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  • Limbes – Liernes (2024)

    Limbes – Liernes (2024)

    Genre : black metal atmosphérique
    Label : Frozen Records
    Sortie : 5 juillet 2024

    Note : 90 /100 (Seblack)

    Limbes est le projet de Guillaume Galaup qui a fondé cette entité en 2021 après avoir mis fin à Blurr Thrower pour lequel il avait composé un EP (Les Avatars du Vide) et un album (Les Voûtes).
    Plutôt prolifique, notre homme a sorti dès l’été 2021, un split avec Mütterlein dont le seul titre (Vérité) durait pas moins de vingt cinq minutes, il s’en est suivi un premier album en 2023 nommé Ecluse.
    Un petit peu plus d’un an après, revoilà de nouveau Limbes avec son deuxième opus intitulé “Liernes”. Contrairement aux disques évoqués précédemment, il ne sort pas chez Les Acteurs de l’Ombre mais sur un autre label nantais : Frozen Records. Hasard ou pas, ce titre « Liernes » (mot désignant une pièce d’architecture sur une voûte) peut être perçu comme une référence à l’unique de Blurr Thrower. Il nous renvoie en tout cas à une métaphore sur la dualité fragilité / solidité et le temps qui passe. L’artwork est une nouvelle fois dû à Dehn Sora.

    Tous ces éléments factuels présentés, je dois dire que Guillaume Galaup fait partie de ces artistes dont la démarche solitaire (en studio comme sur scène) et la musique me touchent beaucoup. Que l’on parle de Blurr Thrower,de Limbes ou de Rance, on est toujours sur quelque chose de totalement à part et à contre courant, y compris au sein de l’univers des musiques extrêmes pas avare en clichés divers et (a)variés. Le plus troublant dans tout cela est que cela ne semble ni voulu, ni calculé, c’est simplement le reflet de la personnalité de son auteur pour lequel la musique est un exutoire ou une catharsis sans cesse renouvelée.

    Il en découle des compositions faites de vagues à l’âme qui vous emmènent le temps de quelques minutes dans des contrées douloureuses et éthérées. C’est d’autant plus vrai ici que « Liernes » est doté d’un son plus dense encore et de titres encore plus hypnotisants . Les lames de guitares n’en sont que plus saisissantes encore, tout comme peut l’être le chant de Guillaume venu du plus profond de son être. Les écoutes se succédant « Liernes » ne cesse de livrer ses richesses avec ses superpositions de couches sonores ou quelques discrets arrangements électroniques. « Buffet Frigide » voit aussi l’apparition de Kariti, artiste d’origine russe, qui amène une touche poétique supplémentaire à un univers qui n’en manque déjà pas comme en attestent les paroles ciselées et mélancoliques des différentes chansons.
    Évoluant tel un funambule au-dessus du vide, Limbes offre une nouvelle fois une œuvre aspirante ou les sentiments d’ascension et de chute se répondent dans un même mouvement de tension.

    Tracklist :

    1. Pied de Pilori (11:19)
    2. Les Côtes à l’Unisson (06:44)
    3. Buffet Frigide (11:54)
    4. Aulnes & Poussières (10:45)

    Line-up : Guillaume Galaup – Tous les instruments et le chant.

    Guest : Kariti – chant (Buffet Frigide)

    Liens :
    https://limbes.bandcamp.com/
    https://www.deezer.com/en/artist/135644472
    https://www.facebook.com/limbesmusic/about
    https://www.instagram.com/limbes_music/
    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/2LRX21jf18FwmlHRiOFDEQ

  • Arhat – Secrets of ancient Gods

    Arhat – Secrets of ancient Gods

    Genre : Death Metal Symphonique
    Label : indépendant
    Sortie : 31 mai 2024

    Score : 89/100 (selon la numérologie ;p – WwG )

    Comme on dit pal cheu nous : « des fois a malche, des fois a malche pô… et des fois a rat’ », à l’image de ce jeu de mots laid pour introduire la chronique de Secrets of ancient Gods d’Arhat.
    Contrairement à la classification Groove Metal, obsolète (car valable pour le précédent album, même s’il flirtait déjà avec du plus cru) dans laquelle est étiquetée le groupe, on entre directement dans le vif d’un Death Metal sympho et si le nom du groupe fait davantage référence au Bouddhisme, on va passer les portes de la Douât, Au-delà mythologique égyptien, accueilli non par le grand Ra (contraire à celui, petit, de l’opéra) ou Thot, le sage qui lit beaucoup (oui, il lit, Thot, ce qui n’est pas peu dire), mais par Seth, Anubis et Sekhmet dès l’artwork, esprit moins nirvanique quand même.
    [NB : cette connerie qu’est la dématérialisation progressive quand les artistes font des jaquettes d’une telle qualité graphique… Bref…]
    Par Osiris et par Apis, écoute-moi, écoute-moi bien cet album, qui te met dans une ambiance romancée d’Egypte antique, avec les influences modales et les instruments moyen-orientaux de rigueur (oud, sonnailles et ney en priorité) à deux doigts de t’emmener vers une porte des étoiles. Cette ambiance va se retrouver sur la majorité des dix morceaux du quatuor ukrainien qui signe ici son deuxième album après un EP en 2017 intitulé Mantra (on revient sur le Bouddhisme) et le premier, Dead Life, en 2020.

    Après la petite intro coutumière des groupes teintés sympho, on taille dans la pierre de la pyramide à coups efficaces de riffs b(o)urrins mais néanmoins mélodiques avec « Abyss of Flame », avec une production équilibrée laissant la place à chaque instrument de premier ou autre plan sonore, avec des arrangements aussi légers qu’une plume sur la balance à la porte d’entrée du croque-mitaine chacal. Ma’at-moi ça comme ça sonne bien !
    Pour celleux qui n’auraient pas suivi les références antiques en toc, ma thématique est calculée, et hélas, quelques titres dans la langue de Gogol (quand le reste est en anglais) viennent malgré tout sortir l’album de sa ligne artistique et thématique, ce qui les amène à ressembler à des bouche-trous ; heureusement la présence du ney sur le finale de « Shlyah do prozrinnya » (littéralement « Le chemin vers l’illumination », retour au Bouddhisme) rattrape le coup. On pourrait aussi reprocher aux quarante-cinq minutes de faire un peu court… Détails (de pierre), certes…
    Arhat, contrairement aux références de son nom, n’a pas encore atteint le dernier degré de la sagesse mais on leur souhaite un samsâra qualitatif pour les albums à venir.

    Tracklist :
    1. Intro (01:44)
    2. Abyss of Flame (05:36)
    3. Karnak (04:48)
    4. Arcana XVI (04:58)
    5. Nasha khoda nevpynna (04:18)
    6. Symbols (03:31)
    7. Path Eternal (05:27)
    8. Wheel of Fate (05:12)
    9. The Great Unknown (04:40)
    10.Shlyah do prozrinnya (03:26)

    Line Up : Naton Inov – Basse / Ivan Semenchuk – Batterie / Anton Skrebov – Guitares / Alex Sitkoff – Chants

    Liens :
    https://www.youtube.com/@arhatband4928
    instagram.com/arhatgroove
    facebook.com/arhatgroove

  • Akhlys – House of the Black Geminus (2024)

    Akhlys – House of the Black Geminus (2024)

    Genre : black metal
    Label : Debemur Morti Productions
    Sortie : 5 juillet 2024

    Note : 75 /100 (Seblack)

    « House of the Black Geminus », quatrième album de Akhlys, est probablement un disque attendu par beaucoup cette année. Il faut dire que son prédécesseur, « Melinöe » avait fait, à juste raison, forte impression parvenant presque à mettre d’accord les anciens et les modernes.
    Un peu moins de quatre années après, le trio américain est donc de retour avec six nouvelles compositions qui s’étendent sur pas loin d’une heure de musique. Copieux donc mais grosso modo dans les standards du groupe. Comme depuis le deuxième album, cette nouvelle offrande sort sous le haut patronage du label français Debemur Morti Productions avec à la clef de très belles versions physiques.
    Bon assez clairement, l’auditeur devra se préparer à une écoute qui pourra s’avérer quelque peu éprouvante tant les compositions s’étirent impitoyablement dans des sonorités glaçantes autant qu’hypnotiques.

    Plus encore que son prédécesseur, « House of the Black Geminus » dégage une froideur mécanique implacable qui se traduit par des textures synthétiques encore plus flagrantes. Renouant de manière plus franche avec les éléments dark ambient de ses débuts, l’album se voit aussi traversé par une piste instrumentale qui brouille encore un peu plus les quelques repères que l’on pouvait encore avoir après trois salves d’un chaos savamment orchestré.

    Il n’y a guère de groupes capables de suggérer de manière aussi appuyée ces sentiments d’effroi et d’oppression. Avec ce quatrième album Akhlys semble repousser encore un peu plus loin les curseurs de la froideur et de la terreur. Tel un long cauchemar labyrinthique, la musique de « House of the Black Geminus » s’insinue partout où subsisterait la moindre étincelle de vie ou de lumière. Le souffle glacial des guitares et du chant balaient toute velléité de rester debout face à ce blizzard musical. Les dissonances et autres motifs “mélodiques” se chargeront d’achever minutieusement ce travail de destruction. Vous l’aurez compris, le trio américain ne fait ni dans la dentelle ni dans la facilité quitte parfois à en devenir aride ou un brin austère.
    Sans aucun doute l’exercice de style que propose Akhlys ici est poussé à un paroxysme peu commun et rarement le black metal n’aura sonné avec autant de modernité que d’inhumanité. Pour le reste chacun se fera son avis.

    Tracklist :

    1. The Mask of Night-Speaking (11:52)
    2. Maze of Phobetor (07:35)
    3. Through the Abyssal Door (09:12)
    4. Black Geminus (05:55)
    5. Sister Silence, Brother Sleep (09:56)
    6. Eye of the Daemon – Daemon I (08:29)

    Line-up :

    Naas Alcameth – Chant, guitares, claviers, paroles et compositions.
    Nox Corvus – Guitares.
    Eoghan – Batterie et basse.

    Liens :
    https://akhlys.bandcamp.com/album/house-of-the-black-geminus
    https://www.deezer.com/en/artist/7797628?autoplay=true
    https://www.facebook.com/people/Akhlys/100045704862350/
    https://www.instagram.com/akhlys_official/
    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/7swiuMho0UMNYbZqcO0dho

  • Aran / Maahan Laskettu (2024)

    Aran / Maahan Laskettu (2024)

    Genre : black metal atmosphérique
    Label : Naturmacht Productions
    Sortie : 28 juin 2024

    Note : 85/100 (Seblack)

    Aran est un one man band mené depuis 2018 par le Finlandais Juhani K. Il est originaire de Oulu, au bord de la partie Nord du pays, ce qui n’est peut-être pas sans importance dans les inspirations et la musique qui sont proposées ici. La formation a déjà sorti deux albums, tous édités à un moment ou un autre par le label Naturmacht Productions.
    Le black metal atmosphérique composé par Aran cultive quelques similitudes avec d’autres one man band finlandais très inspirés aussi par les ambiances si particulières qu’offre la nature de ces froides contrées.

    Pour ce troisième chapitre, intitulé “Maahan Laskettu”, Juhani K poursuit en effet sur la voie d’un black metal atmosphérique à la fois contemplatif et éthéré.
    Adeptes de la brutalité et de l’outrance, passez votre chemin. Place ici à la mélancolie, à l’immersion dans une nature glaçante autant qu’envoûtante.
    La formule peut sembler connue, commune même, peut-être : guitares volontiers cascadiennes, chant glacial, le tout enveloppé dans des nappes généreuses et brumeuses de claviers. Connu donc, mais magnifiquement investi par Aran qui parvient sans faille à dépeindre un paysage sonore où l’on ressentira tout à la fois, la morsure du froid, les dernières lueurs d’un soleil pâle cédant le pas à la grande nuit hivernale et la danse lente et langoureuse de la brume enveloppant ou révélant les ramures décharnées des arbres.

    A l’image de ce spectacle sans cesse répété mais toujours renouvelé, la musique de Aran n’étonne donc pas forcément mais procure ce sentiment très personnel, presque intime, et donc difficile à partager, d’une immersion au plus profond de soi, comme si toute sa personne se laissait gagner, comme la forêt, par l’hiver glacial et la longue nuit. Une forme de rituel presque, une source d’émmtion sans cesse réinvestie que Aran restitue pleinement et parfaitement dans “Maahan Laskettu”.

    Tracklist :

    1. Hiljaisuus
    2. Poltettu Maa
    3. Pinnan Alta
    4. Päättymätön Aika
    5. Viimeisiin Vesiin

    Line-up : Juhani K – Tous les instruments, chant.

    Liens :
    https://aranbm.bandcamp.com/music
    https://www.facebook.com/AranFin
    https://www.instagram.com/aranblackmetal
    https://open.spotify.com/intl-fr/artist/5XC7L2Izoe3vC1bjo2B54K
    https://www.youtube.com/channel/UC536-5nVywSQdPC5U1S52pA

  • Sear Bliss – Heavenly Down (2024)

    Sear Bliss – Heavenly Down (2024)

    Genre : Black Metal Progressif

    Label : Hammerheart records

    Sortie : 28 juin 2024

    Note : 90/100 (LB D)

       Purée, déjà 30 ans que ce groupe existe, 30 ans et neuf albums au compteur, 30 ans au service d’un black metal toujours fait avec sincérité et ne dérogeant que très peu à leur conception de la musique. Certes il y a eu des hauts et des bas, les hauts se situant plutôt dans les années 2000 en publiant cinq albums en l’espace de dix ans, tous aussi inspirés les uns que les autres ; des années fastes pour le groupe, qui a eu sa petite heure de gloire lors de la sortie de l’album ”The Odyssey” en 2007, encensé par la presse à l’époque. Puis après ce fut un peu la traversée du désert, très certainement due à la difficulté à stabiliser un line-up fiable. Pas deux albums consécutifs avec les mêmes musiciens, après 2012 je pensais même le groupe perdu à jamais. Mais non pas du tout il s’était juste mis en sommeil pendant quelques années car en 2018 c’est le grand retour des Hongrois avec la sortie de l’album “Letters From The Edge”, album qui, oui il faut le dire, me laissait un peu sur ma faim. Je le trouvais moins inspiré et surtout je ne retrouvais pas le Sear Bliss que j’aimais, celui de la décennie précédente.

      Il aura fallu encore attendre six ans et 2024 pour avoir un nouvel album et je ne vous cache pas que le scepticisme était de mise quand il a fallu écouter ce “Heavenly Down” pour la première fois. 

          Alors rassuré ou pas? eh ben, c’est un grand OUI, et déjà une touche d’originalité dès le premier titre, avec un black metal aux riffs influencé par le Hard Rock des années 70 qui, associé aux cuivres, le rendra incontournable. Sear Bliss,  nous a toujours habitués à ce côté progressif dans sa musique et ce n’est pas cet album qui va me contredire. Tout d’abord, des parties électro, parfois discrètes sur certains titres mais qui accompagneront tout le long, le titre “Watershed”. Mais que dire du cinquième morceau “Forgotten Deities” qui fait ici office d’interlude, titre exclusivement Dark ambiant et que notre ami Varg de B*rz*m n’aurait pas renié en son temps, tellement ambiant qu’il aurait même pu figurer sur une de ses oeuvres.

         D’album en album, Sear Bliss nous a toujours habitué à surprendre son auditoire et ce sera aussi chose faite sur celui-ci, avec l’apparition du chant clair sur ”Chasm”. De mémoire je crois que c’est la première fois,c’est d’abord déroutant, mais au fur et à mesure des écoutes on s’y habitue et en y réfléchissant bien, les Hongrois ne font que repousser leurs limites du progressif, en s’ouvrant des portes vers d’autres sons, mais ça, seul l’avenir nous le dira. 

         Mais ce n’est pas pour autant qu’ils vont renier leur passé, avec les très black metal “The Upper World” ou “Feathers In Ashes” voir même “The Windir Path” celui-ci sera coupé en deux par une très courte partie électro, mais peu importe ces trois titres nous feront replonger directement dans leurs premiers albums et ce n’est surtout pas moi qui vais m’en plaindre.

    Je mettrai une mention spéciale à Zoltan Pal qui, encore une fois a effectué un travail éblouissant aux cuivres, principalement au trombone, véritable marque de fabrique du groupe, ces interventions sont toujours très inspirées, à tel point qu’elles sont essentielles pour le bon déroulement d’un album de Sear Bliss. Purée, écoutez moi ce passage presque cinématographique à 2: 50 min du titre “The Upper World”, on se croirait du temps des Romains, avec l’entrée imminente des gladiateurs dans l’arène.    

    On ne peut pas terminer une chronique d’un album de Sear Bliss sans mentionner les noms de trois personnages importants pour le groupe. Tout d’abord Kris Werwimp, célèbre illustrateur dans le monde du metal (Marduk, Absu, Afsky, Fellwarden, Horna, Moonsorrow et bien d’autres …) qui aura réalisé la majorité des artworks du groupe, dont cette magnifique illustration pour ce “Heavenly down”. Le deuxième est  Victor “Max” Scheer, producteur emblématique du groupe qui a produit sept des neuf albums dont ce dernier. Et le troisième, n’est autre que le Suédois Dan Swano qu’on ne présente plus, ici présent au mixage. Trois personnages qui gravitent autour du groupe depuis plusieurs albums et qui nous ont tous gratifiés d’un travail remarquable dans leurs domaines respectifs.

            Sear Bliss signe son grand retour avec un album brillant et très inspiré, sans aucun doute possible, on le classera à l’avenir parmi les meilleures productions du groupe. Par-dessus tout ce que j’espère, c’est d’abord de stabiliser le line-up et surtout de n’avoir pas à attendre aussi longtemps pour le prochain enregistrement.

    Tracklist  : 

    01 – Infinite Grey (06:16)

    02 – Watershed (04:42)

    03 – Then Upper World (05:55)

    04 – Heavenly Down (04:35)

    05 – Forgotten Deities (04:10)

    06 – The Winding Path (06:40)

    07 – Chasm (05:16)

    08 – Feathers In Ashes (06:36)

    Line-up : 

    Màrton Kertész – Guitare / Andràs Nagy – Chant, Basse, Clavier / Zoltàn Pàl – Baryton, Euphonium, Trombone / Gyula Csejtey – Batterie / Zoltàn Vigh – Guitare

    Liens : 

    https://searbliss.bandcamp.com/album/phantoms-20th-anniversary-live-at-kvlt-2016-official-bootleg

    https://www.facebook.com/searblissband

    https://www.instagram.com/searbliss

  • Vigljos – Tome I : Apidæ – 2024

    Vigljos – Tome I : Apidæ – 2024

    https://www.metal-archives.com/images/1/2/2/9/1229694.jpg?5211

    Genre : Black metal

    Label  : Duskstone

    Sortie  : 11 mai 2024

    Note : 80/100 (DLB)

        Non, Satan et ses acolytes n’ont plus la cote dans le monde du black metal, sujet qui appartient désormais au passé, à part peut-être quelques irréductibles dans le nord de l’Europe ou l’Amérique du sud. De nos jours on n’y parle plus de la nature, des légendes scandinaves ou des faits historiques comme la Première Guerre mondiale très à la mode en ce moment, mais alors là, si on m’avait dit qu’un jour on y évoquerait le thème de la vie ou la mort des abeilles je vous aurais bien ri au nez. Et pourtant, c’est bien le sujet qui a été abordé dans ce premier album des Suisses de Vigljos, (“la lumière” en vieux norrois), fallait quand même oser. Les puristes crieront peut-être au scandale mais moi je me dis, allez banco, pourquoi pas après tout.

        Ici le concept sur les bestioles est poussé jusqu’au bout, avec tout d’abord le titre de l’album “Tome 1: apidae”, apidés en Français – c’est une sorte de grande famille d’insectes qui se nourrissent en léchant exclusivement le nectar des fleurs -, puis il y a la pochette de l’album, un dessin de l’artiste peintre et graveur Brabançon Pieter Bruegel datant de 1568 et représentant des apiculteurs en pleine action. Et pour clôturer le tout, les musiciens arborent sur scène le costume d’éleveur d’abeilles médiéval, ce qui a le don de les rendre encore plus mystérieux et inquiétants, d’autant plus que vous ne connaissez ni les noms, ni les musiciens qui composent ce groupe. Alors certes, ce costume n’est pas inédit dans le black metal, puisqu’il est aussi utilisé par les musiciens du groupe Ukrainien They came from vision et d’ailleurs au passage, je vous invite à lire la chronique dans nos pages de notre ami Seblack, il y parle du dernier album sorti cette année.   https://www.memento-mori-webzine.fr/2024/02/23/they-came-from-visions-the-twilight-robes-2024/ .

          Le ton est donné dès le morceau d’ouverture, avec l’arrivée d’un essaim d’abeilles au son d’un orgue d’église. L’inquiétude est de mise et l’ambiance est posée . Musicalement on est dans un black metal des années 90 avec un son cru et old school, Darkthrone ou Satanic Warmaster ne sont pas loin. Le riffing est glacial, le chant est criard, mais voulu par le groupe. Certes il peut en déranger voire lasser certains, mais dans ce cas bien précis, il faut vraiment le prendre comme un cinquième instrument.  

         Au fur et à mesure des titres les ambiances changent, sur certains morceaux une petite mélodie en fond sonore apparaît et vous martèle la tête, tantôt à l’orgue, tantôt au mellotron ou différents instruments à cordes. Parfois ces instruments vous apporteront un peu d’air, surtout sur le quatrième titre “Swarming”, car l’ambiance est oppressante, on est proche de l’asphyxie. L’instrumental “Dance of the bumblebee” vous permettra de souffler un peu et vous fera presque sourire tellement il vous paraîtra joyeux avant de repartir dans un black metal old school pour les deux derniers morceaux.  Tout d’abord “Raiding the hive” avec l’impression d’un incessant bourdonnement dans vos oreilles où l’on retrouve d’ailleurs l’essaim d’abeilles du début, histoire de vous rappeler le thème de l’album. Puis viens ”Vigljos”, le meilleur titre pour moi, qui viendra conclure à merveille cette saga car en guise d’outro “To die in the flowerbed” (la mort dans un parterre de fleurs), nous avons droit à une sorte de vieille complainte aux accents folkloriques, qui est aussi un petit clin d’oeil à la chanson “The Sad Saga of the Boy and the Bee” d’un mystérieux groupe Anglais de prog-rock des années 70 appelé Gun.

        Le tout, est magnifiquement enregistré, mixé et masterisé dans les studios de Marc Obrist de Zeal & Ardor, avouez quand même qu’il y a pire comme référence. Le producteur suisse aura su trouver la bonne formule entre un son moderne et old school la fois, ce qui rendra cet album unique et se démarquera des autres productions sorties cette année.

    Tracklist :

    01 Rays of Light on Liquid Gold (01:29)

    02 – Sweet Stings (07:27)

    03 – The Apiarist (03:55)

    04 – Swarming (05:09)

    05 – Dance of the Bumblebee (03:50)

    06 – Raiding the Hive (07:22)

    07 – Vígljós (08:43)

    08 – To Die in a Flowerbed (04:11)

    Line-up  :  Inconnu

    Liens : 

    https://vigljos.bandcamp.com

    https://www.facebook.com/vigljos

  • Ernte –  Weltenzerstörer

    Ernte –  Weltenzerstörer

    Genre : black metal
    Label : Vendetta Records
    Sortie : 7 juin 2024

    Note :  85 /100 (Seblack)

    Ernte ne perd pas de temps et c’est avec un rythme de métronome que ce duo suisse enquille les albums depuis 2022. « Weltenzerstörer », que l’on peut traduire littéralement par destructeur du monde, constitue donc déjà le troisième album du groupe. Comme pour les efforts précédents il sort sous les auspices du label allemand Vendetta Records.

    Alors que jusque là, les visuels des divers opus de Ernte mettait en avant Witch N. (qui maintenant se fait appeler Askahex), «  Weltenzerstörer » opte pour un visuel très différent mais plus menaçant, plus sale serais-je tenté de dire.

    Cette impression de crasse, de quelque chose de plus sombre et terrifiant encore se confirme en partie dans les sept compositions proposées ici. Bon il faut bien le rappeler, la musique de Ernte n’a jamais rien eu de joyeux avec un black metal volontier mid tempo et reptilien. Mais là où le précédent album, « Albsegen », laissait entrevoir quelques rondeurs dans le son, voire quelque raies de lumière, «  Weltenzerstörer » est implacablement noir.

    Plus organique, avec une basse bourdonnante et des guitares un poil plus grésillantes, ce troisième opus exhale de miasmes sombres avec un petit côté régressif ma foi fort agréable. 

    Passé cela il n’y a pas forcément non plus de grands bouleversements à relever et pour tout dire c’est très bien ainsi. V Noir et Askahex continuent de tracer leur chemin au milieu de mid tempo poisseux et inquiétants, à l’image des deux premiers morceaux qui nous placent d’emblée dans de sinistres ambiances. Pourtant comme pour les opus précédents, l’ennui ne pointe pas son nez, le groupe sachant aussi placer quelques sévères accélérations au sein de compositions qui s’étirent toutes au-delà des cinq minutes. La troisième piste «Silent Bleak » s’avère même très enragée quand « Trip to a Solitary » nous fait passer par tous les états avec ses changements de rythmes taillés dans le vif. Avec ce chant qui vous saute à la gorge, ces riffs acérés et ses mélodies tantôt maladives ou agressives, Ernte continue de proposer un black metal de facture, certes classique, mais prenant et incarné. 

    Par ailleurs sans non plus en abuser, le groupe sait glisser quelques petites respirations que ce soit quelques notes acoustiques par ci par là, quelques tristes notes de violon sur « Vessel of Sacrifice » et même une timide pointe chant clair sur « The Fire Lake : Death of Souls ».

    Rien à redire donc, avec « Weltenzerstörer », Ernte réunit tous les sombres ingrédients pour un black metal solide dans sa construction et captivant par ses ambiances résolument obscures. Une valeur sûre.

    Tracklist :

    1. The Witch (Was Born in Flames) (06:57)  

    2. Ruler of Chaos, Bringer of Storm (06:16)  

    3. Silent and Bleak (05:39) 

    4. Trip to a Solitary Moon (05:48)  

    5. Vessels of Sacrifice (06:04)  

    6. The Fire Lake: Death of Souls (06:25)  

    7. Profound Eyes (05:18)

    Line-up : V Noir – Guitare, basse, batterie / Askahex – chant, basse, violon.

    Liens :

    https://ernteblackmetal.bandcamp.com

    https://www.facebook.com/ernteblackmetal

    https://www.instagram.com/ernte_blackmetal

    https://www.youtube.com/channel/UCvQAZ6U11gi_VpmRW3nQCHQ

  • Fellwarden – Legend : Forged in Defiance   

    Fellwarden – Legend : Forged in Defiance   

    Genre : Epic Folk Black Metal
    Label : Eisenwald
    Sortie : 14 juin 2024

    Note  :  90/100 (LB D)

     FELLWARDEN s’est formé en 2014 en tant que projet solo de Franck Allain alias “The Watcher”, plus connu pour sa participation dans le groupe Anglais de Black Metal Atmosphérique FEN. Sauf qu’ici, il se lâche totalement sur le côté épique, ici tout est plus théâtral, plus lyrique, plus atmosphérique, poussant les curseurs à leur maximum de façon à se différencier de son autre groupe.

     Sur les deux premiers albums sortis en 2017 et 2020, les thèmes étaient plutôt axés sur les vraies ou fausses histoires de l’Angleterre, la montagne du Nord Est de la Perfide Albion ou des récits de braves chevaliers. Pour son troisième enregistrement, intitulé “Legend: Forged in Defiance”, l’Anglais nous propose un concept album basé sur le roman “Légende” du très regretté DAVID GEMMELL, écrivain Britannique d’heroic fantasy décédé en 2006. On peut y suivre les aventures de Druss, un guerrier chargé de défendre la forteresse Dros Delnoch. FRANCK ALLAIN a pensé son album de façon à ce que chaque titre soit un chapitre de la saga et représente un mur de cette forteresse. Pour l’aider dans cette tâche ardue il fera appel à ses compatriotes et musiciens de FEN, Alasdair Dunn (batterie), Mark Harrington (basse), Adam Allain (chœurs), seul Sean Darling, chargé de la narration, n’appartient pas à ce groupe.

    Musicalement parlant, le Londonien nous propose un Epic Folk Black Metal de haute volée, mais à la différence des deux premiers albums, ici point de claviers ni de synthétiseurs, tout est axé sur les riffs de guitare et les voix. Le troisième morceau en est la parfaite illustration, véritable pierre angulaire de cet album, car après celui-ci l’atmosphère change (mais j’y reviendrai plus tard). Il concentre toutes les idées de Franck Allain, tout d’abord, ces influences Heavy Metal typiquement année 80, en faisant référence à nos glorieux anciens comme Judas Priest ou Manowar, particulièrement flagrant sur le début du titre, puis s’ensuit un break acoustique agrémenté d’une narration terminant par une fulgurante accélération Black Metal. Les chœurs sont magnifiques et l’imagerie est forte, vous avez l’impression d’être avec le guerrier Druss au milieu des combats et qu’il faut défendre la forteresse coûte que coûte. Vraiment le meilleur titre pour moi.

    Mais la vraie force de cette œuvre ce sont les chœurs omniprésents sur cet album et qui viennent soutenir tout le long le chant black, apportant littéralement plus de profondeur. Ils sont les véritables métronomes, tantôt joyeux et grandiloquents au début, mais au fur et à mesure et surtout après ce fameux troisième titre, les chœurs se veulent plus sombres, plus mélancoliques, engendrant de l’inquiétude et du désespoir, aidés sur certains passages par une narration froide de Sean Darling. L’autre point fort de cet album, ce sont les interludes à la guitare, parfois acoustiques, parfois folkloriques, mais toujours bien senties et idéalement bien placées, généralement annonciatrices d’une déferlante Black Metal derrière. 

    FELLWARDEN signe avec ce troisième album son œuvre la plus aboutie et très certainement l’un des meilleurs albums d’Epic Folk Black Metal de l’année. Ici, tous les titres sont des hymnes en puissance dont on retiendra aisément les mélodies mais surtout, ils ont cette capacité à vous transporter dans un univers rempli d’heroic fantasy. Alors certes, je n’ai pas lu le roman de David Gemmell, mais rien qu’en écoutant sa musique, Franck Allain aura réussi à me convaincre de le lire, car j’ai le sentiment qu’il a réussi le pari de mettre en musique le récit et qu’elle respire complètement cette œuvre littéraire.

    Tracklist

    01 – Exultance (10:04)

    02 – Despair (09:01)

    03 – Renewed hope (10:42)

    04 – Desperation (09:32)

    05 – Serenity (08:37)

    06 – Death (08:30)

    Line-up : Franck Allain – Chant, Guitares Lead, Rythmique et Acoustique ; Chœurs.

    Guests : Alasdair Dunn – Batterie / Mark Harrington – Basse / Adam Allain – Choeurs / Sean Darling – Narration 

    Liens

    https://fellwarden.bandcamp.com/album/legend-forged-in-defiance

    https://www.facebook.com/fellwarden

    https://www.metal-archives.com/bands/Fellwarden/3540428173

  • Cult of Erinyes  –  Metempsychosis  (2024)

    Cult of Erinyes  –  Metempsychosis  (2024)

    Genre : black metal
    Label : Amor Fati Productions
    Sortie : 24 mai 2024

    Note : 85 /100 (Seblack)

    Cinquième album de Cult of Erinyes, « Metempsychosis » se présente sous un format assez différent par rapport aux précédentes réalisations de la formation belge signée chez Amor Fati Productions : deux titres fleuves de vingt minutes chacun, le tout pour un black metal ô combien labyrinthique.

    Conçus comme une vaste introspection autour de la mort, les deux compositions dessinent ce chemin d’après la vie, long et tortueux : la mort, le voyage d’abord et enfin l’éternité.
    Conformément à ce à quoi Cult of Erinyes a pu nous habituer par le passé, on est face à un black metal complexe qui requiert la pleine attention de l’auditeur. Les leads mélodiques et acérées y côtoient un assemblage de riffs glaçants et puissants. Les ambiances lourdes et austères qui dominent l’opus peuvent se muer à tout moment en déchaînements furieux aussi bien qu’en atmosphères éthérées presque « ambient ».
    A chaque minute Cult of Erinyes peut opter pour une ambiance ou pour une autre usant aussi bien de dissonances plaintives que de blast beat appuyés. Dans ce dédale, le fil d’Ariane qu’est la voix de Déhà a des accents de rage, de folie, de délire autant que de désespoir.

    Il va donc sans dire que « Metempsychosis » est un album qui nécessite à la fois du temps et certaines dispositions d’esprit pour être pleinement abordé et apprécié à sa juste valeur. Sa seule évidence est qu’il dégage cette aura propre aux opus qui ne laissent pas aller à la facilité. Cela peut intimider autant qu’attirer. Passé ce cap, ce cinquième opus de Cult of Erinyes déploie une musique et des ambiances puissamment immersives durant lesquelles le temps semble s’arrêter ou au contraire se dilater à l’infini. Un album dans lequel il fait bon se perdre, ce qui en fait, dans son genre, une œuvre hautement recommandable.

    Tracklist :

    1. Death and the Voyage (22:23)
    2. Eternity in a Second (21:09)

    Line-up : Corvus – Guitares, basse, claviers / Déhà – Chant / Algol – Basse / Baron – Guitare (lead)

    Guest(s) : Ahephaim – Batterie

    Liens :
    https://cultoferinyes.bandcamp.com/album/metempsychosis
    https://www.facebook.com/cult.erinyes
    https://soundcloud.com/cultoferinyes

  • Interview – Demande à la Poussière

    Interview – Demande à la Poussière

    Quand on aime, on ne compte pas… Alors après la chronique, le live report, voici l’interview de DALP.

    JP et Mémé Migou ont reçu dans leur salon virtuel (à moins que ce ne soit l’inverse), Edgar, Neil, Simon et Vincent pour une belle grosse heure de partages, de rires (mais pas de chansons… quoiqu’on n’était pas loin), d’anecdotes de tournée et de papotage autour de leur album « Kintsugi ».

    L’interview est à retrouver ICI :

    N’oubliez pas d’aller sur leur Bandcamp :

    https://dalpdoom.bandcamp.com/

    https://dalpdoom.bandcamp.com/album/kintsugi

    Pour retrouver la chronique : https://www.memento-mori-webzine.fr/2024/04/28/demande-a-la-poussiere-kintsugi/

    Quant au live report, c’est là : https://www.memento-mori-webzine.fr/2024/05/25/vesperinedemande-a-la-poussiere/