hamburger quand même”. Quand je vous dis que c’est un irréductible… Heureusement qu’on peut profiter des contes de QUENTIN FOUREAU pas très loin de nous, ce qui permettra de minimiser notre impatience. C’est toujours un plaisir d’écouter ses histoires, exercice qu’il maîtrise parfaitement et dont lui seul a le secret. Il réitérera entre chaque groupe.
On avale ce hamburger en deux temps, trois mouvements (sans les frites finalement, car bien trop long) que l’intro a déjà commencé. Du coup, on loupe un peu l’entrée des artistes.
Ce sont les Parisiens de HOULE qui sont sur scène. Alors eux, on les voit partout en ce moment, beaucoup de concerts et de festivals à leur actif, cette année, surtout dans l’ouest de la France. Encore dernièrement au Hellfest, dont leur prestation n’est pas passée inaperçue, à ce que j’en crois les personnes présentes. Pour ma part, ce sera la troisième fois que je les vois en l’espace de 15 mois, tout en remarquant une fulgurante progression entre les deux premiers concerts. Ce soir ils viennent à Querrien pour défendre leur premier album Ciel Cendre et Misère Noire, sorti récemment. Cinq des sept titres seront joués, seul “Le Continent” sera issu du premier EP.
Tout le long du set, une bande-son nous fera plonger dans leur univers marin. Mais on n’y peut rien, tous les regards sont tournés sur la chanteuse Adsagsona, dont la prestation a été encore une fois éblouissante, ne cessant d’arpenter la scène de droite à gauche, venant au-devant de son public pour l’haranguer, se permettant même de descendre dans la fosse avec sa lanterne, histoire de voir si on était toujours là et déclenchant au passage le premier pogo de la soirée. Elle n’hésitera pas non plus à nous menacer de son harpon en toute fin de concert.
Mais c’est vocalement que la chanteuse impressionne le plus, très à l’aise dans le registre black, qu’elle alterne parfaitement avec un chant style “écorché vif” ou le chant clair, parfois des cris stridents surgissent de nulle part. Sur le très bon titre “Sel, sang et gerçures”, elle sera soutenue par des chœurs venant des autres musiciens.
Le groupe nous offrira une très belle prestation dans l’ensemble, notamment sur le dernier et meilleur titre de la soirée “Sous les embruns”. Long de 12 minutes, il est amené à l’avenir à être un incontournable de la setlist de Houle, avec son passage calme et presque planant du début, cette montée en puissance, et ce déluge de riffs plus Heavy Metal que Black. Il se termine par une merveilleuse partie narrative, très lancinante et très émouvante. C’est un vrai régal pour nos ouïes. Puis, le groupe nous quittera, après être restés immobiles et en rang serré pendant les longues minutes que durent l’outro.
On change de continent et d’époque, on change de monde devrais-je dire plutôt, on revient dans les années 2000 avec OSSUAIRE. Alors, même si ce groupe n’a pas connu la période dorée de Metal Noir Québécois, ils s’efforcent d’en capter l’essence même de ce Black Metal si atypique, en y associant la puissance, la froideur et la mélodie, le tout dans un esprit dépouillé et old school. Le Metal Noir Québécois dans toute sa splendeur, quoi.
Et on sait à quoi s’attendre dès le premier titre “Premier chant”, tiré de leur album éponyme. C’est sans concession, sans fioritures, pas besoin de bande-son (ou très peu), un light show minimaliste mais efficace. L’ambiance est posée, la température a subitement chuté de 10 degrés, les riffs sont féroces, glaçants et barbares à la fois mais non sans être dépourvus de mélodies. Elles sont même entêtantes sur le titre “La flamme noire de Ge’Henom”.
Le chanteur est pour la plupart du temps scotché à son pied de micro, sa voix (entretenue au whisky) est puissante et rocailleuse à souhait. Pas de discours, à peine aura-t-il présenté le groupe et ce ne sont pas les quelques timides encouragements qui me feront changer d’avis, mais sa prestation aussi simpliste qu’elle soit, a grandement participé à l’ambiance générale.
On notera quand même la présence d’un nouveau titre, “Hostis Antiquus”, joué en seconde position. En dehors, la setlist s’articule autour des deux albums Premiers chants et Derniers chants avec 4 titres, puis un titre pour chaque Ep, “Satan triomphe sur les idoles de Rome” pour La Diatribe Infernale et “Triumvirat” pour l’Ep du même nom.
Alors pour résumer ce concert d’OSSUAIRE, eh ben ça été la fessée c*l nu. Pourtant je connaissais le groupe sur album, mais je crois que je n’étais pas prêt pour cette grosse claque en live.
Et enfin le voilà le moment tant attendu. 4 ans d’attente pour voir Délétère sur scène ! Je devais les voir à Nantes en 2020 au Black Speech Festival mais cette fichue pandémie en avait décidé autrement. Délétère, c’est l’un de mes groupes Québécois préférés (avec Monarque et Forteresse bien sûr). Et j’avoue que j’ai eu un peu peur pour eux après cette déferlante Ossuaire. Allaient-ils relever le défi ? Eh ben, c’est un grand OUI.
Sûrement motivé par les excellentes prestations des groupes précédents, Délétère monte sur scène pour en découdre. Et on sent tout de suite qu’ils ne sont pas là pour enfiler des perles, ils démarrent pied au plancher avec les deux premiers titres du dernier album “Songe pour une souillée”, à savoir “Chasse Obscène” et “Sacre de la Perversion”. À la différence d’un Ossuaire, le Black Metal pratiqué est plus touffu et plus dense, très certainement dû à l’apport d’une deuxième guitare. Le point commun aux deux groupes, c’est toujours ce sens de la mélodie qui vous martèle la tête et qui est devenu, au fil des années, la marque de fabrique de la scène Québécoise.
Thorleif, l’imposant chanteur aux longs bracelets cloutés, vocifère dans son micro comme si sa vie en dépendait et restera imperturbable lorsqu’une intruse fortement avinée montera sur scène, presque plus dérangeant pour le public que pour le groupe qui continuera à jouer comme si de rien n’était. Heureusement pour nous, une âme charitable (Greg P. pour ne pas le citer) montera sur scène et la raccompagnera gentiment dans la fosse.
Ce soir, le groupe aura pioché essentiellement dans son dernier album, avec 5 titres, mais n’hésitera pas à aller chercher des pistes moins connues comme “Terveneficus”, sortie sur la démo Sacrificium Necrothytum ou “Seule Affamée”, issue du split avec Sarkrista.
Personnellement, j’aurais aimé un ou deux titres du premier album Les Heures de la Peste, mais bon, peu importe, ce soir Délétère aura joué en taille patron et aura prouvé que c’était bien l’un des meilleurs groupe de Metal Noir Québécois.
La soirée s’achèvera avec une belle photo de famille de tous les protagonistes de l’événement, histoire de sceller une belle amitié entre la Bretagne et le Québec.
C’est ce genre de soirée qu’on aimerait voir bien plus souvent. Personnellement, moi j’en raffole et j’aimerais même qu’elle s’éternise jusqu’au petit matin. Mais dans un moment de lucidité, tabarnak ! faut bien penser à rentrer, demain le travail m’attend de bonne heure …
Guests : Michel De Malvoisin – Chant / Quentin Fourreau – Conte
Setlist : 01 - La Chasse au loup (intro) ; 02 - Le Tocsin Nous Appelle ; 03 - Le Serment Des chefs; 04 - Paydretz ; 05 - Sous La Bannière Blanche ; 06 - Colonnes Infernales ; 07 - Les Bleus Sont Là ; 08 - Par Les Chemins Creux ; 09 - Le Pardon N’est Pas L’oubli (outro)
Setlist : 01 - La Danse Du Rocher ; 02 - Mère Nocturne ; 03 - Sur les Braises Du Foyer ; 04 - Le Continent ; 05 - Sel, Sang et Gerçures ; 06 - Né Des Embruns
Setlist : 01 - Premier Chant ; 02 - Hostis Antiquus ; 03 - Triumvirat ; 04 - La Flamme Noire De Ge’henom ; 05 - Satan Triomphe Sur Les Idoles De Rome ; 06 - Saint Céphalophores
Genre : Dark Metal Lyrique Label : Indépendant Sortie : 25 Mai 2024
Note : 87/100 (Mémé Migou)
N’avez-vous jamais ressenti comme une forme fantasmagorique de Madame Irma dans votre tête, vous mettant en garde, « non, ce n’est pas encore le bon moment » ?
J’ai, à plusieurs reprises, vu passer un artwork qui n’était pas sans attirer mon attention. De ce rouge extrême avec ces lignes torves comme dans nos pires cauchemars, une image de feu, de guerre, de violence, de vengeance, de destruction, signée de la main de Matthias Macchabée (Macchabée Artworks). J’ai, à plusieurs reprises, vu passer dans mon fil d’actualités l’avatar d’un certain Aarunda, me demandant ce qu’il proposait. Bon, on ne va pas se le cacher, on se dit d’emblée que « tiens… ça doit être du black metal ». Alors, à plusieurs reprises, j’ai eu cette envie de cliquer sur le lien pour en savoir un peu plus. C’est là où Mme Irma a fait résonner son sentencieux « Non, ce n’est pas encore le bon moment ». Ah bon ? Et pourquoi ?
Et pourquoi l’ai-je écoutée, d’ailleurs ! Mais j’ai laissé de côté cette sortie de mai dernier. J’étais encore sur mon petit nuage DALPien et VESPERINiEn, qui m’a portée (OK, avec le taf et les live reports entre deux aussi) vers le Hellfest. Oui, je sais, la grande messe, patati patata… Sauf qu’à cette grande messe, justement, je suis tombée sous le charme de Батюшка , celui de Krzysztof Drabikowski… Au point de m’en faire une cure des semaines durant. Dites-moi, comment sortir d’un album qu’on écoute en boucle des jours, et des jours, et des jours ?
C’est à ce moment précis que la lanterne rouge s’est allumée, clignotant comme un phare dans la nuit embrumée : « vas-y, c’est maintenant ! ». J’ai franchi le Rubicon. Et combien « Doska Og Vintey » est arrivé au bon moment ! Il est des instants précieux où tout semble s’aligner pour apprécier à sa juste mesure une œuvre.
Première écoute sans même jeter un œil sur le presskit qui accompagne le fichier. Et j’avoue que j’ai quelque peu frémi d’appréhension. L’intro, « Kotthrya », commence de façon calme, sereine, instrumentale, aux limites du folk et du pagan. Des accords mélodieux de guitares classiques et électriques, quelques bruits d’une nature qui s’écoule paisible, gazouillant par-ci, jouant par-là. Si tout est de cet acabit, ça risque bien de me chafouiner un peu. Je m’étais mis en tête que j’allais écouter un album de Black Metal, peut-être atmosphérique… Je n’avais qu’à me renseigner. D’un autre côté, je revendique ce droit d’une première écoute à l’aveugle. Le pitch que je me suis fait n’allait pas forcément dans ce sens. « Mme Irma, t’es certaine de toi, là ? »
Bien sûr, qu’elle l’était ! Il suffisait d’atteindre la seconde piste pour que l’horizon s’éclaircisse. Enfin… ma copie sera à revoir plus tard à ce sujet… « Mennokh » arrive et j’ai comme des réminiscences Batuschkiennes. Ces chœurs, cette forme de litanie qui touche de loin au chant grégorien… Voilà, Madame Irma ! Voilà ! C’est ça dont j’avais besoin ! Et résonne ce « Mennokh » qui enfle et désenfle, qui tourne à vous en faire perdre la tête. Les premiers chants sont beaux, fervents… Jusqu’à ce qu’arrive une autre voix, par-dessus toute cette ferveur. Une voix de harangue et de haine, une voix de hyène enrhumée, de prêtre avec dans la gorge la voix des plus sombres divinités que l’enfer peut porter en son sein. Là aussi, on peut faire le parallèle avec le groupe polonais. Tiens… et tant qu’à faire, on va enfoncer le clou une bonne fois pour toutes, afin de pouvoir s’en extraire un peu ensuite. Parce que, Doska a sa propre identité. Donc, un petit tour sur Wikipédia et je peux voir que le mot Doska, en russe, désigne les planches de bois sur lesquelles sont peintes les icônes. Voilà, parenthèse fermée. Je vous laisse faire le lien… ou pas.
Il me faut faire une petite pause à ce stade – Mince, déjà une page et j’ai encore pleiiiiiiin de choses à raconter – et faire un petit tour par les propos du presskit. Car oui, pour avoir écouté pas mal de groupes chantant en français ces derniers temps, je vois bien que ce n’est absolument pas le cas ici. D’ailleurs, c’est quoi, comme langue ? Doka Og Vintey… ça pourrait être du suédois ? Norvégien, Polonais peut-être ? Au petit jeu des devinettes, je suis assez mauvaise… Et je pense que mon Irma interne m’a incitée à aller creuser le sujet. Bingo !
Ce que le sieur Aarunda nous propose, c’est tout un concept basé essentiellement sur les émotions. Il y a une histoire qui s’impose, des images, un arc narratif qui se dessine. Et à chaque étape, la musique est là pour soutenir le propos, traduire dans un canal sensitif qui nous est cher cette épopée de fantasy. Cela en devient une fresque auditive. Et les mots… ah ! les mots…. Ils sont inventés. Aarunda a créé la langue Mennokh (« une langue inventée selon un procédé utilisant la pleine conscience, c.-à-d. l’expression spontanée d’émotions à travers des mots inventés », dixit le principal intéressé). Là, j’avoue que je suis scotchée. Je me demande si cette langue inventée est mouvante, au gré des émotions, façon Jonathan Davis ( Korn), ou si elle a ses propres codes, comme Tolkien a pu le faire dans son « Seigneur des Anneaux ». Quoi qu’il en soit, le fait de savoir que ce n’est pas une langue connue, que je ne pourrai pas m’appuyer sur les lyrics, ça me frustre un peu.
Mais il y a tout un livret, accompagné du triptyque de Macchabée Artworks, décrivant la vallée de Kotthrya : dans des tons verts-bleus emplis de paix, d’espoir, d’insouciance et de luxuriance pour commencer. Vient ensuite l’artwork de l’album, tirant sur les rouge-orangés. Un mélange de feu, de fureur et de mauvaises heures à subir les affres venus du ciel. Tiens, ce n’est pas sans rappeler les pluies de feu sur Sodome et Gomorrhe… Et pour finir, une touche cendrée sur la vallée dévastée. La mine grise, le désespoir, la calamité. Et ce triptyque décrit les 3 parties de l’arc narratif de l’histoire que nous narre Doska. Un coup d’œil sur les 9 titres (tiens… 3 parties x 3 titres… symbolique à donf) :
« Kotthrya », on y place le décor. La vallée de Kotthrya est verdoyante. Le peuple qui y vit est heureux, simplement heureux. Il jouit de la nature. Pas besoin de paroles, les émotions sont leur langage. Là, Aarunda va se servir d’un gimmick très « Prokofiev »… il n’ira pas jusqu’à donner à chaque instrument un rôle, mais il nous dira dans le presskit que le peuple de la vallée de Kotthrya sera forcément un instrumental. Voilà, si on retourne écouter cette première piste, on comprend d’emblée le concept… Et ce qui m’avait chafouiné en début de chronique prend une nouvelle dimension. Bien, j’aime cette idée d’être ouvert aux émotions, de parler avec ses sens, finalement. Les amoureux ne parlent-ils pas par le regard, ou une simple pression de la main dans celle de l’autre ? Oui mais… ma déformation professionnelle vient me titiller : on sait que quand on n’a pas les mots pour dire ce qu’on ressent, on finit par l’exprimer par la colère et la violence. C’est tout l’inverse du postulat de l’histoire. Mais voyons, Mémé, laisse-toi guider un peu. Débranche et laisse parler tes émotions. Car si Doska/Aarunda souhaite faire monter des images dans l’esprit des auditeurs, ce n’est pas forcément celles qu’il a imaginées au départ. À chacun son histoire, finalement.
« Mennokh » – les adeptes. Voilà donc le pourquoi du comment de ces chants liturgiques. Et au milieu des adeptes, représentés par des chœurs et des litanies, il y a le grand prêtre, à la voix typée black metal. Mennokh ont une vie faite de grimoires, à la recherche de pouvoir. Vous imaginez donc bien la suite… Ce peuple, harangué par un grand prêtre à la domination galopante, va lui prêter voix forte pour solliciter leur divinité malfaisante, l’incarnation du pouvoir absolu, « Detth’rya ».
Voilà, le premier triptyque est clos. On est passé, musicalement, d’un premier titre calme, folk, à un black metal qui s’intensifie petit à petit. On sent la colère monter, le Black metal se fait vénère, plus incisif. Il enfle comme l’aspiration au pouvoir de nos dirigeants (oups, c’est un autre débat).
Seconde partie : « Doska Ogvintey » ou la Destruction, « Sverk » ou la gloire et « Zornna », la tourmente. Nous sommes au cœur de l’action. Après l’exposition, les « péripéties » qui vont petit à petit nous mener vers le climax. Si la quatrième piste commence sur l’instrumental de départ, on sent bien que l’atmosphère se sature d’inquiétude. C’est plus lourd. Plus lent, bien que vers 1:30, le tempo s’enflamme. On accélère pour éclater sur une guitare saturée. La destruction est là et bien là. S’ensuit donc la gloire, qui te met le nez dans la merde de tout ce que tu as perdu. C’est evil à souhait. Et on clôture sur la sixième piste qui est on ne peut plus bastonante. Ah, ça ! Y a pas à dire, on est loin du Black bucolique de départ. C’est méchant, tranchant comme un vieux couteau rouillé sur une peau de bébé.
Vous comprenez, désormais, pourquoi Aarunda ne veut pas catégoriser Doska avec la simple étiquette de Black Metal, fût-il pagan, atmosphérique, folk ou autre. C’est Dark, c’est lyrique, c’est aussi bien pesant aux frontières du doom, que evil et acéré comme la première vague BM. Les images forgent la musique. Elle est au service de celle-ci. Et les influences multiples de Aarunda viennent apporter cette touche de syncrétisme. Il y a du Déhà chez Doska, et même du Tattva…
Dernière partie : On atteint le climax, comment cela va-t-il se terminer ? « Laddel » – l’affliction, qui sera un instrumental. Vous comprenez donc qu’il s’agit ici du peuple Kotthryen. La résolution du problème trouvera sa réponse ici, dans la pénultième piste, « Hammodh » – l’ambition – qui nous parle de celle du grand prêtre qui en veut toujours plus, jusqu’à se retourner contre ses propres disciples. Mais le pouvoir absolu, incarné par Detth’rya, finira par étendre son manteau de destruction sur lui, sur eux, sur tous. Ce qui amènera l’instrumental final, « Dahrra », qui nous parlera d’espoir, celui des Kotthryens survivants. L’histoire est close, tout en laissant une porte ouverte à une suite possible.
Il était important de prendre un peu de temps pour décrypter l’histoire et le monde que nous propose Doska. Car maintenant, vous allez pouvoir la remonter et y voir vos propres symboliques, en faire votre propre lecture. En ce qui me concerne, la relation aux diverses situations que nous pouvons vivre dans nos sociétés, résonne en écho. Et cela peut aller sur plusieurs pistes, de la soif de pouvoir de nos dirigeants, en passant par le conflit ukrainien. Mais bien entendu, ce qui vient surtout en premier lieu, ce sont tous ces fanatiques (qu’ils soient religieux ou autres) qui veulent nous imposer une pensée unique, une façon de vivre ou de voir le monde tel qu’ils le désirent. Nous sommes ces Kotthryens… Et même si le monde n’est pas aussi manichéen, laissez donc la musique de Doska vous imprégner. Non pour vous dicter ce que vous devez ressentir, mais parce que « Doska Og Vintey » battra à l’unisson de vos propres émotions.
Une œuvre, au son et mastering soigné, qui se distille dans nos sens comme un bon vin qui mâture et développe ses arômes à chaque gorgée. “Tchin !”, me susurre mon Irma intérieure…
Genre : Death Metal… mais pas que ! Label : Indépendant – Muzikö-Eye Sortie : 15/10/23 – 15/03/24 (pour le format CD)
Note : 70/100 (Mémé Migou)
“E Samaïn Fest e oan bet
E Samaïn Fest e oan bet
Ur Strollad yaouank am eus kavet !
Na na na na ne ho
na na na na ne ho
Na na na ho…”
(sur l’air de “Pardon Spezet”)
N’eo ket bemp deizh e c’helan skrivañ ur chronique/pennad-skrid e brezhoneg war un strollad sonnerezh brezhoneg a gann e brezhoneg !
Non, ce n’est vraiment pas tous les jours qu’on peut écrire en breton sur un groupe breton qui chante en breton ! Il y a comme un bout de fierté, de défense de la culture Bzh. Et bien entendu, quand on sait que le duo Tanork, 17 ans – mazette ! – à l’époque de la création du groupe en 2020, a pris ses racines dans l’enseignement Diwan (full breton pour ceux qui ne connaissent pas), on n’en est pas très étonné. Et ce n’est pas la maman d’une élève en bilingue Div Yezh que je suis, qui dira le contraire. Quand on est dans cette démarche, c’est sans conteste l’envie de défendre non seulement une langue qui était sur le point d’être perdue (merci les autorités qui avaient interdit l’usage du breton…. tiens, ça me fait un peu penser au français chez les flamands…) mais aussi une véritable culture forte.
Vous comprendrez donc que le fait de chanter plusieurs titres en langue bretonne n’est pas juste histoire de trouver le petit truc qui va les mettre en avant, les différencier. N’eo ket ! C’est une vraie philosophie. Bon, peut-être que je m’avance un tantinet…
Être breton.ne, c’est pas rien. Fierté d’un peuple qui va jusqu’à démultiplier son drapeau sur tous les événements de par le monde entier. C’est vrai, quoi… que serait un fest, un match, un concert, une fête sans un Gwenn ha Du traînant dans le coin de votre vision périphérique ?!
Bon, après ce préambule qui me semblait des plus importants pour mettre les points sur les I et démarrer tous ensemble (tous ensemble ouais ! ouais !) du bon pied, entrons dans le vif du sujet. Tanork, composé de Melaine Gautier à la basse, aux backing vocals et à la programmation et Eflam Castrec à la guitare et au chant, est arrivé en 2021 avec un EP entièrement instrumental, “Enhanced Surveillance”. De cet EP, on va retrouver pas moins de trois titres sur l’album “Destined to die…”, deux ans plus tard. Mais ces morceaux seront pimpés.
Pour commencer, l’arrivée du chant ! Et donc de paroles… Sur les huit titres que compte l’album, la moitié sera écrite et chantée en Breton. Bien souvent, le chant sera growlé, grave. Il n’y a que sur le troisième titre, un peu avant le milieu, que la voix va monter vers une voix plus saturée.
Ensuite, la production est beaucoup plus claire sur l’album que sur l’EP. Quelques secondes d’écoute d’un album à l’autre sont suffisantes pour entendre la différence. Mais la plus importante réside dans un côté thrash bien plus assumé. Les riffs sont pourtant les mêmes, mais le fait d’avoir accéléré le tempo, ôté le côté lourd de l’EP, apporte un réelle touche thrashisante à ce death. Dès lors on navigue entre plusieurs genres… Regardons de plus près :
L’intro est lourde à souhait. Pour ceux qui ne connaissent pas le groupe, on se voit partir dans un doom un peu fantastique. Petit regret d’une wah wah sur une basse en distorsion, qui casse un peu l’ambiance. La seconde partie de l’intro, avec la batterie programmée et la mise en place un peu alambiquée, offre un petit quelque chose de moderne.
“Enhanced Surveillance”, la seconde piste, arrive et avec elle le chant au milieu du morceau. Un chant typiquement death sur des riffs thrash. On est clairement sur du mid tempo (chose qu’on retrouvera sur tous les morceaux, par ailleurs). Bon, on ne peut nier la filiation avec “Product of Society” d’Infernal Torment, dans le riff thématique. Le jeu technique de la guitare est assez excellent, la basse n’est pas en reste. On sent que leurs débuts étaient uniquement instrumentaux.
A ce niveau, on récapitule : une intro un peu doomy, puis un premier morceau qui démarre comme du vieux thrash mais tout est remis en cause avec l’arrivée du chant typiquement death. Vous la voyez, la porosité des genres ?
“Ar Bed Edan ar Mor”, premier titre en Breton et troisième piste. On commence toujours par des riffs thrash façon années 80 Nord US. Ça groove pas mal ! D’ailleurs, vers 2:00 on a ce petit passage moins martial, plus lié et rond. 2:50, gros changement de riff après une fraction de seconde de break silencieux. Le morceau se termine sur un fade out qui accélère pourtant rythmiquement.
Ces breaks silencieux qui permettent de changer de riffs, on va en manger souvent, nous donnant une petite impression de collages de riffs. Et c’est peut-être là qu’il y a une marge de manœuvre pour évoluer : il y a comme un manque d’homogénéité et une envie de montrer tout son savoir-faire et sa culture musicale (très bonne par ailleurs). On va saluer toutes les mises en places un peu osées, les soli techniques ou les riffs qui vont emprunter aux grands noms (par exemple le riff de “Caught in a Mosh” d’Anthrax pour l’intro de la septième piste “Enebourion ar Peoc’h”). On salue, on applaudit, on respecte. Mais attention à ne pas en faire trop de démonstration. Car oui, les mises en place sont intéressantes, les riffs travaillés, on retrouve des techniques à la Morbid angel… Mais, peut-être qu’un chouïa de simplification amènerait un peu plus d’efficacité…
Malgré un aspect de formule répétée sur un mid tempo identique sur tout l’album, Tanork offre une pièce qui navigue entre plusieurs eaux, apportant une touche de fraîcheur dans des riffs classiques et monumentaux. Ecumant plusieurs scènes et désormais invité par des festivals, il nous faudra compter sur Tanork dans les prochaines années… si tant est qu’ils arrivent à s’extirper de l’empreinte de leurs aînés.
Celeste+Black Bile La Carène (Brest), Le vendredi 24 Mai 2024
Textes de Mémé Migou et Sébastien Déniel Photos de Mémé Migou Crédits vidéo : Sébastien Déniel et Bruno Guezennec
Mémé Migou :
Vendredi 24/5/24, nous étions quelques-uns à nous retrouver à la Carène, salle des musiques actuelles de Brest – j’en profite pour remercier de l’accréditation – pour le double concert de Céleste et Black Bile qui en fera l’ouverture. Nous étions persuadés que la salle ne ferait pas sold out. A Brest, on a plutôt tendance à entendre des groupes plus thrash, rock, death voire metalcore ou punk. Alors imaginer du Black atmosphérique et du post Hardcore assez planant, c’était une gageure. Et force a été d’admettre qu’on était bien nombreux dans le hall de la Carène, sur le port de commerce de Brest.
Je savais que j’aurais à m’appliquer pour shooter correctement, Céleste ayant la (fâcheuse ?) manie de jouer dans le plus simple appareil… Hoooo… je vous vois venir, non, ils n’étaient pas nus… Mais ils étaient juste nimbés, pour toute lumière, d’une auréole rouge émanant d’une lampe frontale. De temps à autre un écran nous envoyait quelques images d’un clip bien souvent en noir et blanc, offrant un peu plus de visibilité sur ceux qui nous ont offert le concert. Ce n’était pas sans me rappeler le concert d’Amenra.
Mais pour commencer, ce sera Black Bile qui viendra envoûter les uns et les autres. Une chanteuse tient la baraque d’une aura de velours dans une voix de ferraille (bon… c’est pour la licence poétique, d’ordinaire j’aurais plutôt parlé d’une belle voix black de gargouille enrhumée). Le set est assez planant, très atmosphérique… trop, pour moi. J’appréciais quand le groupe s’emballait un peu, mais on retombait très rapidement dans la contemplation des sentiments intérieurs qui se cognent les uns aux autres avec vigueur.
Céleste sera également planant, d’une autre manière. On est dans un registre post Hardcore. L’intensité de la musique est au rendez-vous. Les morceaux ont un son ample et les sentiments bien présents. Musicalité à donf ! Et ce jeu de lumières… et d’ombres chinoises, apporte ce petit quelque chose d’inquiétant et de mystérieux, rehaussé par les quelques images passant sur l’écran de temps en temps.
Mais voilà, pour l’un comme pour l’autre, si j’étais enjouée dans les premiers temps, je dois avouer avoir décroché au bout d’un moment. Raison pour laquelle, je préfère laisser la plume à mon confrère chroniqueur, Sébastien…
Chuuuut… Mémé s’en va sur la pointe des pieds….
Sébastien :
Vendredi soir, j’avais rendez-vous avec Bruno Guezennec et Jean-Marie M sur l’aire de covoiturage de Landivisiau afin de nous rendre tous ensemble direction la cité du Ponant. Un petit crochet afin de récupérer Mémé Migou et toute cette joyeuse troupe s’est dirigée vers la Carène. Sur place, nous avons rejoint Lucio L et François J, ainsi qu’une partie de l’équipe du Metalearth Festival. Lorsqu’on voit une telle concentration de metalleux dans cette salle, c’est que forcément, il va y avoir des décibels ce soir.
Eh bien oui !
Le groupe CELESTE, dans le cadre de son «Epilogue(s) Tour», faisait escale dans le «Far Ouest».
Et ils ont eu la très bonne idée d’embarquer avec eux l’excellent groupe lorientais BLACK BILE sur cette date brestoise. J’ai eu un tel coup de cœur pour ce dernier que j’avais très hâte de les voir en live. Je me suis donc placé tout devant pour pouvoir apprécier le mieux possible ce concert.
BLACK BILE développe une musique où douceur planante et tourment plus rageur se marient à merveille. Romane et ses compagnons de scène nous transportent avec délicatesse jusqu’à l’explosion et les cris de désespoir hurlés par la belle rousse.
On nage en plein Post-Metal mêlé de touches Sludge et Doom. On est très loin du Metal festif, ici, c’est plutôt la dépression qui règne.
Leur premier album m’a totalement séduit et j’ai autant aimé en live. Le groupe est encore un peu timide sur scène mais ils n’ont pas encore beaucoup de concerts à leur actif. Les choses risquent de changer très vite car on voit circuler le nom du groupe de plus en plus. Quant à moi, je suis déjà impatient de les revoir au Motocultor cet été et au Tyrant Fest au mois d’octobre.
“Hyper immersif. Très bien !” - Lily
“J’ai découvert pendant la Covid. J’ai dévalisé leur Bandcamp. On voit qu’ils ont été suivis par une Smac, c’est posé” - Gwendal
“Un groupe que je ne connaissais pas du tout. Énormément apprécié. Aussi le fait que le visage de la chanteuse reste masqué, ça participe du mystère.” - David
Une petite bière pour me remettre de mes émotions et un petit debrief avec les potes qu’il est déjà temps de retourner dans Le Club de La Carène pour prendre une grosse dose de Post-Hardcore / Post-Black avec les Lyonnais de CELESTE.
Le show démarre par un morceau instrumental tout en lourdeur. Le son est énorme, on va en prendre plein les oreilles. Une fois cette intro terminée, la salle se plonge dans le noir, ce qui laisse le temps au groupe d’allumer leurs lampes frontales rouges qui est leur signature visuelle.
Et là, c’est parti pour un peu plus d’une heure de violence tant auditive que visuelle. Leur musique brutale mêlée aux faisceaux lumineux rouges et les éclairages stroboscopiques donnent la sensation d’être pris à la gorge et de suffoquer tout le long du concert.
Il faudra attendre le dernier morceau du set pour avoir un moment de respiration avec un morceau instrumental plus calme. Le rappel finira de nous achever avec trois morceaux méchamment rapides et violents.
On ressort sonnés de la salle mais avec un sentiment de linéarité sur l’ensemble de la prestation. Ça mériterait plus de moment de calme afin de pouvoir apprécier encore plus les moments de violence intense. Encore une très bonne soirée.
Céleste 8
Merci à La Carène d’avoir programmé cette date. En espérant que ça en amènera d’autres, et plus souvent.
“C’était incroyable. Trop cool de voir ça à Brest !” - Sam
“J’ai beaucoup aimé le respect qu’il y avait dans la soirée. Personne n'a essayé de déranger personne. Tout le monde passe une bonne soirée. .. C’est mon 1er concert de metal !” - Brice
“On est plus dans le Dub, c’est une culture qu’on n’a pas…” - Hugo
“C’est pas notre genre de metal. On est + Heavy et Folk. On est venu découvrir le Black. A écouter de temps en temps, on n’en fera pas des soirées entières.” - Hervé
Parce qu’il existe des acteurs dans notre scène qui sont de véritables amoureux de notre musique et qui s’amusent sous différents aspects, nous avons passé un agréable moment avec Seb, qui nous a parlé de son amour pour le Death Metal, pour le dessin, le cinéma d’horreur et pleins pleins d’autres trucs.
L’occasion aussi pour nous de vous proposer 1 concours et de gagner un de ses dessins !! Plus d’info juste après notre générique !
Retrouvez l’interview ici ⬇️
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Memento Mori… Le Média qui parle du Metal…Mais pas que !
Quand on aime, on ne compte pas… Alors après la chronique, le live report, voici l’interview de DALP.
JP et Mémé Migou ont reçu dans leur salon virtuel (à moins que ce ne soit l’inverse), Edgar, Neil, Simon et Vincent pour une belle grosse heure de partages, de rires (mais pas de chansons… quoiqu’on n’était pas loin), d’anecdotes de tournée et de papotage autour de leur album « Kintsugi ».
Lundi 20 Mai – Salem Bar / Bordeaux Mardi 21 Mai – Le Ferrailleur / Nantes
Texte et Photos de Didier Le Bail Photos de Mémé Migou
Photo Mémé Migou – Ultar / Ferrailleur, Nantes
J‘ai découvert GRIMA en 2017 avec leur deuxième album “Tales of the Enchanted Woods”, chaque sortie d’albums étant depuis considérée comme un événement pour moi, je suis devenu un fan invétéré des frères jumeaux Sysoev. Le point d’orgue de cet amour restera ma présence au concert des russes au Ferrailleur à Nantes en janvier 2023, un concert chargé en émotions qui restera gravé à tout jamais dans ma mémoire.
Photo Mémé Migou – Grima / Ferrailleur, Nantes
Alors quand l’agence de booking allemande ASGAARDIAN EVENTS nous annonce une nouvelle tournée Européenne en 2024 avec ULTAR en première partie, 4 dates en France sont prévues, sans aucune hésitation je décide de remettre le couvert. La difficulté pour l’obtention d’un visa, due en grande partie à l’incertitude du conflit Russo-Ukrainien, amputera de quelques dates la tournée et surtout me filera quelques frayeurs. Mais, heureusement pour moi les dates françaises de Bordeaux, Nantes et Paris seront maintenues et seront les dernières de la tournée (un grand ouf de soulagement !). C’est à ce moment-là que je décidais de ne pas faire une mais plutôt deux dates, on ne sait jamais des fois qu’ils ne peuvent plus sortir de leur pays à l’avenir. Ce sera au Salem bar à Bordeaux le lundi 20 mai et le lendemain au Ferrailleur à Nantes
Photo Mémé Migou – Trëma / Ferrailleur, Nantes
BORDEAUX
Le Salem bar lundi 20 mai
Selon Google maps, 665 km sépare ma demeure de la salle de concerts à Bordeaux où se produisent ce soir les groupes Grima, Ultar et Trëma. Ouf j’ai eu chaud, j’ai évité à un kilomètre près le chiffre du diable. Mais en y réfléchissant bien, en tant que black metalleux, ce serait plutôt un signe du destin quand la salle de concert s’appelle le Salem bar.
Après quelques errements pour trouver la salle dans cette grande zone commerciale, je pénètre pour la première fois dans ce club concert, endroit chaleureux avec une jauge d’environ 180 personnes, et cette particularité d’avoir une scène relativement basse dans un angle de la salle.
Photo Mémé Migou – Trëma / Ferrailleur, Nantes
En ce lundi de pentecôte c’est environ une centaine de personnes qui se sont donné rendez-vous pour cette affiche. Et c’est le groupe Français TRËMA qui a la lourde tâche de démarrer les festivités. J’avais assisté en Janvier dernier à leur tout premier concert au BLACK SHELTER à Nantes, j’y avais trouvé un groupe encore hésitant et pas tout à fait en place scéniquement mais on sentait quand même un fort potentiel et surtout une belle marche de progression. Ce sera chose faite, ce soir ! Pour seulement leur deuxième prestation, on les sent plus à l’aise sur scène et notamment le chanteur leader DISHEOL qui se permettra même de descendre dans la fosse.
Photo Mémé Migou – Trëma / Ferrailleur, Nantes
L’alternance entre les passages violents et les passages calmes est du plus bel effet, on ne s’ennuie jamais et le concert passe à une vitesse folle. Ce soir, les six premiers titres de leur premier album seront joués – et dans l’ordre s’il vous plaît ! Ils termineront leur set par “Les rêves de l’alb-atroce”, titre de leur mini EP sorti l’année dernière.
La progression est indéniable et le groupe mérite d’être suivi à l’avenir.
Trëma – Photo de DLB au Salem Bar Nantes
ULTAR est le deuxième groupe à monter sur scène, le seul que je n’avais jamais encore vu. ULTAR c’est l’autre projet des frères SYSOEV et a la particularité de regrouper en son sein les quatre membres de GRIMA, le bassiste en plus. L’autre point positif, c’est qu’enfin on voit les visages qui se cachent derrière les masques en bois de GRIMA, du moins presque, car ils arrivent sur scène maquillés et costumés.
Photo Mémé Migou – Ultar / Ferrailleur, Nantes
Musicalement on est dans un registre complètement différent, plutôt dans un black qui penche vers le post-black. Seul le chant et quelques cris aigus nous rappelleront GRIMA. ULTAR nous délivre un show intensif où le headbanging est incessant tout le long du set. Seuls quelques passages post-black, jamais trop longs, viendront calmer les ardeurs des musiciens.
Photo Mémé Migou – Ultar / Ferrailleur, Nantes
Le point fort du show restera la prestation du très charismatique chanteur dont les gestes sont précis et réglés comme une lettre à la poste, jusqu’à sa sortie de scène très soignée. Très bon concert de la part des russes même si, il faut être honnête, le groupe que j’attends le plus sera le suivant.
Ultar- Photo de DLB au Salem Bar Nantes
Enfin, voilà le moment tant attendu, celui qui m’a fait faire autant de kilomètres, et vraiment je n’ai pas été déçu, le groupe arrive dès les premières notes et se met en place lentement mais sûrement. Le chanteur est le dernier à monter sur scène, des branches cachent ses mains et prolongent ses bras. Le personnage donne froid dans le dos, l’ambiance est posée.
Photo Mémé Migou – Grima/ Ferrailleur, Nantes
Première petite surprise l’interprétation de “Devotion to lord”, titre issu de leur premier album. Le reste n’est qu’une succession de tubes “Sibérian Sorrow”, “Cedar and Owls” “Rotten Garden”, “Giant’s eternel sleep”, “Enisey”, plus quelques-uns que j’ai eu un peu de mal à reconnaître, mais c’est parce que je me suis laissé entraîner par leur musique dans des contrées lointaines, froides et mystérieuses. Il aura fallu que les lumières de la salle se rallument pour que je revienne à la réalité.
Le constat est indéniable, c’était encore une fois magique tout simplement.
Grima- Photo de DLB au Salem Bar Nantes
Ce fût une belle soirée en terre Girondine, aucun regret d’avoir avalé autant de kilomètres dont la moitié sous la pluie, avec la satisfaction aussi d’avoir vu en chair et en os des contacts Facebook, pas la peine de les nommer ils se reconnaîtront. Une dernière bière, une dernière discussion avec la patronne des lieux et hop ! direction le dodo. A ce stade-là, je ne le sais pas encore, mais le meilleur est à venir.
Jumeaux Sysoev- Photo de DLB au Salem Bar Nantes
Le lendemain matin alors que je m’apprêtais à quitter l’hôtel, je tombe nez à nez avec les musiciens de Grima/Ultar en train de prendre leur petit déjeuner, Gleb, le chanteur, alors qu’il était assis, voyant mon sweat de Grima se lève et vient à ma rencontre. Petit geste qui a l’air de rien mais qui en dit long sur la mentalité de ces mecs ! S’ensuit une petite séance photos avec les 2 frères, la communication en anglais est brève car difficile, mais peu importe, c’est le truc le plus improbable de mon week-end. Après une petite demi-heure sur le parking, histoire de me remettre de mes émotions, je prends la direction de Nantes pour rejoindre les copains et les copines, Héloise, Eric, Vince, Lucio, et la team Memento Mori Mémé Migou et Seb.
NANTES
Le Ferrailleur mardi 21 mai
Me voici arrivé à Nantes pour ma deuxième journée. Le concert est organisé comme toujours par LES ACTEURS DE L’OMBRE, dans le cadre de sa Black Metal Night, édition numéro XIII.
Photo Mémé Migou – Trëma / Ferrailleur, Nantes
Je ne vais pas m’étendre beaucoup plus sur la prestation de TRËMA et ULTAR car globalement les shows respectifs seront identiques à ceux de Bordeaux, en mentionnant tout de même qu’au Ferrailleur, les groupes ont joué dans de bien meilleures conditions. Scène plus grande et plus haute, l’équipement en matière du son et de la lumière est bien supérieur au Salem bar. Les shows n’en seront que bien meilleurs.
Photo Mémé Migou – Ultar / Ferrailleur, Nantes
C’est aussi un bon début d’explication pour noter une telle différence entre les deux concerts de GRIMA mais pas que je pense. En effet, alors qu’il ne reste plus qu’une date (au Glazart à Paris) et connaissant bien les lieux pour y avoir joué l’année dernière, je soupçonne le groupe d’avoir préparé ce concert en guise d’apothéose de leur tournée Européenne, ce n’est qu’une supposition mais elle est plausible.
Photo Mémé Migou – Grima / Ferrailleur, Nantes
Car ce soir, c’est feux d’artifice, un énorme light show qui mettra bien en valeur les différentes ambiances souhaitées, une bande-son extrêmement variée (quasiment inexistante ou inaudible à Bordeaux). Ce soir on a tout eu, de l’accordéon sur “Siberian sorrow”,” The moon and its shadow” et “Giant’s eternel sleep”, des cris de chouette sur “Cedar and owls”, un froid Sibérien sur “Moonspell and grief”, de la neige qui tombe sur “Leshiy”, certes tout ça peut prêter à sourire, mais l’effet escompté est bien là, le public est transporté et ne cesse de headbanger.
A partir du troisième morceau, l’ambiance ne cesse de monter, chez moi l’émotion est à son comble, le show est millimétré, dans les faits et gestes les musiciens sont en parfaite osmose, tout est coordonné. Et comme pour ULTAR, la sortie du groupe est soignée. Rien n’est laissé au hasard, c’est valable aussi pour la photo-finish qui est orchestrée d’une manière lente et posée.
Photo Mémé Migou – Grima / Ferrailleur, Nantes
Autour de moi je ne vois que des visages radieux, les gens ont le sentiment d’avoir vécu un truc mémorable. Les premiers commentaires fusent, “génial”, ”grandiose”, “le concert de l’année” pour certains, à en croire le tonnerre d’applaudissements pendant de longues minutes, je pense qu’on n’est pas loin de la vérité, du moins chez moi c’est sûr.
Je terminerai ce live report en remerciant Vince pour le couchage sur Nantes… Mais aussi d’avoir prolongé cette excellente soirée en discutant du show et surtout des bienfaits du houblon sur le corps humain. Demain dur retour à la réalité.
SETLIST : Bordeaux et Nantes : 01 - Jamais de Répit (intro) ; 02 - Orgueil Mortifère ; 03 - Les Accalmies ; 04 - Animal ; 05 - Dualité ; 06 - Péisithanatos ; 07 - Les Rêves de L’alb-atroce
ULTAR : Gleb Sysoev – chant / Max Sysoev – guitare / Pavel Dil – basse / Denis Susarev – guitare / Vlad Yungman – batterie
SETLIST : Nantes : 01 - Midnight Walk and Reminiscences of Necromancy ; 02 - Evening Star ; 03 - Through the Golden Gates of Dawn ; 04 - Innsmouth ; 05 - My Rope ; 06 - Azathoth
Quand on chronique l’album d’un groupe, et qu’en plus il s’avère être un coup de cœur de ce début d’année, que demander de plus que de sauter sur l’occasion pour le voir en live ! Alors imaginez la même en double…
Vous comprenez pourquoi, en ce mercredi férié, Mémé n’a pas hésité une seule minute pour sauter dans sa p’tite voiture bleue pour lui infliger quelque 300 km en direction de Nantes, où je retrouverai le copain Virgile Tollé de Nawak Posse. Lui, il vient faire des interviews… Mémé a donc insisté pour s’immiscer dans la conversation, mais voilà… Même après avoir reporté le rendez-vous de 1h, on a attendu… attendu… attendu…
Ahhhhh… Un début de long week-end sous un beau soleil, il n’en fallait pas plus pour que les Parisiens convergent vers les vertes étendues bretonnes. En d’autres termes, ça bouchonnait sur l’axe Est-Ouest !
Une bière plus tard, deux bières plus tard et un retour à l’hôtel pour se sustenter, voilà qu’un message nous parvient : ça y est… ils arrivent. Les deux groupes quasiment en même temps.
On n’ira pas de suite les solliciter pour une interview, devant jouer dans la demi-heure qui suivait… C’est donc naturellement que j’ai laissé Virgile à sa besogne, Virgile que chacun vient saluer, quand mémé se voit conférer un joli « Bonjour Madame » du bassiste de Demande à la Poussière. Pourquoi ai-je l’impression qu’il m’a prise pour la mémé de Virgile ?!
Allez… passons ces considérations et sautons à pieds joints devant la petite scène où, justement, Demande à la Poussière se met en place.
Quatre titres du premier album – Demande à la Poussière-, un du second – Quiétude Hostile – et quatre du dernier – Kintsugi. Voilà par le menu ce que nous allons découvrir.
C’est encapuchonné que le nouveau chanteur, Simon, viendra nous chatouiller les oreilles. L’ambiance est sombre, très sombre. Tant dans le visuel que dans la musique qui se veut d’une lourdeur à faire ployer le dos d’Edgar, le guitariste, et de Neil, le bassiste. A d’autres moments, nous sommes plongés dans l’enfer du rouge enfumé, ce qui se mariera à merveille avec la petite sirène que Simon fait beugler carrément depuis le public. Sur le fond, un visuel numérique vient souligner d’images variées autant que synchronisées le set.
Comment vous dire que l’on se retrouve complètement plongé dans l’intensité d’un set qui vous jette à terre, à mordre la poussière. Le seul petit bémol vient d’une sonorisation qui n’offre pas toujours « la visibilité » du chant, selon l’endroit où l’on se situe. A droite de la scène, tout devant, les parties parlées n’étaient pas forcément audibles – à moins que ce ne soit la surdité latente de Mémé ! Heureusement, il suffit de bouger un peu pour avoir son plein de growls et autres voix décharnées. Quel panel de techniques vocales !
La basse, les riffs de guitare font vibrer nos poils en érection de textures cinglantes qui résonnent à l’envi. Poils qui seront caressés ensuite par un jeu de batterie maîtrisé, au cordeau, de Vincent.
La scène étant assez petite, c’est assez régulièrement que Simon descend dans la salle, pour ne pas dire la fosse, et chante au milieu du public. Il faisait sombre, et l’une de ces descentes a failli tourner à la descente aux enfers avec un cassage « de margoulette » évité de justesse.
Après un court laps de temps dédié au changement de plateau, nous voilà accueillis par Vesperine. Directement, on est mis au jus : un cube troué de toutes parts gît en pleine salle, devant la scène. Tout est sombre, si ce ne sont les rais de lumière qui jaillissent dudit cube, qui sera la mini scène ultra personnelle de Rémi, chanteur de Vesperine, lui conférant une aura mystique assez bienvenue.
De toute façon, il n’aurait pu en être autrement, cinq sur scène, cela tenait du pari scabreux. C’est donc parfois face aux musiciens et à la scène, parfois face au public qu’il nous offrira sa voix post-hardcore reconnaissable et bien marquée. Certains pourraient être chafouins de voir le dos du chanteur faisant face à ses comparses, quand personnellement, j’avais cette impression d’être dans son clan. Pour un peu, je me serais bien mise à chanter aussi. OK… il valait mieux pas.
Je n’aurai pas la setlist complète, mais on reconnaît d’emblée quatre morceaux du dernier album, sorti il y a peu également, Perpétuel. En commençant par les deux morceaux du Mouvement I – qui sont pour ma part les hits de l’album – et continuant sur les deux morceaux du mouvement II. Le tout dernier morceau joué sera issu du premier album.
C’est donc une forme de release party qu’ils nous offrent, sur cette tournée. Ce qui est amusant, c’est le choix de commencer par le début logique, mais qui n’est certes pas celui de l’album, celui-ci commençant par le second titre du Mouvement III, offrant ce rythme de moto perpetuo.
On navigue sur des jeux de lumières qui collent avec l’intensité de la musique de Vesperine. J’avoue que j’appréhendais un peu le live du groupe pour la simple et bonne raison que le mix est si magistralement millimétré sur album, avec un jeu de batterie organique, que je craignais un sacré déséquilibre. Mais il n’en a rien été ! J’ai retrouvé en live l’exacte réplique de l’album mais la chaleur et l’intensité du live en plus. C’est tellement beau, qu’on n’avait pas envie de décoller.
Mais il le faut bien… Et c’est sur un p’tit nuage que Mémé s’en retourne à sa chambre d’hôtel, consciente d’avoir vécu l’un des concerts de l’année. Vous êtes passés à côté ? Tant pis pour vous… Je ne peux que vous encourager à scruter les agendas pour sauter sur les prochaines dates.
Le pari d’une tournée avec ces deux groupes pouvait sembler osé, diamétralement éloigné (je n’irai pas à dire opposé, il ne faut pas exagérer), et pourtant, ça l’a fait. C’était une soirée faite d’intensités, chaque groupe ayant la sienne en particulier.